00:00On reprend tout.
00:00Oui, parce que c'est complexe.
00:02Alors, le 1er mai, il faut dire les choses, c'est une sorte de 14 juillet pour les syndicats.
00:07Vous savez, les cortèges, les manifestations, la fête internationale du travail.
00:11Ce n'est pas qu'en France, c'est dans le monde entier, tout le monde le sait.
00:13C'est un jour férié, chômé, payé.
00:17On ne travaille pas, sauf dans des secteurs essentiels, évidemment, les transports, les hôpitaux.
00:22Après, ce n'est pas aussi simple que ça.
00:24Il y a des exceptions, il y a des zones de flou.
00:26On a beaucoup parlé, vous savez, des fleuristes ou des boulangers, de ces commerces où seul le patron peut travailler,
00:32ouvrir sa boutique.
00:33Mais c'est lui qui travaille et les salariés ne sont pas là.
00:36Certains ont été sanctionnés financièrement ces dernières années.
00:39D'où l'idée de faire évoluer un peu la législation, de permettre l'ouverture de davantage de commerce.
00:47Alors, une proposition de loi pour élargir le champ des possibles, si je puis dire, a été adoptée il y
00:54a quelques semaines et quelques mois au Sénat.
00:57Et maintenant, eh bien, elle revenait vendredi dernier, cette proposition de loi à l'Assemblée nationale.
01:05C'est le combat d'un certain Gabriel Attal, vous savez, ancien Premier ministre.
01:09Combat, là, c'est beaucoup exprimé sur ce sujet sur les réseaux sociaux.
01:12Il est en pré-campagne présidentielle, on va le dire comme ça.
01:16Et donc, il insiste beaucoup sur cette liberté qui serait accordée au commerce.
01:21Et puis, vendredi, jour de l'examen, on a compris qu'il se passait quelque chose à l'Assemblée.
01:27Il y a eu une petite manœuvre parlementaire.
01:29C'est-à-dire qu'il a voté pour le rejet du texte qu'il défend,
01:34afin d'accélérer la procédure et éviter toute discussion avec les oppositions.
01:39Alors, ça n'a pas plu, effectivement, aux organisations syndicales, cette manœuvre, bien entendu.
01:45Et ces syndicats, très en colère, déjà, sur l'idée, évidemment, de contraindre, peut-être,
01:52certains salariés à travailler le 1er mai, alors qu'ils n'en ont pas envie.
01:56Eh bien, ils ont écrit, effectivement, vous le disiez, au Premier ministre,
01:58toutes les organisations syndicales, qui parlent de coups de poignard dans le dos,
02:03de scandales, même la CFDT ou les plus modérés,
02:06qui ont demandé au Premier ministre, effectivement, de faire respecter la loi,
02:11la procédure, la démocratie.
02:13Ce n'est pas rien.
02:14D'où, il veut calmer le jeu, en disant, il n'y a pas de passage en force,
02:18comme les syndicats, en fait, le demandent.
02:20Et il ouvre la discussion, puisqu'il y a un rendez-vous, ce soir, à 18h,
02:24avec le ministre du Travail.
02:26Franchement, ça tombe super mal, si je puis le dire, comme ça.
02:29Vous imaginez, Sébastien Lecornet, il est hyper attentif à tous les mouvements de l'opinion,
02:33en ce moment, puisque les Français ne regardent que le prix de l'essence dans les stations-service.
02:40Ils sont un tout petit peu tendus.
02:41Il veut éviter, encore une fois, effectivement, toute montée en pression, tout conflit.
02:47Donc, il fait hyper attention.
02:49Et puis, paf, cette histoire du 1er mai lui tombe, effectivement, sur la tête.
02:53Alors, le ministre du Travail est chargé de trouver une solution et de prendre son temps.
02:58Il dit, le Premier ministre, qu'il faut, effectivement, prendre le temps nécessaire
03:03pour trouver une solution efficace, acceptable.
03:07Évidemment, il n'a pas envie que cette discussion fasse gonfler les cortèges du 1er mai.
03:14Et, en plus, il est menacé d'une motion de censure à l'Assemblée par les partis de gauche
03:18qui ont été privés de discussion.
03:21Donc, il fait très attention.
03:24Alors, tant pis pour Gabriel Attal.
03:26Sans doute que cette nouvelle organisation, ce nouveau dispositif,
03:31ne s'appliquera pas au 1er mai 2026.
03:34Il faudra un tout petit peu attendre.
03:37Et puis, moi, je pense qu'alors, les relations entre Gabriel Attal et Sébastien Lecornu,
03:41je pense qu'elles vont être extrêmement fraîches dans les mois qui viennent.
03:45Oui, bien sûr, c'est la présidentielle qui s'annonce, quoi, en quelque sorte.
03:49Oui, le Premier ministre disait vendredi, vous savez que le gouvernement était à l'abri des échéances électorales,
03:54qu'il était préservé, qu'il pouvait travailler sereinement.
03:57Paf, il y a cette affaire qu'il met effectivement dans l'embarras.
04:00Il faut qu'il en sorte très vite.
04:02Merci, Arlette Chaboban.
04:03Nous en reparlerons tout à l'heure à 8h30, si vous le voulez bien.
04:06Qu'est-ce que vous en pensez, évidemment ?
04:08Est-ce que c'est au détriment, d'ailleurs, aussi des salariés ?
04:11Puis de l'économie française.
04:13Est-ce qu'on ne devrait pas laisser, en fait, les gens travailler s'ils le souhaitent, non ?
04:18Oui, et bien...
04:19Non, enfin, je ne sais pas, c'est peut-être du bon sens, mais...
04:21La proposition de loi prévoit que c'est sur la base du volontariat,
04:24et bien entendu, les salariés continueraient à être payés double, ce premier mec,
04:28comme c'est déjà le cas aujourd'hui.
04:30On peut assouplir les règles, mais vous savez, quand la tradition est là dans ce pays,
04:34c'est compliqué de les faire bouger.
04:35C'est compliqué. Dans un instant, invité politique de Jean-François Kivy,
04:39Nathalie Loiseau, députée européenne.
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