00:01Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Patrick Roger.
00:06Il est 7h13, est-ce que l'ensemble des fast-foods et des chaînes de restaurants rapides dans les cœurs
00:13de ville
00:14dénaturent un peu la vie des quartiers et des cœurs de ville ?
00:18C'est l'une des questions qui est posée dans le cœur par exemple de Boulogne-Billancourt,
00:22mais également dans vos villes, et je le disais aussi à travers les enseignes de volailles qui explosent.
00:28Nous sommes avec Pascale Blas, vice-présidente de l'Union des commerçants et artisans de Boulogne-Billancourt.
00:34Bonjour !
00:35Bonjour !
00:36Qu'est-ce qui vous pose problème avec ce type de restaurant où il y a incontestablement un grand succès
00:44?
00:44Je parlais de Master Poulet, mais il y en a beaucoup d'autres, qui sont dans les cœurs de ville,
00:49et j'ai l'impression que ça pose un problème aux autres commerçants.
00:54Eh bien oui, en premier, ça pose un problème aux petits restaurateurs de quartier,
01:00où on va déjeuner quand on travaille.
01:03Voilà, c'est une concurrence, pas déloyale, c'est une concurrence tout court,
01:08mais c'est vrai que cette façon de consommer est en train de tout révolutionner,
01:13et de mettre des gens à terre.
01:14Il faut quand même bien le dire.
01:15Pourquoi cette façon de consommer ?
01:16C'est parce qu'il y a des files d'attente devant ces chaînes,
01:23il y a des queues quasiment interminables, de 50-100 mètres parfois,
01:28et les gens mangent quasiment dans la rue, c'est ça ?
01:33Oui, c'est ça.
01:34En tout cas, à Boulogne, pour celui que vous évoquiez tout à l'heure,
01:38oui, il y a des queues.
01:40Vous savez que la file d'attente très longue, c'est aussi un outil marketing aujourd'hui.
01:45Il y a des enseignes, pas celles-là particulièrement,
01:48mais il y a des enseignes qui payent des étudiants pour faire la queue,
01:52parce que ça interroge, ça interpelle les gens qui passent,
01:56et puis on se dit, s'il y a une queue pareille, c'est forcément bon, c'est génial, etc.
02:03Oui, c'est ça.
02:03Donc non, c'est un angle...
02:05Oui, mais dans certains quartiers de Paris, Bastille,
02:09où il y a plein de petits restos comme ça qui...
02:13Qui prolifèrent.
02:13Oui, qui prolifèrent.
02:15Il y a des films absolument interminables,
02:18et on dit aujourd'hui que c'est un outil marketing.
02:20Avant, on cherche à montrer...
02:22Non, vous allez...
02:22Non, non, aujourd'hui, c'est de bon ton d'attendre 20 minutes
02:26pour manger un morceau de ce que vous voulez,
02:29de poulet ou d'autre chose.
02:30Voilà.
02:31Donc on n'y échappe pas ici.
02:32Alors, est-ce que c'est une fausse file ou une vraie file ?
02:35Je pense que c'est une vraie.
02:37Mais oui, c'est des nuisances, déjà, pour les commerçants qui sont à côté.
02:41Qu'est-ce que ça...
02:43Parce que c'est plutôt...
02:44Si les gens y vont, c'est que c'est positif.
02:47Si ça marche, c'est qu'il y a du succès.
02:50Alors, je ne sais pas s'il y a de la qualité ou pas,
02:51mais probablement, parce que sinon, les gens n'y retourneraient pas.
02:54Qu'est-ce qui pose problème pour vous, en fait, Union des commerçants ?
03:01Nous, on respecte un peu la tradition.
03:03Vous savez, on est l'union des commerçants et des artisans.
03:05On a des plombiers, des électriciens, des serruriers,
03:10des gens qui sont qualifiés, qui sont là depuis 40 ans,
03:14qui savent travailler, qui ne vont pas venir vous arnaquer
03:16quand il faut ouvrir une porte.
03:18Bon, c'est pareil.
03:19On a des commerçants.
03:20On a beaucoup de commerçants dans le domaine de l'alimentation,
03:23que ce soit des épiceries fines, des rôtisseries.
03:26Allez parler, un rôtisseur va vous expliquer.
03:30Alors, il y en a certains que ça ne mettra pas en concurrence,
03:32parce que le quartier n'est pas le même,
03:34ou il y a la pignon sur rue depuis 20 ans.
03:37C'est difficile.
03:38Pensez à un poulet à 7,50 euros.
03:40Moi, je ne sais pas comment ils font.
03:44On peut certainement avoir de la qualité de cuisson.
03:48Je ne vous le dis pas.
03:49Ça peut être bien cuisiné.
03:50Il y a des bonnes épices.
03:51Maintenant, moi, j'ai un petit peu de doute.
03:54Je me demande comment ils font pour avoir des produits à ce prix-là.
03:56Mais est-ce qu'il y a des contrôles ?
03:58Est-ce que vous en avez parlé avec le maire de votre ville, par exemple ?
04:02Oui, bien sûr.
04:02On l'a évoqué en réunion avec le maire de notre ville.
04:06Qu'est-ce qu'il vous répond ?
04:08Il est désolé de ça, de se dire,
04:10mais que ce quartier devient le quartier de la malbouffe.
04:15Vous savez, dans une ville, on est dans un pays libre.
04:18En France, le commerce est libre.
04:20On n'est pas sous la méthode Choussescu en France.
04:24Faites ce que vous voulez.
04:25Vous voulez ouvrir un commerce, vous l'ouvrez.
04:27Si vous êtes dans les règles d'hygiène, de sécurité,
04:30notamment pour les restaurants, pour les commerces de bouche,
04:34oui, il y a des contrôles faits par la mairie.
04:36Ils voient si votre installation, par exemple, électrique,
04:41d'évacuation de fumée, d'odeur, etc., est conforme.
04:44Ça, c'est normal.
04:45Tous les restaurants ont des contrôles de ce côté-là.
04:48Ils doivent demander des autorisations.
04:50Mais vous savez, très souvent, le commerce s'il ouvre,
04:53c'est trop tard, il est déjà ouvert.
04:54Ils ne demandent pas.
04:56Et ce que vous dites, c'est qu'avec la prolifération de ces commerces,
05:01de ce type de commerce, c'est-à-dire des phénomènes de fast-food,
05:05quels qu'ils soient,
05:06c'est que ça dénature un peu la vie d'un quartier,
05:11d'une ville, d'un centre-ville.
05:13Et ça pose des nuisances aussi pour les habitants et les gens qui travaillent.
05:18Pourquoi ?
05:19Alors, première nuisance, c'est une nuisance olfactive.
05:22Je vous assure, quand vous habitez au premier étage,
05:24au-dessus d'un fast-food, quel qu'il soit,
05:26de restauration rapide, qui vous fait des grillages,
05:29vous ne pouvez plus ouvrir vos fenêtres.
05:31Ça provoque une nuisance, déjà sur le trottoir.
05:35Vous imaginez 40 personnes qui attendent pour s'acheter un hot-dog ou une margaze.
05:40Enfin, bon, j'en sais rien quoi.
05:43Les autres boutiques voient leurs vitrines occupées.
05:48C'est-à-dire que vous attendez devant la vitrine des autres.
05:51Bon, tant mieux.
05:52Mais si ces restaurants ont du succès, moi, je suis contente pour eux.
05:55Mais oui, on n'a pas envie d'avoir ça dans nos quartiers.
05:59Parce que là, vous parlez de la place Marcel-Samba à Boulogne.
06:02Je suppose que ça existe dans d'autres villes, bien sûr.
06:06Là, le problème, c'est qu'on a une concentration sur cette place.
06:09Parce que c'est une place qui est extrêmement fréquentée,
06:11qui est très passante.
06:12Les gens passent en voiture pour rentrer dans Paris.
06:14C'est un des axes d'entrée dans Paris.
06:16Il n'y en a pas 50 non plus.
06:18On voit tout, les fast-foods sont là.
06:21Ils s'arrêtent un peu plus loin, ils se garent,
06:23ils viennent s'acheter un truc.
06:25On en a cité quelques-uns, on peut en citer trois.
06:27Il y a McDo, il y a KFC, il y en a plein de petits trucs.
06:30Ça, ce n'est pas des petits trucs.
06:31McDo, évidemment, c'est plutôt...
06:36J'ai envie de dire, McDo, sa viande, elle est française,
06:39ses pommes de terre sont françaises.
06:41Il achète en France, McDo.
06:43Je ne suis pas sûr que tous ces gens-là achètent leur viande en France.
06:46Oui, oui, oui.
06:47Le poulet peut venir d'ailleurs, notamment.
06:51C'est ce que vous dites.
06:52Moi, je pense qu'elles ont fait un long voyage,
06:53qu'elles n'ont pas le mal de l'air, ni le mal de mer.
06:56Oui.
06:57C'est des petites bottes.
06:58Elles seraient peut-être venues à la nage.
07:01Non, elles viennent de très loin.
07:03Aucun doute là-dessus.
07:03En tout cas, pour l'instant, il y a eu des contrôles, je pense que vous l'avez dit,
07:10sur l'hygiène et il n'y a rien eu pour l'instant de signaler.
07:13Mais on comprend votre message qui concerne beaucoup de villes avec cette prolifération des fast-foods.
07:24quels qu'ils soient, évidemment, toutes ces petites chaînes de restaurants qui ouvrent,
07:29avec des gens qui font la queue, des files d'attente sur le trottoir et les problèmes que ça peut
07:35poser.
07:35Merci beaucoup, Pascal Blas, d'avoir été avec nous, vice-présidente de l'Union des commerçants et artisans de Boulogne
07:41-Biancourt.
07:42Et j'imagine que ça vous fait peut-être réagir.
07:450 826 300 300.
07:47Vous êtes vous-même aussi peut-être concerné par ça.
07:50Alors, en même temps, peut-être que vous en bénéficiez et que vous êtes bien content de les trouver, ces
07:55restos.
07:55Vous pouvez réagir tout à l'heure après 8h30.
07:58On pourra y revenir, bien sûr, ensemble sur Sud Radio.
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