00:00Evolise, la solution de gestion et de facturation pour les TPE-PME présente
00:05Sud Radio, c'est bon à savoir
00:086h48, c'est l'une des conséquences de la guerre au Moyen-Orient.
00:11Va-t-on bientôt manquer de plastique ?
00:14La plupart sont en effet dérivés du pétrole ou du gaz largement importé de cette région du monde.
00:19Du pot de yaourt aux bouteilles en passant par nos voitures, le plastique est partout autour de nous.
00:24Les prix d'ailleurs s'envolent déjà vu le contexte.
00:27Bonjour Joseph Taillefé.
00:30Bonjour et merci d'être avec nous sur Sud Radio.
00:32Vous êtes le secrétaire général de Plast Alliance, un syndicat professionnel qui représente la filière du plastique.
00:38Est-ce qu'il faut véritablement craindre une pénurie de plastique en France, Joseph Taillefé ?
00:44Oui, il faut le craindre.
00:46Moi j'ai alerté depuis le 1er mars, on va dire, dès que la guerre avait commencé, on va dire
00:50des risques.
00:51J'étais très étonné de voir le gouvernement dire qu'il n'y aura pas de risque à moyen terme
00:56ou à court terme.
00:57Or, il est bien évident que dès lors que l'approvisionnement en pétrole et aussi en gaz est perturbé,
01:03que les produits plastiques qui sont, comme vous l'avez dit, des dérivés soit du nafta, soit du gaz naturel,
01:09au final vont se retrouver à un moment donné, dans un premier temps, avec une surinflation,
01:13c'est-à-dire un prix des bâtières premières qui va exploser, ce qui est déjà le cas actuellement.
01:18De manière conséquente, cette inflation, cette augmentation des prix, c'est ce qu'on constate déjà ?
01:24Ah oui, oui, tout à fait.
01:25On est passé, si je vous prends par exemple l'exemple du polyéthylène,
01:28qui est on va dire le polymère le plus utilisé dans l'industrie plastique.
01:31Vous pouvez faire des films avec des sacs, des bouteilles de lait par exemple,
01:36ou des tuyaux, des canalisations pour la construction.
01:39On est passé de 1 400 euros la tonne à quasiment 2 000 euros la tonne actuellement.
01:43Donc c'est énorme.
01:45Et donc le prix, effectivement, l'impact est immédiat.
01:47Alors ça, on peut à la rigueur le répercuter.
01:50Mais dans tous les cas, c'est une inflation pour le consommateur.
01:53Mais le problème de l'inflation, on va dire, c'est le moindre mal.
01:56Parce que là, le problème qui se point à l'horizon, c'est qu'on ne va plus avoir de
01:59matière première.
02:00C'est-à-dire que là, aujourd'hui, les fournisseurs ne livrent plus
02:04ou ne donnent plus de garantie de livraison
02:05ou promettent des livraisons dans un mois, un mois et demi.
02:08Donc les entreprises ont encore un tout petit peu de stock
02:10pour, on va dire, quelques semaines ou quelques jours.
02:14Mais dès lors que les stocks vont se terminer,
02:16c'est un risque de pénurie qui se pointe.
02:19Avec les industriels en première ligne,
02:22c'est la question de cette pénurie qui se pose à ce niveau-là.
02:24Mais moi, en tant que consommateur, la question que je me pose aussi,
02:27c'est mon pot de yaourt, il va augmenter de combien et dans combien de temps ?
02:31Parce qu'en fait, tout dépend de comment ce prix va être répercuté.
02:35C'est le sujet central.
02:37Mais il faut savoir que non seulement le prix, on va dire,
02:39de l'emballage en lui-même augmente,
02:41mais vous avez aussi le coût du transport également
02:44qui augmente du fait de l'augmentation du gasoil.
02:46Le fret également, les bateaux pour amener la matière première,
02:49quand ils arrivent à passer,
02:50donc pour l'instant, ce n'est pas vraiment le cas,
02:51mais quand ils passent, en tous les cas,
02:52le prix du transport maritime augmente aussi.
02:55Et pareil pour tout ce qui est matière première autour.
02:58Donc c'est une hausse généralisée.
03:00Là, on parle du plastique,
03:01mais le verre également va être impacté
03:03parce que le verre est fabriqué à partir du gaz.
03:04Le papier carton a besoin de gaz
03:06pour sécher le papier ou le carton
03:09quand il est fabriqué au début.
03:11Donc on va dire d'une manière générale,
03:12ça va être une hausse généralisée.
03:14Mais là, le grand risque qui arrive,
03:16c'est vraiment la pénurie.
03:17Et le plastique est quand même le matériau roi,
03:20notamment dans l'agroalimentaire,
03:22dans le médical, dans la construction.
03:24Et donc à un moment donné,
03:25on va se retrouver à ne plus pouvoir produire.
03:27Donc c'est du chômage partiel,
03:29c'est des arrêts d'activité.
03:31Et c'est des lois et des arrêts sur le marché.
03:33À quel horizon ?
03:34On a combien encore de stocks pour tenir finalement ?
03:37Alors tout dépend en fait des entreprises.
03:39Il y a des entreprises qui avaient fait
03:41un peu plus ou moins de stocks.
03:43Mais disons que là,
03:44si ça continue comme ça,
03:45on va dire pendant à peu près aller
03:47trois semaines, un mois,
03:48on va dire dans les mêmes conditions,
03:50ça va devenir très très critique.
03:53C'est paradoxal parce qu'on ne veut plus de plastique.
03:55Et puis dans le même temps,
03:57on se rend compte qu'il y en a toujours
03:58partout autour de nous.
03:59Et finalement,
03:59on y est de plus en plus dépendant,
04:01d'une certaine manière,
04:02en tout cas dépendant de l'étranger.
04:04Alors on est dépendant de la matière première.
04:06Parce que vous avez effectivement,
04:07comme vous l'avez dit,
04:08la matière première est fabriquée
04:09notamment par exemple au Moyen-Orient
04:11ou aux Etats-Unis.
04:12Mais par contre,
04:13les produits plastiques,
04:14ça veut dire la transformation,
04:16une grande partie se fait quand même en France.
04:18On a quand même 3000 entreprises en France
04:19de plasturgie,
04:2188% de PME, TPE.
04:23En fait,
04:24ce sont des entreprises
04:24qui utilisent cette matière première.
04:27C'est un peu les boulangers.
04:28Et donc là,
04:29aujourd'hui,
04:29le problème qu'ils ont,
04:30c'est qu'ils ne vont plus avoir de farine en fait.
04:33Oui,
04:33pourquoi pas pour l'image,
04:34effectivement,
04:35en tout cas,
04:35c'est parlant.
04:36Donc,
04:37crainte,
04:38risque véritablement de pénurie de plastique.
04:40On va suivre ça,
04:41bien sûr,
04:41de très près,
04:42puisqu'on parle beaucoup de l'essence.
04:43Mais il y a également cette question-là
04:45qui se pose,
04:45Joseph Taillé.
04:46un grand merci d'avoir été avec nous ce matin
04:48sur Sud Radio
04:49pour nous aider à y voir plus clair.
04:50Je rappelle que vous êtes le secrétaire général
04:52de Plastalions.
04:53Très bonne journée à vous.
04:55Allez,
04:556h53 sur Sud Radio.
04:57On revient dans quelques instants
04:58avec Patrick Roger.
04:59On va,
05:00bien évidemment,
05:00dans le grand matin,
05:01revenir très largement
05:02sur les résultats
05:03de ce second tour
05:04des élections municipales.
05:05A tout de suite.
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