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L’actualité décryptée, tous les dimanches de 15h à 16h, dans #60MinutesInfo

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00:00Bonjour à tous, ravie de vous retrouver pour 60 Minutes Infos.
00:04On va commencer évidemment les débats dans un instant, mais d'abord le journal avec Sandra Tchombeau.
00:09Bonjour Sandra.
00:10Bonjour Elodie, bonjour à tous.
00:12À la une, les membres de la délégation américaine ont tous quitté Islamabad
00:16après l'échec des négociations, des pourparlers entre Washington et l'Iran.
00:24J.D. Evans est rentré aux Etats-Unis après avoir fait, selon lui, une offre finale
00:29et la meilleure possible à Téhéran.
00:31Pour le président du Parlement iranien, les Américains ont été incapables de gagner leur confiance.
00:37Charlotte Gorzala et Chloé Tarka.
00:41Il aura suffi d'une vingtaine d'heures pour que les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis s
00:46'achèvent
00:46sans qu'un terrain d'entente ne soit trouvé.
00:49Cette nuit, le vice-président américain a quitté Islamabad
00:52sans attendre le second round de négociations prévus ce dimanche.
00:56Je pense que nous avons fait preuve d'une grande souplesse.
00:59Le président nous a dit, vous devez venir ici en toute bonne foi
01:02et faire de votre mieux pour parvenir à un accord.
01:04C'est ce que nous avons fait et malheureusement, nous n'avons pas réussi à faire avancer les choses.
01:09Au cœur de l'échec de ces négociations, le programme nucléaire iranien,
01:12les Etats-Unis voulaient la promesse de son arrêt pur et simple,
01:16une demande à laquelle Téhéran n'a pas accédé.
01:19Nous avons besoin d'un engagement formel de leur part,
01:21par lequel ils ne chercheront pas à se doter d'une arme nucléaire
01:25et qu'ils ne chercheront pas à se procurer les moyens
01:27qui leur permettraient d'en fabriquer une rapidement.
01:29Voyons-nous un engagement fondamental de la part des Iraniens
01:32à ne pas développer d'armes nucléaires,
01:34pas seulement aujourd'hui, pas seulement dans deux ans, mais à long terme.
01:38Nous n'avons pas encore vu cela, nous espérons le voir.
01:41Des demandes déraisonnables selon la délégation iranienne
01:44qui a à son tour acté son retrait de la table des négociations.
01:47La voie diplomatique à la résolution de la guerre contre l'Iran semble donc bloquée.
01:52Donald Trump menaçait déjà hier de reprendre ses frappes
01:55si les discussions d'Islamabad menaient à l'impasse.
01:58Reste à savoir si le président américain mettra ses menaces à exécution.
02:02Et cet après-midi, Vladimir Poutine, le président russe,
02:05s'est dit prêt à participer à une médiation
02:08lors d'un appel avec son homologue iranien.
02:12Débloquer le détroit d'Hormuz est donc l'un des points principaux
02:15des négociations entre Washington et Téhéran.
02:18Environ 800 navires sont bloqués dans le Golfe
02:20depuis le début de la guerre le 28 février dernier.
02:23Les Iraniens affirment avoir miné cette voie stratégique.
02:26La France, si elle était sollicitée,
02:29possède un des meilleurs savoir-faire les plus avancés au monde
02:33en matière de déminage, comme nous l'explique Viviane Hervier.
02:37Dans le domaine du déminage,
02:39la France dispose de l'une des technologies
02:41les plus avancées en la matière.
02:43Il s'agit de chasseurs de mines tripartites.
02:46Composés d'un navire équipé d'un sonar,
02:49ils détectent dans un premier temps tout objet suspect.
02:51Puis, un véhicule autonome est largué
02:53afin d'inspecter l'objet.
02:56Il va quadriller finement pour détecter tout ce qui flotte,
02:59tout ce qui est entre deux eaux,
03:01qui sont les mines à haut rein,
03:02avec une chaîne qui les relie au fond, avec une encre.
03:06Ou tous les cailloux un peu anormaux
03:08dont on détecte la forme sur le fond de la mer.
03:11Une fois la mine reconnue,
03:12un troisième véhicule autonome est largué,
03:15capable, lui, de faire exploser la mine.
03:17Le détroit d'Ormouge semble à première vue relativement étroit.
03:21Mais lorsqu'il s'agit de déminer une telle zone avec précision,
03:24le travail peut s'avérer très long.
03:26Donc on va quadriller la zone
03:28en faisant un passage qui détecte 100 mètres de chaque côté,
03:30donc 200 mètres de large.
03:31Le détroit fait 50 kilomètres de large.
03:34Donc il faut faire un grand nombre de passes.
03:36Donc on peut prévoir facilement combien de temps il faut.
03:38Et ce temps se compte non pas en semaine ou en jour,
03:41mais en mois.
03:42L'armée américaine a affirmé que deux de ses destroyers
03:46avaient franchi le détroit d'Ormouge ce samedi,
03:48afin d'entreprendre des opérations de déminage.
03:51Théhéran a fait savoir que toute tentative
03:53pour des navires militaires de franchir le détroit d'Ormouge
03:56fera l'objet d'une réaction sévère.
04:00Toujours dans la région, les raids israéliens se poursuivent
04:03ce dimanche au Liban.
04:04Plusieurs villes du sud ont été ciblées
04:07lors d'une série de frappes aériennes
04:09qui ont fait plusieurs morts et blessés,
04:12notamment à Nabatier et Tyre.
04:14Alors que les bombardements se poursuivent,
04:17le pape Léon XIV s'est dit plus proche que jamais
04:20du peuple libanais.
04:21En ces jours de douleur,
04:23le souverain pontife s'est exprimé ce dimanche
04:25depuis la place Saint-Pierre à l'issue de sa traditionnelle
04:28prière dominicale.
04:29Il a évoqué l'obligation morale de protéger
04:32la population civile, appelant toutes les parties
04:35à rechercher la paix écoutée.
04:39Je suis également plus proche que jamais
04:42du cher peuple libanais en ces jours de douleur,
04:44de crainte et d'espoir inébranlable en Dieu.
04:52Le principe d'humanité, inscrit dans la conscience
04:55de chaque personne et reconnu par le droit international,
04:58implique l'obligation morale de protéger
05:00la population civile contre les effets atroces de la guerre.
05:10J'en appelle aux parties impliquées dans le conflit
05:14pour qu'elles cessent les hostilités
05:16et recherchent d'urgence une solution pacifique.
05:20À quoi ressemble le quotidien de ces personnes
05:23qui vivent sous la menace ?
05:24C'est un témoignage exclusif recueilli par nos envoyés spéciaux
05:28ricaver à 5 km de la frontière avec le Liban
05:31depuis plus de 60 ans, mais la vie est devenue intenable
05:35avec les sirènes récurrentes déclenchées par les roquettes
05:38et les drones envoyés par le Hezbollah.
05:39Aujourd'hui, elle souhaite que cette guerre se termine.
05:44Un reportage de Régine Delfour et Charles Bagé.
05:47Nous sommes dans le kiboutz de Farbloum,
05:50à 5 km de la frontière avec le Liban
05:52et nous allons rencontrer Rika qui vit ici depuis 62 ans.
05:55Elle va nous parler de son quotidien.
05:57Si la situation est plus calme au sud et au centre d'Israël,
06:01dans le nord, les habitants sont à bout.
06:04Il y a toujours la guerre, il y a toujours des mauvais moments
06:09et j'espère que ça va se terminer parce qu'on en a marre.
06:14Il n'y a pas de travail pour les gens,
06:16les enfants ne vont pas à l'école.
06:19Rika n'est pas contre un accord avec le Liban
06:21pour que la vie puisse reprendre son cours dans le nord d'Israël.
06:25Mais c'est très bien de faire des discussions avec le Liban,
06:30mais le Liban, ce n'est pas le problème.
06:34Mais le Hezbollah, il faut finir avec lui.
06:37Ça suffit.
06:38Cette guerre dans le nord, il faut qu'on la finisse
06:42parce qu'on en a marre.
06:43Tsaal a annoncé avoir découvert dans le sud du Liban
06:46des tunnels à quelques mètres des villages israéliens.
06:50On a eu peur parce qu'on croyait que les Hezbollahs
06:54vont venir nous attaquer dans nos maisons
06:57et attaquer les jeunes et les soldats et tout.
07:01Il faut finir avec eux.
07:03Il ne faut plus qu'ils soient dans notre frontière.
07:06Rika nous confie ses craintes sur un cessez-le-feu avec le Liban
07:09car selon elle, il ne sera possible qu'avec la certitude
07:13du désarmement total du Hezbollah.
07:17Les Français sont toujours inquiets face à la hausse des prix
07:20des carburants provoqués par la guerre au Moyen-Orient.
07:23Le gouvernement exige une baisse des prix à la pompe
07:26dès demain, un décret est d'ailleurs prêt
07:28pour contraindre les fournisseurs à revoir les prix
07:31comme l'explique Vincent Jambrun, le ministre de la Ville et du Logement.
07:35Le message était très clair de la part des membres du gouvernement
07:38et notamment la ministre en charge de l'énergie, Maude Bréjon
07:41qui a expliqué à tous les fournisseurs d'essence
07:45qu'il fallait absolument que ça se ressente sur la pompe dès lundi.
07:48Pardon, si ce n'est pas le cas demain matin, qu'est-ce que fait le gouvernement ?
07:50Et si tel n'était pas le cas, le décret est prêt
07:53de façon à ce qu'on puisse obliger les fournisseurs d'énergie.
07:58Normalement, la discussion devrait permettre de ne pas en arriver là
08:01mais le cas échéant, le gouvernement est prêt à prendre sa responsabilité
08:05au niveau législation.
08:09Manon Aubry était l'invité du Grand Rendez-vous ce matin sur CNews.
08:12Elle est revenue sur la hausse des prix des carburants.
08:14L'eurodéputée insoumise a dénoncé, je cite,
08:17des mesurettes à côté de la plaque annoncée par Sébastien Lecornu.
08:21Elle prône le blocage des prix au niveau juste avant la crise
08:25autour d'un euro 70 à l'instar d'autres États européens.
08:30Bloquer les prix de l'essence au niveau juste d'avant la crise
08:35autour d'un euro 70, de nombreux États l'ont fait.
08:38La Grèce, la Croatie, la Corée du Sud.
08:41C'est une mesure qui ne coûte pas un seul centime à l'État
08:46puisque ce sera aux raffineurs notamment de prendre en charge.
08:51Je rappelle que des entreprises comme Total,
08:53toutes les entreprises pétrolières ensemble font 12 millions de profits par jour.
09:00Dans le reste de l'actualité, Matignon l'a promis,
09:03il n'y aura pas de passage en force sur le travail le 1er mai.
09:07Huit syndicats ont adressé une lettre ce dimanche à Sébastien Lecornu
09:11lui demandant de respecter la démocratie sociale et politique.
09:15Une réunion est prévue demain à 18h entre les dirigeants syndicaux
09:19et le ministre du Travail pour parvenir à une solution efficace et acceptable.
09:24Pour François-Xavier Bellamy, député européen pour les Républicains,
09:27il faut laisser bosser ceux qui le veulent.
09:31Même syndicats qui refusent l'ouverture des boulangers le 1er mai
09:35ne s'émeuvent pas beaucoup que les McDonald's soient ouverts le 1er mai.
09:38Parce que la restauration peut travailler le 1er mai, mais pas les boulangers.
09:42Parce qu'on a aujourd'hui des fleuristes,
09:43alors que le 1er mai est pour eux évidemment un jour absolument décisif,
09:47qui ne peuvent pas travailler ce jour-là.
09:49Donc c'est absurde qu'on laisse bosser les gens qui veulent travailler.
09:53C'est le drame de ce pays que la gauche est devenue le camp qui s'oppose au travail.
09:58A l'international, le Kremlin refuse de prolonger la trêve de Pâques
10:02tant que Kiev n'acceptera pas les conditions russes.
10:05Le cessez-le-feu instauré hier sur le front en Ukraine doit prendre fin ce soir.
10:10Mais l'Ukraine et la Russie s'accusent mutuellement
10:13d'avoir violé des milliers de fois la cessation des hostilités la nuit dernière.
10:19Participation au record de 54,14% à la mi-journée aux législatives en Hongrie,
10:26selon les chiffres officiels.
10:27Les 7,5 millions d'électeurs sont attendus dans les urnes ce dimanche.
10:31Ils ont le choix entre cinq parties dans un système électoral majoritaire mixte,
10:36très favorable au FIDES, coalition du Premier ministre au pouvoir depuis 16 ans
10:41et qui brigue un cinquième mandat consécutif.
10:44Et puis on termine avec ces images du marathon de Paris.
10:48L'italien d'origine éthiopienne Yeman Beran Kripa a remporté la course ce dimanche
10:54en 2h05 et 16 secondes.
10:56Le français Emmanuel Rudolf Lévis a terminé sixième, battant son record en un peu moins de 2h06.
11:03Chez les femmes, l'éthiopienne Chouret Demisé a pulvérisé de plus d'une minute
11:08le précédent record en s'imposant en 2h18 et 33 secondes.
11:16Merci beaucoup Sandra pour ce journal.
11:19On va commencer maintenant nos débats avec Myriam Djabali-Larac.
11:22Bonjour.
11:22Vous êtes professeur d'économie, président de l'association Regards Lycéens.
11:27Léonard Zerbi, bonjour.
11:27Bonjour.
11:28Avocat.
11:29Et Amin Elbaï, bonjour.
11:30Bonjour.
11:30Vous êtes juriste.
11:31On va commencer avec la définition de la Nouvelle-France parce que ce qu'on constate
11:35c'est que chaque fois qu'on écoute des élus de la France insoumise, il semblerait
11:39que chacun ait un peu sa définition de la Nouvelle-France.
11:42Vous l'avez entendu dans le journal de Sandra, Manon Aubry était l'invité du grand rendez-vous
11:46pour CNews Europe 1 Les Echos.
11:48Qu'est-ce que c'est la Nouvelle-France pour Manon Aubry ? Écoutez.
11:53La Nouvelle-France pour nous c'est cette France qui a trop souvent été mise de côté,
11:58trop souvent ignorée.
12:00C'est la France d'aujourd'hui qui s'oppose à la France du début de la Ve République
12:03en 1958 qui a considérablement changé.
12:07En 1958, vous aviez par exemple un Français sur dix qui avait un grand-parent étranger.
12:13Aujourd'hui c'est un sur quatre.
12:14En 1958, les femmes n'avaient pas l'avortement, pas le droit à l'avortement, la contraception.
12:21Il fallait l'autorisation du mari pour ouvrir un compte en banque.
12:24Aujourd'hui, les femmes sont évidemment beaucoup plus actives dans la vie économique.
12:31Mais il y a énormément de progrès.
12:32De ce que je vous dis, ce n'est pas une mauvaise chose.
12:34Au contraire, c'est que la société a changé.
12:36La société s'est transformée.
12:37Et donc à partir du moment où la société s'est transformée, il faut la prendre comme telle.
12:42Léonard Zerbibe, on a entendu notamment Jean-Luc Mélenchon sur la Nouvelle France.
12:45On entend là Manon Brie qui remonte à très loin, qui parle beaucoup de droit des femmes.
12:50Ce n'est pas exactement ce qu'entend Jean-Luc Mélenchon normalement sur la Nouvelle France.
12:53La Nouvelle France, c'est très simple.
12:55C'est dresser les Français les uns contre les autres.
12:58C'est une doctrine de communautarisme.
13:01La France insoumise s'adresse à un seul électorat.
13:04Et moi, c'est très simple.
13:06J'ai été sur le site officiel de Jean-Luc Mélenchon avec le détail du programme de cette Nouvelle France.
13:10Alors effectivement, il parle du féminisme, il parle de différents sujets qui sont propres à la gauche.
13:14Mais c'est très clair, il y a tout un paragraphe sur la créolisation.
13:18C'est ça la Nouvelle France.
13:19La Nouvelle France, c'est le renoncement à la théorie assimilationniste française qui existe depuis très longtemps.
13:26C'est-à-dire qu'on a une culture française et que lorsque l'on accueille généreusement des personnes immigrées
13:32en France,
13:32eh bien on accepte qu'elles soient assimilées à la culture française.
13:35Là, on a la France insoumise qui a un programme véritablement de communautarisme, qui s'adresse à un électorat.
13:42Et j'ajoute un dernier point qui me paraît très important.
13:45La France insoumise passe son temps à dire, écoutez, nous on est la voix de l'antiracisme.
13:49Mais Jean-Luc Mélenchon passe son temps à avoir une obsession avec la couleur de peau.
13:53J'ai écouté ce matin l'interview de Manon Aubry.
13:57Mathieu Bocoté l'a interrogé à plusieurs reprises sur cette phrase qui a fait polémique de Jean-Luc Mélenchon.
14:01Tout blanc, vous êtes tout blanc, tout moche.
14:04Mais en réalité, Manon Aubry n'avait rien à dire sur cette phrase.
14:07Pourquoi ? Parce que cette phrase ramène nos concitoyens à leur couleur de peau.
14:12Et même dans ce même discours, Jean-Luc Mélenchon disait, ça leur a échappé moi-même, je ne suis pas
14:16très bronzé si on veut regarder les choses.
14:18Donc vous voyez qu'on a systématiquement, ce n'est pas que le cas de la France insoumise,
14:21mais c'est aussi le cas de la France insoumise, un antiracisme qui s'avère en réalité un racisme.
14:25Parce que ce sont eux qui passent leur temps à diviser, à ramener les uns et les autres à leur
14:29couleur de peau, à leur identité, à leur communauté.
14:32Pourquoi ? Par pur électoralisme.
14:34Et je trouve que c'est fortement dommageable et détestable qu'on en arrive là aujourd'hui en France.
14:38Oui, parce que c'est vrai qu'Almin Elbaï, on voit bien avec les déclinaisons finalement de Nouvelle-France
14:43que c'est toujours le fait de prétendre vouloir défendre une minorité contre les autres,
14:49une minorité qui doit à chaque fois aussi écraser les autres.
14:52On voit bien que Jean-Luc Mélenchon est passé finalement de vanter le fait d'avoir des origines qui se
14:57mélangent au tout blanc, tout moche.
14:59On a vu aussi ce petit glissement s'opérer.
15:01Oui, mais cette stratégie est quand même relativement habile de la part de Jean-Luc Mélenchon.
15:05Elle est habile parce que pour tous ceux qui, comme moi, ont grandi dans un quartier populaire,
15:10Jean-Luc Mélenchon a décidé finalement de jouer sur cette tension communautaire
15:16et cette crise d'identité qui peut frapper aujourd'hui les banlieues.
15:19Il y a aujourd'hui deux crises au sein des banlieues, deux.
15:22La première crise, c'est une crise migratoire que pendant très longtemps la droite et la gauche n'ont pas
15:27su nommer.
15:28Ça a été le cas ensuite après les années 2000, mais bien avant cela n'a pas été le cas.
15:33Et ce problème n'avait pas été réglé par les partis de gouvernement,
15:35de sorte qu'aujourd'hui le jeu politique et le débat politique s'est polarisé entre la France insoumise et
15:40le Rassemblement national.
15:42Et la deuxième crise, c'est la crise propre à l'identité et à l'islam.
15:47Et aujourd'hui, une bonne partie de nos compatriotes musulmans qui ne se reconnaissent nulle part,
15:53parce qu'il n'y a pas de clergé en islam, il n'y a pas de lecture politique verticale
15:57de la société française,
15:59je parlerai même d'autarcie, et bien vous avez aujourd'hui une bonne partie de nos compatriotes musulmans
16:07qui pour beaucoup sont issus de l'immigration, qui vivent avec ce double sentiment totalement explosif.
16:12D'abord un sentiment de marginalisation, où ils se considèrent totalement exclus des débats de la société,
16:18et un sentiment d'ailleurs de supériorité, de domination,
16:21avec l'idée de vivre dans une société qui a renoncé à tous ses symboles,
16:25à son patrimoine chrétien, à son histoire démocratique.
16:30Et donc Jean-Luc Mélenchon appuie sur ces boutons-là, parfois même sur ces plaies du passé,
16:34parfois sur l'histoire, pour essayer de créer un petit semblant de quelque chose
16:38qui ne tiendra pas très longtemps d'ailleurs.
16:40Oui, et puis on voit aussi, Myriam, qu'il y a toujours des degrés dans cette nouvelle France.
16:45On se rappelle du maire de Saint-Denis par exemple, qui parlait du combat contre le racisme.
16:49Pour lutter contre le racisme, il y a ceux qui en sont victimes, et ceux qui ne le sont pas.
16:53Et on voit qu'une partie aussi de la France insoumise, par exemple Manon Aubry aujourd'hui,
16:57elle ne peut pas parler de la même manière, elle ne va pas utiliser ce terme qu'on entend beaucoup,
17:01de raciser, parce qu'en l'occurrence, finalement, elle, peut-être que pour certains élus de la France insoumise,
17:05elle ne peut pas participer à ce combat, puisqu'elle-même n'est pas touchée par ce racisme.
17:09Et c'est pour ça qu'on n'y comprend plus rien.
17:11En fait, son discours est complètement flou, parce qu'une partie de ce qu'elle dit est vrai, la France
17:17a changé.
17:17Oui, ça, pour le coup, le constat, oui.
17:19Et puis, elle mélange les droits des femmes avec les minorités sociales, ethniques, on n'y comprend plus rien.
17:25Ce qui est certain, c'est que derrière ce constat et ce discours, c'est une bataille pour un nouveau
17:32récit national.
17:33Donc, c'est céder la vision universaliste de la France contre une vision identitaire et sociale.
17:39C'est même contre-productif, j'allais dire, pour les minorités.
17:43Vous parliez dans ces quartiers de minorités qui essaient d'évoluer, de s'affranchir, de s'intégrer ou de s
17:48'assimiler, peu importe.
17:50Mais qu'est-ce qu'on leur propose comme altérité ?
17:52Qu'est-ce qu'on leur propose comme modèle ?
17:54Une France qui n'est plus celle qu'on a connue, celle des valeurs universelles et égales.
17:58C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a ce qu'on appelle la discrimination positive.
18:01On le voit bien à l'école, ça ne fonctionne pas, c'est même contre-productif.
18:04On voit bien également que nos sociétés se violentisent, j'allais dire, se carcéralisent.
18:09Mais parce que finalement, avec ce type de discours où on oppose sans arrêt,
18:13où on a un discours selon le type de cible, selon l'électorat,
18:17eh bien, qu'est-ce qui se passe ?
18:18Quel est le type de vivre ensemble qu'on nous propose ?
18:21C'est l'un contre l'autre et non plus l'un avec l'autre.
18:24Je veux dire, quand on est élu comme Martine Aubry...
18:27Manon Aubry, pardon.
18:29Martine aussi, ça veut marcher, mais elle est l'un en l'occurrence.
18:30Oui, comme Manon Aubry, quoi qu'aujourd'hui, le Parti Socialiste n'est plus tout à fait sur les mêmes
18:37mondes que LFI.
18:38Comme Manon Aubry, on a ce discours-là qui devient vraiment très pernicieux pour notre société,
18:43pour nos jeunes et pour les générations à venir.
18:45Oui, parce que comme vous le disiez, effectivement, cette nouvelle France qui devient de plus en plus excluante
18:49quand on ne fait pas partie des personnes défendues par la France insoumise.
18:52On va s'interrompre une première fois dans cette émission et on reviendra en parlant des CRA,
18:58puisqu'il y a une nouvelle proposition de loi qui revient demain à l'Assemblée.
19:01Et je vois qu'Amine est ravie de ce sujet.
19:03Ça tombe bien que vous soyez là, puisque des députés veulent remettre sur la table,
19:07effectivement, le fait qu'on puisse allonger la durée de rétention dans ces centres de rétention administrative.
19:11On en parle juste après la pause.
19:13Restez avec nous.
19:18De retour avec mes invités pour la deuxième partie de 60 minutes.
19:21On s'arrête tout d'abord sur l'actualité avec Sandra Chombo.
19:25Rebonjour Sandra.
19:25Rebonjour Elodie.
19:26Rebonjour à tous.
19:28Donald Trump est revenu ce dimanche sur l'échec des négociations entre Washington et Téhéran.
19:33Sur son réseau True Social, le président américain a déclaré que les pourparlers avec l'Iran se sont bien passés.
19:40Mais Téhéran restera inflexible sur la question du nucléaire.
19:45Il a également annoncé que les Etats-Unis allaient commencer à déminer le détroit d'Hormuz
19:50et mettre en place un blocus naval de cette voie maritime stratégique.
19:56Matignon l'a promis, il n'y aura pas de passage en force sur le travail.
20:00Le 1er mai, huit syndicats ont adressé une lettre ce dimanche à Sébastien Lecornu,
20:06lui demandant de respecter la démocratie sociale et politique.
20:09Une réunion est prévue demain à 18h entre les dirigeants syndicaux et le ministre du Travail
20:16pour parvenir à une solution efficace et acceptable.
20:20De très lourdes peines ont été requises ce dimanche contre deux chefs présumés de la DZ Mafia.
20:26La prison à perpétuité a sorti d'une période de sûreté de 22 ans contre Gabriel Horry,
20:3318 ans contre Amine Wallan.
20:35Les deux hommes sont jugés à Aix-en-Provence pour un double assassinat
20:40commis avant la création de ce groupe criminel marseillais.
20:46Les Français sont toujours inquiets face à la hausse des prix des carburants
20:50provoqués par la guerre au Moyen-Orient.
20:52Le gouvernement exige une baisse des prix à la pompe dès demain.
20:56Un décret est d'ailleurs prêt pour contraindre les fournisseurs à revoir leurs primes.
21:01Mais qu'en pensent les automobilistes ?
21:03Écoutez.
21:04Si la guerre reprend, oui forcément, comme beaucoup de gens,
21:08je pense qu'il risque d'y avoir une hausse du prix du carburant.
21:13Donc là, oui, il y a quand même une crainte, même si moi je ne suis pas un grand rouleur.
21:17Ce n'est pas tellement une hausse des prix des carburants qui me préoccupe.
21:20C'est plutôt la question de savoir si l'Iran aura une bombe nucléaire un jour ou pas.
21:26C'est l'enjeu à long terme.
21:28Quelques centimes de carburant en plus ou en moins, ça ne me paraît pas grand-chose par rapport à la
21:32paix dans le monde.
21:33Je n'en crains pas plus de hausse du prix du carburant parce que de toute façon, on a déjà
21:37pris des éléments de hausse aujourd'hui.
21:39Non, je ne crains pas par rapport à l'échec des négociations.
21:42Parce qu'avant, même les négociations, les barils baissaient et on n'a pas vu l'essence baisser.
21:46Donc je ne vois pas ce que ça va changer pour l'instant.
21:50Seul l'avenir nous le dira.
21:58Pour désenclaver les territoires ruraux, la région Centre-Val-de-Loire a mis en place un système d'autopartage des
22:05véhicules électriques disponibles à tout moment.
22:08Une alternative écologique, mais surtout économique à l'heure où les prix des carburants s'envolent.
22:14Sarah Varny.
22:16En zone rurale, un dispositif d'autopartage un peu particulier a été mis en place.
22:21Des voitures électriques en libre-service que les habitants peuvent louer à l'heure ou pour plusieurs jours.
22:27Avec la hausse des prix des carburants, ce service propose une alternative économique.
22:32Il me semble que la demi-journée ici avec Rémi, l'autopartage, ça doit être 7 euros la demi-journée,
22:38la journée entière 14 euros.
22:39Donc je pense sincèrement que vu le prix de l'essence qui doit être à 2,30 euros, pas très
22:44loin,
22:44je pense que je vais m'y retrouver forcément.
22:46Et ça ne pollue pas. L'option éco-conduite aussi, c'est top.
22:51Une offre volontairement accessible dans un territoire rural où l'utilisation d'une voiture au quotidien est indispensable.
22:58Nous en ruralité, on a beaucoup de familles qui ne possèdent soit pas de véhicule, soit qu'un seul véhicule.
23:03Donc ça permet aux deuxièmes membres de la famille de pouvoir se déplacer comme il le veut.
23:08Un outil de mobilité est important dans les territoires ruraux de la région Centre-Val-de-Loire, qui compte déjà
23:13quelques 1100 utilisateurs.
23:16160 voitures électriques doivent être mises en circulation d'ici fin 2027.
23:22Et puis un mot des législatives en Hongrie, avec la participation record de 54,14% à la mi-journée,
23:30selon les chiffres officiels.
23:31Les 7,5 millions d'électeurs sont attendus dans les urnes ce dimanche.
23:35Ils ont le choix entre cinq parties dans un système électoral majoritaire mixte,
23:40très favorable aux Fides, coalition du Premier ministre au pouvoir depuis 16 ans,
23:45et qui brigue un cinquième mandat consécutif.
23:48Merci à vous, Sandra Tiombo, pour tout le journal.
23:52On va parler maintenant de la censure de ce qu'on avait appelé la loi Philippine par le Conseil constitutionnel.
23:58Cette censure qui concernait la durée de rétention dans les centres de rétention administrative.
24:03Le député Ensemble pour la République, Charles Rodouel, a décidé de relancer une initiative pour tenter de parvenir à ses
24:11fins.
24:11On regarde justement aussi le comparatif avec nos voisins européens, avec Corentin Alonso.
24:1720% ! Voici selon Eurostat le taux d'exécution des ordres d'expulsion des migrants en situation irrégulière dans
24:24l'Union européenne.
24:25Au dernier trimestre 2025, l'Allemagne est en haut du classement.
24:29Sur 10 720 ordres d'expulsion, 7690 ont été exécutés, soit près de 72%, bien loin devant la France,
24:39qui en a, elle, exécuté moins de 12%.
24:42Pour tenter d'augmenter ces chiffres, les députés européens ont voté le 26 mars un nouveau règlement
24:48qui approuve le principe de hub-retour dans des pays situés hors de l'UE.
24:52Une idée déjà testée et défendue par Giorgia Meloni.
24:56Elle avait en 2024 passé un accord avec le gouvernement albanais.
25:01Mais en août dernier, la Cour de justice de l'Union européenne avait invalidé la base juridique de l'accord.
25:07Si ce nouveau règlement voté aboutit à Bruxelles, les Européens pourront aussi allonger la période de rétention
25:15en attendant l'expulsion à 24 mois, contre 18 auparavant depuis la directive retour de 2008.
25:22De son côté, le voisin britannique avait également passé un accord semblable avec le Rwanda en 2022.
25:28Accord annulé en 2024 par le Premier ministre Kerstarmer.
25:33Kigali a depuis attaqué Londres en justice pour demander des réparations financières.
25:39Alors Amine Elbaï, effectivement, là on parle d'une initiative d'un député qui ne va pas lui-même aller
25:44gérer les laissés-passés consulaires.
25:45Mais ce qu'on se disait avant d'écouter ce reportage, c'est que malheureusement, si on arrive à allonger
25:51à 210 jours, très bien.
25:52Mais qu'est-ce qu'il adviendra de ces personnes au bout de 210 jours ?
25:56En principe, elles seront effectivement libérées.
25:59Et tout l'enjeu aujourd'hui, c'est évidemment d'allonger la durée légale de rétention.
26:04Parce que la France doit aujourd'hui envoyer un message, un message aux pays étrangers, bien sûr, mais aussi aux
26:11clandestins.
26:12Parce qu'aujourd'hui, il est temps de dire aux clandestins qui ne respectent pas les lois de la République
26:16que la France, c'est d'abord et avant tout un pays qui se respecte.
26:19Et donc, effectivement, oui c'est vrai, l'allongement de la durée légale de rétention,
26:24en passant de 92 jours à plus de 6 mois, pour les étrangers qui représentent une menace grave pour l
26:31'ordre public.
26:31Oui, là on est sur les blagues, c'est plus grave, c'est quelques dizaines de cas par an, nous
26:33disait Charles Rodouel.
26:34Alors, c'est surtout 10% des OQTF.
26:37Il y a plus de 140 000 OQTF qui sont délivrés chaque année.
26:4010% ça fait plus de 10 000 qui représentent une menace d'une particulière gravité pour l'ordre public.
26:49Et donc, ce sont eux aujourd'hui qui doivent aller en priorité dans les centres de rétention administratifs.
26:53Il n'est absolument pas question de faire un amalgame entre une personne qui travaille et qui n'a pas
26:59eu son titre de séjour renouvelé
27:01avec une personne qui représente une menace pour l'ordre public.
27:04Mais c'est la première étape.
27:05Cette étape-là, elle est essentielle aujourd'hui.
27:08La France doit faire passer un message à l'ensemble de ses clandestins et l'ensemble de ses pays
27:14qui ne la respectaient pas pendant trop longtemps.
27:16Pendant trop longtemps, les pays étrangers riaient étonnés de la France
27:19parce que la durée légale de rétention était beaucoup trop faible.
27:22Oui, mais effectivement, j'entends ce que vous dites, Amine.
27:24Mais d'un autre côté, Myriam Djabali-Larak, on peut aussi se dire
27:27on enverra un message aux clandestins.
27:29Au lieu de 90 jours, vous risquez évidemment pour les cas les plus dangereux, les délinquants,
27:34de rester 210 jours.
27:35Mais on enverra un autre message.
27:36Au bout de 210 jours, de toute façon, vous pourrez ressortir.
27:40Donc le message de fermeté, il va très vite se heurter à la réalité aussi.
27:44C'est ça, c'est le principe de pragmatisme en fait.
27:46J'ai l'impression que c'est juste un pansement, excusez-moi, sur une jambe de bois
27:49ou j'allais dire sur une nécrose parce que c'est un vrai problème.
27:52La question, c'est en fait finalement la politique migratoire que la France veut mettre en place.
27:57Comment on explique sur le reportage, vous disiez, près de plus de 70% de reconduite et de réussite pour
28:03l'Allemagne ?
28:0412% ?
28:05Des pays avec lesquels on peut se comparer, qui ne sont pas loin de nous, qui ont les mêmes législations
28:08?
28:08Bien sûr, 12% sur la France, c'est bien l'échec, un, de notre politique migratoire
28:12et deux, de nos accords bilatéral ou multilatéral si on fait rentrer la France
28:17avec les pays qui est mauvaise.
28:20Parce que finalement, je veux bien, on peut ajouter à 210, à 240, 250, même un an.
28:24Alors d'abord, il y a le coût qui se pose et puis il y a ensuite...
28:27La constitutionnalité aussi.
28:29Oui, et qu'est-ce qu'on va...
28:29Alors la constitution, ça se change, mais il est vrai que quand on a par exemple
28:34des individus dangereux pour le coût, il vaut mieux les garder plutôt que les laisser
28:37parce qu'une vie n'a pas de prix.
28:39Mais quand on a, il faut vraiment faire une différenciation entre ceux qui sont dans l'écras.
28:42Je ne sais pas l'existence d'écras, c'est vraiment leur efficacité et leur coût qu'il faut repenser
28:48et expliquer.
28:48Et moi, ce chiffre me terrorise et puis me donne...
28:53Est-ce que la France est à ce point...
28:55Qu'est-ce qui nous manque en fait pour avoir ce chiffre que l'Allemagne a 70% ?
28:59Parce que ça pèse au niveau de la sécurité et au niveau de nos finances.
29:01Et c'est vrai que, Léonard, les comparaisons avec d'autres pays comme l'Allemagne sont intéressantes
29:06parce qu'on voit deux choses.
29:07Premièrement, que la France n'est pas au niveau.
29:09Je ne suis pas sûre que ce soit vraiment un scoop en ce qui concerne ce sujet.
29:12Mais deuxièmement, on a parfois nous aussi des dirigeants qui nous disent
29:15« Attendez, on est lié avec l'Europe, attention, on ne peut pas faire ce qu'on veut ».
29:18Si l'Allemagne y arrive, sauf si quelque chose m'a échappé,
29:22il me semble que l'Allemagne est liée par les mêmes traités, par les mêmes règles que nous.
29:26Pourtant, ils y parviennent.
29:27Je suis complètement d'accord.
29:28Les chiffres que vous avez montrés montrent à quel point la France est en dessous
29:32de ses voisins européens en matière de lutte contre l'immigration illégale.
29:35S'agissant de la mesure portée par Charles Rodwell, je crois que c'est une mesure de bon sens.
29:40Il faudra surveiller ça de près parce que, comme vous l'avez dit,
29:42le Conseil constitutionnel avait déjà censuré une disposition assez proche au mois d'août 2025.
29:48Là, elle est différente.
29:49Ils ont visiblement corrigé un certain nombre des remarques
29:52qui avaient été formulées par le Conseil constitutionnel.
29:54D'ailleurs, le Conseil d'État, pour avis, a même donné son accord
29:57sur la version qui a été adoptée par la Commission des lois.
29:59Donc, c'est plutôt un signe encourageant.
30:01Ensuite, je rejoins ce qui a été dit.
30:03Bien sûr que ce n'est pas une solution pérenne.
30:05Ça va viser une vingtaine de personnes.
30:07Mais le sujet, c'est le sujet de l'éloignement.
30:09C'est-à-dire, comment est-ce qu'on arrive à éloigner davantage de personnes ?
30:13Il y a quand même une grande majorité des obligations de quitter le territoire français
30:16qui ne sont toujours pas exécutées.
30:18Donc, même s'il y a eu des évolutions,
30:21on essaye de regarder sur la diplomatie,
30:23la question des relations bilatérales, etc.
30:25Mais aujourd'hui, on n'est pas bon pour éloigner davantage de personnes
30:29dans une situation irrégulière.
30:30Et ce n'est pas la rétention administrative qui est la solution pérenne.
30:32La solution, c'est l'éloignement.
30:34Je vais vous faire réagir Amine, mais je voudrais juste qu'on écoute justement Charles Rodouel
30:37qui était l'invité de CNews tout à l'heure
30:39et qui justifiait pour que ce ne soit pas de nouveau retoqué
30:42à quel point il y a des critères très précis sur les personnes
30:45qui subiraient cet allongement de durée de rétention.
30:49On écoute Charles Rodouel.
30:51Jamais nous ne renoncerons à renforcer et à assurer la sécurité des Français,
30:56notamment en allongeant, comme vous l'avez dit,
30:58la durée de rétention administrative,
31:01donc la durée d'enfermement en CRA,
31:03en centre de rétention administrative,
31:05de criminels et délinquants étrangers
31:06qui ont commis des actes extrêmement graves
31:09avant leur expulsion.
31:11On parla quand même de gens qui ont été rendus coupables
31:14pour des faits de terrorisme, de séquestration aggravée,
31:18de torture, d'enlèvement, de viol.
31:21Ce sont ces gens-là que nous voulons garder en rétention
31:25avant qu'ils soient expulsés.
31:27Les précisions données par le député Amine sont intéressantes
31:30parce qu'on voit bien à quel point ça va concerner
31:32peu de personnes et des personnes extrêmement dangereuses.
31:35Et on est encore pour autant en train de tergiverser,
31:38à se demander si à l'Assemblée, il y aura assez de monde
31:41pour voter cette partie-là du texte,
31:43pour savoir si le Conseil constitutionnel pourrait retoquer.
31:46On parle parfois d'assassins, de gens qui ont procédé à de la torture.
31:49Je trouve que le député explique mal son texte
31:51puisque pour les terroristes, ça existe déjà.
31:53On peut aller jusqu'à 210 jours.
31:54C'est pour ça qu'il faut élargir à d'autres.
31:55Il faut élargir effectivement en procédant une distinction
31:58entre deux menaces que les services des préfectures savent faire,
32:01la menace grave à l'ordre public et la menace simple.
32:04La menace simple, c'est effectivement une mention au casier.
32:07La menace grave, c'est quand vous avez un individu
32:09qui arrive pour la 20e fois, pour la 20e œuvre
32:11et qui n'est jamais punie et jamais expulsée
32:14avec ce sentiment finalement de dépossession
32:16que peuvent avoir les Français en considérant
32:17que leurs lois ne valent plus rien.
32:19Mais il y a une chose très importante sur laquelle
32:21moi je voulais rebondir, en particulier la réaction de Myriam.
32:25C'est que pourquoi le taux d'éloignement est élevé en Allemagne ?
32:28Parce que là-bas en Allemagne, le haut d'OQTF veut dire
32:31obligation et pas invitation.
32:33Comme dit Jean-Pierre, c'est une invitation à acquitter le territoire
32:35si vous le voulez bien.
32:35Si notre droit est fort, si notre droit est capable de dire
32:39l'allongement de la durée légale de rétention
32:41désormais c'est plus 3 mois, mais c'est 6 mois
32:43voire plus de 210 jours par an
32:45et bien vous allez créer un système incitatif
32:48où l'étranger lui-même va lui-même
32:50opter pour le départ volontaire
32:52et c'est le cas en Allemagne
32:53plutôt que l'expulsion forcée qui coûte énormément d'argent
32:55à la France.
32:56De toute façon on n'y arrive pas.
32:57Mais on n'y arrive pas, j'ai même envie de vous dire une chose
32:59vous avez aujourd'hui beaucoup d'étrangers
33:01qui n'optent pas par exemple
33:02pour l'aide au retour volontaire.
33:05Vous savez qu'aujourd'hui on peut donner une enveloppe
33:07à ces étrangers parce qu'on considère
33:09que leur donner 2000 euros
33:10ça coûtera toujours moins cher
33:11qu'une expulsion forcée
33:13où il faut payer le billet d'avion des deux policiers
33:14plus de l'étranger
33:15on a plus de 15 000 euros par expulsion.
33:18Donc vous voyez, on peut faire des économies
33:19on peut aujourd'hui mettre en oeuvre une politique qui marche
33:22et pour cela, il faut effectivement s'en donner les moyens.
33:25Il faut s'en donner les moyens
33:26on verra en un mot pour terminer.
33:27Vous pensez que laisser plus longtemps tout frapper
33:29dans un hôtel, ça va lui dire
33:31je préfère rentrer chez moi.
33:32Est-ce que ces 100 jours feront toute la différence
33:35et quelques un peu plus de 100 jours ?
33:36Effectivement, on verra.
33:37Une première réponse
33:38c'est la sécurité des Français n'a pas de prix.
33:39Écoutez, on va rester sur cette note optimiste
33:42de la part d'Amin Elbeil.
33:44On arrive au terme de ce 60 minutes info.
33:46Tout de suite, vous retrouvez Olivier Decair en Flac
33:49et ses invités pour l'heure inter.
33:51Bonne fin de journée sur CNews.
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