- il y a 8 heures
Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00On va parler de la Chine à présent. On va se poser cette question. En ce 43ème jour de guerre,
00:05à quoi joue la Chine ?
00:06Et si la Chine aidait militairement l'Iran bien plus qu'on le pense ?
00:10C'est une information de nos confrères de CNN qui cite des sources proches des services de renseignement.
00:14On en parlait avec vous, Ulysse Gosset, il y a quelques minutes, qui affirme que la Chine envisage de livrer
00:18à l'Iran de nouveaux systèmes de défense aérienne.
00:20On parle des manpads dans les prochaines semaines.
00:24Merci d'être avec nous, Pierre-Henri Chouet. Pas mal de questions à vous poser ce soir sur le réarmement,
00:29à la fois du côté iranien, mais aussi du côté américain.
00:32Avant qu'on parle de ce rôle de la Chine et de la réponse de Donald Trump ce soir, de
00:35quoi parle-t-on ?
00:36Ces manpads, on dit que c'est des missiles anti-aériens portables, portés à l'époque, notamment aussi à l
00:42'épaule, pardon, et à l'époque de la guerre en Ukraine aussi.
00:45Depuis la guerre en Ukraine, on les a vus pas mal ?
00:47Oui, tout à fait. En fait, pour bien comprendre la défense aérienne, vous avez trois grandes catégories de missiles.
00:53Vous avez ce qui se porte au-dessus de l'épaule, ce qui fait environ une dizaine de kilos, et
00:57qui va pouvoir aller chercher un avion de manière passive jusqu'à 3-4 000 mètres d'altitude.
01:02Le gros danger, c'est qu'en tant que pilote, on n'a pas vraiment de préavis, mais il en
01:06faut beaucoup sur le territoire pour que ce soit une menace.
01:09Après, vous avez dix fois plus gros, si je puis dire, avec des systèmes qui vont être sur chenilles, qui
01:13vont faire de la défense de points.
01:15Et ensuite, vous avez de la défense de zones qui ont plutôt tendance à tirer des missiles d'une tonne.
01:19Et après, la campagne aérienne qu'on a vue ces derniers temps, en fait, des gros missiles, ils ont besoin
01:24de radars.
01:25Les radars, ils sont détectables, ils ont été détruits.
01:28La défense de points, elle doit généralement émettre, mais surtout, elle est plus facilement repérable.
01:33Et tout ce qui est au-dessus de l'épaule, c'est beaucoup plus difficile à trouver.
01:37C'est même incapable, c'est impossible à éradiquer.
01:41Et donc, du coup, c'est le gros danger.
01:43Et c'est ce qui peut empêcher les Américains de descendre à basse altitude.
01:45Donc, ça serait logique pour aider de livrer ce type de matériel.
01:49Alors, justement, vous le disiez, ces missiles anti-aériens portables constituent, depuis le début de cette guerre,
01:54une menace pour les avions militaires qui volent précisément à basse altitude.
01:58L'Iran avait d'ailleurs affirmé avoir utilisé un nouveau système de défense aérienne pour abattre, la semaine dernière, le
02:04fameux F-15.
02:05Se peut-il que ce missile ait une appartenance chinoise ?
02:11Alors, on peut supposer beaucoup de choses.
02:13Par contre, ce qui est sûr, c'est que c'est extrêmement difficile de savoir ce qui vous touche.
02:16D'ailleurs, quand on voit les déclarations, initialement, vous êtes président Trump qui a dit que c'était un missile
02:20infrarouge qui avait touché un des moteurs.
02:23Deux jours après, le général Kane avait clairement dit qu'on n'avait pas d'informations précises sur ce qui
02:28avait touché et amené le F-15 à aller au tard.
02:31Par contre, ce n'est pas le seul avion qui a été touché.
02:34On sait qu'il y a du A-10.
02:35On a vu des images avec un F-18 à basse altitude qui a été ciblé, un F-35 qui
02:40aurait également été touché.
02:41C'est quasi impossible de savoir, sauf pour ceux qui ont pu revenir.
02:45Peut-être qu'il y a des morceaux et l'enquête permettra d'y voir plus clair.
02:48Mais il ne faut pas oublier que, traditionnellement, les Iraniens ont déjà beaucoup de systèmes,
02:52que les Russes avaient également annoncé une forte vente avec plusieurs milliers de systèmes qui devaient être livrés.
02:57Et donc, on doit se retrouver avec un théâtre, je vous rappelle que c'est très grand en Iran,
03:01avec une hétéroclité extrêmement forte.
03:03Et je pense que les Iraniens prennent un petit peu ce qu'ils ont en fonction de la menace.
03:07Alors, restez avec nous, Pierre-Henri Chouet, parce qu'on va parler d'un drone, une sorte d'alternative au
03:11Shahed.
03:11Mais côté américain, le Lucas, si vous pouviez rester avec nous, ça serait super.
03:15Serge Chollet, est-ce que cette information vous semble plausible ?
03:17On a entendu ce qu'a dit Donald Trump.
03:18Les manpads ?
03:19Le fait que la Chine va aider dans les prochaines semaines et va fournir des manpads aux Iraniens.
03:24Et on a entendu Trump en disant que si la Chine fait ça, ils vont avoir de très gros problèmes.
03:28Est-ce que cette Chine, qui a dit qu'elle était favorable, qu'elle contribuait à la conclusion de l
03:32'accord de cesser le feu,
03:33elle joue un double jeu ?
03:34Un double jeu ? Je ne sais pas si c'est un double jeu.
03:37La Chine a toujours soutenu l'Iran.
03:40On ne peut pas parler d'alliés, mais en tout cas, il y a un appui.
03:42Oui, mais elle ne dit pas ouvertement qu'il y a du transfert de matériel.
03:45Elle ne peut pas le dire non plus.
03:47Non, elle ne pourra peut-être pas le dire.
03:48Mais l'avantage de ce type de missiles très court porté, c'est que justement, c'est tout petit.
03:55Ça se transporte dans des petits coténaires et qui peuvent passer très largement inaperçus.
04:01Contrairement à des grands systèmes tels qu'ils en avaient de la part des Russes et probablement aussi des Chinois,
04:06et qui ont été mentionnés, ces systèmes avec radar, et donc qui sont indiscrets et qui peuvent faire l'objet
04:11de frappes.
04:13La Chine, de toute évidence, est un livreur, un fournisseur d'armement de l'Iran depuis de nombreuses années.
04:21La menace, la principale menace anti-navirs est d'origine chinoise.
04:25Alors, elle a été iranisée sous le nom de Nour, mais à l'origine, ce sont des missiles C-802
04:31chinois.
04:34Des radars, mais ceux-là ont été vraisemblablement détruits.
04:37Des missiles anti-aériens longue portée, vraisemblablement aussi tous détruits, sont aussi souvent d'origine chinoise.
04:45Donc la Chine livre, mais encore une fois, on ne peut pas parler de double jeu.
04:49C'est encore une fois un commerce qui remonte à des décennies.
04:53Et l'essentiel de l'armement iranien, il est d'origine russe, d'origine chinoise, ou par des moyens propres
05:02à l'Iran, ont été iranisés.
05:05Voilà, donc il n'y a pas de double jeu.
05:08On parle aussi de la fourniture de renseignements par les Russes ou par les Chinois, notamment du renseignement d'origine
05:15spatiale.
05:17Les Chinois ont la gamme complète.
05:19Oui, donc c'est un secret de Polychinelle.
05:20C'est un secret de Polychinelle, d'autant plus qu'il peut y avoir une livraison à travers des entreprises
05:27privées ou pseudo-privées chinoises.
05:30On a parlé de Mizar, je ne sais plus laquelle, qui est en fait l'équivalent d'Airbus Playade
05:36et qui commercialise des images de très grande qualité depuis l'espace.
05:40Mais il y a aussi les satellites étatiques chinois dont les images peuvent très bien être fournies et exploitées par
05:49les Iraniens.
05:50Très vite, Ulisse.
05:50Oui, alors ce qui est très important, c'est que ces révélations interviennent à la veille d'un sommet à
05:56Pékin de Trump avec Xi Jinping.
05:58Et la deuxième chose, c'est que sur le plan militaire, on se souvient que lorsque l'URSS a envahi
06:04l'Afghanistan,
06:05les Américains ont eux-mêmes livré des missiles solaires portables aux Moudjahidines.
06:11Les Stingers, qui ont permis de détruire de très nombreux hélicoptères et avions soviétiques et ça a changé le cours
06:18de la guerre.
06:45Tout à fait.
06:48C'est vrai que la Chine fournit des composants électroniques, etc.
06:51Et que la Russie a des accords de défense avec l'Iran qui permettent à l'Iran d'avoir des
06:56armes...
06:57Et ce soir, Donald Trump a mis en garde la Chine, ils vont avoir de gros problèmes, a dit le
07:00président américain.
07:01Mais néanmoins, ces missiles, j'allais dire, dès lors qu'on a la supériorité aérienne et qu'on vole au
07:07-dessus de 10 000, 20 000 pieds,
07:09c'est-à-dire 3 000, 4 000 mètres, ils sont inutilisables.
07:12Oui, c'est uniquement en passage d'utile, c'est ce qu'on nous sait.
07:14C'est uniquement lorsqu'on veut faire des missions comme la récupération du pilote américain.
07:18Mais notamment s'il y avait opération de troupes au sol avec les avions A-10 et les hélicoptères, ça
07:21pourrait être extrêmement dangereux.
07:23Pierre-Henri Chuet, vous êtes toujours avec nous.
07:24Dans cette guerre, on vous parle souvent des drones Shahed utilisés par les Iraniens et de leurs effets dévastateurs.
07:29On parle peut-être un peu moins de leur équivalent américain.
07:32J'aimerais qu'on en parle ce soir, les drones Lucas, dont vous allez peut-être voir les images à
07:37l'écran.
07:37Les drones Lucas, armes dont on nous dit qu'elle est devenue, voilà, ils sont là, ces drones Lucas, indispensables.
07:43Avant de vous interroger, Pierre-Henri Chuet, sur cet engin, écoutons ce qu'en disait en conférence de presse Brad
07:48Cooper, le plus haut gradé du Sencom.
07:50Écoutez.
07:56Comme beaucoup d'entre vous le savent, Lucas est indispensable.
07:58Et si vous ne le saviez pas, il s'agissait d'un drone de conception iranienne.
08:02On l'a capturé, on l'a vidé de ses composants et on l'a renvoyé aux Etats-Unis en
08:06y ajoutant une petite touche « Made in America ».
08:08On l'a ramené ici et maintenant, on tire sur les Iraniens. De très bonnes cibles.
08:13Pierre-Henri Chuet, dites-nous tout. Pourquoi a-t-il été baptisé Lucas et comment a-t-il vu le
08:17jour ?
08:17Est-ce que c'est récent et est-ce vraiment un calque du drone Shahed ?
08:22Alors ce qu'il faut savoir, c'est que Redpoint Engineering, ça s'est toujours fait.
08:25Si vous prenez les missiles RR, le tout premier missile RR soviétique, c'est la copie conforme d'un missile
08:31américain qui avait tapé un avion chinois.
08:34Mais le Lucas, c'est pour Low Coast Uncrued Combat Attaque System.
08:39Donc en fait, c'est un système d'attaque où il n'y a personne à bord qui ne coûte
08:42pas cher.
08:43Et ce que ça vient apporter aux décideurs américains, en fait, c'est une capacité de frappe qui est très
08:50peu onéreuse et qui va permettre de saturer les défenses adverses.
08:53Donc on a déjà vu son emploi face au Venezuela.
08:56Et d'un point de vue vraiment tactique, le grand avantage, c'est que ça va vous permettre de saturer
09:01des défenses adverses,
09:02d'envoyer une multitude de plots qui vont quand même essayer d'aller vers leurs cibles,
09:07même si, et c'est important de le bien expliquer, on est avec des charges militaires extrêmement légères,
09:13de l'ordre de 18 kg pour le Lucas, plus légères que les Shahid 136.
09:17Donc on a un petit effet militaire, mais le grand avantage, c'est cette saturation et cette capacité à frapper,
09:24à bas coût en fait,
09:25un adversaire sur une cible qui est très peu durcie.
09:28Là où pendant des années, en fait, en Occident, on a développé des missiles de croisière,
09:32on a développé beaucoup d'armements avec une grosse capacité de pénétration, avec une grosse charge militaire.
09:37Et même des fois, on tirait en tant que pilote des bombes de 250 kg sur des mobilettes.
09:42On a eu cette problématique-là et on voit ce virage depuis quelques années pour aller vers du plus léger,
09:47vers du plus rapide.
09:48C'est triste à dire, mais du consommable et du saturable, même si ce n'est pas nouveau en soi.
09:52Il faut savoir que ce type d'arme de saturation, ça a existé avant, on appelle ça les ADM, les
09:58MALD.
09:59C'était utilisé de manière très spécifique contre les défenses aériennes.
10:02Mais là, on découvre un petit peu, d'un point de vue industriel, de nouveaux modes opératoires
10:07qui avant étaient vraiment à la marge et assez peu démocratisés.
10:09Donc le L de Lucas, je rappelle, c'est pour low cost.
10:12Low cost, on a vu 35 000 dollars, c'est un peu moins de 30 000 euros.
10:16Je comprends qu'on en envoie plusieurs à la fois, ces drones kamikazes, pour saturer.
10:20À ce tarif-là, on peut quasiment les fabriquer de manière illimitée en général.
10:25Totalement. Et c'est tout l'atout des Iraniens actuellement.
10:29Ils sont sans doute arrivés aux limites de leur production, de leur stock de missiles et de flux de missiles.
10:36Puisque ça, c'est une technologie qui demande quand même des installations industrielles de grande taille
10:42et qui ont sans doute été détruites par les Américains et les Israéliens.
10:47En revanche, ces drones, il y a une capacité de dissémination des moyens de production.
10:52Et les Iraniens, à mon avis, pourront continuer en flux à produire ce type de drones.
10:58Je rajouterai, pour compléter le propos, c'est que tout ça, à l'origine, c'est Israéliens.
11:03On appelait ça les drones ARPI, qui dans les années 80 ont saturé les défenses solaires syriennes.
11:10Il y a de nombreux pays qui ont complètement oublié la chose.
11:12Les Israéliens n'ont pas cessé d'améliorer la chose.
11:15Les Iraniens, ensuite, ont effectivement produit ce genre d'armes.
11:20Et moi, une de mes dernières missions, quand j'étais encore militaire, c'était en Arabie Saoudite
11:25pour aller voir les résultats des attaques iraniennes sur les installations d'Aramco
11:31par missiles de croisière et par drone.
11:34Et c'est là qu'on avait découvert le Shahed.
11:36Les Américains, avec les Saoudiens, avaient tout récupéré.
11:39Et ils ont développé, à partir de tous ces systèmes récupérés en Arabie Saoudite,
11:44ils ont récupéré et ont fait la copie, la copie américaine.
11:48L'idée, c'est des munitions pas chères pour saturer les défenses adverses.
11:52Pierre-Henri Chouet, avant que vous nous quittiez,
11:54il y a l'ancien secrétaire adjoint à la Défense des États-Unis, Michael Searowitz,
11:58qui dit que c'est l'arme la plus utilisée aujourd'hui par l'armée américaine en Iran.
12:02Est-ce que c'est vrai ?
12:03Et est-ce que, deux choses, est-ce que le lucas est précis ?
12:06Est-ce qu'il est facile à abattre ?
12:08Alors, est-ce que c'est vrai ?
12:09Pour tout dire, je ne suis pas dans le secret, je ne vais pas pouvoir vous le dire.
12:12Ah, dommage.
12:13Maintenant, ce qui est sûr, c'est qu'effectivement, comme le disait le général,
12:16c'est une arme qui ne coûte pas cher.
12:17À partir de là, ce qui est sûr, c'est que d'un point de vue targeting,
12:20d'un point de vue choix des cibles,
12:22tout ce qui est cible enterrée ou très défendue,
12:24ce n'est pas quelque chose à traiter avec le lucas.
12:27Tout ce qui va plutôt être de surface ou des petits véhicules qui ne bougent pas
12:30ou des concentrations à l'extérieur,
12:33ou même des petits bateaux.
12:34Vous parliez tout à l'heure de la guerre des mines.
12:36Ça, on peut envoyer des lucas dessus.
12:38Et d'un point de vue rapport qualité-prix,
12:40plutôt effet militaire-prix, c'est quelque chose d'extrêmement utile.
12:44L'autre avantage, c'est que vous ne prenez aucun risque.
12:47On parlait tout à l'heure de la suprématie aérienne dans l'espace iranien.
12:51Il ne faut quand même pas oublier que, d'après certaines sources américaines,
12:54il y a 25 drones américains, des Reapers, des gros drones,
12:57qui ont été détruits.
12:58Donc, il y a quand même un risque dans certaines zones de l'Iran,
13:01non négligeable.
13:02Et pour le décideur américain, envoyer dans certaines zones le lucas
13:07plutôt que d'envoyer une patrouille d'aviation de chasse,
13:09c'est également jouer avec la prise de risque.
13:11Et on a vu, le public américain n'est pas prêt à voir un pilote américain
13:16tomber entre les mains iraniennes.
13:18Donc, c'est aussi une option supplémentaire à faible coût pour le décideur
13:22pour aller toucher certaines zones où peut-être qu'on estime
13:25que la prise de risque ne mérite pas d'envoyer des équipages.
13:28Merci, Pierre-Henri Chuet.
13:30C'est toujours passionnant de vous entendre décrypter ces armes de guerre.
13:34On va revenir, si vous le voulez bien, sur ce qui restera probablement
13:37comme l'un des épisodes marquants de cette guerre,
13:40cet avion de chasse américain abattu par les Iraniens la semaine dernière.
13:43On en parlait il y a quelques minutes.
13:44Et cette course contre la montre pour tenter de retrouver le pilote perdu.
13:48Oui, avec ces questions, aurait-il été retrouvé grâce à une technologie innovante et secrète ?
13:52Je vous vois sourire, on va en reparler ensemble.
13:54Capable d'entendre un battement de cœur à plusieurs dizaines de kilomètres.
13:58C'est en tout cas ce qu'a laissé entendre Donald Trump cette semaine.
14:01Voyez ce reportage de Maëlle Janton et Simon Therassi.
14:07Dans sa course contre la montre pour retrouver son aviateur isolé au cœur des montagnes iraniennes,
14:13l'armée américaine aurait-elle eu recours la semaine dernière à une technologie inédite ?
14:19C'est ce que Donald Trump a laissé sous-entendre lundi dernier en conférence de presse face au directeur de
14:25la CIA.
14:48Le directeur de la CIA n'en dira pas plus.
14:50Mais dès le lendemain, ce dispositif ultra-futuriste est révélé dans la presse.
14:58Modélisé sur ces images générées par l'intelligence artificielle,
15:03un système embarqué sur les hélicoptères américains permettrait de détecter les battements du cœur humain
15:09et ceux à plus de 60 kilomètres de distance.
15:13Un signal qui serait ensuite analysé par intelligence artificielle pour l'isoler des autres bruits.
15:22Une méthode révolutionnaire qui aurait permis de localiser précisément l'aviateur selon le président américain.
15:30C'était très important, personne n'en avait jamais entendu parler.
15:33Nous possédons beaucoup d'autres choses dont personne n'a jamais entendu parler.
15:37Nous avons des équipements comme personne n'en a jamais imaginé.
15:43L'aviateur, surnommé Duke-44 Bravo, se trouvait affaibli et retranché dans une crevasse.
15:51Une zone désertique et donc très peu d'interférences,
15:54voilà ce qui aurait permis à la CIA de tester pour la toute première fois ce dispositif.
15:59Son nom, Ghost Murmure, le murmure fantôme.
16:23Une fois la localisation du militaire connu,
16:27Donald Trump ordonne alors le déclenchement d'une opération de sauvetage de grande ampleur.
16:33Le murmure fantôme a-t-il joué un rôle si déterminant que le président américain le laisse entendre ?
16:38S'agit-il de vanter l'arsenal de guerre américain ?
16:41Une seule certitude, malgré un cessez-le-feu fragile, la guerre de communication, elle, ne faiblit pas.
16:50Général Cholet, un mot sur cette technologie inédite
16:53qui, rien qu'avec les battements de cœur à 60 km, on peut localiser un pilote.
16:57C'est une prouesse, c'est votre avis ?
17:01Alors, on va faire appel à mes cinq dernières années,
17:04quand j'étais chez l'opérateur de satellite français, Eutelsat.
17:09J'allais dire, le filtre de fréquence très précise,
17:15c'est du traitement du signal.
17:20Et on doit savoir, puisqu'on a 50-60 battements de cœur par minute,
17:26on peut très bien définir que 1 Hertz va être la fréquence qu'on va chercher dans le bruit
17:33et on va éliminer tout le reste.
17:35Je suppose que vous avez tous des casques qui permettent, dans le train ou dans l'avion,
17:38d'écouter la musique sans le bruit.
17:40Le casque anti-bruit.
17:41Le casque anti-bruit.
17:43Il y a des filtres passe-bandes, on écarte, on enlève toutes les autres bandes
17:47et on se concentre sur la bande que l'on cherche.
17:50Nous, dans les satellites, les télécoms, militaires ou civils,
17:55on pratique ça normalement.
17:57Ce qui est difficile et ce qui est particulier là,
17:59c'est qu'on va chercher une bande de fréquence à 1 Hertz.
18:03Il suffit que dans une zone de population dense ou pas dense,
18:07des battements de cœur, il y en aura partout.
18:09Alors, moi, ce qui m'interroge, une, c'est que le pilote éjecté,
18:13normalement, il a une balise GPS.
18:15Le GPS, on peut localiser la balise GPS au mètre près.
18:19Quand elle est enclenchée, oui.
18:20Alors, pourquoi ?
18:21Pourquoi ils ont eu besoin de cette technique pour aller chercher le pilote
18:24qui, normalement, avait sa balise GPS ?
18:26Deux solutions, deux explications.
18:28Soit sa balise était cassée.
18:29Dysfonctionnement.
18:30Dysfonctionnement.
18:31Soit, et c'est le cas, le GPS était brouillé,
18:34puisque les Iraniens brouillent le GPS
18:36contre les missiles et les armes de précision.
18:39La plupart des armes de précision sont soit guidées laser,
18:42soit guidées par GPS ou équivalent.
18:44Donc, il y avait une difficulté pour le localiser.
18:46Si, en plus, il est dans une zone montagneuse,
18:49à un versant près,
18:51une position GPS peut, en fait,
18:52nous amener à des endroits différents.
18:54Donc, ils ont eu besoin de compenser, en fait,
18:57le manque de précision, dans le cas présent du GPS,
18:59par un autre moyen.
19:01Et ils ont introduit ce nouveau système
19:03qui a été visiblement, apparemment,
19:05embarqué sur hélicoptères.
19:07Et donc, ils ont dû,
19:08et c'est la raison pour laquelle
19:09ça a été extrêmement difficile,
19:11là, ils ont dû descendre.
19:12Donc, ils étaient vulnérables
19:13à tous les missiles infrarouges
19:15de courte portée tirés sur épaule.
19:18Et ils ont dû prendre un maximum de risques
19:20pour voler bas
19:21et aller chercher cette fréquence de 1 Hertz.
19:24Et comme il était tout seul,
19:25ils ont peut-être la chance
19:27de prendre un berger à droite,
19:29un paysan à gauche.
19:30Et puis, à un moment donné,
19:31ils ont su que c'était Jude 44
19:33qui était à cet endroit.
19:35Donc, oui,
19:35c'est du traitement du signal.
19:39Ce qu'on dit souvent
19:40dans le monde des télécoms,
19:41c'est l'utilisation de fréquences
19:44très précises,
19:45noyées dans le bruit.
19:46C'est un peu comme lorsqu'un sous-marin nucléaire
19:48lanceur d'engins
19:49disparaît dans les profondeurs de l'océan.
19:51Il fera toujours du bruit
19:52parce qu'il aura toujours son hélice,
19:54mais il sera au milieu
19:56de plein d'autres bruits
19:57et il disparaîtra.
19:58Dans le signal,
19:59dans les télécoms,
19:59c'est la même chose.
20:00On a des petits bruits
20:01qu'on essaie de noyer
20:02dans le bruit ambiant
20:04et tant que vous ne savez pas
20:05que c'est telle fréquence
20:06qui est utilisée,
20:07vous ne pourrez pas la trouver.
20:08Pierre Bertelot,
20:09on est fasciné par ces explications
20:11et c'est vrai qu'on a
20:14ces nouvelles technologies.
20:15On a les armes classiques,
20:16on a les missiles,
20:17on a les avions
20:17et puis on a ces nouvelles technologies,
20:18l'intelligence artificielle
20:20mises au service
20:20de cette guerre.
20:22Oui, cette guerre révèle
20:24des surprises technologiques,
20:26peut-être celle-ci.
20:28Du côté iranien aussi,
20:29on a eu certaines surprises,
20:30on ne pensait pas
20:30qu'ils auraient cette capacité
20:32à résister.
20:33Je voulais juste en deux mots
20:33revenir sur cette opération.
20:35C'est un peu l'hypothèse
20:35que j'avais donnée
20:36sur votre plateau
20:37samedi soir.
20:38C'est vrai, c'est vrai.
20:38Et j'avais dit
20:39que peut-être c'était deux en un,
20:40c'est-à-dire qu'en fait,
20:41il y a la version officielle,
20:43c'est-à-dire on va libérer
20:44le pilote,
20:44mais vu l'ampleur des moyens
20:45qui ont été donnés
20:46et vu qu'on se situait
20:47quand même vers Isparan,
20:48qui était très loin
20:49de la zone,
20:51il y avait peut-être
20:51une opération
20:52pour tenter de récupérer
20:54de l'uranium enrichi.
20:56Et d'ailleurs,
20:56c'est dans la propagande
20:58iranienne
20:58que ça a été repris
20:59après samedi
21:00et dans aussi
21:00des experts indépendants
21:02qui ont dit
21:02que ça a précipité
21:04finalement le cessez-le-feu
21:05parce que c'était
21:06le coup majeur
21:07que voulaient faire
21:08les Américains
21:09et qu'ils n'auraient pas réussi.
21:10En tout cas,
21:11on a une incertitude
21:12sur les moyens considérables
21:14quand même
21:14qui ont été mis en place
21:16pour récupérer ce pilote.
21:18Il y a quelque chose
21:19qui est un peu suspect.
21:21C'est surtout
21:22cette position
21:22très éloignée
21:23entre celle du pilote
21:24et finalement
21:25on se retrouve prédisparant.
21:27Il y a quelque chose
21:27d'un petit peu...
21:29Il se prépare quelque chose
21:31selon vous aussi ?
21:31Non,
21:32j'exclus cette hypothèse
21:34mais encore une fois
21:35tout est possible.
21:36J'ai passé un an
21:37avec les Américains
21:39dans la lutte contre Daesh
21:40en Irak et en Syrie.
21:42Je n'ai pas connu
21:42moi d'opération Cissar.
21:44J'ai connu
21:45des opérations dévassanes.
21:46C'est quoi opération Cissar ?
21:47Pardon.
21:48Combat Search and Rescue.
21:49Merci.
21:50Pardon.
21:50Oui,
21:50on en avait tellement parlé.
21:52C'est ce qu'on a...
21:53Mais vous avez raison.
21:54Non mais je sais bien
21:54mais il faut rappeler
21:54pour le téléspectateur.
21:56Combat Search and Rescue
21:57c'est aller chercher quelqu'un
21:59dans des conditions de combat.
22:01Ça veut dire
22:01dans un milieu non permissif.
22:02C'était l'opération du week-end dernier.
22:03C'était l'opération
22:04d'aller sauver
22:05ces deux pilotes
22:06le pilote et son navigateur
22:08système d'armes
22:09qui avaient été éjectés.
22:10Moi j'ai connu
22:11des opérations dévassanes.
22:13Ça veut dire
22:13quand on avait des soldats
22:14qui avaient été blessés.
22:15Je peux vous assurer
22:17que tout s'arrête
22:19pour aller chercher
22:20la victime.
22:22Alors là
22:22dans des conditions
22:23comme celles-là
22:25mettre...
22:25Je vais souvenir
22:26je n'étais pas sur le plateau
22:27j'avais envoyé un SMS
22:28à Didier François
22:29en lui disant
22:30« Dis-leur
22:30qu'il y a minimum
22:31100 avions en l'air. »
22:33Il y en avait 155.
22:34155.
22:35Pour sortir une personne
22:37les Américains
22:38arrêtent tout
22:39et mettent le paquet.
22:40Pour des évassanes
22:41en Syrie ou en Irak
22:43je peux vous assurer
22:44moi j'étais dans un
22:45Cidjok
22:45au niveau opératif.
22:46C'était un truc
22:47un mur d'image
22:48comme celui-là.
22:50Et bien tout d'un coup
22:50le mur d'image
22:51qui donne la position
22:52de l'ennemi
22:53la position des amis
22:54avions au sol
22:55Il ne la donne plus
22:56il s'arrête.
22:56Non, il y a toute la moitié
22:57qui s'arrête
22:58toute la moitié
22:59est consacrée
23:00avec toute la checklist
23:01toutes les étapes
23:02on va sortir le gars
23:03et on va l'amener
23:04à Rammstein
23:04du moins le grand hôpital
23:06qui est en Allemagne
23:07à côté.
23:07Ils sont capables
23:08de dérouter
23:09moi j'ai le souvenir
23:10d'avoir sorti
23:11d'une situation
23:12très difficile
23:13un commando français
23:14ils sont capables
23:15de dérouter
23:16un avion
23:17un C-17
23:18pour aller se poser
23:19je ne vous dirai pas où
23:21aller chercher
23:22aller chercher le gars
23:23et l'amener
23:24directement à Rammstein
23:25alors après Paris
23:26Rammstein
23:27ou autre chose
23:27tout s'arrête
23:28c'est la raison
23:29pour laquelle je dis
23:30qu'il y ait 100
23:31ou 150 aéronefs
23:32en l'air
23:33pour sortir le gars
23:35de la zone de danger
23:36c'est standard
23:38c'est la logique américaine
23:40je vous ai parlé
23:40sur ce plateau
23:41lorsqu'on essayait
23:43de penser
23:44qu'est-ce que pourrait
23:45être une opération
23:45au sol
23:47on vous parlait
23:48de la golden hour
23:49je ne sais pas
23:49si vous vous souvenez
23:50où on disait
23:51le plan se fera
23:52autour
23:52de cette heure
23:54en or
23:55c'est l'heure
23:56nécessaire
23:56pour aller sortir
23:57un blessé
23:58et l'amener
23:58dans un hôpital
23:59toute la planification
24:00se fait sur
24:03j'allais dire
24:03comment sauver
24:04nos blessés
24:05et comment les récupérer
24:06les gens
24:06donc moi l'hypothèse
24:07de il y avait
24:08une opération
24:08d'autre nature
24:09qui expliquait
24:11pourquoi il y avait
24:12autant de moyens
24:12peut-être
24:13je n'en sais rien
24:14c'est une chose
24:15c'est que sortir
24:16un pilote
24:16en zone ennemi
24:17ça mérite
24:18100 à 150
24:19Aéronef
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