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Michel Onfray passe en revue l’actualité de la semaine dans #FaceAMichelOnfray. Présenté par Laurence Ferrari.
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00:00Bonjour à tous, bonjour à toutes, bienvenue dans Face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1.
00:04Bonjour Michel.
00:04Bonjour Laurence.
00:05On y va pour une heure d'actualité avec vos commentaires de philosophes ?
00:08Allez, c'est parti.
00:09On va commencer par la situation qui s'aggrave sur le front de la crise énergétique.
00:13Le gouvernement s'est-il trompé sur toute la ligne en affirmant qu'il n'y aurait pas d'impact
00:18direct pour la France après le début de la guerre en Iran ?
00:22Incompétence, disent certains aveuglement, disent les autres.
00:24Le résultat, c'est qu'une nouvelle fois, ce sont les Français qui trinquent et qui voient les prix des
00:29carburants à la pompe flambé et les pénuries se multiplier.
00:32Comment croire encore en l'État ? On se posera la question, Michel.
00:36La zizanie au sein des partis politiques, les LR se déchirent sur le mode de désignation d'un candidat pour
00:42la présidentielle de 2027.
00:44Avant même d'avoir élaboré un programme, David Lissnard, le maire de Cannes, a claqué la porte du parti pour
00:49se lancer en solo dans la course à la présidentielle.
00:51Pas mieux, du côté du parti socialiste qui multiplie les réunions en bureau national.
00:55Le régime des partis, tant honnit par le général de Gaulle, tourne à plein régime face à un gouvernement impuissant
01:01et privé de majorité et donc condamné à faire des ronds dans l'eau.
01:05Le climat politique est délétère en France.
01:07En cette période post-municipale, la stratégie d'antagonisation, d'hystérisation des débats installés par la France insoumise fonctionne.
01:15130 incidents recensés par le ministre de l'Intérieur après les élections, des maires menacés qui démissionnent, qui demandent même
01:20la protection de la police.
01:22De quoi est-ce le symptôme ?
01:24On reviendra aussi, Michel, sur la vive polémique qui vous a visé, ainsi que ces news, après les critiques formulées
01:30lors de notre dernière émission,
01:32à l'encontre du maire de Saint-Denis, M. Bali Bagayoko, propos qui faisait référence au mot « allégeance »
01:37qu'il avait prononcé à l'égard des fonctionnaires municipaux.
01:40Nous reviendrons sur cette mécanique qui s'est mise en place dans le récit tant politique que médiatique.
01:46Enfin, le point philo, il est lié à ce que nous venons d'évoquer.
01:49Vous nous proposez un livre de Darwin, « La filiation de l'homme ».
01:52Vous nous expliquerez ce que ce scientifique, qui était aussi philosophe, entendait par « tribu primitive », le terme que
01:59vous avez employé la semaine dernière.
02:01Allez, c'est parti pour l'émission.
02:03On commence par la crise des carburants.
02:04Chacun d'entre vous qui nous regardez ou nous écoutez, vous l'avez évidemment vu et ressenti.
02:10Pénurie dans certaines stations-service, les prix qui flambent, fureur des professionnels du secteur impacté,
02:15qu'ils soient sur la route, agriculteurs ou pêcheurs, avec des aides qui sont véritablement très très maigres.
02:20Et le gouvernement qui prend le boomerang de ces dénégations, jusqu'à nous parler même de rationner l'essence.
02:26La sobriété, ce serait en fait un rationnement d'essence.
02:29Écoutons la porte-parole du gouvernement, Maude Bréjean.
02:33Nous n'avons pas, à l'heure où on se parle, le problème d'approvisionnement.
02:38Pour autant, si ces problématiques d'approvisionnement, même minimes, venaient à se présenter devant nous,
02:43alors nous devons être prêts à avoir réfléchi à un certain nombre de mesures
02:47qui permettent d'économiser l'énergie consommée et spécifiquement le carburant.
02:53Je n'ai pas d'annonce à vous faire.
02:54Ce que je peux vous dire, c'est que le Premier ministre, là encore, a été très clair.
02:56L'État doit être en première ligne.
02:58L'État doit donner l'exemple.
02:59Et c'est donc à chaque ministre, évidemment en lien avec ses administrations,
03:03de réfléchir à des mesures sectorielles qui seraient pertinentes, sans être inutilement contraignantes.
03:10Voilà pour la porte-parole du gouvernement.
03:12On va tout de suite la confronter, Michel, au réel, c'est-à-dire un routier de Toulouse
03:15qui dit que les aides qui sont accordées par le gouvernement ne peuvent pas lui permettre de survivre.
03:20Ça fait 35 ans qu'on est dans le transport, qu'on essaye de vivre du transport.
03:23On y a vécu et aujourd'hui on n'y vit plus parce que tout explose.
03:27Et là, notamment les prix des carburants.
03:28Ça devient inadmissible et intolérable de travailler aujourd'hui à perte.
03:33Et nos trésoreries sont grévées et ça ne sort plus.
03:36Si l'État ne nous aide pas, à mon avis, ce sera très compliqué.
03:39Je pense qu'aujourd'hui, les gens qui sont sur la corde vont basculer du mauvais côté si l'État
03:44ne fait rien.
03:44Alors là, il y a la menace des Gilets jaunes, évidemment, qui est induite là-dedans.
03:47Sur le fond, Michel, on ferait.
03:49Est-ce que vous pensez que, encore une fois, le gouvernement a sous-estimé l'impact de la guerre en
03:52Iran ?
03:53Il n'a pas dit la vérité ? Il n'a pas anticipé ? Gouverner, c'est prévoir ?
03:57Il y a tout ça. Je pense qu'on peut dire tout ça.
03:59J'ai vu quelques prises de parole du général de Gaulle quand il faisait des conférences de presse.
04:06Il faisait des leçons de géostratégie, de géopolitique, d'histoire, de géographie, en nous expliquant les choses.
04:12Et puis en disant, bon, voilà, maintenant que j'ai fait de la cartographie de ce que j'ai à
04:17vous raconter,
04:18ici, nous allons faire ceci, nous allons me comporter comme ceci, comme cela.
04:20J'ai souvenir qu'Emmanuel Macron nous disait qu'il était très fier de faire partie de la catégorie des
04:26amateurs.
04:27Il disait à une époque, nous sommes des amateurs.
04:29Il ne fallait pas y en faire des amateurs. Il ne disait plutôt à ses députés qu'à lui-même.
04:32Oui, il va falloir dire que nous le sommes et nous sommes très heureux d'être des amateurs.
04:35C'est un amateur. Mais je dirais amateur également de Donald Trump, dont on a vu il y a quelque
04:41temps,
04:41dans la dernière prise de parole la nuit du jeudi au vendredi, qu'effectivement on a affaire à des amateurs.
04:48C'est-à-dire que quand on fait de la politique, on fait de la géologie, on fait de la
04:51géostratégie, on fait de la géopolitique.
04:52On se dit qu'il y a du pétrole, il y a de l'essence, il y a du gaz,
04:57il y a du carburant, ça circule, ça passe par où ?
04:59Comment ça se fait ? Si on tapissit, qu'est-ce qui va se passer ? Donc je fais ceci,
05:02donc je fais cela.
05:03Et puis après on a des alliances politiques. Avec qui sommes-nous alliés ?
05:07On n'est pas alliés avec Israël. Ça c'est clair. Ça c'est extrêmement lisible.
05:11Et l'ambassadeur d'Israël en France récemment l'a fait savoir et il a bien raison.
05:14Donc dans cette stratégie, il y a du jour après jour, Emmanuel Macron est en train de se demander comment
05:21ça va réagir, surréagir.
05:23Mais pas d'anticipation à long terme, c'est ça. Notamment sur cette crise énergétique qui est très prévisible.
05:27On savait qu'en tapant l'Iran, la répercussion sur le prix du pétrole était immédiate.
05:32Mais c'est élémentaire. C'est pour ça que je dis qu'on a affaire vraiment à des amateurs.
05:37Mais il sait très bien qu'il est en train de préserver sa rue.
05:40Il préfère préserver la rue plutôt que le petit propriétaire ou le petit patron qu'on voit là, qui nous
05:45explique la réalité de son quotidien.
05:47En même temps, c'est les routiers bleu que la France, qu'on se rappelle que c'est pas un
05:50mot...
05:50Et bien on se rappelle que M. Nouniaz est capable d'envoyer la police, d'arranger des mains, d'éborgner
05:55des gens et d'être extrêmement sévère et rigoureux dans ces cas-là.
05:58On sait qu'il y en a quelques-uns, c'était Castaner à l'époque qui jouait ce rôle-là.
06:03Quand il s'agit des petits patrons, quand il s'agit des routiers, quand il s'agit des agriculteurs, quand
06:07il s'agit des gilets jaunes, il n'y a aucun problème pour envoyer les CRS.
06:10Pour envoyer même les véhicules blindés, pour envoyer les militaires, pour tabasser sévère, pour embarquer dans les commissariats.
06:17Donc on voit bien dans ces cas-là qu'il y a un État quand l'État veut être un
06:21État.
06:21Mais quand l'État doit être du côté des Français qui travaillent, le patron ou même tout le monde, les
06:27boulangers, tous les gens, les artisans, tous les gens qui travaillent,
06:29qui ont besoin d'électricité, qui ont besoin de chauffage, qui ont besoin de carburant, les infirmiers ou les infirmières
06:34qui dans les campagnes sont obligés d'aller faire des pansements,
06:36d'aller faire des soins, d'aller faire des piqûres, etc. Tous ces gens-là, ils sont bien obligés de
06:40mettre de l'essence dans leur voiture.
06:42Donc ce qui se passe, c'est le fameux battement d'aile, la théorie du battement d'aile là-bas
06:45qui produit un tsunami ailleurs.
06:46Du papillon, oui.
06:47Absolument, du papillon, mais vous avez des problèmes en Iran, vous avez des problèmes avec les pays producteurs de pétrole,
06:53vous savez très bien que ça va produire des effets de politique intérieure.
06:56Donc quand vous êtes en train de dire qu'il n'y aura pas d'effet, vous êtes un menteur.
06:59D'accord. Et il y a aussi cette question des taxes sur le carburant. Les Français disent à ras-le
07:05-bol d'avoir autant de taxes sur les carburants.
07:07Certains partis proposent de baisser les taxes, refus de l'État, de plafonner les prix, refus de l'État. Il
07:12y a quelques aides ciblées qui sont indigentes au regard de la crise.
07:15Après, il y a la question de Michel, est-ce qu'on n'est pas drogués à l'aide publique
07:18aussi ? Et les Français, dès qu'il y a un problème, ils se tournent vers l'État, qui a
07:21été très prodigue au moment du quoi qu'il en coûte.
07:24Oui, mais il y a des taxes partout. Et pour récupérer de l'argent, pour en faire quoi ? C
07:28'est ça la question de la politique. On n'a jamais été autant taxé.
07:31On est un pays les plus taxés au monde. Certains disent le pays le plus taxé au monde. Et donc
07:35il y a beaucoup d'argent.
07:36Dès que vous achetez un café, vous allez au bistrot, vous prenez un café incroissant, vous allez payer déjà une
07:40taxe.
07:40Vous allez faire votre plein d'essence au TVA. Vous vendez une maison, des taxes. Vous achetez une maison, des
07:46taxes.
07:46Et les notaires ne sont pas très contents d'ailleurs de se trouver transformés en percepteurs dès que vous avez
07:50une opération immobilière à faire.
07:52Et paf, ça c'est un chèque pour l'État, etc. Moi je suis pour les impôts. Mais je suis
07:57contre l'usage qu'on en fait aujourd'hui.
07:58C'est-à-dire que c'est distribué comment ? On le sait très bien. Il y a des postes
08:02qui ne devraient pas être honorés.
08:04On sait très bien où sont les coûts. Et c'est là qu'il y a vraiment la politique.
08:07Mais là, le gouvernement n'a pas l'intention de faire un geste à l'endroit des gens les plus
08:12simples, des plus modestes.
08:14C'est pas leur électorat.
08:15C'est un chèque énergie qui est un peu élargi.
08:18Oh, c'est 150 euros.
08:19Oui, non, mais je veux dire, c'est quoi un chèque énergie ? C'est faire l'aumône.
08:22Les gens... Je connais pas ce monsieur, le petit patron, mais je veux dire, je connais pas les paysans qu
08:27'on voit, mais ce sont des gens qui ont de la dignité.
08:28Ils veulent travailler. Ils veulent travailler 10 heures par jour et ils veulent pouvoir faire des recettes et puis un
08:35peu de bénéfices pour pouvoir vivre, etc.
08:37Ils veulent pas la mendicité.
08:38Les patrons pêcheurs, ils veulent pas qu'on leur donne un chèque en disant vous restez chez vous parce que
08:41la pêche est interdite, il faut que le thon puisse se reproduire.
08:44Ce que j'entends par ailleurs.
08:45Mais ils veulent pas ça.
08:47Ce sont des gens qui ont le sens du travail, de la dignité, de l'honneur et qui veulent pas
08:51qu'on leur donne des chèques.
08:51Le chèque, 150 euros à 170.
08:54Oui, c'est de ça, oui.
08:55La fourchette.
08:56Écoutons maintenant, parce que tout ça est lié évidemment, Donald Trump, vous l'évoquiez, il s'est exprimé lors d
09:01'une adresse solennelle à la nation pour tenter de justifier la guerre aux yeux des Américains
09:05parce que son opinion publique, évidemment, pèse beaucoup dans ses décisions.
09:09Il a réaffirmé que la guerre était quasiment gagnée contre le régime de la République islamique.
09:13Et puis alors, ils s'en sont pris à ses alliés, de l'OTAN évidemment, en leur disant d'aller
09:17sécuriser eux-mêmes le détroit d'Hormuz par outre, on dit, 20% du pétrole mondial.
09:21On écoute le président américain.
09:26Premièrement, j'ai un conseil, achetez du pétrole américain, nous en avons tellement.
09:31Deuxièmement, prenez votre courage à deux mains, même si c'est un peu tard, allez au détroit et saisissez-le
09:36tout simplement.
09:40Protégez-le, utilisez-le comme bon vous semble.
09:43L'Iran a été décimé, maintenant c'est facile pour vous.
09:48Voilà, c'est vraiment le tacle aux alliés dont j'estime qu'ils ne l'ont pas soutenu assez dans
09:52cette campagne de bombardement.
09:54Donc il n'avait prévenu absolument personne, y compris le président Macron, comme il l'a dit Michel.
09:59Oui, c'est compliqué de travailler avec Donald Trump, qui est le roi du mensonge, de la fake news, de
10:05la grossièreté, de l'invective, de l'improvisation.
10:08Enfin, c'est problématique. On n'a pas un chef d'État très clair, très net. Lui aussi, il zigzague
10:12ses verres et il ment.
10:14Que veut-il dans cette guerre ? Il fait la guerre pour quoi ? Pour qui ?
10:17Quels sont les objectifs de la guerre ?
10:19Il nous dit en permanence, ça y est, c'est détruit. Souvenez-vous, vous doutiez de mon scepticisme quand je
10:23vous disais la première fois
10:24qu'il n'avait sûrement pas dû détruire tout ce qu'il avait détruit parce que nous n'avions que
10:28des images d'archives.
10:29Pardon, pas des images d'archives, au contraire, nous n'avions que des images de synthèse et que de l
10:33'intelligence artificielle.
10:34On avait un blockbuster qui nous disait, regardez comment ça s'est passé. On avait les avions, les bombes, l
10:38'explosion, tout, etc.
10:39Je dis que quand on n'a que ça à montrer, c'est que ce n'est pas si clair
10:43que ça et ce n'est pas si net que ça.
10:44Donc, effectivement, c'est problématique. L'un dit, je lui ai dit. L'autre dit, je ne lui ai pas
10:48dit.
10:49L'excellent Pierre Lelouch nous a fait savoir qu'Emmanuel Macron ne pouvait pas ne pas savoir.
10:53Et que, vu l'état des déplacements militaires, vu l'état des bases, vu etc., ce n'était pas possible
10:59qu'Emmanuel Macron ne sache pas.
11:01Donc, lui nous dit, je ne sais pas. D'autres nous disent, si, bien sûr, il savait, il ne pouvait
11:05pas ne pas savoir.
11:06Je pense que s'il ne savait pas, ce n'est pas de la faute de Trump, c'est aussi
11:08de la faute de ses services secrets, si c'est le cas, ou de ses services de renseignement.
11:12Si les services de renseignement n'étaient pas capables de prévoir ou de prédire et de faire savoir au chef
11:15de l'État, là aussi, on peut s'inquiéter.
11:18Mais simplement, il y a une politique globalement claire chez Emmanuel Macron.
11:21Bon, une fois, n'est pas coutume, il est pro-palestinien.
11:24Donc, quand il décrit, je vous explique.
11:26Oui, le rapport avec l'Iran, là, expliquez-moi Michel.
11:28Oui, parce qu'il défend l'Iran, globalement, il laisse faire.
11:33Et nous, on se moque du fait qu'il y ait eu autant de victimes, plus d'ailleurs, je crois
11:37savoir, plus de victimes iraniennes,
11:39civiles iraniennes, dans les dernières manifestations, de gens qui se sont fait massacrer que lors du débarquement de Normandie.
11:44Ça ne pose aucun problème au chef de l'État.
11:47Ça n'en pose aucun au cynisme de Donald Trump, qui, lui, de toute façon, ne pense qu'en termes
11:51de pétrole.
11:52Le peuple, il n'en a rien à faire.
11:53La souveraineté des pays, il n'en a rien à faire.
11:55Il veut juste des vassalisations.
11:57Il veut juste des gens qui soient dans l'obéissance, je dirais.
12:05Donc, la politique d'Emmanuel Macron, elle est celle-ci.
12:07On a un porte-avions pour faire quoi ?
12:09J'ai aussi posé la question avec vous, souvenez-vous.
12:12Mais ça sert à quoi d'avoir un porte-avions ?
12:14Posture défensive.
12:14Oui, c'est ça.
12:15On interviendra quand la guerre sera finie.
12:17C'est formidable comme concept.
12:18Je pense qu'en école de guerre, il faudra créer un séminaire sur les interventions dans les guerres quand elles
12:23sont finies.
12:23C'est formidable, ça.
12:24On est en face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1.
12:26Michel, on va écouter maintenant le président Macron.
12:28Il était en déplacement au Japon, en Asie, cette semaine.
12:30Il a vanté, alors c'est intéressant, les vertus des pays raisonnables face aux puissances déraisonnables.
12:36Écoutons-le.
12:37C'est tout à fait vrai que la France, qui n'a pas été consultée,
12:40qui ne fait pas partie de cette offensive militaire lancée par les États-Unis et Israël, n'y prend pas
12:46part.
12:47Mais il n'y a rien de nouveau.
12:48C'est vrai depuis le premier jour.
12:49C'est que nous, nous restons dans un cadre profondément éthique, de dissuasion stricte.
12:55Nous continuerons d'oeuvrer d'un point de vue diplomatique pour engager toutes les puissances nucléaires.
13:00À cette désescalade et à un meilleur contrôle des armements.
13:04Mais c'est très important de comprendre que les puissances raisonnables doivent rester crédibles
13:08pour ne pas laisser toute la place aux puissances déraisonnables ou celles qui ne sont dans aucun cadre.
13:14Pour le président Macron, il s'adresse directement à Donald Trump.
13:17Imprévisible, déraisonnable, évidemment.
13:19C'est la réponse du berger à la bergère.
13:20Ah oui, lui, il est très prévisible et très raisonnable.
13:22Emmanuel Macron, chacun a pu le constater depuis dix ans.
13:25En tout cas, sur là, depuis le début de la guerre en Iran, il était à la même position.
13:28C'est pas si simple que ça, c'est pas si clair que ça.
13:29Position défensive, on s'implique pas, on n'a pas été prévenu.
13:31Oui, mais on ne sait pas tout.
13:35Et je pense qu'il y a des informations qui sont données parfois par les services secrets.
13:38Et on n'est pas très au courant non plus de ce qui se dit ou de ce qui se
13:41fait auprès de lui.
13:43Mais il y a toujours cette ligne palestiniste, je dirais, sur ce terrain-là.
13:46Donc il ne veut pas le dire.
13:47Il ne veut pas le faire savoir clairement.
13:48Mais enfin, vous avez des petits points qu'il suffit de savoir relier.
13:51Donc évidemment, il n'est pas sur une politique pro-israélienne, donc il n'est pas sur une politique américaine.
13:56Donc effectivement, nous faisons partie des co-belligérants, et pas du côté des Etats-Unis, et pas du côté d
14:01'Israël,
14:01mais plutôt du côté de l'Iran, s'il faut que je le dise plus clairement ou plus simplement.
14:04On ne peut pas dire qu'on soutient l'Iran.
14:06Mais il y a mille façons de ne pas...
14:08En tout cas, il y a le peuple iranien, pour être clair, mais pas la République islamique.
14:11Il y a des façons de soutenir en disant « je n'interviens pas ».
14:14Par exemple, quand vous dites « j'interviendrai dans cette guerre quand cette guerre sera finie »,
14:18théorie macronienne, c'est une prise de position.
14:21Parce qu'elle ne respecte pas le droit international.
14:22Oui, le droit international, c'est formidable.
14:24Mais est-ce qu'on respecte le droit international quand on ne respecte pas le droit français,
14:28et que quand le peuple s'exprime avec un référendum, on jette le référendum à la poubelle ?
14:32C'est pas lui, mais bon...
14:33Non, mais on peut effectivement invoquer le respect du droit international quand on ne respecte pas le droit français.
14:39Je veux dire, quand les élections ont lieu et que les élections ne sont pas entendues,
14:42le résultat des élections n'est pas entendu, on n'est pas le mieux placé pour dire qu'on fait
14:45partie des puissances raisonnables.
14:46On a souvent eu ce débat sur le plateau.
14:48Un tout petit mot de l'OTAN, parce que le tacle de Trump était évidemment adressé aux alliés de l
14:52'OTAN.
14:53Est-ce qu'on va aller vers la disparition de l'OTAN si les États-Unis se retirent un jour,
14:58Michel ?
14:59Moi, je suis souverainiste et je pense qu'il a la raison de jouer sa carte.
15:02Trump fait savoir aux Français, entre autres, ou aux autres membres de l'OTAN,
15:07qu'ils sont bien d'accord pour avoir le parapluie,
15:09mais ils ne veulent pas payer la réparation du parapluie ou l'entretien du parapluie.
15:12Donc je trouve normal qu'ils disent, bon, il n'y a pas de problème,
15:14vous n'allez pas avoir les avantages du parapluie sans les inconvénients.
15:17Donc il a raison de jouer sa carte en disant, on va enlever notre participation.
15:21C'est quoi l'OTAN sans les États-Unis ? C'est plus rien du tout.
15:24Mais dès qu'ils redevenaient gaullistes, ça ne fera pas de mal.
15:26Ils apportent 70% du budget de l'OTAN.
15:27Eh bien voilà, c'est-à-dire qu'il y avait effectivement une politique à mener
15:30qui aurait permis de tenir les États-Unis à bonne distance,
15:33c'est-à-dire ni des amis absolus en disant, vous allez faire la politique en Europe,
15:39par exemple en interdisant le survol du territoire français
15:42pour les avions militares américains.
15:44Certains avions ont un objet d'armes à l'utilisation d'Israël.
15:45Eh oui, pour les avions. C'est-à-dire que nous avons...
15:47C'est pourquoi je vous dis qu'il a clairement choisi son camp.
15:49Bon, ça c'est très lisible, c'est très visible.
15:52Ce n'est pas les discours sur le raisonnable, déraisonnable, les fameux chiasmes.
15:55Enfin, on peut faire des analyses sémantiques d'Emmanuel Macron.
15:57Moi, j'ai fait des analyses de ce qui advient.
15:59Si vous n'autorisez pas les avions soit à se ravitailler,
16:03soit à survoler votre espace aérien, vous avez pris position contre eux.
16:06C'est-à-dire qu'on est dans la logique de l'Espagne
16:08et on est dans la logique d'une Europe qui, finalement, défend toujours
16:11ce que j'appelle le palestinisme.
16:13Moi, je défends la possibilité pour les Palestiniens
16:15de disposer d'un État laïque et que je défends la possibilité...
16:19Et vous l'avez souvent dit.
16:20Mais je l'ai souvent dit et je le redis parce que
16:23le palestinisme, ce n'est pas la défense...
16:25Enfin, il y a ceux qui défendent la Palestine avec les arguments du Hamas
16:28et il y a ceux qui défendent la Palestine avec les arguments raisonnables,
16:31si on veut utiliser la sémantique de M. Macron.
16:34Michel, parlons un petit peu de la situation politique en France.
16:37On a l'impression que c'est la zizanie, un épisode d'Astérix
16:40mais sans le charme d'Astérix.
16:42Tout le monde se tire dans les pattes.
16:43Au PS, ça se chamaille entre Olivier Faure et Boris Vallaud.
16:48Les uns veulent une primaire ouverte.
16:49Bref, même chose du côté des LR.
16:52Les portes claquent du côté des LR.
16:53David Lissnard est parti.
16:55Bruno Retailleau essaie tant bien que mal
16:57de garder tout le monde dans le même chapiteau.
16:59On va juste écouter Bruno Retailleau.
17:01Il était notre invité cette semaine.
17:02Lui, il estime que la droite n'est pas morte.
17:04Vous allez nous dire ce que vous en pensez.
17:05Droite et gauche.
17:07La droite n'est pas morte.
17:09C'est d'ailleurs le principal enseignement du scrutin municipal
17:11puisque nous avons gagné beaucoup, beaucoup de villes moyennes.
17:14Bien sûr, pas Paris-Lyon-Marseille.
17:16Paris-Lyon-Marseille, c'est 4,3% du corps électoral.
17:19Mais ailleurs, c'est nous qui avions fait les meilleurs scores,
17:22que ce soit en termes de siège, que ce soit en termes de voix.
17:25Donc, la France est à droite.
17:28Malheureusement...
17:28C'est la zizanie entre vous.
17:30Vous n'êtes pas d'accord les uns avec les autres.
17:32La droite, par rapport à la gauche, je le regrette d'ailleurs,
17:34la gauche a toujours ce réflexe du collectif.
17:36Quoique, aujourd'hui, un peu moins.
17:39Et la droite, elle aime les querelles gauloises.
17:41Voilà, les querelles gauloises.
17:42Est-ce que les partis traditionnels sont en voie de disparition ?
17:45PS, LR, les partis traditionnels...
17:48Hélas non, ils sont en voie de multiplication.
17:51Vous avez aujourd'hui un chef, un parti.
17:53Et vous avez un micro-chef et un micro-parti.
17:56Et donc, il y a des subventions, on y va, on négocie, etc.
17:59Mais quelle est la fracture idéologique entre Olivier Faure et M. Vallaud ?
18:06Par exemple, quelle est la différence de programme ?
18:08Un film, un film.
18:09Un film, je ne vais pas vous mettre en difficulté
18:12en vous demandant quels sont les grands enjeux qui les séparent.
18:15Il y en a un qui veut une brémère comme ça.
18:16Donc, quels sont les enjeux qui séparent, je ne sais pas,
18:18Gérald Darmanin, même d'Olivier Faure, etc.
18:22Ils sont tous européistes.
18:23À la marge, quand ils sont au pouvoir, ils font la même politique.
18:27Entre Gérald Darmanin et Olivier Faure,
18:29je pense qu'il y a plus de différence qu'entre Olivier Faure et Boris Johnson.
18:31Vous avez raison, ce n'est peut-être pas le bon exemple.
18:34M. Philippe, Edouard Philippe, par exemple,
18:37ou M. J'oublie leur nom, parce que je n'ai pas envie de m'encombrer l'esprit,
18:40mais qui était...
18:43Enfin, peu importe son nom.
18:45Si Xavier...
18:45Bertrand.
18:46Bertrand, voilà.
18:47Il est tellement important que je l'avais oublié.
18:50Et donc, idéologiquement, c'est exactement la même chose.
18:54M. Xavier Bertrand finit par appeler à voter pour le Parti communiste,
18:58et c'est la même chose avec Edouard Philippe,
19:00qui pense qu'il faut appeler à voter pour le Parti communiste, etc.
19:02Donc, ils n'ont plus d'obsession, ces gens-là,
19:05ils n'ont pas d'obsession pour les idées, pour les programmes, pour les projets.
19:09Ils ont des obsessions personnelles.
19:11Lequel parle de la France ?
19:12Alors, quand il s'agit de faire des meetings.
19:14La France aussi, la France cela, etc.
19:15Mais, moi, j'en ai marre des gens qui veulent des unions de la gauche,
19:19ou des gens qui veulent des unions de la droite.
19:21Et si on faisait une union des Français ?
19:22Ça me paraîtrait nettement plus intéressant.
19:24Donc, chacun est dans son micro-parti, chacun a l'obsession.
19:27Mme Tondelier veut être chef de l'État,
19:29M. Faure veut être chef de l'État,
19:30M. Ballot veut être chef de l'État,
19:32M. Retailleau veut être chef de l'État,
19:33M. Wauquiez veut être chef de l'État,
19:35et on peut faire une liste.
19:36Ils sont quoi ?
19:36Une quinzaine à vouloir être chef de l'État.
19:38Pour combien de projets vraiment différents ?
19:40Globalement.
19:41C'est quoi la macro-lige ?
19:42Et quel projet, surtout ?
19:43Pardon ?
19:43Ils n'ont pas encore mis au plan leur projet
19:45qu'ils sont déjà en train de dire « je vais être candidat ».
19:47Et nous revenons à la question de l'opposition
19:49entre les européistes et les souverainistes.
19:50Quand les européistes défendent le même monde,
19:52le Parti Socialiste et puis les Républicains,
19:57globalement, les gens ne vont pas voter.
19:59Quand M. Retailleau s'en vient dire
20:01« la France est de droite », etc.
20:02La France, elle est d'abord,
20:03pas majoritairement mais presque,
20:05elle ne va pas voter, la France.
20:0840% des Français ne sont pas allés voter.
20:10À Saint-Denis, vous avez vu comment parfois
20:12les élections se font.
20:13Vous avez les électeurs,
20:15les gens qui vont voter,
20:16parmi ceux qui vont voter, etc.
20:17Et puis, vous avez des gens qui sont élus
20:19avec une poignée d'électeurs.
20:21Mais qui sont élus.
20:22Eh bien, ils sont élus.
20:23On devrait peut-être repenser la loi
20:25en disant que,
20:26peut-être, on a vu cette discussion,
20:29vous et moi, mais imposer le vote.
20:31Le vote obligatoire.
20:32En disant « le vote est obligatoire ».
20:34Vous votez blanc, vous votez nul, je ne sais quoi,
20:36mais après, le vote est obligatoire.
20:38Et là, on a la possibilité
20:39de disposer d'une vision très claire et très nette
20:43de ce à quoi ressemble la France
20:44et de ce qu'on peut faire avec la France.
20:46Moi, ma question est toujours
20:46pourquoi 40% des gens ne sont pas allés voter ?
20:49Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui,
20:50la politique, ça n'est jamais que voter contre ?
20:52C'est quoi le programme de la gauche ?
20:54Voter contre la droite ?
20:55Le programme de la droite ?
20:56Voter contre la gauche.
20:57Ça ne suffit pas.
20:58Moi, je veux bien que l'essentiel de la gauche
21:01soit motivé par le fait de combats
21:03prétendument antifascistes,
21:04de voter contre Marine Le Pen.
21:05Est-ce que ça fait un programme ?
21:06C'est quoi le programme
21:07entre la chose commune
21:10entre Olivier Faure
21:11et puis Jean-Luc Mélenchon ?
21:13C'est quoi ?
21:13C'est le combat antifasciste.
21:15Et ça marche.
21:16Donc, voilà pourquoi nous sommes en déliquescence.
21:19Autant d'hommes, autant de partis.
21:20Autant de partis,
21:21autant de projets,
21:22autant de désirs d'être chef de l'État
21:24et zéro projet en même temps.
21:25La crise de la politique, elle est là.
21:26Ça rappelle la quatrième.
21:28Oui, bien sûr, vous avez raison.
21:30Mais ils ne travaillent pas, ces gens-là.
21:33Ils devraient pouvoir.
21:33Même les écologistes.
21:34Les écologistes, on les attend
21:35plutôt que de servir de monnaie d'appoint.
21:37Ils ont un créneau, les écologistes.
21:40Ils pourraient se distinguer véritablement.
21:42Et même chez les écologistes,
21:43vous avez des partisans des alliances
21:45avec l'extrême-gauche.
21:46Vous avez des gens qui sont partisans
21:48d'alliances avec le centre.
21:50François de Rugy n'est pas.
21:51Marine Tondelier qui n'est pas.
21:53Émeric Caron, etc.
21:54Enfin, on le voit bien.
21:55Donc, il y a une espèce d'explosion généralisée,
21:57chacun ayant l'obsession
21:58d'être chef de l'État.
21:59Et cette obsession du chef de l'État
22:01est inversement proportionnelle
22:02à la détestation, au mépris
22:04ou à l'oubli de la France.
22:05On fait une petite pause, Michel Onfray.
22:06On va parler dans un instant
22:07de la France insoumise,
22:09du climat politique délétère
22:10dans notre pays
22:11depuis ses élections municipales.
22:12On reviendra aussi sur la polémique
22:14qui a fait suite à notre émission
22:16de la semaine dernière
22:17à propos justement du maire de Saint-Denis,
22:19Bali Pagayoko.
22:21On se retrouve pour la seconde partie
22:23de face à Michel Onfray
22:24sur CNews et sur Europe 1.
22:26On a évoqué les partis traditionnels
22:28gauche-droite.
22:29Michel, par contre la France insoumise,
22:30là, il n'y a pas de rififi.
22:31Ce n'est pas compliqué.
22:32Il n'y a qu'une autorité,
22:34qu'un chef.
22:35Et tout est vertical
22:37du sol au plafond plutôt.
22:40Mais il y a un climat politique
22:41qui est délétère
22:42depuis ses municipales.
22:44On a vu qu'il y a une stratégie
22:45d'antagonisation,
22:46d'institialisation des débats publics.
22:48130 incidents recensés
22:49par le ministère de l'Intérieur,
22:50quand même,
22:52dans ces soirées électorales
22:53ou pendant ces élections,
22:54ce qui est quand même
22:55vraiment historique.
22:56Quand on voit des maires
22:57qui sont conspués,
22:58des maires qui démissionnent,
22:59des maires qui demandent
23:00la protection de la police,
23:01ça dit quoi de notre société,
23:03Michel Onfray ?
23:04Nous devons cesser
23:05d'être en démocratie.
23:06Ça fait bien longtemps que je le dis
23:06que la démocratie est illibérale.
23:09Et puis surtout,
23:09le plus grave,
23:10ce n'est pas qu'il y ait
23:11des passions tristes,
23:12de la haine,
23:12de la méchanceté,
23:13de l'envie,
23:13de la jalousie,
23:15des gens qui hurlent,
23:16des gens qui vocifèrent.
23:18Ça a toujours existé.
23:19Mais que tout ça se fait
23:21avec l'assentiment d'un pouvoir
23:22qui laisse faire.
23:23C'est ça le problème.
23:24C'est-à-dire,
23:24que fait-on face à tout ça ?
23:26On fait des déclarations
23:27en disant que c'est inadmissible,
23:29que la République ceci,
23:29que la République cela,
23:30que nous ne laisserons pas passer ceci,
23:32que nous ne laisserons pas passer cela.
23:33Il ne se passe quoi ?
23:34Rien.
23:35C'est-à-dire qu'il n'y a pas
23:35de judiciarisation,
23:36il y a de judiciarisation pour les mêmes.
23:38C'est toujours les mêmes.
23:39Quand on envoie au tribunal,
23:39ce sont toujours les mêmes
23:40qui perdent.
23:41Mais on finit par aller au tribunal.
23:43Et quand on va au tribunal,
23:44c'est des gens qui ont incendié des mairies
23:46et qui se retrouvent relaxés,
23:47si j'ai bien compris
23:48ce qui s'est passé cette semaine,
23:49pendant que d'autres
23:50se retrouvent au tribunal
23:51pour avoir cité Darwin, par exemple.
23:54Donc oui, nous avons un pouvoir
23:56aujourd'hui qui tolère ça.
23:57Nous avons une instrumentalisation
23:59par Jean-Luc Mélenchon,
24:00mais c'est visible et c'est lisible.
24:01Il ne se cache pas.
24:02Donc une bolchevisation de la société,
24:05il le revendique.
24:06Il n'avance pas masqué, lui,
24:07très précisément.
24:09Il traite les gens de tous les noms.
24:12Si moi, j'utilise le vocabulaire
24:13de Mélenchon, je suis au tribunal.
24:14Si lui, il l'utilise,
24:16en traitant les blancs
24:18de sales faces,
24:19de blancs, je ne sais quoi.
24:21Quand lui, il parle d'ailleurs
24:22des pattes des Africains,
24:23c'est-à-dire qu'il les assimile
24:24à des animaux,
24:25lui, il n'a aucun problème.
24:26Moi, je n'ai jamais fait ça.
24:27Et donc, il y a ce travail politique
24:30mené par Jean-Luc Mélenchon
24:31qui, en bon trotskiste
24:32qu'il est resté,
24:34veut absolument conflictualiser tout.
24:36Mais vous avez surtout en face
24:37le grand silence.
24:38Voir la publicité.
24:40Voir la collaboration.
24:41Peut-être enlever le mot,
24:42collaboration.
24:42Non, non, non.
24:43Puisqu'on a du mal
24:44avec la sémantique ces temps-ci.
24:45Mais quand vous avez
24:46le ministre de l'Intérieur,
24:48quand vous avez le Premier ministre
24:49qui se prête en gaulliste,
24:50M. Lecornu est gaulliste,
24:51on va y en a des gaullistes comme ça,
24:54ou d'autres.
24:55On a un grand silence
24:56d'Emmanuel Macron pour l'instant
24:58sur ce sujet.
24:59Mais quand vous avez
25:00cette tolérance,
25:01pourquoi est-ce qu'on s'arrêterait ?
25:02Vous avez une tolérance
25:03au sommet de l'État.
25:04Vous aviez M. Castaner
25:05qui à l'époque où personne
25:06ne pouvait sortir au moment du Covid
25:08disait aux gens
25:08qu'il pouvait descendre dans la rue
25:10pour défendre la famille Traoré
25:11et que s'il fallait mettre
25:12un genou à terre,
25:13lui il le ferait
25:13parce que parfois la morale
25:14était supérieure au droit
25:15ou à la loi, etc.
25:17Donc on voit bien
25:18qu'il y a un système
25:20qui lui se défend.
25:21Et ce système-là,
25:22il n'y a pas que des magistrats,
25:23il n'y a pas que des journalistes
25:25subventionnés par l'État
25:26la plupart du temps.
25:27Tous ces gens-là
25:28veulent la peau de CNews
25:29qui est une chaîne privée.
25:30On fait ce qu'on veut
25:31quand on a une chaîne privée.
25:32On ne devrait pas pouvoir
25:33faire ce qu'on veut
25:33quand on a une chaîne publique.
25:35Normalement, on devrait faire
25:35du service public
25:36sur le service public.
25:37Et rendre des comptes, oui.
25:38Donc il y a effectivement
25:40un combat politique
25:41qui est mené
25:41avec de toute façon
25:42la bénédiction
25:43des magistrats,
25:45d'un grand nombre
25:46de magistrats,
25:46d'un grand nombre
25:47de juges,
25:47d'un grand nombre
25:48de journalistes,
25:49d'un grand nombre
25:50d'hommes politiques
25:50et surtout
25:51de membres du gouvernement
25:53qui ont oublié
25:53ce que je disais
25:54l'autre jour
25:55concernant le maire
25:56de Saint-Denis.
25:56Quand on est élu,
25:58quand on a un poste
25:59parce qu'on a été élu
26:01ou nommé
26:01par le chef de l'État,
26:02on a des obligations,
26:03on a des devoirs
26:04et on ne peut pas
26:05se comporter en disant
26:07on va fonctionner
26:08au doigt et à l'œil
26:09parce que le général
26:10de Gaulle disait
26:11je prends tout le monde
26:12et tout le monde
26:13a le sens de l'intérêt général
26:14et du bien public.
26:15Quand on a un ministre
26:16de l'Intérieur
26:16qui n'a plus le sens
26:17de l'intérêt général
26:17et du bien public,
26:18je le dis depuis très longtemps,
26:19c'est normal qu'il se venge
26:19aujourd'hui.
26:20Je dis des choses
26:21sur Jean-Luc Mélenchon,
26:22c'est normal
26:22qu'il se venge aujourd'hui.
26:23Je dis des choses
26:24sur la France insoumise
26:25depuis très longtemps,
26:26c'est normal
26:26que tous ces gens-là
26:27se vengent.
26:27Donc on est dans
26:28des logiques de vengeance.
26:29Alors évidemment,
26:30il n'y a rien de mieux
26:30que de traiter
26:31les gens racistes.
26:32Ça marche très bien.
26:33Alors on va évoquer
26:34la polémique
26:34que vous évoquez,
26:36Michel,
26:37vos propos la semaine dernière
26:38dans cette émission
26:39à propos du mot
26:40allégeance
26:40qui a été employé
26:41par le maire de Saint-Denis,
26:43Bali, Bagayoko
26:43ont provoqué
26:45la polémique,
26:46vous voulant même
26:46des accusations de racisme
26:47que vous avez réfutées.
26:53de couleur de peau.
26:54Vraiment,
26:55il faut le repréciser
26:56parce que ça a suscité
26:57une polémique
26:58et des accusations
27:00de racisme
27:00encore une fois
27:01que vous réfutez
27:01et que nous réfutons.
27:03Moi, j'invite les gens
27:03non pas à se contenter
27:05des 15 secondes
27:05qui ont été prélevées
27:06dans un échange
27:08de plusieurs minutes.
27:09J'invite les gens
27:09à les voir très précisément
27:10pour se faire une idée
27:11et pas à subir
27:12la propagande
27:13des réseaux sociaux
27:14instrumentalisés
27:14par la France insoumise
27:16et ses amis
27:16et ses collaborateurs
27:17y compris
27:18Mme Ségolène Royal,
27:20M. De Villepin,
27:21enfin tous ces gens-là.
27:23Le racisme,
27:23sauf à ce que
27:25le dictionnaire
27:26ne fonctionne plus
27:27et qu'on jette
27:27le dictionnaire
27:27à la poubelle,
27:28c'est un peu le cas
27:29ces temps-ci,
27:29mais le racisme
27:30c'est la discrimination
27:31à partir de la race,
27:32la race étant elle-même définie,
27:33par la couleur de peau.
27:34Je n'ai pas parlé de race,
27:35je n'ai pas parlé
27:36de couleur de peau
27:37et je n'ai pas fait
27:38de discrimination raciale.
27:39Donc je demande
27:41où on voit du racisme
27:42dans le fait de dire
27:43à un homme
27:44dont accessoirement
27:46il peut être
27:47d'origine malienne
27:48ou de couleur,
27:49c'est pas mon propos,
27:49c'est pas mon problème.
27:50J'ai juste dit
27:51qu'un élu
27:53ne pouvait pas
27:54invoquer l'allégeance
27:55et que l'allégeance
27:56renvoyait,
27:57je ne dis pas à quoi,
27:57tu ne vas pas reprendre le truc,
27:58mais je renvoyais aussi
27:59à la féodalité.
28:00Et à la tribalité,
28:01c'est ça.
28:02Et au comportement tribal.
28:03Et ça, est-ce que vous pensez
28:04que ça a pu choquer des gens
28:06quand ils ont entendu
28:07que cet extrait-là ?
28:08Est-ce que vous comprenez
28:09que ça a ému
28:10et choqué des gens,
28:11Michel Onfray ?
28:11Je pense que les gens
28:12qui voulaient être choqués
28:13ont été choqués
28:14parce qu'ils ne cherchent
28:15que cette occasion
28:15d'être choqués.
28:16Vous savez,
28:16moi j'ai 30 années
28:18d'existence médiatique,
28:1930 années dans lesquelles
28:20j'ai été successivement
28:21antisémite et filosémite,
28:22sioniste,
28:23j'ai été islamophile
28:25et puis je suis islamophobe.
28:26Un temps,
28:27j'étais le compagnon
28:27de route de Daesh,
28:28un temps,
28:28j'étais dans les top 10
28:30des islamistes français.
28:31Madame Rodinesco
28:32avait fait savoir
28:33parce que je critiquais
28:33les pédophiles
28:34que j'étais un pédophile refoulé.
28:36Vous en avez entendu
28:37de toutes les couleurs ?
28:38Bien sûr.
28:39Quand j'ai fait mon livre
28:39sur Freud,
28:40j'étais antisémite,
28:41double page dans Le Monde,
28:42double page dans Libération,
28:43émission France Inter
28:44consacrée contre le monde.
28:45J'ai l'habitude des insultes.
28:46Et donc,
28:48le problème,
28:48c'est que les gens
28:49ne lisent pas,
28:50les gens n'écoutent pas,
28:51les gens n'ont pas la culture.
28:52C'est pourquoi j'ai souhaité
28:52qu'on parle vraiment
28:53de Darwin à la fin de cette émission
28:54parce que si dans une émission,
28:57vous faites 3, 4 références culturelles
29:00sans dire
29:01je renvoie tel livre
29:02à tel auteur,
29:03d'ailleurs j'ai cité Darwin
29:04tout de même
29:04en citant presque la page,
29:06mais ça ne suffirait même pas
29:07parce que la question aujourd'hui,
29:09hypothèse haute,
29:10hypothèse basse,
29:10mais hypothèse haute,
29:12c'est qu'on en veut à Darwin,
29:14on en veut à l'évolutionnisme,
29:15on défend une position créationniste.
29:17Je veux bien,
29:18mais je pense que c'est prêter
29:20un peu trop d'élévation au débat.
29:23Hypothèse basse, très basse.
29:24C'est de la politique politicienne.
29:25Il faut taper sur la chaîne,
29:28il faut taper sur notre émission,
29:29il faut taper sur moi.
29:31Ce n'est pas étonnant
29:31si le maire de Saint-Denis
29:32dit qu'il invite à la fermeture
29:34de ces news.
29:35Vous avez des gens
29:36qui aujourd'hui,
29:36au nom de la liberté d'expression,
29:38se viennent nous dire
29:38qu'il faut supprimer des chaînes.
29:40Moi, je l'ai dit dès le départ,
29:42dès qu'Emmanuel Macron a supprimé...
29:45C8, et même avant...
29:47Je disais même avant,
29:48je ne suis pas pro-russe,
29:50je ne défends pas Poutine,
29:53mais j'estime que Spoutnik
29:55et il y avait une autre chaîne...
29:58RT.
29:58RT, Russian Today,
30:00avaient le droit d'exister.
30:01Moi, j'ai une télévision
30:02et une télécommande,
30:03je peux accéder à Al Jazeera.
30:05Donc, sans difficulté,
30:06ce n'est pas interdit.
30:07Donc, moi, je suis pour la liberté
30:08d'expression, la vraie.
30:09C'est-à-dire la possibilité
30:11de disposer d'informations
30:12qui me permettront de juger.
30:13Et c'est ce que j'ai enseigné
30:14pendant 20 ans à mes élèves
30:15en disant, informez-vous
30:17et jugez, fabriquez votre jugement,
30:20la capacité de juger,
30:21et puis voilà.
30:21C'est ce que j'ai proposé
30:23sur ce sujet-là.
30:23Je réfléchissais sur la question
30:25de l'allégeance.
30:25Si on veut ne pas parler de Darwin,
30:27ne parlons pas de Darwin.
30:28Mais l'allégeance renvoie
30:29à la féodalité.
30:30Je rappelle que tous ces gens
30:31qui n'ont que la Révolution française
30:32à la bouche
30:32ont oublié quand même
30:33qu'il y avait l'abolition
30:35des privilèges
30:35dans la nuit du 4 août
30:36et que la nuit du 4 août,
30:37c'était la fin de la féodalité.
30:39La féodalité,
30:40c'était justement l'allégeance.
30:42On faisait allégeance
30:43dans la logique du seigneur,
30:44du vassal, du cerf,
30:46du suzerain, etc.
30:47Je rappelle que d'ailleurs,
30:48les gens ont oublié
30:49ou ne le savent pas
30:50que l'opération Overlord
30:53qui permet aux Américains
30:55d'arriver en France
30:56le 6 juin 1944
30:56sur mes côtes de Normandie,
30:59c'est un mot qui signifie
31:01suzerain,
31:02la logique du suzerain et du vassal.
31:04Vous avez le suzerain
31:05et le vassal,
31:06vous avez la féodalité
31:07et le 4 août 1789,
31:09Jean-Luc Mélenchon
31:10qui célèbre
31:11la Révolution française
31:12en permanence,
31:13cette Révolution française,
31:14elle abolit la féodalité.
31:15Et j'ai juste dit
31:16dans cette tirade
31:19que nous n'en étions plus
31:21à la féodalité,
31:23elle avait été abolie.
31:23J'ai aussi dit
31:24ce genre de choses
31:25et ces choses-là
31:26ne sont pas entendues.
31:27Donc, vous savez,
31:28je ne traite pas
31:28les gens d'imbécile,
31:30le sage montre la lune,
31:31l'imbécile regarde le doigt.
31:32J'ai essayé de réfléchir
31:33vite fait comme on le fait
31:34dans cette émission
31:35parce qu'on en a beaucoup de temps
31:36mais finalement,
31:37sur la question de l'allégeance,
31:39le mot allégeance
31:40et les gens disent
31:41allégeance,
31:42tribu,
31:42égal, racisme.
31:43Et pour lever
31:44tous les malentendus
31:44parce qu'on vous a vraiment
31:45fait un procès là-dessus,
31:47on fait allégeance
31:48au mal dominant.
31:49L'utilisation du mot
31:50mal dominant,
31:51encore une fois,
31:51est-ce que c'était
31:52une référence
31:53ou pas
31:53à une couleur de peau ?
31:55Non.
31:56Non.
31:56Nous avons,
31:57à Front Populaire,
31:58fait un numéro,
31:59consacré un numéro spécial
32:00à Elon Musk
32:01où je parle des tribus
32:02avec Elon Musk
32:03et je parle de mal dominant
32:04avec Elon Musk.
32:04Il est blanc.
32:05On ne fait pas plus blanc
32:06que ce type d'Afrique du Sud
32:07qui est aujourd'hui américain.
32:09Donc,
32:09je renvoie
32:10à une science
32:11qui s'appelle
32:12l'éthologie.
32:13Il y a des dictionnaires
32:14d'éthologie.
32:15Alors,
32:15je sais très bien
32:16qu'aujourd'hui,
32:16le wokisme critique
32:18la notion
32:19de mal dominant.
32:20Il n'y aurait pas de mal.
32:21Donc,
32:21évidemment,
32:21s'il n'y a pas de mal,
32:22il n'y a pas de mal dominant.
32:23Donc,
32:23il n'y a pas de mal dominant.
32:24Bon,
32:24il n'y a pas de mal dominant.
32:25Mais vous avez Excul,
32:26vous avez Conrad Lorenz,
32:29vous avez un tas
32:29d'éthologues
32:30qui nous ont expliqué
32:31qu'il y a,
32:32et vous avez même
32:33pour les gens
32:33qui n'ont pas forcément besoin
32:36de lecture
32:36ou de référence culturelle,
32:37des chaînes animales
32:38qu'il faut regarder
32:39pour voir comment les animaux
32:40se comportent.
32:41Mais c'est sur ces mots-là
32:43qu'on vient vous chercher,
32:44Michel.
32:44Nous sommes des animaux,
32:45je trouve sidérants
32:46que vous avez des gens...
32:47L'association avec le maire
32:48de Saint-Denis
32:48et ces mots-là,
32:49c'est ça qui a provoqué
32:50l'émoi.
32:50Oui, mais je le fais
32:52en permanence
32:52pour des gens
32:54qui sont blancs de peau.
32:56Le darwinisme,
32:57le darwinisme social,
32:58il est de droite.
32:59Et il y a un darwinisme
33:00de gauche
33:00dont j'ai fait l'éloge.
33:01Alors, peut-être
33:01que ça va disparaître
33:03dans la foulée,
33:04mais dans la notice
33:05Wikipédia
33:06consacrée au darwinisme
33:07de gauche,
33:08je suis cité
33:09comme une référence
33:10et on renvoie
33:10à l'un de mes textes
33:11que j'ai écrit en 2016.
33:12On peut renvoyer
33:13au darwinisme
33:15sans être un homme de droite
33:16ni même d'ailleurs
33:17en étant un homme de gauche.
33:17Ça s'appelle une science.
33:19C'est une science nouvelle
33:19l'éthologie.
33:20Alors, si les gens
33:21n'ont pas la référence,
33:22ce n'est pas très grave.
33:23Ils ne connaissent pas
33:24l'éthologie,
33:24ils ne connaissent pas Darwin,
33:25ils ne connaissent pas
33:25la filiation de l'homme,
33:26ils ne savent pas
33:27ce qu'il y a dans l'origine
33:28des espèces.
33:28Tout ça n'est pas très grave.
33:29Mais ce qui est grave,
33:30c'est de traiter de raciste
33:31quiconque renvoie à ça
33:33parce qu'à l'origine
33:34de l'humanité,
33:35il n'y a pas de genre
33:35de couleur.
33:36Darwin nous le dit
33:36très précisément.
33:37Il n'y a pas de blanc,
33:47primitif.
33:47Ce n'est pas traiter
33:48les gens de singes
33:49que de dire que
33:49nous descendons
33:50de cet animal.
33:53J'ajoute que d'ailleurs,
33:53j'aimerais bien entendre
33:54les écologistes sur ce terrain-là
33:55parce que ce sont
33:56les écologistes
33:56qui devraient pouvoir dire
33:57mais attendez,
33:58l'éthologie,
33:58c'est une science,
33:59c'est même la science
34:00première de l'écologie
34:01puisque voilà des gens
34:04qui nous disent
34:04qu'il n'y a pas de différence
34:05de degré entre l'homme
34:06et l'animal,
34:07pas de différence de nature,
34:09mais une différence de degré.
34:10Qu'est-ce que ça veut dire ?
34:11Et tous les écologistes
34:12qui nous disent
34:12qu'il faut vivre
34:13avec les animaux liminaires,
34:14c'est-à-dire quand
34:15Émeric Caron
34:16nous fait l'éloge du moustique,
34:17quand la mère déchue
34:18de Strasbourg
34:19nous faisait l'éloge des rats
34:20avec lesquels il fallait,
34:21les surmulots parisiens,
34:22avec lesquels il fallait
34:23apprendre à vivre,
34:24etc.
34:25Qu'est-ce qu'il nous disait ?
34:26Exactement la même chose
34:27que ce que mon compagnon
34:28d'infortune,
34:29de psychologue
34:29et moi-même disons,
34:30c'est-à-dire que nous procédons
34:31tous d'une même souche animale.
34:33Mais ce n'est pas traiter
34:34les gens d'animaux
34:34que de le dire.
34:35Ça marche pour tout le monde,
34:36y compris pour les gens
34:37qui sont noirs,
34:38qui sont jaunes,
34:39qui sont blancs
34:39ou de quelque couleur
34:41que ce soit aujourd'hui.
34:42Sauf à considérer
34:43que cette science-là
34:44est à jeter
34:45dans les autos d'affaires,
34:46faire des autos d'affaires
34:47et brûler tout ça.
34:48On est en face à Michel Onfray
34:49sur CNews et sur Europe 1.
34:50Michel, il y a eu
34:51des déclinaisons polémiques
34:52et politiques,
34:53évidemment,
34:54à ces propos.
34:55On va écouter
34:55le ministre de l'Intérieur
34:56qui s'est exprimé
34:58lors de l'ONU à l'Assemblée nationale
34:59qui envisage
35:00de se porter parti civil
35:02si une plainte est déposée.
35:03Écoutons-le.
35:04Évidemment,
35:04ces propos qui sont inacceptables
35:06peuvent relever
35:07d'incrimination pénale.
35:10Évidemment,
35:11ces propos sont à l'étude.
35:12Je peux vous le confirmer.
35:13Nous sommes à l'étude
35:14de savoir s'ils relèvent
35:15de l'appel
35:16à la discrimination raciale
35:17de l'un jour public.
35:18Et vous savez que
35:19le racisme,
35:20puisque c'est bien de cela
35:21dont il s'agit,
35:22qui n'est pas une opinion,
35:24qui est un poison,
35:25qui est un déni pénal,
35:26le racisme est souvent
35:27une circonstance aggravante.
35:29Alors,
35:30vous nous interrogez également
35:31sur la saisine de l'ARCOM.
35:32Oui,
35:33l'ARCOM a été saisi
35:34par certains parlementaires,
35:35je vous le confirme.
35:36Nous suivons cela,
35:37évidemment,
35:37de très près.
35:38Nous allons continuer
35:39à suivre cela de très près.
35:40Mais ces propos-là,
35:41ces propos-là,
35:42tels qu'ils ont été tenus,
35:44je peux vous assurer
35:45que comme ministre
35:45de l'Intérieur,
35:46et je m'adresse évidemment
35:47sous l'autorité du Premier ministre
35:49au nom de l'ensemble
35:49du gouvernement,
35:50nous allons les expertiser.
35:51S'il doit y avoir
35:52des poursuites pénales,
35:53il y aura des poursuites pénales.
35:55Voilà pour Laurent Nunez,
35:56Michel Enfray.
35:57Ce que je trouve
35:57c'est qu'on a besoin
35:58d'expertise,
35:59d'expertiser les expertises
36:00pour savoir s'il y a du racisme.
36:01S'il y a du racisme,
36:02c'est très clair.
36:03Là, l'idée qu'on aille faire
36:06intervenir des juristes
36:08pour savoir si on peut
36:09quand même essayer
36:09d'avoir des...
36:10C'est que ce n'est pas
36:10si clair que ça.
36:11C'est un aveu
36:12que ce n'est pas aussi clair
36:13que ça.
36:13Ce n'est pas un ministre
36:14de la République
36:15qui s'exprime,
36:15c'est un militant politique.
36:17Ça me paraît clair.
36:18Et normalement,
36:19un ministre devrait faire
36:22l'économie
36:23de ses engagements militants.
36:25On voit bien
36:25que c'est de la politique
36:26politicienne.
36:27On voit bien
36:27que si on pouvait réussir
36:28à dire celui-ci est raciste,
36:30donc cette chaîne est raciste,
36:32fermons cette chaîne, etc.
36:33C'est une voix d'opposition
36:34qui disparaît.
36:35C'est le sous-texte
36:36de ce monsieur.
36:37Donc, comment est-ce
36:38qu'on peut utiliser
36:38des avocats ?
36:39Et on sait très bien
36:40qu'il y a des très bons avocats
36:41qui sont capables
36:41de transformer les bourreaux
36:43en victimes et les victimes
36:43en bourreaux.
36:44Comment est-ce qu'on peut
36:45trouver un truc
36:45pour essayer de montrer
36:46que Onfray étant raciste,
36:48la chaîne est raciste
36:48et qu'il faut donc fermer
36:49une chaîne raciste ?
36:50Car bien sûr,
36:51le racisme n'est pas une opinion.
36:52Et là, on a,
36:53une photo très intéressante,
36:54une grande partie de la droite
36:55qui applaudit.
36:56Ils vont se faire manger
36:57cette droite,
36:58mais ils se font manger
36:59par les communistes,
37:00ils se font manger
37:00par la France insoumise,
37:01ils appellent même d'ailleurs
37:02à se faire manger
37:03M. Bertrand,
37:04M. Edouard Philippe
37:06qui disent
37:06allez, on va s'offrir
37:08un repas sacrificiel
37:09aux communistes, etc.
37:10C'est de la politique politicienne.
37:11Ce qu'on entend ici,
37:12ce n'est pas le propos
37:12d'un ministre de la République
37:13qui devrait être digne,
37:15mais c'est le propos
37:16d'un militant
37:16qui lui dit
37:17nous sommes en pleine
37:17campagne présidentielle,
37:19il s'agit de remettre
37:20à la suite d'Emmanuel Macron
37:21un macroniste,
37:22c'est-à-dire un européiste,
37:24un maastrichtien
37:24et faisons le travail.
37:26Il faudra qu'en face
37:27du maastrichtien,
37:28on ait un méchant,
37:29donc le méchant
37:30on l'a trouvé de toute façon,
37:31son prénom c'est Jordan
37:32ou alors c'est Marine
37:33et puis on va faire
37:35le grand coup
37:35du petit théâtre antifasciste
37:37dont Lionel Jospin,
37:38dont feu Lionel Jospin
37:38disait que c'était
37:40une biveusée
37:41et qu'on devra
37:43en finir avec ça,
37:43on remettra le couvert
37:45et ça continuera.
37:46Donc là,
37:47on est dans
37:47de la politique politicienne,
37:49on est dans
37:49de la campagne présidentielle
37:51et on voit
37:51qu'il y a une espèce
37:52d'arc prétendument républicain
37:54et qui se fait
37:55de M. Nunez
37:56à M. Mélenchon
37:57en passant par les socialistes
37:58sans oublier
38:00M. Bertrand,
38:01ceux dont j'ai parlé
38:02tout à l'heure
38:02qui in fine
38:03ne sont pas gênés
38:04par le fait de voter
38:05pour des partis
38:07qui ont défendu
38:08le pacte germano-soviétique.
38:09Il y avait une une
38:10infamante
38:11si on veut utiliser
38:11le vocabulaire
38:12de ces gens-là,
38:13obscènes, etc.
38:13On peut très bien
38:14nous aussi utiliser
38:15ce genre de mots
38:16avec ce journal
38:17qui a fait l'éloge de Staline,
38:19qui a fait l'éloge
38:19de Pol Pot,
38:21dont nombre
38:22de ses intellectuels
38:22signait les pétitions
38:23pédophiles, etc.
38:24Il y a un moment donné
38:25où si on veut vraiment
38:26calmer le jeu,
38:27il faudrait que
38:27deux part et d'autre
38:28ont calme le jeu.
38:29L'arrêté de traiter
38:30de raciste
38:30des gens qui l'ont été.
38:32Je rappelle quand même
38:33que le Parti communiste
38:34quand il s'agissait
38:34de défendre
38:35les Algériens
38:36en 1945
38:37à Sétif et Guelman
38:38les traités
38:38d'hitlerotrotskistes.
38:39Donc tout le monde
38:41devrait se calmer.
38:42Je veux bien
38:43que pour le coup
38:44on fasse
38:45un débat intellectuel
38:46qu'on ne se méprise pas
38:48en disant
38:49bon Darwin
38:49c'est de l'actualité
38:50ou pas d'actualité ?
38:51On va en parler.
38:51L'éthologie ça marche
38:52ou ça marche pas ?
38:53C'est une science
38:53ou c'est pas une science ?
38:55Plutôt que de traiter
38:56tout le monde
38:56de raciste en permanence.
38:57On est en train
38:58de mettre...
38:58Ce que nous refoutons
38:59et nous CENUZ
39:00et vous Michel Amprès ?
39:02Mais bien sûr.
39:02Mais d'ailleurs
39:03ce serait si visible
39:05ou si lisible
39:06qu'il serait facile
39:07de dire
39:07nous portons plainte
39:08et nous allons gagner.
39:09Là ils examinent
39:10les conditions
39:10dans lesquelles...
39:11Donc voilà
39:11on est en train
39:12de chercher
39:12pour voir comment
39:13on peut transformer
39:14en racisme
39:14ce qui n'est pas racisme.
39:16Parlons alors
39:17de ce livre de Darwin
39:18que vous nous proposez
39:19L'Affiliation de l'Homme.
39:20Expliquez-nous.
39:21Alors c'était un scientifique
39:23aussi un philosophe Darwin ?
39:25Oui c'est ça.
39:26Vous avez des philosophes
39:26en chambre
39:27des gens qui font des livres
39:28avec des livres
39:29et qui dissertent
39:29sur le concept de machin
39:30chez bidule
39:31entre telle date
39:32et telle date.
39:32Donc tout ça c'est très bien
39:33ça existe aussi
39:34ça fait partie de la philosophie.
39:35Et puis vous avez des gens
39:36qui produisent des effets
39:37sur le réel.
39:38Et vous avez
39:39Saint Augustin
39:40qui produit des effets
39:41sur le réel
39:41avec la cité de Dieu par exemple.
39:43Vous avez Luther
39:43qui avec ses thèses
39:44produit des effets
39:45civilisationnels j'entends.
39:48Et puis vous avez Darwin
39:49qui en 1859
39:51publie l'origine des espèces
39:52mais surtout en 1871
39:53L'Affiliation de l'Homme
39:55le livre que j'ai choisi
39:56qui est très agréable à lire
39:57d'ailleurs je le dis
39:58aux gens qui ont peur
39:59parfois du vocabulaire
40:00philosophique
40:01et a raison
40:02parce qu'il fait
40:03un grand voyage
40:04sur le bigol
40:04qui est un tour du monde
40:05en bateau
40:05que j'aurais aimé faire moi
40:07à une époque
40:08j'aurais aimé refaire ça
40:08avec une équipe de télévision
40:09pour repartir
40:10et enseigner Darwin
40:11ça ne s'est pas fait
40:12il fallait trouver des subventions
40:14mais pour montrer
40:15que
40:16c'est ce que Darwin
40:17découvre au fur et à mesure
40:18en interrogeant l'anatomie
40:20en interrogeant les corps
40:21en interrogeant les fossiles
40:23la géologie
40:24c'est-à-dire
40:24c'est un scientifique
40:25c'est quelqu'un qui dit
40:26je regarde des squelettes
40:27je compare des squelettes
40:29globalement
40:30tout ça
40:31fait la démonstration
40:32d'ailleurs sur tout ce qui est
40:33oreille interne etc
40:34tout ça fait la démonstration
40:35que du singe à l'homme
40:36il n'y a pas grande distance
40:37et il finit par dire
40:38que de fait
40:39il n'y a pas de différence
40:40de nature entre l'homme
40:41et l'animal
40:42mais de différence de degré
40:43parce que nous sommes
40:44un certain type de singe
40:46il donne lequel
40:46et il précise comment
40:48qui a évolué
40:49et qui a donné
40:49l'homme que nous sommes
40:50l'homme au sens générique du terme
40:52les humains
40:52que nous sommes
40:53c'est un livre radical
40:55parce que d'un seul coup
40:56il met par terre
40:57toute la thèse
40:57qu'on appelle créationniste
40:59du christianisme
40:59le christianisme nous dit
41:01je renvoie à la Genèse
41:02et la Genèse
41:03est le premier livre
41:04de l'Ancien Testament
41:06qui est le premier livre
41:07de la Torah des Juifs
41:08Dieu prend la terre
41:11souffle sur cette terre
41:12donne naissance
41:13à l'homme
41:13et prend une côte de l'homme
41:15pour fabriquer Ève
41:16c'est un récit mythologique
41:18un catholique
41:19qui voudrait être intelligent
41:20peut très bien
41:21utiliser Darwin
41:22et rester chrétien
41:22tout de même
41:23en expliquant
41:23le rôle de l'allégorie
41:24le rôle de la métaphore
41:25sauf que
41:27en plein 19ème siècle
41:28c'est un coup de foudre total
41:30un big bang
41:31l'homme descend du singe
41:32il n'a pas été créé par Dieu
41:34alors il est assez déiste
41:35Darwin
41:36il n'a pas envie non plus
41:36de finir sur un bûcher
41:37donc il dit
41:38non mais il y a Dieu
41:38et puis bon
41:39ça c'est un autre sujet
41:40mais c'est une réflexion
41:42de naturaliste
41:43et qui rend possible
41:45une science
41:45qu'on appelle l'éthologie
41:46éthos
41:47c'est le comportement
41:48et logos
41:49c'est le discours
41:49sur le comportement
41:50c'est à dire que
41:51l'éthologie
41:52est une science
41:52digne de ce nom
41:53il y a des dictionnaires
41:54d'éthologie
41:55il y a même
41:55trois éthologues
41:56qui ont reçu
41:56le prix Nobel
41:58pour leurs travaux
41:59d'éthologues
42:00et ce sont des éthologues
42:02qui nous disent
42:02quand je regarde
42:03le comportement des animaux
42:04je découvre le comportement
42:05des humains
42:06et il y a effectivement
42:07des animaux de territoire
42:08un animal de territoire
42:10ça suppose un mâle dominant
42:11et ça suppose des combats
42:12entre des mâles
42:13pour qu'un mâle dominant
42:14puisse surgir en disant
42:15c'est moi le cerf
42:16qui est le mieux bramé
42:18qui est le mieux combattu
42:19et vous avez des cerfs dominés
42:21qui s'en vont
42:21et qui laissent la possession
42:23du territoire aux femelles
42:25c'est la possibilité
42:25d'assurer la descendance
42:27de l'espèce
42:27et la meilleure descendance
42:28de l'espèce
42:29Darwin nous dit
42:30il y a une sélection naturelle
42:31le fameux struggle for life
42:32la lutte pour la vie
42:33et ce sont les plus adaptés
42:34les mieux adaptés
42:35qui survivent
42:37et qui vivent
42:37et qui survivent
42:38Spencer
42:39Herbert Spencer
42:40philosophe du 19ème siècle
42:41invente un darwinisme social
42:43de droite
42:43voire d'extrême droite
42:44il dit
42:45que chacun soit à sa place
42:47et puis
42:47tant mieux
42:48si les forts triomphent
42:48tant pis si les faibles disparaissent
42:50et c'est la même chose
42:50avec l'entreprise
42:51c'est la logique libérale
42:52qui nous dit
42:53que les entreprises
42:54en pleine santé
42:54tiennent le coup
42:55c'est leur affaire
42:56les autres
42:56elles disparaissent
42:57elles meurent
42:57mais le darwinisme social
43:00n'est pas que de droite
43:00je l'ai dit tout à l'heure
43:02il est aussi de gauche
43:03c'est à dire
43:04que Darwin fait savoir
43:05qu'il y a aussi
43:05la communauté
43:06qu'il y a aussi
43:07la coopération
43:08dans la nature
43:08et que parfois
43:09les animaux
43:11aident
43:11des animaux blessés
43:12des animaux
43:13qui sont malvenus
43:14qui sont en souffrance
43:15qui sont handicapés
43:16si on veut utiliser
43:16un vocabulaire comme ça
43:17et que donc
43:18c'est parce qu'on a
43:20fait le choix
43:21de cette
43:22de cette bonté d'âme
43:23que finalement
43:24on crée
43:25et qu'on invente la morale
43:26il y a une explication généalogique
43:28de la morale
43:28à partir de la science
43:29et il nous dit
43:30cette communauté-là
43:31cette mutualité-là
43:32cette coopération
43:32cette entraide
43:33elle rend aussi possible
43:34un autre type de société
43:36et vous avez un prince anarchiste
43:37russe
43:38qui s'appelle Kropotkin
43:39qui écrit un très beau livre
43:40qui s'appelle
43:40L'Entraide
43:41livre dont j'ai fait l'éloge
43:42depuis des années
43:43donc je suis peu suspect
43:44d'être un darwinien
43:45de droite
43:46qui serait raciste
43:48mais juste de dire
43:49que oui
43:49il y a une lutte
43:50des plus adaptées
43:51mais parfois
43:52la lutte elle passe
43:53par la coopération
43:54et la mutualisation
43:55avec les plus faibles
43:56c'est ce que je défends
43:57depuis toujours
43:57c'est très exactement
43:58l'inverse du racisme
43:59et bien écoutez
44:00c'était clair
44:01ce livre de Darwin
44:02la filiation de l'homme
44:03mon cher Michel Onfray
44:04et puis on en profite
44:05peut-être pour souhaiter
44:06des bonnes fêtes de Pâques
44:07à tous les chrétiens catholiques
44:09et Pessard
44:10à nos amis de confession
44:11absolument
44:12merci beaucoup Michel Onfray
44:13merci pour ces explications
44:15on se retrouve la semaine prochaine
44:16dans Face à Michel Onfray
44:17sur CNews et sur Europe 1
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