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Chroniqueur emblématique de "Touche pas à mon poste", Matthieu Delormeau évoque son livre "Addictions, il a suffi d'une fois" (Éditions Leduc) qui retrace une descente aux enfers entre GHB, cocaïne, isolement total et ruine financière, et livre un témoignage fort sur les ravages de l'addiction.
Retrouvez "Le grand portrait" de Sonia Devillers sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-9h10
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00:00France Inter
00:03La Grande Matinale
00:07Sonia De Villers
00:09Mathieu Delormeau aurait voulu être un animateur télé de la trempe des Ardissons, des Foucault, des Ruquets.
00:14Il est chroniqueur chez Cyril Hanonat.
00:17Mathieu Delormeau aurait voulu rester jeune et beau
00:20parce que la télé a été le miroir de sa gueule d'ange et de son corps affûté.
00:25Il a passé le cap des 50 ans à deux doigts de crever.
00:28Tellement il a ingurgité de médocs et de drogues.
00:33Pour ne plus se voir, il a même vécu dans le noir.
00:36Aujourd'hui, il a décroché et il raconte un récit imbibé de honte et de brutalité
00:41comme si toute la colère qu'il avait contre lui-même, il l'avait aussi retourné contre les autres.
00:46Et la télé alors, elle a servi à quoi ?
00:48Elle a canalisé sa colère, à la contenir ou à la défouler ?
00:52Portrait numéro 127
00:58Bonjour Mathieu Delormeau, ça va ?
00:59Oui, bonjour Sonia, bonjour aux éditeurs.
01:01J'écoutais, c'est très son, mais c'est très bien écrit, c'est très juste.
01:04Non, c'est pas stressant.
01:06Non, c'est très sombre.
01:07C'est très sombre ?
01:08Oui, quand même.
01:09Après ce que vous avez écrit, c'est normal que ce soit sombre.
01:12Je rappelle que vous êtes chroniqueur dans l'émission de Cyril Hanonat, sur W9, tout beau, tout neuf.
01:17Que vous venez donc de publier Addiction, il suffit d'une fois aux éditions Le Duc, le livre paraît là,
01:24et qu'on va parler de ces arrestations multiples, des fuites dans la presse, des cures de désintox qui échouent.
01:29Mais avant tout ça, il y a la première fois.
01:32La première fois, Mathieu Delormeau.
01:34Ça commence par une soirée de chemsex absolument démente.
01:38Le chemsex, c'est prendre des substances pour se désinhiber complètement et pour s'envoyer en l'air.
01:44Longtemps.
01:45Longtemps, le plus longtemps possible, c'est ça ?
01:46Absolument, ça permet de garder une excitation, une envie qui peut durer,
01:53enfin moi le maximum que j'ai vu chez quelqu'un, qui restait cinq jours et cinq nuits sans dormir.
01:58Alors je voulais s'imaginer en qu'à état, il est le cinquième jour,
02:01et j'aimerais juste te dire qu'aujourd'hui, parce que malheureusement je l'ai beaucoup fait,
02:05les pompiers le lundi matin, en gros, en tout cas dans Paris, je ne parle pas pour toutes les villes,
02:09mais tous les lundi matin, leur maintenant c'est de ramasser toutes les épaves du week-end
02:14avec des jeunes qui font des soirées de plus en plus longtemps, vendredi, samedi, dimanche.
02:18Et ils m'avaient dit, nous on est venus pour cette personne,
02:20il y avait quelqu'un chez moi qui l'a emmené à l'hôpital,
02:22mais ils m'avaient dit, on a fait deux filles avant vous qui sont mortes d'un arrêt cardiaque
02:26et il y a un garçon qu'on a récupéré au palais, il avait pris je ne sais plus combien
02:29de mg de GHB.
02:30C'est leur quotidien le lundi matin.
02:31Ce qui est stupéfiant dans votre récit, Mathieu Delormeau, c'est à quel point ça va vite.
02:37C'est-à-dire qu'après une première expérience de GHB, qu'est-ce que c'est que le GHB,
02:41pour ceux qui ne savent pas ?
02:42Alors c'est un petit produit qu'on met dans une pipette, qu'on met dans un verre d'eau
02:46et qu'on mélange, qu'on avale.
02:48On met beaucoup d'eau parce que c'est un goût immonde, ça brûle comme ce n'est pas permis,
02:51pour une raison très simple.
02:52C'est un produit qui sert à décaper les jambes de voiture, donc enlever la rouille.
02:55On doit s'imaginer ce que vous mettez dans l'osophage et dans le ventre, mais qui en revanche va
03:00vous donner un effet, vous avez chaud, un effet bien, comme un shoot un peu.
03:04Qui se marie très bien avec la cocaïne parce que le G ça fait un peu endormir mais on se
03:07sent bien, donc il y a le G qui donne le bon effet et la cocaïne qui vous garde l
03:11'énergie.
03:12Alors ce qui est stupéfiant, c'est à quel point ça va vite après.
03:15L'escalade est absolument effrayante, c'est-à-dire la vitesse à laquelle vous allez vous retrouver avec des quantités
03:23astronomiques de drogue dans le pif.
03:26C'est incroyable, alors il faut bien dire qu'heureusement il y en a qui ne tombent pas tout de
03:31suite dedans, c'est vous et vos problèmes.
03:34Mais si, dites-vous toujours quelque chose, c'est que si vous avez une quelconque fragilité mentale, vous trouvez que
03:40vous êtes un peu anxieux ou toujours un peu fragile ou bref, ne touchez pas à ça.
03:46Parce que pour la première fois vous allez voir des solutions dedans qui sont miraculeuses, miraculeuses pour des gens qui
03:51comme moi ont toujours été anxieux, tout ça.
03:54Vous vous croyez un peu inaptes pour le bonheur et tout d'un coup vous trouvez la solution, c'est
03:58formidable.
03:59Et oui, malheureusement, voilà, quand il y a une solution facile, vous la payez un jour.
04:02Et oui, ça va très vite, c'est-à-dire qu'on considérait qu'avant si vous preniez de manière
04:06quotidienne, c'était entre 6 mois et 1 an pour que ça y est, vous soyez loqué, pour que votre
04:11cerveau, vous soyez vraiment addict.
04:12Maintenant oui, c'est plus proche des 6 mois tellement la cocaïne est puissante.
04:16Parce que ça n'est pas la même cocaïne.
04:18Non, c'est pas la même qu'avant.
04:19La première fois que j'en ai vu, j'avais effectivement, c'était il y a une trentaine d'années,
04:22j'étais à Montréal avec des potes, on en voyait de temps en temps, pas beaucoup parce que c'était
04:26tellement cher à l'époque, 150 euros à un gramme.
04:29Aujourd'hui c'est 60, 50 si vous en prenez plusieurs.
04:33Et qui dit ingurgiter de la coque, dit ingurgiter du paracétamol à haute dose, du mercure ?
04:38Oh là là, bien sûr, bien sûr.
04:40Une liste de saloperies.
04:43Oui, et quand je vous dis qu'il y a des conséquences, c'est que je ne veux pas dégoûter
04:45les gens de s'arrêter parce qu'il faut s'arrêter.
04:47Mais encore aujourd'hui, hier j'étais chez le médecin par exemple, j'ai fait une échographie du foie, j
04:53'ai fait un IRM du cerveau, un IRM de l'hypophyse parce qu'il pensait que ça ne marchait pas.
04:57Il faut que j'aille voir un ORL parce que j'ai fragilisé mon nez et la gorge.
05:00Vous n'imaginez pas aussi toutes les conséquences derrière.
05:03Jusqu'à combien de grammes par jour vous êtes monté, Mathieu Delormeau ?
05:06En réalité, moi j'ai lu votre récit, je pensais que ce n'était pas possible.
05:09Je pensais que le cœur lâchait avant.
05:13C'est vrai qu'on n'y pense pas.
05:14C'est vrai qu'après coup, je...
05:17Déjà à 2,5 grammes par jour, plus du GHB, je pensais qu'on ne tenait pas très longtemps.
05:23Vous êtes monté jusqu'à 3 grammes, vous êtes monté 4 grammes.
05:254, parce qu'à la fin c'était la nuit aussi.
05:28C'était 4.
05:294, c'était 4 grammes et après 15 milligrammes de GHB par jour.
05:37Effectivement, c'est gigantesque.
05:38Je ne m'en rendais même pas compte.
05:39Quand j'ai eu mon psychiatre, je lui ai dit, bon, on est combien ?
05:41Il m'a dit, à ce niveau-là, quand on commence à toucher les 3, 4,
05:44non, vous êtes 10, 15% de la population qui vient me voir.
05:46Les gens viennent avant pour appartir dans un gramme, tout ça.
05:50Je n'imagine pas à quel point je suis tombé bas.
05:52Et effectivement, la chance que j'ai eue de ne pas faire d'arrêt cardiaque.
05:55Il y a beaucoup de gens dans la drogue qui meurent sans vouloir se suicider.
06:00Moi, je n'avais pas d'envie de se suicider.
06:02En revanche, je le dis, je n'aimais pas assez la vie pour avoir peur de la mort.
06:04Je me couchais le soir et je me disais, je ne vais pas me suicider,
06:07mais si je ne me répéte pas demain, ce n'est pas très grave.
06:09De toute façon, vous vous couchez, vous vous couchez complètement chouté,
06:13d'anxiolithique et de somnifère, de toute façon, pour que ça s'arrête.
06:16Je fais exactement ce que faisait Michael Jackson, mais en un peu moins puissant.
06:21C'est-à-dire que lui, Michael Jackson, se faisait tous les soirs du Propofol,
06:24c'est-à-dire qu'il se faisait une anesthésie générale,
06:25la même que vous avez quand vous êtes à l'hôpital.
06:27Vous imaginez que tous les soirs, il était sous la saline générale.
06:30Donc évidemment, son cœur a fini par lâcher.
06:33Mais moi, je prenais quasiment autant, mais en anxiolytique et en médicaments.
06:36Là, vous avez raison, c'est que je me couchais.
06:37Il fallait que dans les 1 minute 30 maximum, je m'endorme.
06:41Sinon, je commençais à réfléchir, à bader, je me relevais, je reconsommais.
06:44Donc, je me prenais...
06:46C'est une des premières cures de désintox que vous décrivez, Mathieu Delormeau,
06:48dans Addiction, ce livre qui paraît aux éditions Le Duc.
06:51Les premières cures de désintox, c'est-à-dire que trois semaines,
06:54vous sortez, vous reconsommez direct.
06:56Direct.
06:57Et c'est pire même.
06:58C'est exactement le phénomène des régimes, pour ceux qui le savent.
07:00C'est que quand vous êtes dans la frustration pendant trois semaines,
07:02quand vous reprenez, vous vous jetez dessus.
07:05Mais comme quand vous mangez un chien qui mange sa gamelle le soir,
07:08personne ne va te la voler, tu n'es plus un loup, calme-toi.
07:10Et bien là, vous vous jetez dessus,
07:12et un gramme qui faisait quatre heures avant,
07:13le premier va faire deux heures.
07:15Deux heures.
07:17Donc, oui, ça vous a frustré, c'est pire après.
07:19C'est tout le problème de la décure.
07:20Et ces heures passées dans le noir.
07:23Parce que ça aussi, en fait, c'est assez rare de lire ces lignes-là,
07:28d'entendre ce récit-là.
07:30C'est-à-dire de ne plus se supporter,
07:33d'avoir tellement honte de soi,
07:35de vivre dans le noir.
07:36Vivre dans le noir pour ne plus voir son visage
07:39passer devant un miroir.
07:41C'est vrai.
07:42Ce n'est même pas vivre dans le noir.
07:44C'est vivre deux ans, tout seul, dans un appartement, Sonia.
07:47Je ne suis pas sorti, quasiment.
07:48J'ai dû sortir cinq fois en deux ans.
07:51Après le Covid, moi j'ai fait un Covid de cinq ans.
07:54Mais je ne sortais pas de chez moi.
07:57Je ne m'aimais pas, je ne voulais pas qu'on me voit.
07:58J'étais parano, j'avais peur des gens.
08:00Je le dis dans le livre, mais heureusement que j'avais un peu d'argent.
08:02Je voulais une boîte de Doliprane.
08:03J'appelais un taxi-moto.
08:05Il allait chercher la boîte de Doliprane.
08:06Il me la ramenait.
08:07Donc il me facturait la boîte de Doliprane.
08:0990 fois 2, 180 plus de Doliprane.
08:11182 euros la boîte de Doliprane.
08:13Qui, deux voix, moi, faisait à peu près une journée.
08:15Pas plus.
08:15Je tournais une boîte de Doliprane par jour.
08:17Vous avez cramé un fric dans cette histoire, mais démentiel.
08:20Vous avez tout perdu.
08:21C'est sans compter.
08:22En plus, vous imaginez bien que j'étais quand même le bon con.
08:25Donc les gens qui venaient chez moi, je payais les Uber, je payais la drogue,
08:27je payais les cigarettes, les machins, tout pour tout le monde.
08:29Pour des gens que je n'en voyais jamais.
08:31Bien sûr, bien sûr.
08:35Je me souviens très bien qu'un jour, la banque m'appelle et me dit,
08:39Jean-Monsieur Dormeau, je ne répondais jamais.
08:40Aux répondeurs, ni rien, rien, rien.
08:42Les mails, rien.
08:42Les huissiers, rien.
08:44Et il m'appelle un jour.
08:46Parce que le matin, je mettais mon téléphone sur moi d'avion.
08:48Chaque SMS, c'était une agression.
08:49Et je ne sais pas pourquoi, il m'a au téléphone.
08:51Et il me dit, voilà, est-ce que vous pourriez mettre un petit peu d'argent ?
08:53Ils sont polis.
08:54Pour combien un peu votre découverte, tout ça ?
08:56Et puis, pourquoi ?
08:58Vous avez des gros emprunts qui arrivent, des gros remboursements.
09:00Là, il y a 1,68€ sur votre compte.
09:03Alors je dis, vous videz tel, tel, tel, tel, tel, mais ils sont tous vidés.
09:07Là, je peux vous dire, ça vous fait un petit moment de panique quand même.
09:10Un petit moment de panique.
09:11Et pour vous répondre sur le noir, effectivement, oui, c'est des nuits que je ne souhaite à personne.
09:15Je n'aime pas un ennemi à qui souhaiter ça.
09:17C'est des nuits où vous pleurez.
09:20Vous pleurez.
09:22Et bien, soit vous vous shootez avec des médicaments pour dormir tout de suite.
09:25Soit vous reprenez de la drogue.
09:26Mais en général, ça ne marche plus.
09:27Vous en avez tellement pris que vous avez vidé toute la dopamine.
09:29Tout, elle n'a plus d'effet sur vous.
09:31C'est là où c'est horrible.
09:32Vous signez du nez, tout ça.
09:33Mais ça ne marche plus.
09:34Vous prenez un produit qui ne marche plus.
09:35Vous l'avez...
09:36Dans ce livre, Mathieu Delormeau, vous racontez aussi, de manière incroyablement précise et lucide,
09:4415 ans de télé.
09:45Un peu plus.
09:46Peut-être 20 ans de télé.
09:4820 ans de télé qui sont, au fond, pas celles que vous auriez voulu vivre.
09:52Même si ça vous a apporté beaucoup, beaucoup d'argent, beaucoup de notoriété, beaucoup d'amour.
09:57Pas forcément l'amour que vous cherchiez, en fait.
10:00Là, c'est votre arrivée chez Cyril Hanouna.
10:02On est en 2015.
10:04Ça va, Mathieu ?
10:05Honnêtement ?
10:05Ouais.
10:06Je suis hyper vénère.
10:07Quoi ? Vous êtes hyper vénère ?
10:08Non, mais juste pour commencer avec Christophe, juste en trois secondes,
10:10je vais continuer de dire que c'est tellement vrai, c'est vrai, parce que je le produis.
10:13Et donc, je sais ce que je produis.
10:14Je ne mens pas, je ne suis pas langue de bois.
10:15Maintenant, si tu avais voulu...
10:16Attends, je termine.
10:16Si tu avais voulu, en sept ans, plutôt que juste poser tes fesses et commenter,
10:20venir une seule fois assister à un tournage pour voir que c'est vrai,
10:23tu assistes, tu es journaliste, tu regardes les faits.
10:24Si c'est vrai, c'est vrai.
10:25Si ce n'est pas vrai, tu dénonces.
10:26Mais pour venir juste une fois vérifier, viens sur le terrain si tu es journaliste.
10:30Excuse-moi, Mathieu, quand je vais sur un tournage, a priori, c'est...
10:33Parce que j'aime ou le film ou l'émission.
10:35Là, excuse-moi.
10:36Donc, tu ne produis pas à mes yeux, tu produis de la merde.
10:39À 30 ans, Mathieu Delormeau, jeune, beau et doué, devant une caméra, on me prédisait
10:50la carrière des plus grands.
10:51Elle ne s'est jamais concrétisée.
10:53À 50 ans, je ne suis plus un espoir.
10:55Alors, qui suis-je ?
10:59C'est très compliqué de répondre à ça.
11:01Parce que les mauvais jours, vous répondez à raté.
11:03Et les bons jours, vous répondez non, quand même, c'est un beau parcours.
11:09C'est un beau parcours.
11:10Mais je ne sais pas, tout ça a forcément un lien.
11:14Mais c'est vrai que moi...
11:14Mais vous auriez voulu être le ruquier dont on n'est pas conçu.
11:16Bien sûr.
11:17Vous vouliez être le foucault de Sacré-Soirée.
11:19Vous vouliez être le hardisson de tout le monde en parle.
11:21Mais Sonia, quelqu'un qui a 14 ans rêve d'être piote de Formule 1.
11:24Il rêve d'être à tonne Sénat.
11:26Ou d'être, je ne vais pas citer quelqu'un, mais de citer quelqu'un qui avait 20 ans de
11:29Formule 1 et qui n'a pas gagné une course.
11:31Moi, je regardais De Chavannes, je regardais Ardisson, je regardais Faugier.
11:34Et vous écrivez, mais moi, de quelle émission suis-je l'homme ? Aucune.
11:38Non.
11:39Non, parce que...
11:40C'est vrai que dans ce bouquin, je donne beaucoup de conseils aux gens.
11:44Et parfois, les gens me disent, mais c'est qui pour nous conseiller ?
11:46Non, mais c'est très simple.
11:47C'est quelqu'un qui en a pris plein la gueule.
11:49Exactement.
11:49C'est juste quelqu'un qui est tombé dans tous les pièges.
11:51Et qui en a mis plein la gueule à beaucoup de gens autour de vous.
11:54Absolument, absolument, absolument.
11:56Plein la gueule.
11:57Vous avez été aussi d'une brutalité, d'une violence énorme.
12:00On aurait pu le bouquin, c'est l'histoire d'un connard qui nous donne une bonne leçon pour devenir
12:05quelqu'un de mieux.
12:06Voilà.
12:07C'est juste que la leçon, elle a coûté très cher.
12:10Je ne sais pas si c'était au prix du connard que j'étais, mais en tout cas, la sanction
12:14que j'ai prise, comme de la prison,
12:16la sanction que j'ai prise, elle est très, très, très lourde.
12:19Et je ne la souhaite à personne.
12:20Et je voudrais juste, vraiment, un seul message, c'est tous les gens qui commencent à s'amuser le soir.
12:25Et je vois le process pour tout le monde, il y a beaucoup de gens qui m'écrivent, je vois
12:29sur Insta, c'est le même process.
12:30Les gens qui commencent le samedi soir, ça commence le vendredi soir un petit peu, puis un peu le samedi
12:34soir.
12:34Mais c'est que, et puis après, c'est que un samedi par mois.
12:37Puis après, on se rend compte qu'on ne peut plus, première addiction, sortir et s'amuser sans le produit.
12:42Mais ce n'est pas grave, on ne sort que le samedi.
12:43Donc après, c'est tous les samedis.
12:45Puis vendredi, samedi.
12:45Puis un dimanche matin, tu es un peu crevé, tu en prends un peu plus.
12:48Ça va à une uneure incroyable.
12:49J'aimerais juste dire aux gens, rappelez-vous ceci.
12:51Quand vous prenez de la drogue, ça paraît bon sur le moment.
12:54Rappelez-vous toujours, toujours, et ce que j'essaie d'expliquer dans le bouquin, le prix à payer derrière.
13:00Il est fascinant.
13:01C'est de 1 pour 1 million.
13:04C'est trop lourd.
13:06Vous ne pouvez pas...
13:08Tous les dealers de Paris avaient votre adresse.
13:11Oui, tous, tous, tous.
13:12J'étais un bon client.
13:13Je peux dire que...
13:14Ils s'en ont gueulé un ou deux un jour.
13:15Ils sont arrivés à l'heure après.
13:16Vous avez des armes à la maison tellement vous aviez peur des agressions, tellement vous aviez peur d'être cambriolé.
13:20Mais quand je parle que c'est aussi une spirale de violence, c'est-à-dire que vous le dites,
13:23vous êtes revenu là sur le plateau de Cyril Hanouna.
13:26Personne n'avait envie de vous revoir.
13:27Non.
13:28Personne.
13:29Vous les avez tous embrouillés, tous insultés, tous agressés, tous.
13:33Tous.
13:33Ça veut dire que quand vous sortez de là, votre psychiatre vous dit, il faut 3 choses.
13:39Voyez des amis, entourez-vous.
13:41Il m'en reste 1 qui me parle.
13:431.
13:43Mais 1.
13:43Ce n'est pas 2.
13:44C'est 1.
13:46C'est trouver un boulot.
13:47Bien sûr.
13:48On est connu, on est drogué.
13:49Et 3e chose, trouvez-vous un copain.
13:51Oui, bien sûr.
13:52Là aussi, drogué, vous êtes à la presse partout.
13:55Et puis, j'ajoute à ça qu'effectivement, on arrête la drogue.
13:57Je vous dis la vérité, mais c'est très honnête.
13:59Vous aurez 1 à 2 ans sans sexualité.
14:02Après le chemsexe, il faut le dire aux gens, après le chemsexe, quand vous arrêtez, votre
14:06cerveau va mettre à peu près 2 ans pour que vous ayez une libido qui refonctionne sans
14:10chemsexe.
14:11Moi, j'en suis qu'à peu près à 1 an cet été.
14:13Bon, ça fait partie de mon travail, mais c'est un travail sans sexe.
14:17Donc, quand mon médecin dit rencontrer quelqu'un, pardon, je suis gay, ou même si je n'étais
14:20pas gay, je lui dirais, Sonia, on a pris un super dîner, il faudrait qu'on avance un peu
14:23tous les deux, on s'adore.
14:24En revanche, si vous m'avez bien, on ne coucherait pas ensemble avant 2 ans.
14:26Vous restez, vous ? Merci.
14:29Extrait, ne touche pas à mon poste, c'est vieux.
14:32En ce moment, et tu le sais, je te l'ai dit à toi, donc je ne donnerai pas de
14:34détails
14:35aux téléspectateurs, il y a deux personnes de mon entourage très proches qui sont très
14:39malades, ça fait de la peine.
14:41Oui, je le sais.
14:42Quand je te dis que tu n'es pas très bien en ce moment, je ne dis pas des conneries.
14:45Donc, je suis plus sensible.
14:46Voilà, voilà, c'est ça.
14:47Mais tes vannes restent drôles.
14:48Par contre, évite de...
14:50C'est juste ça.
14:51Parce que je sens que là, tu es très sensible.
14:52C'est juste ça.
14:53Mais tu sais qu'on t'aime ici.
14:54Oui, on t'aime.
14:55Si, attends, je te dis juste un truc.
14:57Si tu faisais des audiences de merde, est-ce que tu crois vraiment que je ferais la vanne ?
15:00C'est comme si je disais que quand je te fais des vannes sur ton physique, c'est
15:02parce que tu es beau gosse.
15:03Si tu faisais des audiences de merde, j'aurais dit que c'est compliqué.
15:07Allez, viens là.
15:07Tout va bien.
15:09Mathieu Delormeau, quand on a perdu sa maman à 9 ans d'un cancer, ce qui est votre
15:12cas, qu'on ne l'a pas vu mourir, ce qui est votre cas, parce que vous avez été tenu
15:16loin d'elle, tenu loin même de son enterrement, vous le racontez, que vous vous êtes retrouvé
15:22chez votre père qui s'était remarié, qui a fait deux autres enfants, qu'on vous a
15:25envoyé loin faire des études, une grande école de commerce, parce que vous étiez
15:29analyse financière, avant de faire de la télé-réalité et puis ensuite d'arriver
15:34chez Cyril Hanouna, bref, vous racontez une enfance qui forge une faille, c'est même
15:40pas une faille, c'est un abîme, c'est un abîme tellement vous avez besoin d'amour
15:44et de reconnaissance.
15:46La vraie question, c'est que cet amour et cette reconnaissance, vous le trouvez dans
15:49la télé.
15:54Et malheureusement, je crois que j'ai reçu les meilleurs conseils de gens qui m'ont
15:58bien entouré, notamment un qui m'avait dit, règle tes problèmes avant de faire de
16:02la télévision.
16:02Sinon, la caméra, c'est très simple.
16:04Elle repère la tumeur et elle la fait grossir.
16:06C'est exactement...
16:07Elle repère la tumeur et elle la fait grossir ? Qui vous a dit ça ?
16:10Attention, on parle d'une tumeur de santé mentale, vous voyez ce que je veux dire.
16:14Qui vous a dit ça ? C'est extraordinaire comme phrase.
16:17C'est vrai ?
16:18Oui.
16:18Je ne vais pas vous le dire, c'est un animateur connu, mais pas sur votre radio.
16:24Sur RTL en ce moment ?
16:25Non, exactement.
16:26Vous voulez que je vous le dise ? C'était mon ami Marc-Olivier Fogiel, qui m'a donné
16:30des très bons conseils, dont celui-là.
16:31Et évidemment, comme celui que j'étais à 30-35 ans, je n'écoutais aucun conseil.
16:37Car évidemment, je savais.
16:38De leur mot, ça veut dire celui qui sait.
16:39Donc effectivement, je n'ai pas suivi ça.
16:41Bon, c'était une erreur.
16:42Mais encore une fois, je n'ai tellement pas réfléchi aux choses dans la vie que c'est
17:01utile, c'est le plus beau projet que j'ai jamais eu de ma vie.
17:05Mais je pense aussi, je pense aussi que ce récit, et c'est pour ça que je vous invite,
17:07je pense aussi que ce récit, il est d'utilité publique.
17:10Ah vraiment ? Que les mamans le lisent, j'en supplie.
17:12Qu'elles se le passent et ne peuvent pas l'acheter.
17:14Pas que les mamans.
17:15Cyril Hanouna, vous lâche pas.
17:17Non.
17:18Cyril Hanouna vous appelle.
17:20Oui, je t'en cure.
17:21Reviens.
17:22Reviens, t'as toujours ta place.
17:24Encore une fois, autour de lui, personne n'a envie de vous revoir.
17:27Sur le plateau, personne n'a envie de vous revoir.
17:31Ni la chaîne, ni aucune chaîne, ni personne.
17:33Pourquoi vous replongez ?
17:34Pourquoi vous replongez ?
17:35Pourquoi le plateau de Cyril Hanouna ?
17:36Pourquoi à nouveau la télé ?
17:37Quand vous savez le mal que ça vous a fait.
17:39Quand vous savez la dépendance que c'est aussi, aussi la télé.
17:45Pourquoi vous replongez ?
17:46Parce que vous n'avez plus un rond ?
17:47Parce que vous n'avez pas le choix ?
17:47C'est ça que vous allez me dire ?
17:48Vous êtes psychiatre ou pas ?
17:50Je vais au psychiatre un matin au téléphone.
17:52C'était le sujet, mais là, je vous dis tout.
17:53Et il me disait, j'ai vu que vous faisiez pas mal d'émissions.
17:55Ne dépassez pas trois.
17:56Et je lui ai dit, mais moi, Cyril, il va bien que je fasse plus.
17:59C'est une bande.
18:00Mais il ne fait pas plus.
18:01Moi, je regarde.
18:03Là, vous êtes en voie de guérison.
18:05Il y a trop de stress.
18:07Allez-y vraiment doucement et tout ça.
18:09Au début du livre, quand vous parlez de la cocaïne,
18:12vous dites qu'elle vous murmure à l'oreille cette phrase.
18:14Plus personne ne veut de toi, sauf moi.
18:16Quand Cyril Hanouna vous appelle, il vous dit exactement la même chose.
18:20Plus personne ne veut de toi, sauf moi.
18:23C'est vrai, non ?
18:24C'est hyper dangereux, non ?
18:26Oui, mais c'est hyper vrai.
18:27Non ?
18:28Qu'est-ce que je vous dise ?
18:29Quand j'entrais mon psychiatre qui me disait,
18:33il faut retravailler, il faut travailler.
18:34Mais si vous voulez, je suis lutte funeste à la folie des grandeurs.
18:39Je suis ministre, je ne sais rien faire.
18:41C'est pareil, je fais une meilleure de télé, je ne sais rien faire.
18:43Et puis même en tant que producteur,
18:45quand c'est les mêmes qui vous ferment les portes.
18:46Donc votre boîte ne marche plus, rien ne marche plus.
18:48C'est pour ça que je suis reconnaissant qu'il m'ait tendu la main,
18:50parce que mon psychiatre me disait, il faut travailler.
18:52Je travaille où ?
18:55Bravo.
18:56Mathieu Delormeau, addiction, il suffit d'une fois.
18:59Aux éditions Ludic.
19:00Merci.
19:01Merci à vous.
19:01Merci beaucoup.
19:02Merci.
19:02Merci.
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