00:00RMC à votre service.
00:03Des fraises françaises en abondance au point de devoir casser les prix en magasin pour écouler les stocks.
00:11Il y a un pic de production, il y a de la concurrence espagnole, il y a la pression sur
00:14les producteurs.
00:16La filière de la fraise française est sous tension.
00:18On va en parler avec Sylvie Delaurier-Zanudic, productrice de Fraises Labelles Rouges,
00:24présidente de l'association des fruits et légumes du Lot-et-Garonne.
00:27Bonjour Sylvie Delaurier-Zanudic.
00:30Bonjour tout le monde.
00:32Bienvenue. On parle d'un afflux inédit de fraises. Qu'est-ce qui s'est passé ?
00:37Qu'est-ce qui s'est passé ?
00:38On a eu une météo un petit peu compliquée.
00:43Et comme la fraise est un fruit météo sensible, on a le résultat de quelques jours de chaud, de très
00:51chaud.
00:52Et là, forcément, il y a un gros, gros afflux de...
00:55Ah, les beaux jours qu'on a connus il y a quelques jours, pour ainsi dire.
00:59Oui, c'est ça.
01:00Ça a boosté la production d'un coup.
01:02Ça a bien, bien boosté la production et des volumes qui n'étaient pas forcément attendus à cette période-là.
01:09Ça veut dire que là, vous avez trop de fraises ?
01:12Alors ça veut dire que, de toute façon, là, cette semaine, ça va se calmer, puisqu'on a une météo
01:17qui revient à la normale, on va dire.
01:20Donc là, les volumes vont... On va avoir un début de semaine encore chargé, forcément.
01:25Mais après, au courant de la semaine, tout ça va s'épurer.
01:29Et on va retomber sur des volumes, on va dire, normaux, entre guillemets.
01:34Et alors, le fait qu'on cherche à écouler, qu'il y ait des promos, notamment dans les grandes surfaces,
01:40parce qu'il y a beaucoup de stocks,
01:41c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle pour vous, ça ?
01:45C'est ni bon ni mauvais. De toute façon, on sait que chaque période, chaque saison, on sait qu'il
01:50y a une pique.
01:53Et ce pique-là, à un moment donné, il faut bien que ça passe. Il faut bien que le produit
01:58soit écoulé.
02:00Je me dis que quand c'est comme ça, au tout début du printemps, certains pourraient avoir le réflexe d
02:05'aller chercher des prix encore plus bas,
02:07avec la fraise étrangère, espagnole notamment. Là, ça vous rend compétitif, quand même, non ?
02:13Oui, on est compétitif. Bon, alors après, pour moi, la fraise espagnole qu'on trouve sur les marchés, que ce
02:21soit à GMS ou à Marché,
02:24elle n'est pas du tout...
02:24GMS, c'est Grand et Moyenne Surface, pardon, je le précise.
02:26Oui, pardon, excusez-moi.
02:27Non, il n'y a pas de souci.
02:28C'est ça. Oui, on n'est pas du tout sur le même créneau. On n'est pas du tout
02:32sur le même créneau. Nous, on produit de la fraise qui est gustative.
02:36De qualité, vous voulez dire ? Oui, bien sûr, bien sûr. Mais vous savez ce que c'est quand on
02:39fait les courses ?
02:40Vous avez vu quand même la situation du pays. Certains vont aller chercher des prix bas.
02:44Oui, d'accord. Ils mettent des prix bas. Mais enfin, pour moi, j'ai une fraise espagnole. Il va falloir
02:48que vous achetez une môme de chantilly.
02:50Oui, mais c'est-à-dire que quand on arrive sur le marché, on se dit oui, je vais aller
02:55acheter de la fraise française.
02:56Et puis après, on voit les prix. Et quand on n'a pas le choix, on se dit bon, tant
03:01pis, je me reporte sur de la fraise espagnole. Vous le constatez, ça ?
03:06On le voit. Alors, je vais vous avouer un truc. J'étais à monoprix. Enfin, je ne sais pas si
03:11j'ai le droit.
03:11C'est fait. Allez-y.
03:12Voilà. Donc, on a fait une animation dans un magasin parisien ce week-end qui est passé. Et je vous
03:22assure que les consommateurs que j'ai eu l'occasion de rencontrer étaient quand même plus en plein et plus...
03:32Les gens jouent le jeu du Made in France.
03:34Ouais.
03:35Moi, je vous rejoins, cela dit. Là, je vous rejoins sur un truc. C'est que si on achète une
03:40barquette, vous savez, les barquettes en bois, là, comme ça, avec plein de fraises dedans, espagnole, ça n'a pas
03:44de goût.
03:45Ah bah oui.
03:46Vous avez raison, le budget chantilly, il faut le compter, en vrai. Si on achète une bombe de chantilly, ça
03:50change le prix de la barquette. Et pardon, je ne sais pas pourquoi, mais il y a de la casse,
03:55quoi.
03:55J'en envoie toujours, allez, pas 20%, mais 10% au compost, quoi.
04:01Non, mais puis on vous rejoint aussi sur le fait que vous croquez une barquette ou une fraise espagnole, là,
04:07si on ne parle pas de la même chose.
04:09Ah bah exactement. Je pense que c'est ce qui fait notre force et que le consommateur a bien compris.
04:15Il préfère peut-être manger peu, mais manger bon, quoi, que jeter.
04:20Et finalement, ça coûte plus cher, quoi, d'acheter de la fraise espagnole que de la fraise française.
04:27Merci beaucoup, Sylvie Delorier-Zanutig.
04:30Avec grand plaisir.
04:31Productrice de fraises Labelle Rouge, président de l'association des fruits et légumes du Lot-et-Garonne, qui est un
04:36merveilleux département de fruits et légumes.
04:38Je pense aussi à l'arboriculture dans ce département-là.
04:43On mange bien dans le Lot-et-Garonne.
04:44On mange pas mal dans le Lot-et-Garonne.
04:46On mange pas mal dans ce pays, en général.
04:48Il faut quand même bien le dire.
04:49Parce que ça, on est capable de le dire de plein d'endroits.
04:51Mais cela dit, profitez-en.
04:53S'il y a une situation qui permet d'avoir des fraises françaises de goût et pas trop cher, jetez
04:59-vous sur l'occasion.
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