- il y a 22 minutes
Avec Françoise Degois et Franck Dedieu
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NewsTranscription
00:017h10, Maxime Liedot.
00:030826 300 300, le grand débrief de la matinale avec Françoise Degoy et Franck Dedion.
00:08On va s'intéresser à un sujet qui fait énormément réagir,
00:10qui est même à la une de plusieurs de vos journaux ce matin,
00:13c'est les fameuses violences familiales.
00:15Écoutez bien ce chiffre, un quart des parents jugent la fessée efficace dans un but éducatif.
00:20Ce sont des chiffres marquants publiés par la Fondation pour l'enfance.
00:24Est-ce à dire qu'aujourd'hui la France est un paradis pour une éducation violente ?
00:28Est-ce à dire qu'on l'a toujours banalisé ?
00:29Ou au contraire, est-ce que vous faites partie des gens qui sont toujours un peu agacés,
00:33étonnés qu'on en fasse des caisses sur ce type de sujet ?
00:35Parce que oui, d'accord, peut-être une fessée, peut-être une claque, ça n'a jamais tué un gosse.
00:39Venez témoigner sur Sud Radio 0826 300 300.
00:43Pour les chiffres, ce sont les suivants.
00:4468% des parents déclarent avoir déjà hurlé ou crié après un enfant.
00:49Et 30% avoir donné une tape sur la main, sur le bras ou la jambe.
00:53Et 19% avoir utilisé des mots dévalorisants.
00:56Et au fond, si on fait le total, 83% des parents rapportent au moins une violence verbale ou psychologique.
01:02Et 37% au moins une violence physique au cours de l'année écoulée.
01:07Est-ce que la France est dans la moyenne ?
01:09Est-ce que c'est quelque chose à laquelle on doit s'habituer, François Degois ?
01:12Sachant qu'on rappelle qu'il y avait une loi sur ce sujet en 2019.
01:14Ben non, il ne faut pas s'y habituer parce que, heureusement qu'on n'éduque plus les enfants comme
01:19nous-mêmes avons été éduqués.
01:22Une bonne claque, ça ne te fera pas de mal.
01:24Une bonne guerre, ça ne te ferait pas de mal.
01:25La pension, c'est très bien.
01:27Eh bien, ça fait aussi des générations de gens qui sont également...
01:31Alors, on va dire, oui, mais au moins, on avait l'ordre, les règles.
01:34J'entends déjà le cœur général des c'était mieux-avantiste, là.
01:39C'était tellement mieux avant.
01:41Eh bien non, ce n'était pas mieux avant.
01:42Et je pense que l'autorité, vous savez, j'adore la poésie asiatique.
01:49Il y a un très beau poème qui parle de l'art de gouverner sans jamais donner un seul ordre.
01:53Et je pense que c'est véritablement vers cela qu'il faut tendre.
01:59On ne réalise pas ce que c'est que de hurler sur des enfants.
02:02On ne réalise pas ce que c'est que même de frapper un enfant.
02:08Même doucement, je pense que ça peut créer...
02:10Ça dépend des sensibilités.
02:12Vous savez, vous avez des gens qui sont des durs à cuire.
02:15Moi, j'en faisais partie quand j'étais petite.
02:17Au moins, plus vous me punissez, moins je m'arrête.
02:20Mais ça, c'est mon tempérament.
02:21Mais je suis persuadée que si j'avais été, comment dirais-je, élevé peut-être différemment,
02:27eh bien, peut-être que les choses auraient été plus simples pour moi aussi.
02:30Donc, il faut aller vers la douceur et vers l'art de gouverner et d'élever sans jamais donner un
02:35seul ordre.
02:360,826, 300, 300, quand on voit ces chiffres, de publier tout ce matin par la Fondation pour l'enfance.
02:4183% des parents qui rapportent au moins une violence verbale ou psychologique durant l'année écoulée.
02:46Et 37% au moins une violence physique.
02:49Est-ce que la France est en retard sur ces sujets ?
02:51Est-ce qu'aujourd'hui, quand on voit ce type d'éducation, c'est une forme de banalité en France
02:54?
02:55Vous pouvez être partie, alors Françoise Degoy dirait, c'était mieux avantiste qui regrette le temps où une bonne claque
03:00servait à quelque chose.
03:01Passez-nous un coup de fil.
03:020,826, 300, 300, Franck de Dieu.
03:05Moi, je suis d'accord avec Françoise, à l'exception de sa conclusion.
03:10Oui, parce qu'elle considère qu'il faut respecter la loi.
03:15Et, pardon de le dire, mais elle a raison.
03:17La loi, c'est quand même de ne pas taper, de ne pas donner des fessées.
03:22Mais elle termine par ne jamais donner un seul ordre.
03:26Comme s'il y avait un continuum entre ne pas respecter la loi et ne pas donner un seul ordre.
03:31Pardon, mais là, on est en train, et on polarise tout, on binarise tout.
03:35Il y a d'un côté les gros cogneurs qui disent que c'était mieux avant, une bonne claque.
03:39Et puis de l'autre côté, le no limit.
03:41Il ne faut pas donner d'ordre.
03:42Mais non, il y a peut-être, et la plupart des Français, j'espère...
03:43Non, d'autoritarisme, non, je me suis mal exprimé, d'autoritarisme.
03:47Peut-être, sans doute.
03:49Mais, il y a quand même, la plupart des Français considèrent qu'il y a un juste milieu,
03:54c'est-à-dire qu'il faut bien sûr respecter la loi,
03:56pas simplement par l'égalisme, mais aussi par sens moral à l'égard de son enfant,
04:01mais aussi fixer des limites.
04:02Il faut faire une éloge, un éloge du nom.
04:05On ne doit pas être le grand cogneur, mais on ne doit pas non plus être le fameux l'enfant
04:09roi.
04:10Il y a quand même l'éloge du nom,
04:12et le fait de se dire qu'il y a des règles, des valeurs,
04:16le monde doit être à sa place dans l'esprit d'un enfant.
04:20François, je vois qu'il corrige un peu ce qui a juste ses propos.
04:23C'est un proverbe chinois.
04:24L'art de gouverner sans jamais donner un seul ordre,
04:27vous savez bien, vous voyez bien, la dimension dans l'ordre,
04:30c'est l'autoritarisme et la verticalité.
04:32On peut fixer des limites en étant totalement dans l'horizontalité.
04:37On peut fixer des limites en étant dans la douceur et dans la bienveillance,
04:42avec un enfant d'ailleurs, ou avec qui que ce soit d'autre.
04:45Moi, je vous assure, je vous assure véritablement que ce n'est pas un problème d'être un enfant roi
04:50ou pas,
04:50c'est un problème de comportement et d'intention profonde des parents.
04:55On peut fixer des limites sans bousculer un enfant.
04:58Non, mais encore une fois, je vais dire que je suis d'accord à l'exception d'une phrase,
05:01c'est-à-dire qu'il faut être dans une logique d'horizontalité.
05:04Non, la relation filiale entre les enfants et les parents,
05:08c'est une relation qui a, je dirais presque même naturellement,
05:13une relation filiale et une relation verticale.
05:16Ce qui suppose qu'à un moment donné, il y a celui qui montre le chemin,
05:20qui représente l'ordre social, l'ordre social.
05:24Et celui qui doit être en situation, je dirais, d'apprendre.
05:28Ça, ça ne veut pas dire du tout...
05:30C'est l'horizontalité. Vous savez que c'est ça.
05:32Vous savez, je vais vous dire, la sociologie, elle est très claire là-dessus.
05:36Vous savez pourquoi on va dans le mur.
05:38Nous avançons depuis des siècles et des siècles
05:40avec le modèle du troupeau des buffles,
05:44avec le buffle de tête, si vous voulez, et tout le monde derrière.
05:47Eh bien, les sociologues disent, nous rentrons dans un temps
05:49où l'humanité aspire à un modèle du vol des oies sauvages.
05:53Qu'est-ce que c'est le vol des oies sauvages ?
05:55C'est des oies qui volent, et vous avez l'oie de droite
05:57qui prend le relais et l'autre qui passe derrière.
05:59C'est ça, l'horizontalité.
06:01On n'a pas besoin...
06:02L'horizontalité est profonde.
06:05Et dans toutes les traditions, en plus de ça, religieuses,
06:07et je dirais talmudiques, par exemple,
06:09vous prenez la relation de maître et disciples,
06:11ce sont des relations horizontales.
06:13Mais le sujet, figurez-vous, fait réagir au 0826 300 300,
06:16en plus de votre conversation, ma chère Françoise et mon cher Franck.
06:19Bonjour Liliane.
06:20Bonjour.
06:21Merci beaucoup d'être avec vous, ma chère Liliane.
06:23Est-ce que vous allez bien cette fin de semaine ?
06:25Ça va bien.
06:26Ça va bien.
06:27Croyez-moi, dans le contexte, c'est déjà énorme, Liliane.
06:29C'est vrai.
06:30On fait des efforts.
06:31Mais on en est tous là, c'est ce qu'on appelle le stade de la survie.
06:33Et croyez-moi, on vous soutient dans ce stade-là, ma chère Liliane.
06:36Et on vous comprend, surtout.
06:38Et on vous comprend.
06:39Comment vous regardez, vous, ce débat qui nous anime autour de la table ?
06:42Est-ce que vous, en effet, vous faites partie des parents qui regrettent avoir haussé le ton,
06:47peut-être une fois levé la main ?
06:48Est-ce que ce n'est pas du tout votre mentalité ?
06:49Vous êtes dans l'horizontalité que prône Françoise, par exemple.
06:52Alors, je viens d'une famille où une fessée, ça ne fait pas de mal.
06:57Et j'ai essayé de faire 100 avec mon fils qui, aujourd'hui, il a 18 ans.
07:04Mais il y a eu deux ou trois moments où, au moment des devoirs, j'ai été excédée.
07:11Et non seulement j'ai crié, mais en plus, j'ai eu un geste inapproprié.
07:18C'est-à-dire, j'ai tapé les cahiers sur la table et j'ai mis derrière la tête, vous
07:24savez, un petit...
07:25Une piche nette, une piche nette derrière la tête.
07:28Un petit clap façon, oui, oui, façon Gibbs dans NCIS.
07:32Voilà.
07:32Et ce qui m'a fait, ce qui me hante toujours, c'est le...
07:36Parce que mon enfant, il était assez grand.
07:38C'est-à-dire qu'il avait 8-9 ans.
07:40Et son regard, parce qu'il voyait son parent l'agresser.
07:49Et la peur de ses yeux.
07:53Alors que dans l'éducation de tous les jours, on n'a jamais eu de soucis pour mettre des limites.
07:58Il a toujours été un enfant assez facile.
08:00Mais avec l'école, ça n'allait pas.
08:02Et c'est un aveu d'impuissance.
08:04Quand on arrive à des gestes de violence verbale ou physique,
08:11je me suis rendue compte que c'est un aveu d'impuissance.
08:13Et ça me hante.
08:15Ça me hante toujours.
08:16Donc vous le regrettez aujourd'hui.
08:17Vous faites partie, en effet, des parents qui éprouvent aujourd'hui un profond regret quant à cette attitude.
08:21Merci beaucoup, Liliane, de nous avoir passé un coup de fil.
08:23C'est fort.
08:23Et de nous avoir appelé au 0826 300 300.
08:27La conversation se poursuit entre Françoise Degrois, entre Franck Daudieu,
08:31mais surtout avec vous, amis auditeurs.
08:330826 300 300, des chiffres issus de la Fondation pour l'enfance.
08:36Assez alarmant, 68% des parents qui déclarent avoir déjà hurlé ou crié sur son enfant.
08:4130% avoir donné une tape sur la main.
08:43Au total, si on mélange tous les chiffres, écoutez bien,
08:4583% des parents qui rapportent au moins une violence verbale ou psychologique sur l'année écoulée.
08:49Et 37% au moins une violence physique.
08:51Est-ce que la France est beaucoup trop lâche sur ce sujet ?
08:54Est-ce qu'on ne veut pas voir la réalité en face ?
08:56Ou au contraire, est-ce que petit à petit, vous voyez bien la montée en puissance
08:59de la douceur dans l'éducation, l'horizontalité, dont parle Françoise Degrois,
09:03qui commence à prendre le pouvoir.
09:04Et on ne peut que s'en réjouir.
09:05Ou encore, la vieille école.
09:07Oh là là, une petite claque.
09:08Si seulement ça avait fait du mal à quelqu'un, ça se saurait.
09:11Passez-nous un coup de fil.
09:120826 300 300.
09:13La conversation se poursuit jusqu'à 9h.
09:18Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h, Maxime Liedot.
09:24Comme vous l'entendez, la conversation se poursuit.
09:26Elle est animée en studio 0826 300 300 avec vous, amis auditeurs.
09:30Je l'aime beaucoup ce Franck.
09:31C'est la première fois que je fais des débats ici, je l'aime beaucoup.
09:33Mais oui, croyez-moi, ça fait des étincelles, comme on dit.
09:36Françoise Degrois, Franck Dodio autour de la table.
09:38On poursuit la conversation sur un sujet qui vous fait énormément réagir, amis auditeurs.
09:42Un quart des parents jugent la fessée efficace dans un but éducatif.
09:45C'est censé pourtant être une technique bannie depuis la fameuse loi.
09:49Il n'y a peut-être qu'en France que ça existe, une appellation comme ça.
09:51Anti-fessée de 2019.
09:53Et c'est vrai que ce sont des chiffres qui ont été publiés dans la nuit par la Fondation de
09:56l'Enfance.
09:5683% des parents rapportent au moins une violence verbale ou psychologique.
10:00Et 37% au moins une violence physique au cours de l'année écoulée.
10:04On avait un débat ici en studio sur l'importance de l'horizontalité, verticalité.
10:09Est-ce qu'aujourd'hui, peut-être qu'on a tellement été durs dans notre éducation en France que la
10:12claque, la gifle,
10:13même le nom d'un formidable film, était tellement banalisé qu'aujourd'hui, on fait l'excès, c'est-à
10:20-dire qu'on fait l'enfant roi.
10:21Eh bien, on en parle avec vous et aussi au 0826 300 300.
10:24Est-ce que vous pensez que la France pourra se détacher ?
10:26Vous parliez tout à l'heure, Françoise Debois, des fameux « c'était mieux avantiste ».
10:29Est-ce qu'aujourd'hui, il n'y a pas quand même une image, peut-être de la virilité, de
10:32l'éducation, du parent,
10:34qui est que, bon écoute, si tu ne veux pas faire tes devoirs, une fessée, une claque, aujourd'hui, ce
10:38n'est pas la mort.
10:39Et ce n'est pas qu'un réflexe, c'était avantiste.
10:40Quelque chose d'ancré culturellement.
10:41Vous avez vu, Franck disait ça tout à l'heure, on est dans une polarisation telle,
10:46qu'effectivement, vous avez, comment dirais-je, quelque chose qui essaie d'avancer dans ce qu'on appelle le soft
10:52power,
10:53et puis vous avez, en miroir, ce qui se dresse, on voit le retour des virilistes, on voit le retour
10:59des masculinistes,
11:00étant que c'est une société extrêmement bipolaire, et extrêmement polarisée.
11:05Et là, si vous voulez, il est là, le sujet, notre sujet, il est là.
11:09On est quand même un pays, si ça s'arrêtait qu'à la gifle ou à la fessée, ce ne
11:14serait pas grave.
11:14Nous sommes dans une fracturation qui est, en plus de ça, entretenue, évidemment, chaque jour, dans le débat public et
11:20politique.
11:21Donc, voilà, ça dépasse la gifle.
11:23Moi, je ne vais pas faire mon techno-macroniste, mais je me dis, finalement,
11:29ça commence bien, tiens.
11:30Il faut peut-être se pencher sur l'efficacité.
11:34Qu'est-ce qui est efficace par rapport à ce qu'on appelle une bonne éducation ?
11:38Ben, dites-donc, vous vous posez un peu là, le macronisme efficace, on voit depuis...
11:42Non, mais c'est un peu technocratique, ce que je veux dire, c'est que, évidemment, tout ne se mesure
11:48pas à l'efficacité éducative.
11:50Mais tout de même, l'idée qu'on n'en a pas beaucoup parlé entre verticalité et horizontalité,
11:54c'est quand même la parole, la communication.
11:58Je pense qu'il faut quand même rappeler à quel point ce qui distingue un buffle ou une oie sauvage
12:03d'un enfant,
12:04c'est quand même la parole, l'explication.
12:08Parlez du modèle sociologique, arrêtez de me caricaturez.
12:11Je pense qu'il y a une efficacité dans l'éducation, je le dis modestement,
12:16je n'ai pas tout réussi, loin de là,
12:18mais il y a une efficacité à parler et à dire ce qu'il faut faire, ce qu'il ne
12:23faut pas faire,
12:23et à communiquer et à expliquer la légitimité d'une voix qui porte, ou au contraire...
12:30Je suis d'accord, je suis d'accord, ça.
12:320826 300 300, bonjour Romina.
12:35Oui, bonjour à tous.
12:36Bonjour Romina !
12:37Merci beaucoup d'être avec nous ce matin, ma chère Romina.
12:39Vous nous avez appelé parce que le sujet, vous, en tout cas, provoque quelque chose en vous.
12:43Il me semble que vous avez une éducation singulière et vous avez voulu, je crois,
12:48éviter de la reproduire par la suite, c'est ça ?
12:51Alors, tout à fait, voilà, nous, on a été quand même victime de, il faut le dire, de maltraitance quand
12:55on était enfant,
12:56et donc, effectivement, quand on devient maman, c'est une chose, mon frère a senti exactement la même chose,
13:02on se dit tout de suite, est-ce qu'on va reproduire ?
13:04Et, voilà, je voulais le dire aussi sur Sud Radio,
13:08sachez, les parents qui ont été victimes de violences quand vous avez été enfant,
13:12déjà, quand vous vous posez la question, c'est que vous ne le ferez pas.
13:17Sachez-le si ça peut rassurer, parce qu'il n'y a que 30% des enfants qui ont été
13:20maltraités, qui reproduisent,
13:22et, alors, bien sûr, il y a les violences physiques, mais il y a aussi toutes les violences psychologiques,
13:27et puis il y a aussi le désinvestissement, parce qu'il y a une négligence aussi.
13:31Et ce que ça en mène, tout ça, en fait, parce que, je vous entends depuis tout à l'heure,
13:35c'est très intéressant,
13:36mais il y a une notion dont vous ne parlez pas, c'est qu'on les accompagne, les enfants,
13:39pour que, fondamentalement, on cherche tous la voie de la liberté,
13:43c'est-à-dire qu'ils soient libres de faire ce qu'ils veulent,
13:44qu'ils soient libres de faire ce qu'ils ont envie de faire.
13:48Et pour ce faire, en fait, cette violence-là, elle n'entraîne que de l'hyper-vigilance,
13:53et donc de la culpabilité.
13:55Donc, on ne forme pas des vivants, et on forme des survivants.
13:59Et vous, Romina, par exemple, c'est indiscret de vous demander,
14:03il me semble que vous avez une fille, c'est ça ?
14:05Oui.
14:06Et vous l'avez vu, j'imagine, dans votre éducation, peut-être cette extrême vigilance,
14:11ou la volonté, vraiment, au quotidien, de ne certainement pas,
14:14et de ne surtout pas, reproduire l'environnement que vous avez connu ?
14:17Oui. Alors, ça demande un travail sur soi énorme.
14:20Parce que quand on fait des grosses journées,
14:22parce que je suis un charnière libérale,
14:23donc comme je disais, bonne journée,
14:25on n'est pas disponible.
14:26Mais par contre, on le dit aux enfants,
14:28et à force d'expliquer, ils le comprennent.
14:31Maman a fait sa journée.
14:32Ce soir, je ne peux pas.
14:34Mais demain, je t'accorde ce temps-là.
14:36En fait, Rolina, vous remettez sur le devant de la scène
14:40la conversation qu'on était en train d'avoir ici, en studio,
14:42c'est-à-dire l'importance, même à un enfant,
14:44dès le plus jeune âge, d'expliquer, de raconter, de communiquer.
14:47Pour vous, c'est ça qui a permis de passer outre
14:50ce que vous aviez pu connaître.
14:51Oui, tout à fait.
14:53Et après, ça peut arriver, bien sûr,
14:55s'il approche de sa main du poil,
14:58et que là, évidemment, vous allez le retirer brusquement.
15:01Et alors, il y a aussi cette réaction épidermique,
15:02parce que naturellement, quand on touche quelqu'un,
15:05on rentre dans l'enveloppe comme ça.
15:08Donc, effectivement, il y a des gestes,
15:10on ne peut pas faire autrement,
15:11puisqu'on est là, effectivement, pour les protéger d'eux-mêmes.
15:13C'est ça aussi, éduquer.
15:15Maintenant, ce ne soit pas quelque chose de courant,
15:19de banalisé.
15:20C'est vrai que c'est une société patriarcale.
15:22C'est vrai qu'il y a le retour du masculinisme.
15:24C'est vrai que c'est encore mal vu
15:26un gamin qui est élevé que par une grand-mère et une maman.
15:29De toute façon, c'est un gamin qui est élevé que par des bonnes femmes.
15:32On l'entend encore.
15:33C'est vrai, c'est tellement vrai.
15:35Aujourd'hui, on voit à quel point, en effet,
15:37c'est un sujet sensible.
15:38C'est pour ça aussi qu'on voulait le traiter dans la matinale de Sud Radio.
15:40Et on va continuer à en parler,
15:41parce que vos appels sont nombreux
15:43et vous voulez réagir avec différents témoignages
15:45à ces chiffres de la Fondation pour l'enfant.
15:47Je vous remercie, Françoise Degoy.
15:48C'est un plaisir, Maxime.
15:50D'avoir été non seulement avec moi ce matin,
15:52mais surtout avec nous et avec les auditeurs sur ce sujet
15:54qu'on va reprendre dans une poignée de minutes
15:56dans La Vérité en face.
15:57Ce sera juste après les informations de Laurie Leclerc.
15:59A tout de suite.
16:00Et très bon début de journée.
16:00C'est la fin de semaine.
16:01On y croit.
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