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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Bruno Retailleau, sénateur de Vendée et président du parti Les Républicains.

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Transcription
00:02Bonjour Bruno Retailleau. Bonjour à vous. Hier, le gouvernement a semblé ouvrir à la voie une
00:07aide générale aux automobilistes en rognant sur les marges des distributeurs. Est-ce que ça va dans
00:12la bonne direction ? Est-ce que c'est une bonne mesure ? Je pense que cette mesure n'aura
00:16aucune
00:16conséquence pour deux raisons. La première, c'est que pour l'instant, le fameux décret d'encadrement
00:20des marges n'est pas pris. Je ne sais même pas s'il sera pris un jour. Et s'il
00:24était pris, la variation
00:25sera tellement faible que ça ne représenterait que quelques centimes. Moi, j'ai deux propositions
00:29que j'ai déjà faites. Il faut consacrer le surcroît de taxes entraînées par la hausse
00:34du pétrole en aidant vraiment les filières professionnelles qui en ont besoin pour que
00:38notre appareil de production puisse résister. Ça, c'est déjà fait. Et là, partiellement,
00:43trop partiellement fait. Et la deuxième proposition que je fais, c'est que vous savez, on a des
00:48certificats d'économie d'énergie. Ça marche comment ? En fait, on impose une sorte de taxe
00:53à des producteurs d'énergie qui financent des économies d'énergie pour essayer de dissuader
00:57les gens d'acheter trop de pétrole, etc. Mais là, il n'y a pas besoin de créer justement
01:02des hauts de taxes. Et là, ils vont augmenter de plusieurs milliards. Donc stop. Les Français
01:07se rendent compte par eux-mêmes que c'est très cher. D'ailleurs, il y a une baisse de la
01:11consommation. Donc, c'est 2 milliards, 2 à 3 milliards. Il faut les bloquer tout de suite.
01:16Tout de suite.
01:17Mais est-ce que le gouvernement a raison de ne pas prendre des mesures générales, universelles,
01:22qui pèseraient sur le budget de l'État ?
01:23C'est la raison pour laquelle j'ai toujours dénoncé, par exemple, la proposition du
01:27Rassemblement national de faire en sorte de baisser la TVA parce que ça coûterait
01:32plus d'un milliard d'euros par mois. Et il n'y a plus d'argent dans les caisses. Et
01:37un jour, on aura une crise financière. Et quand il y a une crise financière, on l'a
01:40vu en Grèce, ce sont toujours les plus faibles, les plus modestes qui sont impactés.
01:45Les retraités, les fonctionnaires et ceux qui ont un petit pouvoir d'achat.
01:49– Mais si on ne fait rien, des prix du carburant trop élevé pour tout le monde, est-ce que
01:53ça peut être un déclencheur de colère sociale type gilet jaune ?
01:56– Certainement. Certainement. Parce que le problème général, beaucoup plus général,
02:03c'est que le bilan d'Emmanuel Macron…
02:05– C'est contrairement, vous dites que le gouvernement a raison de ne pas faire des
02:07mesures générales, mais il y a quand même un risque de colère sociale.
02:10– Bien sûr. Pourquoi ? C'est parce que la mauvaise politique d'Emmanuel Macron,
02:13depuis près de 10 ans, a entraîné un appauvrissement des Français.
02:17– Franchement, on a appris il y a quelques semaines, quelques mois, que le niveau de
02:22vie des Français, désormais, alors que nous caracollions en tête il y a quelques années,
02:26notamment de la moyenne européenne, et bien maintenant nous sommes en dessous de la moyenne
02:30européenne. Les Italiens, ça ne s'est jamais produit depuis 100 ans, nous ont doublé sur
02:35le niveau de vie. Donc cet impact du pétrole sur le niveau de vie, le pouvoir d'achat des
02:40Français, il est d'autant plus important que la France se déclasse et que les Français
02:45s'appauvrisent. Et ça, c'est le résultat d'une mauvaise politique depuis des années.
02:50– Sur le 1er mai, les syndicats n'étaient pas dans la boucle, n'ont pas pu faire valoir
02:54leur point de vue, et pourtant vous demandez que l'Assemblée se saisisse du texte.
02:57Est-ce que le candidat Retailleau trouve le dialogue social superflu ?
03:01– Le candidat Retailleau n'oublie pas qu'il est aussi vendéen, et vous savez que cette affaire
03:06est née de la Vendée, puisqu'il y a 18 mois, 2 ans, c'était 5 boulangers vendéens
03:12qui avaient été verbalisés. Et très franchement, le candidat Retailleau, il est pour des mesures
03:17de bon sens. En réalité, le 1er mai, empêcher des fleuristes, des boulangers de travailler,
03:23alors que d'un côté de la rue, vous avez un McDo, il n'y a pas de problème, eux,
03:27ils sont ouverts, ils peuvent faire travailler leurs salariés. Et vous avez un artisan boulanger,
03:31il a un compagnon. Ce compagnon veut travailler parce qu'il double son salaire, parce qu'il
03:35aura un autre jour de congé, et on ne peut pas. Qu'est-ce qui s'est passé ? Ce
03:39n'est
03:39pas les syndicats. Qu'est-ce qui s'est passé ? C'est la preuve de la soumission du gouvernement
03:44au Parti socialiste. C'est le Parti socialiste qui a haussé le temps en menaçant finalement
03:50d'une censure que le gouvernement a reculé.
03:53– Vous parlez des boulangers et des fleuristes, j'ai là le texte de la proposition, ça allait
03:56au-delà, ça permettait à tous les commerces alimentaires d'ouvrir, ça permettait
04:01aux établissements culturels d'ouvrir. Vous êtes pour une ouverture plus importante
04:05que les boulangers et les fleuristes le 1er mai ?
04:07– Très franchement, très franchement, je suis parlementaire, je l'ai été de
04:11nombreuses années déjà, et dans une commission mixte paritaire, 7 sénateurs, 7 députés,
04:17on parvient justement à parfaire le texte. Quand il faut bouger le texte, on le bouge…
04:21– Votre sentiment, c'est les boulangers et les fleuristes, point barre, ou c'est
04:25aller au-delà le 1er mai ?
04:26– C'est d'abord les professions dont on a besoin, fleuristes, boulangers, qui
04:31traditionnellement… Vous vous rendez compte, comment est-ce qu'il y a des boulangers
04:34qui alimentent par exemple des EHPAD, des collectivités, et alors ils mangent du pain
04:39rassis ? Non mais on marche sur la tête. Et vous vous rendez compte que le gouvernement
04:44a reculé ? Je pense que c'est la marche arrière, sa vitesse préférée au gouvernement,
04:48c'est cette soumission au Parti Socialiste. Le pire, c'est qu'alors qu'on a besoin
04:52de réformes, une toute petite réformette, est déjà bloquée.
04:56– À peu près tout le monde dans le bloc central dit désormais qu'il faut un seul
04:59candidat de la droite et du centre. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette opinion ?
05:04– À peu près tout le monde, non, pas tout le monde dans le bloc central, puisque hier,
05:09M. Attal réunissait un comité de liaison, il y avait Horizon, M. Philippe, il y avait
05:13le Modem, mais on ne m'avait pas invité.
05:15– Sauf les LR. – Sauf les LR, exactement. Mais c'est très bien, moi je ne me suis
05:20pas senti exclu parce que je ne me suis… – Vous êtes d'accord ou vous n'êtes
05:23pas d'accord avec ça ? Il faudra à la fin, il faudra un seul candidat du bloc central.
05:26– Je suis en train de vous dire, je viens de vous dire, les Français l'ont dit
05:30à la fin de l'année dernière, 9 Français sur 10 trouvent que le bilan d'Emmanuel
05:33Macron, c'est une catastrophe, c'est un échec. Or, ces partis-là…
05:37– Donc vous avez été ministre ? – Ces représentants… Non, moi je n'ai pas
05:39été ministre. – Ah bah si vous avez été ministre d'Emmanuel Macron.
05:44– Je n'ai endossé aucun des résultats, c'est pas M. Emmanuel Macron qui dictait
05:48la politique d'immigration, quand j'ai… D'ailleurs on voit bien avec mon successeur,
05:52c'est pas exactement la même politique migratoire, c'est pas non plus les mêmes
05:56paroles, c'est pas le même discours. Donc ce que je veux dire, c'est que ces 9 Français
06:00sur 10 qui trouvent que M. Macron, son résultat c'est l'échec, le jour où ils commenceront
06:07à s'intéresser à la présidentielle, ils demanderont des comptes. Et moi je ne suis pas
06:11dans ce cercle macroniste. Je pense que j'ai un projet…
06:14– Donc il y a la place pour vous et un candidat macroniste ?
06:16– Mais j'ai un projet différent. En quoi mon projet est-il différent ?
06:19Moi je veux le régalien, je veux moins d'immigration, je veux plus de fermeté en matière
06:25de justice. J'estime que nous ne sommes plus dans une démocratie, je veux redonner
06:28la parole au peuple. – On n'est plus dans une démocratie ?
06:30– Oui, je pense que c'est aux gens de décider par exemple d'une politique pénale,
06:33d'une politique migratoire, et la constitution ne nous le permet pas. Il y a trop de censure
06:39du Conseil constitutionnel, il faudra donner la parole aux gens.
06:42– Si Édouard Philippe ou Gabriel Attal sont désignés par le Bloc central, vous appelez
06:45ça comme vous voulez, vous serez candidat contre eux ou pas ?
06:47– J'ai un projet, je le porterai. Parce que c'est un projet de droite, c'est un projet
06:51de droite, et je ne me retrouve pas dans le bilan notamment des macronistes.
06:56– Vous porterez ce projet même contre eux ?
06:58– Je porterai ce projet pas contre eux, pour les Français.
07:01– Oui mais d'accord, mais ça sera contre quand même.
07:02– Moi je veux donner, comment dirais-je, un 13ème voire un 4ème mois, sans que la compétitivité
07:09des entreprises ne soit touchée. Donc j'ai un vrai projet en matière de prospérité
07:13économique, moins d'assistanat que le travail paye plus, plus de fermeté en matière régalienne,
07:19et je veux surtout qu'on retrouve la fierté française. J'en ai marre de voir que notre
07:23histoire souvent, elle est disqualifiée, parfois ridiculisée. J'en ai marre qu'on s'auto-dénigre.
07:29– Voilà, donc c'est un projet qui est assez loin des rives du macronisme, que je veux
07:32porter parce que je pense qu'il correspond d'abord à l'aspiration des Français, mais
07:36surtout aux solutions pour relever la France demain, parce que 2027, c'est la croisée
07:41des chemins, où la France se redresse, où elle s'efface.
07:44– Bruno Retailleau, qui portera son projet, quoi qu'il arrive, a-t-il dit, on verra
07:48ce qu'il en est, était l'invité des 4 V.
07:50– Sous-titrage Société Radio-Canada
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