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Michel Onfray passe en revue l’actualité de la semaine dans #FaceAMichelOnfray. Présenté par Laurence Ferrari.

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Transcription
00:00Bonjour à tous et bonjour à toutes. Bienvenue dans Face à Michel Moufret sur CNews et sur Europe 1.
00:04Bonjour Michel. Bonjour Laurent. Vous allez bien ? Très bien.
00:06Tant mieux parce qu'on a beaucoup de sujets à aborder avec vous tant sur le plan national que sur le plan international.
00:11On commence par la France qui est donc en train de se doter d'un budget.
00:15Bonne nouvelle. Le Premier ministre a finalement décidé d'utiliser l'article 49.3
00:19qui lui permet de faire adopter un texte sans vote à l'Assemblée Nationale.
00:23Une brutalité ce 49.3, à l'époque dénoncé à nombreuses reprises par les partis socialistes
00:28lors de l'adoption de la réforme des retraites par exemple, mais qui là est passé comme une lettre à la poste.
00:33Et pour cause, les socialistes, 1,7%, à la dernière présidentielle, ont obtenu tout ce qu'ils voulaient de Sébastien Lecornu.
00:39Lui-même bien décidé à permettre à son gouvernement de durer le plus longtemps possible.
00:44Qu'en pensent les Français ? Il continue d'assister désespéré à un spectacle terrible,
00:49celui de l'impuissance politique portée à son compte. On va vous entendre là-dessus.
00:54Le bras de fer entre Donald Trump et les Européens se poursuit.
00:57Le président américain a multiplié les critiques envers notre vieux continent,
01:01qu'il dit ne plus reconnaître et qui est selon lui sur la mauvaise voie, notamment sur le plan migratoire.
01:06La France est particulièrement visée. Son président Emmanuel Macron, raillé quotidiennement désormais par Donald Trump.
01:12On se posera aussi, Michel, la question de la torpeur, voire de l'apathie des Européens.
01:17Pendant des années, en pensant que l'aide américaine, le parapluie américain était éternel,
01:21comment sortir de cet impasse et retrouver une partie de notre souveraineté ?
01:26Le baroud d'honneur des agriculteurs. Ils se sont réunis cette semaine devant le Parlement européen de Strasbourg
01:31pour tenter une dernière fois de s'opposer à la signature de l'accord de libre-échange du Mercosur.
01:36Alors ils ont obtenu une semi-victoire puisque les eurodéputés ont décidé de saisir la justice européenne
01:42et donc de mettre un coup d'arrêt temporaire au Mercosur.
01:45Pour autant, quel avenir pour nos paysans ?
01:49Marine Le Pen devant ses juges. La triple candidate à la présidentielle s'est longuement expliquée sur l'affaire des assistants du Parlement européen
01:55en reconnaissant certaines erreurs mais en niant tout système de détournement d'argent public.
02:01Son procès doit durer jusqu'à la mi-février.
02:04Ce sont donc trois juges, Michel, qui vont décider de la physionomie de la présidentielle de 2027
02:08et si elle pourra se présenter ou pas.
02:11Qu'en pensez-vous ? C'est une question vastement démocratique.
02:14Un mot à votre demande de l'anniversaire de la décapitation de Louis XVI, condamné à mort par la Convention.
02:19C'était en 1793.
02:22« Je meurs innocent », a-t-il déclaré avant que sa tête ne roule dans le panier du bourreau.
02:26Quelle leçon en tirer pour notre époque ? Troublé.
02:29Enfin, le point philo, Michel, va nous amener vers Albert Camus et ses chroniques algériennes, Actuelle 3.
02:34« Chroniques algériennes, 1939-1958 », à l'heure des relations délétères avec l'Algérie.
02:40Camus permet de penser, dites-vous, nos deux pays, non pas sur le mode seulement de l'idéologie
02:44mais aussi sur celui du réalisme méditerranéen.
02:48Très beau programme pour cette émission.
02:50On commence, Michel, par ce budget 2026.
02:53Non, 2026, je vais trop vite.
02:552027, ça me sera encore une autre affaire.
02:58Celui de 2026 a été arraché au forceps par Sébastien Lecornu
03:01avec des mesures très coûteuses qui ne conviennent pas vraiment à tout le monde.
03:05Mais au moins, voilà, cette pantalonnade budgétaire va se terminer.
03:08Le premier des trois volets a été adopté par 49-3, c'est-à-dire sans vote du Parlement.
03:12Je le disais tout à l'heure.
03:13On écoute Sébastien Lecornu, le Premier ministre.
03:16Je prends sur moi ce texte de compromis
03:19puisque plus personne ne veut complètement l'endosser.
03:22Je le donne au Parlement
03:24et j'engage la responsabilité du gouvernement pour ce faire
03:27parce qu'une fois de plus, on est la France
03:29et donc je pense qu'on va arrêter de se donner en spectacle
03:31devant le monde entier pendant de nombreuses semaines
03:33et nous permettre de donner un budget à la nation.
03:37Est-ce qu'on va arrêter de se donner en spectacle
03:39au-dessus du monde entier, Michel Onfray, selon vous ?
03:41Pas avec ces gens-là qui se donnent en spectacle depuis des années.
03:45D'abord, je trouve que ce monsieur qui n'arrête pas de dire
03:47qu'il est gaullien ou gaulliste
03:48nous fait la démonstration qu'en peu de temps, je ne sais pas,
03:51il est au pouvoir depuis quelques mois.
03:52Il a déjà renié deux fois, il y a trois fois normalement
03:57dans les évangiles avant la condamnation définitive
03:59mais une première en disant qu'il démissionnait
04:03et que ce n'était pas la peine de compter sur lui pour revenir,
04:06que lui, il savait ce qu'était le général de Gaulle.
04:07Son gaullisme aurait donc consisté en une renonciation au pouvoir,
04:12en une démission et puis 4-5 jours après,
04:15il revient en disant que le président de la République
04:16m'a demandé, je ne peux pas faire autrement,
04:18ça ne se refuse pas, écoutez, moi j'ai le sens de la nation, etc.
04:20Arrêtez le violon, le pipeau gaullien pour nous expliquer que...
04:28Et puis, première chose, deuxième chose,
04:31je ne vais pas utiliser le 49-3
04:32parce que de toute façon, ce n'est pas comme ça que j'entends la politique,
04:35les Français nous ont fait savoir que ceci, que cela.
04:38J'ai un petit papier que je vais utiliser
04:39pour lui rappeler ce monsieur
04:41ce que les Français lui ont fait savoir
04:42et ce dont il se moque éperdument
04:44en disant les Français m'ont fait savoir que
04:46donc il faut faire de la politique autrement maintenant.
04:49et voilà. Donc, on va faire du parlementarisme.
04:52Bonjour le gaullisme.
04:53La 5ème République, c'était très exactement fait
04:55pour éviter la 4ème et lui dit
04:57on va refaire la 4ème et vous allez voir, ça va marcher.
04:59On va se parler, on va discuter,
05:00on va faire des tables rondes, des tables carrées,
05:03des tables triangulaires, on va tout faire
05:04pour qu'on puisse s'entendre, etc.
05:06On ne peut pas s'entendre avec des gens
05:07qui se détestent politiquement, je dirais.
05:09Et le troisième renoncement ?
05:11Non, le troisième renoncement, c'est celui qui...
05:15Avant que le coq ne chante, la trahison de Saint-Pierre.
05:19Et donc, je voudrais juste...
05:20Parce que dans le couloir, j'ai repris mon téléphone...
05:23Vous avez fait pas assez, je vais le dire à nos auditeurs téléspectifs,
05:25vous avez travaillé, vous avez sorti les chiffres.
05:26Vous voulez dire que je ne travaille pas habituellement ?
05:27Si, toujours.
05:28Mais là...
05:29Non, mais là je me suis dit, ça fait plusieurs fois que j'y songe
05:30parce que tout de même, on vit sur des trahisons du peuple
05:33depuis très longtemps.
05:35Bon, je pense qu'on a bricolé des trucs en 1992
05:38pour laisser croire que l'Europe maastrichtienne, c'était l'avenir, le futur, etc.
05:42On a vu.
05:43En 2005, le peuple a dit, nous ne voulons pas de ce traité constitutionnel.
05:47Et on a dit, vous l'aurez quand même.
05:48Et la gauche et la droite réunis en 2008 disent,
05:50traitez de Lisbonne et on va faire voter le Congrès,
05:54c'est-à-dire les élus, sénateurs et députés, contre le peuple.
05:56Ce qui s'appelle un coup d'État.
05:58Là, on met effectivement le peuple de côté en disant, ça va bien.
06:00Et puis, les chiffres, effectivement, parlent d'eux-mêmes.
06:02Et là, quand on nous dit, mais difficulté de ceci, difficulté de cela,
06:05mais il n'y a pas de difficulté tant qu'on n'écarte pas le peuple.
06:07C'est ça, le gaullisme.
06:08On demande au peuple ce qu'il souhaite et puis on dit,
06:10vous voulez ceci, vous voulez cela, vous êtes premier, deuxième, etc.
06:13Vous prenez Wikipédia.
06:14Wikipédia, on vous dit, voilà, la France insoumise, on vous donne un ordre.
06:19Et puis, vous avez les chiffres.
06:20Et quand vous regardez les chiffres, ce n'est pas l'ordre de celui qui nous est présenté,
06:24de ce qui nous est présenté sur Wikipédia.
06:25L'ordre véritable, c'est quoi ?
06:27C'est le Rassemblement National, 10 713 202 voix.
06:31Numéro 1 sur le podium.
06:32Numéro 2 sur le podium, le nouveau Front populaire, 7 279 352.
06:39Numéro 3 sur le podium, c'est-à-dire les derniers.
06:44Ensemble, Attal et la liste macronienne, 6 926 650.
06:48C'est très clair.
06:50C'est très clair.
06:51Vous avez un ordre d'arrivée.
06:53Et on a dit, ah, pas les premiers, pas les deuxièmes, mais les troisièmes sont les premiers.
06:57Ça s'appelle un déni populaire.
06:59Alors, 10 minutes après les élections, Mélenchon arrive en disant, nous sommes arrivés en tête.
07:05On a gagné.
07:06On a gagné.
07:07Et personne n'a dit, non, on n'avait pas gagné du tout.
07:09Qu'est-ce qu'il faut faire quand on est vraiment gaulliste et gaullien ?
07:11Soit on démissionne en disant, moi, je n'accepte pas ça, mais finalement, vous avez voté donc Premier ministre issu de ceux qui sont arrivés en tête.
07:19Et puis, je m'en vais.
07:20Ça s'appelle la démocratie.
07:21Ça s'appelle la République.
07:22Tous ceux qui diront que je suis fasciste et d'extrême droite, après m'avoir dit ça, sont tous des gens qui détestent le peuple.
07:28Tous des gens qui méprisent le peuple.
07:30La dissolution n'aurait pas dû être faite.
07:31Il l'a faite sur un coup de tête.
07:33Il l'a faite sur un coup de tête.
07:34Il l'a perdue.
07:34Il l'a perdue.
07:35Et il nous dit, comme toujours, je gagne.
07:37C'est-à-dire qu'à part les élections présidentielles qu'il gagne dans les conditions que nous savons,
07:41c'est-à-dire l'espèce de goulot d'étranglement qui fait que, finalement, Marine Le Pen,
07:44qui est présentée comme spécialiste des chats, fort sympathique, 15 jours avant le deuxième tour,
07:49est une résurgence d'Adolf Hitler et l'incarnation d'Oradour sur glane toute seule.
07:54Donc, il y a des gens qui finissent par se dire, d'accord, on va voter comme ceci, on va voter comme cela.
07:57Puis la deuxième présidentielle, de toute façon, il n'a même pas fait campagne.
08:00Il a juste dit, écoutez, les guerres, c'est mon affaire.
08:02Je gère le problème de l'Ukraine.
08:03J'ai autre chose à faire que une petite campagne présidentielle, etc.
08:07Puis finalement, on a eu un truc, au fait, il se réveille ce matin, il est toujours président de la République.
08:10Mais à chaque fois, il a perdu les élections.
08:12Les élections européennes, il les a perdues.
08:14Les élections législatives, il les a perdues.
08:16Enfin, il perd toutes les élections.
08:17Et on continue à nous dire, c'est difficile.
08:19Non, c'est difficile parce que ces gens-là font ce que Philippe de Villiers a utilisé pour faire son titre,
08:24un populicide.
08:26C'était un mot, et il l'a dit, de Gracchus Babeuf.
08:29Mais c'est un populicide perpétuel.
08:31Cette panade qu'on nous présente, s'il y a un problème, c'est parce qu'ils méprisent le peuple, ces gens-là.
08:36Après, on peut dire, on méprise le peuple, et puis, comme le font les gens à France Inter, je ne sais quoi,
08:40en disant, on ne veut pas entendre parler de ces gens-là, c'est des fascistes et des nazis.
08:43On ne devrait même pas leur donner la parole, disent certains journalistes, sous prétexte de cordon sanitaire.
08:47On devrait interdire les paroles de, je ne sais qui, de Jordan Barbella et de Marine Le Pen.
08:53Mais la démocratie, c'est ça. Après, on peut dire qu'on n'aime pas la démocratie.
08:56Mais nous sommes dans un déni de la démocratie perpétuel.
08:58Et notre gaulliste de service, là, est lui aussi dans le déni démocratique, et encore plus dans le déni gaullien.
09:04On va écouter un deuxième extrait de Sébastien Lecornu, justement, où il parle du RN et de LFI.
09:10Il les traite de tireurs embusqués, de saboteurs.
09:12Écoutons-le, et on se demandera qui a donné la poudre pour les saboteurs.
09:16Je rappelle que les ministres et le gouvernement ne siègent pas dans cette commission.
09:21Des échanges avec les ministres et les formations politiques entre Noël et Jourdelan
09:24qui ont laissé à montrer qu'un chemin était possible.
09:27Une reprise des débats en commission à l'Assemblée nationale, avec très vite un raidissement,
09:32et je l'ai déjà dénoncé à de nombreuses reprises, des tentatives très claires de pression, de sabotage,
09:37notamment de la part de la France insoumise et du Rassemblement national.
09:40Puis, progressivement, la désertion de certains groupes politiques qui, jusqu'alors,
09:45bien que groupes politiques, dans l'opposition, très exigeants,
09:48avaient accepté de mener un travail de fond, je pense aux écologistes et aux communistes,
09:53ils ont décidé, pour des raisons qui leur appartiennent et que je respecte,
09:56mais enfin, que je ne comprends pas, je les respecte, mais je ne les comprends pas,
10:00c'est de ne plus venir à ces réunions de travail depuis le début du mois de janvier.
10:03On est en face à Michel Onfray sur CNews et Europe 1.
10:06Michel, on vient d'entendre Sébastien Lecornu.
10:08Des saboteurs, dit-il, à propos du RN et de LFI.
10:11Ils ont saboté quoi, exactement ?
10:12C'est lui, le saboteur.
10:13C'est-à-dire, quand on est prétendu mongoliste et qu'on est arrivé 3ème,
10:16on ne dit pas, j'accepte d'être Premier ministre, d'abord,
10:18avant de commencer par dire qu'on démissionne,
10:19puis de rester malgré le fait qu'on ait dit qu'on allait démissionner.
10:22Donc, on dit, je ne peux pas accepter, c'est un déni des démocraties,
10:25que de nommer Premier ministre, jadis, M. Bayrou,
10:28d'abord Michel Barnier, ensuite M. Bayrou,
10:31et ensuite, lui, tous minoritaires.
10:33Je rappelle les chiffres, ils sont arrivés 3ème.
10:35Ils sont arrivés 3ème.
10:36Quand vous allez aux Jeux Olympiques et que vous êtes 3ème,
10:39on ne vous donne pas la médaille d'or.
10:40Donc, on vous donne une médaille de bronze.
10:42Et puis, voilà.
10:43Et ce monsieur n'est pas légitime.
10:44Pas plus que Emmanuel Macron n'est légitime
10:46quand il a nié le résultat de la dissolution,
10:49des législatives qui ont eu lieu après la dissolution,
10:52qu'il a décidé tout seul, sur un coup de tête,
10:54parce que le monsieur n'était pas content.
10:56Donc, quand on fait de la politique,
10:57on respecte le peuple.
10:58Et ils ont bien de la chance, ces gens-là,
11:00que le peuple ne bouge pas.
11:01De toute façon, quand ils bougent un peu,
11:02ils se s'appellent les gilets jaunes,
11:03où on leur arrache un oeil, on leur arrache une main.
11:05Et quand ça s'appelle un paysan,
11:06on a des policiers qui arrivent dessus avec une arme
11:09et qui les mettent en joue avec des pistolets.
11:11Et puis, de temps en temps,
11:12un coup de matraque sur les vitres des tracteurs
11:15pour massacrer l'instrument de travail du paysan.
11:20Donc, le peuple, lui, il regarde les trains passés.
11:22Il se dit, on a voté.
11:23Mais à chaque fois qu'on vote,
11:24on nous dit, allez vous faire voir avec votre vote.
11:26C'est lui qui était légitime.
11:27S'il y a vraiment des gens à insulter aujourd'hui,
11:30c'est ni le Rassemblement National qui fait son métier,
11:33ni le nouveau Front Populaire qui fait son métier aussi.
11:36Ce sont des opposants, ils s'opposent.
11:37Et puis, voilà.
11:38On aura l'occasion de reparler de la politique nationale
11:40et de ce triste spectacle de nos prochaines émissions.
11:42Michel, parlons un tout petit peu aussi
11:44de ce qui s'est passé sur le plan international.
11:45Une semaine un peu mouvementée,
11:47notamment en Suisse, à Davos,
11:49au sommet, au Forum économique de Davos.
11:52Il y a eu de nombreuses déclarations,
11:54à la fois du président Macron,
11:55que l'on va entendre tout à l'heure,
11:57du Premier ministre canadien aussi,
12:00McCartney,
12:01et du président Donald Trump,
12:02qui a une nouvelle fois souligné le fait
12:05que les pays européens sont en train de changer de visage
12:08et qu'ils les trouvent méconnaissables.
12:10On écoute Donald Trump.
12:13Certains pays d'Europe ne sont plus reconnaissables.
12:16Ils ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes.
12:19On peut en débattre, mais c'est la réalité.
12:24Je ne veux insulter personne, vraiment.
12:26Je ne reconnais pas certains de ces pays.
12:30J'aime l'Europe, bien sûr.
12:32Je veux que l'Europe se porte bien,
12:35mais la direction générale n'est pas bonne.
12:38Voilà, alors il fait évidemment allusion à l'immigration
12:40et au fait que nos pays sont en train de changer de culture.
12:42Qu'est-ce que vous en pensez, Michel Onfray ?
12:43Oui, il aime l'Europe comme les Américains.
12:45Il aime la dinde à Thanksgiving.
12:46C'est quand même une vieille histoire, l'histoire des Etats-Unis.
12:51250 ans aujourd'hui, c'est-à-dire peanuts.
12:52Rien du tout chez nous.
12:54Vraiment, nous, ça démarre avec la grotte de Lascaux,
12:56avec Kosker ou avec Chauvet.
12:58Donc, c'est un pays impérialiste et c'est comme ça depuis le début.
13:02Moi, je me souviens à l'époque,
13:04Bernard-Henri Lévy faisait un combat des anti-anti-américains.
13:06Il parlait de l'anti-américanisme primaire.
13:10On a le droit d'avoir...
13:10Je suis curieux qu'on va entendre le général là-dessus, le général de Gaulle.
13:12Je vous ai trouvé une archive qu'on n'a jamais dit.
13:14Formidable.
13:14Et moi qui suis gaullien, et puis qui suis normand,
13:18et qui sait depuis très longtemps ce qui s'est passé le 6 juin 1944,
13:21c'est-à-dire pas du tout une espèce d'entreprise de libération le jour le plus long,
13:26pas les violons, mais le pipo...
13:27Ça a existé quand même.
13:27Le pipo...
13:28Ça a existé parce qu'il y a eu Père Larbourg
13:30et parce que les Américains se sont dit
13:31nous allons faire cette guerre sur le territoire européen
13:33pour éviter que les Allemands qui sont en train de travailler à la bombe atomique
13:36puissent nous atomiser à New York et à Washington.
13:39Et ils avaient à l'époque des avions à réaction, les nazis.
13:42Ils avaient d'ailleurs des gens qui travaillaient à ce programme,
13:44notamment des gens qui, comme Bernard von Braun,
13:46leur ont permis d'aller ensuite sur la Lune.
13:48Je rappelle qu'il n'y avait pas une détestation à ce point-là des nazis
13:52puisqu'ils avaient prévu, les Américains,
13:54de travailler en France avec les sous-préfets pétinistes,
13:59vichistes et maréchalistes pour pouvoir installer un régime d'occupation.
14:03L'AMGOT, L'A-M-G-O-T, Administration Militaire des Territoires Occupés.
14:07Ils avaient l'intention, ça s'appelait l'invasion d'ailleurs de leur côté,
14:10l'opération, et ça s'appelait l'overlord, c'est-à-dire vassalisation.
14:13On ne peut pas dire que quand on vient vassaliser un peuple,
14:15on s'en vient le libérer. Non, on s'en vient l'occuper.
14:18C'est bien de le rappeler à Jean-Claude.
14:19Je le rappelle.
14:19Parce que nos auditeurs et les spectateurs comme ça le savent.
14:22Et il y en a un qui nous dit, dans cette aventure, ça ne va pas se passer comme ça,
14:25il s'appelle Charles de Gaulle.
14:26Et donc c'est lui qui fait savoir que ça ne se passera pas comme ça,
14:29que l'Amérique ne va pas vassaliser la France
14:31et que l'Amérique ne connaît que des relations de vassalisation.
14:34J'ai fait un livre sur Tocqueville et les Indiens,
14:36j'ai appelé ça Tocqueville et les Indiens,
14:38et je m'étais intéressé à cette question de la création des États-Unis,
14:40de la constitution des États-Unis,
14:41et ça se constitue sur un génocide.
14:43Là, pour le coup, on utilise le mot n'importe comment quand il s'agit d'Israël,
14:46mais le génocide, c'est la destruction programmée d'un peuple.
14:49Donc, vous détruisez tous ceux qui vous gênent,
14:53et vous avez des gens qui sont les Amérindiens.
14:55La semaine dernière, nous avons, enfin, j'ai personnellement,
14:57je ne vais pas vous impliquer dans mon combat,
14:58mais j'ai défendu les Inuits, moi je défends les peuples premiers.
15:01Et qu'est-ce qu'on a fait des Indiens ?
15:03On les a poussés de la côte Est à la côte Ouest,
15:06et quand ils sont arrivés au bord de la mer,
15:07on a tout détruit en même temps que les bisons.
15:09Et aujourd'hui, ils sont alcoolisés, ils boivent des sodas,
15:13ils sont obèses, ils sont dans des réserves,
15:14et de temps en temps, ils sortent leurs plumes,
15:16et ils serrent les mains des sénateurs américains,
15:17et ce genre de choses. Ils ont détruit ce peuple.
15:19Enfin, les Américains ont détruit ce peuple.
15:21Ils ont également détruit le mode de vie français.
15:24Je veux dire que quand il dit aujourd'hui,
15:26je ne reconnais plus l'Europe, mais c'est l'Europe que ces gens-là ont fait.
15:29Ils ont fabriqué cette Europe-là.
15:30Quand les Américains arrivent, ils donnent du chewing-gum,
15:33ils ont les fameux Ray-Ban de notre chef d'État actuellement.
15:36On a le cinéma crétin qui arrive,
15:38on a la bande dessinée qui remplace Victor Hugo,
15:41on a le jazz qui remplace Debussy et Ravel, etc.
15:46Et c'est l'enveillé aussi le jazz.
15:47Oui, d'accord, c'est merveilleux, mais quand il n'y a plus que ça,
15:50et quand ça devient du free jazz,
15:51ce n'est pas exactement la même chose,
15:52mais je veux dire qu'il y a un mode de vie américain,
15:54le fameux American Way of Life, qui s'est installé en France.
15:57On est d'accord.
15:57Et si l'Europe a changé, bougé, comme le dit fort justement Trump,
16:02c'est sous l'influence des Américains.
16:04C'est une France qui s'est américanisée,
16:06malgré le fait que le général de Gaulle ait refusé ça.
16:09Il a refusé un temps.
16:10Et après, quand Giscard a été élu, il s'est passé quoi ?
16:12Le premier discours que Giscard fait, il le fait en langue anglaise.
16:15On ne peut pas mieux dire qu'on prend la langue de l'occupant.
16:18Et puis voilà.
16:19Quand Jacques Attali écrit un livre qui s'appelle
16:20« Demain, qui gouvernera le monde ? »,
16:22nous avons la réponse, presque la réponse à la question.
16:24Du moins, nous savons qui est en train de finir dans la compétition en tête.
16:28Les Indiens sont très importants d'un point de vue démographique,
16:30mais ils n'ont pas de volonté impériale et impérialiste.
16:32Ils ont une volonté idéologique avec l'hindouisme.
16:35Là, on parle de l'Inde.
16:36On parle de l'Inde, oui.
16:37Les Chinois, ils ont une volonté impérialiste.
16:41Les Russes n'ont pas une volonté impérialiste en dehors de l'espace russe, grand russe.
16:45Ils veulent refaire l'Empire quand il a été dans ses plus grandes dimensions.
16:49Donc il n'est pas du tout question d'arriver jusqu'à Brest.
16:51Notre Brest, pas Brest-Litovsk.
16:53Notre Brest, ce n'est pas du tout leur...
16:54Eux, ils veulent reconstituer un Empire.
16:55Je ne dis pas que c'est bien.
16:57Les Chinois, ils ont un désir d'Empire universel par le commerce.
17:01Vous savez, ils jouent comme ça, avec des jeux incroyables.
17:03Et à un moment donné, paf, c'est fini.
17:05Vous n'allez même pas dire échec.
17:06Quand vous dites échec, ça veut dire échec et mat.
17:08Et c'est ce qui est en train de se passer.
17:10Et il le sait très bien, Trump.
17:12Donc le combat, ce n'est pas...
17:13Même Trump, il est hors-jeu.
17:15Ce n'est pas son aventure, ce n'est pas son affaire.
17:18J'ai dit Trump ?
17:19Non, Poutine, c'est Poutine.
17:20Poutine n'est pas dans cette aventure.
17:22C'est Trump et la Chine.
17:23C'est ça qui se joue avec ces deux-là.
17:26Et la question du Groenland, par exemple,
17:27ce n'est pas évidemment la question du
17:29nous en avons besoin pour notre sécurité.
17:32C'est les métaux rares qui lui permettent...
17:34Alors, il n'a pas tort de le dire comme ça.
17:36Parce que c'est les métaux rares qui lui permettront
17:37d'obtenir des vitesses supersoniques
17:39supérieures aux vitesses supersoniques
17:41des lanceurs d'engins atomiques
17:43qui permettent de gagner la guerre.
17:44C'est aussi simple que ça.
17:45Je veux dire un bout de glace.
17:46Moi, je veux juste un petit bout de glace.
17:48Comme si c'était un enfant qui demandait une glace
17:49à sa maman et à son papa.
17:52Non, il veut les métaux rares
17:53pour pouvoir concurrencer les Chinois
17:55qui ont gagné cette guerre.
17:57C'est-à-dire que Trump...
17:58Moi, j'attaque moins Trump
17:59que ceux qui l'ont rendu possible.
18:01C'est-à-dire qu'il est fort de notre faiblesse.
18:04C'est parce que les Biden et autres,
18:06les Obama en amont,
18:07les Clinton et autres
18:08ont mené toute cette politique
18:10à l'endroit de la Chine
18:11qu'on les a laissés faire.
18:12Et également à l'endroit de la Russie.
18:13Parce que la Russie, elle aussi,
18:14ayant besoin de ces métaux rares,
18:16même s'ils ont une Sibérie
18:17qui leur permet,
18:18sont allés voir du côté des sous-sols africains.
18:20C'est pourquoi les Russes sont aussi présents,
18:21les Chinois sont aussi présents en Afrique.
18:23Et pourquoi nous n'y sommes plus ?
18:24Puisque nous avons tous peur
18:25de Mélenchon et ses copains.
18:27Parce que dès qu'on aurait mis
18:28un conseiller technique,
18:29on aurait été les colonialistes,
18:32ce genre de...
18:33Nous avons perdu sur tous les camps.
18:36Nous avons perdu l'Afrique.
18:37Nous avons perdu les relations
18:39avec les pays internationaux.
18:40Nous avons perdu même l'Europe
18:41qui ne ressemble à rien.
18:43Qui ne ressemble plus à rien.
18:44Et Trump, il arrive juste là.
18:45Et puis il dit,
18:45mais je vais vous raconter la fontaine.
18:47La raison du plus fort est toujours la meilleure.
18:48On va écouter Emmanuel Macron.
18:50Lui aussi était à Davos.
18:52Pas au même moment.
18:53Ils ne se sont pas vus.
18:53Le président français a un problème à l'œil
18:56qu'il a contraint à porter des lunettes.
18:58Miroir, écoutons-le.
19:00Il dit, il faut garder son calme.
19:04Qu'on reste tous calmes.
19:05D'abord, on défend nos intérêts.
19:07En ce moment, on a eu une menace douanière
19:09qui existe sur nos producteurs laitiers en Chine.
19:11Donc on se bat pour défendre leurs intérêts.
19:13Comme on l'a fait auprès des producteurs de cognac
19:15quand ils ont été touchés par des tarifs en Chine.
19:17Et on a obtenu les résultats.
19:19On a encore quelques producteurs individuels indépendants
19:22que je n'oublie pas.
19:23Et donc, on fera valoir nos droits.
19:25Mais il ne faut pas se laisser impressionner.
19:28Et je crois que c'est aussi ça ce qui est important.
19:31C'est qu'on doit défendre nos principes.
19:33On doit défendre nos intérêts.
19:34Sans être agressifs.
19:35Nous ne le sommes pas.
19:36En nous faisant respecter ce que nous faisons.
19:39Mais sans se laisser impressionner non plus.
19:40Je dirais que c'est un allié encore Donald Trump
19:41quand il parle comme ça, quand il fait puter vos...
19:43C'est à lui d'apporter la réponse.
19:45Ce ne sont pas tout à fait les comportements
19:46qui vont avec, en effet, cette qualification.
19:48Voilà Michel Onfray pour Emmanuel Macron
19:51qui dit effectivement qu'il faut garder son calme.
19:55Oui, il le traite de brut quand même.
19:57Je veux dire, voilà, pour quelqu'un qui veut garder son calme,
19:59une entorse à son propre règlement.
20:01Mais c'est Emmanuel Macron, personne ne le croit.
20:03Donc là, c'est du discours dans le genre, même pas peur.
20:06Il nous dit juste ça.
20:07Puis d'abord, dis-moi, quelles sont tes lunettes ?
20:08Je te dirais qui tu es aussi.
20:09Il nous la joue Top Gun.
20:11Moi, j'aime beaucoup Top Gun.
20:11Il a un problème à l'œil.
20:12Oui, d'accord.
20:13Mais c'est pourquoi je dis qu'on peut avoir des problèmes à l'œil
20:15et puis avoir des lunettes.
20:16Je ne suis pas contre ça, évidemment.
20:18Mais Bruno Retailleau, Philippe de Villiers,
20:20le général de Gaulle ont porté des lunettes
20:22quand ils ont eu des problèmes.
20:24Et Philippe a eu un problème grave à l'œil.
20:26Et il a porté des lunettes teintées.
20:28Il n'a pas joué Top Gun.
20:30Ce n'est pas Tom Cruise.
20:31On le voit de temps en temps.
20:33Il n'a pas fait de service militaire.
20:34Ça s'honore.
20:36Moi, je ne porterais pas un uniforme comme ça.
20:37C'est honorable.
20:38On ne prend pas la casquette d'un commandant
20:41en disant « Tiens, ça m'amuse, ce genre de choses. »
20:43J'entends sur la forme.
20:43Non, le fond, c'est de la forme qui remonte à la surface,
20:47disait Victor Hugo.
20:48Et donc, la forme, c'est le fond qui remonte à la surface.
20:51Mais là, il a choisi.
20:53Vous avez dix communicants qui lui expliquent quelles lunettes.
20:55Alors, il a des problèmes aux yeux.
20:56Je lui souhaite de recouvrir rapidement la vue,
20:59voire la double vue, voire la longue vue.
21:01Ce serait mieux qu'il puisse lui arriver.
21:03Vous avez des gens qui disaient
21:04« Non, celle-ci, c'est des lunettes, ceci, c'est maintenant aussi. »
21:06C'est des lunettes françaises.
21:07Oui, mais ça ressemble quand même à une autre marque.
21:10« Tâchez de me trouver des lunettes américaines fabriquées en France. »
21:16Qui ressemblent au look américain,
21:17mais pourvu que ce soit français que je puisse dire, etc.
21:19C'est de la communication.
21:21Mais il y a de la communication non-verbale
21:22qui me paraît beaucoup plus intéressante.
21:24C'est-à-dire que quand Emmanuel Macron se fait mépriser
21:27par Donald Trump,
21:28il accepte l'humiliation.
21:30Il ne dit rien.
21:32Lors du premier mandat de Trump,
21:33il y a eu quelque chose d'extraordinaire.
21:34À un moment donné, il le tire par la main
21:36comme un père de famille.
21:37Il amène son petit garçon rétif à l'école
21:39en disant « tu viens » et puis voilà quoi.
21:41Et puis on le voit arriver
21:42et l'autre lui dit « t'as des pellicules ».
21:43Où il en a, où il n'en a pas.
21:45Il peut avoir des pellicules, c'est pas grave.
21:47Mais on n'autorise pas le chef de l'État
21:49à faire ce genre de choses.
21:51Alors on a l'esprit de réparti immédiatement
21:52en disant « mais vous en avez beaucoup plus que moi »
21:54puis on fait le même geste
21:55si on veut être sur la même logique.
21:57Mais lui, il fait de l'éthologie, Donald Trump.
22:00Il sait très bien comment les animaux se comprennent.
22:01Où il en fait.
22:02C'est un animal qui sait naturellement comment en faire
22:05puisque c'est de la testostérone en permanence cet homme.
22:08Mais il y a des choses qu'on n'accepte pas.
22:10Il se fait humilier en permanence.
22:11Il dit « on ne va pas se faire humilier comme ça ».
22:13Et puis voilà.
22:14Ça n'arrête pas.
22:15Jusqu'à ce que Trump dise à Davos
22:17« mais sur l'histoire des médicaments,
22:18je lui ai dit « tu vas m'obéir ». »
22:19Il m'a dit « non, non, non, c'est pas possible ».
22:21« Si, si, tu vas m'obéir, tu vas changer le mot ».
22:23– Fake News avait dit l'Élysée.
22:24– Oui, Fake News.
22:25Heureusement qu'il a la possibilité de mentir lui aussi.
22:28Mais comme tout le monde ment à ce niveau-là de responsabilité,
22:31on voit bien comment ça fonctionne.
22:32Mais la France n'est pas respectée
22:33parce qu'elle n'est pas respectable.
22:35C'est-à-dire du moins par ceux qui l'incarnent.
22:38Quand vous trahissez ce que j'ai dit tout à l'heure,
22:40quand vous trahissez le peuple,
22:41quand vous mentez au peuple,
22:41quand vous dites au peuple « votez,
22:43mais finalement je mets votre vote à la poubelle »,
22:45vous n'êtes pas crédible.
22:46Si vous êtes franchement un dictateur,
22:47l'affaire est claire.
22:48Si ça se passe en Russie,
22:49on sait bien que les élections ne sont pas démocratiques.
22:51Mais chez nous, nous sommes arrogants,
22:53suffisants et prétentieux pour expliquer
22:55la République, la démocratie, c'est nous.
22:57Et puis à part les Grecs,
22:57c'est nous qui l'avons inventé, etc.
22:59Non, on est ridicule et on est encore plus ridicule
23:01quand on dit qu'on n'est pas ridicule.
23:02On fait une petite pause, Michel Onfray.
23:03On vous retrouve dans un instant sur ce sujet.
23:05Et là, on écoutera le général de Gaulle
23:08parler de la relation franco-américaine
23:10parce qu'elle est très importante.
23:11On va voir ce que lui,
23:12est-ce qu'il était anti-américain ou pas, le général ?
23:14On aura la réponse dans un instant
23:16sur CNews et Europe 1, tout de suite.
23:18On se retrouve pour la seconde partie
23:19de Face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1.
23:22Michel, on va continuer à ausculter
23:23la relation franco-américaine
23:25qui semble chahuter ces derniers temps.
23:26Donald Trump a également annoncé
23:28qu'il voulait créer un conseil de la paix
23:30pour Gaza, qui serait une sorte de conseil
23:33de l'ONU à remanier, en tout cas à sa façon à lui.
23:38Et puis, évidemment, on a envie d'entendre
23:40le général de Gaulle sur cette relation franco-américaine
23:42parce que, comme vous le rappeliez,
23:44il n'a jamais été dupe des intentions impérialistes
23:46des États-Unis.
23:48Qu'est-ce qu'il disait en 1965 à cette question-là ?
23:51Êtes-vous anti-américain ?
23:53Écoutez sa réponse.
23:53Qui a été l'allié des Américains
23:57de bout en bout, sinon la France de de Gaulle ?
24:01Il n'y en avait pas eu d'autres.
24:03Et le cas échéant,
24:05si le malheur
24:07devait arriver,
24:09et si la liberté du monde
24:10était en cause,
24:13qui serait automatiquement
24:15les meilleurs alliés
24:17de nature,
24:19sinon la France et les États-Unis,
24:20comme ils l'ont été
24:22souvent en pareil cas.
24:25D'ailleurs, vous savez,
24:26moi, je ne dis pas que les Américains
24:27sont anti-français.
24:29Et pourtant,
24:30alors,
24:31si c'est parce qu'ils ne nous ont pas
24:32toujours accompagnés
24:33qu'ils seraient anti-français,
24:35eh bien,
24:36ils ne nous ont pas toujours accompagnés.
24:38en 1914,
24:40que voulez-vous,
24:41nous étions en guerre
24:43contre Guillaume II,
24:45les Américains n'étaient pas là.
24:46Ils sont arrivés en 1917
24:48et ils ont fort bien fait
24:50pour eux et pour tout le monde.
24:51En 1940,
24:53ils n'étaient pas là.
24:54Et nous avons été submergés
24:56par Hitler,
24:57et ce n'est qu'en 1941,
24:59parce que les Japonais ont coulé,
25:01une partie de la flotte américaine
25:02à peur d'arbours,
25:03que les États-Unis sont entrés
25:05dans la guerre.
25:05Loin de moi,
25:07l'idée de méconnaître
25:08l'immense service
25:09qu'ils ont rendu
25:10à eux,
25:12au monde
25:12et à nous-mêmes,
25:13en entrant dans la guerre
25:14en 1917
25:15et en entrant dans la guerre
25:16en 1941.
25:18Je le sais bien,
25:20mais enfin,
25:20je ne dis pas
25:21qu'ils sont anti-français
25:22parce qu'ils ne nous ont pas
25:23accompagnés toujours.
25:25Eh bien,
25:25je ne suis pas anti-américain
25:26parce qu'actuellement,
25:28je n'accompagne pas
25:29les Américains toujours.
25:31Il y a beaucoup de subtilités
25:32dans ce qu'ils disent.
25:33C'est extraordinaire.
25:34C'est de la vraie politique.
25:35Pas seulement,
25:36c'est de la géopolitique,
25:37c'est de la géostratégie,
25:38c'est de la culture.
25:40Il dit De Gaulle,
25:41il parle de l'époque
25:41qu'il a connue,
25:4214, 18, 39, 45,
25:43mais il aurait tout aussi bien pu,
25:45je ne vais pas corriger le général,
25:46parce qu'il connaissait
25:47évidemment mieux
25:48que moi cette histoire,
25:48mais raconter l'importance
25:49de la France
25:50dans la constitution
25:51des États-Unis d'Amérique,
25:52tout de même.
25:53Avec Lafayette,
25:54avec même le roi Louis XVI,
25:57il y a eu quand même
25:58qui s'est d'ailleurs
25:59considérablement endetté
26:01pour que ces guerres
26:02puissent avoir lieu
26:03et que la constitution du pays
26:04puisse exister
26:05et l'endettement
26:06n'a pas été pour peu
26:06dans le surgissement
26:08de la Révolution française,
26:09si vraiment on veut
26:10faire l'histoire.
26:11Faisons-la,
26:12moi je suis pour.
26:13Il a dit,
26:13ils ne nous ont pas
26:14toujours accompagnés
26:15les Américains.
26:15Il a tellement raison.
26:16Ce n'est pas pour autant que...
26:17Voilà,
26:18mais il a tellement raison.
26:19Mais on ne peut pas
26:19se vendre à quelqu'un.
26:21Ce n'est pas possible.
26:22On peut se prêter,
26:23on peut se louer éventuellement,
26:24mais pas se vendre.
26:25Il le sait bien
26:25le général de Gaulle.
26:27Lisons véritablement
26:28l'appel du 18 juin.
26:29Les gens le font assez peu.
26:31Mais il dit,
26:31on a perdu quoi ?
26:32On a perdu parce que
26:33pour des raisons mécaniques,
26:34nous avons une infériorité mécanique
26:36sur l'Allemagne
26:38qui elle avait préparé
26:39cette guerre.
26:39D'abord,
26:40depuis le traité de Versailles
26:41puis depuis l'arrivée
26:42d'Hitler
26:42en janvier 1933 au pouvoir,
26:44il prépare cette guerre.
26:45Donc évidemment,
26:45il fabrique des armements,
26:47des canons,
26:48des autoroutes
26:48pour permettre aussi
26:49aux armées de se déplacer.
26:51Enfin,
26:51il y a une économie de guerre.
26:52S'il y a une économie de guerre
26:53et qu'il n'y a pas de guerre au bout,
26:54ça n'existe pas.
26:55Ça n'a pas de sens.
26:56Donc évidemment,
26:56il sait très bien
26:57ce qui s'est passé
26:58avec les Américains
26:59qui eux n'ont jamais vu
27:00que leurs intérêts partout.
27:02Il le dit.
27:02Ils ont pensé à eux.
27:03Et il a raison.
27:05Et après,
27:05sur le terrain civilisationnel,
27:07j'ai un projet de livre
27:08sur le général de Gaulle
27:08et Malraux
27:09et leur relation
27:10sur la question de la civilisation.
27:11Vous êtes gentil, merci.
27:12Mais alors,
27:12sur cette question de la civilisation,
27:14le général de Gaulle pense
27:15que le capitalisme
27:17n'est pas défendable
27:18parce qu'il met l'argent,
27:19le pouvoir,
27:19la possession,
27:20la propriété au sommet.
27:22C'est Trump.
27:23Trump,
27:23c'est le capitalisme à l'État pur.
27:24C'est vraiment chimiquement pur.
27:26Et puis de l'autre côté,
27:27il dit les soviets,
27:28comme il disait,
27:28c'est-à-dire le régime soviétique.
27:30Et il dit
27:30la dictature,
27:31la tyrannie,
27:32la fin de l'individu,
27:33les goulangs,
27:34etc.
27:35Et il dit ni ça, ni ça.
27:36Nous ne voulons pas
27:37d'une économie soviétique,
27:39soviétisée
27:40et avec une abolition
27:42de la propriété privée.
27:44Et puis nous ne voulons pas
27:44non plus des États-Unis
27:45où l'argent ferait la loi.
27:47Et il dit
27:47qu'est-ce qu'il nous reste,
27:48la France ?
27:49Et il dit ni l'un ni l'autre
27:50parce qu'il y a une troisième voie
27:51qui est la France.
27:52Et quand il comprend très bien
27:53mai 68,
27:54il dit quoi ?
27:54Il dit
27:55on ne va pas se tourner
27:56vers Ho Chi Minh
27:56et on ne va pas non plus
27:57se tourner vers les États-Unis.
27:58C'est-à-dire
27:59ce n'est pas la marijuana
27:59et ce n'est pas non plus
28:00les persécutions
28:03des intellectuels renonçants.
28:04Il dit
28:04c'est la France.
28:05Et quelle France ?
28:06Je vais faire paraître
28:07un Proudhon
28:08dans lequel
28:08j'ai trouvé
28:09des phrases
28:10extrêmement intéressantes
28:11du général de Gaulle
28:12sur Proudhon.
28:12Il fait l'éloge
28:13du socialisme français.
28:14Le général de Gaulle
28:14fait l'éloge
28:15du socialisme français.
28:16En disant pas Marx,
28:17ça sûrement pas.
28:18Mais il y a eu
28:18un socialisme français
28:19dont on ne parle pas assez.
28:20Et il cite nommément Proudhon.
28:22Et dans Proudhon
28:22il y a une théorie
28:23sur l'association
28:24du capital travail.
28:25On aura peut-être
28:25l'occasion d'en parler
28:26mais c'est la proposition
28:27de loi qu'il fait
28:28quand il chute
28:29au dernier référendum.
28:32Il fait une proposition
28:33effectivement
28:33qui est française
28:34c'est-à-dire
28:34ni américaine
28:35ni soviétique.
28:36Donc moi
28:36je veux bien
28:37que les Américains
28:38soient nos amis
28:38quand ils le sont.
28:39Mais quand les Américains
28:40ne sont pas nos amis
28:41ils ne le sont pas.
28:42Et l'honnêteté
28:44consiste à dire
28:45que si on peut faire
28:46un bout de route ensemble
28:48tant mieux
28:48c'est très bien
28:49mais sinon
28:50on ne le fera pas.
28:51Et rapidement
28:51parce que c'est la question
28:52que je posais
28:52au début de l'émission
28:53est-ce que les Européens
28:54ne se sont pas endormis
28:55à l'ombre du paraplu américain ?
28:56Ils sont dit
28:57ça y est
28:57c'est acquis
28:58c'est eux qui payent
28:58pour notre défense
28:59on ne bouge pas ?
29:01Oui mais
29:01là pour le coup
29:02il faut remonter
29:03aux sources
29:04de l'Europe maastrichtienne
29:06et l'Europe maastrichtienne
29:06elle se constitue
29:07contre le général de Gaulle
29:08avec les anciens pétinistes
29:10Philippe de Vidier
29:10a écrit un très beau livre
29:11sur ce sujet
29:12d'ailleurs
29:12pour raconter cette histoire
29:13mais les gens monnés
29:15etc.
29:15sont des gens
29:16qui voulaient
29:16à un moment donné
29:17tellement en finir
29:17avec la France
29:18qui voulaient
29:18de l'associer à l'Angleterre
29:20pour qu'on puisse
29:21fabriquer ensuite
29:22une Europe.
29:23Le président
29:23Mitterrand
29:26pétiniste devant Dieu
29:27lui aussi
29:28a défendu
29:29cette Europe-là
29:30qui était une Europe américaine
29:31du rappel
29:32que la CIA
29:33a financé Jean Monnet
29:34et que Jean Monnet
29:35a été mis au Panthéon
29:36par un certain
29:36François Mitterrand
29:38tous ces gens-là
29:39ont voulu fabriquer
29:40la fameuse Europe maastrichtienne
29:41qui était une Europe américaine
29:43c'était l'Europe
29:43de BHL
29:44du Cercle de la Raison
29:45de Luc Ferry
29:46de
29:47comment s'appelle-t-il
29:50Daniel Cohn-Bendit
29:52et quelques autres
29:53les autres étaient des nazis
29:54et puis en face
29:55vous aviez
29:55Jean-Pierre Chevènement
29:57qui disait
29:58mais fabriquons une Europe
29:59des nations
29:59et oui à cette Europe
30:00mais oui avec une Europe
30:01des nations
30:02et pas un abandon
30:03aux Etats-Unis
30:04les Etats-Unis
30:05s'ils sont nos compagnons
30:06allons-y
30:06mais on ne peut pas dire
30:07on s'abandonne totalement
30:08à vous
30:09le jour où
30:10qui a été le cas
30:10aujourd'hui
30:11bien sûr
30:11et le jour où les Américains
30:13arriveraient à dire
30:14vous n'êtes plus nos amis
30:15et là on entendait
30:16tous les Américains
30:17de nos fils
30:17nous dire
30:17jamais de la vie
30:18ben voilà
30:18ils ont Trump
30:19aujourd'hui
30:19Michel on avance un petit peu
30:21il nous reste beaucoup de sujets
30:22avant la fin de l'émission
30:23j'aimerais qu'on parle des agriculteurs
30:24qui étaient réunis
30:25cette semaine à Strasbourg
30:26devant le Parlement européen
30:27ils ont obtenu une victoire
30:29quand même
30:29c'est que le Parlement européen
30:31a décidé de saisir
30:32la justice européenne
30:33pour mettre un coup d'arrêt
30:34temporaire
30:34malheureusement au Mercosur
30:36on va écouter quelques réactions
30:37d'agriculteurs
30:37et je vous passe la parole
30:38c'est comme un petit soulagement
30:41on n'a pas fait ça pour rien
30:44du coup on est quand même contents
30:45parce qu'on a été entendus
30:46et que c'est une bonne nouvelle
30:49plutôt oui
30:49espérons que le reste aille dans le bon sens
30:53et puis qu'on obtene une vraie victoire
30:57au bout du compte
30:58voilà pour nos agriculteurs
30:59vous comprenez leur joie
31:00mais je vois que vous dites
31:02ce font avoir
31:03ce font avoir
31:04les paysans sont des gens de bon sens
31:07de paroles données
31:07qui croient à ce qu'on leur dit
31:09pour lesquels les mots pèsent
31:10et ont un sens
31:11or là ce sont des gens
31:13pour lesquels les mots servent à mentir
31:14étonnamment
31:16on va savoir dans 18 mois
31:17et qu'est-ce qui va se passer
31:18pour le maire Couture
31:19qu'est-ce qui va se passer dans 18 mois
31:20le départ d'Emmanuel Macron
31:21ça veut dire que
31:23globalement
31:24avec madame Ursula von der Leyen
31:25ils ont dit
31:26débrouille-toi
31:27pour faire de telle sorte
31:28que j'ai pas de problème
31:29avec mes paysans
31:29jusqu'à ce que je parte
31:30après peu importe
31:32c'est ce qu'il fait
31:32de manière intérieure
31:34c'est-à-dire que
31:34quand on a le premier ministre
31:36le premier ministre
31:37il a pour charge
31:38de tenir 18 mois
31:39en 18 mois après
31:40la France elle peut s'en
31:41et puis voilà
31:41moi je vous prends le billet
31:43que dans 18 mois
31:44quand Macron ne sera plus président
31:45de la République
31:46on reviendra
31:47à des arguities
31:48de magistrats
31:49qui ont expliqué
31:50que oui bien sûr
31:51on a plaidé
31:51et puis que hélas
31:52ça fait 25 ans
31:53qu'on travaille
31:54ces gens travaillent
31:55depuis 25 ans
31:56à l'anéantissement
31:57de l'agriculture
31:58et là on leur dit
31:59bon on va voir
32:01on va rencontrer
32:02quelques juristes
32:03et dans 18 mois
32:03on vous redira
32:04et quand j'ai de la peine
32:05à entendre ces paysans
32:06dire
32:06on a quand même
32:07un peu gagné
32:08on a quand même avancé
32:09ils ont perdu
32:10ils sont juste en train
32:11de se faire avoir
32:11comme les peuples
32:12se font avoir
32:13de manière intérieure
32:14ou de manière européenne
32:15ou de manière extérieure
32:16parce que ces gens
32:17lamentent
32:18ils sont au pouvoir
32:19et ils veulent y rester
32:19et l'obsession de Macron
32:21c'est pas la France
32:22l'obsession c'est de rester
32:22au pouvoir tranquillement
32:23jusqu'au bout
32:24donc si ça permet de dire
32:25les paysans rentrent
32:28avec leur tracteur
32:29en disant
32:29bon on a gagné un combat
32:30dans 18 mois
32:31on en reparle
32:32dans 18 mois
32:32ce sera plié
32:34on parle de la justice
32:34Michel
32:35évoquons Marine Le Pen
32:36qui est en procès
32:38devant la cour d'appel
32:39de Paris
32:39elle a été questionnée
32:40cette semaine
32:41lentement par les juges
32:42finalement ce sont
32:43trois juges
32:43qui vont décider
32:44si elle peut se présenter
32:46ou non
32:46à l'élection présidentielle
32:47ils vont évidemment
32:48décider la peine
32:49la concernant
32:50dans l'affaire
32:50des emplois
32:51des parlementaires européens
32:52mais in fine
32:53ils vont avoir un impact
32:55sur l'élection présidentielle
32:57mais oui
32:57et quand je vous dis
32:58qu'il y aurait une histoire
33:00à faire
33:00de l'économie des peuples
33:01mais ce serait déjà bien
33:02de faire un livre
33:03uniquement sur ce sujet
33:04mais l'économie du peuple français
33:05depuis 1992
33:07ça passerait par là
33:08ce serait obligatoire
33:10de regarder
33:11les trois costumes
33:12de Fillon
33:13cet homme tombe
33:15chute
33:15parce qu'on lui a offert
33:17des costumes
33:17et puis parce que
33:18sa femme était
33:19assistante parlementaire
33:20et peut-être ne faisait pas
33:21le travail qu'on a dit
33:22qu'elle faisait
33:22ce qui était le cas
33:23de bon nombre
33:25de députés
33:25de sénateurs
33:26ou d'élus de la République
33:28tout le monde le sait
33:29dès que vous avez
33:31quelqu'un qui arrive
33:31et qui dit
33:31je suis sceptique
33:33à l'endroit
33:34de l'Europe maastrichtienne
33:35etc
33:35il faut absolument
33:36me virer ce candidat
33:37il faut en trouver
33:37un autre à la place
33:38c'est pour ça que Marine Le Pen
33:39a très bien compris
33:39que globalement
33:41et qui plus est
33:42avec Jordan Bardella
33:43elle laisse Bardella
33:44faire ce travail
33:44pour éviter qu'on lui fasse savoir
33:46qu'elle est dans la contradiction
33:47mais d'un seul coup
33:48c'est mais l'Europe
33:49c'est pas si mal que ça
33:50Schengen on n'y touche pas
33:51l'euro c'est fantastique
33:52non non on va peser
33:54les peuples vont peser
33:55pour faire de telle sorte
33:56que c'est pas si mal que ça
33:57si c'est pas bien
33:58c'est un dispositif
34:00qui nous fait renoncer
34:01à notre propre souveraineté
34:02si nous renonçons
34:03à notre souveraineté
34:03nous ne pouvons pas faire de politique
34:05Madame Le Pen
34:06si elle arrive au pouvoir
34:07et qu'elle ne touche pas à l'Europe
34:08elle ne pourra pas faire sa politique
34:09donc elle va encore décevoir les gens
34:12donc moi je pense que
34:13c'est comme avec Nicolas Sarkozy
34:15je veux dire qu'on peut
34:16lui reprocher un certain nombre de choses
34:18mais pas dire
34:18tant que l'appel n'est pas décidé
34:21enfin que le jugement
34:22n'est pas prononcé en appel
34:24vous allez tout de même
34:25en prison
34:25là on devrait pouvoir dire
34:27oui il y a deux choses
34:28il y a une première chose
34:28le fait que vous ayez utilisé
34:30cet argent
34:31comme il n'aurait pas fallu l'utiliser
34:32comme pratiquement
34:33tout le monde l'utilise
34:34globalement si vraiment on veut
34:35en tout cas à l'époque
34:36à l'époque bien sûr
34:37je parle des époques
34:39où le Rassemblement National
34:40s'appelait Front National
34:41je pense même déjà
34:41et puis dire après
34:43autre chose
34:44est le fait que vous puissiez
34:45vous présenter
34:46aux élections présidentielles
34:47quand je pense qu'on a interdit
34:48à Nicolas Sarkozy
34:49d'avoir l'autorité parentale
34:51par exemple
34:51mais jusqu'où ça va
34:52la folie des juges
34:54qui se revient de nous dire
34:54vous n'aurez pas le droit
34:55d'être père
34:56vous n'aurez pas le droit
34:56d'être candidat
34:57vous n'allez pas pouvoir
34:58etc
34:58et Marine Le Pen
34:58vous n'allez pas pouvoir
34:59mais là encore
35:00laisser le peuple faire
35:01et si le peuple
35:02peut concevoir
35:04que de temps en temps
35:05des enveloppes
35:05qui ont été données
35:06à des députés européens
35:07qui sont aussi
35:07des attachés parlementaires
35:08qui eux également
35:09travaillent dans le parti
35:11de temps en temps
35:11effectivement
35:12peut-être un café
35:13a-t-il été payé
35:14avec l'argent
35:14qui n'aurait pas permis
35:16de le payer à Paris
35:17mais de payer le café
35:18en Europe
35:19personne n'est dupe
35:20c'est de la politique
35:21tout ça
35:21On est dans
35:22face à Michel Onfray
35:22sur ces news et Europe 1
35:24on parle de souveraineté
35:25on parle de peuple
35:26Michel
35:26et on va parler
35:27de Louis XVI
35:28parce que
35:28vous me l'avez rappelé
35:30c'était l'anniversaire
35:30de la décapitation
35:31de Louis XVI
35:32condamné à mort
35:32par la convention
35:33exécutée le 21 janvier
35:351793
35:37lors de la révolution française
35:38je meurs innocent
35:39a-t-il dit
35:40pourquoi est-ce que
35:41vous y voyez
35:42une signature
35:43jacobine
35:44maçonnique
35:46par excellence
35:47expliquez-moi
35:47ce que vous voulez
35:48oui maçonnique
35:48parce que
35:49Guillotin a inventé
35:51la guillotine
35:51et que Guillotin
35:52était franc-maçon
35:53je ne pense pas
35:54qu'il y a eu
35:55une histoire
35:55un complot
35:57la révolution française
35:58aurait été maçonnique
35:59je ne défends pas
36:00cette idée-là
36:00mais il se fait
36:03que Guillotin
36:03était franc-maçon
36:04qu'il invente
36:05une guillotine
36:05et que la guillotine
36:06c'est le symbole
36:07de la peine de mort
36:07et je trouve étonnant
36:09que les républicains
36:10qui nous font savoir
36:11que la république
36:12c'est le Graal
36:13c'est formidable
36:13c'est fantastique
36:14c'est merveilleux
36:14ont tué un innocent
36:16parce que
36:18d'abord
36:18on n'est pas coupable
36:21d'être roi
36:22puisqu'on a hérité
36:23de la royauté
36:25et qu'on sait
36:26comment les choses se passent
36:27mais que vous aviez
36:28des Saint-Just
36:29ou des Robespierre
36:30les amis de M. Mélenchon
36:31et les amis
36:32des amis de M. Mélenchon
36:33qui nous disent
36:33que la fonction
36:34est coupable
36:35donc c'est-à-dire
36:36qu'à une époque
36:36par exemple
36:37chez les communistes
36:37au Cambodge
36:39vous aviez des lunettes
36:40vous étiez un intellectuel
36:41vous étiez un intellectuel
36:41on avait le droit
36:42de vous tuer
36:42moi j'ai lu
36:44une biographie
36:45de Louis XVI
36:46par quelqu'un
36:47qui a été mon professeur
36:48de philosophie
36:48à l'université de Caen
36:49qui était Alexis Filonenko
36:51qui m'a changé
36:52le regard
36:53sur Louis XVI
36:54qu'on nous présentait
36:54comme un roi ceci
36:55un roi cela
36:55un roi très intellectuel
36:57très lecteur
36:58de philosophie
37:00très intéressé
37:01par la cartographie
37:02par le nouveau monde
37:03par la possibilité
37:04en relation avec
37:05les Etats-Unis
37:05dont nous avions parlé
37:06tout à l'heure
37:06lecteur de Hume
37:08correspondance avec Hume
37:10grand lecteur de Rousseau
37:11etc.
37:11personnage qui a eu
37:12le souci de son peuple
37:13je crois que la France
37:15insoumise souhaiterait
37:16en cas de victoire
37:17de leur liste
37:19à Rennes
37:20ou à Nantes
37:21supprimer la statue
37:24la seule statue
37:24qui existe en France
37:25de Louis XVI
37:26tout de même
37:27on peut imaginer
37:28que ça devrait pouvoir
37:29être acceptable
37:30une statue de Louis XVI
37:31une seule en France
37:32non pas du tout
37:32il faut la mettre
37:33dans un musée
37:33avec une explication
37:35il n'est pas bien
37:35il n'est pas gentil
37:36il est méchant
37:36il n'a pas fait tirer
37:38sur son peuple
37:39lui
37:39c'est à dire
37:41que ces gens
37:41qui défendent
37:42Mao
37:43Pol Pot
37:44qui défendent
37:44Staline
37:45qui défendent
37:45Lénine
37:46tous ces gens
37:46qui ont fait tirer
37:47sur leur peuple
37:47qui ont tué
37:48leur peuple
37:48etc.
37:49si vraiment
37:50il avait fait tirer
37:50sur son peuple
37:51je vous assure
37:51que si ça avait été
37:51Louis XIV
37:52ça ne se serait pas
37:53passé comme ça
37:53et que Louis XIV
37:55lui aurait fait tirer
37:55sur le peuple
37:56je rappelle
37:56les dragonnades
37:57la révocation
37:58de l'édit de Nantes
37:59etc.
37:59vous aviez une espèce
38:00de personnage
38:01autoritaire avec Louis XIV
38:02ça n'était pas
38:03le cas de Louis XVI
38:04qui dès le départ
38:05a voulu prendre
38:05en considération
38:06ce qu'on appellera
38:09le girondisme après
38:09c'est à dire
38:10le pouvoir
38:11des provinces
38:11et des parlements
38:12provinciaux
38:13donc c'est quelqu'un
38:14qui volontairement
38:14voulait
38:15il y avait une dette
38:15extrêmement importante
38:16une dette contractée
38:17notamment avec
38:18les aides aux américains
38:20dont on a pas parlé
38:21le général de Gaulle
38:21et c'est pas du tout
38:23la brutie qu'on raconte
38:24on dirait
38:25il s'occupait de serrure
38:26etc.
38:26pas du tout
38:27on estimait que
38:28dans l'éducation d'un roi
38:29il fallait qu'il connaisse
38:30un métier manuel
38:31et Louis XVI
38:32avait appris la menuiserie
38:33et Louis XVI
38:34avait appris la serrurerie
38:37et pas du tout
38:37parce que c'était
38:38un pauvre type
38:38etc.
38:39et on dit
38:39à 14 juillet 89
38:41il y a la révolution française
38:43et sur son agenda
38:44sur son truc du jour
38:45rien à signaler
38:46ou rien à dire
38:48ou RAS
38:48ou quelque chose
38:49dans ce goût là
38:49parce qu'il notait
38:50ses parties de chasse
38:52il avait rien tué
38:52ce jour là
38:53et personne ne sait
38:54que 14 juillet 89
38:55c'est le 14 juillet 89
38:56c'est par la suite
38:57qu'on va écrire cette histoire
38:58et donc c'est injustement
39:00qu'on a tué cet homme
39:01et je trouve que
39:02tous ces gens
39:03qui nous disent
39:03bah d'inter
39:04l'abolition de la peine
39:05de mort
39:05mais c'est tellement bien
39:06la révolution française
39:07qui a tellement décapité
39:09j'ajoute que la révolution française
39:10les jacobins
39:11ont tué deux rois
39:12quand Louis XVI meurt
39:13Louis XVII
39:14dernier duc de Normandie
39:15d'ailleurs
39:16devient roi
39:17de facto
39:17il n'y a pas la cérémonie
39:18du couronnement
39:19etc.
39:19mais il le devient
39:20quand le roi meurt
39:21on dit
39:21le roi est mort
39:22vive le roi
39:22parce qu'effectivement
39:23Louis XVII l'est devenu
39:24Louis XVII meurt à 10 ans
39:26au temple
39:27après avoir été torturé
39:28pendant deux années
39:29par les jacobins
39:30quand je dis torturé
39:31c'est-à-dire
39:32privation de sommeil
39:33on le réveille la nuit
39:34en lui mettant des sauts
39:35déglacés sur la tête
39:36il ne se lave pas
39:37on ne lui donne pas à manger
39:38on ne lui coupe pas ses ongles
39:39il déclenche des maladies
39:40on ne lui parle pas
39:41on le met totalement
39:43à l'isolement
39:43on lui fait chanter
39:44des chansons révolutionnaires
39:45on lui fait boire de l'alcool
39:46à cet enfant
39:47qui a 8 ans
39:479 ans
39:4810 ans
39:49et donc la révolution française
39:50c'est ça
39:50alors je ne suis pas de ceux
39:51qui estiment
39:53qu'il faudrait restaurer
39:54la monarchie
39:55mais simplement
39:55restaurer la vérité en histoire
39:56et arrêter de dire
39:57qu'il y avait le bien
39:58le mal
39:58des gens qui décapitent
40:00et qui estiment
40:00que l'instrument de la libération
40:02c'est la guillotine
40:03ce ne sont pas mes amis
40:03le point philo Michel
40:04il ne nous reste pas de temps
40:06il faut absolument
40:06qu'on passe à Albert Camus
40:07et Chroniques algériennes
40:08pourquoi vous avez choisi
40:09cette oeuvre là aujourd'hui
40:10j'aurais pu choisir
40:11la réflexion sur la peine capitale
40:13en eu égard
40:14ce qu'on vient de se dire
40:15sur la guillotine
40:16et on aurait pu parler
40:18donc de Camus
40:19on aurait pu aussi parler
40:20de l'homme révolté
40:21où justement
40:21il fait l'éloge de la révolte
40:22pas de la révolution
40:23qui elle décapite
40:24j'ai souhaité
40:26parler de Camus
40:27parce que
40:28d'abord on a parlé de ça
40:29l'existentialisme
40:30est un humanisme etc
40:31et que
40:32on ne lit pas bien Camus
40:34c'est à dire qu'on lit bêtement
40:35les prescriptions scolaires
40:36l'étranger
40:37encore aujourd'hui
40:38ah oui mais il m'enseigne
40:39quelqu'un qui tue un arabe
40:40regardez c'est un méchant colon
40:41etc
40:42le décolonialisme
40:43touche aussi hélas
40:44Albert Camus
40:45ça ce sont des chroniques
40:47qui ont été écrites
40:47sur la guerre d'Algérie
40:48jour après jour
40:50et
40:50jusqu'à 58
40:52et donc
40:53il dit un certain nombre
40:55de choses extrêmement intéressantes
40:56misère en Kabylie
40:57par exemple
40:57est un texte
40:58qui dans les années 30
40:58lui permet de dire
40:59ce qu'est le colonialisme
41:01et que ça ne doit pas durer
41:02je rappelle qu'à cette époque là
41:03M. Sartre
41:04et Mme Simon de Beauvoir
41:05s'en vont au consulat d'Italie
41:07pour pouvoir avoir des billets
41:08à prix réduit
41:09pour pouvoir passer des vacances
41:10en Italie
41:10il faut juste aller visiter
41:11une exposition fasciste
41:12M. Sartre
41:13et Mme Simon de Beauvoir
41:14y vont
41:14donc lui à cette époque là
41:15Albert Camus
41:16il dénonce le colonialisme
41:17en disant
41:17ça n'est pas acceptable
41:18et puis par la suite
41:20il dit
41:20mais la violence
41:21n'est pas acceptable
41:22son père a vu
41:23des décapitations
41:24il était pour la peine de mort
41:26et quand il est rentré
41:26il a vomi sur le lit
41:27en disant
41:28plus jamais de la vie
41:29et Camus a dit
41:29comment peut-on faire
41:30de la politique
41:31sans décapiter
41:32sans terreur
41:33sans terrorisme
41:33sans mensonge
41:34en faisant de la morale
41:35le contraire de Sartre
41:36et là il nous dit
41:37voilà comment on s'y prend
41:38avec l'Algérie
41:39il y a 10 millions de personnes
41:40il y a 9 millions
41:41d'Algériens
41:43disons ça comme ça
41:43il y a des cabines
41:44il y a des berbères
41:45il y a des turcs
41:45il y a des gens
41:46qui viennent de partout
41:46il y a 1 million de gens
41:48qui viennent du territoire européen
41:49et dans le premier homme
41:50qui est son roman inachevé
41:51hélas
41:52il raconte ce que c'est
41:53que c'est
41:54ses parents qui arrivent là
41:55le colonialisme
41:56c'est pas du tout
41:56le type avec son cigare
41:57assis sur l'aile
41:59d'une très grosse voiture
42:00en disant
42:01je vais vous humilier
42:01je rappelle que le père
42:03de Camus
42:04était ouvrier agricole
42:05et que sa mère
42:06était femme de ménage
42:07et si c'est ça
42:07les colons
42:08donc il dit
42:08mais on doit pouvoir faire
42:10et c'est là que
42:10la chose est intéressante
42:12une proposition
42:13qui ne soit pas jacobine
42:14le jacobinisme
42:15c'est un état
42:16un drapeau
42:16une monnaie
42:17un nîme
42:17etc etc
42:18et puis tout ce qui n'entre pas
42:19là dedans
42:20on détruit
42:20on casse
42:21on détruit les régions
42:22on interdit
42:23les bretons
42:24de parler le breton
42:24les corses
42:25de parler le corse
42:25etc
42:26et là il dit
42:27on doit pouvoir fédérer
42:28ce qu'il appelle
42:29les douars communes
42:29le douar c'est la commune
42:31on peut faire un communalisme
42:32libertaire
42:33et faire de telle sorte
42:34que plutôt que de dire
42:34on va mettre
42:35un million d'européens
42:37à la mer
42:38ou de leur dire
42:38vous rentrez chez vous
42:39mais rentrez chez moi
42:40ça veut dire quoi
42:40je suis né là
42:41mes parents sont nés là
42:42il dit on doit pouvoir
42:43fabriquer une fédération
42:45un état girondin
42:46et si on avait
42:48estimé qu'il y avait
42:49une autre solution
42:50que la solution jacobine
42:51nous pourrions régler
42:52des problèmes
42:52comme la Russie
42:53et l'Ukraine
42:54nous pourrions régler
42:55des problèmes
42:55comme la Palestine
42:56et les Israéliens
42:57nous pourrions régler
42:58des problèmes
42:59avec plein d'endroits
42:59dans le monde
43:00où vous avez
43:01la possibilité
43:02de faire cohabiter
43:03et coexister
43:04des gens ensemble
43:05vous parliez tout à l'heure
43:05de la Palestine
43:06mais pourquoi
43:06est-ce qu'on ne demande pas
43:07à la diaspora palestinienne
43:09de décider de son avenir
43:10où on aurait
43:11quand vous avez
43:12je ne sais pas quoi
43:12un chirurgien new-yorkais
43:14quand vous avez
43:14un dentiste
43:15qui vit à Canberra
43:17quand vous avez
43:17des palestiniens
43:18je parle
43:18et des universitaires
43:20des chercheurs
43:21des intellectuels
43:21etc
43:22on devrait pouvoir dire
43:23mais si nous faisions
43:24quelque chose
43:24qui soit hors logique
43:26jacobine
43:27avec du fédéralisme
43:28avec la possibilité
43:29de s'entendre
43:30les uns les autres
43:30pourquoi pas non plus
43:31cette Europe fédérale
43:32qui fait que chacun reste
43:33identique à lui-même
43:35peut vivre son identité
43:38et on peut vivre ensemble
43:39Camus a cet accident de voiture
43:41il ne peut pas défendre
43:43cette thèse là
43:43et on sait que c'est la thèse
43:44de Sartre qui triomphe
43:47et Camus disait à l'époque
43:48mais je ne veux pas
43:48des chars de Staline
43:49avec le Coran
43:50qui ferait la loi
43:51en Algérie
43:52on a aujourd'hui
43:54avec le FLN au pouvoir
43:55ce que craignait
43:56de voir advenir
43:57Albert Camus
43:58Merci beaucoup Michel Onfray
43:59c'était passionnant
44:00de vous écouter
44:01tout au long de cette émission
44:02merci à vous
44:03merci à nos auditeurs
44:04nos téléspectateurs
44:05qui sont toujours aussi fidèles
44:06et ça on est très heureux
44:07et on vous retrouve
44:08la semaine prochaine
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