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Regardez "On refait le monde" avec Jean-Louis Linder, président de l'association Autonome de Solidarité Laïque, Jean-Rémi Girard, président du syndicat représentatif de tous les personnels de l'Éducation Nationale, et Delphine Girard, professeur de lettres classiques, cofondatrice et porte-parole de Vigilance Collèges Lycées- VCL.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 13 avril 2026.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 13 avril 2026.
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00:02Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL avec Anne-Sophie Lapix.
00:07Un professeur qui tente de rétablir l'ordre dans les couloirs du lycée et qui finit par gifler un élève.
00:12Un geste qui entraîne aussitôt de violentes représailles.
00:15Ce qui s'est passé vendredi après-midi dans un établissement de Montpellier pose la question de la banalisation de
00:21la violence jusque dans les salles de classe.
00:23Les agressions sont-elles plus nombreuses ? Les enseignants sont-ils condamnés à aller travailler la peur au ventre ?
00:29On en débat dans Refait le Monde avec nos invités.
00:32Jean-Louis Linder, président de l'association Autonome de Solidarité Laïque.
00:36Bonsoir.
00:37Bonsoir.
00:38Jean-Rémy Girard, président du syndicat représentatif de tous les personnels de l'éducation nationale.
00:42Bonsoir.
00:43Bonsoir.
00:44Et Delphine Girard, professeure de lettres classiques, cofondatrice et porte-parole de Vigilance Collège-Lycée, auteure de Madame, vous n
00:52'avez pas le droit, aux éditions Jean-Claude Lattès.
00:54Bonsoir.
00:55Bonsoir.
00:56Des enquêteurs se sont donc rendus dès ce matin dans le lycée de Montpellier où a eu lieu l'altercation
01:02pour tenter de faire la lumière sur les responsabilités de chacun.
01:05Que s'est-il passé vendredi après-midi ? On écoute les explications de Gauthier Legon de Longue-Bugard.
01:11Oui, deux inspecteurs d'académie mènent depuis ce matin des auditions au lycée Jules Guedde pour entendre les lycéens et
01:16le personnel.
01:17Ils analysent aussi, nous dit le rectorat, les vidéos partagées sur les réseaux sociaux.
01:21Sur ces images, on voit l'enseignant sortir son téléphone pour photographier un élève.
01:26Le jeune, mécontent, tape sur le bras du professeur.
01:29L'enseignant s'emporte et gifle le lycéen avant d'être jeté à terre.
01:33Au micro de M6, Kinam prend la défense de son camarade et pointe la responsabilité du professeur de physique-chimie,
01:40habitué selon lui à prendre des photos des élèves pour les dénoncer.
01:43Un élève qui passe avec les écouteurs, il va direct le filmer pour direct envoyer la vie scolaire.
01:47C'est pas normal. Et aussi, c'est que cet élève, je le connais, il est calme.
01:49Il n'a jamais été violent, il n'a jamais fait de conneries ou le temps était droit.
01:53C'est pas un élève qui était problématique.
01:54Les deux élèves impliqués ont été exclus jusqu'au conseil de discipline prévu après les vacances scolaires.
01:59Tissam Aboubakar de l'AFCPE de l'Hérault.
02:01On appelle au calme. Demain, on a des élèves qui vont se rassembler au niveau de l'établissement.
02:06Ils envisagent un blocus. Il ne faudra juste pas que ça desserve l'enquête,
02:10qu'il n'y ait pas de violence, qu'il n'y ait pas de poubelle qui brûle
02:12et qu'on reste dans quelque chose de très, très, très pacifiste.
02:16Le professeur est suspendu à titre conservatoire. L'enquête doit se terminer en fin de semaine.
02:21Voilà, papier de Gauthier de Lombugard.
02:24Alors, on va quand même d'abord parler du comportement du professeur, même agacé,
02:28puisqu'on lui a volé son téléphone. Sa réaction est totalement inappropriée, Jean-Rémi Gérard ?
02:33Alors, lui-même a dit qu'il était allé trop loin.
02:36Néanmoins, en fait, on est dans une situation où c'est parfois difficile d'être encore en capacité
02:41de véritablement réfléchir et d'avoir toute la capacité à rationaliser la situation
02:47et à savoir ce qu'il faut faire.
02:48On est dans une situation où il a essayé de rétablir, au départ, pas du tout de manière violente, le
02:56calme.
02:57Il a vu son autorité remise en cause, même plusieurs fois.
03:00À partir de là, c'est vrai que déjà, on ne sait plus très bien comment faire.
03:03L'idée de sortir son téléphone pour prendre en photo ou filmer, pour avoir, j'allais dire simplement,
03:08pour pouvoir identifier la personne, parce que c'est un lycée de plus de 2000 élèves.
03:12Le professeur ne connaît pas les élèves qu'il a en face de lui.
03:15C'est une idée qui peut peut-être paraître logique à ce moment-là, en se disant
03:18« Je n'ai pas d'autres moyens, il refuse de me montrer sa carte, il refuse de me dire
03:20son nom. »
03:22Et puis ensuite, effectivement, quand on commence à lui attraper le bras, à lui prendre le téléphone,
03:26là, on est dans une situation où on n'est pas formé à l'éducation nationale
03:29pour réagir à ce type de situation.
03:31Donc, il a réagi comme il a réagi.
03:33On est tout à fait d'accord qu'on n'a pas quelqu'un d'élève.
03:37Mais il faudrait quand même dire qu'au départ, l'élève aurait simplement donné son nom ou montré sa carte,
03:40il ne se serait absolument rien passé de plus.
03:42Et pareil, à un moment, on n'attrape pas le bras d'un enseignant, on ne lui prend pas son
03:46téléphone.
03:47Et quand bien même lui-même réagit mal, ce serait peut-être bien que toutes les personnes qui soient là
03:51séparent les gens plutôt que de sauter en mode royal rumble sur l'enseignant et de le rouer de coup.
03:54Il a vous parlé des lycéens pour ensuite participer à ça.
03:58Il a d'ailleurs porté plainte, cet enseignant, mais lui, que risque-t-il pour son geste ?
04:03Alors, il y a deux choses.
04:04Il y a l'enquête administrative qui est en train d'être menée.
04:06Qui a débuté aujourd'hui avec l'enquêteur.
04:09Donc, éventuellement, on verra si ça va jusqu'à une sanction disciplinaire ou pas.
04:15Ce n'est pas forcément certain.
04:17On verra.
04:17Pour l'instant, il est suspendu, mais ça, ce n'est pas une sanction.
04:19C'est aussi pour le protéger, parce qu'il reviendrait dans l'établissement.
04:23On voit bien qu'à mon avis, je ne sais pas comment il en ressort actuellement.
04:26Et puis, on verra ce qui se passe sur le plan judiciaire, puisque là, lui, envisage ou a porté plainte.
04:32Mais c'est possible aussi que les parents de l'élève ou d'autres élèves d'ailleurs présents portent plainte
04:38aussi.
04:38Et là, dans ces cas-là, ce sera la justice qui auditionnera tout le monde.
04:42Il y aura possiblement un procès.
04:44Et là, on verra ce qui en ressortira.
04:46Ce ne sera pas demain qu'on aura le verdict.
04:49Delphine Girard, vous êtes également enseignante.
04:52Vous comprenez cette réaction, mais vous imaginez le contexte de cette réaction d'un professeur ?
04:58Oui, bien sûr.
04:59On ne cautionne pas un geste de violence, naturellement.
05:02Mais il est évident que quelqu'un qui a enseigné de nombreuses années en REB+, comme c'est mon
05:07cas,
05:09comprend la chaîne de causalité qui peut mener à ce geste inapproprié.
05:13C'est-à-dire qu'on a là une situation qui est tout à fait emblématique
05:16de tout un tas de difficultés auxquelles font face l'éducation nationale
05:20parce qu'on est devant un enseignant qui est esselé face à une meute d'élèves.
05:24On manque de façon tout à fait criante d'adultes et notamment de surveillants dans les lycées.
05:31Je voudrais bien connaître, si vous le savez, chers collègues, le ratio...
05:34Ils sont très peu nombreux pour le nombre d'élèves.
05:36Dans un lycée de 2000 élèves, comme ça, je serais curieux.
05:38Je crois qu'il y a eu 8 assistants d'éducation.
05:39Voilà, donc tout est dit.
05:41On a également une montée de la violence, une banalisation même de la violence,
05:46dans la société en général et chez les jeunes en particulier,
05:48qui là se fait jour également.
05:50Et puis on a un enseignant qui se trouve complètement démuni
05:53face notamment à la question des réseaux sociaux,
05:57des vidéos qui tournent et qui ont évidemment transformé l'événement en événement national.
06:02Donc si vous voulez, là c'est une espèce de confluent,
06:05de tout un tas de difficultés face auxquelles le professeur complètement démuni
06:09a eu ce geste évidemment qu'on ne cautionne pas
06:12mais dont on comprend la causalité.
06:15Alors quand même, comme à la base, c'est lui qui a ce premier geste de violence,
06:21je précise quand même, la cour de cassation assure qu'un enseignant
06:23qui frappe un élève engage sa responsabilité pénale
06:26et en pratique les peines sont souvent du sursis.
06:30Qu'est-ce qu'on peut dire là-dessus ?
06:31Jean-Louis Linder, on voulait réagir à ça ?
06:33Oui, alors je ne dis pas que ce sont des situations banales à la SL.
06:37On a très peu de cas de violences volontaires par adultes
06:40ayant autorité sur élève.
06:42Très peu. La plupart, on va dire, la majorité, en tout cas des cas
06:46qu'on a sur nos dossiers, on a à peu près 20% d'agressions physiques ou verbales.
06:51C'est plutôt le monde enseignant.
06:53Quand je parle du monde enseignant, je ne parle pas que des enseignants.
06:56On parlait des AESH, on parlait aussi finalement des éducateurs en général
07:00qui sont victimes.
07:02Et donc là, c'est un cas d'école pour nous.
07:04C'est le deuxième en deux ans.
07:06Et on a un retour d'expérience.
07:08Je ne peux pas donner véritablement le dossier
07:11parce que ça rentrerait, on va dire, en conflit avec une forme de confidentialité.
07:14Mais en tout cas, on a connu cette situation-là
07:17d'un collègue enseignant du second degré,
07:20lui-même molesté,
07:21et qui donc se protège
07:23et va, comme elle est irréparable,
07:26selon la loi,
07:26c'est-à-dire un adulte qui transgresse,
07:28et un adulte ayant autorité,
07:30qui transgresse, on va dire,
07:31le cadre de son contrôle à lui
07:32et qui va alpaguer l'élève.
07:35Il s'est retrouvé,
07:36puisque vous posiez la question,
07:38lui accusé directement.
07:40C'est-à-dire que le fait de déposer plainte pour l'adulte
07:43qu'il subit
07:44ne viendra pas premièrement
07:46dans le bureau du procureur.
07:47Parce qu'il l'a déposé pas.
07:48Ça va être effectivement
07:49les élèves qui vont venir probablement
07:52être entendus en premier.
07:53Ce que je lui souhaite,
07:55c'est d'arriver à la conclusion,
07:57comme pour l'autre collègue,
07:59relax,
08:00et au bout du bout,
08:01on va dire,
08:02une reconnaissance de,
08:03eh bien oui,
08:03dans cette situation,
08:05on ne comprend pas,
08:06on ne peut pas cautionner,
08:07ce que rappelait mes collègues,
08:08on ne peut pas cautionner,
08:09mais en même temps,
08:10on ne peut pas vous taper dessus
08:11en disant,
08:12vous n'êtes pas une victime.
08:13Ils sont victimes d'une situation.
08:15Et il faut noter
08:16qu'on a vu cette vidéo
08:18de violence,
08:19en fait,
08:19la scène a été filmée,
08:20même s'il faut la contextualiser
08:22ensuite.
08:22Mais ça aussi,
08:23c'est quelque chose
08:23de nouveau et d'important,
08:25c'est qu'aujourd'hui,
08:26il y a des violences
08:26et on les filme.
08:28En fait,
08:29il faudrait aussi
08:30tenir compte de ça
08:31et sanctionner les personnes
08:32qui filment,
08:33qui participent finalement
08:34de ce phénomène.
08:34C'est illégal,
08:35on va quand même le rappeler,
08:36c'est illégal de filmer des gens
08:37sans leur consentement
08:38comme ça,
08:38encore plus,
08:39dans un établissement scolaire.
08:40Je crois que ça doit faire
08:41la cinquième fois
08:42qu'on interdit le téléphone portable
08:43dans les établissements scolaires.
08:45Vous voyez que,
08:46bon,
08:46il est toujours là.
08:47Mais oui,
08:48et même,
08:48ça peut être générateur
08:51de situations de tension
08:52parce qu'on se dit,
08:53ah ben voilà,
08:53on va filmer,
08:54on va essayer
08:54de mettre le prof en difficulté,
08:56on va faire un truc,
08:57ça va nous faire des vues,
08:58on va mettre ça sur les réseaux,
08:59ça va être génial.
09:00Et nous,
09:01on est,
09:02mais incroyablement démunis
09:04par rapport à ça.
09:04C'est effectivement,
09:05c'est presque la société du spectacle
09:06qui s'invite
09:07dans la salle de classe
09:08ou dans le couloir
09:09ou dans la cour de récréation.
09:11Et ce qui,
09:13finalement,
09:14devrait relever aussi
09:16au départ
09:16de la gestion interne,
09:17de la capacité à gérer
09:18la situation
09:18au sein d'un établissement scolaire,
09:20comme vous l'avez dit,
09:22Delphine Girard,
09:23ça...
09:23Vous avez le même nom,
09:24mais ça n'a rien à voir.
09:24Oui,
09:25c'est ça,
09:25c'est pas pratique,
09:25on n'a rien à voir
09:27familialement.
09:28Mais,
09:29effectivement,
09:29ça,
09:30ça devient quelque chose
09:31qui prend,
09:32qui devient soudain national.
09:33Tout le monde en parle,
09:34tout le monde prend position,
09:35il va peut-être y avoir
09:35un blocus de l'établissement.
09:38On est quand même
09:38dans des réactions
09:40qui sont absolument terrifiantes.
09:41Pour une fois encore,
09:42il va vraiment falloir
09:43qu'on fasse l'enquête.
09:44Moi,
09:44j'ai vu la version
09:45de la vidéo
09:46qui filme un petit peu avant
09:47parce qu'il y a eu plusieurs vidéos.
09:49Il y a toujours plusieurs vidéos maintenant.
09:49Il y a eu plusieurs angles de vue,
09:51effectivement.
09:51Où,
09:52effectivement,
09:53il va falloir définir
09:53ce qu'est de la violence
09:54parce que,
09:55finalement,
09:55la première violence,
09:56en tout cas,
09:56le premier contact physique violent,
09:58c'est de la part de l'élève
09:59qui attrape le bras de l'enseignant
10:00et lui arrache son téléphone.
10:02Enfin,
10:02ça,
10:02c'est une violence aussi,
10:03il faut quand même le dire.
10:04Est-ce que c'est proportionné
10:06sa réaction ?
10:06Ce n'est pas à moi de le dire,
10:07je ne suis pas à la justice.
10:08on peut clairement en discuter.
10:10il faut bien voir
10:10qu'on est aussi dans une situation
10:11de quelqu'un
10:12qui lui-même
10:12a été,
10:13dès le départ,
10:14victime d'une violence
10:15de la part de quelqu'un
10:16qui refuse son autorité
10:17dans un effet de groupe.
10:19Alors,
10:20on a parlé
10:21de la banalisation
10:22de la violence.
10:22On va voir
10:23s'il y a vraiment
10:23une hausse
10:24des violences.
10:25Mais d'abord,
10:25il y a l'essentiel
10:26de l'info
10:26avec Nathalie Michel.
10:46Non à une loi
10:48pour élargir le travail
10:49le 1er mai,
10:50le mot d'ordre
10:50de la CGT
10:51et de la CFDT.
10:53Cinq organisations syndicales
10:54participent en ce moment
10:55à une réunion
10:56au ministère du Travail.
10:57Dans un contexte
10:59économique et social délicat,
11:00le Premier ministre
11:01promet qu'il n'y aura
11:02pas de passage en force.
11:04Un quadragénaire
11:05condamné à 25 ans
11:06de prison
11:07à Montauban
11:07pour le meurtre
11:08de son épouse
11:09avec acte de torture
11:10et barbarie.
11:12Isabelle,
11:1236 ans,
11:13mère de 5 enfants,
11:14avait été violée
11:15puis tuée
11:16en mars 2023
11:17dans le Tarn-et-Garonne.
11:18Dès le début
11:19de son procès,
11:20l'accusé a reconnu
11:21l'intégralité des faits
11:22tout en affirmant
11:23ne pas se souvenir de tout.
11:25Aucun pays
11:26n'a le droit
11:27de bloquer Hormuz,
11:28les mots du chef
11:28de l'agence maritime
11:29de l'ONU
11:30alors que les Etats-Unis
11:31imposent désormais
11:32un blocus
11:33autour des ports iraniens.
11:35Téhéran,
11:35pour sa part,
11:36bloque le Détroit
11:37depuis le début
11:38de la guerre.
11:39Résultat,
11:39sur le marché du pétrole,
11:41le prix du baril
11:42qui monte encore,
11:43plus 4%
11:44en fin de journée.
11:45Il dépasse
11:46à nouveau
11:46les 100 dollars.
11:47merci Nathalie,
11:48on vous retrouve
11:48à 20h.
11:50Anne-Sophie Lapix,
11:51on refait le monde
11:52jusqu'à 20h sur RTL.
11:55Je suis enseignante
11:56et oui,
11:57je vais au collège,
12:00la boule au ventre.
12:01Est-ce qu'on a peur
12:03de sanctionner
12:03des élèves
12:04alors qu'on est
12:05dans notre bon droit
12:06professionnel ?
12:07Aujourd'hui,
12:08oui,
12:08on se pose des questions.
12:09Vraiment.
12:11Voilà,
12:11c'est Marie,
12:12une enseignante
12:12dans les auditeurs
12:13ont la parole.
12:14C'était il y a quelques jours
12:15avant l'incident
12:17de Montpellier
12:18vendredi dernier.
12:19Un enseignant
12:20qui tente de rétablir
12:21d'ordre dans un couloir
12:22qui finit par donner une gifle
12:23et se retrouve roué de coup
12:23par des élèves.
12:25C'était vendredi
12:26à Montpellier.
12:26L'enseignant est suspendu
12:27le temps d'une enquête
12:28administrative rapide.
12:29Les élèves ont été exclus
12:30à titre conservatoire
12:32et passeront en conseil
12:32de discipline
12:33au retour de vacances.
12:34On essaie de comprendre
12:35si cet incident est symptomatique
12:37d'une atmosphère de violence
12:39dans les établissements scolaires.
12:41D'abord,
12:41est-ce que les incidents,
12:42les faits de violence
12:43vis-à-vis des professeurs
12:44ont augmenté
12:46selon les chiffres
12:47du ministère ?
12:48Jean-Rémy Gérard.
12:49Alors,
12:49les chiffres du ministère,
12:50il faut savoir
12:50ce qu'ils arrivent à capter,
12:53en fait,
12:53parce que pour fabriquer
12:54les chiffres du ministère,
12:55il faut déjà qu'il y ait
12:56des choses qui remontent
12:57des établissements.
12:58Nous,
12:58ce qu'on peut constater,
12:59en tout cas,
12:59ce que l'on voit,
13:00parce que nous aussi,
13:01au SNALC,
13:02on a quand même des thermomètres
13:03dans les établissements scolaires
13:05en tant que syndicat représentatif,
13:07c'est que le climat
13:08est beaucoup plus tendu,
13:10c'est-à-dire que c'est
13:10beaucoup plus stressant,
13:12que,
13:12comme le disait l'auditrice,
13:14parfois,
13:14on n'est pas sûr
13:15de vouloir aller
13:16et on peut se retenir,
13:18on peut se dire
13:19je n'ai pas envie
13:19de me lancer
13:20dans une tentative
13:22de démonstration d'autorité
13:23qui va peut-être
13:24se retourner contre moi.
13:25Donc,
13:25on capitule,
13:26en fait,
13:26c'est ça que vous voulez dire ?
13:27On se protège.
13:29Il n'y avait pas de jugement
13:32dans ce que je disais.
13:32C'est des collègues
13:33et on les comprend très bien.
13:35Ils se protègent.
13:36Ce que l'on voit,
13:37c'est que
13:39les violences qui ont lieu
13:40sont plus violentes,
13:42si je puis dire,
13:43c'est-à-dire
13:45les poignardages
13:46d'enseignants
13:47jusque dans les salles de classe.
13:48Ce n'était quand même pas
13:49quelque chose de très typique
13:50il y a 20-30 ans.
13:51Là,
13:51on en a quand même
13:52il y en a eu deux déjà
13:53cette année,
13:54depuis la rentrée.
13:55C'est ça,
13:55depuis la rentrée,
13:56il y en avait eu en mai dernier,
13:57Mélanie Grappinet,
13:58etc.
13:59Et que c'est aussi,
14:00ça commence plus jeune.
14:01C'est-à-dire que
14:01les écoles primaires
14:02ne sont plus du tout
14:03protégées de ça
14:05qu'il y a une violence
14:07et une agressivité
14:08et des agressions
14:09de plus en plus nombreuses
14:10en école primaire,
14:11y compris,
14:11et particulièrement
14:12en école primaire,
14:13de la part des familles.
14:14Et ça,
14:14c'est aussi très nouveau.
14:15Il n'y a pas que
14:16les élèves dans l'histoire.
14:17Quand vous êtes professeur
14:18des écoles,
14:18vous avez presque autant
14:19de chances d'être agressé
14:20par l'entourage adulte
14:21de l'élève
14:22que par l'élève.
14:22Jean-Louis Linder,
14:23vous avez des chiffres ?
14:24Vous avez lu mon baromètre ?
14:26Ce n'est pas possible.
14:27C'est possible.
14:28Il y a une cohérence
14:29à la fois autour de cette table.
14:30C'est étonnant.
14:31Tant mieux.
14:34Je vous rejoins,
14:35mais pas complètement.
14:36Il faut savoir
14:37qu'en sur cinq ans,
14:38on pouvait remonter
14:39à dix ans.
14:40Notre baromètre,
14:40il date déjà d'avant.
14:42On se base sur une quantité
14:43d'adhérents absolument phénoménale.
14:45480 000,
14:45on était à 500 000 adhérents.
14:47Donc, vous voyez,
14:47le panel,
14:48on va dire,
14:48entre second degré,
14:49premier degré,
14:50directeur d'école,
14:51j'en passe,
14:51et des meilleurs.
14:52Ce qu'on a vu arriver,
14:53c'est la stabilisation
14:56d'un climat absolument délétère
14:58dans les établissements.
14:59Et ça,
15:00je l'avais noté déjà
15:01il y a plus de cinq ans
15:02en disant
15:02la problématique
15:04ne sont pas les agressions
15:06les plus fortes
15:07sur lesquelles
15:07tout le monde va communiquer.
15:08C'est ce fond toxique
15:11qui est accepté
15:12maintenant par tout le monde
15:13et on fait,
15:15comme vous le rappelez
15:15tout à l'heure,
15:16on va dire,
15:17bonne figure avec ça.
15:18Alors,
15:19176% d'augmentation,
15:22un chiffre étonnant
15:23sur cinq ans,
15:24vous allez voir pourquoi,
15:25dénonciation,
15:27diffamation,
15:27dénonciation calomnieuse,
15:29monsieur,
15:29vous m'avez touché,
15:30monsieur,
15:31vous m'avez frappé,
15:31monsieur,
15:32etc.
15:33Diffamation,
15:33là,
15:34ça passe par voie de presse,
15:35mais ça peut vous passer aussi,
15:36on va dire,
15:36sur les réseaux sociaux
15:37puisqu'on est vraiment là-dessus.
15:39Et puis,
15:40après,
15:40derrière,
15:40on a l'emballement
15:42à partir de ces situations
15:43d'un conflit larvé
15:44qui va finir,
15:46possiblement,
15:47en conflit ouvert.
15:48Vous parliez tout à l'heure,
15:49Rémi,
15:50des situations
15:51du premier degré.
15:52Je suis issu du premier degré,
15:54ça fait tellement longtemps
15:55que ça existe
15:56que j'ai l'impression
15:57qu'on redécouvre
15:58qu'il n'y a pas
15:58que le second degré
15:59et que le premier degré
16:00subissait déjà,
16:01il y a très longtemps,
16:03quelque chose
16:03pour lequel
16:04les enseignants du premier degré
16:05avaient une attitude
16:07pas de complaisance,
16:08mais en se disant
16:09ils sont petits,
16:10c'est normal,
16:12et les familles,
16:13on va finir par y arriver.
16:15Force est de constater
16:16qu'on n'y arrive plus,
16:18tout simplement.
16:18Donc,
16:19il faut prendre des mesures.
16:20Les mesures,
16:21elles ne sont pas que répressives
16:22en interne,
16:23elles doivent être
16:24absolument préventives
16:25et puis éducatives,
16:27forcément.
16:27Alors, qu'est-ce qui se passe
16:27dans le primaire ?
16:28Je ne comprends pas.
16:29Dans le primaire,
16:30vous allez être clairement,
16:31on va dire,
16:32par exemple,
16:32un élève de CM2,
16:34mais ça peut arriver
16:34même de CP,
16:35un élève qui présenterait
16:36un trouble du comportement
16:37va générer autour de lui
16:39de la violence,
16:40parfois même directement
16:41à l'endroit des adultes
16:43qui s'occupent de lui.
16:44Les parents vont arriver
16:46et vont prendre
16:47fête et cause
16:48pour la parole de l'enfant
16:49et vont donc immédiatement
16:51entamer les hostilités
16:52avec l'équipe enseignante.
16:54Et ça peut aller
16:54jusqu'à des menaces,
16:56moi j'en ai subi
16:57à titre personnel,
16:58ça peut aller jusqu'à des coups,
16:59ça peut aller jusqu'à
17:00différentes formes d'agressions.
17:02Quand on parle d'agressions,
17:03les agressions physiques,
17:04dans nos statistiques,
17:06ne représentent qu'une portion
17:08relativement faible.
17:08C'est très grave,
17:09c'est inacceptable,
17:10mais c'est faible.
17:11Même si on a vu
17:12les augmentations
17:13de l'ultra-violence
17:14dont vous parliez, Rémi.
17:15La major partie...
17:16D'ailleurs, on disait hors antenne
17:17qu'il y a lieu
17:18dans des établissements
17:19qui ne sont pas des établissements...
17:20Ah, mais il n'y a pas besoin
17:21d'être en établissement
17:22d'éducation prioritaire,
17:23moi je l'étais,
17:24pour vivre ça.
17:25On le vit maintenant partout.
17:27Voilà.
17:27Donc ce qu'il faut se dire,
17:28c'est personne n'est à l'abri
17:30et où va-t-on commencer
17:31à pouvoir traiter le problème ?
17:33Je crois que si on le traite
17:34trop tardivement,
17:36c'est peut-être un peu
17:36notre recommandation à l'ASL,
17:38c'est-à-dire arriver au lycée,
17:39c'est déjà trop tard,
17:40c'est la discussion
17:40qu'on avait tout à l'heure.
17:42Je crois qu'il faut commencer
17:42très jeune,
17:44avec les familles
17:44et les élèves.
17:46Delphine Girard,
17:47Jean-Louis Linder,
17:47disait qu'il y avait
17:48une espèce de stabilisation
17:49à un niveau terrible
17:50de violence.
17:52Et ça, c'est...
17:53Il y a eu le traumatisme
17:54de Samuel Paty,
17:55des attentats
17:56contre Samuel Paty
17:57et Dominique Bernard.
17:58Ça vient de là, d'ailleurs,
18:00cette espèce
18:00d'ambiance
18:02de peur au ventre ?
18:03Non, malheureusement,
18:04ça ne vient pas de là,
18:05mais évidemment,
18:06ça en fait partie
18:06et puis surtout,
18:07c'en est illustratif
18:08parce qu'en réalité,
18:10l'école,
18:11c'est tout simplement
18:12la caisse de résonance
18:13des tensions
18:14qui traversent
18:14toute la société.
18:16Les enfants
18:17sont eux-mêmes
18:18le produit
18:19d'une culture familiale
18:21qui peut être politique,
18:23religieuse
18:23et parfois violence
18:25ou très,
18:26comment dire,
18:28antagoniste
18:30avec l'institution.
18:31Et ces antagonismes
18:32se retrouvent à l'école
18:33sans le filtre,
18:34sans le surmoi
18:34des adultes
18:35et c'est pourquoi,
18:36effectivement,
18:36on retrouve
18:38cette banalisation
18:39de la violence,
18:40cette contestation
18:41croissante aussi
18:42des valeurs républicaines
18:43qui traversent
18:44certaines franges
18:45de notre société
18:46et qu'on retrouve
18:48chez nos jeunes.
18:48Mais vous disiez tout à l'heure,
18:50il est vrai
18:50que l'ultra-violence,
18:52c'est-à-dire le recours
18:53à l'arme blanche,
18:54d'abord se banalise,
18:55le recours à l'arme blanche
18:56se banalise,
18:58mais que
18:58ce n'est pas
18:59l'effet le plus grave,
19:01en tout cas,
19:01les attaques meurtrières
19:02ne sont pas nécessairement
19:03le fait des rêves plus
19:04ou des zones urbaines
19:06les plus difficiles.
19:07Et néanmoins,
19:08je dois vous dire
19:08que moi,
19:09en tant qu'enseignante,
19:10je redoute moins
19:13l'agression physique
19:15d'un élève
19:16qui serait suivi
19:16pour des troubles
19:19psychiatriques
19:19qu'effectivement,
19:20ce que vous décriviez,
19:21ce climat
19:23de tension permanente,
19:25ce climat
19:25de revanche,
19:28de haine
19:29et de défis
19:32contre l'institution
19:33que représente l'enseignant
19:35qu'on retrouve
19:36dans nombre de banlieues
19:37et qui sont le lot quotidien
19:38de nombre de collègues.
19:40Et cette atmosphère
19:41de violence
19:42et de défis
19:43et de rejets
19:43d'institutions
19:44et notamment
19:45des institutions républicaines,
19:46moi c'est mon sujet,
19:47mais pas que,
19:47c'est une ambiance
19:49qui pour le coup
19:50est un véritable poison
19:52pour le métier
19:53parce que ça donne
19:54des collègues
19:54qui n'ont plus envie
19:55d'enseigner
19:56et puis surtout
19:56qui répandent l'idée
19:57que l'enseignement
19:59ce n'est vraiment pas
19:59une vocation
20:00très souhaitable.
20:01Des enseignants
20:02qui démissionnent,
20:04qui sont en arrêt
20:05parce qu'ils font
20:07des dépressions
20:07et ça se traduit comment ?
20:09Des enseignants
20:09qui ont peur,
20:10des enseignants
20:11qui sont déclassés aussi,
20:12des enseignants
20:13qu'on regarde
20:13avec une forme
20:14de commissération
20:15quand vous dites
20:15que vous êtes enseignant
20:16en banlieue
20:16et qu'on vous dit
20:17c'est beau
20:19ou c'est fort
20:19ou c'est difficile
20:21enfin souvent
20:22avec un air
20:23comme ça
20:23d'empathie.
20:25C'est une profession
20:25qui a beaucoup perdu
20:26du coup
20:27non seulement
20:27en attractivité
20:28mais aussi
20:30en dignité
20:31et ça naturellement
20:33quand on voit
20:34malheureusement
20:35les chiffres
20:36des concours
20:36de recrutement
20:37actuellement
20:38ils sont tout à fait
20:39loquants.
20:39On va voir
20:41comment se protègent
20:42les enseignants
20:43comment on protège
20:43quels sont les outils
20:44pour se protéger
20:46à la disposition
20:46des enseignants
20:47juste après la pause.
20:53Bonne soirée sur RTL
20:57RTL
20:58votre radio
21:01RTL
21:02on refait le monde
21:03Anne-Sophie Lapix
21:05Après les échanges
21:06de gifles
21:07entre un professeur
21:08et des élèves
21:08dans un lycée
21:09de Montpellier
21:10on s'interroge
21:10sur la violence
21:11en milieu scolaire
21:12ou au moins
21:13la tension
21:14qui peut exister
21:15comment rétablir
21:16la sécurité
21:17et la sérénité
21:18dans ces établissements
21:19on en débat
21:19avec nos invités
21:20Jean-Louis Linder
21:21président de l'association
21:23Autonome de Solidarité Laïque
21:25Jean-Rémi Girard
21:26président du syndicat
21:28représentatif
21:28de tous les personnels
21:29de l'éducation nationale
21:30et Delphine Girard
21:32professeure de lettres
21:33classiques
21:33cofondatrice
21:34et porte-parole
21:34de vigilance
21:35collège-lycée
21:37On refait le monde
21:39sur RTL
21:40Je recule
21:41Et là
21:42qu'est-ce qu'on fait souvent ?
21:43Non, non, non, non
21:44Qu'est-ce que j'offre là ?
21:46Tout ce qui est artère
21:47Mais regardez
21:48je rentre mon coup
21:48Qu'est-ce que je peux prendre
21:49pour me défendre ?
21:50Un cahier
21:51Un classeur
21:52Un cahier
21:52Si je peux
21:53Si j'ai une poubelle
21:55Je prends la poubelle
21:56Si j'ai une chaise
21:58Qu'est-ce que je fais la chaise ?
21:59J'interpose
22:00Arrête !
22:00Arrête !
22:01Qu'est-ce qu'il va faire lui ?
22:02Il va taper quoi ?
22:04Dans la chaise !
22:04Mais pas dans moi !
22:06Oui, on en sourit
22:08ça paraît fou
22:08mais c'est un reportage
22:09d'Hortense Crépin
22:10sur un stage
22:11de formation
22:12proposé
22:13par un syndicat d'enseignants
22:14donc pour les professeurs
22:16des stages comme ça
22:17vous aussi
22:18Jean-Rémy Girard
22:19vous en organisez ?
22:20Oui, oui
22:21au SNAL
22:21qu'on a souvent des stages
22:22sur déjà
22:23les questions de judiciarisation
22:25du système éducatif
22:26parce que
22:27les personnels
22:27de l'éducation nationale
22:28n'ont pas été formés
22:30à connaître leurs droits
22:31et à connaître
22:32éventuellement parfois
22:33même leurs devoirs aussi
22:34c'est parfois très flou
22:36de savoir
22:37ce qu'on a le droit de faire
22:38pas le droit de faire
22:39ce que l'on risque
22:40et comment il faut agir
22:42quand il nous est arrivé
22:43quelque chose
22:43mais on a eu aussi des stages
22:45qui sans aller jusqu'à
22:46je prends la chaise
22:47étaient des stages
22:48au moins de
22:49comment déjà
22:49essayer de désescalader
22:51des techniques
22:51des méthodes
22:52pour arriver à désescalader
22:53pour justement
22:53ne pas arriver à ça
22:55là ça a l'air rigolo
22:56le je prends la chaise
22:58mais il faut se souvenir
22:59que quand on avait
23:00parce qu'on a maintenant
23:01quasiment toujours des vidéos
23:02la vidéo de ce qui s'est passé
23:03pour Dominique Bernard
23:04on avait un collègue
23:05qui avait effectivement
23:06une chaise
23:07pour s'interposer
23:10donc c'est des choses
23:10qui arrivent réellement
23:13et si on se souvient
23:15de ce sketch
23:15d'Anne Roumanoff
23:16sur la formation
23:17sur les enseignants
23:18en éducation prioritaire
23:20et d'ailleurs
23:21du coup aujourd'hui
23:22on l'a bien dit
23:22pas qu'en éducation prioritaire
23:24en fait on est très très proche
23:26de parfois
23:27de ce qu'on conseille
23:28aux collègues aujourd'hui
23:29à l'époque c'était fait
23:30pour faire rire
23:31aujourd'hui on rigole pas
23:32Jean-Louis Lander
23:33est-ce qu'on a les armes suffisantes
23:35pour gérer cette violence
23:37qu'on a du mal à canaliser
23:38dans sa classe ?
23:39ça serait trop facile
23:41c'est un travail de longue haleine
23:42en fait
23:43il y a d'abord
23:44traiter l'urgence
23:45le cas du collègue
23:46le cas d'autres collègues
23:48qui seraient dans des situations
23:49donc la solidarité
23:50d'ailleurs entre collègues
23:51a tendance à baisser aussi
23:52et je crois qu'il faut le dire aussi
23:54on met beaucoup
23:56d'attentes
23:57on va dire
23:57sur le corporatisme
23:59on dit toujours
24:00ah oui mais entre collègues
24:01on va se soutenir
24:01face à des situations
24:03de stress en continu
24:04on agit comme des animaux
24:05et au bout du bout
24:06on s'isole
24:07donc déjà
24:08rien que là
24:09si on était capable
24:09de rétablir un petit peu
24:10un esprit collectif
24:12un peu de tranquillité
24:13entre nous
24:13peut-être qu'on arriverait
24:14déjà à résoudre
24:15en partie
24:15même si ça existe
24:16cette solidarité
24:17malgré tout
24:18on connait aussi
24:19des cas de
24:21en tout cas
24:22on voit monter
24:23ça
24:23et on a quelques réponses
24:25Jean-Rémi le disait
24:27tout à l'heure
24:28former au droit
24:30pourquoi ?
24:31pas pour devenir des juristes
24:32ça n'a aucun intérêt
24:32mais pour savoir
24:34au moment où on pose
24:35un acte
24:36ou une parole
24:37de le faire
24:38en toute sécurité
24:39et puis aussi
24:40d'entamer
24:40peut-être aussi
24:41un autre travail
24:42avec les élèves
24:43qui est un travail
24:44qu'on voudrait bien mener
24:45on va dire
24:45avec le ministère
24:46de la justice
24:47c'est faire intervenir
24:48la notion du droit
24:49d'en discuter
24:50dans des ateliers croisés
24:51former des adultes
24:52c'est très bien
24:53mais si on laisse
24:54les élèves
24:55dans une ignorance
24:56crasse
24:56on ne va pas y arriver
24:58or le droit
24:58ça se discute
25:00sinon il n'y aurait
25:01pas d'avocat
25:01nous n'aurions que
25:02des machines
25:03que des IA
25:04qui vous donneraient
25:05on va dire
25:05une sanction
25:06face à une situation
25:07donc il faut des débats
25:08professeurs élèves
25:09sur ce qui est
25:10ça peut se mettre en place
25:11ça peut se mettre en place
25:12dans certains établissements
25:13à notre initiative
25:14on a proposé ça
25:16on a des avocats conseils
25:17on en a 200 sur le territoire
25:18et donc on a proposé
25:20nous de prendre en charge
25:21les avocats conseils
25:22au titre financier
25:23et ensuite d'animer des débats
25:24en prenant des thématiques
25:25on parlait de l'autorité parentale
25:27je crois que c'est quand même
25:28le nœud du problème
25:28quand les parents arrivent
25:30et disent
25:31vous devez
25:32il faut
25:33vous
25:34pensant
25:35que l'autorité parentale
25:36est un droit absolu
25:37un droit on va dire
25:38un petit peu
25:38qui s'impose
25:39aux professeurs
25:40aux professeurs
25:41mais pas que
25:42donc il y a nécessité de ça
25:44Delphine Girard
25:44c'est aussi un des problèmes
25:45l'implication des parents
25:47oui absolument
25:48il y a ce que nous disions
25:49tout à l'heure
25:50on est la conséquence
25:51c'est-à-dire que le déclassement
25:52du métier d'enseignant
25:53la difficulté
25:54dans laquelle on le sait
25:55communément
25:56fait aussi que son autorité
25:59auprès des jeunes
26:00mais aussi
26:01son autorité intellectuelle
26:02auprès des adultes
26:03n'est plus assurée
26:04et de plus en plus fréquemment
26:05vous avez maintenant
26:06des enfants
26:07ou des parents
26:07qui contestent même
26:08les contenus de l'enseignement
26:10ces fameux
26:11madame
26:11vous n'avez pas le droit
26:12de nous enseigner cela
26:13qui va à l'encontre
26:14de notre foi
26:14et les notes
26:15les notes
26:16vous n'avez pas le droit
26:17de nous mettre cette note-là
26:18alors qu'on a travaillé
26:19vous n'avez pas le droit
26:19de nous enseigner quelque chose
26:20qui nous heurte
26:22ou qui contrevient
26:24à nos idées
26:25et il y a cette idée
26:26qu'on peut
26:27enjoindre des choses
26:28à l'institution
26:29parce que l'enseignant
26:30est fragilisé
26:31dans son autorité
26:32à tous les sens du terme
26:33au sens intellectuel
26:34et puis au sens naturellement
26:35de l'autorité
26:36qu'il doit avoir
26:36sur ses élèves
26:37et ça c'est lié à quoi
26:38cette remise en cause
26:40totale
26:40de la légitimité
26:42de l'enseignant
26:42par l'élève
26:43et bien comme nous le disions
26:44c'est d'une part
26:45le fait qu'il y a une partie
26:46de la société
26:48qui maintenant
26:50est de la jeunesse
26:51surtout
26:51qui est dans une forme
26:53de confrontation
26:53avec l'autorité
26:56républicaine
26:57tout simplement
26:57avec l'institution
26:58avec la société
26:59en général
27:00parce qu'on est dans une société
27:01qui a des antagonismes
27:02de plus en plus forts
27:03des fractures sociales
27:03de plus en plus fortes
27:04qui se polarisent aussi
27:06politiquement
27:06avec une violence politique
27:08qui gagne aussi
27:09les esprits
27:10de manière générale
27:11et puis parce qu'on a
27:12un déclassement
27:13des enseignants
27:14qui fait que
27:15on considère maintenant
27:16que les enseignants
27:17ne sont plus forcément
27:18des références
27:19et qu'on peut les contester
27:20et alors que
27:23déclassement salarial
27:23également
27:24en fait
27:25c'est pas parce que
27:26je suis syndicaliste
27:27président du SNAL
27:28que je parle de salaire
27:29mais ça joue
27:30à un moment
27:31la perte de pouvoir d'achat
27:32des enseignants
27:33quand les élèves
27:33savent
27:34combien
27:35leurs professeurs
27:36gagnent par mois
27:36et on parle même pas
27:37des contractuels
27:38qui sont de plus en plus
27:39nombreux
27:40en collège-lycée
27:40un enseignant sur 10
27:41n'a pas passé le concours
27:43il a été recruté
27:44parce qu'il fallait quelqu'un
27:46et parce qu'il était volontaire
27:47et qu'il avait le niveau
27:47de diplôme
27:48on en est là
27:49mais effectivement
27:49moi je n'ai pas
27:51je n'ai pas d'élèves
27:52qui me disent
27:53moi je voudrais bien
27:54faire ce métier plus tard
27:54on en a encore
27:56parfois l'école primaire
27:57qui trouve ça sympathique
27:58dès qu'ils arrivent au collège
27:59et encore plus
28:00quand ils arrivent au lycée
28:01aujourd'hui
28:01je ne sais pas
28:02quelle génération
28:03va vouloir devenir
28:05enseignant
28:06d'ici 10 ans
28:0720 ans
28:08moi je ne les ai pas
28:09on ne les a pas
28:10dans nos classes
28:10mais alors comment
28:11on rétablit le prestige
28:12et l'autorité de l'enseignant
28:13c'est bien si on l'augmente
28:16mais c'est pas la seule solution
28:17non non
28:18ça en fait partie
28:19c'est à dire
28:19il faut agir sur plusieurs choses
28:20on est bien d'accord
28:21c'est pas juste
28:22si on augmente les salaires
28:23d'un seul coup
28:23il n'y a plus de violence
28:24ça ne marche pas comme ça
28:24on est entièrement d'accord
28:25mais effectivement
28:27il faut qu'on ait en fait
28:28le soutien de toute la société derrière
28:29à commencer déjà
28:30par notre hiérarchie
28:31parce que quand vous faites quelque chose
28:33et qu'ensuite
28:33parfois votre chef d'établissement
28:35parfois votre DAZEN
28:36votre inspecteur etc
28:37vient vous dire
28:37vous n'aurez pas dû faire comme si
28:38comme ça
28:38souvenons-nous Samuel Paty
28:40qui allait se prendre un cours
28:41sur la laïcité
28:41en plein dans la figure
28:43voilà
28:43c'est ça aussi
28:44l'éducation nationale
28:45quand on a eu le mouvement
28:46Pas de Vague
28:46qu'au SNAL
28:47qu'on a énormément soutenu
28:48il ne partait pas de rien
28:49il partait d'une réalité
28:50qui est vécue de manière
28:51très très forte
28:52et il a fait évoluer les choses
28:53ce mouvement ?
28:54il y a eu des évolutions
28:55alors elles sont faibles
28:56on ne va pas se le cacher
28:57il y a eu une évolution
28:58au SNAL
28:59qu'on avait beaucoup travaillé
29:00sur la question
29:01de la protection fonctionnelle
29:02qui est ce
29:04dont on avait demandé
29:05tout simplement
29:05l'automaticité
29:06en réalité
29:07qui est que
29:08dans une situation
29:09quand vous la demandez
29:10votre employeur
29:11c'est-à-dire l'Etat
29:12va s'engager
29:13alors d'une part
29:14les questions de frais d'avocat
29:15etc
29:15mais c'est peut-être pas ça
29:16l'essentiel en réalité ici
29:17mais aussi
29:18c'est pour ça que ça s'appelle
29:19protection fonctionnelle
29:20va s'engager à vous protéger
29:22c'est-à-dire
29:22à ne plus vous soumettre
29:24à la situation
29:25dangereuse
29:26dans laquelle
29:27vous vous trouvez
29:27alors ça peut être
29:28vous suspendre temporairement
29:29ça peut être parfois
29:30vous changer d'établissement
29:31nous on a géré au SNAL
29:33une collègue
29:34qui a dû changer
29:34d'académie
29:35parce qu'elle était en danger
29:37là où elle était
29:38ils avaient gagné alors
29:40ils n'avaient pas gagné
29:41parce que le père
29:42a été condamné au tribunal
29:43nous on a aussi
29:44maintenant
29:45nous aussi en tant que syndicat
29:46nous on a une cellule juridique
29:48on a un partenariat
29:48avec un cabinet d'avocats
29:49parce qu'aujourd'hui
29:50le syndicalisme
29:51c'est la justice
29:52on ne peut pas faire
29:53du syndicalisme
29:54sans avoir les moyens
29:56d'aller en justice
29:58et voilà
29:59ça fait partie
30:00de tout ce qu'on met en place
30:02la protection fonctionnelle
30:03on le voit
30:04elle est de plus en plus
30:04demandée chaque année
30:05mais elle est aussi
30:05de plus en plus accordée
30:07parce qu'à un moment
30:08il y a eu un avant
30:08et un après Samuel Paty
30:09sur la protection fonctionnelle
30:11déjà les collègues
30:11savent que ça existe
30:12parce que c'est pas
30:13en formation initiale
30:13que j'ai appris l'existence
30:14de la protection fonctionnelle
30:15ni en formation continue
30:17et maintenant
30:18ils savent comment la demander
30:19et ils savent que
30:20le SNAL
30:20ou de tout autre organisme
30:22normalement constitué
30:23et intelligent
30:24saura les aider
30:25à l'obtenir
30:26quelques réserves
30:27quand même
30:28Jean-Louis Linder
30:28depuis le début
30:31de notre interview
30:31oui vous étiez plutôt d'accord
30:32nous sommes en accord
30:33voilà
30:33là ça y est
30:33ça va plus
30:35forcément il me fallait
30:36un petit peu
30:36bien sûr
30:37protection fonctionnelle
30:38alors accorder
30:39plus
30:40oui
30:41accorder mieux
30:42avoir
30:43ça on est d'accord
30:44en fait
30:44deux mois
30:45deux mois
30:46à attendre
30:47puisque c'est le délai légal
30:49et s'il n'y a pas de réponse
30:50ça vaut des accords
30:52où a-t-on vu ça
30:53même les impôts
30:55pas de réponse
30:56vaut accords
30:57oui ça ça a changé
30:57il n'y a pas si longtemps
30:58que ça
30:58ça n'a pas changé
30:59ah bah je me vois
31:00la biarritz
31:01effectivement
31:01non c'est pas par cause
31:03de biarritz
31:03c'est plus le vieux souvenir
31:05d'étudiante
31:05mais ça a changé
31:06pour le coup
31:07ça c'est une nouvelle
31:07donc la protection fonctionnelle
31:09on le voit
31:10à travers les 12 374 dossiers
31:13on va dire
31:14on en a 63%
31:15qui ont
31:16un entourage juridique
31:18très clair
31:18c'est-à-dire
31:19pour lesquels
31:19on pourrait
31:19aller en justice
31:20nous notre but
31:21c'est pas d'aller en justice
31:22comme tu l'as rappelé
31:23Rémi
31:23c'est vraiment
31:24on va dire
31:25d'apaiser les situations
31:26et de trouver
31:26toutes les solutions
31:27à l'interne
31:27quitte à ce que l'autorité
31:28soit rappelée
31:29par un DAZEN
31:30par un recteur
31:30par on va dire
31:31une autorité
31:32très bien
31:33et bien
31:34sur l'ensemble
31:35des dossiers
31:36donc 12 374
31:39on peut estimer
31:40on va dire
31:41que seuls
31:42544
31:43voire
31:44allez
31:44au maximum
31:45800
31:46ont été
31:48enregistrés
31:48et pour lesquels
31:49on a eu une réponse
31:50donc vous voyez
31:51que la proportion
31:52est extrêmement faible
31:53on ne peut pas dire
31:53que c'est l'ensemble
31:54des protections fonctionnelles
31:55demandées
31:56on est intervenu
31:58auprès du Sénat
31:59on a une grande chance
32:00que ce soit refusé
32:01vous avez compris
32:02voilà c'est refusé
32:02et c'est refusé
32:03en partie
32:03oui
32:04mais seulement
32:05sur cette partie là
32:06et on a des avis
32:07juridiques
32:08extrêmement posés
32:09on est allé devant
32:10la commission sénatoriale
32:11du sénateur Laffont
32:12pour demander
32:13qu'effectivement
32:14il y ait une amélioration
32:15vous parliez de l'automaticité
32:16mais c'est une évidence
32:17et puis au-delà de ça
32:18c'est la capacité aussi
32:20de se dire
32:21très bien l'automaticité
32:22mais quand
32:23quel délai
32:24la loi Jeuneté est arrivée
32:26la circulaire Jeuneté
32:27elle n'est pas appliquée
32:28la loi
32:28attendez
32:29c'est quoi la circulaire Jeuneté
32:30alors la Jeuneté
32:31c'était une ministre
32:32de l'éducation nationale
32:32on ne le sait déjà plus
32:33oui c'est vrai qu'on l'a oublié
32:34on en a eu quelques-uns
32:36qui sont passés très vite
32:37en tout cas
32:39ils n'ont pas tous été
32:40on va dire
32:40sans laisser
32:41sans laisser quelque chose
32:42et ce débat
32:43est déjà terminé
32:44si c'est possible
32:46mais merci beaucoup
32:47d'être venu
32:48dans ce studio
32:48c'était très vivant
32:50et très intéressant
32:50demain
32:51Thomas Soto
32:52recevra
32:53Yael Brown-Pivet
32:54président de l'Assemblée Nationale
32:55et Marc-Olivier Fogiel
32:57recevra
32:57Stéphane Richard
32:58nouveau président
32:59de l'Olympique de Marseille
33:00il est l'heure
33:01de retrouver
33:02André Doucellier
33:03bonsoir André
33:03quelle histoire allez-vous
33:04nous raconter ce soir
33:05bonsoir Anne-Sophie
33:06ce soir je vous emmène
33:08dans l'univers de Pierre Richard
33:09du grand blond
33:10à la chèvre
33:11vous allez découvrir
33:13l'homme derrière
33:13l'éternel distrait
33:15à tout de suite
33:16sur RTL
33:16merci André
33:17à tout de suite
33:19laissez-moi vivre comme je veux
33:22loin des problèmes
33:23sous mon soleil
33:24bonne soirée sur RTL
33:26sous mon soleil brest
33:26sous mon soleil bleu
33:28sous mon soleil bleu
33:29sous mon soleil bleu
33:29– Sous-titrage FR 2021
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