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  • il y a 5 heures
Le procès de six hommes, dont deux chefs présumés du cartel de narcotrafiquants la DZ Mafia, s’est achevé mardi 14 avril devant la cour d’assises spéciale d’Aix-en-Provence. Cinq d’entre eux ont été reconnus coupables d’être impliqués dans un double homicide, en 2019, à Plan-de-Campagne près de Marseille.

[Message pour nos auditeurs et auditrices : le Parisien va offrir des places pour le concert de Céline Dion, à Paris, l’automne prochain. Pour participer au tirage au sort, il suffit de s’inscrire via ce lien: https://quizz.leparisien.fr/quiz/1780766_54/JeuConcoursCelineDion2026.html?at_medium=sl&at_campaign=Youtube-Liens-Desc.]

 Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Judith Perret - Production : Barbara Gouy et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network - Photo : ZZIIGG.

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Transcription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:04Le Parisien qui fait gagner à ses abonnés des places pour les concerts de Céline Dion.
00:09Pour participer au tirage au sort, les abonnés ont jusqu'au 31 mai.
00:13Pour s'inscrire, on vous met le lien sur la fiche de ce podcast.
00:18Tout de suite votre épisode.
00:23C'est un procès sous haute tension qui s'est terminé le 14 avril devant la cour d'assises spéciale
00:28d'Aix-en-Provence.
00:29Le procès de six hommes accusés d'être impliqués dans un double homicide en 2019 à plan de campagne près
00:35de Marseille.
00:36Parmi eux, deux chefs présumés d'un cartel de narcotrafiquants, la DZ Mafia.
00:42L'un des deux a été condamné à 25 ans de prison, l'autre a été acquitté.
00:48Résumé de ce procès avec Christelle Brigodeau, journaliste au service police-justice du Parisien.
01:02Christelle Brigodeau, on a choisi de commencer ce podcast la nuit du vendredi 30 août 2019 à plan de campagne
01:10près de Marseille devant un hôtel Formule 1.
01:13Décrivez-nous les lieux.
01:14Cet hôtel est un établissement bon marché. Il se trouve effectivement dans la zone commerciale de plan de campagne qui
01:21est l'une des plus vastes étendues de parking et de locaux commerciaux en France.
01:25On est au nord de Marseille et la nuit dans des endroits comme ça, c'est le désert complet.
01:30Dans cet hôtel Formule 1, il y a un membre du milieu considéré comme un caïd. Il s'appelle Farid
01:36Tyr et il se sait menacé.
01:38Farid Tyr est sorti de prison sept mois plus tôt. Il est un narcotrafiquant d'une famille très connue, effectivement,
01:44dans le milieu marseillais.
01:46Et cette famille est prise dans un conflit à mort avec d'autres clans pour le contrôle de points de
01:50deal dans les quartiers nord de Marseille.
01:53Cinq membres de sa famille sont déjà morts. Il sait qu'il est sur la liste.
01:57Farid Tyr, en étant en prison, a perdu quelques terrains de deal. Il veut les récupérer.
02:02Il sait qu'il risque sa vie en faisant cela. Et d'ailleurs, il se déplace partout avec un sac
02:06à dos bourré d'armes et un gilet pare-balles de la marque Deuxième Chance.
02:12Que se passe-t-il ce vendredi 30 août 2019, au petit matin, précisément à 5h17 ?
02:20Deux hommes en noir, des tueurs armés de pistolets, arrivent dans l'établissement. Il n'y a personne.
02:26Ils passent devant les caméras de surveillance. Ils prennent le couloir au rez-de-chaussée jusqu'à la chambre 120.
02:30Ils font le code pour ouvrir la porte et abattre les deux personnes qui se trouvent à l'intérieur, à
02:35savoir Farid Tyr et son meilleur ami, qui s'appelle Mohamed Benjaglouli.
02:40Entre l'arrivée et le départ de leur berline sombre, il va se passer en tout et pour tout deux
02:44minutes.
02:45Christelle Brigodeau, plusieurs personnes qui vont être soupçonnées dans cette affaire, vont devenir, après ça, dans les années qui suivent,
02:52des criminels très redoutés à Marseille.
02:55Ils vont devenir des cadres, voire les leaders présumés d'une organisation criminelle d'aujourd'hui très connue qui est
03:01la DZ Mafia.
03:02À cette époque-là, ce sont des délinquants qui ont entamé un parcours criminel déjà important dans le milieu des
03:09braquages et des vols.
03:11Ils en sont en fait à leur début, ils ont la vingtaine, mais aujourd'hui, ils ont un tout autre
03:15pédigré.
03:18Vous parlez de la DZ Mafia. Que représente aujourd'hui cette organisation criminelle et pourquoi elle fait autant peur ?
03:26La DZ Mafia est considérée comme l'une des plus grosses organisations actives en France dans le narcotrafic.
03:32Et elle fait peur, en fait, à la fois par ses moyens colossaux, par ses méthodes ultra-violentes et aussi
03:38par ses ambitions hégémoniques, dit-on.
03:41C'est-à-dire que non seulement cette organisation règne sur le narcotrafic, mais elle défie aussi l'autorité, la
03:47justice, les prisons, tout l'État, en résumé.
03:50Comment, concrètement ?
03:51Par exemple, il y a environ un an, un mystérieux mouvement s'est mis à attaquer les prisons, à prendre
03:58pour cible les surveillants, à les menacer.
04:00Et ce mouvement est suspecté d'être en fait en lien et dirigé par la DZ Mafia ou des cadres
04:06de celle-ci.
04:07Ce cartel ne se contente pas du tout de vendre et acheter la cocaïne des stupéfiants, mais veut aussi peser
04:15et avoir du pouvoir.
04:19La DZ Mafia a par exemple été soupçonnée d'être derrière une série d'attaques visant les prisons et les
04:25gardiens au printemps 2025.
04:28Une soixantaine de faits au total, voitures incendiées, tirs d'armes automatiques.
04:32Christelle Brigodeau, la DZ Mafia s'est aussi fait connaître avec des meurtres téléguidés à distance depuis les cellules de
04:39prison.
04:40C'est ce qu'on appelle le phénomène des shooters, qui est une spécialité de la DZ Mafia, mais pas
04:45seulement.
04:45C'est ce qu'on a appelé aussi l'ubérisation du crime, c'est-à-dire que depuis la prison,
04:51on va via les réseaux sociaux recruter des petites mains
04:55qu'on utilise une fois, qu'on déclenche pour commettre un assassinat d'une personne qu'ils ne connaissent pas
05:00à des centaines de kilomètres.
05:02On leur fournit une arme, on leur fournit la logistique et charge à eux de tirer et ensuite de s
05:08'évaporer dans la nature.
05:09Et ainsi, plusieurs meurtres à distance sont imputés à la DZ Mafia avec ce mode opératoire.
05:19Christelle Brigodeau, vous allez nous résumer le procès de ce double meurtre, procès qui s'est déroulé pendant trois semaines,
05:25à partir du 23 mars devant la cour d'assises spéciale d'Aix-en-Provence.
05:30D'abord, décrivez-nous le dispositif de sécurité.
05:33Il est colossal. Il y a plusieurs centaines de gendarmes, des CRS, des policiers tout autour de la cour d
05:40'appel.
05:41Le palais Montclar, où se tient le procès, est protégé par des CRS en armes.
05:46Chaque matin et chaque soir, lors de l'arrivée du départ des accusés, la ville est comme vitrifiée, complètement bloquée
05:53le temps du passage du convoi.
05:55Il y a des avions, des hélicoptères qui survolent la ville matin et soir, et des accusés entrent dans le
06:00palais de justice avec une cagoule sur la tête.
06:04Cinq accusés sont présents, un sixième est en fuite.
06:08Parmi ceux qui sont là, deux hommes qui sont considérés aujourd'hui comme deux des patrons de la DZ Mafia.
06:15D'abord, Gabriel Horry, surnommé Gabi, il a 31 ans.
06:19À quoi il ressemble et qui est-il en résumé ?
06:22Il a le crâne rasé, le visage rond, une bedaine dans son polo blanc.
06:28Il a l'air un peu d'un monsieur tout le monde qu'on pourrait croiser en terrasse au café
06:33du coin.
06:33Mais derrière cette apparence très anodine, il est considéré comme étant l'un des leaders, voire le principal leader de
06:40la DZ Mafia.
06:41Il semble d'ailleurs avoir un ascendant assez fort sur les autres personnes dans le box.
06:46Il est quelqu'un qui vraiment compte énormément dans le paysage du narcotrafic.
06:50L'autre chef présumé de la DZ Mafia, c'est Amine Wallan, dit Mamine, il a 32 ans.
06:56Même question, est-ce que vous pouvez nous le présenter ?
06:58En lui, physiquement, il contraste beaucoup avec Gabriel Horry.
07:02Il est très mince, il semble très nerveux.
07:05Il est vêtu de gris, il a les cheveux longs, ramenés en arrière, noués sur la nuque.
07:10Quand il arrive le premier jour, il a vraiment mauvaise mine.
07:13Ça se voit, c'est quelque chose d'assez marquant.
07:15Il a un regard très noir, il semble très en colère, de très mauvaise humeur.
07:20Et il va l'exprimer très vite d'ailleurs.
07:26Le 26 mars, trois jours après l'ouverture du procès,
07:29une capitaine de la police judiciaire de Marseille est appelée à la barre pour témoigner.
07:34Et ça se passe mal.
07:34Elle est interrogée sur l'enquête, qui selon la Défense comporterait de nombreuses failles.
07:40Et elle subit un interrogatoire vraiment serré de la part des avocats.
07:45Il y a dix avocats pour la Défense qui se succèdent, donc un à un.
07:48Elles posent leurs questions, vraiment sans concession.
07:51Le ton monte, la présidente de la cour annonce une suspension d'audience.
07:56Tout le monde se lève, s'en va.
07:57Et la capitaine quitte le palais de justice sans avoir averti personne.
08:01Au retour des avocats et de tout le monde dans la salle,
08:04on s'aperçoit de son absence.
08:06Tollé, de la part des avocats de la Défense,
08:09qui estiment que leurs droits sont bafoués,
08:10qu'ils ne peuvent plus poser leurs questions,
08:12ils décident de quitter ensemble à leur tour la cour d'assises
08:15et de ne revenir que lorsque la capitaine sera de retour.
08:20Christelle Brigodeau, toujours au début de ce procès,
08:22plusieurs témoins sont appelés à la barre.
08:24Et beaucoup reviennent finalement sur leur déclaration
08:27ou en disent le moins possible
08:30quand ils sont devant cette cour d'assises spéciale.
08:33Par exemple, une ancienne petite amie de l'un des accusés
08:36explique souffrir à la fois de problèmes de vision
08:38et de problèmes de mémoire.
08:40Oui, on parlait du climat de tension qui régnait pendant ce procès.
08:44Évidemment, pour les témoins qui sont appelés à la barre,
08:47c'est une pression que beaucoup ne veulent pas endosser.
08:50Et il y a un certain nombre de témoins
08:52qui ne se présenteront pas,
08:53qui vont présenter des arrêts maladie,
08:55qui vont expliquer qu'ils ne sont pas en mesure d'être présents.
08:58Il faut comprendre qu'on est dans un contexte de personnes
09:01qui ont tous trait au narcotrafique,
09:04qui baignent dans un milieu dans lequel la loi est celle du silence.
09:08Et d'ailleurs, l'un des accusés, au moment du procès, le dira.
09:11Quand on parle, c'est la mort.
09:13Le mardi 31 mars, la cour aborde ce qu'on appelle
09:16les éléments de personnalité d'Amin Wallen, son parcours.
09:19Il a grandi à Marseille, dans la cité des Mycocouliers,
09:22et son enfance a été marquée par la violence.
09:25La violence et la pauvreté.
09:27Ses parents sont séparés.
09:29Son père a des épisodes de violence.
09:31Sa mère aussi, elle est accro aux médicaments, dépressive.
09:35Elle a du mal, en fait, à s'occuper de ses enfants,
09:37notamment Amine.
09:39Lui déclarera au fil du procès
09:41qu'il pensait, quand il était enfant,
09:44que tous les enfants se font taper par leurs parents.
09:46À 11 ans, d'ailleurs,
09:47quand il va à la piscine avec l'école
09:49et qu'il se retrouve en maillot de bain,
09:51le directeur de l'école fait immédiatement
09:53un signalement aux services sociaux
09:54parce qu'il est couvert de bleu.
09:55À la maison, il n'a pas suffisamment à manger.
09:57Son frère vole.
09:58Et lui, assez rapidement,
10:00va aussi se mettre à entrer dans la délinquance,
10:02quelque part pour s'en sortir financièrement.
10:04Il expliquera d'ailleurs qu'à 15 ans,
10:06il n'a plus de problème d'argent
10:07puisqu'il vole suffisamment
10:09pour s'acheter ce qu'il veut.
10:10Amine Wallan,
10:11lui, aujourd'hui,
10:12il est le père de deux enfants
10:13qu'il a eus en prison.
10:15Oui, il a deux enfants en bas âge,
10:17une fille et un garçon,
10:19qu'il voit de façon assez régulière,
10:20dit-il, au parloir.
10:22Il explique d'ailleurs que cette paternité l'a changé,
10:26que depuis huit mois,
10:27il ne fume plus du tout de cannabis,
10:29que quelque part,
10:31il veut faire en sorte que ses enfants
10:32ne connaissent pas le même sort que lui
10:35à entrer dans un milieu
10:36qui conduit soit en prison,
10:38soit à la mort.
10:39L'enfance de l'autre chef présumé
10:41de la DZ Mafia,
10:42Gabriel Horry,
10:43a été marquée
10:44par une scolarité compliquée.
10:46Lui est né à Niort
10:48et arrivé petit,
10:50également dans les quartiers nord de Marseille.
10:53C'était un enfant
10:54qui a été élevé, lui aussi,
10:55par une mère célibataire,
10:58puisque les parents se sont séparés
10:59très peu de temps après sa naissance.
11:01Et sa mère était,
11:02d'après ce qui a été expliqué à l'audience,
11:05plutôt surprotectrice,
11:06à vouloir le protéger de tout,
11:07y compris de l'environnement assez violent
11:10de la cité où il grandissait.
11:12Et Gabriel Horry,
11:13très rapidement,
11:14a essayé de se faire sa place
11:16dans le quartier de la Visitation
11:17où il habitait.
11:19Le fait d'être un jeune blanc
11:22arrivé de province
11:23dans ce quartier-là
11:24n'était pas un atout pour lui,
11:25au contraire.
11:26Et donc, quelque part,
11:27il a dû se montrer peut-être
11:29plus dur que les durs
11:30pour faire sa place.
11:32Christelle Brigodeau,
11:33tous les prévenus dans ce dossier
11:34clament leur innocence
11:35et leurs avocats adoptent
11:37une stratégie offensive.
11:39Quel est leur argumentaire en résumé ?
11:41Leur argumentaire,
11:42c'est de dire qu'il n'y a rien
11:43dans l'enquête,
11:44rien dans le dossier,
11:44que l'enquête a été bâclée
11:47et uniquement, finalement,
11:48basée sur des déclarations
11:50d'un autre narcotrafiquant,
11:52un repenti,
11:53qui, très rapidement,
11:54après les faits,
11:55a livré une version
11:56à la fois de l'histoire
11:57et d'identité des auteurs.
11:59Et ce que disent
12:00les avocats de la Défense,
12:01qu'ils martèlent jour après jour,
12:02c'est que finalement,
12:03les policiers
12:03se sont contentés
12:04de cette version-là
12:05sans l'interroger suffisamment
12:07et en menant
12:08une enquête paresseuse.
12:09La présidente de la cour d'assises,
12:11elle est souvent sous pression.
12:13Comment elle s'en sort ?
12:14C'est difficile pour elle,
12:16déjà du fait de cette stratégie,
12:18aussi parce que,
12:19dès le départ,
12:19en fait,
12:20on sent que,
12:20quelque part,
12:21ça part mal.
12:22La communication est compliquée
12:23entre elle
12:24et les accusés
12:25qui sont dans le box.
12:26Ils veulent parler,
12:27à plusieurs reprises,
12:28elle ne les voit pas,
12:29qu'ils lèvent la main.
12:30Elles s'agacent
12:30parce qu'elles voient
12:31qu'ils parlent entre eux
12:32dans le box.
12:33On sent, en fait,
12:34une tension et une défiance
12:35qui va croissante,
12:36en fait,
12:37au fil des jours.
12:38Les avocats,
12:39de leur côté,
12:39exploitent à plein
12:41ce climat de tension.
12:42À chaque occasion
12:44de créer un incident,
12:46comme on dit en procédure,
12:47c'est-à-dire de relever
12:48quelque chose
12:49qui ne se passe pas
12:50correctement
12:51pendant les débats,
12:53ils montent au créneau
12:53de façon très virulente
12:55et donc,
12:55à chaque fois,
12:56c'est un nouveau coup de boutoir
12:57contre la cour
12:58et contre la légitimité
12:59de la Cour
13:00et de la Présidente.
13:02Le mercredi 8 avril au matin,
13:04l'audience est une nouvelle fois
13:06particulièrement tendue.
13:07La Présidente de la Cour d'Assise
13:09refuse de donner
13:10à une avocate
13:11un document,
13:12l'arrêt maladie
13:13d'un témoin
13:14qui justifie
13:14qu'il ne viendra pas
13:15à l'audience.
13:16Et là,
13:17ça explose.
13:18À ce moment-là,
13:19en fait,
13:20la Présidente de la Cour
13:21décide de montrer,
13:23mais sur un rétroprojecteur,
13:24ce fameux arrêt maladie
13:26et les avocats
13:27de la Défense,
13:27comme ils l'ont fait
13:28les jours précédents,
13:29contestent ce choix
13:31qui est fait par la Présidente
13:32et disent que
13:32c'est un scandale
13:33qui devrait absolument
13:34avoir une copie papier
13:36en amont
13:36de ce document.
13:37Et à ce moment-là,
13:39l'assesseur
13:39qui est assise
13:40à la droite
13:41de la Présidente
13:42de la Cour
13:43a un mot malheureux.
13:44Elle va dire
13:45à l'avocate
13:46Emmanuel Franck
13:47qui est en train
13:48de plaider
13:48et d'expliquer
13:49que tout cela
13:49est un scandale.
13:50Elle lui dit
13:51« Vous n'allez pas pleurer
13:52quand même ».
13:53Immédiatement,
13:53ces paroles
13:54qui ne sont pas dites
13:55très fortes
13:55mais sont entendues
13:56par la Défense.
13:57Et là,
13:58c'est un tollé général
13:59du côté des avocats
14:00qui tous font bloc
14:02autour d'Emmanuel Franck,
14:03explique que c'est intolérable.
14:05À nouveau,
14:05suspension d'audience,
14:06nouvel incident.
14:07C'est un brouhaha général
14:09et à nouveau,
14:10la Présidente
14:11décrète une suspension
14:12de l'audience.
14:13On le rappelle,
14:13dans le box,
14:14il y a cinq accusés
14:15soupçonnés
14:16d'être impliqués
14:16à différents niveaux,
14:17commanditaires,
14:18exécutants.
14:19Si on revient
14:20sur les faits,
14:21Christelle Brigodeau,
14:21est-ce qu'il y a
14:22des preuves
14:23qui relient
14:24ces accusés
14:25au double assassinat
14:26du Formule 1
14:26de plan de campagne ?
14:27Il y a principalement
14:29des écoutes
14:30d'une conversation
14:31sur une messagerie cryptée
14:33qui s'appelle
14:33Sky ECC
14:34sur laquelle
14:35les narcotrafiquants
14:37à l'époque
14:38des faits
14:39et notamment
14:39en 2020
14:40s'estimaient en sécurité,
14:42ils ne pensaient pas
14:42pouvoir être écoutés.
14:44Et sur cette boucle
14:44Sky ECC,
14:46l'un des accusés
14:46qui s'appelle
14:47Karim Harat
14:48alias Rent-en-Plan,
14:49c'est son surnom,
14:50se vante
14:50d'avoir commis
14:51ce meurtre,
14:52de l'avoir commandité.
14:53Ces conversations
14:54font un peu
14:55le ciment
14:56de l'accusation
14:56parce que ces écoutes,
14:58c'est difficile
14:59de les contester
14:59même si l'accusé
15:01conteste être celui
15:02qui se fait appeler
15:03Rent-en-Plan.
15:06Et il y a aussi
15:07les déclarations
15:08d'un homme,
15:08un trafiquant repenti
15:10aujourd'hui
15:11qui a parlé
15:12aux enquêteurs
15:13très tôt
15:13après les faits
15:14et qui était
15:15dans l'entourage
15:16du caïd Farid Tire.
15:18Cet homme s'appelle
15:19Driss Wallan.
15:20Aujourd'hui,
15:20c'est un repenti,
15:22c'est-à-dire qu'il a admis
15:23être un narcotrafiquant
15:25mais a décidé
15:26de coopérer
15:26avec la police
15:27donc il bénéficie
15:28d'un programme
15:28de protection
15:29pour cela.
15:30Cet homme,
15:31juste après les faits,
15:32à peu près 24 heures
15:33après,
15:34il va appeler
15:35la police
15:35en se faisant passer
15:37pour un informateur
15:38anonyme
15:38mais il va parler
15:39pendant environ
15:40deux heures
15:41et il va tout balancer.
15:42Il va expliquer
15:43ce qui s'est passé
15:43et il va donner
15:44des noms.
15:45Il va dire
15:46que cet assassinat
15:47a été commandité
15:48par Karim Arat,
15:50donc rente en plan,
15:51que Gabriel Horry
15:52est le traître,
15:54celui qui a été
15:54mis dans les pattes
15:55de la victime
15:56Farid Tire
15:57pour gagner sa confiance,
15:59connaître le code
16:00de la chambre
16:00où il se planquait
16:01et quelque part
16:02permettre l'assassinat.
16:04Il ne donne pas
16:05les identités
16:05des tueurs,
16:06il dit qu'il ne les connaît pas
16:08mais il incrimine aussi
16:09Mamine,
16:10Amine Wallan
16:11et il explique
16:11que c'est par son intermédiaire
16:13que Gabriel Horry
16:14a été mis en relation
16:16avec le commanditaire
16:17Karim Arat.
16:22Ce repenti,
16:24on sait pourquoi
16:24il a parlé à ce moment-là ?
16:25Il explique en fait
16:26qu'il a voulu
16:27se venger,
16:28il le dit
16:29très clairement,
16:30d'ailleurs c'est ce qui
16:31fragilise aussi
16:31un peu son témoignage,
16:33il explique être
16:34un ennemi
16:34aujourd'hui
16:35notamment de Gabriel Horry
16:37et d'Amin Wallan,
16:38il a des mots
16:39comme œil pour œil,
16:40dent pour dent,
16:40je me suis servi
16:41de la justice
16:42pour me venger,
16:43il l'admet.
16:44D'ailleurs ce que la défense
16:46avance,
16:47quelque part
16:47Driss Wallan
16:48aurait livré en pâture
16:50les noms
16:51de ses concurrents
16:52pour se débarrasser d'eux,
16:53voire,
16:54c'est leur thèse,
16:55pour se dédouaner
16:55puisque eux
16:56accusent Driss Wallan
16:58d'être en fait
16:58partie prenante,
16:59voire le commanditaire
17:00réel
17:01de l'assassinat.
17:08Cet homme témoigne
17:10à distance
17:10par visioconférence
17:11le mardi 31 mars,
17:13il est caché
17:14derrière un paravent,
17:15que dit-il ?
17:16Il refait
17:17quelque part
17:18le film
17:19de cette soirée,
17:21explique
17:21ce qui s'est passé,
17:23réitère
17:23ses accusations,
17:25lui dans les jours
17:25qui ont précédé
17:26le meurtre,
17:27il était aussi
17:27avec Farid Thier,
17:29il était aussi
17:29au Formule 1
17:30et lui aussi
17:31avait le code
17:31de cette fameuse
17:33chambre 120
17:34dans laquelle
17:34le meurtre
17:35a été perpétré.
17:36Son raisonnement
17:37il est tout simple,
17:38il est de dire
17:38on était deux
17:39à avoir le code,
17:40il y avait Gabriel Horry
17:41et moi,
17:42ce n'est pas moi
17:42donc c'est lui.
17:43Que répondent
17:44les accusés ?
17:44Face à lui
17:45ce jour-là,
17:46il n'y a que
17:46Amine Wallan
17:47parce que suite
17:49à l'incident
17:49avec la capitaine
17:50de police
17:50quelques jours plus tôt,
17:52les autres accusés
17:53et les avocats
17:54de ces mêmes accusés
17:56sont absents.
17:57Ils ont décidé
17:57de boycotter le procès
17:58comme on l'a dit.
17:59Mais Amine Wallan
18:00et son avocate
18:02Inès Médoune
18:03ont décidé
18:03eux,
18:04ce jour-là,
18:05d'être présents
18:06parce qu'ils estiment
18:07que ce témoignage-là
18:08est trop important
18:09qu'ils ne peuvent pas
18:09laisser Driss Wallan
18:11dérouler,
18:11disons,
18:12son histoire
18:13sans contradiction.
18:14Alors que répond
18:14Amine Wallan ?
18:15Il explique
18:16que c'est des affabulations,
18:18que Driss Wallan
18:18dit n'importe quoi.
18:20Driss Wallan
18:20est d'ailleurs questionné
18:21de façon assez serrée
18:23par l'avocate
18:25d'Amine Wallan.
18:26Il y a beaucoup de tensions.
18:28Racontez-nous
18:28les derniers instants
18:29de ce témoignage
18:30par visioconférence
18:31de ce repenti
18:32Driss Wallan.
18:33Au moment
18:34où la présidente
18:35de la cour
18:35demande à la greffière
18:36de mettre fin
18:37à la visioconférence
18:38ou à témoigner
18:39Driss Wallan,
18:39dans le box,
18:40Amine Wallan
18:41s'étire,
18:42il a un petit sourire
18:43aux lèvres
18:44et il s'écrit
18:45assez fort
18:45pour que tout le monde
18:46entende
18:46« Longue vie à toi ».
18:48Là, évidemment,
18:49il y a un grand blanc
18:50dans la salle des assises.
18:52Tout le monde comprend
18:52qu'il vient de proférer
18:53une menace.
18:56Le jeudi 2 avril,
18:58la capitaine
18:58de police judiciaire
18:59témoigne à nouveau,
19:01mais cette fois
19:01à distance,
19:02en visioconférence,
19:03et les débats
19:04vont une nouvelle fois
19:05s'enflammer.
19:06La capitaine revient
19:07effectivement en visio.
19:09Elle commence
19:09par s'excuser
19:10de son départ précipité.
19:11Elle explique en fait
19:12qu'elle est partie
19:13parce qu'elle se sentait mal,
19:14que ce n'était pas lié
19:14aux questions de la défense.
19:16Donc, on sent une tentative
19:17d'apaisement.
19:19Les avocats, d'ailleurs,
19:20de façon un peu ironique,
19:21lui demandent tous
19:22« Est-ce que ça va mieux maintenant ? »
19:23Puis, l'interrogatoire reprend,
19:25toujours aussi serré,
19:26notamment sur la question
19:27de la téléphonie,
19:28puisque selon la défense,
19:29il y a des erreurs
19:30qui ont été commises,
19:31disent-ils même
19:32des faux procès-verbaux.
19:34On sent que la capitaine
19:36est à plusieurs reprises
19:37soit un peu embêtée
19:38pour répondre,
19:39ou en tout cas très lasse.
19:40Elle commence à multiplier
19:42les réponses du type
19:43« Je ne sais pas,
19:43je ne sais plus,
19:44il faut voir avec quelqu'un d'autre
19:46que ce n'est pas moi
19:46qui me suis chargé
19:47des écoutés de la téléphonie. »
19:49Donc, elle renvoie la balle
19:49vers ses confrères.
19:51Et cet interrogatoire
19:52va durer sept heures,
19:53au terme duquel
19:54la présidente de la cour
19:56tente de clôturer les débats.
19:59À nouveau,
19:59il y a un incident.
20:00Et d'ailleurs,
20:01cette même capitaine
20:02va devoir revenir
20:03le lendemain
20:03une troisième fois
20:04pour la suite
20:05et cette fois la fin
20:06de son témoignage.
20:09Une semaine plus tard,
20:10le jeudi 9,
20:11en fin de journée,
20:12c'est le témoignage
20:12de l'ancienne femme
20:13du trafic en tué,
20:15Farid Thire,
20:15qui se termine dans le chaos.
20:18Alors là,
20:18la configuration
20:19est un petit peu différente
20:20et étonnante d'ailleurs
20:21parce qu'on voit
20:22que les avocats
20:24essayent d'interroger
20:26cette témoin
20:27mais en essayant
20:28de prendre des gants,
20:29elle très rapidement
20:30se rebiffe
20:31et en fait refuse
20:32de répondre aux questions.
20:33Il y a pas mal
20:34de tension
20:35et de façon très étonnante,
20:37ce sont les accusés
20:38dans le box
20:38qui vont prendre
20:39la suite de leurs avocats
20:41et parler de façon directe
20:43avec cette témoin
20:44en disant
20:45qu'ils n'ont rien contre elle,
20:46qu'ils ont bien compris
20:47qu'elle rapportait des rumeurs,
20:48qu'ils ne lui en veulent pas.
20:50Ils essayent en fait
20:50de la mettre à l'aise
20:51et on dirait presque
20:52de la protéger.
20:53Très vite,
20:54juste après cet interrogatoire,
20:56le ton monte
20:57entre les accusés
20:59et leurs avocats.
21:00Il monte également
21:01entre les partis civils,
21:03donc les fesses
21:04ont mis des victimes
21:05et les accusés
21:07dans le box.
21:08C'est un brouhaha général.
21:09On entend des insultes,
21:10y compris des insultes
21:11à caractère raciste
21:12qui fusent.
21:13C'est la confusion générale.
21:15Les policiers font un pas
21:16dans la salle d'audience
21:17sentant qu'il va falloir
21:18faire évacuer la salle.
21:19Effectivement,
21:20la salle est évacuée
21:21et on saura
21:22un peu plus tard
21:23que les insultes
21:24vont continuer
21:24et que les avocats
21:26de la défense
21:26vont être très malmenés
21:27par leurs clients.
21:32On l'a dit,
21:33le procès a pris du retard.
21:35Il devait se terminer
21:36le vendredi 10 avril.
21:37Il est prolongé
21:38pendant le week-end.
21:39Le dimanche 12 avril,
21:41c'est les réquisitions.
21:42Le parquet estime
21:43que les six accusés
21:44sont coupables
21:45et il demande
21:46la perpétuité
21:47pour trois d'entre eux
21:48et des peines
21:49de 18 et 30 ans
21:51pour les trois autres.
21:52Christelle Brigodeau,
21:53comme à chaque fois,
21:54les derniers mots
21:55sont réservés
21:56aux accusés.
21:57Ils se lèvent
21:58l'un après l'autre.
21:59Ils sont donc
21:59cinq dans le box.
22:01Tous réitèrent
22:02leur innocence.
22:03Ils expliquent
22:03qu'ils n'ont rien à voir
22:05avec les faits
22:05qui leur sont reprochés.
22:06Ils s'excusent aussi
22:07auprès de la Cour
22:08pour le comportement
22:09qu'ils ont pu avoir
22:10pendant trois semaines,
22:11pour les mots durs
22:12échangés,
22:12y compris à l'égard
22:13de leurs avocats.
22:14Ils disent avoir confiance
22:15dans la justice,
22:16donc on le comprend.
22:16Ils essayent en fait
22:17de faire en sorte
22:18que la Cour se retire
22:19quelque part
22:19dans de bonnes dispositions
22:20ou en tout cas
22:21dans les meilleures dispositions
22:22possibles.
22:23Celui qui s'exprime
22:24le plus longuement
22:25c'est Amin Wallan,
22:26Mamine,
22:26qui lui aussi
22:27va s'attacher
22:28à minimiser
22:29quelque part
22:30son rôle
22:30sur l'échiquier
22:31du narcotrafic
22:32avec ces mots.
22:33Il dit
22:34voilà le costume
22:35que l'on veut
22:35me faire porter
22:36c'est du 4XL
22:37mais moi
22:38je fais taille S.
22:39Et plusieurs d'entre eux
22:40narguent l'État.
22:42Ils expliquent
22:42qu'ils ne sont pas
22:44responsables de tout
22:45dans le narcotrafic
22:46en France.
22:47Par exemple
22:48Amin Wallan
22:49va avoir cette phrase
22:50qui est de dire
22:51ce n'est pas moi
22:52qui n'arrive pas
22:52à surveiller les ports
22:53sous-entendu
22:54l'État
22:55n'arrive pas
22:55à juguler
22:56le trafic de drogue
22:57et ce n'est pas
22:57en me condamnant
22:58moi Amin Wallan
23:00qu'il va mieux
23:00y arriver
23:01et quelque part
23:02notre condamnation
23:03ne réglera
23:04aucun problème.
23:07Le mardi 14 avril
23:09le verdict tombe
23:10Gabriel Horry
23:11est condamné
23:12à 25 ans
23:12même chose
23:13pour les deux
23:14organisateurs
23:15et pour le tireur
23:1615 ans
23:17pour le complice
23:19du tireur
23:20mais Amin Wallan
23:21est acquitté
23:22Christelle Brigodeau
23:24d'un mot
23:24cet acquittement
23:25c'est un désaveu
23:26pour l'instruction ?
23:27Non
23:28chacun est dans son rôle
23:29les enquêteurs
23:30ont relevé
23:32plusieurs protagonistes
23:34ensuite
23:34ce sont au juge
23:35de trancher
23:36avec les preuves
23:36qui sont devant eux
23:37avec ce verdict
23:38la justice montre
23:39qu'elle est capable
23:40d'acquitter
23:41y compris
23:42des personnes
23:42avec des gros profils
23:44des lourds profils
23:44comme Amin Wallan
23:45la justice
23:46par ce verdict
23:47plutôt mesuré
23:48montre aussi
23:49qu'elle est indépendante
23:51du pouvoir politique
23:51qu'elle n'a pas fait
23:52de condamnation
23:53pour l'exemple
23:54comme le suggéraient
23:54les accusés
23:56Christelle Brigodeau
23:56le mercredi 15 avril
23:58on apprend l'arrestation
23:59en Espagne
23:59à Madrid
24:00de l'un des deux
24:02planificateurs
24:02de ce meurtre
24:03un homme qui était jugé
24:04donc en son absence
24:05Walid Barra
24:06il est arrêté
24:07au lendemain
24:08de sa condamnation
24:09à 25 ans de prison
24:10on ne sait pas
24:11à l'heure qu'il est
24:12s'il y a un lien
24:13entre cette décision
24:14de justice
24:14et son arrestation
24:15si cela a pu
24:16précipiter les choses
24:17Christelle Brigodeau
24:18ce qui est sûr
24:19c'est qu'il va y avoir
24:19d'autres procès à venir
24:21de la DZ mafia
24:22Amin Wallan
24:23notamment
24:24et Karim Arhat
24:25sont attendus
24:26à nouveau
24:27devant la même
24:28cour d'assises
24:29à Aix-en-Provence
24:30à l'automne prochain
24:32pour répondre
24:33cette fois
24:33d'un triple meurtre
24:34qui a été commis
24:35en 2020
24:36contre le frère
24:38du militant
24:38antidrogue
24:39Amin Kessassi
24:40Amin Kessassi
24:41qui lui-même
24:41est devenu militant
24:43de la lutte
24:44contre les stupéfiants
24:45après la mort
24:46de ce frère
24:47d'autres dossiers
24:48sont aussi en cours
24:49Gabriel Horry
24:50en particulier
24:51et mis en cause
24:53dans un assassinat
24:54qui a eu lieu
24:55à Mulhouse
24:55peu de temps
24:56d'ailleurs
24:57avant le double assassinat
24:59du Formule 1
24:59de plan de campagne
25:00en 2019
25:01il y a encore
25:02d'autres affaires
25:02dans lesquelles
25:03ils sont mis en cause
25:04donc la justice
25:05poursuit son cours
25:06et effectivement
25:06ce procès
25:08n'est que le premier
25:08d'une série à venir
25:17merci Christelle Brigodeau
25:19cet épisode de Code Source
25:20a été produit par
25:21Barbara Gouy
25:22et Thibault Lambert
25:23réalisé par
25:24Pierre Chaffanjon
25:25Code Source
25:26c'est le podcast
25:27quotidien
25:28d'actualité du Parisien
25:29nous publions
25:30un nouvel épisode
25:31chaque soir de la semaine
25:32du lundi au vendredi
25:33et puis n'oubliez pas
25:35le samedi matin
25:36Crime Story
25:36notre podcast
25:37consacré aux affaires criminelles
25:39Crime Story
25:40présenté par
25:41Claudia Prolongeau
25:42avec Damien Delsenny
25:43le chef du service
25:45police-justice
25:45du Parisien
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