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  • il y a 4 mois
Chaque jour, Marc Fauvelle vous accompagne de 19h à 20h dans 60 minutes Fauvelle sur BFMTV.

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00:00:00Bonsoir à tous, bienvenue dans 60 minutes, votre rendez-vous d'infos et de décryptage.
00:00:04C'est la canicule à la Pentecôte.
00:00:06Plus de 300 records de chaleur battus aujourd'hui en France jusqu'à 37 degrés dans le sud-ouest.
00:00:128 départements en alerte orange à la canicule.
00:00:14Les infos dans un instant, les prévisions météo.
00:00:17On sera aussi sur le terrain avec la France qui a chaud, la France qui transpire,
00:00:20avec celle qui tente de se protéger et justement tous les conseils santé pour vivre cet épisode de canicule.
00:00:27On parlera aussi du bras de fer sans fin au Moyen-Orient.
00:00:30Ce sera soit un accord formidable, soit des frappes encore plus intenses.
00:00:34Voilà ce que dit Donald Trump aujourd'hui.
00:00:36Et puis le débat du jour.
00:00:37Faut-il une pause sur l'immigration légale à moratoire de 3 ans ?
00:00:41C'est ce que réclame le ministre de la Justice Gérald Darmanin.
00:00:44Et ce sera notre débat ce soir.
00:00:46Soyez tous les bienvenus.
00:00:47D'abord, la chaleur sur la France.
00:01:01Avec donc cette chaleur, cette vague de chaleur qui touche la France depuis deux jours.
00:01:05Maintenant, les prévisions, les chiffres, les records.
00:01:08Ce sera dans quelques instants.
00:01:09D'abord, regardez cette image d'Osgore en haut à gauche sur votre écran.
00:01:1337 degrés aujourd'hui sur la plage d'Osgore.
00:01:16Et 21 petits degrés dans l'eau pour ceux qui ont piqué une petite tête pour se rafraîchir.
00:01:21On part tout de suite du côté d'Angoulême avec Thomas Gérard qui est sur place.
00:01:25Bonsoir Thomas.
00:01:25Combien fait-il ce soir au thermomètre chez vous ?
00:01:31Eh bien écoutez, il fait déjà très lourd.
00:01:33Et cette base de loisirs est prise d'assaut.
00:01:35Il fait 34 degrés, ressenti 35.
00:01:38Les températures grimpent du côté d'Angoulême.
00:01:40Et ça pourrait se maintenir dans les prochains jours.
00:01:43La Charente qui fait partie de ces départements placés ce lundi en vigilance jaune.
00:01:49Et je me trouve sur cette base de loisirs que l'on voit juste derrière moi.
00:01:52Fréquentée par de nombreuses familles venues se rafraîchir pour faire face à ces températures en hausse.
00:01:58Et pour en parler, je vais accueillir Laetitia.
00:02:00Bonjour Laetitia, venez avec nous.
00:02:01Vous êtes habitante d'Angoulême.
00:02:02Et vous êtes là pour vous rafraîchir.
00:02:04Expliquez-nous.
00:02:05Oui, tout à fait.
00:02:06En cette canicule du mois de mai, nous sommes venues se rafraîchir, monter une glace.
00:02:11Parce que les températures sont vraiment très très élevées.
00:02:13Et on souffre.
00:02:14Quelles sont vos techniques pour vous rafraîchir à part la glace ?
00:02:17La baignade.
00:02:18Mettre les pieds dans l'eau, se rafraîchir.
00:02:21Il n'y a que ça à faire.
00:02:22Merci beaucoup Laetitia d'être avec vous sur BFM.
00:02:25Et je rappelle que ces départements resteront en vigilance au mois juste demain.
00:02:31Merci beaucoup Thomas Girard pour la liaison technique.
00:02:34On part du côté de la capitale Paris, précisément le bois de Boulogne.
00:02:38Avec vous Mathéo Rivière.
00:02:39Je suppose que les Parisiens, les Franciliens sont venus chercher un peu de fraîcheur.
00:02:43Fraîcheur toute relative.
00:02:48Eh bien écoutez Marc, on était tout à l'heure avec les coureurs.
00:02:51C'est pour ça que vous me voyez en tenue de sport.
00:02:53On va désormais se rapprocher des familles.
00:02:55Parce qu'elles aussi, elles sont venues profiter du beau temps.
00:02:57Mais elles souffrent avec ces 33 degrés encore à 18h30 ici.
00:03:01Et puis il faut s'adapter.
00:03:02On vient profiter du beau temps.
00:03:03Mais on vient surtout à l'ombre.
00:03:05Alors nous aussi avec Margot Dumont, on va s'installer en l'ombre.
00:03:07On est retrouvé Hotman qui est venu avec sa famille.
00:03:09Bonjour Hotman.
00:03:10Bonjour.
00:03:10Dites-nous, c'est compliqué avec ces fortes chaleurs.
00:03:13Comment est-ce qu'il fait dans votre appartement ?
00:03:14Et j'imagine très chaud.
00:03:15C'est peut-être pour ça que vous êtes venu ici au bord de l'eau.
00:03:17On est venu passer un petit peu le bon temps.
00:03:21Mon appartement, moi j'ai un petit peu de la chance.
00:03:23J'ai de la clim chez moi.
00:03:26Donc je m'en sors assez bien.
00:03:27Mais dans l'ensemble, c'est juste un jour férié.
00:03:29On est sortis pour passer du bon temps.
00:03:31Comment est-ce qu'on s'adapte face à ces grosses températures ?
00:03:34Surtout quand on a des enfants à bas âge.
00:03:36On le voit, vous êtes au bord de l'eau.
00:03:37Mais comment est-ce qu'on s'adapte ?
00:03:39À la maison, du coup, avec la clim.
00:03:41On n'a pas le choix.
00:03:42Quand on prend le véhicule également, c'est avec la clim.
00:03:46Et en dehors, il ne faut pas sortir pendant les pics.
00:03:48Donc on essaye de sortir plus en fin d'après-midi
00:03:52pour éviter les pics de chaleur.
00:03:54Merci beaucoup Hotman.
00:03:55On vous laisse profiter de ces moments en famille.
00:03:57Et puis, vous le disiez, ces fortes chaleurs vont continuer demain.
00:04:0120 départements en vigilance jaune, 8 en vigilance orange.
00:04:05Et il va falloir s'y habituer parce que le mercure n'est pas prêt de redescendre de si tôt.
00:04:09Ils vont dire que ça va continuer avec des fortes chaleurs jusqu'au minimum la fin de la semaine.
00:04:13Merci beaucoup, Mathéo Rivière.
00:04:15Donc au Bois de Boulogne, 33 degrés à 18h49 avec Morgane Dumont derrière la caméra.
00:04:21Bonsoir, Marc.
00:04:21Bonsoir.
00:04:22Chef du service météo-climat à BFM TV.
00:04:25Les records sont tombés, j'allais dire, comme des mouches aujourd'hui.
00:04:27Plus de 300 records de chaleur à l'heure où on se parle ?
00:04:29Absolument.
00:04:30Plus de 340 records de chaleur battus au égalé.
00:04:34La situation est inédite, exceptionnelle, historique.
00:04:38C'est la première fois qu'une vigilance orange canicule, même jaune, est émise par Météo France au mois de
00:04:44mai.
00:04:45En réalité, en général, on lance, on est en capacité de lancer la vigilance orange au 1er juin cette année
00:04:50de manière exceptionnelle.
00:04:51Il a fallu avancer le dispositif tant la situation est exceptionnelle et les températures qui grimpent encore.
00:04:57Puisque vous voyez sur votre écran 36 degrés 9 à Osgore dans le département des Landes.
00:05:02Sauf qu'à cette période de l'année, le thermomètre peut encore grimper jusqu'à 18-19 heures.
00:05:06Et actuellement, la température est de 37 degrés 1 à Osgore.
00:05:09C'est la température la plus élevée relevée à l'échelle du pays aujourd'hui.
00:05:13On est combien là au-dessus des moyennes ?
00:05:15On est plus de 15 degrés au-dessus des moyennes de saison.
00:05:18On devrait en réalité avoir en moyenne 21 degrés sur le nord, 23 degrés dans le sud.
00:05:23Donc vous faites les calculs, 23, 37, on est par endroit 14, 15 degrés.
00:05:28C'est combien en même temps ?
00:05:29Oui, en fonction des villes.
00:05:31C'est vrai qu'on dépasse, on est à près de 34, 35 en Bretagne.
00:05:35Là, la normale est de 20.
00:05:36Donc par endroit, on est plus de 15 degrés au-dessus des valeurs de saison pour une fin de mois
00:05:40de mai.
00:05:40On nous parle de dôme de chaleur, de canicule.
00:05:43Qu'est-ce que c'est qu'un dôme de chaleur ?
00:05:45Et est-ce que là, on peut dire qu'on est vraiment en canicule ?
00:05:47Alors, on est en canicule parce qu'il y a une vigilance orange canicule.
00:05:50Je vous rappelle, la canicule, ce sont des seuils très précis à dépasser la nuit et le jour pendant trois
00:05:55jours consécutifs.
00:05:56En général, c'est 20 degrés la nuit, 34, 35 le jour.
00:06:00C'est clairement ce que nous avons actuellement et ce que nous allons avoir encore pendant plusieurs jours.
00:06:03Dôme de chaleur parce qu'en fait, on a un immense anticyclone qui recouvre la France, qui agit en fait
00:06:08comme une cloche.
00:06:09Et sous cette cloche, jour après jour, les températures, eh bien, grimpent.
00:06:13C'est-à-dire qu'à chaque fois, on part de plus haut parce qu'il fait très chaud la
00:06:16journée.
00:06:17Du coup, la nuit suivante est encore plus chaude et que dès le lendemain, dès que le soleil se lève,
00:06:21eh bien, ça chauffe à nouveau.
00:06:23Et donc, on devrait encore, demain matin, avoir des températures plus élevées.
00:06:27Ce qui veut dire que, normalement, à la fin de la journée de demain, la journée de mardi sera encore
00:06:31plus chaude que celle que nous venons de vivre aujourd'hui.
00:06:34D'où la carte de vigilance lancée par Météo France aujourd'hui.
00:06:38On a huit départements en orange et beaucoup d'autres qui sont en vigilance plus faible à la canicule, c
00:06:43'est ça ?
00:06:43Oui, voilà. Huit départements du nord-ouest qui sont placés en vigilance orange canicule.
00:06:47Vingt autres départements de l'ouest qui sont en vigilance jaune.
00:06:51Paris, la petite couronne, est également placée en vigilance jaune.
00:06:55Et puis, il y a également la région lyonnaise.
00:06:57Alors, dans certains départements jaunes, c'est vraiment à la limite parce que, lorsqu'on regarde les températures, par exemple,
00:07:02pour Paris,
00:07:03là, au cours des prochains jours, on va avoir 20, 21 degrés toutes les nuits pendant plusieurs jours consécutifs.
00:07:08Et puis, en journée, on est à 33, 34.
00:07:10Donc, on n'est vraiment pas loin des seuils de la vigilance orange.
00:07:13Donc, c'est une vigilance qui est encore amenée à évoluer parce qu'on voyait au début, en tout cas,
00:07:18ce week-end, en début de week-end,
00:07:19la fin de cet épisode de chaleur exceptionnelle mercredi.
00:07:23À présent, la fin est repoussée, c'est-à-dire que la chaleur intense va se maintenir au moins jusqu
00:07:28'à samedi inclus.
00:07:30Donc, trois à quatre jours supplémentaires de très forte chaleur.
00:07:33Donc, on est parti là pour encore une semaine complète avec un soleil de plomb et des températures qui,
00:07:39tous les après-midi, en tout cas dans l'ouest et sur ces régions, vont atteindre les 33, 34, 35,
00:07:44voire davantage en deuxième partie de semaine.
00:07:47Le pic de chaleur, il est pour quel jour, a priori ?
00:07:49Alors, ça dépend des régions.
00:07:50Mais globalement, là, demain, il est prévu 35, 36 vers les Pays-de-la-Loire, la région Poitou-Charente, le
00:07:57centre.
00:07:57Et puis, en deuxième partie de semaine, là, entre jeudi et vendredi, on voit les températures encore monter dans le
00:08:02sud-ouest.
00:08:03On a des signaux 38, 39 dans le département des Landes.
00:08:07On a aussi des signaux à 38, 39 vers…
00:08:09Température, en gros, de la mi-août, du cœur de l'été.
00:08:12En fait, ce ne sont même pas les températures de la mi-août.
00:08:15C'est-à-dire qu'en fait, à la mi-août, à Paris, c'est 26 degrés, la normale de
00:08:21saison.
00:08:22À Toulouse, c'est 30, 31 en plein cœur de l'été.
00:08:25Donc, en fait, là, vous êtes bien au-delà et nous ne sommes qu'au mois de mai.
00:08:29En fait, ces températures-là, 35, 36, 37, ce ne sont même pas des températures normalement classiques en plein été.
00:08:36Donc, là, on est vraiment dans une dimension…
00:08:38En fait, c'est un peu de l'inconnu.
00:08:40C'est-à-dire que la France n'avait jamais vécu un tel épisode de chaleur à cette période de
00:08:46l'année, à la fin du printemps.
00:08:48François Pitrel, journaliste santé, environnement à BFM TV.
00:08:52Situation hors normes, c'est ce que dit Marques.
00:08:54Ça veut dire que là, on n'est pas forcément dans le réchauffement, mais dans le dérèglement climatique.
00:08:59On peut dire ça avec autant de…
00:09:00C'est la même chose.
00:09:02C'est la traduction anglaise.
00:09:04Ils disent « climate change », changement climatique, dérèglement.
00:09:07En tout cas, c'est un symptôme très clair.
00:09:09Et je regardais la statistique pour que cette canicule intervienne au mois de mai.
00:09:13L'été, il y avait 0,01% de chances que ça arrive.
00:09:17Donc, ça veut dire que c'est potentiellement une fois tous les mille ans que ces températures interviennent
00:09:22ou interviendraient dans un climat, entre guillemets, classique.
00:09:25Sauf que le climat, il se réchauffe.
00:09:27Et on est exactement dans ce que les scientifiques nous prédisent maintenant depuis une quarantaine d'années.
00:09:32On est face à des événements climatiques plus longs, plus sévères, plus intenses.
00:09:37Et donc, il va falloir sûrement changer pas mal de choses et dans la façon dont on vit au quotidien.
00:09:44C'est-à-dire pas simplement s'habituer à ça, pas simplement s'habituer au fait que ça arrive de
00:09:48manière plus forte et plus tôt dans l'année, par exemple.
00:09:51Il va falloir qu'on s'habitue à ces températures et donc qu'on adapte et nos modes de vie
00:09:55et nos bâtiments et les lieux où on travaille
00:09:58et les rythmes, tout simplement les rythmes de vie, par exemple, parce que ce n'est pas un épiphénomène.
00:10:04Ça, ça veut dire que maintenant, tous les ans, probablement, il pourrait y avoir de nouveaux épisodes de canicule
00:10:10au mois de juin, au mois de mai, pendant les 20, 30, 40 prochaines années.
00:10:15Et ça sera peut-être classique d'ici une vingtaine d'années.
00:10:18Sauf que ça, ça n'avait pas été vraiment prévu.
00:10:20Alors, si ça a été prévu il y a quelques jours par les prévisions météo,
00:10:23mais si vous m'aviez posé la question il y a 15 jours, ou si vous aviez interrogé Météo France
00:10:27il y a 15 jours,
00:10:28sur une fin mai, avec 37, 38, 39 degrés, une vigilance orange canicule,
00:10:33personne ne vous aurait dit qu'au mois de mai, on aurait été en capacité d'avoir ça.
00:10:39À tel point que les modèles météo ont eu du mal à appréhender le phénomène.
00:10:45Bonsoir, docteur Marie-Laure Albi.
00:10:47Oui.
00:10:48Maintenant que vous avez affolé tout le monde...
00:10:49Bonsoir.
00:10:50Alors, attendez, je vous présente simplement.
00:10:51Je ne sais pas si vous avez affolé.
00:10:52Je suis médecin généraliste.
00:10:53Vous êtes médecin généraliste à Paris.
00:10:55Chaque fois qu'il y a de la canicule, on redécouvre qu'il va y avoir des canicules.
00:10:59Je crois que c'est crise 50 en 2050.
00:11:02Enfin, je veux dire, on sait qu'il va y avoir des moments où il fait de plus en plus
00:11:05chaud.
00:11:06Là, c'est au mois de mai.
00:11:07Avant, c'était en juin.
00:11:08Par contre, il faut que les gens s'adaptent, non pas s'adaptent, mais s'adaptent.
00:11:12C'est-à-dire ?
00:11:13Déjà, pas aller faire de la course au bois de Boulogne quand il fait 35.
00:11:16On a vu qu'on avait vu des coureurs.
00:11:18Donc, on a vu ce que ça a donné hier.
00:11:20Donc, le sport avec modération et aux heures fraîches.
00:11:23Je crois que ce matin, il faisait autour de 25, 26 tours au matin.
00:11:26Jusqu'à quelle température ? On va en parler tout à l'heure.
00:11:28On peut aller courir ?
00:11:29C'est une question de bon sens.
00:11:31Il y a des gens qui sont des grands sportifs qui sont habitués à courir dans la chaleur.
00:11:36Je crois que quand il fait très chaud, il faut effectivement éviter d'aller faire des efforts inhabituels ou intenses.
00:11:42Après, il faut boire.
00:11:43Je crois qu'il faut le redire.
00:11:45Je suis désolée.
00:11:45Mais il faut boire pas trop, mais suffisamment.
00:11:48Il faut faire boire les petits et les personnes âgées sans les faire trop boire.
00:11:52Parce qu'après, il y a d'autres problèmes.
00:11:54Et puis, il faut rafraîchir les habitations quand c'est possible.
00:11:57C'est-à-dire, en ce moment, la nuit, ça baisse à peu près de 10 degrés, si j'ai
00:12:01bien vérifié par moi-même.
00:12:03Donc, il y a un peu de vent.
00:12:05Donc, il faut, dans les habitations qui le permettent, faire circuler l'air.
00:12:09Et puis, changer ses modes de vie.
00:12:11C'est-à-dire, plutôt se lever très tôt pour faire les choses qui sont un peu fatigantes.
00:12:15Et puis, éventuellement, faire la sieste l'après-midi quand on le peut.
00:12:17Et adapter les conditions de travail, vous l'avez très bien dit.
00:12:19Je crois qu'au-delà de 33 degrés, les gens qui travaillent peuvent demander à l'employeur de ne pas
00:12:26travailler.
00:12:27Il y a maintenant une règle très précise depuis un an.
00:12:30C'est important parce que quand on fait des travaux, notamment à l'extérieur,
00:12:33on peut faire des malaises.
00:12:35Et vous avez bien vu qu'hier, ça s'est très mal passé.
00:12:38Il y a un certain nombre de gens qui se sont trouvés à l'hôpital dans des situations catastrophiques.
00:12:41Il y a eu effectivement plusieurs décès, y compris de...
00:12:43Oui, mais même sans décéder, ils n'étaient pas bien les gens.
00:12:46De gens qui couraient ou qui participaient à des événements sportifs.
00:12:50Pour terminer, il faut bien repérer les signes qui montrent qu'il y a un coup de chaleur.
00:12:55C'est-à-dire quand on ne se sent pas très bien, on a mal au cœur.
00:12:58Il faut tout de suite se rafraîchir et appeler les secours si c'est nécessaire.
00:13:02Chacun est responsable de lui-même et de son voisin.
00:13:05C'est-à-dire qu'il faut que la population, comme dans d'autres circonstances,
00:13:10soit capable aussi de repérer chez quelqu'un qui ne se sent pas bien
00:13:12les signes qui nécessitent un rafraîchissement.
00:13:15Et qui n'est pas uniquement de boire, c'est de mettre des lages un peu humides, etc.
00:13:20Parce que ça peut arriver dans la rue, ça peut arriver dans un magasin, etc.
00:13:24Vous restez avec nous, vous nous direz dans un instant aussi comment on fait pour essayer de dormir la nuit.
00:13:28Mais je voudrais d'abord qu'on rejoigne Thomas Ouzio qui est en ligne avec nous.
00:13:31Thomas Ouzio qui est un passager d'un TGV, parti de Lille en direction de Marseille,
00:13:37bloqué depuis 16h, c'est-à-dire depuis quasiment 3h maintenant.
00:13:41Quelle est la situation ? Je crois que vous avez pu sortir.
00:13:43On voit d'ailleurs les images que vous avez pu envoyer à BFM TV.
00:13:47Vous avez pu sortir, ça fait 3h que vous êtes bloqué.
00:13:48Quelle est la situation pour les passagers autour de vous et pour vous-même ?
00:13:53Oui, bonjour. En fait, on a ressenti un freinage un peu brusque.
00:13:58Ensuite, on est resté un peu une heure à l'arrêt sans électricité, sous une chaleur étouffante dans le train.
00:14:05Ensuite, on a pu sortir une heure après sur les voies pour être un peu à l'air.
00:14:12Les fonctionnaires de gendarmerie, de pompiers, de sécurité civile sont intervenus pour nous fournir en eau.
00:14:18Et là, on attend qu'un wagon diesel puisse nous rapatrier sur Lyon.
00:14:24Et après, on a les infos au compte-gouttes, en fait.
00:14:28Des infos au compte-gouttes ? Vous ne savez pas à quelle heure le train va pouvoir repartir ?
00:14:33On l'aperçoit derrière vous. Pour l'instant, on n'avait pas d'infos là-dessus ?
00:14:37Non, a priori, le wagon diesel ne devrait pas tarder d'arriver.
00:14:41Donc après, on va pouvoir remonter dans notre train et repartir direction Lyon.
00:14:47Je crois que vous êtes avec votre fils, Thomas. C'est bien ça ?
00:14:50Comment est-ce qu'il vit la situation ? Comment vous avez pu lui expliquer ce qui se passe ?
00:14:54Il comprend la situation ?
00:14:56Alors oui, du coup, il comprend. Il a eu très chaud. On a eu tous très très chaud dans les
00:15:02wagons.
00:15:02Donc après, on n'a pas paniqué. On a eu de l'eau. Tout va bien.
00:15:08Donc on prend notre mal en patience et on attend. On est tous dans le même panier, dans le même
00:15:13wagon.
00:15:14Tous dans le même panier, tous dans le même wagon.
00:15:16Il y a des coups de main entre les passagers ? Tout le monde s'aide un petit peu pour
00:15:19passer le temps, pour boire ?
00:15:22Il y a un peu de solidarité à l'intérieur de ce TGV ?
00:15:26Tout le monde prend son mal en patience. Comme je vous dis, maintenant, les services de secours sont là.
00:15:33Donc il n'y a pas de... On prend notre mal en patience. On attend. Et puis voilà.
00:15:41Merci beaucoup, Thomas, d'avoir été en direct avec nous. Je ne sais pas ce qu'il faut vous souhaiter.
00:15:44Que ça reparte le plus vite possible, donc en direction de Marseille, dans ce TGV qui est bloqué du côté
00:15:49du nord de Lyon.
00:15:51Merci d'avoir pris quelques minutes. Je crois qu'en plus, il n'a quasiment plus de batterie sur son
00:15:55téléphone portable.
00:15:56Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas. Docteur, on parlait avec vous des bons conseils il y a
00:16:00quelques instants.
00:16:01L'une des difficultés dans ces cas-là, c'est aussi de réussir à dormir le soir.
00:16:05À part la serviette mouillée sur le ventilateur qui, globalement, pour l'avoir expérimenté, ne fonctionne pas du tout.
00:16:10Qu'est-ce qu'on peut faire ?
00:16:11Bonjour.
00:16:12Pas sur le radiateur, sur le ventilateur.
00:16:14Vous pouvez déjà faire des courants d'air dans l'endroit où vous dormez, si c'est possible, parce que
00:16:18tout le monde n'a pas cette possibilité.
00:16:20Et puis se rafraîchir avant de s'endormir. Et si on se réveille en ayant très chaud, la nuit dernière,
00:16:27franchement, ce n'était pas le cas.
00:16:29Mais si on se réveille en ayant très chaud, à ce moment-là, reprendre une douche fraîche pour se rafraîchir.
00:16:34Le rafraîchissement, c'est quand même la technique la plus efficace quand on a très chaud.
00:16:40On change d'alimentation aussi, dans ces cas-là ?
00:16:42Je pense qu'on ne mange plus légèrement.
00:16:45Et surtout, je pense que ce que vous disiez tout juste, il faut vraiment penser, quand on isole les logements,
00:16:53à isoler aussi contre la chaleur.
00:16:55C'est-à-dire qu'avant, on isolait contre le froid.
00:16:57Mais je pense qu'il faut aussi penser à isoler contre la chaleur.
00:17:01Et puis, bien sûr, pour les personnes âgées, moi, je conseille toujours d'avoir une pièce réfrigérée, éventuellement avec un
00:17:06appareil,
00:17:07puisque la climatisation qui rafraîchit et qui ventile un air un peu réfrigéré, ça ne coûte pas très cher.
00:17:13Et quand on est âgé et qu'on ne bouge pas beaucoup, je crois que c'est très important d
00:17:16'avoir un endroit dans l'appartement ou dans la pièce
00:17:19où on peut passer quelques heures à une température inférieure, y compris la nuit, dormir dans une atmosphère un peu
00:17:25moins chaude.
00:17:27Marc, on a une idée déjà du bilan de cet épisode de canicule ou c'est trop tôt ?
00:17:31En termes de température, en termes de bilan humain, il y a plusieurs victimes qui ne sont pas toujours automatiquement
00:17:39reliées à cet épisode de canicule.
00:17:42Il y a eu plusieurs personnes qui ont été emportées par des courants de baïne pendant le week-end sur
00:17:47les côtes aquitaines.
00:17:48C'est vrai que lorsque vous avez une canicule qui débute au mois de mai, très clairement, les villes n
00:17:53'ont pas encore mis en place le système de surveillance des plages.
00:17:56Donc c'est vrai que vous avez des gens qui se baignent parce qu'il fait très chaud et vous
00:17:59n'avez pas de surveillance.
00:18:00Et on aura un retour statistique de l'INSEE, on évaluera le nombre de décès supplémentaires qu'il y aura
00:18:05eu cette semaine
00:18:06par rapport à une semaine de l'année dernière ou de la moyenne des années précédentes.
00:18:10C'est comme ça qu'on aura un véritable bilan.
00:18:12Là, pour l'instant, c'est un peu trop.
00:18:12Oui, là, on a les premières victimes ou celles qui sont victimes d'hyperthermie.
00:18:17Mais ensuite, il y a toujours un décalage aussi entre les fortes chaleurs et puis l'incidence, notamment sur le
00:18:25système hospitaliste.
00:18:25C'est vrai que le docteur sans doute le confirmera, mais après plusieurs jours de chaleur, c'est là aussi
00:18:29où les organismes commencent à éprouver la chaleur et à être fatiguées.
00:18:34Vous parlez des décès liés à la pratique du sport.
00:18:37Il y a une femme, notamment de 28 ans, qui est morte d'une hyperthermie corporelle dans le Rhône.
00:18:42Elle faisait de l'Irox qui mélange course et fitness.
00:18:46On va s'arrêter sur la pratique du sport, parce que vous nous avez dit tout à l'heure, ce
00:18:49n'est pas forcément conseillé.
00:18:50Le bilan d'hier est catastrophique.
00:18:52Je veux dire, ils faisaient une chaleur et ils sont tous partent de faire leurs courses.
00:18:56Mais là, c'est un sport encore plus intense.
00:18:58Oui, et je précise que c'était dans une salle climatisée qu'elle faisait cette discipline.
00:19:02Julien Migomiller nous rejoint justement parce que la pratique du sport dans ces cas-là, qu'est-ce qu'on
00:19:09peut faire et qu'est-ce qu'on ne doit pas faire, Julien ?
00:19:11Alors, le premier réflexe, c'est de vérifier la température en tenant compte aussi du taux d'humilité ou encore
00:19:16de la qualité de l'air quand on fait du sport à l'extérieur.
00:19:19D'une manière générale, le sport en plein air est déconseillé à partir de 32 degrés.
00:19:24En plein air, justement, pratiquer, vous le disiez docteur tout à l'heure, soit tôt le matin, soit tard le
00:19:28soir, en privilégiant évidemment les zones ombragées et aérées.
00:19:32Il faut évidemment adapter l'intensité et la durée de vos efforts.
00:19:36Alors, l'autre conseil, il est évident, mais ça va toujours mieux en le disant, hydratez-vous tout le temps,
00:19:42même si vous n'avez pas soif et de préférence une boisson enrichie en minéraux au-delà d'une heure
00:19:47d'effort.
00:19:48Il ne faut surtout pas oublier de s'alimenter avant et pendant votre séance en évitant, là encore, c'est
00:19:54évident, la caféine et l'alcool.
00:19:56Et surtout, surtout, il faut comprendre que nous ne sommes pas des robots.
00:20:00Nos organismes, encore, ont eu un petit peu de mal à se faire à cette augmentation subite de température.
00:20:05Regardez, en une semaine, on est passé à Paris de 16 à 33 degrés, de 20 à 31 degrés du
00:20:11côté de Lyon, plus 15 degrés en une semaine à Brest en Bretagne et plus 16 degrés du côté de
00:20:17Bordeaux.
00:20:18Ça peut être aussi l'occasion de lever un petit peu le pied pour une fois sur le sport quand
00:20:22il fait un petit peu chaud.
00:20:23Si on ne se sent pas bien, qu'est-ce qu'on fait pour éviter l'accident ?
00:20:28Oui, les principaux signes, les symptômes, en fait, à surveiller sont les suivants.
00:20:32Regardez, les maux de tête et les nausées, les crampes musculaires, la déshydratation et encore l'hyperthermie.
00:20:38Ça, c'est quand le corps surchauffe vraiment.
00:20:40Et dans ce cas, on fait quoi ? Eh bien, on arrête tout de suite la séance de sport, on
00:20:43se met à l'ombre dans un endroit qui est aéré, on mouille le corps et on boit énormément.
00:20:48Et puis, si les symptômes s'aggravent, il faut absolument consulter un médecin ou appeler les secours en composant le
00:20:5415, le SAMU, parce qu'on a vu, les conséquences peuvent être dramatiques.
00:20:58Merci beaucoup, Julien Marie-Laure Albi. Vous en avez déjà des patients qui sont venus vous voir parce que coup
00:21:03de chaud, parce que fatigue ?
00:21:05Oui, mais là, c'est tombé un grand week-end. Donc, c'est surtout au niveau de la régulation du
00:21:0915 qui a eu beaucoup d'appels, ce qui est tout à fait normal.
00:21:12Et je crois surtout que ça aggrave les gens qui sont déjà malades.
00:21:16C'est-à-dire qu'on parle des gens en bonne santé qui font du sport, etc. Mais il y
00:21:19a les enfants, les tout-petits, et il y a aussi les personnes qui ont des maladies chroniques.
00:21:23Et la chaleur, sur le temps cardiovasculaire, c'est souvent mal supporté. Donc, il faut ajuster les traitements. On a
00:21:31besoin de les voir un petit peu plus.
00:21:33Et puis, toutes les maladies chroniques, les gens qui ont des traitements lourds, etc., quand il fait très chaud, c
00:21:41'est effectivement plus pénible que quand il fait une température tempérée.
00:21:45Marc, on rappelle pour ceux qui nous rejoignent à 19h06, on a ce soir 8 départements qui sont en alerte
00:21:50orange à la canicule et des records qui sont tombés par centaines aujourd'hui des records de chaleur.
00:21:55Voilà, plus de 300 records de chaleur battus ou égalés un peu partout en France avec des températures qui ont
00:22:03atteint localement plus de 37 degrés cet après-midi.
00:22:06Et donc, c'est 8 départements du nord-ouest qui sont placés en vigilance orange canicule, 20 autres qui sont
00:22:11placés en vigilance jaune.
00:22:12On n'est pas très loin également sur ces départements jaunes des seuils qui normalement permettent de déclencher la vigilance
00:22:19orange.
00:22:19Donc, tout ceci est très évolutif.
00:22:21Et les températures qui étaient déjà extrêmement élevées aujourd'hui pourraient être encore un petit peu augmentées entre demain et
00:22:27mercredi.
00:22:28Et puis ensuite, on va entrer dans un système de plateau.
00:22:32C'est-à-dire que jusqu'à samedi, très clairement, samedi inclus, les températures s'annoncent encore une fois 10
00:22:36à 15 degrés au-dessus des valeurs de saison.
00:22:38Et les températures pourraient, j'allais dire, très nettement baisser à partir de dimanche.
00:22:42Mais comme on part de tellement haut, quand je parle d'une très nette baisse, c'est qu'en fait,
00:22:46on devrait retrouver à peu près 27 degrés sur la moitié nord.
00:22:49Ce qui est déjà ce que nous avons normalement au mois de juillet ou au mois d'août.
00:22:52Donc, ça sera une baisse, certes, qui sera la bienvenue.
00:22:55Mais il va falloir attendre 5 jours avant de voir les températures baisser.
00:22:59Voilà ce qu'on pouvait dire sur cette canicule de la Pentecôte.
00:23:02Rien qu'à dire, c'est étonnant de le dire, la canicule de la Pentecôte.
00:23:05Merci beaucoup à tous les trois d'être venus ce soir sur ce plateau.
00:23:07On va parler maintenant de la guerre au Moyen-Orient, 87e jour du bras de fer, avec plusieurs informations à
00:23:14retenir ce soir.
00:23:15D'abord, ces déclarations de Donald Trump, ce sera soit un accord excellent, soit pas d'accord du tout.
00:23:20Et de nouvelles frappes encore plus intenses en cas d'échec des discussions.
00:23:24Voilà ce que dit le président américain.
00:23:27Les images du jour, et on en parle dans un instant.
00:23:28Images du jour, Stéphanie Zenati et Sophie Herbé.
00:23:33Aujourd'hui, est-ce le jour d'un accord historique entre l'Iran et les Etats-Unis ?
00:23:40La voix de la diplomatie iranienne se montre beaucoup plus prudente.
00:23:47Il y a deux points d'achoppement encore à régler.
00:23:53Tout d'abord, le déblocage des avoirs iraniens.
00:23:56Ensuite, c'est l'agression israélienne contre le Liban et les Etats contre le Hezbollah libanais.
00:24:01Le nucléaire vient bizarrement au second plan.
00:24:04Et que le premier des sujets, en réalité, c'est bel et bien la libération du détroit d'Hormuz.
00:24:10Il faut d'abord régler cette question-là pour donner de la respiration à l'économie mondiale
00:24:14et puis se permettre de rentrer dans le dur des problèmes.
00:24:17Et ça, ça a pris le temps diplomatique qui est plus long que celui de la guerre.
00:24:22Voilà pour les images du jour avec moi ce soir pour en parler.
00:24:25Douglas Kennedy, bonsoir.
00:24:26Vous êtes écrivain américain.
00:24:28On vous surnomme depuis des années le plus francophone ou francophile des auteurs américains
00:24:33puisque vous passez une partie de l'année en France.
00:24:34Vous publiez ces jours-ci « L'homme qui n'avait pas assez d'une vie » aux éditions Belfont.
00:24:41Vous nous direz ce que vous pensez de Donald Trump, de l'Amérique d'aujourd'hui et de cette guerre.
00:24:45Dans quelques instants, à vos côtés, le vice-amiral Michel Olagaraille.
00:24:47Bonsoir.
00:24:48Bonsoir.
00:24:48Vice-amiral, bienvenue ancien directeur du Centre des Hautes Études Militaires.
00:24:51Ulysse Gosset et Elsa Vidal sont à mes côtés.
00:24:54Bonsoir à tous les deux.
00:24:55On va d'abord partir sur le terrain aux États-Unis et retrouver Antoine Lard.
00:24:59Ça fait deux jours, Antoine, que Donald Trump n'a pas parlé,
00:25:02parce qu'évidemment il tweet, mais n'a pas parlé de l'Iran.
00:25:05Ce qui est sûr en tout cas, c'est qu'il s'agace prodigieusement en ce moment
00:25:08des critiques qui sont faites de ce projet d'accord avec l'Iran.
00:25:16Exactement.
00:25:16Trump très remonté contre les critiques et les doutes qui se font entendre ici aux États-Unis sur ce projet
00:25:21d'accord.
00:25:22Des doutes dans la presse où certains disent que Trump est prêt à conclure n'importe quel accord,
00:25:26même un mauvais accord, pour sortir à tout prix de ce bourbier.
00:25:29Et puis aussi, et ça c'est ce qui énerve le plus Donald Trump,
00:25:31les critiques qui émanent de son propre camp, le camp républicain.
00:25:34On a entendu certains sénateurs proches de Trump pourtant dire que Trump potentiellement va lâcher trop de l'Est sur
00:25:40le nucléaire,
00:25:41trop de l'Est sur la question des avoirs gelés iraniens.
00:25:45Ils évoquent un accord potentiellement désastreux.
00:25:47Et ça, Trump ne le supporte pas.
00:25:49Il ne supporte pas que les gens puissent penser qu'il est en position de faiblesse.
00:25:53Et donc ce matin, dans plusieurs messages sur son réseau social,
00:25:56il a tenu à mettre les choses au point.
00:25:59Trump explique que ceux qui parlent ne savent pas de quoi ils parlent,
00:26:02ils ne connaissent pas les détails des négociations.
00:26:04Ce sont des losers, il ne faut pas les écouter, dit Donald Trump.
00:26:07Et puis le président américain explique qu'il y aura un bon accord, un excellent accord,
00:26:11même ou pas d'accord du tout.
00:26:13Et s'il n'y a pas d'accord, Trump réitère ses menaces de reprendre les hostilités.
00:26:17Il dira on retournera sur le champ de bataille
00:26:19et les frappes seront encore plus puissantes, plus fortes que les précédentes.
00:26:22Façon pour lui de montrer que c'est lui qui a les cartes en main,
00:26:26qu'il ne se laisse rien dicter par l'Iran
00:26:28et que c'est lui qui impose finalement ces conditions.
00:26:33Donald Trump qui se lance également dans un très long dégagement sur les accords d'Abraham,
00:26:36ce processus de normalisation des relations entre Israël et les pays arabes,
00:26:40quelque chose qu'il avait initié lors de son premier mandat.
00:26:43Là, il explique que désormais tous les pays du Golfe vont devoir rentrer dans ces accords,
00:26:47notamment l'Arabie saoudite et même l'Iran.
00:26:49Là encore, façon pour lui de montrer qu'il est en train de réaliser quelque chose d'historique.
00:26:53Merci beaucoup Antoine Hollard en direct de Washington, vice-amiral.
00:26:56Ça peut durer combien de temps comme ça ?
00:26:57Très longtemps.
00:26:58Très longtemps, c'est-à-dire ?
00:26:59Et combien de temps ont pris les négociations pour le précédent accord sur le nucléaire ?
00:27:04Des années et des années.
00:27:05Des années et des années.
00:27:06Donc en plus, si vous voulez, le sein d'un période de négociation
00:27:10est dans une négociation qui est de plus en plus complexe,
00:27:14extraordinairement complexe.
00:27:14On parle de tout, on parle de filières nucléaires, de missiles balistiques,
00:27:17des étroits d'Orbouche, de commerçants internationaux,
00:27:20avec des proxys mal commodes, avec des alliés quand même délicats,
00:27:24l'Israël pour les États-Unis.
00:27:27Donc tout ça rend cette négociation fabuleusement complexe,
00:27:31et les Iraniens adorent ça.
00:27:32Mais du coup, c'est une bonne nouvelle ?
00:27:34Je ne suis pas sûr du tout que le président Trump lui-même
00:27:37soit à la hauteur de cette négociation,
00:27:39quoique je ne mette pas en doute la capacité du département d'État
00:27:43avant qu'il ne soit complètement décapité,
00:27:45ou des militaires américains qui ont certainement fait des scénarios
00:27:49tout à fait crédibles.
00:27:50Non, c'est cette couche trumpiste au-dessus
00:27:53qui gâche un peu tout,
00:27:55et qui, je pense, ne permet pas aux États-Unis
00:27:58de développer toute la mesure de leur capacité,
00:28:01étant donné leur puissance extraordinaire,
00:28:03et l'ancienne influence qu'ils avaient sur le monde,
00:28:06je dis bien ancienne,
00:28:07parce qu'ils ont perdu beaucoup, beaucoup,
00:28:08et ils en perdront sans doute encore beaucoup.
00:28:10– Douglas Kennedy, vous n'êtes pas tout à fait un supporter de Donald Trump,
00:28:14on peut le dire comme ça.
00:28:14– Ah, non, il est surpris, non, non.
00:28:16– Il paraît que vous aviez tout ce qui faisait référence à Donald Trump
00:28:19dans votre dernier roman, vous avez décidé finalement de le supprimer.
00:28:22Est-ce que votre président, parce que c'est votre président,
00:28:25il est en train de se dégonfler ?
00:28:26– C'est mon président, ça c'est ça.
00:28:27– Est-ce qu'il se dégonfle aujourd'hui ?
00:28:29– Pour moi, la situation, j'ai un point de vue très romainesque.
00:28:33J'ai vu un mec dans une bar il y a quelques jours à New York,
00:28:36il était borré, il a cassé le verre,
00:28:39et soudainement, en fait, il a dit, oh, mes excuses, mes excuses.
00:28:43Le ménageur a dit, mais la police va arriver,
00:28:46mais j'ai seulement cassé un verre, ce n'est pas une catastrophe.
00:28:49J'ai pensé immédiatement, ça c'est Trump en Irène.
00:28:52Oui, il a cassé un verre avec aucune idée de résultat de ça.
00:28:57On a fait le même scénario que George W et Irak.
00:29:02– C'est-à-dire qu'il a lancé une guerre sans savoir comment en sortir ?
00:29:08– Oui, c'est comme l'hypothèse d'Einstein de la folie.
00:29:12On se répète la même chose tout le temps avec l'idée que le résultat sera différent.
00:29:17Ici, en fait, clairement, maintenant, et je suis d'accord avec monsieur,
00:29:21en fait, il y aura l'avantage et rien ne va changer.
00:29:26Et honnêtement, en fait, mais ça c'est Trump et, franchement, son cabinet,
00:29:33ce n'est pas des gens très intelligents.
00:29:36– Ils disent que c'est, est-ce que Donald Trump peut re-re-re-changer d'avis,
00:29:41envoyer balader la diplomatie et relancer d'une façon ou d'une autre la guerre contre l'Iran ?
00:29:46– Vous me demandez si Trump peut encore changer d'avis ?
00:29:48– Oui.
00:29:50– La réponse, la réponse est oui.
00:29:53– Le jour où vous me direz non,
00:29:56le problème, c'est que Trump, il est piégé et il ne sait pas comment en sortir.
00:29:59Et effectivement, c'est très difficile aujourd'hui,
00:30:01tellement il est engagé de trouver une solution pour sortir la tête haute
00:30:05de ce conflit qu'il a lancé, très mal conseillé par certains
00:30:09et en particulier par le Premier ministre israélien,
00:30:11qu'il avait convaincu que ce serait une petite excursion de quelques jours
00:30:15après la décapitation du régime,
00:30:18la contre-révolution menée par les Kurdes d'Irak
00:30:21et la révolte populaire qui permettrait de mettre fin au régime.
00:30:25Ce scénario s'est écroulé.
00:30:27– C'est-à-dire que Donald Trump est en train d'apprendre
00:30:29que la diplomatie, c'est compliqué ?
00:30:30C'est aussi simple que ça ?
00:30:31– Il est en train d'apprendre que la diplomatie persane
00:30:34est la plus subtile du monde
00:30:36et que quand on négocie avec l'Iran, il faut du temps.
00:30:39Et c'est vrai que le temps joue pour les Iraniens
00:30:41alors que Trump voit le temps pressé pour lui
00:30:43parce qu'il y a le 250e anniversaire
00:30:46de la déclaration d'indépendance des États-Unis
00:30:48qui arrive à grands pas,
00:30:50il y a les élections de novembre
00:30:51et ça, pour lui, ce sont des rendez-vous absolument essentiels.
00:30:54Donc, il veut vraiment trouver une issue
00:30:57avant ces dates clés.
00:30:58Le 4 juillet prochain, ça va arriver très très vite.
00:31:01Alors, comment fait-il ?
00:31:02Il imagine des scénarios
00:31:04et c'est vrai que la négociation n'est pas terminée.
00:31:07Elle va se poursuivre.
00:31:08On a appris aujourd'hui que…
00:31:09– Elle n'est pas terminée ou elle ne fait que commencer ?
00:31:10– Non, elle dure depuis des…
00:31:11– Elle n'a pas commencé.
00:31:12– Si, non, ce n'est pas exact.
00:31:14Elle a commencé depuis des semaines
00:31:15mais au rythme iranien
00:31:17et on a appris aujourd'hui
00:31:19que les Iraniens avaient envoyé au Qatar cette fois
00:31:23et non plus au Pakistan
00:31:24l'un de leurs principaux négociateurs,
00:31:26c'est-à-dire le président du Parlement.
00:31:27Donc, ça, c'est quand même un signe
00:31:28qu'il y a une volonté iranienne d'avancer,
00:31:31quoi qu'on en pense,
00:31:32et il y a surtout une nécessité pour Trump
00:31:34de trouver rapidement un accord
00:31:36qui fasse consensus.
00:31:38Et on voit, et c'est là le problème, je pense,
00:31:40majeur pour lui aujourd'hui,
00:31:41ce n'est pas l'Iran,
00:31:42c'est qu'aux États-Unis, on le conteste ouvertement
00:31:45et on le menace finalement d'un accord catastrophique,
00:31:48enfin, on le menace des conséquences catastrophiques
00:31:50d'un accord qui serait bâclé,
00:31:52mal ficelé et dont il serait le grand perdant.
00:31:54– J'écoute bien ce que vous dites,
00:31:55et là, je me tourne vers vous, Douglas Kennedy,
00:31:57les critiques contre Donald Trump,
00:31:58vu de la France,
00:31:59on a l'impression qu'en permanence,
00:32:01l'immense majorité des Américains est contre lui,
00:32:03ça ne l'a pas empêché d'être réélu à la Maison-Blanche.
00:32:06Est-ce que, finalement, il a toujours aujourd'hui
00:32:09le soutien d'une grande partie des Américains,
00:32:11y compris quand il se lance dans des guerres un peu hasardeuses ?
00:32:15– Il y a une citation de Thomas Jefferson,
00:32:17notre troisième président et l'ambassadeur de la France,
00:32:22après notre révolution,
00:32:24et il a dit,
00:32:25le gouvernement qu'on élit,
00:32:27c'est le gouvernement qu'on mérite.
00:32:29– Le gouvernement qu'on élite, c'est le gouvernement qu'on mérite.
00:32:32– Ça veut dire quoi, aujourd'hui ?
00:32:33– Pour moi, en fait, c'est notre faute.
00:32:36Je n'ai pas à dire, oh, je suis en fait un membre de 20%,
00:32:40très éduqué, etc., etc.
00:32:42C'est notre faute.
00:32:44Ça a commencé avec Reagan.
00:32:46Le trajet a commencé avec Reagan,
00:32:49et le fait qu'ils n'ont en fait pas subventionné
00:32:52l'éducation publique.
00:32:53On a maintenant un pays
00:32:55où peut-être 15% des adultes
00:32:59lisent des romans.
00:33:00Et ça, c'est un grand problème.
00:33:04Clairement, la classe moyenne
00:33:06est maintenant complètement déstabilisée.
00:33:08C'est la classe moyenne qui a voté pour Trump.
00:33:11– Celle qui a basculé,
00:33:12des démocrates vers les républicains.
00:33:13– En 24.
00:33:15Et aussi, ma formation avant,
00:33:17ma vie comme romancier,
00:33:18c'était comme historienne.
00:33:19Et quand on perd la classe moyenne,
00:33:22ça, c'est le moment le plus dangereux.
00:33:24Regardez l'Allemagne en 1933.
00:33:28– Vous avez dit récemment,
00:33:30ça pourrait mal finir aux États-Unis,
00:33:32ça pourrait se terminer par un coup d'État.
00:33:34– J'ai écrit ça.
00:33:35– Vous êtes sérieux, vous pensez vraiment ?
00:33:36– C'est possible.
00:33:38En fait, tout est possible maintenant,
00:33:39parce que, honnêtement,
00:33:41on n'a jamais vécu ce scénario
00:33:43dans le passé, pour moi, en fait.
00:33:46Je suis de la génération qui se souvient
00:33:48Vietnam et Watergate.
00:33:50Et honnêtement,
00:33:51Nixon, maintenant,
00:33:52il est comme Montesquieu.
00:33:54Nixon, il est comme Chateaubriand
00:33:55comparé à Trump.
00:33:57Donc, tout est possible avec ce mec.
00:33:59– Coup d'État de qui ?
00:34:00– Coup d'État, de qui ?
00:34:01– Coup d'État, franchement,
00:34:03s'il n'a pas gagné le midterms,
00:34:07peut-être, en fait,
00:34:08il va créer…
00:34:11– Mais de lui ou des opposants ?
00:34:13– De l'agence, oui.
00:34:14Tout à fait.
00:34:14Je ne sais pas ça.
00:34:15Je ne dis pas paranoïa.
00:34:16– Et vous êtes inquiet, aujourd'hui.
00:34:17Vous dites, en tout cas,
00:34:18les États-Unis sont…
00:34:19– Tout est possible, maintenant.
00:34:21Parce qu'on n'a jamais vécu, en fait,
00:34:24un trajet comme ça,
00:34:25un trajet politique comme ça.
00:34:26– Je voudrais vous montrer une image
00:34:28du jour qui montre, finalement,
00:34:31ce qui se passe aujourd'hui.
00:34:32C'est une image assez large,
00:34:33on n'en avait pas eu beaucoup,
00:34:34ces derniers temps,
00:34:35du détroit d'Hormuz,
00:34:36qui montre que ce détroit
00:34:38est devenu, en quelque sorte,
00:34:39vous voyez là,
00:34:40en dézoomant un peu,
00:34:42le parking, en quelque sorte,
00:34:43à bateau qui est devenu
00:34:45le détroit d'Hormuz.
00:34:46Il faut imaginer qu'il y en a comme ça
00:34:47des centaines et des centaines,
00:34:491 500, 2 000.
00:34:51Vice-amiral,
00:34:52vous aviez déjà vu
00:34:52quelque chose comme ça, vous ?
00:34:54– Ah non,
00:34:54quand je naviguais
00:34:55dans le détroit d'Hormuz
00:34:56et où nous escortions
00:34:58des pétroliers,
00:34:58en 1984-85,
00:35:01c'était un flux,
00:35:02nous passions.
00:35:03C'était la guerre Iran-Irak.
00:35:04Je n'ai jamais vu
00:35:05le détroit comme ça,
00:35:06bien sûr.
00:35:07C'est un spectacle,
00:35:10j'allais dire,
00:35:10tellement catastrophique
00:35:12au regard de l'économie mondiale,
00:35:15au regard de la vie des peuples,
00:35:17de la vie des gens
00:35:17dont on ne parle pas beaucoup,
00:35:18qui sont les pays émergents,
00:35:19qui sont quand même
00:35:20très sévèrement touchés.
00:35:21Nous, nous avons encore des ressources.
00:35:23Nous nous plaignons
00:35:23de quelques centimes de plus
00:35:25au prix de la pompe.
00:35:26Je peux comprendre
00:35:27beaucoup de gens
00:35:27qui se plaignent, bien sûr.
00:35:28Mais pour des pays,
00:35:30c'est catastrophique,
00:35:31ce sont des famines.
00:35:32Donc si vous voulez,
00:35:33le président Trump,
00:35:33qui dans son pays,
00:35:36fait face à aucune opposition,
00:35:39ce qu'il y a d'étonnant,
00:35:40c'est que les oppositions
00:35:41dont on parle à Trump
00:35:41sont principalement ses proches,
00:35:44les sénateurs en particulier
00:35:46qui sont un peu plus responsables,
00:35:48les sénateurs républicains.
00:35:49Démocrates, on n'entend pas.
00:35:50L'opposition, il n'y en a pas.
00:35:51Et pourquoi peut-il y avoir
00:35:52un coup d'État
00:35:53dont on peut se demander,
00:35:54comme avec Ulysse Gosset,
00:35:56d'où il pourrait venir ?
00:35:58On peut se dire que
00:35:59s'il y a un coup d'État,
00:36:00parce que c'est un pays
00:36:00qui peut imploser,
00:36:01il y a tellement de problèmes
00:36:02de minorités, etc.,
00:36:03et de sous-éducation,
00:36:05que cela peut se produire.
00:36:06Mais c'est parce qu'il n'y a pas
00:36:08d'opposition
00:36:08qui est capable
00:36:09de sécréter
00:36:11une véritable alternative,
00:36:13un autre terme d'alternative,
00:36:15qui soit crédible.
00:36:16Dans ces cas-là,
00:36:17c'est la débâcle complète.
00:36:19Mais vous savez,
00:36:20regardons chez nous aussi,
00:36:22nous n'avons de leçons
00:36:23à donner qu'à très peu de monde.
00:36:25Effectivement.
00:36:25On repart sur le T1,
00:36:26direction Doha,
00:36:27le Qatar,
00:36:28l'Ollabay,
00:36:29qui est un peu notre vigie,
00:36:31qui surveille pour BFMTV
00:36:32ce qui se passe dans ce détroit.
00:36:33On sait depuis des jours
00:36:35et des jours
00:36:35que les Iraniens disent
00:36:36nous avons commencé
00:36:37à installer un péage
00:36:38et nous allons continuer
00:36:40à le faire.
00:36:40Les Iraniens disent même
00:36:41ce sera dans le plan de paix.
00:36:42Vous allez voir
00:36:43qu'on va signer avec les Américains.
00:36:44Mais il s'est passé
00:36:45quelque chose d'intéressant
00:36:46aujourd'hui,
00:36:46c'est comment ce péage
00:36:47s'appelle désormais
00:36:49pour les Iraniens.
00:36:50Il a un peu changé de nom.
00:36:54Écoutez Marc,
00:36:55certains disent
00:36:55qu'il s'agit d'un péage déguisé
00:36:57puisque la forme change
00:36:59mais pas vraiment le fond.
00:37:00Ce matin,
00:37:02en rambambine,
00:37:03c'est le porte-parole
00:37:04de la diplomatie iranienne
00:37:05qui assure
00:37:06qu'il n'y aura pas de péage
00:37:07dans l'étroit d'Ormos
00:37:08mais,
00:37:09et c'est là
00:37:09où ça se corse
00:37:10et où il faut suivre,
00:37:12Téhéran exige
00:37:13des frais de service,
00:37:14de navigation,
00:37:15de protection maritime
00:37:16ou d'environnement.
00:37:18Un projet
00:37:19qui a pourparler
00:37:19avec Oman
00:37:20son voisin.
00:37:22En réalité,
00:37:23Téhéran,
00:37:23en fait,
00:37:23veut garder sa main mise
00:37:25sur le détroit d'Ormos
00:37:26et le détroit stratégique
00:37:27puisqu'on le rappelle
00:37:27avant la guerre,
00:37:2820% du pétrole mondial
00:37:30transité par ce détroit
00:37:31reste une inconnue marque.
00:37:33C'est celle
00:37:33du droit international
00:37:34puisque c'est formel,
00:37:36le droit international
00:37:37interdit
00:37:38de faire payer
00:37:39tout passage
00:37:40dans un tel détroit.
00:37:41En tout cas,
00:37:42l'Iran garde le cap
00:37:43et le contrôle
00:37:44puisque aujourd'hui,
00:37:45selon les gardiens
00:37:46de la révolution,
00:37:4732 navires
00:37:48sont passés
00:37:48au cours des dernières
00:37:49à 24 heures
00:37:50à un chiffre
00:37:50en légère augmentation
00:37:51depuis le début
00:37:52du conflit.
00:37:53Merci beaucoup.
00:37:54Là-bas,
00:37:54il y a une taxe écologique
00:37:56pour avoir le droit
00:37:57de passer le détroit.
00:37:58En fait,
00:37:58on n'avait pas compris.
00:37:59Les Iraniens
00:37:59sont précurseurs.
00:38:01Ils veulent sauver
00:38:01la planète
00:38:01et le détroit
00:38:03va servir à ça.
00:38:04Pardon,
00:38:04mais c'est très malin.
00:38:05C'est plus un péage.
00:38:06Ça existe déjà ?
00:38:07C'est-à-dire ?
00:38:08Au Dardanelles,
00:38:09avec la convention
00:38:10de Montreux,
00:38:11tout pays,
00:38:12tout navire
00:38:12qui franchit
00:38:13les Dardanelles
00:38:13paie une taxe
00:38:15de service
00:38:15qui sert à l'entretien
00:38:17des détroits,
00:38:17les feux,
00:38:18les navigations,
00:38:19etc.
00:38:19Donc ils vont gagner
00:38:20à la fin ?
00:38:21Ils vont réussir
00:38:21à prendre de l'argent
00:38:22quel que soit le...
00:38:23Mais c'est dans les textes.
00:38:24Autant un péage
00:38:25est interdit,
00:38:26autant la taxe...
00:38:29Enfin,
00:38:29on la trouve
00:38:30dans le texte
00:38:30de la convention
00:38:31de Montégobé
00:38:31et la convention
00:38:32des États-Unis
00:38:33sur la libre circulation
00:38:34en mer.
00:38:35À la fin,
00:38:35c'est l'Iran qui gagne.
00:38:36La question,
00:38:37c'est de savoir
00:38:37où serait appliqué
00:38:39ce droit de service
00:38:40ou ce droit de passage.
00:38:41Si c'est dans les eaux
00:38:42territoriales iraniennes,
00:38:43ils en ont le droit.
00:38:44Si c'est dans les eaux
00:38:46internationales,
00:38:46alors c'est la fameuse
00:38:47convention de Montégobé
00:38:48et là,
00:38:49c'est absolument inacceptable.
00:38:51Mais les eaux manais
00:38:52pourraient faire la même chose.
00:38:53C'est là où c'est subtil
00:38:54de la part des Iraniens,
00:38:54c'est qu'ils disent
00:38:55nous,
00:38:55nous sommes d'accord
00:38:56pour trouver un système
00:38:57qui soit applicable
00:38:58aux deux pays
00:38:59qui finalement
00:39:00contrôlent le détroit.
00:39:01Donc on voit
00:39:02que le débat s'est déplacé
00:39:03mais ce n'est pas
00:39:04le débat essentiel.
00:39:05Ne l'oublions pas,
00:39:06quand on parlait
00:39:07de Trump en difficulté,
00:39:08c'est sur le nucléaire
00:39:09qu'il est attaqué.
00:39:10Est-ce qu'il va laisser
00:39:11l'Iran
00:39:11avec un système nucléaire
00:39:13qui lui permettrait
00:39:14de se développer
00:39:14encore pendant des années ?
00:39:16C'est ça la question fondamentale.
00:39:17Elsa Vidal,
00:39:18pour ajouter encore
00:39:19un tout petit peu plus
00:39:19de complexité
00:39:20dans ce qui se passe
00:39:21à Hormuz,
00:39:22de plus en plus
00:39:23de bateaux
00:39:24dans cette région
00:39:25sont victimes
00:39:26de brouillages.
00:39:27Expliquez-nous ce que c'est
00:39:28que ce brouillage
00:39:29qui est en train
00:39:29de s'étendre
00:39:30et qui parfois
00:39:31provoque même
00:39:31d'ailleurs des accidents.
00:39:32C'est assez simple,
00:39:34ce sont tous les protagonistes
00:39:35réunis dans la zone,
00:39:37c'est-à-dire
00:39:37autant les Etats-Unis
00:39:38que l'Iran
00:39:39et les pays du Golfe
00:39:41qui, pour des raisons
00:39:42de sécurité,
00:39:43pour se prémunir
00:39:43contre des attaques
00:39:44de drones
00:39:44mais aussi de missiles,
00:39:46en viennent à brouiller
00:39:47tous les dispositifs
00:39:48de guidage
00:39:49des navires
00:39:50et c'est un élément,
00:39:52une pratique
00:39:52qui s'est multipliée
00:39:54mais de manière
00:39:55absolument drastique
00:39:56depuis le 28 février dernier
00:39:57puisque la société
00:39:58d'enseignement maritime
00:40:00Windward
00:40:01faisait état
00:40:01de plus d'un million
00:40:02de cas de brouillage,
00:40:04une envolée
00:40:05par rapport
00:40:06à une période normale
00:40:07et dès le premier jour
00:40:08de la guerre,
00:40:09on notait déjà
00:40:091100 cas
00:40:10de ce type.
00:40:12Alors,
00:40:12ça peut paraître bénin
00:40:13mais en réalité,
00:40:14un bateau
00:40:15dont le dispositif
00:40:16de navigation
00:40:17est brouillé
00:40:18est aveugle
00:40:19et ne sait plus
00:40:20quelle est sa vitesse,
00:40:21sa localisation
00:40:22ni sa destination.
00:40:24On pourrait se dire
00:40:25que les marins
00:40:26peuvent sortir,
00:40:27naviguer au compas
00:40:28et à la carte
00:40:29mais en réalité,
00:40:30pas terrible
00:40:31comme système
00:40:32et il y a déjà eu
00:40:34des conséquences dramatiques.
00:40:35C'était l'année dernière
00:40:36pendant la guerre
00:40:37des 12 jours
00:40:38entre l'Iran
00:40:39et les Etats-Unis.
00:40:40On voit les images là.
00:40:41Deux navires
00:40:42sont entrés
00:40:42en collision
00:40:44absolument
00:40:44puisqu'ils ne savaient plus
00:40:46quelles étaient leurs positions
00:40:47respectives.
00:40:48Ce sont les navires
00:40:49Front Eagle
00:40:50et Adaline.
00:40:51Le brouillage
00:40:52sert aussi à autre chose,
00:40:53à contourner les sanctions
00:40:55en usurpant les identités.
00:40:57Il n'y a pas
00:40:57que les cartes vitales
00:40:59qui peuvent être détournées.
00:41:00L'identité de certains navires
00:41:04est captée par un autre
00:41:05pour aller...
00:41:06Oui, on a eu aussi ce cas
00:41:07entre des armateurs grecs.
00:41:08On se fait passer,
00:41:09on prend les coordonnées GPS
00:41:10d'un autre bateau
00:41:11pour se faire passer pour lui.
00:41:12Ce qui permet à ces bateaux
00:41:12d'aller charger
00:41:14du pétrole iranien
00:41:15et de partir plus loin.
00:41:16Il y a le cas d'un bateau
00:41:17qui s'est retrouvé ainsi
00:41:18avec son identité usurpée
00:41:20et qui ne l'a appris
00:41:21que quand il a été placé
00:41:22sur la liste noire
00:41:22du trésor américain.
00:41:24Il ne savait pas
00:41:25qu'un autre bateau
00:41:26en avait profité
00:41:28pour se livrer
00:41:28à du trafic.
00:41:29Ça vous est déjà arrivé
00:41:30de vous faire brouiller,
00:41:31vice-amiral ?
00:41:32Je n'en sais rien.
00:41:33On ne l'a jamais avoué.
00:41:34Mais plus sérieusement,
00:41:37il existe plusieurs systèmes
00:41:38de navigation.
00:41:39Il y avait GPS
00:41:40que tout le monde connaît
00:41:41avec quand même
00:41:42une partie militaire
00:41:43secrète des Français
00:41:44qui est tout à fait particulière
00:41:45qui est gérée
00:41:46par les Américains
00:41:47et ils peuvent brouiller
00:41:48tout le reste.
00:41:49Eux aussi peuvent brouiller
00:41:50nos signaux.
00:41:51Ensuite, il y a le GLONASS
00:41:52qui est le même système
00:41:53mais qui est russe.
00:41:55Et puis, il y a l'Europe
00:41:57qui veut être indépendante
00:41:58et il y a Galiléo.
00:41:59Et nous sortons
00:42:00et nous avons
00:42:01des satellites
00:42:02qui permettent aussi.
00:42:02Donc, il y a trois systèmes
00:42:04de navigation.
00:42:06Tout cela peut être brouillé.
00:42:09Le système américain,
00:42:11particulièrement destiné
00:42:13à la défense
00:42:14aux États-Unis,
00:42:16est certainement
00:42:17un peu plus difficile
00:42:18à brouiller.
00:42:18Mais il est un peu réservé
00:42:20au bénéfice des Américains
00:42:23et pas forcément
00:42:24à leur trafic commercial.
00:42:25donc toujours est-il
00:42:26que tout peut être brouillé.
00:42:27Les communications
00:42:28également.
00:42:29Et bien sûr,
00:42:30cela pose
00:42:32un très grand nombre
00:42:33de problèmes.
00:42:34Alors, je ne connaissais pas bien
00:42:35cette affaire
00:42:35d'issurpation d'identité.
00:42:36Il y a les transpondeurs
00:42:37qu'on peut allumer,
00:42:38etc.
00:42:39Ce qu'on peut continuer
00:42:40à voir,
00:42:41ce sont les images satellites.
00:42:42C'est-à-dire que,
00:42:44dans ce domaine-là,
00:42:44il y a certainement
00:42:45des satellites
00:42:45qui sont géostationnaires.
00:42:47Parce que le problème
00:42:47des satellites qui tournent,
00:42:48c'est qu'ils ne se rafraîchissent
00:42:49que chaque fois
00:42:50qu'ils passent au-dessus
00:42:50du point qui les intéresse.
00:42:52Si on envoie
00:42:53des satellites géostationnaires,
00:42:54et les États-Unis
00:42:55sont tout à fait capables
00:42:56de le faire,
00:42:56puisqu'il faut avoir
00:42:57des satellites en stock,
00:42:58vous les envoyez,
00:42:59il reste des stationnaires,
00:43:00ils s'épuisent,
00:43:01ils finissent,
00:43:01on les remplace, etc.
00:43:03Donc, il n'y a qu'une puissance
00:43:04comme les États-Unis,
00:43:05éventuellement la Chine
00:43:06et la Russie,
00:43:06je n'en sais rien,
00:43:07mais qu'ils peuvent le faire.
00:43:08Donc, ceux-là permettent
00:43:09d'avoir une vision,
00:43:11une vision de la situation
00:43:15géographique,
00:43:15de la situation
00:43:16de tous les bâtiments,
00:43:17sans savoir qui ils sont,
00:43:18mais ils peuvent suivre
00:43:18des trajectoires.
00:43:19Et petit à petit,
00:43:21quand on a la puissance
00:43:22d'analyse des États-Unis
00:43:24américains,
00:43:24en particulier des sociétés
00:43:25comme Palantir et autres,
00:43:26qui savent traiter
00:43:27des milliards de données,
00:43:28ce qui est toute leur force,
00:43:30ce qui est peut-être
00:43:30une difficulté,
00:43:31mais vous en parlerai peut-être,
00:43:32M. Kennedy,
00:43:34quand on a
00:43:34cette capacité-là,
00:43:36on maîtrise la connaissance.
00:43:37– Quand on voit
00:43:38Douglas Kennedy,
00:43:39ce qui est devenu
00:43:40le Détroit d'Hormuz,
00:43:41c'est-à-dire un parking géant
00:43:42à ciel ouvert,
00:43:42avec des centaines
00:43:43et des centaines de bateaux,
00:43:45des Iraniens qui disent
00:43:45ce ne sera pas un péage,
00:43:47mais ce sera une taxe
00:43:48pour l'environnement
00:43:49et il faudra payer,
00:43:50est-ce que finalement
00:43:51Donald Trump
00:43:51n'a pas offert déjà
00:43:53à l'Iran
00:43:54la plus belle des prises de guerre,
00:43:55c'est-à-dire le Détroit ?
00:43:56– Sans aucun doute.
00:43:57Et aussi une autre chose
00:43:58très importante,
00:44:00cette guerre coûte
00:44:01un milliard de dollars
00:44:03un jour.
00:44:04– Je vais répéter ça.
00:44:06Un milliard de dollars
00:44:08par jour,
00:44:09au moment où
00:44:09Trump a
00:44:11tué la subvention
00:44:13de la radio publique,
00:44:15la télé publique,
00:44:16des chercheurs,
00:44:17en fait,
00:44:17la science,
00:44:18etc., etc.
00:44:19C'est ridicule.
00:44:21Mais on a une situation
00:44:22maintenant,
00:44:23je me souviens très,
00:44:24très bien,
00:44:24à l'époque de Nixon,
00:44:25il y a beaucoup
00:44:26dans le parti républicain
00:44:27contre Nixon
00:44:28qui a changé,
00:44:30en fait,
00:44:30le chemin un peu,
00:44:31surtout pendant Watergate.
00:44:32ici,
00:44:33Trump,
00:44:34il est un peu
00:44:35comme Mussolini.
00:44:36– Comme Mussolini ?
00:44:37– Mussolini.
00:44:38Vous vous souvenez
00:44:39du slogan de Mussolini ?
00:44:40– Non.
00:44:41– Una ducce,
00:44:42una voce.
00:44:43Oui,
00:44:43c'est la même chose,
00:44:45oui.
00:44:47un chef,
00:44:48un voix.
00:44:49Et le parti républicain
00:44:50est complètement
00:44:52dans sa poche
00:44:53pour l'instant
00:44:54et le corps suprême,
00:44:55s'histoire.
00:44:56Donc,
00:44:57on est dans une situation
00:44:59inconnue
00:45:00et très romainesque
00:45:02de trajet,
00:45:03on verra.
00:45:04J'ai écrit un livre
00:45:05il y a trois ans
00:45:06qui s'appelle
00:45:07« C'est ainsi que nous vivons »
00:45:09quand j'ai imaginé
00:45:10un Etats-Unis
00:45:11divisé
00:45:12en 2045.
00:45:15– Coupé en deux ?
00:45:17– Coupé en deux,
00:45:18oui.
00:45:19– Et vous dites
00:45:19« On y est aujourd'hui » ?
00:45:20– Oui.
00:45:21– On y est aujourd'hui,
00:45:22votre livre ?
00:45:22– Les deux côtes
00:45:23contrôlent l'argent
00:45:25et une des règles
00:45:27de la vie,
00:45:28suivez l'argent.
00:45:29Et si,
00:45:30franchement,
00:45:31les deux côtes
00:45:31pensent
00:45:32que c'est trop extrême,
00:45:33peut-être
00:45:34qu'il y aura
00:45:35un divorce
00:45:36à Fouad.
00:45:38– Et peut-être
00:45:39le scénario
00:45:40que vous décriviez
00:45:40tout à l'heure.
00:45:42Je reviens
00:45:42aux discussions
00:45:43aux Etats-Unis.
00:45:44Iran
00:45:44pour expliquer
00:45:46le fait
00:45:47qu'elles sont
00:45:47très longues.
00:45:48Lise Gosset
00:45:48nous disait tout à l'heure
00:45:49que c'est aussi
00:45:49parce qu'elles sont
00:45:50très complexes,
00:45:50notamment le volet nucléaire.
00:45:52Mais est-ce qu'une des raisons
00:45:53elles a,
00:45:53ce n'est pas tout simplement
00:45:54aussi parce que les Iraniens
00:45:55ont du mal
00:45:56à trouver leur guide suprême ?
00:45:57En ce moment,
00:45:58on sait qu'il vit
00:45:59caché du regard
00:46:00de tout le monde.
00:46:01On ne peut pas
00:46:01l'appeler au téléphone
00:46:02en ce moment
00:46:02pour négocier,
00:46:03pour savoir
00:46:04s'il est d'accord ou pas.
00:46:05– Vous faites bien
00:46:05de le souligner, Marc.
00:46:06En effet,
00:46:07il y a en fait
00:46:07un contraste saisissant
00:46:09entre l'époque
00:46:09dans laquelle nous vivons
00:46:10et la communication
00:46:12qu'utilise
00:46:12le président Trump,
00:46:14c'est-à-dire
00:46:14rapide,
00:46:15un peu insoutenable
00:46:16dans sa cadence
00:46:17puisque tous les médias
00:46:18du monde
00:46:19sont à sa traîne,
00:46:20alors que les Iraniens,
00:46:22les dirigeants iraniens,
00:46:23eux,
00:46:23ont dû revenir
00:46:24pour des raisons de sécurité,
00:46:26pour préserver la vie
00:46:27du leader actuel,
00:46:29du leader spirituel,
00:46:30le fils
00:46:30de l'Ayatollah Khamenei,
00:46:32Moshtabah Khamenei,
00:46:33qui, lui,
00:46:34est donc dans un lieu
00:46:35dont on ignore
00:46:36tout,
00:46:38et il est joint
00:46:39par des messagers
00:46:41multiples,
00:46:42assez multiples
00:46:43pour semer.
00:46:43– Il n'a pas le téléphone,
00:46:44il n'a pas Internet.
00:46:45– Aucune correspondance
00:46:46numérique,
00:46:47pas de téléphone,
00:46:48pas d'Internet
00:46:49et des messagers
00:46:50qui voyagent,
00:46:51qui à pied,
00:46:52qui à vélo,
00:46:53qui, par tous les moyens,
00:46:56embrouillent les pistes
00:46:56et c'est ce qui crée
00:46:57ce délai.
00:46:58Il y a une espèce
00:46:59de temps de latence.
00:47:00– À chaque fois
00:47:00qu'il faut demander
00:47:01son avis,
00:47:02il faut en passer
00:47:03par ces messagers
00:47:04qui se passent
00:47:06par bout de papier.
00:47:07– Par petits bouts
00:47:07de papier
00:47:08avec des messages
00:47:09qui sont tous datés,
00:47:11dûment scellés,
00:47:12avec une écriture
00:47:13reconnaissable.
00:47:14Il n'y a que
00:47:14quelques membres
00:47:15des dirigeants iraniens
00:47:16qui peuvent avoir
00:47:18une communication
00:47:19indirecte
00:47:20avec
00:47:21Moshtabah Khamenei
00:47:22et il a absolument
00:47:24raison,
00:47:25en tout cas
00:47:25du point de vue
00:47:26du régime iranien,
00:47:27c'est la condition
00:47:28sine qua non
00:47:29de sa survie,
00:47:30mais c'est ce qui crée
00:47:31ces moments suspendus
00:47:32que nous subissons tous
00:47:34à ne pas savoir
00:47:35si l'accord est
00:47:36entériné,
00:47:37non entériné,
00:47:38on saurait en tout cas
00:47:40que le cadre,
00:47:41le protocole d'accord
00:47:43a été validé
00:47:44par Moshtabah Khamenei,
00:47:46les détails,
00:47:46en revanche,
00:47:47non,
00:47:47on attend encore
00:47:48quelques jours
00:47:49d'avoir le retour
00:47:50du guide suprême.
00:47:50C'est peut-être
00:47:51une des explications
00:47:53à la lenteur
00:47:53des discussions
00:47:54et des allers-retours.
00:47:55Merci beaucoup
00:47:55à tous les quatre,
00:47:56Douglas Kennedy,
00:47:57l'homme qui n'avait pas
00:47:57assez d'une vie
00:47:58aux éditions,
00:47:59Bellefond,
00:48:00le titre de votre
00:48:01dernier roman,
00:48:01merci beaucoup
00:48:02d'être venu.
00:48:02Il n'a pas une mention
00:48:03de Trump
00:48:03dans le roman.
00:48:04Pas un mot sur Trump,
00:48:05j'ai dit tout à l'heure,
00:48:06vous avez tout enlevé
00:48:07pour être sûr
00:48:08que le nom de Donald Trump
00:48:09n'est pas à l'intérieur.
00:48:09parce que c'est trop banal.
00:48:12Merci beaucoup.
00:48:13Ça sera le prochain livre.
00:48:14À tous les quatre.
00:48:15Je ne suis pas sûr,
00:48:15ne le lancez pas là-dessus.
00:48:17Merci à tous les quatre
00:48:17d'être venus ce soir.
00:48:18C'est l'heure du débat
00:48:20de 60 minutes.
00:48:21On va parler politique,
00:48:22on va parler immigration,
00:48:24débat consacré
00:48:25à la dernière proposition
00:48:26de Gérald Darmanin,
00:48:27le ministre de la Justice,
00:48:28qui veut une pause,
00:48:30un moratoire
00:48:30sur l'immigration légale,
00:48:32un moratoire de trois ans.
00:48:33C'est ce qu'il a dit
00:48:34hier au journal du dimanche.
00:48:35Nous sommes arrivés
00:48:36à la limite
00:48:37de nos capacités
00:48:38d'intégration
00:48:38et d'assimilation.
00:48:40Donc, on arrête
00:48:41l'immigration légale
00:48:42pendant trois ans.
00:48:43Proposition de Gérald Darmanin.
00:48:45Pour en parler ce soir,
00:48:46Jérôme Gage.
00:48:47Bonsoir, député socialiste
00:48:49de l'Essonne,
00:48:50candidat à l'élection présidentielle.
00:48:51Soyez le bienvenu face à vous.
00:48:53Charles Rodouel,
00:48:54bonsoir.
00:48:54Vous êtes député
00:48:55ensemble pour la République.
00:48:57Vous êtes un proche
00:48:57de Gérald Darmanin.
00:48:59Bruno Jeudy
00:49:00est là lui aussi,
00:49:01le patron de la Tribune dimanche,
00:49:03éditorialiste à BFM TV.
00:49:04Bonsoir, Bruno.
00:49:05Et Raphaël Grabli,
00:49:07on va essayer.
00:49:08Bonsoir, on va essayer d'abord
00:49:09de poser un peu
00:49:10le cadre du débat.
00:49:12Dès qu'on parle
00:49:12de l'immigration,
00:49:13généralement,
00:49:13on a du mal
00:49:14à se mettre d'accord
00:49:14sur la réalité.
00:49:16Combien y a-t-il
00:49:17d'étrangers aujourd'hui
00:49:17en France ?
00:49:18Je vous donne un chiffre,
00:49:196 millions d'étrangers
00:49:21en France.
00:49:22C'est les chiffres 2024
00:49:23de l'INSEE.
00:49:24Pour faire simple,
00:49:25ça fait un peu moins
00:49:26de 9% de la population.
00:49:28Il y en a 5 millions
00:49:29d'ailleurs qui sont nés
00:49:30à l'étranger.
00:49:31Et il y en a un million
00:49:31qui sont nés en France
00:49:32parce qu'il y a aussi
00:49:33principalement,
00:49:34parmi ce million
00:49:35qui sont en France
00:49:35des mineurs
00:49:36qui sont potentiellement
00:49:37naturalisés par la suite.
00:49:38Et ce qui apparaît
00:49:39à l'écran,
00:49:39c'est intéressant.
00:49:41J'ai dézoomé l'INSEE
00:49:42sur 100 ans.
00:49:43J'ai vu un peu large.
00:49:44Mais on voit qu'en 1921,
00:49:45il y avait à peu près
00:49:464% d'étrangers.
00:49:47Mais ce qui est intéressant,
00:49:48c'est de regarder
00:49:49depuis 20 ans,
00:49:50et on le voit
00:49:51depuis la fin des années 90,
00:49:53ça grimpe de façon
00:49:55extrêmement continue.
00:49:56Alors, le chiffre
00:49:56n'est pas affiché,
00:49:57mais en 2006,
00:49:58pour vous donner
00:49:58un ordre d'idée,
00:49:59on était à 5,8%
00:50:01d'étrangers en France
00:50:03contre 8,8% aujourd'hui.
00:50:05Et un chiffre
00:50:06qui devrait être évoqué,
00:50:07commenté probablement
00:50:09pendant la campagne
00:50:10de la présidentielle,
00:50:111,5 million d'étrangers
00:50:13en plus
00:50:13depuis l'arrivée
00:50:15d'Emmanuel Macron
00:50:16au pouvoir en 2017.
00:50:17Combien d'étrangers
00:50:19rentrent chaque année
00:50:20dans notre pays ?
00:50:21Alors, j'ai toujours
00:50:21encore une fois regardé l'INSEE,
00:50:23entre 300 et 400 000 par an.
00:50:25Mais évidemment,
00:50:26si on prend ceux qui rentrent,
00:50:27il faut regarder ceux qui partent
00:50:28pour regarder le solde migratoire.
00:50:30Ça s'affiche à l'écran,
00:50:31c'est assez stable
00:50:32pour le coup,
00:50:32ce solde migratoire.
00:50:34Environ 160 000 par an,
00:50:37160 000 étrangers par an
00:50:38qui viennent,
00:50:39entre guillemets,
00:50:40véritablement gonfler
00:50:41la population
00:50:42qui vit en France.
00:50:44Pourquoi ils viennent ?
00:50:45Pourquoi ils rentrent ?
00:50:46Pour quels motifs ?
00:50:46D'abord,
00:50:47pour étudier.
00:50:48Un tiers
00:50:49des 380 000
00:50:50premiers titres de séjour
00:50:51délivrés en 2025
00:50:52selon le ministère de l'Intérieur.
00:50:55Largement, d'ailleurs,
00:50:56devant les motifs économiques.
00:50:57C'est 13%
00:50:58des premiers titres de séjour.
00:50:59Devant aussi
00:50:59les motifs humanitaires,
00:51:0124% et familiaux.
00:51:02Vous voyez aussi
00:51:0324% également
00:51:05avec une remarque importante.
00:51:07Les raisons familiales,
00:51:08ce n'est pas du regroupement familial,
00:51:10c'est essentiellement
00:51:11des familles
00:51:11de Français
00:51:12qui sont en France.
00:51:15Le regroupement familial,
00:51:16ça ne représente
00:51:17que 5%
00:51:18des premiers titres
00:51:19de séjour
00:51:20qui sont délivrés
00:51:20chaque année.
00:51:21Merci beaucoup Raphaël Grabley.
00:51:23Charles Rodouel,
00:51:23vous êtes d'accord
00:51:24avec Gérald Darmanin ?
00:51:24Il y a trop d'étrangers
00:51:26pour lui
00:51:26qui rentrent chaque année
00:51:27en France,
00:51:27c'est ça ?
00:51:28Alors nous,
00:51:29on estime qu'il y a
00:51:30deux problématiques
00:51:30qui se posent pour nous.
00:51:31Un, effectivement,
00:51:32les flux migratoires
00:51:33ne sont pas contrôlés.
00:51:34Vous dites nous,
00:51:35c'est Gérald Darmanin
00:51:35et vous ?
00:51:37Ceux qui pensent
00:51:38comme Gérald Darmanin
00:51:38dont je fais évidemment partie.
00:51:41La deuxième des choses,
00:51:42et votre collègue
00:51:43vient de l'illustrer,
00:51:44c'est la composition
00:51:45aussi des flux migratoires
00:51:46rentrant dans notre pays
00:51:47puisque l'immigration de travail,
00:51:49l'immigration économique
00:51:50ne représente qu'un peu plus
00:51:51de 10% des flux migratoires
00:51:52vers notre pays.
00:51:53Et nous,
00:51:53ce qu'on propose
00:51:54avec Gérald Darmanin,
00:51:55c'est en fait d'inverser
00:51:57la logique migratoire
00:51:58vers la France
00:51:58en misant
00:51:59et en proposant
00:52:00une doctrine nouvelle
00:52:01qui est fondée
00:52:01sur une immigration
00:52:03massivement réduite,
00:52:05uniquement fondée
00:52:05sur le travail
00:52:06pour répondre
00:52:07aux besoins de la nation.
00:52:08Ça implique deux choses.
00:52:09Ça implique qu'on organise
00:52:10l'immigration de travail
00:52:11vers notre pays,
00:52:12notamment à travers
00:52:12le vote de quotas
00:52:13et ça implique
00:52:14d'assécher
00:52:15et de réduire massivement
00:52:17toutes les autres voies
00:52:18d'immigration.
00:52:19Gérald Darmanin a parlé
00:52:20de sa réforme du regroupement familial
00:52:21et également la question
00:52:23de l'immigration
00:52:24pour soins
00:52:25qui se pose
00:52:25et évidemment
00:52:26la question du droit d'asile.
00:52:27Je suis attaché
00:52:28au droit d'asile
00:52:29mais ce que l'on constate
00:52:30factuellement aujourd'hui,
00:52:31c'est que l'immigration humanitaire
00:52:32est devenue
00:52:33une voie détournée
00:52:34de l'immigration irrégulière.
00:52:35D'ailleurs,
00:52:36les chiffres que vous venez
00:52:36de mentionner
00:52:37n'incluent pas
00:52:37les flux migratoires irréguliers
00:52:39qui sont situés
00:52:40de 100 000 personnes par an.
00:52:43Il y a aujourd'hui
00:52:44près d'un million
00:52:44d'immigrés illégaux
00:52:47c'est aussi la raison pour laquelle
00:52:48nous proposons
00:52:49un moratoire de trois ans
00:52:51et ensuite
00:52:52une réorganisation totale
00:52:54des flux migratoires
00:52:55vers notre pays
00:52:56fondés, là encore,
00:52:57uniquement sur le travail
00:52:58pour répondre aux besoins
00:52:59des Français.
00:52:59Un moratoire de trois ans
00:53:00sur l'immigration légale
00:53:01ou sur une partie
00:53:02de l'immigration légale,
00:53:03Jérôme Gued,
00:53:04vous êtes d'accord ou pas ?
00:53:05Moi, je forme un vœu,
00:53:06c'est qu'en abordant
00:53:07les débats politiques
00:53:08qui sont importants pour le pays,
00:53:09l'élection présidentielle,
00:53:11ce sujet de l'immigration,
00:53:12on puisse le traiter
00:53:14avec la nuance
00:53:15et la sincérité
00:53:18que le sujet
00:53:20oblige d'avoir.
00:53:21C'est-à-dire que c'est pas
00:53:22le cas de Gérald Darmanin
00:53:23quand il dit moratoire ?
00:53:24Je veux éviter deux écueils.
00:53:25Le premier,
00:53:26le discours
00:53:28immigration zéro,
00:53:29on ferme les frontières,
00:53:30il ne faut plus d'immigration,
00:53:31on n'a pas besoin
00:53:32d'immigration
00:53:33et le terme moratoire,
00:53:35malheureusement,
00:53:36j'y reviendrai,
00:53:37renvoie un peu à ça
00:53:38et je vais expliquer pourquoi.
00:53:39Le deuxième écueil,
00:53:41c'est un discours
00:53:42qui n'est pas celui
00:53:43que moi je porte,
00:53:45qui est un discours
00:53:45sans frontiériste
00:53:46dans lequel
00:53:47il n'y a pas de sujet
00:53:48sur l'immigration,
00:53:49tout va bien,
00:53:50il n'y a pas de question.
00:53:51Moi, c'est une politique publique
00:53:52comme les autres
00:53:53et donc je veux
00:53:54qu'on puisse l'évaluer,
00:53:55voir ce qui marche
00:53:56et ce qui ne marche pas.
00:53:57Mais entre ces deux écueils,
00:53:59angélisme
00:54:00et catastrophisme,
00:54:01il y a
00:54:02ce courage de la nuance
00:54:03et de la complexité du réel.
00:54:05Aborder la question
00:54:06avec un produit d'appel,
00:54:08pardon de le dire,
00:54:08mais c'est un coup médiatique
00:54:09pour Gérald Darmanin
00:54:11qui dit
00:54:11je vais faire un moratoire
00:54:12parce que moratoire,
00:54:13ça donne l'impression
00:54:13que du jour au lendemain,
00:54:15on va passer
00:54:16à immigration zéro.
00:54:17Et vous savez comme moi
00:54:18que c'est juridiquement,
00:54:21politiquement,
00:54:22économiquement impossible.
00:54:23L'immigration,
00:54:24c'est un fait,
00:54:25ce n'est pas quelque chose
00:54:26qui doit être qualifié
00:54:27positivement ou négativement,
00:54:28c'est un fait social,
00:54:30c'est d'abord et avant tout
00:54:31une question sociale
00:54:32avant d'être
00:54:32une question morale
00:54:34ou une question identitaire
00:54:35comme certains veulent
00:54:37le dévoyer
00:54:37et donc attraper l'attention
00:54:39des électeurs
00:54:41en leur disant
00:54:41je vais faire un moratoire
00:54:42pour trois ans.
00:54:43Pourquoi trois ans ?
00:54:44Pas cinq ans,
00:54:45pas sept ans,
00:54:45je trouve ça un peu bizarre.
00:54:47Je trouve ça,
00:54:47je termine par là aussi,
00:54:48un peu bizarre pour celui
00:54:49qui n'a pas très longtemps
00:54:50été ministre de l'Intérieur
00:54:51en charge d'une loi
00:54:52sur l'immigration
00:54:53et qui ce faisant
00:54:55reconnaît qu'elle n'a pas marché
00:54:56la propre loi
00:54:57que lui-même a mis sur la table.
00:54:58Donc moi je préfère
00:54:59qu'on aborde en disant
00:55:00oui, je défends un terme
00:55:02qui n'est pas toujours
00:55:03très populaire
00:55:03dans ma famille à gauche,
00:55:04qui est d'admettre
00:55:05qu'il faut planifier
00:55:07la politique d'immigration.
00:55:08Je suis pour une immigration
00:55:09planifiée,
00:55:10réculée,
00:55:11encadrée,
00:55:12mais pas en agitant
00:55:13quelque chose
00:55:14qui de fait
00:55:16n'est pas praticable,
00:55:17le fait de dire
00:55:17on va tout arrêter
00:55:18même si c'est que pour trois ans
00:55:20du jour au lendemain.
00:55:20Votre réponse Charles Rodouac.
00:55:21Si vous êtes pour
00:55:22une immigration planifiée,
00:55:23vous devriez soutenir
00:55:24la position de Gérald Darmanin.
00:55:25Je soutiens l'esprit
00:55:26de ce débat,
00:55:26je n'ai pas de problème.
00:55:28Je formule un vœu,
00:55:29c'est que je puisse
00:55:29m'exprimer tranquillement,
00:55:31je vous ai laissé parler.
00:55:32Si vous êtes pour
00:55:33une immigration planifiée,
00:55:34une immigration choisie,
00:55:35vous devriez soutenir
00:55:36la position de Gérald Darmanin.
00:55:37Nous, ce que nous formulons,
00:55:38c'est la chose simple,
00:55:39dans le cadre juridique actuel,
00:55:40nous ne parvenons pas
00:55:41à reprendre la main
00:55:42et reprendre le contrôle
00:55:43sur nos flux migratoires.
00:55:44Et nous l'admettons tout à fait,
00:55:46c'est l'un de nos échecs
00:55:47depuis dix ans.
00:55:48On a réussi d'autres choses
00:55:50et je pense qu'il y a
00:55:50des millions d'électeurs
00:55:51qui nous le reconnaissent,
00:55:52mais il y a une chose
00:55:53sur laquelle on n'a pas réussi
00:55:54à performer,
00:55:55politiquement, juridiquement,
00:55:56c'est la reprise de contrôle
00:55:57de nos flux migratoires.
00:55:58Et donc, plutôt que de
00:55:59simplement le déplorer
00:56:00et de laisser ce sujet
00:56:01à l'extrême gauche
00:56:02et à l'extrême droite,
00:56:03nous, ce que nous formulons,
00:56:04c'est des propositions
00:56:05très concrètes,
00:56:07extrêmement fermes,
00:56:07pour reprendre la main
00:56:08sur ces flux.
00:56:09Et on propose deux choses.
00:56:10Pourquoi il n'a pas fait ?
00:56:10Quand il était ministre de l'Intérieur ?
00:56:12Parce qu'il n'en avait,
00:56:13d'une part, pas le mandat.
00:56:14Et la deuxième des choses
00:56:15qu'il demande,
00:56:17pardonnez-moi,
00:56:18c'est une réforme de la Constitution.
00:56:19Et là-dessus, il a raison.
00:56:20Gérald Darmanin appelle à deux choses.
00:56:22Un, elle a une réforme constitutionnelle.
00:56:24et deux, un référendum
00:56:26pour laisser aux Français le choix.
00:56:27C'est-à-dire que moi,
00:56:28je trouve que c'est très sain.
00:56:29Gérald Darmanin
00:56:30ferait une proposition constitutionnelle
00:56:33aux Français
00:56:34et ensuite,
00:56:35les Français décideraient
00:56:36si oui ou non
00:56:37ils veulent par ce qu'il n'y a pas.
00:56:40Bruno Jeudy,
00:56:41je vais vous laisser reprendre
00:56:42dans un instant.
00:56:43Bruno Jeudy,
00:56:44est-ce que Gérald Darmanin
00:56:45a raison d'ouvrir ce débat
00:56:47et de cette façon aujourd'hui ?
00:56:48Comme d'habitude,
00:56:49avec Gérald Darmanin,
00:56:50il y a un peu de tout.
00:56:51Il y a de la politique,
00:56:52il y a des choses
00:56:53qui ont déjà été dites par d'autres.
00:56:55C'est toujours une espèce
00:56:57de peau pourrie
00:56:58de choses qui sont dans l'air.
00:57:00Et c'est surtout le statut
00:57:01de sa prise de parole
00:57:03qui, moi, m'interroge.
00:57:04C'est-à-dire,
00:57:04est-ce que c'est le Gérald Darmanin
00:57:05membre du gouvernement ?
00:57:06Est-ce que c'est le Gérald Darmanin
00:57:08en éclaireur pour Aideur Philippe ?
00:57:09Est-ce que c'est le Gérald Darmanin
00:57:11candidat peut-être
00:57:12dans un avenir proche
00:57:14candidat à la présidentielle ?
00:57:16Il est certain
00:57:17que ce que dit Gérald Darmanin hier,
00:57:19on peut juste se demander,
00:57:20la question que vous venez de poser,
00:57:21c'est pourquoi il ne l'a pas fait avant ?
00:57:23Puisqu'il a fait une loi
00:57:23immigration, Gérald Darmanin,
00:57:25faut-il le réclamer ?
00:57:25Et donc, votre réponse
00:57:26sera-tu ?
00:57:27Pourquoi il ne l'a pas fait avant
00:57:27et pourquoi il le réclame aujourd'hui ?
00:57:29Gérald Darmanin,
00:57:29il a besoin d'être présent
00:57:31dans le débat
00:57:31au moment où Gabriel Attal
00:57:33se lance,
00:57:34Edouard Philippe
00:57:35va faire des meetings,
00:57:37ça s'agite quand même beaucoup
00:57:38et c'est quelqu'un
00:57:39qui, politiquement,
00:57:41veut faire entendre
00:57:42sa voix.
00:57:43Il faut seulement rappeler
00:57:44deux choses.
00:57:45Un, Michel Barnier
00:57:46parlait d'un moratoire
00:57:47sur l'immigration
00:57:48quand il est devenu
00:57:48Premier ministre.
00:57:49Il est resté 100 jours,
00:57:50on dirait,
00:57:50donc il n'a pas eu le temps
00:57:50de le mettre en œuvre.
00:57:52À l'époque,
00:57:52ça avait un peu coincé
00:57:53dans la majorité
00:57:54par rapport à ce que disait
00:57:54Michel Barnier,
00:57:56député LR,
00:57:57issu de la famille LR.
00:57:59Deuxième chose,
00:58:00Gérald Darmanin
00:58:01reprend des propositions
00:58:02de François Fillon
00:58:03de 2016,
00:58:04de son programme.
00:58:05Les quotas limitatifs,
00:58:07puisque c'est ce qu'il dit
00:58:08et qui, sans doute,
00:58:09obligeraient à une modification
00:58:10de la Constitution.
00:58:11Aujourd'hui,
00:58:12ils sont indicatifs.
00:58:13Ça, c'est une proposition
00:58:14de la campagne
00:58:15de François Fillon.
00:58:16Et dernier point,
00:58:16et non des moindres,
00:58:18ce n'est pas du tout
00:58:18ce que Emmanuel Macron
00:58:20a défendu pendant neuf ans.
00:58:21C'est simplement
00:58:21le constat clair et net
00:58:23d'un changement
00:58:24Gérald Darmanin
00:58:25de ce point de vue-là.
00:58:26Et à mon avis,
00:58:27Edouard Philippe est assez proche
00:58:28de ce que dit Gérald Darmanin.
00:58:29C'est une orientation
00:58:30claire et net
00:58:31d'une politique
00:58:33qui serait différente
00:58:34en la matière.
00:58:35Charles-Anne-Bel,
00:58:35c'est le nouveau Gérald Darmanin.
00:58:36C'est Darmanin
00:58:37en mode présidentiel.
00:58:38Ça fait un moment
00:58:39qu'on prépare
00:58:39ces propositions
00:58:40qui sont d'ailleurs
00:58:41portées collectivement
00:58:42pour répondre à la question
00:58:42de Jérôme Gage
00:58:43sur la question
00:58:43de la Constitution.
00:58:44Il y a au moins deux volets
00:58:45sur lesquels nous pensons
00:58:46qu'il faut
00:58:47une réforme constitutionnelle.
00:58:48Le premier point,
00:58:49c'est les quotas migratoires.
00:58:50Les quotas migratoires,
00:58:51c'est tout simple.
00:58:52On demande aux entreprises,
00:58:53aux partenaires sociaux
00:58:54de définir leurs besoins.
00:58:55Tout simplement
00:58:56parce que les besoins
00:58:56en matière,
00:58:57ne serait-ce que de main-d'oeuvre,
00:58:58ne sont pas les mêmes
00:58:59en Ile-de-France
00:59:00ou dans la Vienne.
00:59:01Deuxième élément,
00:59:01si on veut planifier
00:59:02les quotas migratoires,
00:59:03il faut aussi qu'on puisse
00:59:04reprendre en main
00:59:05et le contrôle
00:59:06de nos autres flux migratoires,
00:59:07notamment l'immigration familiale.
00:59:09Nous ne pourrons pas
00:59:10reprendre la main
00:59:10sur l'immigration familiale
00:59:11sans une réforme constitutionnelle.
00:59:13Enfin, troisième point,
00:59:14l'immigration humanitaire,
00:59:16jamais deux sans trois,
00:59:18l'immigration humanitaire,
00:59:19le droit d'asile,
00:59:19aujourd'hui,
00:59:20le droit d'asile
00:59:20est dévoyé dans notre pays.
00:59:22Et ce n'est pas nous
00:59:22qui le disons,
00:59:23c'est d'autres gouvernements.
00:59:24C'est quand même
00:59:25la seule chose
00:59:25que vous ayez fait.
00:59:26Notamment,
00:59:27je me souviens
00:59:27que Christophe Castaner
00:59:29avait essayé de réduire
00:59:29justement,
00:59:31encadrer,
00:59:31limiter,
00:59:33aménager
00:59:34la file d'attente
00:59:36des candidats
00:59:38au statut d'asile
00:59:39parce qu'il y a
00:59:40beaucoup de pays
00:59:40qui, au fond,
00:59:41ne relèvent plus
00:59:42des questions humanitaires.
00:59:42Mais cette proposition
00:59:43n'a rien de choquant.
00:59:43Il y a d'autres étages.
00:59:44Non, n'a rien de choquant
00:59:45sauf que la Partie du Danemark
00:59:46ont, par exemple,
00:59:47fait cette réforme
00:59:48du droit d'asile
00:59:49pour accueillir les personnes
00:59:50qui sont réellement
00:59:51éligibles au droit d'asile
00:59:52et que le droit d'asile
00:59:53ne soit pas un aspirateur.
00:59:54Les quotas.
00:59:55Sur les quotas
00:59:56pour le travail,
00:59:57l'immigration de travail.
00:59:58qui sont mentionnés,
00:59:58et moi, je vais vous dire
00:59:59parce que je regarde
01:00:00ça attentivement.
01:00:01Parfois, je ne vois pas
01:00:02la différence
01:00:02avec la proposition
01:00:03de réforme de la Constitution
01:00:04que Marine Le Pen
01:00:05a mise sur la table
01:00:06dès 2022
01:00:06à l'appui de son programme.
01:00:08Je vais terminer
01:00:08et je vais illustrer
01:00:09par trois choses.
01:00:10Vous dites,
01:00:10il y a un dévoiement
01:00:11de l'accueil
01:00:12au titre de l'asile.
01:00:13Ce qui fait la tradition
01:00:14républicaine de notre pays,
01:00:15c'est le droit d'asile
01:00:16inconditionnel.
01:00:17Et donc, quand vous dites,
01:00:17il y a un dévoiement,
01:00:19là, je dis danger.
01:00:20Deuxième point,
01:00:20quand vous dites
01:00:21le droit à la vie privée
01:00:23et familiale,
01:00:24en fait, vous dites,
01:00:24il faut réformer
01:00:25la Constitution
01:00:26pour sortir
01:00:27de la hiérarchie
01:00:28des normes
01:00:28issues des traités européens
01:00:29et de la Convention européenne
01:00:30des droits de l'homme
01:00:31et notamment
01:00:32de son article 8.
01:00:33Et notamment
01:00:33de son article 6
01:00:34de la CEDH.
01:00:35Oulala, pardon,
01:00:35on va éviter de se balancer
01:00:36les articles de la CEDH
01:00:37parce que personne ne les a.
01:00:38Ce que je veux dire,
01:00:39c'est que, attention,
01:00:40vous jouez avec le feu.
01:00:41Comme je vous l'ai dit,
01:00:42je suis favorable
01:00:43à une régulation
01:00:44de l'immigration,
01:00:45mais avec un pendant immédiat
01:00:46et notamment
01:00:47sur la question du travail
01:00:48qui est la réussite
01:00:49de l'intégration
01:00:49et de mettre le paquet
01:00:50sur l'intégration.
01:00:51Une immigration de travail,
01:00:53moi, je n'ai pas de problème
01:00:54à parler d'une préférence travail
01:00:55et de dire,
01:00:56en effet,
01:00:57il faut donner la préférence
01:00:58à une immigration de travail,
01:01:00mais,
01:01:01mais,
01:01:01à condition que ce ne soit pas
01:01:02une pression
01:01:03sur les bas salaires,
01:01:04à condition que dans les branches
01:01:05concernées
01:01:05où il y a des métiers en tension,
01:01:07dans les services à domicile,
01:01:08dans le bâtiment,
01:01:09dans l'hôtellerie,
01:01:10la restauration,
01:01:11qu'on comitamment,
01:01:12on hausse les accords de branches
01:01:14et le niveau salarial
01:01:15pour pas que ce soit
01:01:15une pression
01:01:16sur les bas salaires
01:01:16et qu'on oppose
01:01:17la main d'œuvre étrangère
01:01:19à la main d'œuvre nationale.
01:01:20Vous êtes malheureusement
01:01:20mal tombé
01:01:21parce que,
01:01:22moi,
01:01:23je ne céderai jamais
01:01:24au diktat moral de la gauche.
01:01:26Mais ce n'est pas moral,
01:01:27tout simplement.
01:01:27C'est une question sociale.
01:01:29Est-ce que je peux vous répondre ?
01:01:30Aujourd'hui,
01:01:31l'intégration dans notre pays
01:01:33est un leurre.
01:01:34Tout simplement
01:01:35parce que l'immigration
01:01:36a atteint des volumes
01:01:37qui sont totalement contrôlés
01:01:38et ce n'est pas moi
01:01:39qui en souffre.
01:01:40Ce n'est peut-être pas vous,
01:01:41d'ailleurs,
01:01:41qui en souffrez.
01:01:42Ce sont des millions de Français
01:01:43qui vivent
01:01:44dans des quartiers
01:01:45souvent difficiles
01:01:46et notamment des millions
01:01:47de Français
01:01:48issus de l'immigration.
01:01:49qui sont les premiers
01:01:50à subir les effets
01:01:52de l'immigration incontrôlée.
01:01:53Moi,
01:01:54je me distingue complètement
01:01:56de la logique
01:01:56qui est portée
01:01:57par l'extrême droite
01:01:58qui débecte
01:01:59et qui rejette
01:02:00les binationaux,
01:02:01qui a une logique
01:02:03systématique
01:02:03liée à la préférence nationale.
01:02:04Moi,
01:02:04la seule chose que je souhaite,
01:02:06c'est simplement
01:02:07que nous puissions reprendre
01:02:08le contrôle
01:02:08de le flux migratoire
01:02:09en assumant,
01:02:10oui,
01:02:10ça ne vous plaira peut-être pas,
01:02:12une réduction massive
01:02:13des flux migratoires
01:02:15vers la France
01:02:16afin que les flux migratoires
01:02:17qui rentrent dans notre pays
01:02:18soient des gens
01:02:19qui puissent contribuer
01:02:21aux besoins de la nation
01:02:22et donc s'intégrer
01:02:23et s'assimiler.
01:02:24Je ne vois en rien
01:02:25en quoi la proposition
01:02:27très modérée que je fais
01:02:28rentre dans les cas
01:02:29de l'extrême-gauche,
01:02:30de l'extrême-droite,
01:02:30que vous avez l'habitude
01:02:32d'employer à notre égard.
01:02:34Si vous êtes honnête
01:02:35dans la discussion,
01:02:36à aucun moment,
01:02:37je vous ai pointé...
01:02:37Je vous ai vu placer...
01:02:39Non, je dis attention
01:02:40quand vous touchez...
01:02:41Quand vous touchez
01:02:44à la Constitution...
01:02:53revenir sur le droit
01:02:54au regroupement familial,
01:02:55je dis attention,
01:02:56mais ce faisant,
01:02:58je souhaite qu'on ait
01:03:00une discussion
01:03:01un peu éclairée...
01:03:02Sans regroupement familial,
01:03:02il faut quand même
01:03:03le mettre sur la table,
01:03:03il faut au moins
01:03:04le mettre en discussion
01:03:04parce que c'est vrai
01:03:05que c'est un des éléments
01:03:06qui est sans doute
01:03:07un facteur...
01:03:08Mais M. Rodoyle
01:03:09l'a lui-même reconnu.
01:03:11L'essentiel du regroupement familial,
01:03:12ce n'est pas pour les étrangers
01:03:13qui font venir leur famille,
01:03:15c'est pour des nationaux français
01:03:16qui ont eu
01:03:17une vie familiale
01:03:19parce qu'ils ont épousé
01:03:20une personne étrangère
01:03:20et qu'ils ont parfois eu
01:03:22de l'étranger.
01:03:24Non, alors vous n'aurez pas
01:03:25le temps.
01:03:25Non, pas que je n'ai pas
01:03:26envie de vous donner la parole.
01:03:28Mais que l'heure tourne
01:03:29et que je voudrais conclure
01:03:31et que je voudrais...
01:03:31Mais ce n'est pas un l'heure
01:03:32et que je voudrais...
01:03:33Mais Charles Renouel,
01:03:34Jérôme Gage...
01:03:34Mais Charles Renouel,
01:03:35Non, non, non,
01:03:36ne me demandez pas
01:03:36si vous pouvez conclure
01:03:37si c'est pour conclure.
01:03:38Pour qui travaille Darmanin
01:03:40dans cette affaire ?
01:03:40Ces propositions ?
01:03:41Parce que vous êtes...
01:03:42Je pense qu'il travaille
01:03:42pour la France.
01:03:42Non, mais vous êtes membre
01:03:43de Renaissance.
01:03:44Vous avez entendu
01:03:45Gabriel Attal,
01:03:45il les reprend
01:03:46ou il ne les reprend pas ?
01:03:47Édouard Philippe les reprend,
01:03:48les reprend pas ?
01:03:49Vous avez 4 secondes
01:03:50pour conclure.
01:03:50La raison pour laquelle...
01:03:51Ah non, ça part mal.
01:03:52Non, non, mais...
01:03:53Faites pas de la langue de mots
01:03:53et dites-nous qui...
01:03:54J'ai tous 3 secondes,
01:03:55vous m'avez entendu.
01:03:55Il ne va pas vous le dire.
01:03:56Faites pas de la langue de mots
01:03:57et dites-nous qui penche plutôt...
01:03:59C'est la proposition
01:04:00du futur candidat
01:04:01Il y a 3 millions d'électeurs
01:04:02d'Emmanuel Macron en 2017
01:04:03qui, en 2024,
01:04:04ont voté
01:04:05pour le Rassemblement National.
01:04:06Il y a 15 millions d'électeurs
01:04:07qui ne sont pas allés voter
01:04:08en 2024.
01:04:09Pourquoi ?
01:04:10La question migratoire
01:04:11parmi d'autres
01:04:12fait partie des angoisses
01:04:14de millions de Français
01:04:15auxquelles il faut
01:04:16qu'on adresse une réponse
01:04:17extrêmement ferme
01:04:18et républicaine.
01:04:19Je crois que c'est
01:04:20tout le sens
01:04:20des propositions
01:04:21que nous faisons
01:04:22afin de proposer
01:04:23une nouvelle doctrine
01:04:24de la réduction massive
01:04:25de nos plus migratoires
01:04:26fondée sur le travail
01:04:27pour répondre aux besoins
01:04:28de la nation.
01:04:29Merci.
01:04:29Afin d'accueillir mieux,
01:04:30en accueillant moins.
01:04:31Merci beaucoup à tous les trois.
01:04:33Je crois qu'on a réussi
01:04:33quand même,
01:04:34malgré vos désaccords,
01:04:35à comprendre
01:04:35sur quoi vous n'étiez pas d'accord.
01:04:37Julie Hamet,
01:04:38on est toujours d'accord,
01:04:39le programme du 20h
01:04:40dans un instant.
01:04:41Nos invités ce soir,
01:04:42Gilles Kepel,
01:04:42ce sera à 20h25
01:04:43suivi du général
01:04:44Jean-Paul Palomero
01:04:45avec une question.
01:04:46Un accord sur l'Iran
01:04:46était sur le point
01:04:47d'être trouvé.
01:04:47On a un petit peu
01:04:48l'impression que Donald Trump
01:04:49est en train d'être baladé.
01:04:50On en parlera dans un instant
01:04:51avec nos invités.
01:04:52L'info continue.
01:04:53Bonne soirée sur BFM TV.
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