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  • il y a 12 minutes
Chaque jour, Marc Fauvelle vous accompagne de 19h à 20h dans 60 minutes Fauvelle sur BFMTV.

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00:00:00On va en parler ce soir avec Ulysse Gosset qui est avec nous, bonsoir Ulysse, avec l'amiral Didier Malter,
00:00:05bonsoir amiral.
00:00:06Ancien commandant des forces françaises au Moyen-Orient, vous êtes également vice-président de l'entreprise de défense Excel
00:00:11qui est spécialisée entre autres dans la lutte contre les mines et on en parle beaucoup évidemment au sujet du
00:00:17détroit d'Hormuz.
00:00:18Nicolas Bouzou, bonsoir économiste, fondateur du cabinet Asterès, Maneli Mirkan, bonsoir, experte en sécurité internationale
00:00:25et Antoine Bassebouz, bonsoir, politologue, directeur de l'Observatoire des Pays Arabes, c'est une information fragile.
00:00:32Ulysse Gosset se cessez le feu à venir dans un peu plus de 4 heures maintenant.
00:00:36On dit entre Israël et le Liban, en réalité c'est entre Israël et le Hezbollah.
00:00:41L'une des questions c'est de savoir si le Hezbollah va le respecter ce soir.
00:00:44Non, c'est vraiment un accord entre Israël et le Liban, entre le président Aoun et le Premier ministre Netanyahou.
00:00:50C'est important de le dire parce que le Liban est un état fragile, le Hezbollah c'est une milice,
00:00:54c'est un mouvement politique, c'est une armée qualifiée de terroriste par l'Israël et par beaucoup,
00:01:00mais l'annonce qui a été faite ce soir c'est un cessez le feu entre Israël et le Liban,
00:01:04confirmé par l'armée israélienne et par Donald Trump et par le président libanaise Joseph Aoun.
00:01:10Ce qui est important dans le message de Donald Trump, c'est que d'abord il donne la durée du
00:01:14cessez le feu,
00:01:1510 jours, à partir de ce soir 23h, heure de Paris.
00:01:18La deuxième chose c'est...
00:01:19Ça veut dire qu'il coïncide avec l'autre cessez le feu, celui de l'Iran à peu près ?
00:01:21Ils vont se chevaucher, puisque l'autre cessez le feu, celui de l'Iran,
00:01:25il arrive à expiration le 21, c'est-à-dire mardi prochain.
00:01:28Donc en fait, on voit très bien le lien qui est fait, sans être jamais officiellement dit,
00:01:34entre la guerre en Iran et la guerre au Liban.
00:01:36Les Iraniens voulaient imposer un cessez le feu au Liban
00:01:40avant de trouver un accord avec les Américains sur le nucléaire et tout le reste.
00:01:45Ils l'ont obtenu ce soir et donc ça va débloquer les choses très certainement.
00:01:48L'autre point très important dans la déclaration de Donald Trump ce soir,
00:01:52c'est qu'il dit, j'ai demandé à mon chef d'état-major, donc Dan Ken,
00:01:55chef de guerre, c'est lui qui fait la guerre en Iran,
00:01:57de s'occuper personnellement du cessez le feu au Liban.
00:02:01Ça veut dire qu'il va rentrer en contact avec ses homologues israéliens et libanais
00:02:06pour que le cessez le feu soit respecté.
00:02:08Donc vous savez, quand un militaire américain prend en charge la mission du patron,
00:02:12il va l'exécuter.
00:02:13Donc c'est très important parce que ça évite, si vous voulez,
00:02:17les tentatives politiques des uns ou des autres de saboter ce cessez le feu
00:02:20ou de tenter de le saborder.
00:02:22Donc ça veut dire que Trump se donne les moyens que ce cessez le feu,
00:02:25non seulement, soit conclu.
00:02:27Et ensuite, il invite à la Maison-Blanche, autre moment historique, si j'ose dire,
00:02:32les deux protagonistes, c'est-à-dire Benjamin Netanyahou,
00:02:35qui connaît bien la Maison-Blanche,
00:02:36et Joseph Aoun, qui n'y est jamais allé.
00:02:39Il faut rappeler que c'est un militaire lui-même, le chef d'état libanais,
00:02:42et qui va se retrouver donc avec Donald Trump et Benjamin Netanyahou
00:02:45à la Maison-Blanche, avec la perspective d'un accord de paix
00:02:48et aussi d'une reconnaissance.
00:02:50Parce qu'au jour d'aujourd'hui, les deux États ne se reconnaissent pas mutuellement.
00:02:54Manéli Mirkan, là, il y a un petit trou de souris pour,
00:02:58on a compris le jeu de domino, les Iraniens disaient,
00:03:01sans cesser le feu au Liban, on ne revient pas à la table des discussions,
00:03:04sans cesser le feu doit entrer en vigueur dans un peu plus de 4 heures maintenant,
00:03:07il y a un petit trou de souris pour la diplomatie.
00:03:10Je pense que la diplomatie fait son chemin, avance,
00:03:13malgré le fait qu'on voit de part et d'autre qu'il y a un peu d'escalade,
00:03:16on a le sujet du détroit d'Hormoz,
00:03:18mais en revanche, la diplomatie entre les Américains et les Iraniens
00:03:23fait son chemin.
00:03:25Je pense aussi qu'ils ont été habiles dans la gestion du sujet de Liban,
00:03:29parce qu'ils n'ont pas cédé à la demande des Iraniens
00:03:34qui posaient ça comme précondition pour même Islamabad,
00:03:37aux premières rencontres, ils avaient déjà dit,
00:03:39on ne se verra pas tant qu'il n'y aura pas de cesser le feu au Liban.
00:03:43Ils n'ont pas cédé là-dessus, ils ont bien séparé les deux dossiers,
00:03:46ils ont créé un canal direct avec Israël,
00:03:49et donc les négociations directes avec Israël,
00:03:51et en même temps, ils ont enlevé, j'allais dire,
00:03:56cette excuse du côté iranien en détachant complètement ce dossier,
00:04:01en disant ça ne vous regarde pas, ça va se gérer ailleurs,
00:04:04ça se gère entre les deux pays,
00:04:05et se concentrer exclusivement sur les pourparlers avec les Iraniens.
00:04:09L'une des questions maintenant, c'est de savoir ce qui va se passer
00:04:11à 23h heure française, Antoine Basbous,
00:04:14est-ce qu'on peut dire avec certitude que le Hezbollah
00:04:17va rentrer dans ce cesser le feu ?
00:04:19Est-ce qu'il a envie d'y rentrer ?
00:04:22Première réaction, c'est le député Hassan Fadlallah du Hezbollah,
00:04:25qui a fait une déclaration aussitôt le cesser le feu annoncé,
00:04:29pour dire, j'ai contacté l'ambassadeur d'Iran à Beyrouth,
00:04:33pour lui annoncer qu'il peut y avoir un cesser le feu ce soir.
00:04:37Ça veut dire, il veut placer l'Iran au centre des négociations,
00:04:41alors que tout l'effort du Liban, de la France, des États-Unis et d'Israël,
00:04:45c'est de dissocier le dossier Liban du dossier iranien
00:04:49et de ne pas considérer le Liban comme une colonie iranienne.
00:04:53Donc c'est ça l'enjeu.
00:04:54Mais à vrai dire, ce n'est pas le président libanais
00:04:57qui a ouvert le feu sur Israël, ou le gouvernement libanais,
00:04:59c'est le Hezbollah sur l'instruction des passes d'Aron.
00:05:02Donc aujourd'hui, il y a un paradoxe.
00:05:04C'est le président qui a été appelé et qui a dit OK pour le cesser le feu,
00:05:08mais en même temps, le président avait ordonné le désarmement du Hezbollah
00:05:12et non pas qu'il tire sur Israël.
00:05:14Autre chose, c'est que depuis quelques temps, depuis mars en fait,
00:05:20Israël est rentré au moins de 8 kilomètres à l'intérieur du Liban,
00:05:24a chassé toute la population jusqu'au fleuve Litani,
00:05:29ça fait 600 000 personnes,
00:05:30et au-delà, ce qui fait un million de personnes qui sont sans abri,
00:05:34qui sont dans la rue.
00:05:35C'est la question de leur retour ou pas, ce soir ou dans les jours qui viennent ?
00:05:38Non mais les ponts sur le fleuve Litani ont été détruits,
00:05:43le dernier, cet après-midi,
00:05:45et donc Israël a annoncé qu'il n'y a pas de retour au sud de Litani.
00:05:50Donc de ce fait, c'est une bombe humaine qui se trouve à Beyrouth.
00:05:54Les gens considèrent que le Hezbollah a mené le pays à sa perte, au chaos,
00:05:59et ne reçoivent plus la base sociale du Hezbollah,
00:06:04parce que quand un chef s'installe dans un bâtiment,
00:06:08eh bien le drone israélien vient frapper le bâtiment.
00:06:11Donc aujourd'hui, c'est un chaos à Beyrouth,
00:06:14et l'autorité de l'État est bafouée,
00:06:17parce que l'État n'a pas fait la démonstration
00:06:19qu'il mérite d'exercer le pouvoir et de gouverner.
00:06:23Laurent Saïm, à Washington,
00:06:25où Donald Trump a donc fait cette annonce cet après-midi sur son réseau social,
00:06:29cette annonce, bonsoir Laurence, de se cesser le feu,
00:06:32son rôle précis au président américain dans cette annonce
00:06:35et dans cet accord pour obtenir que les armes se taisent ce soir ?
00:06:43Les conseillers diplomatiques de Washington ne cessent de répéter
00:06:46que Donald Trump a un rôle extrêmement important
00:06:48et que c'est lui qui dirige son équipe,
00:06:51et c'est toujours la même équipe,
00:06:52à la fois sur l'Iran et à la fois sur Israël et sur le Liban.
00:06:56C'est toujours comme le président Donald Trump l'a indiqué dans son tweet ce matin,
00:07:00le vice-président J.D. Vance
00:07:03qui mène les négociations avec Marco Rubio.
00:07:06Alors vous ne les entendez pas,
00:07:08toutes nos demandes d'interview au vice-président,
00:07:11mais aussi au secrétaire d'État,
00:07:12sont restées sans réponse,
00:07:13comme pour la majorité de nos confrères,
00:07:15mais dans les coulisses,
00:07:17sous les directions de Donald Trump,
00:07:19et bien ils agissent.
00:07:20Et lorsqu'on les suit comme des petites fourmis,
00:07:22avec Doreen Jarnias très précisément,
00:07:24et bien on s'aperçoit qu'il y a beaucoup de diplomatie
00:07:27qui s'est passée depuis 48 heures.
00:07:30Mardi, on était au département d'État
00:07:31avec le secrétaire d'État Marco Rubio
00:07:34qui le matin recevait les ambassadeurs israéliens et libanais à Washington.
00:07:39Évidemment, aucune déclaration n'a été faite,
00:07:41une jolie image pour les caméras du monde entier,
00:07:43mais ils sont restés à discuter pendant des heures.
00:07:46Dans l'après-midi,
00:07:46on a vu le ministre égyptien des Affaires étrangères
00:07:51qui voyait aussi Marco Rubio.
00:07:53Là aussi, une petite photo, pas de commentaire.
00:07:55Et puis ensuite, on a vu au département d'État
00:07:56des diplomates chinois.
00:07:58On sait que les Pakistanais
00:07:59téléphonent régulièrement aux diplomates
00:08:02quand au président américain,
00:08:04et bien lui, se réjouit d'avoir cette équipe.
00:08:07Il a toujours été très optimiste.
00:08:09Dans son entourage, on ne cesse de critiquer,
00:08:12je cite, les journalistes
00:08:13qui répondent de mauvaises nouvelles.
00:08:15C'est l'optimisme qui règne à la Maison-Blanche.
00:08:17Et on verra dans les faits,
00:08:18dans les prochains dix jours,
00:08:19si cet optimisme s'avère prouvé ou pas.
00:08:23– Coucou, Laurence Aimef,
00:08:24Dorine Jamias à Washington.
00:08:26L'optimisme règne à la Maison-Blanche.
00:08:29Ulysse Gosset, après ce cessez-le-feu
00:08:31décroché par Donald Trump,
00:08:33c'est la première brique vers autre chose
00:08:35où il faut prendre les cessez-le-feu
00:08:37les uns après les autres
00:08:38et d'abord surveiller si celui-ci tient ce soir.
00:08:40– Oui, je dirais que la prudence,
00:08:41effectivement, incite à prendre les choses
00:08:43les unes après les autres.
00:08:44Aujourd'hui, c'est clairement une bonne nouvelle.
00:08:46Si le cessez-le-feu est respecté,
00:08:48à partir de 23h,
00:08:49les ordres sont donnés à l'armée israélienne
00:08:51qui va exécuter les ordres.
00:08:53Maintenant, il faut voir ce que fait le Hezbollah.
00:08:54– Le Hezbollah, nous disait Antoine Basbouz,
00:08:57qui dit « nous allons respecter ce feu
00:08:59si Israël arrête de nous viser ».
00:09:00– Tout à fait, mais le Hezbollah,
00:09:02il est sous le feu depuis plus d'un mois.
00:09:06Ses casemates, ses stocks de guerre, etc.,
00:09:08sont détruits.
00:09:08On ne peut pas exclure qu'il y ait des dissensions.
00:09:11En tout cas, on verra.
00:09:12– On ne peut pas exclure qu'il y ait quelque part
00:09:13un combattant qui tire une roquette.
00:09:14– On n'en est jamais sûr.
00:09:16Soyons prudents.
00:09:18– Non, non, moi je trouve que le Hezbollah
00:09:20est une formation qui est obéie au pass d'Aran.
00:09:24– Il n'y a pas de frondeur.
00:09:25– Non, non, non, il n'y a pas de frondeur.
00:09:26Ils ont une mission, c'est le guide Khamenaï
00:09:29qu'il avait décrété au président Suleyman
00:09:32le 24 novembre 2008.
00:09:35Il lui a dit « la mission confiée au Hezbollah,
00:09:38c'est d'éliminer Israël et de reconquérir Jérusalem ».
00:09:41Et cette mission, le Hezbollah s'en est acquitté.
00:09:44Il a beaucoup investi dans les tunnels,
00:09:47dans les armes, dans les munitions et surtout une doctrine,
00:09:50une idéologie qui prône ceci et qui l'applique.
00:09:53– Mais ce qu'il faut attendre, c'est une déclaration officielle
00:09:55du chef du Hezbollah, M. Kassem, qui pour l'instant ne s'est pas exprimée.
00:09:58Lorsqu'il aura confirmé le cessez-le-feu, alors on aura une plus grande certitude.
00:10:02Ce soir, il faut quand même être prudent.
00:10:03Ce n'est pas la première fois qu'un cessez-le-feu entre Israël et le Liban a été rompu.
00:10:08Mais effectivement, c'est quand même dans le jeu de domino auquel on assiste
00:10:12dans ces deux guerres qui se maintiennent, c'est très important
00:10:15parce que ça peut effectivement débloquer les choses
00:10:17pour la grande négociation Amérique-Iran sur le nucléaire.
00:10:20– Oui, c'est pour ça que vous disiez peut-être petite brique de plus.
00:10:23– Une grosse brique.
00:10:24– Le Hezbollah est commandé par les passe-dans iraniens au Liban.
00:10:30Et Naïm Kassem, c'est une vitrine libanaise du Hezbollah.
00:10:33Et d'ailleurs, la phrase que je viens de citer,
00:10:37eh bien Naïm Kassem avait lui-même raconté l'histoire de la séance
00:10:43pendant laquelle Khomeini, le fondateur de la République islamique,
00:10:47a saigné le décret de création du Hezbollah à Téhéran.
00:10:51Donc il est extrêmement embrigadé.
00:10:54Mais le commandement est obéi aujourd'hui aux passe-dans iraniens qui sont au Liban.
00:11:00– Ulysse Gosset, Donald Trump s'est évidemment félicité tout à l'heure de cesser le feu.
00:11:06Il a même ajouté un chiffre à son décompte.
00:11:08Vous savez, d'habitude, il disait « j'ai réglé huit guerres ».
00:11:10Là, il dit ça hier, j'en suis à dix désormais avec ce cesser le feu.
00:11:14Hier, il en était à neuf, une de plus.
00:11:17Mais ce n'est pas complètement injustifié dans ce cas précis.
00:11:20Il a vraiment décroché son téléphone, convaincu Benyamin Netanyahou.
00:11:24– Oui, on sait qu'il a passé la journée d'hier dans son bureau.
00:11:27Il a certes accordé quelques interviews rapides au téléphone,
00:11:30mais il est engagé, c'est clair.
00:11:32Il veut un accord, il veut en sortir.
00:11:34Alors, les huit guerres réglées, c'est sujet à caution,
00:11:37parce que certaines ne sont pas du tout réglées.
00:11:39– Mais néanmoins, dans son décompte à lui, ce que l'on voit,
00:11:43c'est que quand il dit « neuvième guerre réglée »,
00:11:45c'est-à-dire qu'il pense qu'il y aura un accord sur l'Iran,
00:11:48et « dixième guerre », il y aura peut-être un accord de paix au Liban.
00:11:51Et c'est ça qui a été important pour lui,
00:11:55mais de toute façon, il est toujours persuadé d'avoir gagné.
00:11:57Donc là, on peut espérer qu'il gagne sur le Liban et sur ce que c'est le feu.
00:12:00– On va y aller justement au Liban, Clémence Dibout, à Beyrouth, avec Sonia Reynaud.
00:12:05Quelle réaction ? Je crois que vous êtes avec un habitant de Beyrouth, justement.
00:12:08On doit attendre, comme nous ici, de savoir ce qui va se passer ce soir, non ?
00:12:14– Avec Maroun, un taxi, qui nous expliquait en fait que ça commençait à bien faire,
00:12:17parce qu'il n'y avait, depuis le début de la guerre, plus aucun touriste,
00:12:19et que lui, au niveau du business et des affaires, c'était vraiment pas terrible.
00:12:23On va lui demander en direct, évidemment, dans quel état d'esprit il est ce soir, et en anglais.
00:12:27– Maroun, que ressentez-vous ce soir ? Il y a un cessez-le-feu ?
00:12:33Est-ce que vous avez confiance ou êtes-vous sceptique ?
00:12:34– En fait, pas vraiment, tout va mal, tout coûte cher, tout va mal pour les affaires,
00:12:43vous voyez ce que je veux dire, donc vous ne savez pas où aller.
00:12:48Parfois, il y a des bombes qui tombent, il n'y a plus de bombes depuis ce soir.
00:12:53– Il n'y a plus de bombes, mais il n'y a aussi plus de travail,
00:12:57parce que les touristes ont peur de venir à Beyrouth en ce moment.
00:13:03Vous voyez beaucoup de voitures, mais ce sont des personnes qui conduisent,
00:13:09qui n'ont pas besoin de taxi.
00:13:10et les personnes qui ont un revenu mensuel ne peuvent pas payer de taxi
00:13:16parce qu'ils ont un salaire très faible.
00:13:20Mais vous pensez que la situation va s'améliorer ?
00:13:24Vous n'avez pas conscience de cesser le feu.
00:13:28Il faut que la guerre cesse, mais ça ne changera rien pour le moment.
00:13:36Peut-être qu'au bout de deux ans, ça ferait une différence.
00:13:39Donc il faut trouver une solution, mais en l'état actuel des choses,
00:13:44il n'y a pas de solution.
00:13:45Le Hezbollah a des armes.
00:13:48Donc pour le moment, nous n'avons pas été capables de faire quoi que ce soit.
00:13:53Beyrouth est détruite, il y a beaucoup de gens dans les rues,
00:13:55et nous n'avons plus rien.
00:13:58Et pour moi, ce sont les armes du Hezbollah.
00:14:04Si elles ne sont pas remises au gouvernement, alors nous n'aurons rien accompli.
00:14:07Vous demandez aux autorités d'en faire davantage ?
00:14:12Il y a une solution, une solution qui n'est pas forcément politique,
00:14:19mais nous devons vivre au quotidien.
00:14:21Nous avons beaucoup de dépenses.
00:14:23Je vais laisser Maroun, parce qu'il essaye de voir s'il n'y a pas des clients ce soir.
00:14:28Il est devant un centre commercial dans un quartier assez huppé de Beyrouth.
00:14:33Il n'y a pas de clients ce soir.
00:14:34Et puis vous le voyez, c'est vraiment intéressant ce qu'il dit Maroun,
00:14:36parce que c'est vraiment à l'état d'esprit ici ce soir.
00:14:38Il n'y a pas forcément, en tout cas autour de nous, avec Sonia Reno, de réjouissance.
00:14:42Déjà d'une, les gens demandent à voir,
00:14:43parce qu'ils en ont vu des cessez-le-feu qui n'ont pas été appliqués.
00:14:46Et puis surtout, ils ont l'impression que ça ne va pas forcément changer
00:14:48ni le fond du problème, ni le quotidien,
00:14:49parce que ce n'est pas une paix au long cours,
00:14:53qui prendrait place à minuit ce soir, heure de Beyrouth.
00:14:56Wait and see, comme pourrait peut-être dire Maroun.
00:14:59Merci beaucoup Clémence Dibault.
00:15:00On entend la prudence de ce chauffeur de taxi à Beyrouth.
00:15:02Effectivement, il n'y a pas d'effervescence ce soir.
00:15:05Tout le monde attend de savoir ce qui va se passer à 23h.
00:15:07C'est l'horaire du début de ce cessez-le-feu annoncé cet après-midi
00:15:10par Donald Trump entre Israël et le Liban.
00:15:13Et on va en reparler dans les minutes qui viennent avec Jean-Yves Le Drian,
00:15:15qui est l'émissaire personnel d'Emmanuel Macron pour le Liban,
00:15:18ancien ministre de la Défense, ancien ministre également des Affaires étrangères.
00:15:22Le Liban d'un côté, le détroit d'Hormuz de l'autre.
00:15:25Jérôme Pellistrandi, vous nous avez rejoint.
00:15:27Bonsoir les Etats-Unis qui maintiennent la pression sur le détroit d'Hormuz.
00:15:32Le blocus durera aussi longtemps qu'il le faudra.
00:15:34C'est ce qu'a dit le Pentagone aujourd'hui.
00:15:36D'ailleurs, les Américains ont détaillé le dispositif mis en place à l'est du détroit.
00:15:41Expliquez-nous.
00:15:42Oui, il faut bien comprendre en fait que le blocus est un blocus naval.
00:15:47Quel est l'objectif ? En fait, c'est d'empêcher en quelque sorte que les bateaux type pétrolier
00:15:53puissent sortir le pétrole iranien et aller l'amener vers des clients étrangers.
00:15:59En fait, l'objectif, c'est d'assécher en quelque sorte les revenus de l'Iran
00:16:04qui sont essentiellement constitués d'hydrocarbures.
00:16:07Donc, qu'est-ce que l'on a ? On a la flotte américaine qui est dans le golfe d
00:16:11'Omane,
00:16:12qui bouge, qui contrôle et en fait, on voit bien que les bateaux iraniens
00:16:18ou portant les intérêts iraniens, certes, ils peuvent franchir le détroit
00:16:21mais jusqu'à présent, aucun n'a osé franchir cette espèce de ligne invisible
00:16:28parce que de l'autre côté, les bateaux américains sont là
00:16:32et donc, en quelque sorte, les empêchent de sortir.
00:16:34Donc, pour le moment, on a des bateaux qui tournent en rond en attendant
00:16:39et en tout état de cause, on voit que le blocus est efficace, donc pour le moment.
00:16:44On voit très bien cette ligne infranchissable de la marine américaine
00:16:48et de l'autre côté, le détroit qui est lui-même bloqué par les Iraniens.
00:16:51Iraniens qui ont réagi aujourd'hui à ce que disent les Américains.
00:16:55C'est par l'intermédiaire d'un des conseillers du kit suprême qui dit
00:16:58« Tous les bateaux qui font la police, c'est le terme qu'ils utilisent, nous les coulerons. »
00:17:02Écoutez.
00:17:03« Nous les coulerons tous, nous n'en laisserons pas un seul s'échapper.
00:17:07Un cessez-le-feu devrait normalement être la première chose après que des accords soient trouvés.
00:17:12C'est pour cela qu'à titre personnel, je suis contre un cessez-le-feu. »
00:17:18Alors, général, est-ce que les Iraniens ont vraiment les moyens de couler des ou même un bateau américain ?
00:17:24Non, très clairement, ils n'ont pas les moyens.
00:17:26On est dans la surenchère verbale.
00:17:28Pourquoi ? Parce qu'ici, on a cette flotte qui est extrêmement puissante, qui bouge tout le temps.
00:17:33Et de l'autre côté, il faut rappeler quand même que les forces iraniennes,
00:17:37elles ont été bombardées pendant des jours et des jours.
00:17:40Il ne leur reste plus de marine, ils n'ont plus de gros bateaux.
00:17:43Peut-être quelques missiles qui sont dans ce côté-là, dont d'ailleurs des missiles de fabrication chinoise.
00:17:48Mais est-ce qu'ils vont prendre le risque d'aller frapper, en fait, les bateaux américains ?
00:17:52Très compliqué. Ils sont loin. Ils sont hors de portée.
00:17:55Donc, on est plus dans la rhétorique verbale en vue des négociations.
00:17:59Et les bâtiments américains, ils n'ont pas besoin d'aller très proche des côtes iraniennes.
00:18:05Leur simple présence ici suffit à assurer le blocus.
00:18:08Merci beaucoup pour ces explications, Amiral Malter.
00:18:10Je rappelle que vous avez été commandant des forces françaises au Moyen-Orient.
00:18:12que vous connaissez le détroit d'Hormuz, j'allais dire comme votre poche, mais presque.
00:18:17Effectivement, les Iraniens, ce ne sont que des mots quand ils disent
00:18:20qu'on peut couler aujourd'hui des bateaux américains ?
00:18:23Alors, effectivement, je connais bien le détroit d'Hormuz.
00:18:26J'ai eu la chance de le passer à bord d'une frégate.
00:18:28Ou aussi à bord d'un sous-marin nucléaire d'attaque, il y a quelques années.
00:18:32Donc, ce qui a été présenté par le général Pellistrandi fait sens.
00:18:36Il y a un dispositif massif qui est mis en place par les Américains,
00:18:39à portée avant nucléaire, des frégates.
00:18:41C'est certainement un sous-marin nucléaire qui n'est pas évoqué,
00:18:43qui n'est pas présenté, mais qui est là pour faire du recueil du renseignement.
00:18:47Mais il faut bien avoir une chose en tête.
00:18:49Il faut toujours rester prudent et jamais sous-estimer son ennemi.
00:18:52Ce n'est pas une histoire de guerre navale, marine contre marine.
00:18:55La marine iranienne a disparu.
00:18:57Il reste la marine des Passe-d'Aran, qui est essentiellement centrée
00:19:00sur le golfe Persique et Hormuz.
00:19:02Ils ont gardé vraiment le centre de gravité.
00:19:03Mais quand on est aussi proche des côtes, c'est une guerre interarmée.
00:19:06On sait le potentiel des Iraniens en matière de missiles.
00:19:12Rappelez-vous, le Lincoln, le porte-avions nucléaires américain,
00:19:15il a, semble-t-il, été attaqué par un certain nombre de missiles.
00:19:18On parle de 100 missiles.
00:19:19Je ne suis pas allé les compter.
00:19:20Mais ce qui est sûr, c'est qu'il n'y a pas de démenti.
00:19:22Ce qui explique d'ailleurs pourquoi le dispositif américain,
00:19:25vous l'avez vu, s'est décalé vers l'Est
00:19:28pour être hors de portée de la menace iranienne.
00:19:32La menace iranienne aujourd'hui sur cette flotte américaine,
00:19:35ce serait quoi la principale ?
00:19:36Essentiellement balistique, attaque de drones massives, saturantes,
00:19:40comme ils l'ont fait récemment manifestement sur Lincoln.
00:19:43Donc ce n'est pas nécessairement un combat naval, marine contre marine.
00:19:45C'est un combat avec les armes dont disposent les Iraniens.
00:19:49Et vous le savez qu'en matière de missiles balistiques,
00:19:51missiles de croisière, missiles balistiques et missiles de croisière,
00:19:55mais également de drones, ils ont une capacité de nuisance.
00:19:58On n'est pas à l'abri de surprises.
00:20:00Et je pense que l'amiral Cooper,
00:20:02qui commande des opérations à Tampa, donc Sainte-Com,
00:20:05il a bien pris en compte cette menace.
00:20:07Je vais vous réinterroger dans quelques minutes,
00:20:09parce que vous dites qu'on a la solution en France
00:20:11pour déminer le détroit d'Hormuz.
00:20:13Il se trouve qu'il y a une conférence demain qui va s'ouvrir à Paris
00:20:16pour tenter d'envisager l'avenir de ce détroit.
00:20:18Et vous avez un discours presque rassurant sur la question des mines.
00:20:22Vous allez nous expliquer pourquoi dans quelques minutes.
00:20:24D'abord, Nicolas Bouzou, on voit passer des chiffres
00:20:27qui ne veulent absolument rien dire.
00:20:28Le blocus coûte aux Iraniens 435 millions de dollars.
00:20:32Moi, je n'arrive pas à savoir si c'est beaucoup ou pas beaucoup.
00:20:34Est-ce que le blocus, aujourd'hui, il fait souffrir l'Iran ?
00:20:37Et si oui, est-ce qu'il fait souffrir le régime ou le peuple iranien ?
00:20:41Il est absolument certain qu'il fait souffrir le régime et le peuple iranien.
00:20:45Mais je ne suis pas sûr que ce soit très pertinent
00:20:47quand on réfléchit à nos affaires militaires.
00:20:49Je parle sous votre contrôle, mais l'expérience a montré
00:20:52que malheureusement, les blocus, les sanctions, etc.
00:20:55n'avaient pas nécessairement beaucoup d'impact, en réalité,
00:20:59sur la réalité géopolitique, la réalité militaire.
00:21:02Donc, on va voir, si vous voulez.
00:21:05Je ne suis pas complètement convaincu de ça.
00:21:07Est-ce qu'il est possible qu'ils nous fassent plus mal à nous qu'à eux ?
00:21:10Pardon, le nous, il y a les Chinois, il y a les Européens, il y a les Américains.
00:21:14Nous, ça nous fait mal.
00:21:15Oui, ça, c'est sûr.
00:21:17En fait, c'est une question de temps.
00:21:18C'est vraiment une question de durée.
00:21:20Aujourd'hui, on voit déjà que les importations de pétrole et de gaz,
00:21:27en Europe, le prix a augmenté à peu près de 40 %
00:21:30depuis le début du conflit, si je fais la moyenne du pétrole et du gaz.
00:21:32Tout est justifié ou pas ?
00:21:34Oui, à peu près, oui.
00:21:35Il n'y a pas un peu de spéculation ?
00:21:36Oui, mais dans l'épaisseur du trait, on va dire.
00:21:39Donc, c'est quand même important.
00:21:42Mais il faut bien voir que plus le blocus dure,
00:21:46et en fait, blocus américain, là, très bien,
00:21:49mais la réalité, c'est que, de toute façon,
00:21:51les bateaux ne circulent pas dans le détroit d'Ormousse,
00:21:54blocus américain ou pas.
00:21:55Il y a une semaine, les bateaux ne circulaient pas
00:21:57parce que, de toute façon, les logisticiens, les grands armateurs
00:22:01considéraient que c'était trop risqué
00:22:02et puis on ne savait pas exactement comment évoluaient les primes d'assurance, etc.
00:22:05Donc, de toute façon, c'était extrêmement compliqué.
00:22:08Donc, de fait, je dirais qu'on est, de toute façon,
00:22:10dans une situation de blocus qui a de plus en plus d'impact
00:22:14sur les marchés pétroliers et sur les prix,
00:22:18plus ça dure, si vous voulez.
00:22:20En fait, c'est vraiment ça, le sujet.
00:22:22Et j'ajoute que, pour l'instant,
00:22:25l'ajustement se fait par les prix,
00:22:27c'est-à-dire qu'on paye le gaz plus cher et l'essence plus chère
00:22:31et le kérosène plus cher, d'ailleurs,
00:22:32parce que c'est pour les avions, aujourd'hui,
00:22:34que la facture est la plus élevée.
00:22:36Mais si ça dure encore 3, 4...
00:22:37Alors, j'entends bien que ce soir, l'ambiance est à l'optimisme
00:22:39et je suis absolument...
00:22:40Modéré.
00:22:41Optimisme modéré, on va dire.
00:22:43Voilà, cette modération me semble peut-être de bon alloi, d'ailleurs,
00:22:45mais bon, j'achète évidemment l'optimisme.
00:22:49L'expérience a montré quand même que tout ça était extrêmement fragile,
00:22:52réversible et que les bonnes nouvelles,
00:22:54parfois, 3 jours après, on les avait oubliées.
00:22:57Si cette histoire de blocus ou de blocage du détroit dure,
00:23:01dans 3 ou 4 mois, la question sera moins celle des prix
00:23:04que celle éventuellement des pénuries.
00:23:06Alors, justement, il y avait un article pas tout à fait rassurant
00:23:08aujourd'hui dans le Times, le quotidien britannique,
00:23:12qui dit que le gouvernement britannique a organisé
00:23:14ces derniers jours une réunion qui était censée rester secrète
00:23:16mais qui ne l'a pas été, mais le gouvernement a confirmé
00:23:18cette réunion, pour un risque de pénurie alimentaire.
00:23:22Alors, on avait effectivement les carburants, le kérosène,
00:23:24l'engrais, on en a parlé, le plastique,
00:23:26mais la pénurie alimentaire, on ne l'avait pas vue venir, Nicolas Bouzou.
00:23:28Non, ce n'est pas tout de suite.
00:23:30Donc là, il ne faut quand même pas...
00:23:31Enfin, le gouvernement britannique...
00:23:33On n'allait pas remplir les caddies ce week-end.
00:23:34Non, certainement pas.
00:23:34Le gouvernement britannique a tout à fait raison de réfléchir à ça.
00:23:37C'est son rôle, donc ils ont raison de faire ça.
00:23:39Mais là, on parle d'un horizon de 4 à 5 mois
00:23:41si la situation ne s'arrange pas du tout.
00:23:43Et je précise, parce que c'est un peu technique,
00:23:45mais on voit s'afficher, parce que les gens ne vont pas forcément
00:23:47comprendre, nos téléspectateurs, pourquoi on vous affiche tout ça
00:23:48en dessous de vous, Nicolas Bouzou, des porcs, des volailles,
00:23:50des aliments emballés et des bières.
00:23:52Je rappelle qu'on parle du pays des pubs.
00:23:54Ce serait une pénurie de CO2, de dioxyde de carbone,
00:23:57parce que moins de gaz, moins d'engrais,
00:23:59on pourrait moins fabriquer de CO2.
00:24:01Vous allez me dire, quel rapport avec les porcs et les volailles ?
00:24:03C'est pour étourdir, pour les endormir avant de les tuer,
00:24:05il faut du CO2, il y en a aussi dans les aliments emballés,
00:24:09dans le petit sachet de salade, quand vous l'achetez,
00:24:10il y a du CO2, donc sinon on ne peut plus la conserver.
00:24:12Et dans la bière, je ne suis pas expert en bière,
00:24:15mais je suppose qu'il y en a aussi du CO2.
00:24:17Donc le manque de CO2 pourrait provoquer tout ça.
00:24:19Oui, mais sans aller jusqu'à la bière,
00:24:21qui serait évidemment une catastrophe,
00:24:25mais la question des emballages, par exemple,
00:24:26des emballages en plastique,
00:24:28c'est fait avec du pétrole,
00:24:29et ça arrive avant.
00:24:31Et puis quand même, je reviens là-dessus,
00:24:33parce que ça c'est notre quotidien,
00:24:35la question des prix.
00:24:37J'évoquais le kérosène,
00:24:38l'essence elle ne vient pas nécessairement de ces pays-là,
00:24:41mais le kérosène vient en très grande partie du pétrole,
00:24:44qui vient du Proche et du Moyen-Orient,
00:24:47et les prix des billets d'avion ont déjà commencé à augmenter.
00:24:50Vous voyez ?
00:24:51Juste sur les engrais,
00:24:52parce que là ce n'est pas dans 4 mois,
00:24:53les engrais c'est maintenant qu'il faut les utiliser.
00:24:55Donc les pays africains, les pays d'Amérique du Sud,
00:24:58même les Américains ont besoin des engrais.
00:24:59Il y a moins d'engrais,
00:25:00il y a des récoltes qui vont être moins belles aussi.
00:25:02Bien évidemment, et quand on voit le prix,
00:25:04moi je le suis personnellement,
00:25:05ça s'appelle l'urée,
00:25:06on est arrivé à 810 dollars par tonne,
00:25:09au début du conflit c'était à 360,
00:25:11donc c'est plus que fois deux.
00:25:13Rappelez-vous à la guerre en Ukraine en 2022,
00:25:15le prix de l'urée était monté à 1000 dollars par tonne,
00:25:18mais on avait les pays du Golfe qui avaient sauvé la situation.
00:25:20Là on n'a plus de plan B actuellement.
00:25:22Donc c'est catastrophique,
00:25:23et donc derrière c'est sans doute la crise alimentaire.
00:25:25Le CO2 je n'avais pas connaissance,
00:25:27mais l'urée c'est un vrai souci.
00:25:29Et Lise Gosse,
00:25:29il y a donc cette conférence à partir de demain à Paris,
00:25:32organisée par Kerstmer, le Premier ministre britannique,
00:25:35et par Emmanuel Macron,
00:25:36pour sécuriser le détroit d'Hormuz.
00:25:38On sait déjà qui va y participer,
00:25:40ce qui va s'y passer ?
00:25:41Alors oui, la réunion prend corps effectivement,
00:25:43et en physique, en présentiel,
00:25:45avec le chancelier allemand,
00:25:46Mers qui vient lui aussi,
00:25:47c'est important,
00:25:48la chef du gouvernement italien,
00:25:50le Premier ministre britannique,
00:25:52et la France.
00:25:52Donc au total une dizaine de pays,
00:25:55mais avec les plus importants,
00:25:56qui ont des capacités maritimes.
00:25:58Donc l'objectif,
00:25:59c'est une fois la guerre terminée,
00:26:02cesser le feu permanent,
00:26:03l'idée est d'avoir une force maritime
00:26:05chargée de sécuriser le passage
00:26:07des navires commerciaux dans le détroit d'Hormuz.
00:26:10Ça voudrait dire qu'on enverrait
00:26:11les fameuses frégates,
00:26:12et peut-être les chasseurs de mines français,
00:26:14qui sont actuellement entre Toulon et Djibouti,
00:26:17qu'ils aillent sur le détroit d'Hormuz,
00:26:18et qu'ils soient partie prenante de cette force.
00:26:21Mais avant toute chose,
00:26:22il faut que la guerre se termine.
00:26:24– Effectivement,
00:26:25il faut vraiment que le président de la République
00:26:26l'a bien rappelé,
00:26:27il faut que les conditions soient réunies.
00:26:29C'est-à-dire effectivement,
00:26:30cessation de société.
00:26:31Donc là, on a une pause,
00:26:33on va voir ce qui va se passer
00:26:34à partir du 21 avril,
00:26:36mais si jamais les combats reprennent,
00:26:39les conditions ne sont pas réunies
00:26:40pour déployer des chasseurs de mines,
00:26:42pour essayer d'aller voir ce qui se passe.
00:26:44– Après le blocus,
00:26:45et après, une fois qu'un accord de paix…
00:26:47– Donc vous voyez,
00:26:47ce n'est pas tout de suite quand même.
00:26:48– Et s'il est juste,
00:26:49parce qu'on voulait vous montrer
00:26:50quand même cette image,
00:26:53tout ça est accéléré.
00:26:54Évidemment,
00:26:54les bateaux n'avancent pas à cette vitesse
00:26:55avant et après la guerre,
00:26:56le passage du détroit d'Hormuz.
00:26:59Les Iraniens, on le sait,
00:27:00Amiral,
00:27:01ont dit qu'ils avaient déposé des mines.
00:27:04Personne ne sait si c'est vrai aujourd'hui.
00:27:07Est-ce qu'il faut quand même aller vérifier
00:27:10s'il y en a avant de rouvrir le détroit ?
00:27:12– Alors d'abord,
00:27:12c'est une belle surprise pour les Américains,
00:27:14parce que dans le cadre de leur planification,
00:27:16c'est quand même des gens très sérieux.
00:27:17Moi, j'ai eu l'habitude de travailler avec eux.
00:27:18Bon, ils n'avaient pas prévu une opération
00:27:21qui dure aussi longtemps.
00:27:22Ça devait être terminé en cinq jours.
00:27:23Bon, là, on est à J48.
00:27:24Donc, il y a le problème d'Hormuz qui se pose.
00:27:26L'invasion terrestre est terminée.
00:27:28Ce n'est pas possible.
00:27:28Et vous voyez que le dispositif américain,
00:27:30il est très, très loin de l'Iran, là, maintenant.
00:27:32Donc, s'agissant d'Hormuz,
00:27:33on est incapable de savoir
00:27:34s'il y a une mine,
00:27:35dix mines ou cent mines.
00:27:36C'est vraiment le propre de la mine.
00:27:38C'est une arme de dissuasion.
00:27:40Elle est efficace
00:27:42sans avoir besoin d'être employée.
00:27:43Vous, vous êtes capable de savoir s'il y en a ?
00:27:46Votre entreprise.
00:27:47Alors, mon entreprise soutient
00:27:49les marines de l'OTAN,
00:27:51en l'occurrence la marine belge,
00:27:52la marine néerlandaise,
00:27:53la marine française également.
00:27:55Donc, au jour d'aujourd'hui,
00:27:57si on veut aller vite,
00:27:58il faut des systèmes dronisés
00:28:00qui sont aérotransportables.
00:28:02Parce que les bateaux qui sont actuellement...
00:28:03Mais, pardon,
00:28:04système dronisé aérotransportable,
00:28:05donc des drones qu'on transporte par hélicoptère.
00:28:08Exactement.
00:28:08J'essaie de mettre ça en langage pour moi.
00:28:12La vedette dronisée,
00:28:13les drones sous-marins
00:28:14qui vont tout faire
00:28:15sans présence d'êtres humains.
00:28:17On les lâche
00:28:17et ils ont une petite tête reniveuse
00:28:19pour aller chercher les mines.
00:28:20On les pilote.
00:28:21La vedette,
00:28:21le bateau de surface est piloté
00:28:23et lui,
00:28:24il met en œuvre des drones sous-marins.
00:28:25C'est vraiment
00:28:26de la très haute technologie.
00:28:28Donc ça,
00:28:29l'avantage de ces capacités,
00:28:30c'est qu'il ne s'agit pas
00:28:31de partir
00:28:32de la Grande-Bretagne
00:28:34de France
00:28:34qui va prendre
00:28:35plus d'un mois et demi
00:28:36pour transiter jusqu'à Hormuz
00:28:37avec le passage
00:28:38de Babel-Mandeb
00:28:39qui ne va pas être
00:28:40une mince affaire.
00:28:41Donc vous savez
00:28:42que le portail en bouche,
00:28:43a priori,
00:28:43il passerait plutôt
00:28:44par le sud de l'Afrique.
00:28:45Donc le trajet,
00:28:46il est très long.
00:28:46Donc déjà ça
00:28:47et l'avantage
00:28:48de ces capacités
00:28:49qui arrivent
00:28:50dans les marines de l'OTAN.
00:28:51Parce que,
00:28:51évidemment,
00:28:52c'est le nec plus ultra
00:28:53parce que si vous opérez
00:28:54une dizaine de drones
00:28:56dans une zone,
00:28:57notamment les couloirs de navigation
00:28:59lesquels actuellement
00:29:01plus aucun bateau passe,
00:29:03si jamais vous avez
00:29:05très peu de mines,
00:29:06la phase de détection
00:29:07elle n'est pas très longue.
00:29:08Vous avez une vingtaine
00:29:09de drones
00:29:10en trois semaines,
00:29:11vous savez très rapidement...
00:29:12En trois semaines,
00:29:13vous pourrez visiter
00:29:15tout le détroit ?
00:29:15Non, pas tout le détroit.
00:29:16Suffisamment des couloirs
00:29:18de navigation
00:29:18qui permettent
00:29:19de naviguer en sécurité.
00:29:21Et ça,
00:29:21c'est un préalable
00:29:23à une reprise
00:29:24du transport maritime ?
00:29:25Tout ça,
00:29:26ça marche bien
00:29:27tant que les oscilités
00:29:30des Iraniens
00:29:31se sont estompées.
00:29:32Parce que même
00:29:33si vous allez voir
00:29:34s'il y a une présence
00:29:35de mines ou pas,
00:29:37pour autant,
00:29:37les gardiens de la Révolution
00:29:38sont toujours là.
00:29:39Ils peuvent toujours
00:29:40mettre en œuvre
00:29:41leur guerre asymétrique.
00:29:42Donc vous voyez,
00:29:43la situation est quand même
00:29:43très complexe
00:29:44et on s'aperçoit finalement
00:29:45qu'un détroit
00:29:46de 30 km sur 10 km
00:29:48bloque l'ensemble
00:29:49du système mondial
00:29:50parce que c'est le flux
00:29:51qui est essentiel,
00:29:52le flux de pétrole,
00:29:53de gaz
00:29:53et tout ce qu'on a évoqué
00:29:54en matière d'engrais
00:29:55ou de matière pétrochimique.
00:29:56Est-ce qu'il faut comprendre
00:29:57dans ce que vous dites
00:29:57que tant qu'on n'aura pas
00:29:59vérifié qu'il n'y a aucune mine
00:30:00dans ce détroit,
00:30:01même si peut-être
00:30:01il n'y en a pas,
00:30:02les assureurs de ces bateaux
00:30:04ne laisseront pas
00:30:04le moins de bateaux passer ?
00:30:06Exactement,
00:30:06ce n'est pas le président Trump
00:30:07qui va décider
00:30:08du jour au lendemain
00:30:09c'est bon,
00:30:10on commence les escorts.
00:30:11Ce sont les assureurs
00:30:13transnationaux.
00:30:14Vous savez que les assurances
00:30:15ont été multiplies par 10,
00:30:16voire même certains assureurs
00:30:18ont carrément retiré
00:30:19leur assurance
00:30:19et donc les armateurs
00:30:20ne passeront pas
00:30:21en rembourse comme ça.
00:30:22En fait le vrai blocus
00:30:22c'est les assureurs.
00:30:23Oui donc il faut les rassurer.
00:30:24Donc pour les rassurer
00:30:25qu'il y ait des mines ou pas
00:30:27il va falloir y aller
00:30:28pour les rassurer.
00:30:29Donc voilà,
00:30:30ces capacités-là existent,
00:30:32elles débutent,
00:30:32c'est vraiment des systèmes
00:30:34de troisième génération
00:30:36mais qui permettent
00:30:37d'aller plus vite
00:30:38et surtout de ne pas prendre
00:30:39de risques pour l'être humain
00:30:40parce que ceux qui opèrent
00:30:42les drones sont vraiment
00:30:43soit à terre
00:30:44soit dans des bateaux
00:30:45qui sont en dehors
00:30:46de la zone de danger.
00:30:47Donc ça c'est exceptionnel.
00:30:48Vous avez dit trois semaines
00:30:49pour nettoyer au moins
00:30:51pour s'assurer
00:30:52qu'il n'y a pas de danger
00:30:53parce qu'aussi bien
00:30:54il n'y a pas de mine.
00:30:55Vous savez on est vraiment
00:30:56dans la guerre informationnelle.
00:30:57Maintenant ce que je vous dis
00:30:58aujourd'hui
00:30:58peut être démenti dès demain.
00:31:00Les Iraniens à ce jour
00:31:02ils ont des capacités
00:31:03de minage
00:31:04avec des petits sous-marins
00:31:05qui s'appellent les gadirs
00:31:06sous-marins qui font 200 tonnes.
00:31:08Ça peut être fait par des dos
00:31:08des boutres iraniens
00:31:10de manière hybride.
00:31:11Vous savez un bateau de pêche
00:31:12c'est pas très compliqué
00:31:13de mettre des mines à l'eau.
00:31:15Merci beaucoup.
00:31:16C'était effectivement très clair.
00:31:18Antoine Bassebouz
00:31:18je reviens à l'autre information
00:31:19donc de ce début de soirée
00:31:21ce cessez-le-feu
00:31:22entre Israël et le Liban
00:31:24qui a été annoncé
00:31:24dans l'après-midi
00:31:25par Donald Trump
00:31:26cessez-le-feu
00:31:27qui doit entrer en vigueur
00:31:28à 23h
00:31:30heure de Paris.
00:31:31Qu'est-ce qui a débloqué
00:31:32la situation
00:31:33aujourd'hui ?
00:31:34Parce que ce cessez-le-feu
00:31:35on en parlait
00:31:36depuis plusieurs jours.
00:31:37Maintenant
00:31:37qu'est-ce qui a permis
00:31:38pour vous
00:31:39de l'obtenir
00:31:40de la part de Donald Trump
00:31:41qui on le sait
00:31:42a appelé
00:31:42Benyamin Netanyahou
00:31:43aujourd'hui ?
00:31:45Netanyahou
00:31:45ne peut rien
00:31:46refuser à Trump
00:31:47alors qu'il l'a amené
00:31:48à combattre
00:31:49en Iran
00:31:50et donc
00:31:51Trump
00:31:51voulant
00:31:53ajouter
00:31:54un cessez-le-feu
00:31:55ou plutôt
00:31:56une paix
00:31:56à sa liste
00:31:57de 8 ou 9 ou 10 pays
00:31:59et bien
00:32:00il a demandé cela
00:32:02il l'a obtenu
00:32:04mais rien ne nous dit
00:32:05que dans 10 jours
00:32:06le front sera calme
00:32:08et que
00:32:09le Hezbollah
00:32:10ne va pas
00:32:10sur instruction
00:32:11des passes d'Aran
00:32:12tirer des missiles
00:32:14en fonction
00:32:14de ce qui se passe
00:32:15à Islamabad
00:32:16en fonction
00:32:17des négociations
00:32:18qui se tiennent
00:32:19entre
00:32:19les
00:32:21viales pakistanais
00:32:22entre
00:32:22iraniens
00:32:23et américains
00:32:25Manini Mirkan
00:32:26il y a encore
00:32:27plusieurs obstacles
00:32:27c'est le feu
00:32:28il faut savoir
00:32:28évidemment
00:32:29s'il tient ce soir
00:32:30et puis ce qui se passe
00:32:32dans les 10 jours
00:32:33qu'est-ce qui va se passer
00:32:35à partir de 23h
00:32:36ce soir
00:32:37entre Israël
00:32:37et le Liban ?
00:32:39Alors
00:32:39c'est tout ce qu'on souhaite
00:32:40c'est que ce soit respecté
00:32:41en tout cas
00:32:42dans cette forme
00:32:44sur les 10 jours
00:32:45mais effectivement
00:32:46ce qui va faire
00:32:47que ça va tenir
00:32:47ou pas
00:32:48va dépendre
00:32:49dès pour parler
00:32:50même si on a bien
00:32:52pris le soin
00:32:53je pense
00:32:53de part et d'autre
00:32:54de détacher
00:32:55ce sujet
00:32:56c'est quand même
00:32:57il y a l'influence
00:32:58encore des Iraniens
00:32:59donc le facteur
00:33:00clé de succès
00:33:01de ce cessez-le-feu
00:33:02et de son prolongement
00:33:03c'est d'arriver
00:33:05à couper
00:33:05l'influence
00:33:06des gardiens
00:33:07de la révolution
00:33:08des bases d'Aran
00:33:08sur le Hezbollah
00:33:10alors comment
00:33:11ils peuvent faire ça
00:33:12aujourd'hui
00:33:14je le dis
00:33:16d'autant plus
00:33:17aujourd'hui
00:33:18que
00:33:20le régime
00:33:21est de moins en moins
00:33:23homogène
00:33:23le régime iranien
00:33:25les discordes
00:33:26au sein du régime
00:33:27augmentent
00:33:28de plus en plus
00:33:28et
00:33:29ne serait-ce que
00:33:30sur le sujet du Détroit
00:33:31par exemple
00:33:32ce à quoi on fait face
00:33:34c'est
00:33:34une partie
00:33:35négociatrice
00:33:36qui a vraiment
00:33:37la volonté
00:33:38d'avancer
00:33:40d'avoir une politique
00:33:42un peu plus centrée
00:33:43sur l'Iran
00:33:43et moins sur ses proxys
00:33:45et puis de l'autre côté
00:33:46les bases d'Aran
00:33:47qui sont
00:33:50très critiquées
00:33:51y compris
00:33:52à l'intérieur
00:33:52de l'Iran
00:33:53y compris
00:33:54sur leur gestion
00:33:54du Détroit d'Hormoz
00:33:56aujourd'hui
00:33:56on a eu
00:33:57Zolrad
00:33:57qui a été
00:33:58beaucoup critiqué
00:33:58par le
00:33:59donc Zolrad
00:33:59rappelons-le
00:34:00c'est le chef
00:34:01du conseil
00:34:02suprême
00:34:03de sécurité
00:34:04nationale iranienne
00:34:05qui était chargé
00:34:06a priori
00:34:07de gérer
00:34:09un comité
00:34:10qui a été formé
00:34:10pour la gestion
00:34:11du Détroit d'Hormoz
00:34:12et
00:34:15ses autorisations
00:34:16etc
00:34:17qui est vivement
00:34:18critiqué
00:34:18par le gouvernement
00:34:20de Pézéchkiang
00:34:21le camp
00:34:22de Ralibaf
00:34:22qui veulent négocier
00:34:23et qui veulent
00:34:24absolument
00:34:25détacher
00:34:27le plus possible
00:34:28les gardiens
00:34:28de la révolution
00:34:29de ce dossier
00:34:29un dernier mot
00:34:30Antoine Bassebou
00:34:30parce qu'on va accueillir
00:34:31dans un instant
00:34:32il y a deux obstacles
00:34:33majeurs
00:34:34qui pourraient bloquer
00:34:36le cessez-le-feu
00:34:37d'abord
00:34:38les Libanais
00:34:39peuvent demander
00:34:40le retrait
00:34:40de l'armée israélienne
00:34:41du Sud-Liban
00:34:42et le retour
00:34:43des déplacés
00:34:44et des réfugiés
00:34:45ce sont deux obstacles
00:34:47majeurs
00:34:47qu'Israël
00:34:48a détruit
00:34:49tous les villages
00:34:51frontaliers
00:34:51d'un côté
00:34:52et détruit
00:34:52tous les ponts
00:34:53qui relient
00:34:55le Sud-Liban
00:34:56au reste du pays
00:34:57et on va en parler
00:34:58tout cela
00:34:59merci beaucoup
00:34:59à tous les trois
00:35:01Ulysse Gosset
00:35:01vous allez rester avec moi
00:35:02si vous voulez bien
00:35:03évidemment
00:35:03pour accueillir Jean-Yves Le Drian
00:35:04qui nous rejoint
00:35:05à présent
00:35:06on va parler de tout cela
00:35:07avec Jean-Yves Le Drian
00:35:08qui a été
00:35:08pendant une décennie
00:35:10d'abord
00:35:11ministre de la défense
00:35:12puis ministre des affaires étrangères
00:35:14qui est aujourd'hui
00:35:15l'envoyé personnel
00:35:16d'Emmanuel Macron
00:35:17pour le Liban
00:35:18qui passe sa vie
00:35:19au Moyen-Orient
00:35:20qui connaît la plupart
00:35:21des personnages
00:35:22des chefs d'État
00:35:22dont nous parlons
00:35:23quotidiennement
00:35:24sur ce plateau
00:35:25je meuble
00:35:26le temps
00:35:26de vous laisser
00:35:28vous installer
00:35:29bonsoir Jean-Yves Le Drian
00:35:30on est extrêmement content
00:35:31de vous recevoir ce soir
00:35:32d'autant qu'il se passe
00:35:34encore plus de choses
00:35:35aujourd'hui
00:35:37même si on ne s'ennuie pas
00:35:38ces derniers jours
00:35:38cette annonce
00:35:39donc d'un cessez-le-feu
00:35:40entre Israël
00:35:40et le Liban
00:35:41vous l'avez sans doute suivi
00:35:42comme nous
00:35:42en cette fin d'après-midi
00:35:44annoncée par de mal
00:35:44Trump
00:35:45c'est c'est le feu
00:35:45qui doit entrer en vigueur
00:35:46à 23h
00:35:47heure française
00:35:48est-ce qu'il y a une place
00:35:49ce soir
00:35:50de votre part
00:35:50à l'optimisme
00:35:51ou est-ce que la prudence
00:35:52votre prudence
00:35:53reste de mise
00:35:54il faut être optimiste
00:35:55et prudent à la fois
00:35:56c'est une très bonne nouvelle
00:35:58on ne s'y attendait pas
00:36:01parce qu'il avait été dit
00:36:02que le cessez-le-feu
00:36:04ne concerne pas le Liban
00:36:06or aujourd'hui
00:36:08il le concerne
00:36:09c'est une très bonne nouvelle
00:36:09pour la population libanaise
00:36:11qui a souffert
00:36:12il y a eu depuis le 2 mars
00:36:142000 morts
00:36:16un million de déplacés
00:36:17bref
00:36:17c'est une nouvelle
00:36:18de soulagement
00:36:20par rapport à cette population
00:36:21qui vit sous les bombes
00:36:22depuis plus d'un mois
00:36:23et puis c'est aussi
00:36:24une bonne nouvelle
00:36:25me semble-t-il
00:36:26pour les autorités libanaises
00:36:29parce que
00:36:31lorsqu'on regarde
00:36:32comment tout ça s'est passé
00:36:34vous savez
00:36:35au moment où il y a
00:36:35des cessez-le-feu
00:36:36tout le monde s'approprie
00:36:38la victoire
00:36:39entre guillemets
00:36:40en tout cas le résultat
00:36:41j'ai même vu tout à l'heure
00:36:43que les iraniens
00:36:44estimaient que c'était
00:36:45grâce à eux
00:36:46que le cessez-le-feu
00:36:47était intervenu
00:36:48tout le monde veut
00:36:49une part de la responsabilité
00:36:51mais quand on regarde
00:36:51l'histoire
00:36:52la chronologie
00:36:53c'est le président
00:36:55Aoun
00:36:55le président libanais
00:36:57qui prend
00:36:59les initiatives
00:37:00qui aboutissent
00:37:00aujourd'hui
00:37:01à se cessez-le-feu
00:37:02il prend une initiative
00:37:03courageuse
00:37:04il prend une initiative
00:37:06audacieuse
00:37:07en disant
00:37:08je veux discuter
00:37:09directement
00:37:10avec les israéliens
00:37:11ce qui était
00:37:13pour un certain nombre
00:37:14de libanais
00:37:14absolument insupportable
00:37:16mais il a dépassé
00:37:17ces réserves-là
00:37:18pour engager
00:37:19un dialogue
00:37:20direct
00:37:20avec israël
00:37:21ça ne s'était pas fait
00:37:22depuis quasiment
00:37:23la fin de la dernière
00:37:24guerre mondiale
00:37:25cet acte-là
00:37:26était essentiel
00:37:27et
00:37:28qu'a-t-il fait
00:37:29pour aboutir
00:37:31il a demandé
00:37:32à la France
00:37:32de l'aider
00:37:34à partir du moment
00:37:34où il a déclaré
00:37:35cela publiquement
00:37:36ça a d'ailleurs été
00:37:37relayé par le premier
00:37:38ministre
00:37:38il a demandé à la France
00:37:40essayer de m'aider
00:37:41à faire en sorte
00:37:42que diplomatiquement
00:37:43on puisse arriver
00:37:44à avoir un dialogue
00:37:45direct
00:37:46et la France
00:37:46elle n'est pas hors jeu
00:37:47mais non
00:37:47c'est la France
00:37:48qui a permis
00:37:49le ministre israélien
00:37:49de l'étranger
00:37:50a dit veto
00:37:51la France
00:37:51ne participe pas
00:37:52aux négociations
00:37:53nous ne voulons pas
00:37:54de la France
00:37:54la France a joué un rôle
00:37:56vous avez raison
00:37:57c'est l'ambassadeur
00:37:57pardon
00:37:58la France a joué un rôle
00:37:59excusez-moi
00:37:59je reviens en arrière
00:38:00pour vous dire
00:38:00le président Aoun
00:38:01prend cette initiative
00:38:03spectaculaire
00:38:03et courageuse
00:38:04et il se tourne vers qui ?
00:38:06vers le président Aoun
00:38:07vers le président Macron
00:38:08il se tourne vers le président Macron
00:38:10pour lui dire
00:38:10est-ce que la France
00:38:11peut m'aider
00:38:12à faire en sorte
00:38:13qu'il y ait ce dialogue
00:38:14direct avec Israël
00:38:14qui n'a jamais eu lieu
00:38:16et c'est la France
00:38:17le président Macron
00:38:18le ministre d'affaires étrangères
00:38:19français
00:38:19qui prennent les initiatives
00:38:21nécessaires
00:38:21pour aller parler
00:38:23avec les Israéliens
00:38:24pour essayer d'aboutir
00:38:25à ce qui est ce dialogue là
00:38:26parler avec
00:38:27tous ceux qui sont
00:38:29dans la médiation
00:38:30je pense
00:38:31aux Pakistanais
00:38:32je pense aussi
00:38:32aux Égyptiens
00:38:33je pense aussi
00:38:34à l'Arabie Saoudite
00:38:35je pense aussi aux Turcs
00:38:36tous ces acteurs là
00:38:38ont misé
00:38:38pour qu'il y ait
00:38:39un dialogue direct
00:38:40ce qui est une grande nouveauté
00:38:41et c'est une avancée considérable
00:38:43qui aboutit
00:38:44à se cesser le feu
00:38:45mais rendons
00:38:46au président Aoun
00:38:47ce qui appartient
00:38:48au président Aoun
00:38:49et rendons
00:38:49au président Macron
00:38:51ce qui appartient
00:38:51au président Macron
00:38:52j'observe d'ailleurs
00:38:53que le premier ministre
00:38:54de l'Iban
00:38:55et Nawaf Salam
00:38:56il y a un instant
00:38:56il a de remercier la France
00:38:58pour ses efforts diplomatiques
00:38:59qui n'ont permis ce résultat
00:39:00et on va y aller
00:39:00dans ce pays que vous aimez
00:39:01on va retrouver
00:39:03un instant
00:39:04Clémence Dibout
00:39:04qui est l'envoyé
00:39:04spécial de BFM TV
00:39:06à Beyrouth
00:39:07le sentiment
00:39:07Clémence
00:39:08qui domine ce soir
00:39:08à Beyrouth
00:39:103h30
00:39:11avant le début
00:39:12de ce cessez-le-feu
00:39:13si tout se passe bien
00:39:14ce soir
00:39:17quel contraste
00:39:18calme plat
00:39:19autour de nous
00:39:19le trafic
00:39:20très très très dense
00:39:21à Beyrouth
00:39:22c'est une bonne jauge
00:39:23de ce qui se passe
00:39:23et vous voyez
00:39:24ce soir
00:39:24il n'y a pas spécialement
00:39:25de trafic
00:39:26il n'y a pas spécialement
00:39:27de scooters
00:39:28de voitures
00:39:28dans le quartier
00:39:29où on se trouve
00:39:30ça veut aussi dire
00:39:30qu'on peut imaginer
00:39:32que tous les réfugiés
00:39:32ne se sont pas jetés
00:39:33sur les routes
00:39:34à l'annonce
00:39:35de ce cessez-le-feu
00:39:36et quel contraste
00:39:36je vous disais
00:39:37avec la rue
00:39:38la vie très calme
00:39:39ce soir à Beyrouth
00:39:40et les frappes
00:39:41incessantes
00:39:41dans le sud du Liban
00:39:42cet après-midi
00:39:43on s'y est rendu
00:39:44avec Sonia Reynaud
00:39:45et tout le long de la route
00:39:46cette route Beyrouth
00:39:47Saïda
00:39:47puis quasiment
00:39:48jusqu'à Tire
00:39:49au pont de Casquier
00:39:51qui a été touché
00:39:52tout le long de cette route
00:39:53on a pu voir
00:39:54des dizaines de fumées
00:39:55de part et d'autre
00:39:55des frappes
00:39:57israéliennes
00:39:58intenses très certainement
00:39:59donc du coup
00:39:59avant l'annonce
00:40:00de ce cessez-le-feu
00:40:01quand on est arrivé
00:40:01sur le pont
00:40:02le dernier pont
00:40:03avant Tire
00:40:03qui avait été touché
00:40:04le matin même
00:40:04on a vu une frappe
00:40:05en direct
00:40:06on a dû repartir
00:40:07de la zone
00:40:08donc ce soir
00:40:10grosse prudence
00:40:10chez les habitants
00:40:12de Beyrouth
00:40:13avec qui on a parlé
00:40:13on leur a demandé
00:40:14souvent
00:40:14on leur a appris la nouvelle
00:40:15tout simplement
00:40:15puis on leur a demandé
00:40:16si ils allaient fêter ça
00:40:17en famille par exemple
00:40:18je ne voyais pas vraiment
00:40:19l'intérêt de ma question
00:40:19en disant que non
00:40:20parce que de toute façon
00:40:21des cessez-le-feu
00:40:22ils en avaient déjà vu
00:40:22qui n'avaient pas été appliqué
00:40:23donc il n'était pas question
00:40:25de se réjouir tout de suite
00:40:26bien sûr évidemment
00:40:27que c'est une bonne nouvelle
00:40:28mais en fait
00:40:28ils demandent à voir
00:40:29et puis surtout
00:40:30pour ces déplacés
00:40:31ces réfugiés
00:40:32eux aussi demandent à voir
00:40:33dans les prochains jours
00:40:34s'il y aura encore
00:40:34des frappes ou pas
00:40:35c'est assez intéressant
00:40:37parce que c'est presque
00:40:38une non-nouvelle
00:40:40ici à Beyrouth
00:40:41je ne vais pas vous dire
00:40:41que les gens sont tristes
00:40:42mais on n'arrive pas
00:40:43spécialement à avoir
00:40:44d'engouement
00:40:45de part et d'autre
00:40:45en fait c'est des gens
00:40:46qui sont fatigués
00:40:47de toutes ces frappes
00:40:48qu'il y a eu
00:40:48ces derniers temps
00:40:49et sur le long terme
00:40:50donc oui
00:40:52c'est une bonne nouvelle
00:40:52mais on verra demain
00:40:53comment on se réveille
00:40:54ici à Beyrouth
00:40:54la fatigue
00:40:56la prudence extrême
00:40:57des libanais ce soir
00:40:58merci beaucoup
00:40:58Clémence Dibout
00:40:59avec Sonia Reynaud
00:41:00Elis Gosset
00:41:01alors effectivement
00:41:02nouvelle très importante
00:41:03ce soir
00:41:03avec ce cessez le feu annoncé
00:41:05et prochainement
00:41:06une rencontre
00:41:06à la maison blanche
00:41:07du président du Liban
00:41:08et du Benjamin Netanyahou
00:41:10le premier ministre israélien
00:41:12est-ce que
00:41:12ça veut dire
00:41:13que le Liban
00:41:14est prêt à reconnaître
00:41:15Israël
00:41:16et réciproquement
00:41:16est-ce qu'on va vers cela ?
00:41:18On est au début
00:41:19d'un processus
00:41:21à partir du moment
00:41:22où il y a le cessez le feu
00:41:23des discussions
00:41:24des négociations
00:41:25peuvent commencer
00:41:26elles ont déjà commencé
00:41:27un peu à Washington
00:41:27mais maintenant
00:41:28il faut qu'elles se poursuivent
00:41:30et il y a un long chemin
00:41:32parce que
00:41:34beaucoup de questions
00:41:35sont à poser
00:41:36beaucoup de questions
00:41:38sont conflictuelles
00:41:39et il faudra
00:41:40progressivement avancer
00:41:41mais s'il y a une volonté
00:41:42on peut avancer
00:41:44il y a des obstacles
00:41:45Jean-Yves Drian ?
00:41:46Il y a des obstacles
00:41:46qui sont nombreux
00:41:47le premier obstacle
00:41:47c'est la manière
00:41:48dont on peut désarmer
00:41:49on doit désarmer le Hezbollah
00:41:50nous sommes tous d'accord
00:41:51sur ce point
00:41:52je rappelle que
00:41:53les autorités
00:41:54libanaises
00:41:55le président Aoun
00:41:56en particulier
00:41:57lors de son discours
00:41:57d'installation
00:41:58a déclaré publiquement
00:42:00il y a le monopole
00:42:01des armes
00:42:01pour l'état
00:42:01il faut le restaurer
00:42:03mais le restaurer
00:42:04ça veut dire
00:42:05mener des actions
00:42:06de désarmement du Hezbollah
00:42:07récupérer des armes
00:42:08il faut encore avoir
00:42:09les moyens de le faire
00:42:10ce qui veut dire
00:42:11qu'il faut renforcer
00:42:11les forces armées libanaises
00:42:12pour qu'elles soient
00:42:13en situation
00:42:14de pouvoir agir
00:42:15ce qui n'est pas le cas
00:42:16jusqu'à présent
00:42:17et c'était la raison
00:42:18pour laquelle
00:42:19le président de la république française
00:42:20avait organisé
00:42:22une conférence
00:42:23pour le renforcement
00:42:24de l'aide
00:42:24aux forces armées libanaises
00:42:25qui devaient se tenir à Paris
00:42:26qui n'a pas pu se tenir
00:42:27en raison
00:42:28du début de la guerre
00:42:30il y a ce désarmement
00:42:31qui ne pourra être
00:42:32que progressif
00:42:34vous savez
00:42:34les israéliens
00:42:36ont occupé
00:42:36le Liban Sud
00:42:38de 1982
00:42:39à 2000
00:42:40et ils n'ont pas réussi
00:42:41à désarmer
00:42:42le Hezbollah
00:42:43donc
00:42:44il faut un travail
00:42:45de fond
00:42:46de conviction
00:42:47de conviction
00:42:48de la population
00:42:49et de fermeté
00:42:50à cet égard
00:42:51pour cela
00:42:52il faut les moyens
00:42:52mais ça ne suffit pas
00:42:53il faut ensuite
00:42:54qu'on puisse rentrer
00:42:55dans un processus
00:42:57qui se terminera
00:42:58je l'espère
00:42:59par non seulement
00:43:00une reconnaissance mutuelle
00:43:01un accord sur les frontières
00:43:02mais aussi
00:43:03peut-être
00:43:03un accord de paix
00:43:04si on est dans cette logique-là
00:43:06alors la nouvelle de ce soir
00:43:07est considérable
00:43:08pour cela
00:43:09le préalable
00:43:10c'est aussi
00:43:10le retour des réfugiés
00:43:11vous avez rappelé
00:43:12les chiffres
00:43:12et dans la négociation
00:43:13dans le cessez-le-feu
00:43:14il doit y avoir
00:43:15la question du retour
00:43:16des réfugiés
00:43:16quasiment un million
00:43:17dans cette partie sud
00:43:18du Liban
00:43:19pour l'instant
00:43:19il n'y a que le cessez-le-feu
00:43:20dans la négociation
00:43:22il y aura évidemment
00:43:23je pense de la part
00:43:24des Libanais
00:43:25la question des réfugiés
00:43:26qui vont vouloir revenir
00:43:27sur leur territoire
00:43:28dans leur maison
00:43:30si tant est
00:43:30qu'elles n'ont pas été détruites
00:43:31les armes vont peut-être
00:43:33se taire ce soir
00:43:33à partir de 23h
00:43:34vous avez rappelé le bilan
00:43:35tout à l'heure Jean-Yves Le Drian
00:43:36des frappes israéliennes
00:43:38sur le Liban
00:43:38on est quasiment à 2000 morts
00:43:39depuis le début
00:43:40de ce conflit
00:43:41Israël dit
00:43:41nous ne frappons
00:43:42que des cibles du Hezbollah
00:43:43que des cibles terroristes
00:43:45est-ce que vous considérez
00:43:47que c'est fidèle
00:43:48à la réalité ?
00:43:49ce n'est pas la réalité
00:43:51le seul
00:43:52l'exemple qui me vient à l'esprit
00:43:54là c'est ce qui s'est passé
00:43:56le 8 avril
00:43:58le mercredi noir
00:43:59avec ces 300 morts
00:44:00dont des enfants
00:44:01qui ne sont pas membres
00:44:02du Hezbollah
00:44:02à ma connaissance
00:44:03donc ce discours-là
00:44:05est faux
00:44:05et il y a des frappes
00:44:07contre des civils
00:44:08aujourd'hui heureusement
00:44:09il y a un cessez-le-feu
00:44:10et j'espère qu'il durera
00:44:11c'est la condition
00:44:12pour l'avenir
00:44:12est-ce que vous allez jusqu'à dire
00:44:15je sais que l'heure est au cessez-le-feu
00:44:16mais il s'est passé des choses
00:44:17depuis plusieurs semaines
00:44:18que ce qui s'est passé au Liban
00:44:19ces frappes
00:44:20vous avez rappelé les enfants
00:44:21s'apparentent
00:44:22à quelque chose
00:44:23qui pourrait s'appeler
00:44:24des crimes de guerre ?
00:44:26le moment n'est pas
00:44:27d'identifier
00:44:28à quel moment
00:44:29il y a eu crime de guerre
00:44:30à quel moment
00:44:31il n'y en a pas eu
00:44:31il y a sûrement eu
00:44:32des crimes de guerre
00:44:35et à l'engagement de négociation
00:44:37alors allons-y
00:44:38on sait qu'il y a une liste
00:44:39très importante
00:44:40il y a des étapes très importantes
00:44:42on sait que ça doit
00:44:42se prendre du temps
00:44:43et le temps
00:44:45c'est un peu contraire
00:44:46à la méthode Trump
00:44:48qui veut que tout ça
00:44:49se fasse très rapidement
00:44:50ce n'est pas possible
00:44:51il faut donc prendre
00:44:52le temps nécessaire
00:44:53et j'espère que le cessez-le-feu
00:44:54c'est le début d'un processus
00:44:56le début d'une démarche
00:44:57qui soit une démarche vertueuse
00:44:59et qui pourrait aboutir
00:45:00ensuite au fait que
00:45:02entre Israël et le Liban
00:45:04il puisse y avoir
00:45:04une reconnaissance
00:45:05c'est l'intérêt des deux parties
00:45:06vous connaissez bien
00:45:08le président Aoun
00:45:09et le premier ministre
00:45:10vous avez contribué
00:45:11à leur arrivée au pouvoir
00:45:14aujourd'hui Israël dit
00:45:15pas question de quitter
00:45:16nos positions
00:45:17gagnées depuis
00:45:18le 2 mars dernier
00:45:19qu'est-ce que vous pensez
00:45:21de cette situation
00:45:22est-ce que l'état libanais
00:45:23est suffisamment fort
00:45:24un pour désarmer le Hezbollah
00:45:26et deux
00:45:26pour arriver au départ d'Israël
00:45:30à la libération du territoire
00:45:31si j'ose dire
00:45:31qui est occupé depuis le 2 mars
00:45:32la mission que se sont données
00:45:34les responsables libanais
00:45:36le président Aoun
00:45:37et le premier ministre
00:45:38Nawaf Salam
00:45:39c'est bien de restaurer
00:45:40l'état libanais
00:45:40dans toute sa souveraineté
00:45:42dans la souveraineté
00:45:44il y a l'intégrité territoriale
00:45:45mais dans la souveraineté
00:45:47il y a aussi
00:45:47une armée qui tient debout
00:45:48dans la souveraineté
00:45:50il y a
00:45:51un dispositif bancaire
00:45:53un dispositif financier
00:45:54un dispositif juridique
00:45:56qui tient debout
00:45:57il faut rétablir
00:45:58l'état libanais
00:45:59c'est la mission
00:45:59qu'ils se sont données
00:46:00il faut les aider en ce sens
00:46:01jamais
00:46:03on a vu
00:46:04on a connu
00:46:04un gouvernement libanais
00:46:06des autorités libanaises
00:46:07d'une telle qualité
00:46:08donc c'est avec cela
00:46:09qu'il faut agir
00:46:10c'est avec cela
00:46:10qu'il faut négocier
00:46:11et ça sera un long chemin
00:46:12il faut se dire
00:46:13que ça va prendre du temps
00:46:14après tout le passé
00:46:15après tous les drames
00:46:16après toutes les épreuves
00:46:18qu'a connues ce pays
00:46:20prenons le temps
00:46:21alors
00:46:21le cessez le feu
00:46:22c'est une première étape
00:46:23une première étape
00:46:24qui
00:46:24puisqu'il y a la volonté
00:46:26d'avancer
00:46:26j'espère
00:46:27sera suivie d'autres étapes
00:46:28et la France a toujours été là
00:46:30et sera toujours là
00:46:31pour accompagner
00:46:32cette démarche
00:46:33Jean-Yves Le Drian
00:46:34vous avez prononcé récemment
00:46:35une phrase qui a fait
00:46:35beaucoup de bruit
00:46:36parce que vous n'êtes pas
00:46:37un homme d'éclat de voix
00:46:39ça a même fait la une
00:46:40de Libération
00:46:41cette phrase
00:46:42nous voilà réduits
00:46:42à constater la folie d'un homme
00:46:44en parlant de Donald Trump
00:46:45mais je voudrais reprendre
00:46:45non pas cet extrait
00:46:46que vous avez prononcé
00:46:47mais l'ensemble de la phrase
00:46:49que vous avez dit
00:46:49à Libération
00:46:50tout est permis aujourd'hui
00:46:51il n'y a plus de règles
00:46:52sauf le rapport de force
00:46:53désinhibée
00:46:54l'absurdité
00:46:55l'outrance
00:46:55avec en toile de fond
00:46:56toujours les intérêts financiers
00:46:57nous voilà donc réduits
00:46:59à constater la folie d'un homme
00:47:01ce terme de folie
00:47:02que vous avez utilisé
00:47:03pour Donald Trump
00:47:03est-ce que vous le regrettez
00:47:04ou est-ce que vous l'assumez ?
00:47:06Je décline
00:47:08C'est-à-dire ?
00:47:09Il y a
00:47:10chacun constate les outrances
00:47:13je ne vais pas en faire
00:47:14un récapitulatif
00:47:15devant vous
00:47:17chacun constate aussi
00:47:18les grossièretés
00:47:20à l'égard de tel ou tel
00:47:22chef d'État
00:47:23le nôtre
00:47:23mais pas que le nôtre
00:47:25chacun constate
00:47:26les provocations
00:47:28y compris à l'égard du pape
00:47:30je serais même tenté
00:47:31de dire y compris
00:47:32à l'égard de Jésus-Christ
00:47:35chacun constate
00:47:36les incohérences
00:47:37des choix
00:47:39chacun constate
00:47:40les irrationalités
00:47:41chacun constate
00:47:42les allers-retours
00:47:43chacun constate
00:47:44la série des ultimatums
00:47:46l'un contre
00:47:46disant l'autre
00:47:47bref
00:47:48chacun constate
00:47:49le Trump
00:47:50tel qu'on le connaît
00:47:51et donc
00:47:52le problème
00:47:52c'est qu'il faut vivre avec
00:47:53est-ce que ça fait de lui
00:47:55un fou ?
00:47:56non c'est pas de lui
00:47:57un fou
00:47:57ça fait de lui
00:47:58un personnage
00:47:59dont on a du mal
00:48:00à mesurer
00:48:01les inconséquences
00:48:02et les décisions
00:48:03ce qui est très frappant
00:48:06c'est de constater
00:48:07qu'il y a
00:48:08à la fois
00:48:09des ultimatums
00:48:11péremptoires
00:48:12qui sont affichés
00:48:15ensuite
00:48:15des frappes
00:48:17qui sont déclenchées
00:48:18alors que
00:48:18c'était pas prévu
00:48:19du tout comme ça
00:48:20qui sont lourdes
00:48:21qui sont violentes
00:48:21et puis parallèlement
00:48:23il y a des négociations
00:48:23donc il y a une méthode
00:48:25Trump
00:48:25qui est un peu
00:48:26compliquée à suivre
00:48:27et le monde
00:48:29doit essayer
00:48:29de s'y adapter
00:48:30pour essayer
00:48:30de trouver des solutions
00:48:31et éviter les guerres
00:48:32c'est ce qui se passe
00:48:33là sur la question
00:48:34libanaise
00:48:35mais vous par exemple
00:48:36qui avez croisé
00:48:37Vladimir Poutine
00:48:38vous étiez
00:48:39au Kremlin
00:48:40en 2022
00:48:40la dernière fois
00:48:41qu'un chef de l'état
00:48:42français
00:48:42a rencontré
00:48:43le président
00:48:44russe
00:48:44dans la même pièce
00:48:45Donald Trump
00:48:46et Vladimir Poutine
00:48:47auquel vous faites
00:48:48le plus confiance
00:48:48ou le moins confiance
00:48:49aujourd'hui ?
00:48:51c'est difficile
00:48:52de répondre
00:48:53à ces questions-là
00:48:54Poutine
00:48:55dit depuis le début
00:48:56ce qu'il va faire
00:48:59et concernant
00:48:59la question ukrainienne
00:49:01il annonce
00:49:02dès la fin
00:49:03de l'année 2021
00:49:05ses orientations
00:49:06ses choix
00:49:07ses décisions
00:49:08sa stratégie
00:49:09et il l'applique
00:49:10sauf qu'il a des échecs
00:49:11il n'arrive pas
00:49:12à le faire
00:49:12comme il le voulait
00:49:14il n'arrive pas
00:49:14à régler la question
00:49:15il va jusqu'au bout
00:49:18de sa logique
00:49:20et aujourd'hui
00:49:21il est dans cette
00:49:24impasse ukrainienne
00:49:26qui malheureusement
00:49:27rend ce peuple ukrainien
00:49:29dans le drame
00:49:30et dans les souffrances
00:49:31le président Trump
00:49:33il varie
00:49:34en fonction
00:49:35du moment
00:49:37de ses impulsions
00:49:38de son ressenti
00:49:42du cours du pétrole
00:49:44bref
00:49:45c'est parfois
00:49:46totalement inattendu
00:49:47mais il y a
00:49:48une logique
00:49:49permanente
00:49:50qui est la logique
00:49:51du rapport de force
00:49:51et de la puissance
00:49:53et là
00:49:54sur le Liban
00:49:56malgré les outrances
00:49:57c'est Trump
00:49:57qui impose
00:49:58le cessez-le-feu
00:49:59oui
00:49:59c'est paradoxal
00:50:00mais on va dire
00:50:01c'est une réalité
00:50:02c'est paradoxal
00:50:03non
00:50:04c'est pas
00:50:05contradictoire
00:50:05avec tout ce que je viens de dire
00:50:06c'est qu'à un moment donné
00:50:07je pense qu'il s'est rendu compte
00:50:09que
00:50:10l'ensemble
00:50:12des opérations
00:50:12qui ont été menées
00:50:14et déclenchées
00:50:14depuis le 28 mars
00:50:17aboutissaient
00:50:18le 28 février
00:50:19pardon
00:50:19aboutissaient
00:50:20à un échec
00:50:22et qu'il était
00:50:23dans un moment
00:50:23une impasse
00:50:24et pour sortir de l'impasse
00:50:26il faut poser d'autres actes
00:50:27aussi imprévus
00:50:28et inattendus
00:50:29que les premiers
00:50:30c'est ce qu'il fait
00:50:31on parlait de Vladimir Poutine
00:50:32il y a un instant
00:50:33Jean-Yves Le Drian
00:50:33il a offert ses services
00:50:35de médiateur
00:50:36aujourd'hui
00:50:37entre les Etats-Unis
00:50:38et l'Iran
00:50:38il dit notamment
00:50:38je suis prêt
00:50:40si vous avez besoin de moi
00:50:41récupérer l'uranium enrichi
00:50:43je crois percevoir
00:50:44un sourire sur votre visage
00:50:45quand je dis ça
00:50:46récupérer l'uranium enrichi
00:50:48des Iraniens
00:50:48le stocker chez moi
00:50:49je m'engage à ne pas y toucher
00:50:51est-ce que vous lui confieriez
00:50:52je disais
00:50:53dans la même pièce
00:50:53vous lui confieriez
00:50:54de l'uranium enrichi
00:50:55à Vladimir Poutine
00:50:56il y a un organisme
00:50:58qui sait très bien faire ça
00:51:00c'est la IEA
00:51:01et c'est un organisme
00:51:03que le président Poutine
00:51:04a déjà utilisé
00:51:05puisque lorsqu'il y a eu
00:51:06les premiers accords
00:51:07sur l'Iran
00:51:09en 2015
00:51:11la Russie
00:51:12était partie prenante
00:51:12des accords
00:51:13et était partie prenante
00:51:14du comité de suivi
00:51:16il fait un peu de provocation
00:51:19ça fait partie
00:51:20de son personnage
00:51:21mais bien sûr
00:51:22que sur la question iranienne
00:51:23s'il y a un outil
00:51:25pour gérer
00:51:26les stocks d'uranium
00:51:28enrichi
00:51:29à plus de 60%
00:51:30ce qui est le cas
00:51:30des 400 kilos
00:51:31dont on parle
00:51:32c'est bien la IEA
00:51:33qui est un organisme
00:51:34des Nations Unies
00:51:35respectable
00:51:36scientifiquement
00:51:36très performant
00:51:37avec des gens
00:51:39très responsables
00:51:40qui peuvent assumer
00:51:41cette mission
00:51:41et donc pour vous
00:51:43la question d'uranium
00:51:43doit bien faire partie
00:51:46des conclusions
00:51:46pour parler
00:51:47si elles reprennent
00:51:48entre les Etats-Unis
00:51:49et l'Iran
00:51:51il faut qu'il y ait
00:51:51toujours la question
00:51:52de l'uranium
00:51:53ou on peut considérer
00:51:54qu'on va remettre ça
00:51:56à plus tard
00:51:56et que l'essentiel
00:51:57aujourd'hui
00:51:57est de mettre fin
00:51:57à cette guerre
00:51:59je vous la pose
00:52:00de manière un peu triviale
00:52:01parce que l'enjeu
00:52:02est assez important
00:52:03vous la posez bien
00:52:04parce que ça fait partie
00:52:05du sujet
00:52:05mais quand on revient
00:52:07sur la crise
00:52:08entre l'Iran
00:52:10et la négociation
00:52:12et les discussions
00:52:12entre l'Iran
00:52:13et les Etats-Unis
00:52:14il y avait
00:52:15Israël
00:52:16au départ
00:52:17il y avait
00:52:17quatre sujets
00:52:18sur la table
00:52:19et maintenant
00:52:20il y en a cinq
00:52:20dont un gros
00:52:21qui n'était pas prévu
00:52:23les quatre sujets
00:52:24c'était d'abord
00:52:24empêcher
00:52:26l'Iran
00:52:26d'accéder à l'arme nucléaire
00:52:27vieille histoire
00:52:29c'est indispensable
00:52:30c'est tout à fait nécessaire
00:52:31pour éviter la prolifération
00:52:32donc cet enjeu-là
00:52:33était essentiel
00:52:34et puis il y avait aussi
00:52:35l'enjeu des missiles
00:52:37balistiques
00:52:38qui étaient organisés
00:52:41pour frapper
00:52:42soit l'Iran
00:52:43soit les pays
00:52:44voisins du Golfe
00:52:45c'est ce à quoi
00:52:46ils ont d'ailleurs
00:52:46été utilisés
00:52:47pendant la guerre
00:52:49et faire en sorte
00:52:51que cet arsenal
00:52:51balistique
00:52:52soit maîtrisé
00:52:53puis il y avait
00:52:54troisième sujet
00:52:55les milices
00:52:57qui soutiennent
00:52:58l'Iran
00:52:59et qui agissent
00:53:00soit au Liban
00:53:01avec le Hezbollah
00:53:02soit avec les Houthis
00:53:02au Yémen
00:53:03soit même avec
00:53:04certains groupes
00:53:04certaines milices
00:53:05en Irak
00:53:06et faire en sorte
00:53:07que ces milices-là
00:53:08soient déconnectées
00:53:10des enjeux
00:53:11menés par
00:53:12la politique
00:53:13du gouvernement
00:53:14iranien
00:53:15et puis il y avait aussi
00:53:16la répression
00:53:17par une population
00:53:18qui ne demande
00:53:19qu'à vivre dans la liberté
00:53:20et qui ne le peut pas
00:53:21tant la répression est forte
00:53:22il y avait ces quatre sujets
00:53:23et c'est au nom
00:53:24de ces quatre sujets-là
00:53:25que s'est engagée la guerre
00:53:29avec les Etats-Unis
00:53:30et Israël
00:53:32aujourd'hui
00:53:32il y en a un cinquième
00:53:33c'est Hormuz
00:53:35qui n'était pas prévu
00:53:36parce que
00:53:37manifestement
00:53:38au début de la guerre
00:53:39les Etats-Unis
00:53:40et Israël
00:53:41pensaient que ça
00:53:42allait se régler
00:53:42dans les 4-5 jours
00:53:44c'est ce qu'on dit
00:53:44dans les services secrets israéliens
00:53:46Donald Trump
00:53:46à la Maison Blanche
00:53:47oui
00:53:47et donc du coup
00:53:48vous n'avez pas imaginé
00:53:50mais c'est une bévue énorme
00:53:51que l'Iran
00:53:52aurait pu dire
00:53:54et bien
00:53:54Hormuz
00:53:55on ne passe pas
00:53:56et malheureusement
00:53:57c'est arrivé
00:53:58et aujourd'hui
00:53:59la posture du président Trump
00:54:01est telle que
00:54:01il ne peut pas dire
00:54:02j'ai gagné
00:54:03si Hormuz
00:54:04reste fermé
00:54:05alors il bloque
00:54:06il fait un blocus
00:54:07mais un blocus
00:54:07c'est un acte de guerre
00:54:08donc la négociation
00:54:10aujourd'hui
00:54:10doit aussi désormais
00:54:11intégrer Hormuz
00:54:12quasiment de manière
00:54:13aussi importante
00:54:14que le nucléaire
00:54:15ce n'était pas prévu du tout
00:54:16comme ça
00:54:16Hormuz
00:54:17dont le patron de Total
00:54:18Patrick Pouyanné
00:54:19interrogé en début de semaine
00:54:20à Washington
00:54:21a dit aujourd'hui
00:54:21à choisir entre deux mots
00:54:22je préfère encore un péage
00:54:24qu'une fermeture
00:54:25est-ce qu'un grand patron
00:54:27a le droit de penser ça
00:54:28a le droit de dire ça
00:54:29et est-ce que c'est aussi
00:54:30un peu votre position
00:54:31pas du tout
00:54:32c'est-à-dire ?
00:54:33moi je ne sais pas
00:54:33ce qu'a dit le président Pouyanné
00:54:35mais la réalité
00:54:36mieux vaut un péage
00:54:36la réalité c'est que
00:54:39la libre circulation
00:54:40fait partie du droit
00:54:41international de la mer
00:54:43mais même anciennement
00:54:44du droit coutumier des mers
00:54:46si on se repousse
00:54:47à 200 ou 300 ans
00:54:48on passe les détroits
00:54:50librement
00:54:51c'est vrai pour le détroit
00:54:52d'Hormuz
00:54:53c'est vrai pour le détroit
00:54:54de Gibraltar
00:54:54c'est vrai pour le détroit
00:54:55de Malaga
00:54:56il faut que les européens
00:54:58mais pas uniquement qu'eux
00:54:59que tous ceux
00:55:00qui ont affaire à la mer
00:55:02rappellent ce principe
00:55:03fondamental
00:55:04de la liberté de circulation
00:55:05dans les mers
00:55:05et en particulier
00:55:06la liberté de circulation
00:55:07dans les détroits
00:55:08sinon on est dans une logique
00:55:10extrêmement dangereuse
00:55:11pour l'avenir
00:55:12et pas uniquement
00:55:12tant au Proche-Orient
00:55:13Alors justement
00:55:15est-ce que la France
00:55:16doit envoyer
00:55:17une force maritime
00:55:18dans le détroit d'Hormuz
00:55:19pour sécuriser
00:55:20le passage des bateaux
00:55:21il y a demain
00:55:22une réunion très importante
00:55:23avec le chancelier allemand
00:55:25le premier ministre britannique
00:55:27la première ministre italienne
00:55:29vous êtes favorable
00:55:30à envoyer
00:55:31le Charles de Gaulle
00:55:33et puis quelques frégates
00:55:34et des chasseurs de mines
00:55:36pour sécuriser le détroit
00:55:37alors que la France
00:55:38a toujours voulu
00:55:39rester à l'écart
00:55:39de cette guerre
00:55:40Non mais c'est une attitude
00:55:41très défensive
00:55:43cette initiative-là
00:55:44n'est pas du tout
00:55:44partie prenante
00:55:45des pays
00:55:46qui sont en conflit
00:55:47il s'agit
00:55:49pour les Européens
00:55:50et d'autres
00:55:50potentiellement
00:55:51de faire en sorte
00:55:52que lorsque
00:55:53il y aura
00:55:54un apaisement
00:55:56donc du coup
00:55:56lorsque la conflictualité
00:55:58sera terminée
00:55:59qu'il puisse y avoir
00:56:01des escortes
00:56:01d'accompagnement
00:56:02des bateaux
00:56:03de commerce
00:56:04qui passent
00:56:05le détroit d'Hormuz
00:56:05pour les rassurer
00:56:09comme on fait
00:56:09dans la mer rouge
00:56:10aujourd'hui
00:56:10on le fait déjà
00:56:11d'une certaine manière
00:56:12on a une mission
00:56:13dans la mer rouge
00:56:14où il y a deux frégates
00:56:14qui accompagnent
00:56:15éventuellement les bateaux
00:56:16pour les rassurer
00:56:16sinon ça ne reprendra pas
00:56:18donc il faut rassurer
00:56:20après la guerre
00:56:22le commerce international
00:56:23et on peut en même temps
00:56:25rassurer nos propres alliés
00:56:26dans la région
00:56:26qui sont les pays du Golfe
00:56:27c'est ça l'initiative
00:56:29du président Macron
00:56:29c'est absolument indépendant
00:56:32du conflit
00:56:32cette guerre-là
00:56:33n'est pas la nôtre
00:56:34je reviens à la principale information
00:56:35de cette soirée
00:56:36donc ceci c'est le feu
00:56:36entre Israël et le Liban
00:56:38qui doit entrer en vigueur
00:56:39à 23h
00:56:40heure française
00:56:41on va retourner à Beyrouth
00:56:42si vous le permettez
00:56:43avec plaisir
00:56:43je vais le dril en retrouver
00:56:44Jérémy Trottin
00:56:45vous êtes à côté de Beyrouth
00:56:46précisément c'est ça
00:56:47près d'un stade
00:56:49qui accueille des réfugiés
00:56:51qui ont quitté
00:56:51le sud-Liban
00:56:53ces dernières semaines
00:56:55Jérémy
00:56:55exactement
00:56:56on est à quelques pas
00:56:57de la banlieue sud de Beyrouth
00:56:59le bastion du Hezbollah
00:57:00et regardez
00:57:01on est ici devant
00:57:01le plus grand stade de Beyrouth
00:57:03où sont accueillis
00:57:03depuis des semaines
00:57:04des dizaines et des dizaines
00:57:06de déplacés
00:57:06qui ont fui
00:57:07les bombardements
00:57:08et regardez ce stade
00:57:08il est sous la protection de l'armée
00:57:09on aperçoit les chars
00:57:10à côté de nous
00:57:11et regardez la situation
00:57:12aucune effusion de joie
00:57:14à l'annonce de ce cessez-le-feu
00:57:15les familles
00:57:16qui sont ici
00:57:17depuis des semaines
00:57:18accueillent avec
00:57:19beaucoup de prudence
00:57:20pour ne pas dire
00:57:20de méfiance
00:57:21ce cessez-le-feu
00:57:22parce qu'elles nous disent
00:57:23ne pas faire confiance
00:57:24à l'armée israélienne
00:57:25pour les laisser en sécurité
00:57:27certaines nous ont dit
00:57:28avoir fait plus de 20 heures de route
00:57:29notamment celles qui venaient
00:57:30du sud du pays
00:57:32pour venir ici
00:57:33et donc évidemment
00:57:33elles ne sont pas prêtes
00:57:34à prendre la route du retour
00:57:36vers leur village du sud du pays
00:57:37avant d'être certaines
00:57:38qu'elles seront en sécurité
00:57:39surtout lorsqu'elles ont vu
00:57:40que l'armée israélienne
00:57:41pourrait rester
00:57:42garder ses positions
00:57:44dans ces villages du sud
00:57:45et donc
00:57:45certains nous ont dit
00:57:47attendre plus d'informations
00:57:49notamment de la part
00:57:50des leaders du Hezbollah
00:57:51parce qu'ici
00:57:52on n'écoute pas seulement
00:57:52le président du Liban
00:57:54monsieur Aoun
00:57:55mais on écoute aussi
00:57:55les leaders du Hezbollah
00:57:57ces communautés qui sont ici
00:57:58et qui dorment dans ces temps
00:57:59que vous apercevez
00:57:59autour de moi par dizaines
00:58:01et bien elles sont plutôt sympathisantes
00:58:04avec le Hezbollah
00:58:05et c'est lui aujourd'hui
00:58:05ce mouvement cheat aujourd'hui
00:58:07qui leur dit quoi faire
00:58:09et regardez
00:58:09il y a 1500 personnes
00:58:10qui sont réparties
00:58:11on est dans les entrailles
00:58:12du plus grand stade de Beyrouth
00:58:14qui évidemment n'accueille plus
00:58:15aucune compétition sportive
00:58:16et qui a été transformé
00:58:17en centre d'accueil
00:58:18de déplacés géants
00:58:20depuis plusieurs semaines
00:58:21ces familles qui donc
00:58:22restent ici
00:58:23et qui vous voyez
00:58:23personne ne fait sa valise
00:58:25personne ne se prépare à partir
00:58:26merci Jérémy
00:58:27Normand Clément Granon
00:58:29donc du côté de Beyrouth
00:58:30au Liban
00:58:31vous nous disiez tout à l'heure
00:58:32prudence
00:58:33et une petite dose d'optimisme
00:58:34quand même ce soir
00:58:35une bonne dose d'optimisme
00:58:37je comprends très bien
00:58:38l'interrogation des Libanais
00:58:40et leur grande prudence
00:58:42après tout ce qu'ils ont vécu
00:58:45un mot sur l'Europe
00:58:46la défaite de Viktor Orban
00:58:48dimanche dernier
00:58:49lors des élections législatives
00:58:50en Hongrie
00:58:51il n'est plus premier ministre
00:58:52Vladimir Poutine
00:58:52on l'a dit
00:58:53depuis sa défaite
00:58:55a sans doute perdu
00:58:56son meilleur allié
00:58:57sur la scène européenne
00:58:58est-ce que vous allez
00:58:59au-delà dans l'analyse
00:59:00est-ce que vous considérez
00:59:01que c'est une sorte de repli
00:59:02du début de repli
00:59:03de la vague
00:59:05ce qu'on avait appelé
00:59:05la vague populiste
00:59:06en Europe
00:59:07ou est-ce que vous dites
00:59:07attention
00:59:08la Hongrie peut être
00:59:10un contre-exemple
00:59:11n'en tirons pas de leçon
00:59:12d'abord
00:59:13comme disait ma grand-mère
00:59:14c'est une sévère déculottée
00:59:17elle n'a pas dit ça
00:59:18au sujet de Viktor Orban
00:59:19non non
00:59:20elle n'a pas dit ça
00:59:20c'est le mot déculotté
00:59:22mais
00:59:26quand même
00:59:27cet échec-là
00:59:28après avoir eu le soutien
00:59:31physique
00:59:32de Vance
00:59:34qui s'est déplacé
00:59:35de Mme Le Pen
00:59:37qui s'est déplacé
00:59:38des représentants
00:59:39du parti néo-nazi allemand
00:59:42qui se sont présentés
00:59:43qui sont allés
00:59:44le soutien de fait
00:59:45de Vladimir Poutine
00:59:47ça faisait quand même
00:59:48un bon agglomérat
00:59:49de ce qu'on pourrait appeler
00:59:52l'international
00:59:53extrême droite
00:59:54en réalité
00:59:55qu'il constituait
00:59:56et qu'il avait organisé
00:59:57autour de lui
00:59:58et ça
00:59:59de ce côté-là
01:00:00c'est quand même
01:00:01une très bonne nouvelle
01:00:02ce qui m'a le plus frappé
01:00:04c'est que le nouveau
01:00:05premier ministre
01:00:06a déclaré
01:00:07la Hongrie
01:00:08revient dans l'Europe
01:00:10ce qui veut dire
01:00:10qu'en fait
01:00:11les Hongrois
01:00:12s'étaient sentis
01:00:12exclus de l'Europe
01:00:13et le mouvement
01:00:14qui s'est produit
01:00:15alors qu'il y a sûrement
01:00:16des causes différentes
01:00:18ceux qui sont inquiets
01:00:19de la situation économique
01:00:20ceux qui sont inquiets
01:00:21de la situation du droit
01:00:22ceux qui sont inquiets
01:00:23de la manière
01:00:25dont la Hongrie
01:00:26était traitée
01:00:27par les Européens
01:00:28tout ça
01:00:29s'est congloméré
01:00:30pour faire cet échec-là
01:00:31mais le fond de l'affaire
01:00:33c'est que
01:00:34le premier ministre
01:00:35hongrois dit
01:00:35la Hongrie revient dans l'Europe
01:00:37Mais vous pensez
01:00:38qu'on peut vraiment comparer
01:00:39Marine Le Pen
01:00:39Jean-Nard Bardella
01:00:40et Victor Orban
01:00:41au-delà du soutien
01:00:42qu'il a apporté ?
01:00:42Ils étaient tous ensemble
01:00:43quand même
01:00:43donc ça veut dire
01:00:44qu'ils ont sans doute
01:00:45des intérêts communs
01:00:47Moi je me souviens très bien
01:00:49lorsque Trump a été élu
01:00:50de M. Bardella
01:00:52qui avait fait
01:00:53une déclaration
01:00:54extrêmement positive
01:00:55sur l'arrivée de Trump
01:00:56disons
01:00:56un souffle nouveau
01:00:58de liberté
01:00:58et de fierté nationale
01:01:00va traverser
01:01:00toutes les démocraties occidentales
01:01:02Voilà le résultat
01:01:03c'est pas ça
01:01:04C'est pas ça
01:01:05qui est au rendez-vous
01:01:06Il nous reste 10 secondes
01:01:06Jean-Yves Le Drian
01:01:07est-ce que vous reconnaissez
01:01:08l'homme qui va apparaître
01:01:09sur le petit écran
01:01:10devant vous
01:01:11et qui dit
01:01:11qu'il se prépare à l'Elysée ?
01:01:13Oui
01:01:14Je l'ai servi pendant
01:01:15pendant 5 ans
01:01:16j'ai été son ministre de la Défense
01:01:17et puis c'est un ami
01:01:18de très longue date
01:01:19C'est votre candidat ?
01:01:20Je ne le prononcerai pas
01:01:21pour l'instant
01:01:22Pour l'instant ?
01:01:23Un jour je me prononcerai
01:01:25Quel est le candidat ?
01:01:26Je ne le prononcerai pas
01:01:27pour l'instant
01:01:28Ulysse Gosset
01:01:29Je ne le dirai rien là-dessus
01:01:30Bien tenté Ulysse Gosset
01:01:31mais ce n'est pas pour aujourd'hui
01:01:32Merci beaucoup
01:01:33Jean-Yves Le Drian
01:01:33d'être venu ce soir
01:01:34sur ce plateau
01:01:34Je ne le prononcerai pas
01:01:34Je ne le prononcerai pas
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