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  • il y a 5 heures
Aujourd'hui en France, près d'un adulte sur deux est en surpoids ou obèse, selon Santé publique France. Parmi eux, 18,1 % vivent avec une obésité, soit environ 10 millions de personnes, d'après la Haute Autorité de Santé. Une maladie chronique encore mal comprise, souvent associée - à tort - à un manque de volonté. Dans ce contexte, une nouvelle génération de médicaments, développés à l'origine pour le diabète, suscite un immense espoir. Ces traitements peuvent entraîner 10 à 15 % de perte de poids en moyenne. Sommes-nous face à une révolution thérapeutique ou à un miroir aux alouettes ?
Est-ce une réponse partielle à une crise de santé publique beaucoup plus large ? Nos invités : Gabriel Perlemuter, médecin de l'obésité et Karine Clément, professeure de nutrition et présidente de l'Association française pour l'étude et la recherche sur l'obésité. Année de Production : 2025

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Transcription
00:02Prévention, solidarité, accès aux soins, innovation.
00:07La Mutualité française présente
00:10Et la santé, ça va ?
00:12Bienvenue dans Et la santé, ça va.
00:14Aujourd'hui en France, près d'un Français sur deux est en surpoids ou en obésité.
00:2010 millions de Français vivent avec une obésité,
00:23une maladie chronique donc encore mal comprise et souvent associée à un manque de volonté.
00:29Dans ce contexte, une nouvelle génération de médicaments développés à l'origine pour le diabète
00:33suscite un immense espoir puisque ce traitement peut entraîner 10 à 15% de pertes de poids en moyenne.
00:41Alors question, sommes-nous face à une révolution thérapeutique ou un miroir aux alouettes ?
00:46Est-ce une réponse partielle à une crise de santé publique beaucoup plus large ?
00:51Obésité, médicaments miracles ou fausses solutions ? C'est tout de suite.
01:09Gabriel Perlemutter, bonjour.
01:11Vous êtes hépato-gastro-entérologue, vous êtes nutritionniste,
01:15membre de l'Académie nationale de médecine.
01:17Et Karine Clément, vous êtes médecin, professeur de nutrition à la Pitié-Salpêtrière.
01:22Vous êtes directrice d'unité à Sorbonne Université Inserm et présidente de l'Association d'études et de recherche sur
01:30l'obésité.
01:30C'est l'Aferro.
01:31Merci de participer à cette émission.
01:34D'abord, Karine Clément, on l'a dit, près d'un Français sur deux vit en surpoids ou avec une
01:39obésité.
01:40D'un point de vue médicalement parlant, à partir de quand peut-on parler d'obésité ?
01:47Alors, il y a une définition médicale qui est l'augmentation de la masse grasse ayant des conséquences sur la
01:53santé.
01:53Donc là, il y a des mots-clés.
01:55Et ensuite, il y a un index clinique.
01:57Donc, il suffit de mesurer le poids sur la balance et de mesurer la taille.
02:03Et donc, c'est le rapport du poids en kilos sur la taille en mètre au carré.
02:07Et donc, on définit l'obésité comme un index de masse corporelle.
02:11C'est le fameux IMC qu'on peut tous calculer chez soi.
02:13IMC ou un index de masse corporelle supérieur à 30.
02:16Et ensuite, il y a des grades.
02:17Donc, au-dessus de 35, ensuite, on va définir l'obésité sévère.
02:22Et donc, au-dessus de 40, alors on n'aime pas trop ce terme, mais l'obésité massive, on peut
02:27le dire.
02:27Et le surpoids, c'est entre 25 et 30.
02:30Et donc, c'est-tu à partir de quand on consulte ?
02:31À partir de quand ça devient une maladie chronique et on ne peut plus laisser les choses en l'état
02:35?
02:35On consulte quand on est malade de son obésité.
02:39Donc, souvent, les patients consultent quand ils ont une gêne qui peut être une gêne fonctionnelle.
02:44Et donc, c'est toute la problématique de la définition de l'obésité.
02:47Ça ne se résume pas qu'à l'index de masse corporelle.
02:51Gabriel Perlmutter, l'obésité, il y a des conséquences d'apparence physique.
02:54Il y a aussi des conséquences sur la santé.
02:56Quelles en sont les principales caractéristiques ?
03:00Alors, l'obésité peut entraîner de multiples conséquences.
03:03Ça peut toucher tous les organes.
03:07Bien évidemment, ça va toucher en premier le tissu adipeux.
03:09Avec une inflammation dans le tissu adipeux, ça va toucher la graisse ou la graisse particulièrement au niveau du ventre,
03:17la graisse abdominale qu'on appelle la graisse viscérale pour organes,
03:20la graisse qui va entourer les organes ou être à l'intérieur.
03:23Ça peut toucher les artères, les artères cérébrales, les artères des vaisseaux du cou.
03:29Donc risque d'AVC, risque ?
03:30Risque des artères coronaires, risque cardiaque.
03:34Ça peut toucher le foie, moi en tant qu'hépatologue,
03:37qui va en donner une accumulation de graisse au niveau du foie.
03:40Puis ça peut toucher d'autres organes, les reins.
03:42Globalement, l'obésité, le surpoids sont associés à une augmentation du risque de cancer,
03:48de quasiment tous les cancers.
03:51Je vous propose de voir Laetitia, le parcours de Laetitia,
03:54qui vit avec une obésité depuis plus de 20 ans.
03:57Elle raconte les régimes à répétition, le regard des autres,
04:02ses difficultés dans la vie quotidienne, l'impact sur sa santé.
04:05Et à travers son histoire apparaît une réalité décrite d'ailleurs par de nombreuses personnes en état d'obésité.
04:11C'est une double peine qui est médicale et sociale.
04:14On regarde son parcours.
04:19Laetitia a 46 ans.
04:21Le poids a toujours représenté un problème dans sa vie.
04:25Ça, c'est vraiment collector, l'album souvenir.
04:28Une petite section 82-83.
04:30On a une photo de moi, j'avais 4 ans.
04:32Très vite, le mot surpoids a commencé à apparaître sur son carnet de santé.
04:37Donc à 4 ans, qu'est-ce qui se passe ? Bien souvent, on dort.
04:40Pour contenir la prise de poids, la petite fille est alors orientée vers des solutions drastiques pour son âge.
04:45Le régime, il a commencé à l'âge de 6 ans.
04:48C'était un régime où il n'y avait que de la cuisine sans sauce, sans sel, sans gras, sans
04:56sucre.
04:56Des légumes à l'eau, de la nourriture sans aucun goût, sans aucune saveur finalement.
05:03J'arrête de manger à la cantine.
05:05Je ne mange plus les mêmes goûters que mes copains, mes copines.
05:09Et puis surtout, ce qui avait été conseillé à mes parents, c'est de mettre des cadenas au placard et
05:14au frigo.
05:16Voilà, ça, c'était les conseils du médecin de l'époque.
05:19Pendant son enfance et son adolescence, Laetitia enchaîne les longues cures, loin de sa famille, dans des établissements spécialisés.
05:27Chaque calorie y est comptée.
05:30Pour le premier régime, j'ai perdu à peu près une dizaine de kilos.
05:34À l'âge de 12 ans, j'ai perdu à peu près 25 kilos.
05:39À 14 ans, dans une nouvelle cure, j'ai perdu 35 kilos grosso modo.
05:46Des résultats temporaires qui se soldent par une reprise de poids toujours plus importante.
05:52En 2004, Laetitia se fait poser un anneau gastrique, censé réduire ses apports alimentaires.
05:59Le problème de cet anneau, c'est que, en fait, ça avait une fonction uniquement sur les solides, sur les
06:06aliments solides.
06:07Et donc, finalement, si vous aimiez la salade, si vous aimiez les légumes verts, etc., vous aviez de fortes chances
06:14que ça ne passe pas.
06:15Par contre, vous aviez de fortes chances que la glace et le Nutella passent très très bien.
06:20Donc, j'avais perdu 55 kilos.
06:23J'ai dû en reprendre une centaine.
06:25Ça a un impact sur la santé mentale, avec aussi, parfois, des périodes d'isolement, d'isolement social, un sentiment
06:34de honte, parfois, de ne pas y arriver,
06:38finalement, d'être sur le monde et d'être vraiment députée et désemparée, finalement.
06:48En plus de son obésité, Laetitia souffre d'apnée du sommeil, d'insuffisance veineuse, d'hypothyroïdie.
06:55Mais elle essaie malgré tout d'avancer.
06:59Salut, Lucie, ça va ?
07:00Oui ?
07:02La jeune femme a fondé une association dont Lucie fait partie.
07:05Ensemble, elles essaient de faire évoluer le regard sur l'obésité, encore trop souvent stigmatisée.
07:12C'est une maladie qui est lourde, dans tous les sens du terme, et qui est lourde à porter, qui
07:17est lourde à porter psychologiquement et physiquement.
07:20Et je pense que les gens n'ont aucune conscience de ce que c'est au quotidien.
07:24Ça peut être des problèmes de mobilité, on a des personnes qui ne peuvent pas du tout se déplacer.
07:30Ça peut être des difficultés toutes bêtes, ça peut être mettre ses chaussures, ça peut être mettre ses chaussettes, se
07:36laver, tout ça, en fait, ou faire le ménage chez soi.
07:41Tout ça, c'est des difficultés au quotidien qu'on a tous.
07:44Il faut éduquer les gens, en fait, sur le sujet.
07:48Et quand je dis les gens, c'est autant la personne landa que les professionnels de santé aussi.
07:55Karine Clément, on voit la souffrance de Laetitia du fait du regard des autres.
07:59Pourquoi est-ce que c'est si difficile à comprendre, et on peut tous se sentir coupables,
08:02de se dire que, en fait, ce n'est pas un problème de manque de volonté et que c'est
08:06une maladie ?
08:07Mais on a du mal à l'intégrer.
08:09Oui, c'est un fait, on a du mal à l'intégrer.
08:13Le parcours exprimé par cette personne est vraiment, illustre très bien la problématique,
08:19une évolution dans le temps.
08:20Vous mentionnez la chronicisation.
08:22Ce qui caractérise cette chronicisation, c'est la perte et la reprise.
08:25Alors, pourquoi on a du mal à l'intégrer ?
08:27Je pense qu'il y a eu un défaut de communication, d'une part, sur les enjeux scientifiques de cette
08:33pathologie.
08:33C'est une maladie dans laquelle les organes, on a parlé du tissu graisseux,
08:38les organes sont malades, et la façon dont les organes entre eux se parlent est aussi altérée.
08:44Et donc, ça, c'est de donner scientifique avec des progrès importants dans la compréhension.
08:48Mais ça, ça a du mal à passer, effectivement, dans le grand public.
08:52Une des raisons, et puis aussi chez les politiques…
08:54La raison toute bête, c'est qu'on se dit, si on mange moins, on maigrit, et que c'est
08:57des mathématiques ?
08:59Et alors, on raisonne assez simplement sur, j'allais y venir, le bilan d'énergie, ce qu'on mange et
09:04ce qu'on dépense.
09:05Et en fait, c'est beaucoup plus compliqué que ça, et notamment au cours de l'évolution de l'obésité.
09:10On ne peut pas raisonner simplement, et en fait, en tant que clinicien, et on le voit ici,
09:15si on raisonne juste comme ça, on ne comprend plus la balance énergétique.
09:19Gabriel Perlmutter.
09:20Je voudrais ajouter quelque chose. Si vous pensez que c'est juste une question d'intelligence, je dois moins manger,
09:27vous ne pouvez pas comprendre toute la difficulté de ces patients.
09:30C'est comme si vous prenez une personne qui fume, elle sait qu'elle ne doit pas fumer.
09:34Tout le monde sait que c'est mauvais pour la santé de fumer, mais elle n'arrive pas à arrêter
09:37de fumer.
09:37Comme une personne qui a une consommation excessive d'alcool et qui est malade du foie,
09:42la personne, elle sait qu'elle doit consommer moins d'alcool, mais elle n'y arrive pas.
09:45La personne qui a des problèmes d'alimentation, pour maintes raisons, elle sait que c'est lié à son alimentation.
09:51Mais non plus, elle n'y arrive pas.
09:52Ce n'est pas différent des autres maladies.
09:54C'est les mêmes fonctionnements, avec des fonctionnements au niveau du cerveau, de certaines zones,
10:01où d'ailleurs les médicaments arrivent à avoir un rôle.
10:04Donc c'est beaucoup plus compliqué qu'un simple bilan entrée-sortie.
10:08Alors justement, arrivent ces fameux médicaments, à base, on va être un peu scientifique, de semaglutides.
10:14Ces médicaments, on va les citer, puisque tout le monde en parle, c'est le Végovi et l'Ozampic,
10:18qui font un carton mondial.
10:21Et le Mounjarou.
10:22Et le Mounjarou.
10:23Qu'est-ce que c'est que cette semaglutide ?
10:25Si j'ai bien compris, est-ce que justement ça agit sur le cerveau en simulant un sentiment de satiété
10:31?
10:31Ce sont des médicaments, à la base, je ne sais pas qui veut réagir, Karine Clément,
10:35qu'on a inventé pour lutter contre le diabète.
10:38– Alors, on parlait absolument, on parlait des enjeux scientifiques.
10:42C'est un développement assez fantastique de la recherche.
10:47C'est parce qu'on a identifié, il y a déjà quelques années, les années 80,
10:52des hormones qui sont fabriquées par l'intestin et qui vont agir sur la vidange gastrique,
11:00sur le pancréas, le diabète, la production d'insuline,
11:04et qui vont agir sur le cerveau, dans des zones du cerveau qui contrôlent la prise alimentaire
11:11et les enjeux de, comme vous l'avez mentionné, de la satiété.
11:14Donc ces hormones, en fait, pharmacologiques, pour le coup,
11:17vont mimer des effets physiologiques qu'on voit, c'est-à-dire ces fabrications d'hormones,
11:23simplement ce sont des médicaments et qui durent plus longtemps dans l'organisme.
11:27Puisque, en réalité, chez une personne en physiologie, qui n'a pas de problème,
11:32ces hormones sont secrétées, elles fonctionnent,
11:34et puis elles sont assez vite détruites par l'organisme.
11:37Donc les molécules pharmacologiques vont faire qu'on en donne plus pendant longtemps.
11:42Donc, vous l'avez signalé, développement dans le diabète
11:44et avec des développements supplémentaires dans l'obésité,
11:47parce qu'on s'est aperçu que si on augmentait les doses,
11:50il y avait un effet sur le contrôle du poids.
11:52– Alors, d'abord, le mécanisme, Gabriel Perlmutter, c'est bien ça,
11:56c'est-à-dire que ce sont des médicaments qui, quand on les avale, coupent la faim.
12:01– Alors, c'est plus compliqué que ça.
12:03Déjà, ce n'est pas un mécanisme, c'est plusieurs mécanismes.
12:05Ensuite, aujourd'hui, en 2026, les médicaments, c'est en injection,
12:08sous-cutanée, un peu comme de l'insuline.
12:10On ne les avale pas encore, bientôt ça viendra,
12:12mais ce n'est pas encore sous forme de comprimés.
12:14Les mécanismes, ce n'est pas un mécanisme, c'est plusieurs mécanismes…
12:18– Qui ont quoi comme effet principal ?
12:19– Qui ont modifié votre métabolisme, amélioré le contrôle du sucre,
12:24diminué l'appétence alimentaire, diminué l'appétence à certains toxiques,
12:28et au final, vous faire perdre du poids, ce qui est l'effet final recherché.
12:33Et je voudrais rebondir là-dessus, on voit, comme tout le monde,
12:38je vais sur des réseaux sociaux,
12:39où certaines personnes sur les réseaux sociaux disent
12:43que ce sont des détournements de médicaments.
12:45– Alors, on va y revenir, juste…
12:46– Mais c'est important de comprendre…
12:48– Parce que détournement à l'origine, à l'origine,
12:50on va aller sur le détournement à l'origine,
12:52ce sont des médicaments qui ont été développés pour le diabète.
12:54– Oui, c'est l'histoire de la science.
12:56– Et puis on s'est rendu compte…
12:57– Oui, on s'aperçoit que ça joue sur la production d'insuline,
13:01ça contrôle le sucre dans le sang,
13:03et puis on voit dans ces premières études
13:05que des patients avec un diabète de type 2 vont perdre un peu de poids,
13:08et puis dans la phase d'après, on va regarder, tiens, il y a un effet poids,
13:11donc il va y avoir des essais spécifiques aux problèmes pondéraux
13:16en augmentant la dose de ces médicaments.
13:18Donc c'est absolument pas un détournement.
13:19– Quand vous avez un médicament qui, par exemple,
13:22va fonctionner pour le cœur en diminuant la fréquence cardiaque,
13:25comme un bêta bloquant, ça va fonctionner sur l'anxiété,
13:28ça va fonctionner, ça va vous éviter de faire une hémorragie digestive
13:30en cas de cirrhose, vous ne détournez pas, vous avancez la science.
13:33Si vous dites, je détourne ce médicament qui, au départ, est fait pour le diabète,
13:37je le détourne pour les personnes qui ont des problèmes de surpoids ou d'obésité,
13:39vous stigmatisez cette population en n'entendant pas qu'ils sont malades.
13:44– Ce que vous voulez dire par là, c'est qu'être en état d'obésité,
13:47c'est une maladie tout aussi avouable qu'être en état de diabète.
13:51– Absolument, et d'ailleurs peut-être cette personne obèse
13:55développera par la suite un diabète ou pas, elle est malade,
13:57elle est déjà malade, quand bien même elle n'a pas de diabète.
14:00– Donc il faut la traiter et si ça fonctionne.
14:01– Elle diminue son espérance de vie, donc il faut la traiter.
14:04– En fait, ça fait des années qu'on appelle de nos voeux
14:07la prise en charge pharmacologique de l'obésité, il faut des outils
14:11parce que c'est une maladie chronique qui évolue dans le temps
14:14et qui échappe, on l'a vu dans le reportage.
14:17Le mésusage, c'est utiliser cette molécule pour un stade qui n'est pas une pathologie.
14:23– Ah, pour avoir un summer body impeccable à la plage au mois de juillet.
14:26– Voilà, et donc ça, on l'a entendu.
14:27Alors, il faut aussi, on en a entendu beaucoup parler,
14:29mais en fait, il faut garder en tête, ça représente un tout petit peu moins
14:32de 2% des prescriptions.
14:34– Ce n'est pas non plus… – En France ?
14:36– En France.
14:37– Parce qu'aux États-Unis, on voit des influenceuses dire
14:40« Tiens, je vais avoir un corps impeccable cet été, hop, une injection,
14:44et je perds un kilo ».
14:45– Oui, ça, ce n'est pas raisonnable.
14:46– Mais en même temps, aux États-Unis, permettez-moi de rebondir,
14:49vous voyez un extrême du mésusage, en même temps,
14:52pour la première fois aux États-Unis, on voit l'épidémie d'obésité
14:56et de surpoids diminuer.
14:57– Votre regard alors sur ces médicaments, je reprends le titre de l'émission,
15:02est-ce que vous parlerez d'un miroir aux alouettes
15:05ou d'une révolution thérapeutique ?
15:07– C'est enfin, pour des personnes qui étaient en souffrance
15:10depuis de nombreuses années, enfin une solution à des problèmes
15:15de surpoids, d'obésité, de diabète, de maladie du foie,
15:20enfin, et vous voyez les patients aller mieux,
15:22et vous voyez les patients sourire,
15:24et vous voyez les patients avoir un espoir,
15:28et donc c'est juste pour moi, en tant que médecin, une vraie réussite.
15:32Encore une fois, on est dans les indications thérapeutiques,
15:35on n'est pas dans des personnes qui ont des troubles du comportement alimentaire
15:38ou qui veulent faire du bodybuilding ou perdre un kilo
15:40pour aller sur la plage, mais vraiment, vous voyez le bonheur
15:44dans les yeux de vos patients.
15:45– Karine Clébine.
15:46– Je voudrais juste ajouter que, je n'utiliserai pas trop le terme de solution,
15:50c'est comme une boîte à outils, on a besoin, on a une reconnaissance,
15:54c'est une maladie, on a besoin d'outils.
15:55Et donc, on a des outils de prise en charge médicale,
15:59la médecine de l'obésité, ça existe, on l'a vu sur, effectivement,
16:03l'équilibre alimentaire, l'activité physique,
16:06la prise en charge psychologique quand c'est nécessaire,
16:09donc il y a tout un enjeu médical,
16:11et puis aujourd'hui, on a un enjeu pharmacologique,
16:13jusqu'à, dans les formes les plus sévères aussi,
16:15de la chirurgie de l'obésité.
16:17Donc on a une ouverture de panel.
16:19Donc la révolution, elle est sur les parcours de soins,
16:21ça va faire évoluer la prise en charge chez les patients.
16:24– Gabriel Perlmutter, que ce soit le Végovi ou l'enzopique,
16:28on en prend, ça fonctionne, l'appétit diminue, si j'ai bien compris,
16:33et on perd vraiment du poids.
16:35Si on arrête, on reprend tout, et même c'est pire qu'avant,
16:37parce que c'est bien souvent ce qui arrive avec les régimes.
16:39– Alors, il y a plusieurs choses.
16:41D'une part, ça ne fonctionne pas pareil chez tout le monde.
16:44On sait maintenant, ce sont des études extrêmement récentes,
16:47qu'il y a certaines modifications génétiques qui vont faire
16:51que vous allez être plus ou moins sensible à l'efficacité du traitement
16:55et avoir plus ou moins d'effets indésirables.
16:58Quand le traitement fonctionne,
17:01si vous l'arrêtez, vous allez reprendre du poids,
17:05au moins en partie, souvent la totalité du poids.
17:09C'est comme quand vous avez trop de cholestérol,
17:11vous prenez votre traitement pour le cholestérol,
17:13si vous l'arrêtez, votre cholestérol remonte.
17:16Donc oui, c'est un traitement à prendre au long cours.
17:19Et cet effet rebond, qu'on dit scientifiquement,
17:22cet effet yo-yo, est à plusieurs causes,
17:25mais c'est vraiment quelque chose qui est néfaste pour l'organisme,
17:29pour le métabolisme, et donc il faut vraiment discuter avec son patient
17:33une fois qu'on débute le traitement, on le débute pour longtemps.
17:36– Alors, je vous propose de retrouver Laetitia,
17:39qui pendant deux ans a pu bénéficier d'un traitement à base,
17:42précisément de cette molécule, le semaglutide,
17:46qui est présent dans l'Ozampic et le Végovi.
17:49Est-ce la solution miracle ?
17:50On regarde l'exemple de Laetitia.
17:53– Il y a deux ans, à la faveur d'un essai clinique,
17:57Laetitia a pu bénéficier gratuitement d'un traitement contre l'obésité.
18:01– C'est toutes les ordonnances que j'ai pu avoir
18:04pour pouvoir aller récupérer ma boîte de Végovi.
18:08– Ce médicament injectable stimule la sécrétion d'insuline,
18:12et procure une sensation de satiété.
18:14– L'aiguille, elle se clipse juste ici.
18:18– Mais ce n'est pas sans effet secondaire.
18:21– Il m'est arrivé d'avoir des sueurs importantes,
18:25avec un sentiment de malaise, ou en tout cas de départ de malaise.
18:29J'avais vraiment la sensation de partir et de m'évanouir, finalement.
18:35– Mais cela fonctionne.
18:36Laetitia perd une quinzaine de kilos.
18:39– J'avais retrouvé une meilleure mobilité, un meilleur souffle aussi.
18:43– Une fois l'essai terminé, le médicament n'est plus pris en charge.
18:46Ancienne éducatrice spécialisée, au chômage pour incapacité,
18:50Laetitia n'a plus les moyens de payer le traitement.
18:52Elle ne touche que 1033 euros bruts de ses allocations pour personnes handicapées.
18:56– Je n'ai pas les moyens de payer 300 euros par mois de Végovi.
19:00Donc j'ai dû arrêter le traitement.
19:02Et depuis, je pense avoir repris la totalité du poids perdu.
19:07Et peut-être même un bonus supplémentaire.
19:10– Lueur d'espoir, récemment, le gouvernement a annoncé la prise en charge,
19:14à hauteur de 65% par l'assurance maladie, du Végovi et du Mounjarro.
19:19Un million de personnes devraient être concernées.
19:22– Qui veut réagir, Karine Clément ?
19:24– Alors, le parcours de soins d'une personne en situation d'obésité,
19:27on le voit bien dans l'exemple, ça ne se résume pas à dire
19:29« je vous donne du Végovi ».
19:31Ça se résume à avoir une prise en charge globale
19:35sur l'ensemble de la personne dans son environnement.
19:39Et donc, on ne se précipite pas non plus pour donner du Végovi, pour prescrire.
19:43– Parce qu'en France, c'est sur prescription médicale, le Végovi, comme nous en plus.
19:46Et tous les médecins, aujourd'hui, peuvent prescrire ces analogues du Végovi en général,
19:51les différents types.
19:52Et donc, il y a un parcours de soins.
19:54Et il y a des recommandations, aujourd'hui,
19:56qui ont été données par les sociétés savantes sur ces parcours de soins.
20:00– On a vu la révolution qu'était le Végovi, enfin, tous ces médicaments.
20:04Est-ce que d'autres traitements sur lesquels on travaille
20:09pourraient apporter des espoirs dans les années à venir ?
20:12Notamment, je vous pose la question parce que je sais que vous travaillez beaucoup
20:15sur la microbiote intestinale.
20:18Est-ce qu'il y a des traitements dans les années à venir
20:21qui pourraient nous donner de l'espoir ?
20:24– Alors, nous qui faisons de la médecine et de la science,
20:29on pense que la science progresse, évolue,
20:31et qu'il y a forcément, il y aura d'autres molécules qui vont sortir
20:34parce que la science avance, parce qu'il y a un enjeu financier.
20:38Donc, il y aura forcément d'autres médicaments qui vont sortir
20:40ou de la même famille que les agonistes GLP1 ou d'autres familles.
20:47En ce qui concerne le microbiote, tout dépend ce que vous en attendez.
20:52Je pense qu'il y aura des traitements qui arriveront.
20:55Peut-être pas sur l'obésité directement, je pense qu'on est trop tard,
20:58mais ça c'est mon avis personnel, pour que le microbiote soit efficace à long terme.
21:02Mais peut-être qu'un jour, et puis j'aurai du mal à ne pas le dire
21:06puisque je travaille sur le microbiote, peut-être qu'un jour,
21:08on pourra cibler le microbiote, ce que produit le microbiote,
21:12les métabolites du microbiote, pour améliorer le métabolisme,
21:15de façon plus générale que l'obésité.
21:17– Karine Clément, 18% des Français en état d'obésité,
21:20forcément la science s'intéresse à cette maladie
21:22et on peut avoir des espoirs, de nouveaux traitements ?
21:24– Oui, la science s'intéresse depuis longtemps à cette pathologie.
21:28Alors, d'une part, sur ce qu'on a évoqué,
21:30sur la famille des analogues du GLP1, aux Ampli, Cuigovie,
21:34là, il y a une arrivée très importante de molécules combinées
21:39qui vont être proposées, en fait, dans les années à venir,
21:42si vous voulez, un peu comme l'hypertension, quoi.
21:44On a plein de molécules, possibilités de traitement,
21:47donc ça, c'est un aspect.
21:48Puis il y a un enjeu, on l'a évoqué aussi,
21:49c'est la variation dans les réponses,
21:51tout le monde ne répond pas pareil,
21:53et puis les enjeux de la reprise.
21:55– De poids ? – De poids.
21:56– Et il y a des hypothèses scientifiques qui disent
22:00qu'il faut s'intéresser aussi aux organes périphériques,
22:02aux tissus adipeux, aux foies, aux muscles,
22:04et pas seulement au cerveau.
22:06Et donc, il y aura probablement, sur ces travaux scientifiques,
22:09des données pour accompagner, en fait,
22:11les changements dans les organes, dans les tissus,
22:13dans leur biologie.
22:14Et peut-être que ces changements ne sont pas corrigés
22:16par ces traitements.
22:17– Un grand merci de nous avoir éclairés sur ces avancées majeures
22:21que sont ces nouveaux médicaments, l'ozampique et le vigovie,
22:25dans la lutte contre l'obésité.
22:27Pour aller plus loin, je peux signaler ces deux sites,
22:30celui de la Haute Autorité de la Santé
22:32et le Collectif National des Associations d'Obèses.
22:37Merci.
22:37Et la santé, ça va, c'est terminé.
22:40Merci d'avoir participé à cette émission.
22:42Émission à revoir sur la plateforme publicsénat.fr
22:45et à bientôt pour une nouvelle émission.
23:07Prévention, solidarité, accès aux soins, innovation.
23:16C'était…
23:17Et la santé, ça va ?
23:18Avec la Mutualité française.
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