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Michel Onfray passe en revue l’actualité de la semaine dans #FaceAMichelOnfray. Présenté par Laurence Ferrari.
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00:00Bonjour à tous, bonjour à toutes, bienvenue dans Face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1.
00:03Bonjour Michel.
00:04Bonjour Lens.
00:04Ravi de vous retrouver pour commenter l'actualité de la semaine.
00:07On va revenir, Michel, sur le voyage du pape Léon XIV en Algérie,
00:12temps fort de sa première tournée mondiale qui le mène dans plusieurs pays d'Afrique.
00:16Un pape qui a délivré des messages forts et qui insiste sur le caractère universel de sa fonction
00:22avec un style pastoral qui semble vous séduire.
00:25On nous le dirait. Léon XIV qui d'autre part a essuyé les critiques acerbes venant de Donald Trump
00:31et son vice-président J.D. Vance qui a courossé les catholiques du monde entier.
00:36Et vous aussi, mon cher Michel.
00:38Et puis on évoquera aussi les difficultés économiques des Français qui se poursuivent
00:42alors que la crise énergétique s'installe à la faveur de la situation au Moyen-Orient.
00:47Les prix des carburants continuent de monter en flèche, ce qui est un désastre pour de nombreuses professions.
00:51On a parlé des pêcheurs la semaine dernière.
00:53On verra comment le gouvernement tente de répondre à ce qui pourrait se transformer en crise sociale.
00:58Autre thème important, les débats polémiques autour du 1er mai et des ZFE.
01:02Faut-il laisser certaines professions travailler le 1er mai, le jour de la fête du travail, Michel ?
01:08C'est très symbolique, mais on verra ce que vous en pensez.
01:11Est-ce que la valeur travail est en déshérence dans notre pays ?
01:13Et puis pour les ZFE, jusqu'à quand va-t-on continuer à embêter les Français ?
01:17Je ne reprends pas exactement la formule de Pompidou, mais c'est un petit peu ça l'idée.
01:20On parlera aussi de l'acharnement contre Boilem Sansal, victime d'une campagne de dénigrement après son retour de captivité.
01:28Certains médias et intellectuels l'accusent même d'être d'extrême droite.
01:31Qu'est-ce que cela dit des mécanismes de la haine à l'œuvre dans notre pays, Michel ?
01:36Enfin, nous évoquerons la sombre période de la collaboration pendant la guerre,
01:40à la lumière du film de Xavier Giannoli, « Des rayons et des ombres »,
01:44le récit de la collaboration à travers le parcours du journaliste Jean Luchère,
01:49un tenant de la gauche humaniste qui a fini par collaborer avec l'occupant nazi.
01:54On reviendra avec vous sur cette période de notre histoire et sur la façon, bien sûr,
01:57dont le général Legault a su transcender ses fractures pour redresser la France.
02:02Enfin, le point philo, il va nous ramener au pape Léon XIV, Michel.
02:05Vous nous proposez les Confessions, évidemment, de Saint-Augustin,
02:08un livre qui est majeur dans la construction de notre Occident,
02:11avec ce pape qui se revendique de l'augustinisme.
02:14C'est comme ça qu'on dit ? L'augustinisme ?
02:17Génial.
02:17C'est parti, mon cher Michel.
02:19On commence par ce pape Léon XIV qui était en Algérie,
02:22voyage pastoral sur les traces de Saint-Augustin,
02:24qui était de la région d'Hippone, où il est mort en 430.
02:27Il a prononcé un discours fort à Alger devant le mémorial des victimes de la guerre d'Algérie.
02:32Il a appelé au pardon, il a appelé les Algériens au pardon.
02:36Et puis, il a rendu hommage dans la basilique Notre-Dame d'Afrique
02:39aux 19 religieux assassinés en Algérie depuis 30 ans.
02:42On écoute Léon XIV.
02:45Votre communauté a des racines très profondes.
02:50Vous êtes l'héritier d'une multitude de témoins
02:54qui ont donné leur vie,
02:57poussés par l'amour de Dieu et du prochain.
03:02Je pense en particulier aux 19 religieux, religieuses martyres d'Algérie
03:09qui ont choisi d'être aux côtés de ce peuple dans ses joies et dans ses pleines.
03:15C'est important ce que dit ce pape Léon XIV, Michel, on ferait.
03:19Oui, moi je l'aime bien parce que c'est le pape de l'histoire, du retour de l'histoire.
03:22C'est-à-dire qu'avec le précédent, on avait le pape de l'idéologie
03:27qui estimait que l'histoire n'existait pas,
03:29que l'église était une espèce d'ONG,
03:32que, bon, on ne va pas faire la critique de ce pape passé.
03:37Et celui-ci, quand il est arrivé, on a commencé à tester.
03:40On ne savait pas.
03:41Il s'appelle comment.
03:41Parce qu'effectivement, quand vous prenez un nom de pape,
03:44vous dites quelque chose d'important.
03:46Si vous vous inscrivez dans la lignée de Léon,
03:49vous êtes Léon XIV, qui est café, le Léon XIII,
03:51qui est justifié que vous puissiez vous inscrire dans ce lignage.
03:54Et donc, ça, c'était un signe subtil.
03:56Je crois que c'est un...
03:58Vous savez, en philosophie, on parle de docteur subtil,
04:00mais c'est un docteur subtil.
04:01L'autre était très gros sabots.
04:03Et lui, il est arrivé, en ne faisant pas trop de bruit,
04:05mais juste deux ou trois petits signes, par-ci, par-là.
04:08Il a commencé par réhabiliter des vêtements sacerdotaux,
04:10qui étaient ceux du pape.
04:11C'était une façon de dire, on n'avait pas besoin de faire beaucoup de théologie.
04:15Regardez-moi arriver, j'ai des vêtements qui n'existent plus
04:18depuis un certain temps au Vatican,
04:19donc je m'inscris dans une tradition.
04:22Et mon problème, ce n'est pas le futur ou l'avenir,
04:24je ne sais quoi, mais si c'est quand même un pape qui se soucie de l'avenir,
04:26mais c'est de rester dans l'histoire,
04:29d'être dans l'histoire et de savoir que...
04:31On ne va pas commencer à faire un cours sur Augustin,
04:33sur la question du temps, sur la question du présent,
04:35sur la question du passé, sur la question du futur,
04:37parce qu'Augustin nous dit qu'il n'y a que du présent.
04:39Le passé, c'est de l'ancienneté qu'on présentifie,
04:41et le futur, c'est un avenir qu'on présentifie toujours.
04:44Donc il y a une espèce d'éternel présent, nous dit Augustin.
04:47Et il s'inscrit dans ce lignage-là.
04:49Et il dit des choses quand il va à Monaco, par exemple.
04:51Vous avez des voitures de luxe,
04:53j'allais donner des marques, mais vous avez des voitures de luxe,
04:55des gens richissimes, des yachts, etc.
04:57Mais qu'est-ce qu'il va faire là-bas ?
04:58Mais il y a une religion d'État aussi.
05:00Il y a une religion d'État. On peut dire ça.
05:02Ah oui ?
05:03Oui, oui. Je ne dis pas qu'on ne peut pas le dire.
05:06Mais ça, c'est ce qu'il voudrait absolument
05:08qu'il soit manifesté sur le terrain du sociétal.
05:11Je pense qu'il s'est manifesté sur le terrain pastoral,
05:14même si on pourrait s'entendre sur la façon de le distinguer.
05:18Il a juste dit, vous les riches,
05:20sachez que Jésus tient un discours à votre endroit
05:23et tâchez de vous en souvenir.
05:25Il ne dit pas, débarrassez-vous de toutes vos richesses.
05:27Mais il en appelle à la charité,
05:29il en appelle à un certain nombre de vertus.
05:31Donc il avance dans des endroits,
05:33je ne veux pas dire qu'ils sont minés,
05:34mais enfin qu'ils ne sont pas les lieux dans lesquels on l'attend.
05:36L'Algérie, c'est exactement la même chose.
05:37C'est un pays musulman qui revendique un islam agressif,
05:40qui prend en otage notre ami Boilem Jadis
05:43et puis aujourd'hui Christophe Glez en disant
05:46qu'on n'a que faire du droit et c'est ainsi que les choses se passent.
05:49Il arrive dans cet endroit, en terrain ennemi, disons-le.
05:52J'ouvre une parenthèse pour dire qu'il y a eu quand même
05:54deux attentats qui ont été, dit-on, déjoués.
05:57Déjoués à Blida, à quelques kilomètres d'Alger.
05:59Oui, je pense que les ceintures d'explosifs
06:02se sont déclenchées trop tôt.
06:03Mais enfin, il n'y a pas eu cet attentat
06:04qui aurait dû avoir lieu en protestation
06:09contre le fait que le roi des mécréants,
06:12disons-le comme ça, était invité sur une terre musulmane.
06:14Vous voyez qu'en terre musulmane,
06:15ce n'est pas si simple que ça.
06:16Et il y va.
06:17Et il dit un certain nombre de choses.
06:19Et il dit des choses qui sont les choses
06:21qu'Augustien nous fait savoir.
06:23C'est-à-dire, revenez à la prière,
06:25revenez au texte, revenez aux Écritures.
06:27Je ne vais pas parler tout de suite des confessions,
06:29mais on en parlera.
06:30Et là, on le voit avec cet accent étonnant,
06:33un mélange d'accent de l'Espagne, de l'Amérique du Sud,
06:37de l'Anglais, des États-Unis,
06:38et puis en même temps d'un Français qui l'utilise
06:40et qui est un peu touchant,
06:42qui n'est pas fluide,
06:43parce qu'on est obligé d'écouter.
06:45Moi, j'ai écouté son homélie
06:46et il y a parfois des mots qui disparaissent,
06:47que je n'ai pas compris du moins.
06:49Mais il inscrit son pontificat doucement,
06:54dans une logique de force tranquille,
06:55si je puis me permettre de détourner une expression
06:57qui avait fait jadis son effet.
07:00Mais il avance comme ça,
07:01avec l'intelligence qu'ont les Augustiniens,
07:04qui sont des gens qui n'ont pas lu que les confessions,
07:07mais aussi la cité de Dieu,
07:08qui est un art de produire des effets sur le terrain politique.
07:11Et quand il dit qu'il faut pardonner,
07:14devant le mémorial des victimes de la guerre d'Algérie,
07:16c'est très clair ?
07:17C'est majeur, parce que si vous prenez le Coran, le pardon,
07:20toutes les sourates démarrent avec,
07:23au nom du Dieu miséricordieux,
07:25mais la miséricorde,
07:26ce n'est pas très exactement de couper des têtes,
07:29de vouer aux gémonies,
07:31de dire que le paradis est à l'ombre des épées.
07:33– Mais sur l'exemple précis de la guerre d'Algérie,
07:36les Algériens tournaient la page.
07:37– C'est majeur, ce qu'il a dit est majeur,
07:39parce que personne ne le dit.
07:41Vous avez des gens aujourd'hui qui nous disent
07:43repentance de Benjamin Storin,
07:45Ségolène Royal,
07:46en passant par Emmanuel Macron,
07:48et tant d'autres,
07:48et surtout toute la gauche comme un seul homme,
07:50qui se vient nous expliquer que cette guerre a été terrible.
07:52– Oui, elle a été terrible,
07:53bien sûr qu'elle a été terrible,
07:55mais parlons de ce qu'a fait le FLN contre le MNA,
07:58par exemple, le mouvement national algérien,
08:00parlons des massacres que les Algériens ont commis
08:02sur des Algériens eux-mêmes,
08:03parlons sur… etc. etc.
08:05Faisons véritablement de l'histoire.
08:06C'est pourquoi quand je dis de ce pape
08:07qu'il me semble être le pape de l'histoire,
08:09c'est intéressant, dans une époque où l'histoire n'existe plus,
08:12vous ne pouvez plus faire référence de manière un peu subtile
08:15à des thèses de Darwin,
08:16à des thèses scientifiques,
08:17ou à des thèses qui renverraient à un peu de culture,
08:20là d'un seul coup il nous dit
08:21« Mais nous sommes dans l'histoire et le présent n'est pas tout ».
08:24La petite actualité du moment,
08:26ce n'est pas essentiel.
08:27Lui, il a sur les épaules 2000 ans de christianisme
08:30et son propos, c'est de faire de telle sorte
08:32que le christianisme dure encore.
08:35Donc, moi je suis du côté de tous ceux qui réhabilitent l'histoire,
08:38de tous ceux qui réhabilitent la science,
08:39de tous ceux qui réhabilitent, au-delà de la religion,
08:42aussi la raison, une raison des lumières, etc.
08:45Donc, en ce sens, tout personnage qui nous dit
08:47« L'histoire existe, elle n'est pas finie »
08:49est un personnage qui m'intéresse.
08:51On est sur CNews et sur Europe 1 en face à Michel Onfray.
08:53Michel, il y a eu aussi ces critiques invraisemblables de Donald Trump
08:57à l'encontre du pape,
08:58qui avait évidemment, parce qu'il est le pape,
09:01condamné à l'intervention militaire en Iran.
09:03Ce n'était pas un soutien au régime d'Ebola,
09:05c'était son rôle, le pacificateur.
09:08Il porte le message de paix dans le monde entier.
09:11Écoutez ce qu'a dit Donald Trump du pape Léon XIV.
09:17Je ne pense pas qu'il fasse du très bon travail.
09:20Il aime la criminalité, j'imagine.
09:22Il nous a frappés, pensez-y.
09:23Il s'inquiète de la peur.
09:25Nous n'aimons pas un pape qui va dire qu'il est acceptable d'avoir une arme nucléaire.
09:29Nous ne voulons pas d'un pape qui dit que la criminalité est acceptable dans nos villes.
09:32Je n'aime pas ça.
09:33Je ne suis pas un grand fan du pape Léon XIV.
09:38C'est une personne très libérale
09:39et c'est un homme qui ne croit pas qu'il faille mettre fin à la criminalité.
09:43C'est un homme qui ne pense pas que nous devrions jouer avec un pays
09:46qui veut une arme nucléaire pour pouvoir faire exploser le monde.
09:48Je ne suis pas fan du pape Léon XIV.
09:53Voilà, on a compris qu'il n'est pas fan du pape Léon.
09:57Je crois que vous n'êtes pas fan de Donald Trump.
09:58Je vous passe la parole dans un instant, Michel.
10:00On va écouter la réponse du pape à Donald Trump.
10:02C'était dans l'avion qu'il amenait en Algérie
10:04et il dit qu'il n'a évidemment pas peur de l'administration américaine.
10:07Léon XIV.
10:11Je n'ai peur ni de l'administration Trump
10:13ni de parler haut et fort du message de l'évangile.
10:16Et c'est ce que je crois.
10:17Et je suis appelé à faire ce à quoi l'Église est appelée.
10:20Nous ne sommes pas des politiciens.
10:21Nous ne cherchons pas à faire de la politique étrangère,
10:24comme ils l'appellent,
10:25avec la même perspective qu'ils pourraient la comprendre.
10:27Mais je crois que le message de l'évangile,
10:29la leçon des artisans de paix
10:31est le message que tout le monde a besoin d'entendre aujourd'hui.
10:36Voilà pour la réponse pleine de hauteur
10:38et de dignité du pape Léon XIV.
10:39Bon, on fait court sur cet échange
10:41parce qu'il sera assez stérile, je pense.
10:45Mais Donald Trump,
10:46en plus, vous allez me parler,
10:48il a fait aussi une image de synthèse,
10:50le représentant plus ou moins en Jésus-Christ,
10:52qui a été retiré très vite,
10:53vu le tollé que ça a suscité
10:56et aux États-Unis et dans le monde entier.
10:58Qu'est-ce que vous pensez de toute cette séquence, Michel ?
11:00C'est toute la vulgarité de Trump
11:02et toute la subtilité du pape.
11:04C'est vraiment deux façons de faire.
11:07C'est un peuple qui a 300 ans d'existence
11:10et puis une civilisation qui a 2000 ans d'existence,
11:13avec l'espèce de vulgarité,
11:15la gouaille de cet homme
11:17qui ne sait même pas probablement que,
11:19quand je parle de Trump là pour le coup,
11:21que le pape est un chef d'État,
11:24que le Vatican, c'est un État,
11:26que ce n'est pas juste un représentant spirituel
11:28et qu'il n'y a pas,
11:30j'allais dire, il n'y a pas de meilleur service secret.
11:32Enfin, si, il y en a quand même qui sont très efficaces,
11:34mais il y a un service secret,
11:35il y a un service de diplomatie au Vatican.
11:37Et que ce pape, quand il arrive au pouvoir,
11:40eh bien, un peu comme il y a des passations,
11:41sauf que là, la passation, il ne se fait pas
11:43parce que c'est toujours à la faveur, hélas,
11:45de la mort d'un pape qu'un autre pape est élu.
11:49Mais il a des dossiers sur sa table
11:52et il sait très bien tout ce qui se passe.
11:54Et quand il s'exprime sur l'Iran,
11:56sur la bande de Gaza, sur Israël
11:59et sur tous les autres sujets,
12:01il est autant informé qu'un chef d'État planétaire.
12:05Donc, c'est une autorité spirituelle,
12:07mais c'est une autorité temporelle aussi.
12:08Et ils font beaucoup de choses en matière diplomatique,
12:11de manière diplomatique,
12:13les gens d'Église, les papes et les gens d'Église.
12:15Parce qu'il y a des communautés,
12:17parce qu'il y a un réseau planétaire.
12:18Il vous suffit juste de solliciter un évêque
12:20dans son évêché à l'autre bout du monde
12:22pour avoir des informations sur ce qui se passe sur le terrain.
12:24Il n'y a pas meilleur réseautage
12:25que le clergé planétaire.
12:29Donc, quand il dit qu'il devrait s'occuper
12:30de choses morales,
12:31comme si la guerre n'était pas une chose morale,
12:33c'est assez sidérant.
12:34Cette façon de dire,
12:35laissez faire la guerre aux gens qui sont sérieux, etc.
12:38On pourrait s'inspirer
12:41de la diplomatie du Vatican
12:42pour justement régler un certain nombre de problèmes.
12:45Et on voit bien toute l'espèce de grossièreté
12:47avec sa casquette en permanence.
12:49Là, il fait du golf, il a la casquette,
12:51il fait une intervention, cette casquette.
12:53Il y a un cercueil,
12:54il y a des cercueils de soldats américains
12:56qui sont morts qui arrivent,
12:56il n'enlève même pas sa casquette.
12:58Enfin, il y a cette espèce de vulgarité de cow-boy.
13:01Ce type est un cow-boy, quoi.
13:03Cette grossièreté, il ment en permanence,
13:04quoi qu'il dise, quoi qu'il fasse.
13:05Et puis, cette espèce de sourire radieux du pape,
13:08qui dit, mais moi, je suis un pasteur,
13:09je n'ai pas peur de l'administration américaine.
13:11Un tout petit mot.
13:12Alors, on a évoqué la guerre en Iran,
13:14ce conflit au Moyen-Orient
13:15qui continue à faire flamber les prix de l'énergie.
13:17Il y a un ras-le-bol des Français
13:18qui ne s'en sortent pas, Michel.
13:20Bon, il y a des petites aides
13:21qui sont accordées ici ou là
13:22par le gouvernement français.
13:24Mais on sait que les caisses sont vides
13:25et que c'est très difficile d'ouvrir à nouveau
13:27les portes du quoi qu'il en coûte.
13:29Pourtant, l'Allemagne vient d'aider
13:31ces automobilistes,
13:32en tout cas ceux qui travaillent avec leurs voitures.
13:34Est-ce que les ingrédients d'une colère sociale,
13:37d'une éruption sociale,
13:37alors qu'il n'est pas prévisible, allez-vous me dire,
13:39sont réunis pour vous ?
13:41Oui, mais depuis longtemps.
13:42Et on a un pouvoir fort et très autoritaire,
13:45contrairement à ce qui se trouve dit.
13:46C'est-à-dire, quand le peuple est consulté
13:48et qu'il vote mal,
13:49on met son vote à la poubelle.
13:51Quand le peuple descend dans la rue,
13:52on lui envoie des policiers qui obéissent
13:56et qui rachent des yeux,
13:58qui rachent des mains, etc.
13:59Enfin, on voit bien que le pouvoir
14:01est extrêmement puissant sur ce terrain-là
14:04quand il s'agit de contredire le peuple
14:06qui descend dans la rue.
14:07C'est un pouvoir populicide.
14:09Il y a une détestation du peuple,
14:10on le voit très bien.
14:12Et donc, qu'est-ce que vous voulez qu'il fasse,
14:13le peuple qui descend dans la rue
14:14pour se faire arracher les yeux,
14:15pour se faire arracher les mains,
14:16pour se faire traiter partout,
14:18partout dans toute la presse,
14:19d'homophobes, de racistes, d'antisémites,
14:21encore que ça finit par être bien porté,
14:23l'antisémitisme aujourd'hui,
14:24pourvu qu'on se réclame de la gauche.
14:25Mais ce peuple-là,
14:26il n'a pas envie de descendre.
14:27Il est dans la rue.
14:27Je dis, mais ça va servir à quoi ?
14:29Peut-être espère-t-il
14:30dans une élection présidentielle
14:32qui lui permettrait de rebattre les cartes ?
14:34Mais là encore,
14:35je me présume que tout sera fait
14:36pour qu'on ne respecte pas le vote populaire.
14:39Il a déjà été dit
14:40que la France insoumise a fait savoir
14:41qu'elle n'obéirait pas
14:42à un résultat électoral.
14:44De toute façon, c'est ainsi.
14:45Vous savez, dans certaines municipalités,
14:46des gens qui vous font savoir
14:47qu'il y a des individus
14:49qui sont exclus
14:51de l'espace municipal
14:53en disant non,
14:53celui-ci en fait partie,
14:54celui-ci n'en fait pas partie.
14:56Donc la démocratie est en piteuse État
14:57et avec la bénédiction du chef de l'État
14:59et même de ceux qui lui donnent raison.
15:01Je pense aux ministres de l'Intérieur,
15:02je pense aux premiers ministres
15:04qui ont donné leur accord
15:07à cette vision des choses.
15:08Simplement,
15:10la jacquerie,
15:11elle survient sans qu'on sache
15:12pour quelles raisons.
15:13C'est des éruptions.
15:14Il y a quelque chose,
15:14on ne sait pas ce qui se passe.
15:15Et un jour, on dit
15:16« Ah, il y a la prise de la Bastille ».
15:17Mais avant la prise de la Bastille,
15:19il y a de la poudre partout,
15:21il faut juste une étincelle.
15:22L'étincelle intense
15:23a été Jacqueline Moureau
15:25pour les Gilets jaunes
15:26qui avait produit l'effet
15:28que nous savons,
15:29dont nous nous souvenons.
15:30Là, ça peut être n'importe qui.
15:32Nous avons mon ami Pêcheur
15:33la semaine dernière
15:34qui nous a tellement remercié.
15:37Enfin, il m'a remercié.
15:38Oui, il vous a appris après,
15:39c'est ça ?
15:39Le Pêcheur qui disait
15:40que tout était à l'arrêt.
15:42Le ministre va arriver peut-être,
15:43il va en faire une visite
15:44ou je ne sais quoi, etc.
15:46Oui, il y a ce peuple-là
15:47qui travaille,
15:48qui en a assez.
15:48On va parler peut-être tout à l'heure,
15:49vous l'avez dit du 1er mai,
15:50mais tous ces gens
15:51qui ont envie de travailler
15:52en disant
15:52« Mais laissez-nous travailler,
15:54laissez-nous faire notre métier,
15:58qui aiment leur métier. »
15:59C'est déjà tellement rare,
16:00les gens qui aiment leur métier.
16:01Surtout dans les jeunes générations
16:02où on comprend d'ailleurs
16:03que des jeunes n'aient pas forcément
16:04envie d'aimer un métier
16:05qui est mal payé
16:06ou ils sont mal traités.
16:07En tout cas,
16:07ils ne veulent peut-être pas
16:08faire le même métier
16:08toute leur vie,
16:09qui est la grande différence
16:10avec nous, nos générations.
16:12Et pourquoi pas ?
16:12Je ne serais pas contre.
16:13Mais il y a simplement
16:14des gens qui sont surdiplômés
16:16et qui, eu égard aux diplômes
16:17qui sont les leurs,
16:18veulent des métiers
16:19donc on ne pourra pas les offrir.
16:21Donc, on manque de gens
16:23qui pourraient faire,
16:24je ne sais pas quoi,
16:24de l'être maçon,
16:25plâtrier, électricien,
16:27chauffagiste, plombier
16:28parce que si vous avez fait
16:30une thèse sur les pratiques animistes
16:32dans les forêts amazoniennes,
16:34vous vous dites
16:34« Mais moi, je ne vais pas
16:36déboucher les toilettes des gens,
16:37ça ne m'intéresse pas
16:38de faire ce métier-là. »
16:39Donc, il y a tout un travail à penser.
16:41On en parlera
16:41au moment du 1er mai
16:42mais que la fête du travail
16:43soit l'occasion
16:44de faire du travail une fête
16:45et ce n'est pas forcément facile.
16:48C'est un truc à repenser.
16:49Nous avons aujourd'hui les moyens
16:50avec l'intelligence artificielle,
16:52avec la possibilité de travailler
16:53avec des ordinateurs
16:54de repenser complètement le travail
16:56plutôt que de dire
16:57« Alors, on n'ouvre, on n'ouvre pas,
16:58d'accord, pas d'accord »
16:59ou je ne sais quoi.
17:00Il y a tout un travail
17:01mais là, pour le coup,
17:01il faudrait solliciter
17:03des vrais philosophes,
17:04des vrais sociologues,
17:05des vrais économistes
17:07qui soient capables
17:08au-delà d'une idéologie
17:09de dire
17:09« Qu'est-ce qui est bon pour la France ? »
17:11Absolument.
17:12On va faire une petite pause, justement.
17:13Qu'est-ce qui est bon pour l'interrogation ?
17:14Dans un instant.
17:14Oui, qu'est-ce qui est bon pour l'interrogation ?
17:16On va reparler
17:16de ce 1er mai,
17:17de la valeur travail.
17:18On vient de commencer
17:24et de la collaboration
17:25à travers le film
17:26« Les rayons et les ombres »
17:27que vous avez vu, Michel.
17:28A tout de suite
17:29dans « Face à Michel Onfray »
17:30sur CNews et Europe 1.
17:31On se retrouve sur CNews
17:33et sur Europe 1
17:33pour « Face à Michel Onfray ».
17:34Michel, le 1er mai,
17:36tout un imbroglio
17:37autour du 1er mai
17:38avec une proposition de loi
17:40qui avait été déposée
17:41par Gabriel Attal
17:42et d'autres députés
17:42de son parti
17:43pour tenter de faire
17:45un espèce de modèle flexible
17:46pour les salariés
17:48qui voudraient pouvoir travailler
17:49de façon évidemment volontaire
17:51le 1er mai,
17:52tollé du côté
17:53des syndicats
17:53et de la gauche.
17:54Le gouvernement
17:55fait marche arrière
17:56et finalement
17:57il n'y aura pas
17:58d'assouplissement
17:59en tout cas
17:59de la réglementation
18:00pour l'instant
18:01pour le 1er mai.
18:02On va écouter
18:02les Français
18:03ils sont majoritairement
18:05favorables
18:06à ce volontariat
18:07pour le 1er mai
18:07mais il y a ce tabou
18:08du jour chômé,
18:10le seul jour chômé
18:11de l'année,
18:12jour férié.
18:13D'abord on écoute
18:13les Français
18:14et je vous passe la parole.
18:16Moi je ne comprends pas
18:17qu'on empêche
18:17les gens de travailler
18:18quand on regarde
18:18les fleuristes.
18:19Ils n'ont pas le droit
18:19de vendre du Muguet.
18:22Au 1er mai
18:22alors que dans toutes les rues
18:23dans tous les coins de rue
18:24on vend du Muguet à la sauvette
18:26donc on est 15 à travailler
18:28donc multiplier par 15
18:30ce n'est pas la peine
18:31autant rester fermé
18:32et rester couché.
18:33Nos anciens se sont battus
18:34pour avoir cette journée
18:35donc je pense que cette journée
18:37on a le droit
18:38d'être en repos.
18:39Maintenant il faudrait
18:39que ça soit pour tout le monde pareil.
18:41C'est des grosses journées
18:41c'est comme le lundi de Pâques
18:43le 8 mai etc.
18:45Donc c'est des journées
18:45où il y a plus d'affluence
18:47donc plus de chiffre d'affaires
18:48et après c'est bénéfique
18:50pour nous et pour le patron
18:51donc je ne vois pas
18:52pourquoi on ne devrait pas travailler.
18:53Voilà pour ces artisans boulangers
18:55interrogés par nos équipes
18:56Michel
18:57ils disent ce que vous disiez
18:58il y a quelques instants
18:58il faut laisser le choix
19:00ou est-ce qu'il y a un totem
19:01sur le 1er mai ?
19:02Oui il y a un totem
19:02d'abord il y a un pouvoir
19:04des syndicats
19:05qui est considérable
19:06c'est-à-dire qu'ils sont
19:07minoritaires
19:08par rapport à la classe ouvrière
19:09la classe ouvrière
19:10elle vote assez peu
19:12pour des représentants syndicaux
19:14ils disent ça à quelques-uns
19:15donc ça devient en gros le métier
19:17et qu'ils sont sur une logique
19:18absolument idéologique
19:19il y a un certain nombre de parties
19:21dont le métier consiste à être
19:22la courroie de transmission
19:23de parties qui eux-mêmes
19:24veulent l'abolition du capital
19:25du capitalisme etc.
19:26Bon d'accord très bien
19:27moi je pense que les syndicats
19:28devraient vouloir le bien
19:29des ouvriers
19:30le bien des travailleurs
19:31et qu'on doit pouvoir
19:33demander aux ouvriers
19:34ce qu'ils en pensent eux-mêmes
19:35le problème c'est pas de faire
19:36sauter ce jour-là
19:37c'est juste de dire
19:38si vous travaillez ce jour-là
19:39il sera payé je crois
19:40double
19:41et il y a des gens
19:42qui ont envie de travailler
19:43ce jour-là
19:43pour que ce soit payé double
19:45les syndicats ont dit non
19:47alors qu'il y a des services publics
19:48qui travaillent
19:49qui fonctionnent ce jour-là
19:50avec des fonctionnaires
19:51qui sont payés double
19:52mais bien sûr
19:52mais pas pour le privé
19:54la CGT n'est pas contre le fait
19:56que les inspecteurs du travail
19:57ne travaillent pas ce jour-là
19:58ils vont travailler
19:59les inspecteurs du travail
20:00c'est-à-dire que la police syndicale
20:03va faire son métier
20:03parce que là pour le coup
20:04il nous faut absolument
20:05que des gens puissent travailler
20:06le 1er mai
20:07ou alors c'est férié
20:08et chômé pour tout le monde
20:09il n'y a plus de police
20:11il n'y a plus de gendarmerie
20:12si vous faites un infarctus
20:13il n'y a plus de médecins
20:13il n'y a plus d'hôpitaux
20:14si vous avez besoin d'accoucher
20:17ce jour-là
20:17vous attendez le donné
20:18mais non
20:19c'est difficile à Michel
20:20non mais c'est la fin
20:21de la société
20:22c'est la fin du mouvement
20:23de la société
20:23après moi je suis pour
20:24que tout le monde discute
20:25pour que les patrons
20:26et les employeurs
20:27puissent voir
20:28ce qu'ils peuvent faire ensemble
20:29et vous pouvez voir
20:30avec votre patron
20:31s'il veut vous employer
20:33autrement différemment
20:34vous donner un jour
20:35à récupérer
20:35ou je ne sais quoi
20:36je suis pour la discussion
20:36et pas qu'un syndicat
20:38décide dans son bureau
20:39de faire avancer
20:40la révolution prolétarienne
20:41en disant
20:41nous restons figés
20:42et fixés là-dessus
20:43c'est la fête du travail
20:46évidemment
20:46obtenue de hautes luttes
20:47oui
20:48il faut que ça reste ça aussi
20:49c'est à dire que
20:50ça n'exprime pas
20:51non plus
20:51c'était les syndicats
20:52qui estimaient effectivement
20:53que le travail
20:54devait être fêté
20:55comme une valeur
20:55comme une vertu
20:56etc
20:56ce qui n'est de toute façon
20:57plus le cas
20:58ce qui n'est plus le cas
20:58parce que nous avons
20:59des Sandrine Rousseau
21:00qui nous font l'éloge
21:01du droit à la paresse
21:01de Paul Lafargue
21:03ou de gens qui nous disent
21:06au travail on sabote
21:07on a aussi des saboteurs
21:08aujourd'hui
21:08des gens qui disent
21:09mais moi mon boulot
21:10consiste à en faire
21:11le moins possible
21:11et quand je fais mon boulot
21:13à mal le faire
21:14parce que je suis en train
21:15de saper le capitalisme
21:16de l'intérieur
21:17il faut avoir 12 ans
21:18d'âge mental
21:19pour penser comme ça
21:20mais moi je repense
21:21à cette idée
21:22que nous devrions savoir
21:23comment on peut mettre
21:24à la table
21:25les gens qui travaillent
21:26et les gens qui voudraient
21:28qu'on modifie
21:28véritablement le travail
21:29demander
21:30c'est ça l'autogestion
21:31demander aux pêcheurs
21:32comment ils veulent
21:32organiser la pêche
21:33plutôt que de dire
21:34messieurs les pêcheurs
21:35et messieurs
21:35madame les pêcheurs
21:36une directive européenne
21:38signée madame Mursela
21:39Vandalayenne
21:39vous fait savoir
21:40comment vous allez pêcher
21:41de quelle manière
21:42quand vous allez sortir
21:42pas sortir
21:43combien de quantités
21:44combien de poissons
21:45de ceci
21:45poissons de cela
21:46telle date pour commencer
21:47telle date pour terminer
21:48etc.
21:49cette espèce de bureaucratie
21:50incroyable
21:50il faut détendre le travail
21:52pour que ça devienne
21:53agréable pour certains
21:54et désirable pour d'autres
21:56et puis pour ceux
21:56qui font des métiers
21:58pas très agréables
21:59je pense que personne
22:00ne dit un jour
22:00je deviendrai
22:01videur de poubelle
22:02on appelle ça reaper
22:03maintenant
22:03faire de telle sorte
22:04que ces gens soient payés
22:05très bien
22:06et travaillent très peu
22:07et dans des conditions
22:08qui soient formidables
22:10qu'on repense le travail
22:11moi je ne compte pas
22:12vous non plus
22:13je le sais
22:13vous ne comptez pas
22:14vos heures de travail
22:15parce qu'on a la chance
22:16de faire de notre passion
22:18un métier
22:19mais ce n'est pas le cas
22:20de tout le monde
22:20donc pensons à ceux
22:21qui n'ont pas la chance
22:22de pouvoir avoir
22:22un métier passion
22:23et puis permettons-leur
22:24de gagner un peu plus d'argent
22:25si vous voulez travailler
22:26pour gagner deux fois plus
22:27parce que vous allez pouvoir
22:29consommer
22:29si vous avez envie
22:30d'acheter ceci
22:30ou acheter cela
22:31après les travailleurs
22:32font ce qu'ils veulent
22:33de leur argent
22:34et bien rendons-le possible
22:36mais cette façon
22:36de bureaucratiser tout
22:38c'est quand même
22:38c'est très spécifiquement français
22:40et puis il y a globalement
22:42un problème
22:42de décalage
22:43entre la France
22:44et ses voisins européens
22:44ils travaillent plus
22:45dans les pays
22:46qui nous entourent
22:47ils travaillent entre 10
22:48et 15 jours de plus
22:49oui mais ça vous savez
22:50moi je ne suis pas
22:50un obsédé de la quantité
22:52de travail
22:52mais je le suis
22:53un stacanoviste
22:54comment ?
22:54vous n'êtes pas un stacanoviste
22:55non c'est pas ça
22:56c'est de la qualité de travail
22:58je pense que
22:58si vous avez des gens
22:59qui travaillent
23:00à qui on dit
23:01maintenant vous allez travailler
23:0140 heures par semaine
23:02et qui vont saboter le travail
23:04pendant 40 heures
23:05c'est pas terrible
23:05mais si vous avez
23:07la possibilité
23:07d'aménager le travail
23:08en faisant de telle sorte
23:09que vous travaillez
23:10le soir
23:11la nuit
23:13le dimanche
23:13les vacances
23:1515 heures dans une journée
23:16mais pas etc
23:17que tout ça soit flexible
23:18et que chacun y trouve son compte
23:19il y a des gens
23:20qui voudraient pouvoir mettre
23:21moi quand j'étais prof
23:22je mettais mon emploi du temps
23:23sur 3 jours
23:24et je faisais des journées
23:25c'était vraiment très tassé
23:27mais ça me convenait
23:28parce que le reste du temps
23:29je pouvais faire des conférences
23:30écrire, travailler
23:30travailler à mes livres
23:32ou je ne sais quoi
23:32donc qu'on puisse avoir
23:34du travail à la carte
23:35et qu'on ne voit pas forcément
23:37le patron
23:37comme un exploiteur
23:40parfois il y a plein
23:40de petits patrons
23:41qui ne se versent pas de salaire
23:43et qui vivent
23:44parce que leur compagnon
23:44ou leur compagne
23:45apporte un salaire à la maison
23:46je ne parle même pas des paysans
23:47les malheureux paysans
23:49pour la plupart
23:50et donc il faut une révolution
23:52dans l'art de penser le travail
23:53qui plus est
23:54avec l'intelligence artificielle
23:55qui dans 10 ans
23:57va détruire
23:57un certain nombre
23:58de métiers
23:58va révolutionner
23:59mais complètement
24:00détruire certains pans de métiers
24:01et en ouvrir d'autres
24:02et bien absolument
24:04allez-y Michel
24:05il y a des nouveaux métiers
24:06qu'il faut envisager
24:07dès à présent
24:08l'art par exemple
24:09de poser des questions
24:10à un chat GPT
24:11ou à l'intelligence artificielle
24:12parce que c'est
24:13un jour peut-être
24:14je serai une intelligence artificielle
24:15Michel
24:16vous répondrez à un robot
24:17peut-être
24:17dans cette émission
24:19ça arrivera
24:20mais pas à nos âges
24:22je pense que
24:23non
24:23ça existe déjà
24:25oui oui
24:26bien sûr
24:26vous avez raison
24:27en fait je retire
24:28ce que je dis
24:28vous pourriez très bien
24:29je le dis à la direction
24:30faire des économies
24:31en ayant un robot
24:32qui travaillerait nuit et jour
24:33qu'on pourrait solliciter
24:34à 3h du matin
24:35non ça arrivera
24:36ça arrive déjà
24:37au Japon
24:38vous avez des créatures
24:39de synthèse
24:39tout est synthèse
24:41c'est-à-dire que
24:41le visage
24:42le corps
24:42ça n'existe pas
24:43la voix
24:43enfin ça existe
24:44mais de manière virtuelle
24:45la voix
24:45c'est la même chose
24:46le nom
24:47le prénom
24:47etc
24:48et puis vous avez
24:48vous filez une intelligence
24:50à cette personne-là
24:51parce qu'il y a des métiers
24:52dans le journalisme
24:52qui ne nécessitent pas forcément
24:53avoir beaucoup d'intelligence
24:55vous entendrez faire l'éloge
24:57de l'IA
24:57m'amuse beaucoup
24:58c'est pas que j'en fais l'éloge
24:59c'est que
25:00nous ne pouvons plus faire sans
25:01c'est comme quelqu'un
25:02qui quand l'électricité arrive
25:04dit
25:04oh là là
25:04l'électricité
25:05c'est dangereux
25:06oui c'est dangereux
25:07ça fait tourner de la givage
25:08même le mot passant
25:08qui estimait que les trains
25:10c'était des trucs terribles
25:11et que les gens
25:11les cerveaux exploseraient
25:13pas seulement le mot passant
25:13mais les cerveaux exploseraient
25:14dans les tunnels
25:15ou ce genre de choses
25:16c'est ainsi
25:17ça a été créé
25:18c'est une machine diabolique
25:19mais aujourd'hui
25:20le problème
25:20c'est pas de dire
25:21je n'en veux pas
25:22c'est de dire
25:22puisqu'elle est là déjà
25:24et qu'est-ce qu'on en fait
25:25et il faut un grand projet politique
25:28sur ce sujet-là
25:29moi j'ai rencontré récemment
25:30une jeune fille
25:30qui travaillait sur
25:31qui fabriquait une intelligence
25:33artificielle
25:33sur les questions
25:34de bactéries intestinales
25:36on dit souvent
25:37que les intestins
25:39c'est un deuxième cerveau
25:40et elle me disait
25:41non c'est pas le deuxième
25:42c'est le premier
25:42et c'est une bande de jeunes
25:44ils ont une trentaine d'années
25:45ils travaillent là-dessus
25:45c'est formidable
25:46il faut aider ces gens-là
25:47vous avez toute une jeunesse
25:48qui n'y a pas
25:49ceux qui ont travaillé
25:50sur les étupéniens
25:51dans les forêts amazoniennes
25:52on les laisse de côté
25:53mais ceux qui sont des ingénieurs
25:54et qui ont vraiment
25:55l'intention de travailler là-dessus
25:56en disant
25:57il faut absolument
25:57qu'on ait une IA
25:58sur cette question
25:59par exemple
26:01extrêmement importante
26:02il faut les soutenir
26:03il faut les soutenir
26:04on est sur CNews
26:05qui s'appelle
26:06Repenser le travail
26:06dans Face à Michel Onfray
26:08nous on travaille
26:08on travaille tous les samedis
26:09un tout petit mot
26:10de votre ami
26:11Boualem Sansal
26:12l'écrivain franco-algérien
26:14qui a évidemment
26:15été victime
26:15d'une campagne
26:16de dénigrement
26:16après son retour
26:17de captivité d'Algérie
26:19certains médias
26:20certains intellectuels
26:21l'ont même accusé
26:22d'être d'extrême droite
26:23qu'est-ce que cela dit
26:25des mécanismes de la haine
26:26qui sont à l'oeuvre
26:27dans notre pays Michel
26:27on va d'abord écouter
26:28la réponse de Boualem Sansal
26:30et je vous passe la parole
26:32je n'ai jamais pensé
26:33qu'en France
26:33on tienne ce discours
26:34moi j'ai l'habitude
26:35en Algérie
26:36c'est le quotidien
26:38depuis toujours
26:39mais là franchement
26:40il y a à entendre
26:41des gens dans la vie intellectuelle
26:42des gens qui se prétendent
26:43je ne sais pas
26:44et de tenir ce discours
26:46il y a l'impression
26:47d'être dans l'univers
26:48d'Orwell
26:49le mensonge est la vérité
26:51la vérité est le mensonge
26:52la paix c'est la guerre
26:53la guerre c'est la paix
26:54voilà
26:54mais moi je n'ai pas envie
26:56de leur répondre
26:56parce que leur répondre
26:57c'est vraiment se mettre
26:58à ce niveau-là
26:59ils disent
27:00voilà on me conduit bien
27:01tu es passé dans le conduit mal
27:02qu'est-ce que je vais leur répondre
27:03que je suis le conduit bien
27:05et eux ils sont conduits
27:06alors on va tourner en rond
27:07voilà pour Boualem Sansal
27:09qu'est-ce que vous en pensez Michel
27:10et de la polémique
27:11et de cette réponse
27:12c'est immonde
27:12d'abord
27:14Boualem c'est l'homme
27:15le plus gentil du monde
27:15qui n'est pas un idéologue
27:16il y a une dimension
27:18très ironique chez lui aussi
27:19très drôle
27:20la première fois que je l'ai rencontré
27:22il a commencé immédiatement
27:23avec l'ironie
27:24je me suis dit
27:24ma graisse
27:25pas du tout
27:25il est comme ça
27:26c'est un homme d'une grande douceur
27:28c'est un homme qui dit
27:30en camusien
27:31si la vérité est de droite
27:32et bien je suis de droite
27:33si la vérité est de gauche
27:34et bien je suis de gauche
27:35or on a aujourd'hui en France
27:37un monopole de la gauche culturelle
27:39alors là on pourrait en faire
27:40la généalogie
27:41mais c'est le général de Gaulle
27:42qui à la libération
27:43est obligé de composer
27:44avec les communistes
27:45qui ont collaboré pendant deux ans
27:46avec le pacte germano-soviétique
27:48et il leur laisse la culture
27:49la recherche
27:50l'intelligence
27:51le monopole
27:52de la peinture
27:53de la littérature
27:54etc
27:54et d'un seul coup
27:55si on est un intellectuel
27:56on est de gauche
27:56c'est le pléonasme intellectuel de gauche
27:58et si on est un intellectuel de droite
27:59on n'est pas un intellectuel
28:00c'est le cas de Raymond Aron
28:01c'est le cas de quelques autres
28:03et aujourd'hui
28:04ce gauchisme culturel
28:05est devenu vraiment
28:07dominant
28:08dans les médias
28:09dans le journalisme
28:10dans l'édition
28:11à l'université
28:13dans le monde du spectacle
28:14etc etc
28:15et ce sont eux
28:16qui ont décidé
28:16que qui n'était pas avec eux
28:18et qui étaient contre eux
28:19ça pourrait s'entendre
28:20mais qui ont décidé
28:21que puisqu'ils étaient
28:21la gauche
28:23et bien
28:24ceux qui n'étaient pas
28:25de gauche
28:25étaient de droite
28:26et puisqu'ils étaient de droite
28:28ils étaient d'extrême droite
28:29ce sont donc
28:29des fascistes
28:30des racistes
28:31qui est droit plus souvent
28:32qu'à mon tour
28:32des antisémites
28:33etc etc
28:34ils ne pouvaient pas faire
28:35grand chose contre ça
28:36parce qu'on n'allait pas dire
28:37il a un peu raison
28:37Boilem quand il dit
28:38je ne vais pas me mettre
28:38à leur niveau
28:39en disant
28:39non je ne suis pas
28:40d'extrême droite
28:41parce que etc
28:42moi j'ai fait plein de fois
28:42des textes en disant
28:43le fascisme c'est ceci
28:44c'est cela
28:44il se fait que moi
28:45j'ai lu rebatté
28:46les mémoires d'un fasciste
28:48les décombres
28:49enfin la littérature
28:49de ces gens là
28:50pour savoir
28:50ce qu'est véritablement
28:51l'extrême droite
28:52ça n'a évidemment
28:53rien à voir aujourd'hui
28:54avec ce qui est appelé
28:55aujourd'hui
28:56l'extrême droite
28:57Boilem d'extrême droite
28:58enfin c'est un
28:59c'est un homme libre
28:59et je ne sais pas
29:00s'il est de droite
29:01ou s'il est de gauche
29:02c'est pas vraiment le sujet
29:02il aime la France
29:03il aime la langue française
29:05et puis il aime la liberté
29:06il aime la littérature
29:07il illustre parfaitement
29:08et puis j'aime bien
29:09retrouver le Boilem
29:10que j'aime
29:10parce que
29:11moi j'avais trouvé
29:12qu'en sortant de sa
29:14de son incarcération
29:18il était sympathique
29:19avec des gens
29:19qui n'avaient pas été
29:20sympathiques avec lui
29:21donc je n'entrerai pas
29:22dans le détail
29:23mais je vois aujourd'hui
29:24qu'il a recouvré
29:25totalement
29:26sa vivacité
29:27et sa liberté
29:28de pensée
29:28avec des éditeurs
29:31des rapports au monde
29:32des rapports
29:33à la liberté de parole
29:34etc
29:34c'est une belle personne
29:36Boilem sans salle
29:36on est bien d'accord
29:37on est sur CNews
29:38et sur Europe 1
29:38Michel
29:39Onfret est avec nous
29:40on va faire le lien
29:41avec la conversation
29:42qu'on vient de tenir
29:43et la collaboration
29:44on parlait
29:45un petit peu
29:46de cette période là
29:47et du général de Gaulle
29:48qu'on va entendre
29:49dans un instant
29:49Michel
29:49il y a un film
29:50qui a un grand succès
29:51en salle
29:52qui s'appelle
29:52Des rayons et des ombres
29:53de Xavier Giannoli
29:54qui revient sur cette période
29:55de la collaboration
29:56pendant la guerre
29:57à travers le parcours
29:58d'un journaliste
29:59Jean Luchère
30:00qui était au départ
30:01un tenant
30:02de la gauche humaniste
30:03et qui a fini par collaborer
30:04avec l'occupant nazi
30:05il y a près de 800 000 personnes
30:07qui ont vu ce film
30:08alors vous l'avez vu aussi
30:10mon cher Michel
30:11et il est extrêmement critiqué
30:13par des historiens
30:15qui estiment
30:16qu'il offre une vision
30:18biaisier des choses
30:19alors on va dire
30:20deux mots du film
30:21mais après ce qui m'intéresse
30:22d'évoquer avec vous
30:23c'est cette période
30:23de la collaboration
30:24et comment De Gaulle
30:25nous en a fait sortir
30:26par sa hauteur de vue
30:28et par la façon
30:29dont il a su transcender
30:30toutes ces fractures
30:30un tout petit mot du film
30:33interprétation magistrale
30:33de Jean Dujardin
30:34et des acteurs
30:36vous avez relevé
30:37quelques incohérences
30:39de temporalité
30:40c'est ça ?
30:40Non
30:41quelques erreurs historiques
30:41factuelles
30:42moi c'est ça
30:42qui m'intéresse
30:43c'est à dire que
30:44de temps en temps
30:45à mes moments perdus
30:45je fais un livre
30:46sur le traitement
30:47de la vérité
30:48dans le cinéma
30:49avec les philosophes
30:50c'est à dire qu'à chaque fois
30:51qu'il y a un philosophe
30:52dans un film
30:52je fais une analyse
30:53mais c'est incroyable
30:55les libertés qui sont prises
30:56avec la vérité historique
30:57c'est ça qui m'intéresse
30:58alors il y a deux hypothèses
30:59vous faites un film
31:00sur Luchère
31:00et à ce moment là
31:01vous vous entourez
31:02de conseillers historiques
31:03hélas il y en avait
31:04dans ce film
31:04et il faut être scrupuleux
31:06il a dit
31:06il a fait
31:07il n'a pas dit
31:07il n'a pas fait
31:08et il y a des choses
31:09qui ne peuvent pas être dites
31:10dans ce film
31:10parce que factuellement
31:11c'est faux
31:13donc ça c'est pas possible
31:14ou alors vous faites
31:15chef d'oeuvre pour moi
31:16l'armée des ombres
31:17par exemple de Melville
31:18en 69
31:19film extraordinaire
31:20en tout
31:21sur la résistance
31:22et vous parlez
31:24de Jean Moulin
31:25mais c'est pas Jean Moulin
31:26vous parlez du philosophe
31:27Jean Cavallès
31:27qui a été un résistant
31:28mais c'est pas Jean Cavallès
31:29c'est un des plus beaux films
31:32semble-t-il
31:33de Lino Ventura
31:33vous parlez
31:34des époux au braque
31:35mais c'est Simone Signoret
31:36qui incarne des époux au braque
31:37et ce ne sont pas
31:38les époux au braque
31:38c'est à dire que
31:39il s'est inspiré d'individus
31:41dont les noms
31:41n'apparaissent pas
31:42mais qui permet de faire
31:43un très grand film
31:44sur la résistance
31:45et là pour le coup
31:45c'est le silence
31:47c'est le gris
31:48d'ailleurs j'en parlais
31:48avec Maxime Naga
31:50le rédacteur en chef
31:51de France Vulaire ce matin
31:52je lui disais
31:52mais j'ai vu souvent ce film
31:54j'ai vraiment vu plusieurs fois
31:55et je ne sais plus
31:56s'il est en noir
31:57l'armée des ombres
31:57s'il est en noir et blanc ou pas
31:59en fait il est en couleur
32:00mais même la couleur
32:01est traitée de façon
32:02à être gris comme ça
32:03et pour moi
32:04c'est la façon de faire
32:05le film
32:07Les rayons et les ombres
32:08d'abord fait référence
32:09à ce vers de Victor Hugo
32:10qui est cité
32:11en fin de film
32:13ça voudrait dire
32:14que chez un collaborateur
32:15il y a des rayons
32:16et des ombres
32:16ça veut dire qu'il y a
32:17de l'ombre et de la lumière
32:18bon l'ombre on voit bien
32:19c'est un collabo
32:20la lumière où et quand
32:22c'est ça le problème
32:23et moi j'ai lu
32:24les papiers de libération
32:25du monde
32:25ou les papiers factuels
32:26d'un certain nombre
32:27d'historiens
32:27qui nous apprennent
32:28par exemple
32:28que quand il a des problèmes
32:30de conscience
32:30en disant
32:31bon les lois anti-juives
32:32de Vichy
32:32est-ce qu'on en parle
32:33dans le journal
32:34ou on en parle pas
32:34dans le journal
32:35et que le journal
32:35n'existe pas à l'époque
32:36c'est un peu problématique
32:38donc je trouve ça problématique
32:39parce que
32:40ça n'est pas crédible
32:41après la thèse
32:43vous parliez de gauche humaniste
32:44une gauche pacifiste
32:45ça c'est quelque chose
32:47de très important
32:47c'est à dire
32:48ces gens qui ont connu
32:49la première guerre mondiale
32:50comme Jean Giono
32:51comme Céline
32:51d'ailleurs il y a dans ce film
32:53un passage avec Céline
32:54qui n'existe pas
32:55qui est une pure fiction
32:56mais le problème
32:57c'est de faire côtoyer
32:58fiction et réalité
33:00parce que par exemple
33:01on nous présente
33:01ce type comme un gentil type
33:03de gauche
33:03qui finit un peu
33:04on sait pas trop comment
33:05par être un jour
33:06un collaborateur
33:07pas du tout
33:07il est collaborateur
33:08très tôt
33:09avec le régime nazi
33:11dès les années 30
33:12puisque dans le film
33:12il nous est dit
33:13que son père
33:14écrit au Figaro
33:15un texte
33:16dans les années 40
33:17c'est pas vrai
33:18c'est pas dans les années 40
33:19c'est en 1933
33:20c'est pas dans le Figaro
33:21non pas parce que
33:22le Figaro collaborait
33:23mais simplement parce que
33:23la censure n'aurait pas permis
33:25ce genre de papier
33:25on se dit
33:26c'est dommage
33:27qu'il y ait ce genre
33:27de problème
33:29c'est à dire le fait
33:30de ne pas respecter
33:30la vérité historique
33:31il y a deux ou trois films
33:32dans ce film
33:32il y a un film
33:33sur les crachats
33:34des tuberculeux
33:34sur le traitement
33:35des tuberculeuses
33:36sur les sanatoriums
33:37sur la tuberculose
33:38de Jean Dujardin
33:39et de sa fille
33:40il y a un film
33:41sur la relation
33:41édipienne entre père et fille
33:43alors que Jean Dujard
33:44avait d'autres enfants
33:45il y a un film
33:46enfin il y a plusieurs films
33:46sur le journalisme aussi
33:47alors c'est là
33:48que je trouve que
33:50c'est là qu'est génial
33:51ce film
33:51et qu'il est génial aussi
33:53quand il fait
33:53les illusions perdues
33:55à partir de Balzac
33:55c'est à dire
33:56qu'il y a chez
33:56ce réalisateur
33:57une critique
33:58tellement sévère
33:59mais tellement juste
34:00du journalisme
34:01parce que la question
34:02donc on oublie
34:03oui il y a des gens
34:04qui sont devenus collabos
34:05d'ailleurs
34:06La Comble Lucien
34:07de Louis Malle
34:07est un très beau film
34:08pour voir comment
34:08quelqu'un
34:09un gamin
34:09qui était parti
34:11pour devenir résistant
34:12se fait choper
34:12par la troupe
34:14et devient finalement
34:15collabos
34:15etc
34:15un film assez magnifique
34:17sur le fond
34:17mais La Comble Lucien
34:18c'est personne
34:19c'est un héros de cinéma
34:20on ne peut pas dire
34:20l'histoire lui donne tort
34:22et là je pense que
34:23dans le journalisme
34:24il y a quelque chose
34:24de très intéressant
34:25je comprends que
34:26des journalistes
34:26n'aient pas aimé
34:27ce portrait
34:27qu'on leur donne d'eux-mêmes
34:28ce miroir qu'on leur tend
34:30en disant
34:30il y a des collabos
34:32et aujourd'hui
34:33Jean-Luc Cher
34:33il existe
34:34moi j'ai 2-3 noms
34:35si vous voulez
34:35non je ne les donne pas
34:37mais j'ai 2-3 supports
34:38journalistiques
34:39je ne les donne pas non plus
34:40mais qui peuvent être aussi
34:41des supports numériques
34:42où vous vous dites
34:42mais ces collabos
34:43qui sont prêts
34:44à recevoir de l'argent
34:45de l'étranger
34:46à détester la France
34:48à mettre des cibles
34:49dans le dos des gens
34:50à stigmatiser
34:51des catégories d'individus
34:53et c'est là
34:54qu'est le génie
34:54de ce réalisateur
34:55moi j'ai adoré
34:56son film
34:56sur le Balzac
34:58il y a des éditions perdues
34:59et dans ce film
35:00qui est long
35:01très long
35:01mais on ne s'ennuie pas
35:02c'est 3h20
35:03c'est formidable
35:04c'est très bien tenu
35:05c'est magnifiquement filmé
35:06il y a un film
35:07sur les journalistes aussi
35:08il y a 4 ou 5 films
35:09dans ces 4 ou 5 films
35:11ça aurait été resserré
35:12sur la question
35:13du comment devient-on
35:14un collaborateur
35:14on avait un grand film
35:15sur la collaboration
35:16Michel je voudrais quand même
35:17qu'on avance
35:18parce que le temps file
35:19qu'on écoute De Gaulle
35:20parce qu'on a parlé
35:21de ce film
35:22de la collaboration
35:22et moi ce qui m'intéresse
35:24c'est savoir comment
35:24De Gaulle a transcendé
35:25cette période terrible
35:27de la collaboration
35:27comment il a réussi
35:28à refaire la France
35:31écoutons ce qu'il disait
35:32sur cette période
35:33en 1959
35:36Je vais vous faire
35:38une confidence
35:38vous ne le répéterez pas
35:41mais je suis obligé
35:44de dire
35:44qu'il y a un peu
35:46d'émotion pour moi
35:47à me trouver officiellement
35:50à Vichy
35:51vous en comprenez
35:52les raisons
35:53mais nous enchaînons
35:55l'histoire
35:55nous sommes un seul peuple
35:58quoi qu'il nous soit arrivé
36:00les péripéties
36:01ont pu être
36:02ce qu'elles furent
36:03les événements
36:05ce qu'ils ont été
36:08nous sommes
36:09le grand
36:10le seul
36:11l'unique
36:12peuple français
36:13c'est à Vichy
36:14que je l'ai dit
36:15Voilà
36:16il lit ça à Vichy
36:17et on voit
36:18comment il embarque
36:20tout le monde
36:20dans cette France
36:22évidemment
36:23il enlève
36:24les côtés sombres
36:25qu'il y a eu
36:26et qu'il connaît
36:26parfaitement
36:28C'est tout le problème
36:29de l'idéologie
36:29c'est à dire que
36:30si vous êtes au pouvoir
36:30vous ne pouvez pas penser
36:31pareillement que quand
36:32vous êtes dans votre fauteuil
36:33en disant
36:33il n'y a qu'à
36:34il faudrait
36:34on aurait dû
36:34il n'aurait pas dû
36:35etc
36:35le général de Gaulle
36:36il hérite quand même
36:37d'une France à genoux
36:38qui a été détruite
36:39et ravagée
36:40des gens
36:40quand ils viennent
36:42à la résistance
36:43c'est très très tard
36:45mars 1944
36:46pour André Malraux
36:47par exemple
36:48Sartre et Beauvoir
36:49c'est jamais
36:49et donc
36:51et qui sont eux-mêmes
36:52plutôt
36:53elle elle travaille
36:54à Radio Vichy
36:55pendant que Sartre
36:56lui il travaille
36:56à Comedia
36:57qui est une revue
36:57collaborationniste
36:58donc qu'est-ce que vous faites
36:59quand vous êtes chef de l'État
37:00où vous allez chercher
37:00des poux dans la tête
37:01de tout le monde
37:01et là tout le monde tombe
37:02les journalistes
37:03les magistrats
37:04les intellectuels
37:05les écrivains
37:06les etc
37:06sauf bien sûr
37:07les juifs
37:08et encore
37:08un Maurice V
37:09c'était juif
37:09et collaborationniste
37:11vous allez faire tomber
37:12toutes les institutions
37:13il n'y a plus d'université
37:14il n'y a plus de police
37:14il n'y a plus d'armée
37:15il n'y a plus de gendarmerie
37:16il n'y a plus de journalisme
37:16il n'y a plus d'édition
37:17etc
37:18les grands éditeurs
37:19dont on parle de ces temps-ci
37:21n'ont pas été très résistants
37:24les grands éditeurs
37:25de la place de Paris
37:26qui donne aujourd'hui
37:26des leçons
37:27donc le général de Gaulle
37:28oui il dit
37:29on va commencer par faire
37:29un droit d'inventaire
37:31et là c'est une guerre civile
37:32ou alors il dit
37:33il faut réunir tout le monde
37:34sauf les collaborationnistes
37:35c'est pourquoi il est si sévère
37:37avec des luchères
37:38avec des brasillacs
37:39avec des gens
37:40qui se font
37:40drieux ce suicide
37:41mais je veux dire
37:42il les fait fusiller
37:43les deux autres
37:43en disant
37:44on les fusille
37:45parce que
37:46intelligence avec l'ennemi
37:47c'est aussi quelque chose
37:49qu'on pourrait invoquer
37:49aujourd'hui
37:50une intelligence avec l'ennemi
37:51je ferme la parenthèse
37:52et le général de Gaulle
37:53dit on a besoin
37:54de refaire une France unie
37:55et pour la faire unie
37:57il faut oublier le passé
37:59le passé c'est le passé
38:00et puis voilà
38:00vous avez été ceci
38:01vous avez été cela
38:01lui il le sait très bien
38:02quand il fait son appel
38:03le 18 juin
38:04et qu'il dit
38:05mais il n'y avait pas grand monde
38:06pour me rejoindre
38:07il y avait d'ailleurs
38:08s'il faut vraiment repenser
38:10la question de la collaboration
38:11parmi ceux qui rejoignent
38:12le général de Gaulle
38:13des gens de l'action française
38:14des gens qui sont des royalistes
38:16et des morassiens
38:17le morass était antisémite
38:18mais il était aussi anti-germanique
38:20il était aussi anti-anglais
38:21etc.
38:22enfin
38:22c'est beaucoup plus compliqué que ça
38:24et justement
38:25dans les rayons et les ombres
38:26il y a la part rayon et ombre
38:27et il fallait montrer
38:28la complexité de ça
38:29de toute façon
38:30pendant deux ans
38:31les communistes collaborent
38:32avec le pacte germano-soviétique
38:33puis Hitler rompt
38:35le pacte germano-soviétique
38:36donc les communistes
38:37deviennent résistants
38:38mais ça reste quand même
38:38très tardif
38:39et à la libération
38:40ils sont extrêmement nombreux
38:41ils font 25% des voix
38:42quand le général de Gaulle parle
38:44c'est pour ça qu'il est obligé
38:46de composer avec tout ce monde là
38:47et regardez
38:49Desmond Tutu
38:50alors
38:51en Afrique du Sud
38:52quand Desmond Tutu
38:53il n'a pas eu le pouvoir
38:54véritablement
38:54enfin il tenait ce discours-là
38:56c'était un discours de réconciliation
38:57regardez le Rwanda
38:58regardez l'Afrique du Sud
38:59regardez les pays de l'Est
39:00quand tous ces pays
39:01quand toutes ces dictatures
39:02sont tombées
39:03soit on a fait des procès
39:05et alors là
39:05c'est une guerre civile
39:06qui continue
39:07soit on a dit
39:07on passe à autre chose
39:08et le général de Gaulle
39:09a fait le travail
39:10simplement
39:11les intellectuels
39:12auraient pu faire le leur
39:13ils ne l'ont jamais fait
39:14ça n'était pas à lui
39:15de faire un Nuremberg
39:16de la gauche
39:17et de dire
39:18comment s'étaient comportés
39:19les socialistes
39:20les radicaux de gauche
39:21la chambre du Front Populaire
39:23qui a voté quasiment
39:25enfin qui a voté majoritairement
39:26les pleins pouvoirs
39:27au maréchal Pétain
39:28il n'y a pas grand chose
39:29vous savez
39:30la bibliographie
39:30sur le pacte germano-soviétique
39:31encore aujourd'hui
39:32quand j'en parle
39:33et si je me fais autant agresser
39:35par les communistes
39:35et quelques autres
39:36c'est aussi parce que
39:36j'en parle depuis des années
39:37il faut bien me faire payer
39:39cette liberté de parole
39:40dont je bénéficie
39:43à cette antenne
39:44mais je veux dire
39:45que le général de Gaulle
39:45ne pouvait pas faire ce travail-là
39:47lui il devait reconstruire la France
39:48mais il aurait fallu
39:49que des intellectuels
39:50puissent dire
39:51bon on va écrire cette histoire
39:52et alors on est passé
39:53d'une France totalement
39:54les 40 millions de pétainistes
39:55d'Henri Amourou
39:56à une France
39:57totalement résistante
39:59ce n'était ni l'un ni l'autre
40:00il y avait rayon et lumière
40:01et moi je suis pour que nous fassions
40:03la part d'ombre
40:04et la part des lumières
40:05dans ces périodes historiques
40:07mais le gaullisme aujourd'hui
40:08nous oblige
40:09à ne pas réactiver
40:12des guerres civiles
40:14refaisons ce que le pape François
40:15le pape nouveau
40:16Léon XIV
40:17Léon XIV fait
40:18nous allons revenir
40:19vers la lumière
40:20justement
40:20la lumière de Léon XIV
40:22et ses confessions
40:23de Saint-Augustin
40:24c'est notre point philo
40:25Michel
40:25on a un petit peu
40:26moins de temps
40:26que d'habitude
40:27pourquoi c'est un livre
40:28majeur dans la construction
40:29de l'Occident
40:30ses confessions
40:31de Saint-Augustin ?
40:32Oui c'est un livre
40:32qui a été commenté
40:33commenté commenté
40:34pendant tout le temps
40:35de l'Occident
40:37et le père Michel
40:37sur votre plateau
40:38a dit combien l'Occident
40:39était redevable d'Augustin
40:41et il a absolument raison
40:42soit les confessions
40:43soit la cité de Dieu
40:44on pourrait reparler
40:45un jour de la cité de Dieu
40:46parce que c'est un livre
40:47majeur
40:48d'abord
40:48les confessions
40:49il y a plusieurs étages
40:50il y a une explication
40:52de son trajet personnel
40:53c'est un homme
40:53qui n'a pas cru en Dieu
40:54qui était manichéen
40:55il y avait Mani
40:56qui était une espèce
40:58de chef de secte
41:00ou de bande je dirais
41:01mais
41:03sa mère était chrétienne
41:04catholique
41:05Monique
41:06et son père
41:06Patrice ne l'était pas
41:07il était lui païen
41:09et il raconte
41:09comment il avait
41:10une vie de patachon
41:11cigarette, whisky
41:12et petite pépée
41:12il raconte vraiment
41:13une fille
41:14il a une femme
41:16enfin il est père de famille
41:17Augustin
41:18avec un fils
41:19qui s'appelle Adéoda
41:20et puis
41:21de l'alcool
41:22du jeu
41:23du plaisir
41:23pris aux femmes
41:25au spectacle
41:26au théâtre
41:27etc
41:27et il n'est pas heureux
41:29et il raconte
41:29un épisode extrêmement célèbre
41:31tous les élèves de Terminal
41:32jadis savaient ça
41:33c'est le vol des poires
41:34c'est à dire qu'à un moment donné
41:35de nuit
41:36il va voler des poires
41:37qui ne sont pas très belles
41:38et très bonnes à manger non plus
41:39d'ailleurs il les jette
41:40et il fait ça avec des copains
41:41et ils ont plaisir
41:42à voler
41:43et il s'intéresse
41:44à la question de la transgression
41:45il dit mais pourquoi
41:46aimais-je le mal
41:47parce que j'aimais le mal
41:48pour le mal
41:49où en étais-je arrivé
41:51et il cherche
41:52et il voudrait bien
41:53trouver une solution
41:54et à Milan
41:55alors c'est mis en scène
41:56parce que c'est passé
41:57comme ça
41:57ou je ne sais pas
41:58mais il a les évangiles
42:00plutôt le nouveau testament
42:01évangiles et les textes
42:02de Paul
42:03les épîtres
42:04et d'un seul coup
42:05pouf pouf pouf pouf
42:05les pages s'ouvrent
42:07au bon endroit
42:07et d'un seul coup
42:08il se dit
42:09mais voilà
42:09la vérité elle est là
42:11et il devient catholique
42:13et c'est surtout
42:14qu'il voit l'effondrement
42:16de l'Empire
42:16romain
42:18il ne voit pas
42:19ce qui va arriver
42:19or ce qui va arriver
42:20c'est lui
42:20et c'est lui
42:21qui avec ce texte-là
42:22en disant sa souffrance
42:23en disant sa misère
42:25en disant le fait
42:25qu'il avait raté sa vie
42:27tant qu'il n'avait pas
42:28rencontré la parole du Christ
42:29qui d'un seul coup
42:31dit mais la parole du Christ
42:31c'est formidable
42:32et c'est un intellectuel
42:34c'est-à-dire
42:34c'est pas
42:34ah le petit Jésus
42:35est dans son berceau
42:36avec le bœuf et l'âne
42:37ah le Jésus
42:38qui gna gna gna
42:39etc.
42:41c'est à partir de Platon
42:42il y a un dialogue
42:42de Cicéron
42:43qui s'appelle Lortentius
42:44qui l'a amené
42:46à la philosophie
42:46puis à la philosophie platonicienne
42:48puis de la philosophie platonicienne
42:49au catholicisme
42:50et il a à un moment donné
42:51avec sa mère Monique
42:52une extase
42:53et il dit
42:53mais Dieu
42:55ça ne se prouve pas
42:55ça s'expérimente
42:56et quand ça s'expérimente
42:58ça se fortifie
42:58par la lecture des écritures
42:59c'est ça l'augustinisme
43:01ce qui fait que
43:01il y a dans l'augustinisme
43:03des moments extrêmement importants
43:04dans l'histoire
43:05Luther est un augustinien
43:06c'est-à-dire
43:07quelqu'un qui rompt
43:08avec une façon
43:08d'être catholique
43:10les gens cynistes
43:11plus tard
43:11au siècle suivant
43:12au XVIIe siècle
43:13les gens cynistes
43:14nous disent
43:14la question de la grâce
43:15et vous pouvez faire
43:16ce que vous voulez
43:17c'est pas vous qui déciderez
43:17de votre avenir post-mortem
43:19vous n'allez pas dire
43:20je vais mener une vie pieuse
43:22et j'irai au paradis
43:23ou je mène une vie de libertin
43:24et j'irai en enfer
43:25Augustin dit
43:26c'est pas vous qui décidez
43:27c'est Dieu qui décide
43:28donc si vous menez
43:28une vie de libertin
43:29Dieu peut vous sauver
43:30peut vous sauver
43:31si vous menez une vie pieuse
43:32il peut aussi vous damner
43:33et toute cette question
43:34de la grâce
43:35chez les gens cynistes
43:35va générer un courant de pensée
43:37qui donnera aussi
43:38la révolution française
43:39etc
43:39donc voilà pourquoi
43:40c'est un penseur majeur
43:41parce qu'il dit
43:42juste une phrase
43:43sur ce sujet
43:43parce que ce que dit
43:44le pape Léon
43:45c'est retrouver le sens de Dieu
43:46à partir de la méditation
43:47des écritures
43:48donc c'est quelqu'un
43:49qui nous dit
43:50allez voir un philosophe
43:51qui s'appelle Augustin
43:51lisez-le
43:52et vous trouverez matière
43:54à trouver un sens
43:55à votre existence
43:56si vous n'avez pas encore
43:56trouvé de sens à votre existence
43:57donc on propose
43:58les confessions de saint Augustin
44:00absolument
44:00dans notre point philo
44:01merci beaucoup Michel Onfray
44:02c'est moi
44:02bonne journée à vous
44:03sur CNews et sur Europe 1
44:04à la semaine prochaine
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