- il y a 12 heures
- #faceaphilippedevilliers
Philippe de Villiers passe en revue l'actualité de la semaine dans #FaceAPhilippedeVilliers. Présenté par Eliot Deval
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NewsTranscription
00:00Bonsoir Geoffroy.
00:01Geoffroy Lejeune est avec nous comme chaque vendredi soir.
00:03Cher Geoffroy, bonjour, merci.
00:06Philippe de Villiers, on va commencer par le cri du cœur d'une maman
00:10qui a vu son fils lyncher la semaine dernière, samedi dernier,
00:16alors qu'il rentrait de son job étudiant.
00:20C'est un garçon qui s'appelle Théo.
00:22Théo finance son prêt étudiant en travaillant.
00:26Il rentre chez lui dans un quartier loyonnais
00:28et plusieurs individus vont s'en prendre à lui pour son téléphone,
00:31le lyncher au sol.
00:34Et ces news européens et le JDD ont couvert évidemment cette agression lâchée barbare.
00:40Et il s'avère qu'une semaine plus tard,
00:43Florence, qui a eu le courage de prendre la parole, Théo également,
00:47va apprendre que les suspects, qui sont mineurs,
00:50ne sont absolument pas placés en détention provisoire en attendant le procès,
00:54mais ont été relâchés sous contrôle judiciaire.
00:57Et je vous propose d'écouter la mère de Théo qui interpelle Emmanuel Macron.
01:01C'était ce midi sur Europe.
01:04Écoutez.
01:05Un jour, on m'a posé mon enfant sur le ventre
01:07et je me suis promis de le protéger jusqu'à sa mort.
01:10Et je ne pensais pas.
01:11Vous voyez, on a eu un enterrement familial hier
01:13et on a eu cette cérémonie difficile.
01:15Et là, en fait, mon fils, pendant tout l'enterrement de son cousin,
01:18m'a dit, maman, ça devrait être moi là.
01:20Et je suis là.
01:22Voilà la réponse de mon fils de 19 ans.
01:24Et après, il est allé sur la radio et il a eu le courage de dire,
01:27il ne faut pas de haine.
01:28Il ne faut pas de haine.
01:29Donc, ce n'est pas un fait divers.
01:31Je suis brisée.
01:32On est brisés.
01:33M. Macron, c'est une honte.
01:35C'est une honte, votre réponse.
01:36J'attends un appel et des excuses.
01:40Car depuis le début de la semaine, il n'y a pas eu un appel.
01:43À un moment, au plus haut sommet de l'État,
01:47on a voulu accompagner la maman de Théo ainsi que Théo.
01:50Vous dites quoi à la maman de Théo aujourd'hui ?
01:54Je lui dis de patienter.
02:00Comme à toutes les mamans qui ont eu un tel drame.
02:05de patienter pour qu'un jour
02:07il y ait une classe politique complètement nouvelle
02:12et qu'il aille au fond du problème.
02:19Je m'explique.
02:22Bien sûr, Emmanuel Macron, c'est la responsabilité.
02:26Quand il dit qu'il ne faut pas brénouacher,
02:30il ne voit pas du tout le problème de la sécurité,
02:32le problème de l'immigration.
02:33Il ne voit rien d'ailleurs.
02:37Il est chez Brut et il est hors sol.
02:43Mais il faut aller plus loin dans l'explication.
02:45En fait, là, ce que beaucoup de Français ont ressenti
02:49dans ce drame de Théo et de sa maman Florence,
02:53admirable d'affection et de délicatesse,
02:57c'est que c'est l'inversion victimaire.
03:04Et ça ne date pas d'aujourd'hui.
03:06Je m'explique.
03:10Tout à l'heure, quelqu'un m'a dit
03:11mais il va déménager.
03:14Donc, il a son logement,
03:17il va devoir le quitter.
03:18Qu'est-ce que ça veut dire ?
03:23Ça veut dire qu'en fait,
03:24c'est la victime qui quitte son logement.
03:28C'est la victime qui change de quartier.
03:30C'est la victime qui change de ville.
03:32C'est la victime qui, à la limite,
03:35se sent coupable.
03:38C'est terrible.
03:39Et en fait, ça, c'est toute la justice qui est comme ça.
03:44C'est toute la philosophie pénale.
03:49Aujourd'hui, les victimes se sentent un peu coupables.
03:55À vrai dire, elles sont sans soutien.
03:57Elles se sentent abandonnées.
03:59Et les coupables se proclament victimes de la société.
04:04C'est le cas de ces jeunes garnements,
04:07garnements délinquants ou criminels présumés,
04:12qui, en fait, se pavanent,
04:16triomphent parce qu'ils savent
04:18qu'il n'y a plus d'autorité régalienne.
04:22Je vous prends quelques exemples
04:24pour me faire comprendre.
04:28Et c'est ce que dit très bien, d'ailleurs,
04:29l'Institut de la Justice, que vous connaissez bien,
04:31avec le remarquable président Pierre-Marie Sèvres.
04:36Vous prenez une victime qui va au commissariat
04:40pour porter plainte.
04:42Vous remarquerez qu'elle est toute seule.
04:46On l'a fait attendre.
04:48Et par contre, le délinquant, lui, le coupable,
04:53il a droit à un traducteur, à un avocat, à un médecin.
04:58Premier déséquilibre.
04:59Première inversion.
05:01Deuxième inversion, deuxième déséquilibre.
05:05Au procès en assise,
05:09la victime n'a pas le droit de récuser les jurés.
05:15Le coupable présumé a le droit de récuser les jurés.
05:18Troisième exemple.
05:20Le juge de l'application des peines.
05:22Lors de la séance où il va décider pour un prévenu,
05:30il y a l'avocat du prévenu, du prisonnier.
05:35Il n'y a pas l'avocat de la victime.
05:40Et la victime n'est pas présente.
05:41Et on peut ainsi continuer et continuer.
05:44Alors qu'est-ce qu'il y a derrière tout ça ?
05:47Il y a une philosophie pénale définie par Robert Banninter,
05:52ah oui, l'homme du Panthéon,
05:53qui a commis une erreur fatale,
05:57c'est-à-dire qu'il a mutilé la société,
06:04il a brisé la légitime défense,
06:06le principe de légitime défense.
06:08Et je le dis,
06:10au risque de choquer les esprits sensibles,
06:14c'était facile d'abolir la peine de mort.
06:17C'est très populaire,
06:18même si on rétablit la peine de mort en ce moment
06:20avec l'injection létale.
06:22Ça revient à ça.
06:23Mais une société,
06:25elle a besoin d'être protégée par un principe
06:27au sommet des peines,
06:30qui dit, attention,
06:32si tu touches un flic,
06:33tu vas, c'est perpète.
06:34Et puis au-dessus de perpète, il y a pire.
06:38Parce que moi, fils de soldat, frère de soldat,
06:42je dis qu'à la guerre,
06:43on a le droit de mettre hors d'état de nuire.
06:47Tant qu'on n'aura pas rétabli le droit
06:49pour la société de se défendre
06:51et de rétablir le droit de mettre hors d'état de nuire,
06:55je pèse mes mots,
06:57on apparaîtra comme faible,
06:59la société apparaîtra comme faible,
07:06comme soumise.
07:08Et la victime aura toujours le sentiment
07:11qu'elle n'est pas tout à fait légitime.
07:15C'est terrible ce qui se passe avec Théo.
07:17C'est une allégorie.
07:19C'est un emblème de la faiblesse du pouvoir politique
07:23qui a fabriqué une justice
07:27qui ne pense qu'à la réadaptation sociale du condamné.
07:32Souvenez-vous, en 2014,
07:36Christiane Taubira,
07:38dans l'article 132 du code civil,
07:40du code pénal,
07:41réécrit par elle,
07:43a dit qu'il n'y aura plus de prison.
07:46Voilà leur idéologie.
07:47Voilà l'idéologie de la nouvelle philosophie pénale.
07:50Il n'y aura plus de prison.
07:51S'il n'y a plus de prison,
07:53les délinquants sont tranquilles.
07:55Voilà.
07:55Et ils font le pied de nez.
07:57Parlons des refus d'obtempérer.
07:58À présent, Philippe De Villiers,
07:59le ministre de l'Intérieur,
08:00a donné ce chiffre.
08:0228 200 en 2025,
08:05soit 1 toutes les 19 minutes.
08:08Une augmentation de plus de 11%
08:09par rapport à l'année précédente.
08:11Et en début de semaine,
08:12rien qu'en début de semaine,
08:139 policiers ont été blessés
08:15en l'espace de 24 heures.
08:17Parmi toutes les déclarations
08:18de la semaine
08:19autour de ces refus d'obtempérer,
08:21une déclaration vous a marquée,
08:22celle d'un policier
08:24responsable syndicale unité.
08:26Reda Belladge, écoutez.
08:28Aujourd'hui, vous êtes policier.
08:31Quelles sont les options ?
08:32Par voie d'intérêt général.
08:34Si jamais il vous traîne
08:36sur quelques mètres,
08:37il va y avoir une grosse sanction.
08:3935 jours d'ITT.
08:41Si jamais il vous fonce dessus
08:42et vous faites usage de votre arme,
08:43vous serez jugé par 60 millions
08:46de personnes
08:46comme dans l'affaire Naël
08:47et puis vous allez sûrement
08:49aller en prison.
08:50Donc imaginez dans nos têtes,
08:53nous les flics,
08:54ce qui se passe en fait.
08:55À un moment.
08:57Et moi ce qui m'inquiète,
08:58c'est qu'à un moment,
08:59la seule chose qui nous tient,
09:00je le répète souvent sur ce plateau,
09:02c'est le soutien des Français.
09:04Il y a 20 ans,
09:05franchement c'est vraiment
09:06la chose positive,
09:07c'est qu'il y a 20 ans
09:07on n'avait pas autant de soutien.
09:09Autant on avait beaucoup
09:10de soutien des élus,
09:11là qu'on n'a plus du tout.
09:12Mais en fait,
09:14à chaque fois c'est pareil,
09:15les mecs,
09:16excusez-moi le terme,
09:17les mecs ils n'en ont absolument
09:18rien à foutre
09:19qu'on les arrête en fait.
09:21Vous allez interpeller...
09:22Ils n'ont ni peur de vous
09:23ni peur de la justice.
09:23Et c'est pour ça
09:24qu'on observe ces comportements.
09:25Ah non mais,
09:27c'est leur vision des choses
09:28parce que quand vous discutez,
09:29j'ai encore des collègues
09:30qui discutent des fois
09:31avec des jeunes
09:31qui essayent de discuter,
09:33même s'ils sont connus
09:33du service de police,
09:34qui vous disent
09:34on sait très bien
09:35que demain on sort,
09:38je suis mineur,
09:38je sors,
09:38je ne suis pas en récidive,
09:42je sors.
09:42Là c'est puni de deux ans.
09:44Jamais dans ma carrière
09:45j'ai vu un gars
09:45prendre deux ans de prison
09:46pour refus d'obtempérer.
09:48J'offre le gène.
09:49Philippe,
09:50doit-on parler
09:50de faillite sécuritaire
09:52et si oui,
09:53que faut-il faire ?
09:55Alors,
09:55d'abord,
09:56je trouve que ce policier
09:58est admirable
09:58et ce qu'il dit
10:01est poignant.
10:03Ça me rappelle
10:03l'affaire Naël,
10:04le petit ange
10:05de Mbappé
10:06avec le policier
10:11qui va passer aux assises
10:13parce qu'il a utilisé
10:14son arme
10:15non seulement
10:16pour se défendre
10:17mais surtout
10:17pour empêcher
10:19le carnage
10:20qui se préparait
10:21avec le petit ange.
10:25Alors,
10:26je réponds à votre question
10:26très brièvement,
10:28très simplement.
10:30La première chose à faire
10:31qu'on aurait dû faire
10:32depuis longtemps,
10:33c'est une loi
10:36qui autorise
10:38l'arme
10:39du policier
10:40comme
10:41dans un usage
10:43légitime
10:43de sa défense.
10:46C'est-à-dire
10:46une présomption.
10:49La présomption
10:50de l'arme
10:51légitime
10:51de défense.
10:53Ça,
10:53ça change tout.
10:54Parce que là,
10:55le policier,
10:55s'il tire,
10:56il a l'IGPN
10:57et il va
10:57aller en taule.
11:00Et les malfrats
11:01le savent.
11:02eux.
11:04Donc,
11:04ils sont tranquilles.
11:06La deuxième chose
11:07à faire,
11:08c'est évidemment
11:09rétablir les frontières.
11:10Parce que
11:11il y a aujourd'hui
11:1315%
11:14des refus
11:17d'obtempérer,
11:19ce sont des étrangers
11:20qui n'ont rien
11:22à faire chez nous.
11:23Si on avait
11:24rétabli les frontières,
11:25si on rétablissait
11:26les frontières,
11:27ils ne seraient pas là.
11:27ensuite,
11:31il y a la fameuse
11:32excuse de minorité.
11:34Souvent,
11:35le plus souvent,
11:36enfin très souvent,
11:37ce sont
11:37des jeunes
11:39qui n'ont pas
11:42la majorité.
11:44Alors,
11:44l'excuse
11:45de minorité,
11:46il faut bien voir
11:47ce qui se passe
11:48aujourd'hui.
11:49Depuis 2017,
11:50il y a une nouvelle loi.
11:51Alors,
11:53tout le monde a dit
11:54extraordinaire,
11:55c'est quoi ?
11:56On va de zéro
11:57à deux ans
11:58de prison.
11:59Ah là là !
12:00C'est beaucoup plus
12:01qu'avant.
12:02Sauf que
12:02on a oublié
12:03quelque chose
12:04que les policiers
12:05connaissent,
12:07c'est les peines planchées.
12:08Pourquoi ?
12:09Les peines planchées,
12:10ça permet de dire
12:10que les juges
12:12ne pourront pas
12:12faire ce qu'ils veulent.
12:14S'il y a des peines planchées,
12:17on sortira
12:18de la situation actuelle.
12:20Quelle est la situation actuelle ?
12:23C'est simple,
12:24aujourd'hui,
12:25il y a 84%
12:27des refus
12:29d'obtempérer
12:30qui sont condamnés
12:31à moins d'un an.
12:35Et donc,
12:35en fait,
12:36personne ne va en prison
12:37parce que c'est
12:37le brasier électronique.
12:40Voilà.
12:40Donc,
12:41il faut changer,
12:43revenir sur l'excuse
12:44de minorité
12:44et enfin,
12:46et je reboucle
12:47avec ce que j'ai dit
12:47il y a un instant,
12:49il faut changer
12:49la doctrine pénale,
12:50la fameuse défense
12:51sociale nouvelle
12:53qui repose
12:54sur une conception
12:55rousseauiste
12:55de la société,
12:56conscience,
12:57conscience,
12:57instinct divin,
12:58immortel et céleste,
12:59voie,
13:00juge infaillible
13:01d'un être intelligent
13:02en est borné.
13:03Conscience,
13:04conscience.
13:05Au-dessus de la conscience,
13:06il y a le bien commun,
13:07le bien supérieur
13:08qui exige
13:09l'ordre
13:10et la justice.
13:12L'ordre
13:12et la justice.
13:14Philippe De Villiers,
13:16insécurité toujours,
13:17malheureusement,
13:18mardi,
13:18une enseignante
13:19a été poignardée
13:20en pleine classe
13:21dans un collège
13:22de Sanary-sur-Mer.
13:23Son bourreau,
13:24a 14 ans,
13:25il a été placé
13:25en garde à vue
13:26et ainsi placé
13:28en détention provisoire.
13:29Il a reconnu les faits.
13:31Étant mineur,
13:32il ne risque pas
13:33la perpétuité
13:33et en court 20 ans
13:35de prison.
13:35Je vous propose
13:36d'écouter la mère
13:37d'un élève
13:38de ce collège
13:39de Sanary-sur-Mer.
13:41On se dit,
13:41au final,
13:42on n'est en sécurité
13:42nulle part.
13:44On le voit à la télé,
13:45on dit oui,
13:45ça ne nous arrivera pas
13:46et au final,
13:47quand ça arrive,
13:47ça arrive.
13:49On ne peut pas,
13:50je ne sais pas quoi dire.
13:51Ça devient très grave.
13:52La génération,
13:53elle est très dangereuse.
13:54C'est compliqué,
13:55mon enfant,
13:55c'est compliqué
13:56d'y retourner
13:56mais bon,
13:57il faut y aller.
13:58Qu'est-ce qu'il vous dit ?
13:59Ce matin,
13:59elle était un peu stressée.
14:00Bon,
14:01ça a laissé deux jours
14:01qu'il s'est passé,
14:02ça a été,
14:03mais là,
14:03ce matin,
14:04elle était un peu stressée.
14:05Mais ça va,
14:05mais il n'en parle pas.
14:06Vous n'en avez pas parlé ?
14:07Rien du tout.
14:08Après,
14:08les enfants,
14:08maintenant,
14:09vous savez,
14:09ils sont un peu compliqués
14:10à cerner.
14:10C'est un peu dur.
14:12C'est dur.
14:13Mais bon,
14:13on verra bien
14:14ce qu'il va se passer
14:14dans le temps.
14:16Voilà pour le témoignage
14:16d'Élodie.
14:17Je vous ferai le gel.
14:18Ce n'est pas la première fois
14:19que ça arrive.
14:20On se souvient du drame
14:20à Saint-Jean-de-Luz.
14:21Philippe,
14:22quelle analyse faites-vous
14:23de ce nouveau drame
14:24à l'école ?
14:26Alors,
14:26si vous voulez,
14:28moi,
14:28je ne vais pas rentrer
14:29dans des propositions
14:32d'ordre technique
14:33parce que les téléspectateurs
14:36et les auditeurs
14:37de ces news
14:39et de l'Europe 1
14:39diraient
14:40qu'on a entendu ça
14:41mille fois.
14:43Je pense qu'il faut
14:44prendre de la hauteur
14:45et dire ceci.
14:49En fait,
14:50l'école,
14:52c'est le laboratoire
14:54khalidoscopique
14:56de la société.
15:01On ne peut pas imaginer
15:03une société
15:06qui décivilise
15:07et une école
15:08qui recivilise.
15:11On ne peut pas imaginer
15:12une société
15:14qui perd les repères
15:15et une école
15:16qui redonne les repères.
15:19Une société violente,
15:21elle produit
15:21une école violente.
15:22Une société déculturée,
15:24elle produit
15:24une école déculturée.
15:26Une société
15:27de la honte
15:28et de la peur,
15:28elle produit
15:29une école
15:29de la honte
15:30et de la peur.
15:32Et en fait,
15:33moi,
15:33je pense souvent
15:35quand je vois
15:36ces drames
15:37de l'école française
15:38au mot remarquable
15:41de Hannah Arendt
15:42qui disait
15:42« Chaque génération nouvelle
15:44est une invasion barbare
15:52qu'il faut civiliser. »
15:56Une invasion barbare
15:57qu'il faut civiliser.
15:59Or,
15:59on ne civilise plus.
16:01Et là,
16:01le problème,
16:02il n'est pas ailleurs.
16:04Et on n'ose pas le dire.
16:05Pourquoi ?
16:06Parce que les hommes politiques,
16:08enfin,
16:09toute la classe dirigeante,
16:11elle est coupable
16:12d'avoir tout lâché.
16:14Je m'explique.
16:16En fait,
16:16il y a trois cercles
16:17de civilisation
16:18qui correspondent
16:19aux trois autorités.
16:21D'abord,
16:21l'autorité paternelle.
16:23Ce mot-là,
16:23vous n'entendez plus.
16:24Il a disparu.
16:25Il a disparu
16:26du droit civil français.
16:30Quand,
16:30en 1970,
16:32eh oui,
16:32les années Pompidou,
16:34post-68 Ard,
16:36c'était l'époque
16:37où Jacques Lang,
16:39Michel Foucault,
16:42Jean-Paul Sartre
16:43et tant d'autres
16:44signaient des pétitions
16:46pour légaliser
16:47la pédophilie.
16:51Et donc,
16:51en fait,
16:51c'était une époque
16:53de laxisme
16:53où déjà,
16:55on commençait à dire,
16:56Simone de Beauvoir,
16:58il faut détruire
16:59le patriarcat.
17:00Et donc,
17:01en fait,
17:02il y avait
17:02l'autorité paternelle,
17:03le chef de famille,
17:04ce qu'on appelait
17:04la puissance paternelle.
17:07Disparu.
17:07Et qu'est-ce qu'on a fait ?
17:08On a fait
17:09l'autorité parentale.
17:11Alors,
17:12au nom du principe
17:12de l'égalité.
17:13Bon.
17:14L'autorité parentale,
17:15c'est la collégialité.
17:17C'est marrant
17:18parce que c'est au même moment
17:19que le concile Vatican II.
17:20C'est-à-dire,
17:20en fait,
17:21la collégialité,
17:22c'est la décision
17:22à laquelle on se rend
17:23de ne pas décider
17:24à plusieurs
17:24ce qu'on se savait
17:25être incapable
17:26de décider tout seul.
17:28Donc,
17:28l'autorité parentale.
17:30Bon,
17:30ça y est,
17:30ça c'est filoche.
17:32Et maintenant,
17:33c'est pire.
17:33On a la société
17:34sans père,
17:35on a la société
17:36sans mère
17:37et avec la proposition
17:39de Attal
17:39sur la GPA,
17:41pour légaliser la GPA,
17:43on aura la société
17:43sans filiation.
17:46Par en 1,
17:47par en 2.
17:48Voilà.
17:48Donc,
17:48la première chose
17:49à faire,
17:50si on veut
17:50arrêter tout ça,
17:52si on veut
17:53rétablir l'école,
17:55il faut
17:55rétablir
17:57l'autorité paternelle,
18:00le chef de famille.
18:02Voilà.
18:03Ce que je dis,
18:03évidemment,
18:04à contre-courant,
18:05ça doit faire hurler
18:06dans certaines chaumières.
18:07C'est fait pour ça,
18:07d'ailleurs.
18:09Je ne suis pas là
18:10pour distribuer
18:12les biscottes
18:13ou les langues de chat
18:14dans les tasses de thé.
18:16Je suis là
18:16pour dire la vérité.
18:18La deuxième autorité,
18:20c'est l'autorité magistrale.
18:22Vous savez,
18:22il y a un homme politique
18:24qui s'appelait
18:25Georges Bideau.
18:25Un jour,
18:25je parlais avec lui,
18:27il était très cultivé,
18:28il était un normalien,
18:29etc.
18:30Agrégé de l'être.
18:31Il me dit,
18:32le cours magistral
18:33ne se justifie
18:36que s'il est magistral.
18:39Il n'y a plus de cours magistral
18:41et il n'y a plus de magistère.
18:43Vous savez,
18:45moi,
18:45j'ai eu un instituteur
18:47qui s'appelait
18:48Alphonse Thibault,
18:49extraordinaire,
18:50je lui dois tout.
18:51Un jour,
18:51il m'a dit,
18:53il était succulent,
18:54il était cultivé,
18:55et un jour,
18:56il m'a dit,
18:57en fait,
18:58c'était un instituteur
18:59qui appartenait
19:03à la race
19:03de ces instituteurs
19:06qui tentait
19:08d'instituer
19:08dans une société
19:10déjà gagnée
19:11par l'esprit
19:11des institutions.
19:14Et un jour,
19:14il m'a dit,
19:16tu sais ce que c'est
19:17l'éducation ?
19:18C'est l'imitation.
19:20Qu'est-ce que c'est ?
19:21Oui,
19:22c'est en fait,
19:22c'est l'identification,
19:24c'est l'édification
19:25par l'identification.
19:27Ah bon ?
19:27Et il me prend l'exemple,
19:30il me cite
19:30une phrase de De Gaulle
19:31à propos d'Alexandre.
19:36« Sous les victoires
19:37d'Alexandre,
19:39on retrouve
19:40la pensée d'Aristote. »
19:41J'ai dit,
19:42alors,
19:42qu'est-ce que ça veut dire ?
19:43Il me dit,
19:43c'est la sédimentation.
19:45Et si on donne
19:46à chaque élève,
19:49et ça,
19:49c'est mon projet
19:50pour toi,
19:50mon petit Philippe,
19:52si on donne
19:52à chaque élève
19:54la perspective,
19:56la sédimentation
19:57entre l'instant
19:58et l'éternité,
20:01entre l'instant
20:02et le temps long,
20:04alors l'élève
20:04va grandir
20:06et se civiliser.
20:09Je me souviens
20:10un jour,
20:11il y a
20:11l'inspecteur
20:12général
20:15de l'enseignement secondaire,
20:18tout le monde tremblait,
20:19et lui aussi,
20:20il arrive dans la classe
20:21et il dit,
20:23il nous prend de haut,
20:26il dit,
20:27quelle était la couleur
20:28des cheveux
20:29d'Alexandre ?
20:30Et il y a un élève
20:32qui s'appelle
20:34Robert Brissot,
20:36qui a fait
20:36une belle carrière
20:38depuis
20:38et qui dit,
20:40ils étaient verts.
20:42Alors l'inspecteur
20:43se moque de lui,
20:44il dit,
20:44ne vous manquez pas
20:45de moi.
20:46Il dit,
20:46si,
20:46ils étaient verts.
20:47Et il dit,
20:48pourquoi ils étaient verts ?
20:49Parce que c'était
20:50des lauriers.
20:52Et en fait,
20:53après,
20:54notre instructeur
20:54a dit,
20:55ben voilà,
20:56c'est ce que je veux,
20:57en fait.
20:58je veux des élèves
21:00qui aient la réplique
21:00parce qu'ils ont
21:01la culture,
21:02ils ont le fond culturel.
21:03Et le fond culturel,
21:05c'est la perspective.
21:07Et puis la troisième,
21:08alors aujourd'hui,
21:09évidemment,
21:09le crétinisme numérique,
21:12enfin,
21:13regardez,
21:13l'école,
21:14le classement PISA,
21:15etc.,
21:16je ne vais pas refaire.
21:18Troisièmement,
21:19c'est l'autorité régalienne.
21:21Et là,
21:22je voudrais dire ceci.
21:24En fait,
21:25ce qu'on attend
21:25de l'autorité régalienne,
21:27c'est qu'elle fixe
21:28le prix de la vie.
21:30C'est sa première responsabilité.
21:33Qu'est-ce que ça veut dire ?
21:35Ça veut dire que
21:36quand on entre aujourd'hui
21:39dans une maternité
21:41où s'est fléchée
21:43la mort,
21:45la vie,
21:47et qu'on retire
21:48240 000 vies
21:50à naître par an,
21:54la vie n'a plus de prix.
21:55la vie devient
21:59contingente,
22:01relative,
22:02précaire.
22:03Et quand demain,
22:04dans les hôpitaux,
22:05dans les établissements
22:06pour handicapés,
22:07dans les EHPAD,
22:09on pourra
22:10retirer des vies
22:13vieillissantes,
22:15douloureuses,
22:17coûteuses,
22:18inutiles,
22:21selon la DOXA,
22:22alors il ne faudra pas
22:26s'étonner.
22:27Et il ne faut pas s'étonner
22:28que dans la rue,
22:29dans les quartiers,
22:29à l'école,
22:31la vie n'a plus de prix.
22:34Et quand la vie n'a plus de prix
22:36et qu'on ne respecte plus
22:38le tu ne tuera point
22:40et qu'on peut tuer son prochain,
22:43qu'on peut le tuer
22:44à la maternité,
22:45à l'hôpital
22:45et en famille,
22:47demain,
22:47le petit,
22:50le tout petit
22:50et le très vieux,
22:52alors on glisse
22:53dans la barbarie.
22:55Et voilà,
22:55nous y sommes.
22:56Et moi,
22:57je voudrais entendre
22:57les hommes politiques
22:58dire ça.
22:59Parce que,
23:00de quoi ils parlent
23:01les hommes politiques ?
23:01Et même les commentateurs
23:03et même les journalistes,
23:04ils disent,
23:04il faut multiplier
23:05les portiques.
23:06Alors à ce moment-là,
23:07il y a un mec qui dit,
23:07ah ouais,
23:08mais alors les couteaux
23:09en céramique,
23:10ah ouais,
23:10ça c'est vrai.
23:11Et il faut multiplier.
23:12Et aujourd'hui,
23:13qu'est-ce qu'un bon maire
23:14au regard de la DOXA,
23:16de la société de connivence,
23:19comme je l'appelle.
23:20D'ailleurs,
23:20le mot,
23:21on y reviendra
23:22à la société de connivence
23:22parce que c'est un mot
23:23qui devrait connaître
23:25une grande fortune.
23:26Quand j'ai dit
23:27la société de connivence,
23:28on m'a dit
23:28complotiste.
23:31On y reviendra
23:32à propos de l'affaire Einstein.
23:35Mais là,
23:37un bon maire,
23:38c'est un maire
23:38qui met des caméras.
23:39Formidable.
23:39Alors lui,
23:40il n'est pas bon
23:41parce qu'il n'a pas mis
23:41assez de caméras.
23:42Maire de Lyon,
23:43il va enfin mettre des caméras.
23:45Il a compris.
23:46Donc en fait,
23:47on soigne les effets
23:48dont on chérit les causes.
23:52Voilà.
23:53Donc il faut aller
23:53au fond des choses.
23:54La recivilisation française
23:56qui passera
23:57par la refrancisation française
24:00quand on aura redonné
24:02à tous les petits Français
24:03un imaginaire
24:04qui est le nôtre.
24:08Vous voulez en parler justement,
24:09Philippe Devilliers,
24:10et c'est une bombe mondiale,
24:13l'affaire Einstein,
24:15qui s'étend chaque jour
24:17sur l'ensemble de la planète
24:19et touche même la France
24:21et des personnalités politiques
24:23ô combien importantes.
24:25Vous voyez,
24:26on a fait une petite revue de presse,
24:28dossier passionnant
24:28cette semaine
24:29dans Le Point.
24:30L'indépendant
24:31revient aussi
24:33sur cette affaire aujourd'hui.
24:34Der Spiegel
24:35en Allemagne également.
24:37Et un ex-ministre français
24:40est
24:41cerné d'appel
24:43à la démission.
24:43Il s'appelle
24:44Jacques Lang.
24:45Jacques Lang
24:45qui apparaît
24:47dans ses millions de documents
24:48plus de 600 fois
24:50dans les documents judiciaires
24:51de l'affaire Einstein.
24:52Aucune charge
24:54pour l'instant
24:55ne pèse contre lui.
24:56Il sera convoqué dimanche
24:58par le ministre
25:00des Affaires étrangères.
25:03Et je me permets
25:04de vous donner
25:04la toute dernière information
25:06si je l'ai encore.
25:07Son avocat
25:08dénonce
25:09sur RTL
25:10un colportage
25:11de bouts de ficelle.
25:13Que pensez-vous
25:14de ce méga scandale ?
25:16Alors
25:20Jeffrey Epstein
25:23était
25:24un
25:26un golden boy
25:29de
25:31la finance mondialisée.
25:33C'est ainsi que l'a qualifié
25:34Mathieu Bocoté.
25:36Toujours aussi
25:37vigilant
25:38dans la sémantique
25:39et précis
25:40et talentueux.
25:43Alors il a été arrêté
25:44une première fois
25:45pour des actes
25:47de pédophilie
25:48puis il a été arrêté
25:49une deuxième fois
25:50en 2019.
25:51D'abord en 2008
25:52puis ensuite en 2018.
25:55Et on l'a trouvé
25:56suicidé en prison.
26:02Alors
26:03en fait
26:04tout le monde tremble.
26:07J'en connais
26:08des gens qui tremblent
26:09mais je ne citerai pas de nom
26:11mais simplement
26:11je voudrais dire que
26:13ça tremble partout.
26:15pourquoi ?
26:19Parce que
26:20ce qui est à venir
26:21c'est du lourd.
26:23Là il n'y a que 10%
26:24de documents
26:27qui ont été défrichés
26:28et qui ont été
26:29expertisés.
26:31Ce qui est à venir
26:32est beaucoup plus important.
26:34Je voudrais simplement
26:35dire ceci.
26:37Qu'est-ce que l'affaire
26:38Epstein ?
26:39Comment la définir ?
26:40c'est une affaire
26:42énorme,
26:43gigantesque
26:44d'un trafic
26:46sexuel
26:49pédocriminel
26:52mené par un homme
26:54d'affaires américain
26:56impliquant des milliers
27:00et des milliers
27:02de mineurs
27:04et de jeunes
27:05adultes.
27:11C'était toute la jet set
27:13pendant des années
27:16qui allait sur la fameuse
27:19île
27:20qui portait un nom
27:22mal nommé
27:24qui s'appelle
27:24les îles vierges.
27:28Donc au large
27:29de la Jamaïque
27:30il avait son île
27:31et il faisait venir
27:33tout le monde.
27:36Vous avez compris
27:37pourquoi ?
27:39Et tout le monde
27:39venait.
27:41Alors la France
27:42là-dedans
27:43parce que c'est ça
27:44qui nous intéresse.
27:47La presse
27:48est très timide
27:48vous remarquerez.
27:50Très timide.
27:54Alors
27:54on peut la louer
27:55pour cette timidité
27:56en disant
27:57elle est prudente
27:57mais
28:00elle est prudente
28:03et timorée.
28:07Pour la France
28:08il faut savoir
28:09que M. Epstein
28:11avait
28:12plusieurs appartements
28:13à Paris
28:14dont
28:15un
28:1522
28:16Avenue Foch
28:17vous pouvez y aller
28:18si vous voulez.
28:20Avenue Foch
28:21voilà
28:22je dirais
28:23commémoré
28:24tout ce qui s'est passé
28:26Avenue Foch
28:26il y a beaucoup de gens
28:27qui connaissent
28:28le 22 Avenue Foch
28:29et il s'est passé
28:33des choses
28:33à 22 Avenue Foch
28:34au point que
28:36ça passe inaperçu
28:37mais il y a une enquête
28:38préliminaire
28:39qui a été lancée
28:40par le parquet
28:41de Paris
28:42en 2019
28:44et cette enquête
28:48elle est au point mort
28:49depuis
28:49on est en 2026
28:52voilà
28:54alors qu'est-ce qu'il faut faire
28:58parce que c'est ça
28:59qui est important
28:59qui est intéressant
29:00premièrement
29:01qu'est-ce qu'on attend
29:02pour faire une commission
29:03d'enquête
29:04quand même
29:06c'est intéressant
29:08c'est important
29:08donc commission d'enquête
29:12deuxième proposition
29:14il faudrait que
29:16le garde des Sceaux
29:17au titre de l'article 40
29:19il a le devoir
29:20de dénoncer
29:22des faits
29:22qui sont portés
29:23à sa connaissance
29:24comme tout citoyen français
29:26donc il faut qu'il y ait
29:27une procédure judiciaire
29:28il faut relancer
29:29l'enquête préliminaire
29:30pour en savoir plus
29:33et pour qu'il y ait
29:35des commissions
29:36rogatoires
29:36qui soient lancées
29:37y compris aux Etats-Unis
29:38au ministère de la Justice
29:40pour aller dépouiller
29:41les documents
29:42pour en avoir
29:43le cœur net
29:44sinon c'est effrayant
29:47sinon c'est la rumeur
29:48qui court
29:49la rumeur
29:49qui dit n'importe quoi
29:51bon
29:52il y a des gens
29:54qui sont cités
29:55parfois
29:55etc
29:56mais voilà
29:58on n'en sait pas plus
29:58alors on sait simplement
30:00que
30:01l'ancien ministre
30:02de la Culture
30:03et sa fille
30:06on fait partie
30:08d'une société offshore
30:09et se débattent
30:11devant
30:11les médias
30:13de la concurrence
30:14sur BFM
30:15sur LCI
30:15ils n'ont pas eu
30:17encore l'occasion
30:18de venir sur CNews
30:19mais ça ne saurait tarder
30:20et
30:21ils disent
30:22oui
30:23on se défend
30:27on n'a rien
30:28vu de tout ça
30:29et puis de toute façon
30:32la fille langue
30:34dit
30:35oui
30:36moi je savais
30:37qu'il avait été condamné
30:38en 2008
30:38il a purgé sa peine
30:39alors une fois
30:40qu'il a purgé sa peine
30:41ben là c'est fini
30:42terminé
30:43ah bon
30:45on est corps
30:45bon
30:45et
30:47donc on va voir
30:49tout ce qui va se passer
30:50mais simplement
30:51ce que je voudrais dire
30:51c'est la chose suivante
30:52moi pendant
30:55des années
30:56et des années
30:56j'ai été
30:57comme beaucoup de français
30:58accusé de complotisme
30:59de conspirationnisme
31:01parce que je parlais
31:03de la société de connivence
31:05et j'avais
31:07une espèce
31:07d'intuition physique
31:09que cette société
31:10de connivence
31:11elle regroupait
31:12des gens importants
31:20qu'on appelle
31:20les élites mondialisées
31:21les élites mondialisées
31:25en fait
31:26partageaient
31:28un combat
31:28et
31:30un mode de vie
31:32le combat
31:34partagé
31:35par les élites mondialisées
31:36c'était
31:36le libre-échangisme
31:38dans tous les sens du terme
31:39le libre-échangisme
31:41c'est-à-dire
31:41faire sauter les frontières
31:43et je me disais
31:43pourquoi ils veulent
31:44faire sauter les frontières
31:45toutes les frontières
31:46et alors
31:46à ce moment-là
31:47il y avait ce qu'on appelait
31:48les bourgeois bohèmes
31:49c'était un hybride
31:50le bourgeois bohème
31:51c'était
31:52no border
31:55no limit
31:56c'est-à-dire
31:57le libéral
31:58voulait
31:59abattre les frontières
32:00au nom de la
32:01marchandisation
32:02du désir
32:03et
32:04le bohème
32:05lui
32:05il voulait
32:06faire sauter
32:08la limite
32:08au sens moral
32:09du terme
32:10c'est d'ailleurs
32:11ce qu'ils ont fait
32:12avec
32:14ce qu'on a appelé
32:15le capitalisme
32:16libertaire
32:17qui porte bien son nom
32:18voilà
32:19et donc nous sommes
32:20devant
32:20cette société
32:21de connivence
32:22qui est aujourd'hui
32:23démasquée
32:24grâce à l'affaire
32:26Epstein
32:27c'est vraiment la fin
32:29de ce qu'on a appelé
32:31la mondialisation
32:32heureuse
32:33je pense que la mondialisation
32:35heureuse
32:36pour cette société
32:37de connivence
32:38qui nous a
32:39appauvri
32:40qui nous a détruit
32:41qui a déconstruit
32:42les nations
32:42qui a déconstruit
32:43la morale élémentaire
32:44qui a déconstruit
32:45la civilisation
32:46cette société
32:47de connivence
32:48qui n'avait
32:48ni foi
32:49ni loi
32:50ni morale
32:50cette société
32:51de connivence
32:52il faut qu'elle
32:53rende des comptes
32:55il faut qu'on
32:56les mette dehors
32:57autre sujet à présent
32:59politique et économique
33:01vous souhaitiez
33:02aborder la question
33:04du budget
33:04mais au-delà
33:05du budget
33:05c'est cette France
33:06qui se paupérise
33:07qui se tiers-mondise
33:09expression et formule
33:10employée cette semaine
33:11par Nicolas Balvrez
33:13dans les colonnes
33:15du Figaro
33:15la France est en voie
33:17de tiers-mondisation
33:18et il dit
33:19la paupérisation
33:20de la France
33:21n'a rien de fatal
33:22elle est le produit
33:22de nos erreurs
33:23et de nos renoncements
33:24qui culminent
33:26aujourd'hui
33:26avec l'immobilisme
33:28du pays
33:29on a vu
33:30des grands patrons
33:31aussi se mobiliser
33:32pour expliquer
33:33combien ce budget
33:35était un budget
33:36dangereux
33:37pour l'économie française
33:38quel commentaire
33:40vous inspire-t-il
33:41et surtout
33:42que pensez-vous
33:43de cette évolution
33:44de l'économie française
33:45Philippe de Villiers
33:46je vous remercie
33:47de me poser cette question
33:48parce que
33:48effectivement
33:49j'ai lu
33:51ce papier
33:52de Nicolas Bavrez
33:53qui est vraiment
33:54un esprit
33:56fulgurant
33:57toujours précis
33:59et honnête
34:02alors en fait
34:05on sort
34:08de la semaine
34:09du budget
34:09ça paraît
34:12ça paraît lointain
34:13mais c'est tout près
34:14de nous
34:14et qu'est-ce qu'on peut dire
34:17de ce budget
34:18ce budget
34:18en fait
34:19il ruine la France
34:19un peu plus
34:20c'est un budget
34:22qui tourne le dos
34:23au redressement
34:24de la France
34:24c'est un budget
34:26socialiste
34:27parce que
34:28il s'appuie
34:29il s'établit
34:30sur deux choix
34:31le choix
34:32de la redistribution
34:32plutôt que de la production
34:3340 milliards
34:34d'impôts supplémentaires
34:37vous vous rendez compte
34:38et il s'appuie
34:40sur un deuxième choix
34:41absurde
34:41c'est
34:42les retraités
34:43plutôt que les actifs
34:44c'est-à-dire en fait
34:44l'instant
34:47plutôt que le futur
34:48l'instant
34:48qui nous appauvrit
34:49plutôt que le futur
34:51qui nous
34:52qui permet
34:53la création
34:53de richesses
34:54alors
34:57en fait
34:58le peuple français
35:00est un peuple
35:01aujourd'hui
35:02appauvri
35:04la richesse
35:08par habitant
35:09connaît une chute
35:11brutale
35:12depuis trois ans
35:12le PIB
35:13c'est 38 000 euros
35:1638 000 euros
35:17c'est-à-dire qu'en fait
35:18on est
35:18c'est pas vrai
35:20ce qu'il dit très bien
35:21au 34ème
35:22rang mondial
35:24on est 7%
35:26sous la moyenne
35:26européenne
35:27vous vous rendez compte
35:28on est 15%
35:30sous l'Allemagne
35:31et il y a
35:34aujourd'hui
35:3410 millions
35:35de pauvres
35:35en France
35:36et 650 000
35:38français
35:39qui basculent
35:41chaque année
35:41dans la précarité
35:42pays
35:44appauvri
35:45peuple
35:45appauvri
35:45peuple
35:46endetté
35:47et c'est là
35:50que le papier
35:50de Baverez
35:51est intéressant
35:52parce qu'il dit
35:52des choses
35:53qui juste à présent
35:53n'étaient pas dites
35:54je m'explique
35:55tout le monde sait
35:56qu'il y a une dette
35:57publique
35:58de 3 400 milliards
35:59bon
36:00petite parenthèse
36:01quand on en parlait
36:01ensemble
36:02il n'y a encore
36:03pas longtemps
36:03vous m'aviez dit
36:06la dette
36:07de 3 000 milliards
36:08ouais
36:09mais aujourd'hui
36:10c'est 3 400
36:12et puis
36:13quand on va se revoir
36:14pour parler d'économie
36:16dans 6 mois
36:16dans une autre vie
36:18peut-être
36:19et bien
36:22ça sera
36:224 000 milliards
36:24bon
36:24etc
36:25et cette dette
36:27elle est détenue
36:28par qui ?
36:29elle n'est pas détenue
36:29par des français
36:30elle est détenue
36:30par les étrangers
36:31donc vous imaginez
36:32dans quelle situation
36:33on est
36:34et il faut ajouter
36:39à cette dette
36:40la cote part française
36:43des emprunts européens
36:45deux emprunts européens
36:47qu'on a oublié
36:48mais ils sont là
36:49ils courent
36:50les 800 milliards d'euros
36:53du plan
36:54de relance
36:55post-Covid
36:57et les 90 milliards
37:00d'emprunts
37:01pour acheter
37:03des armes
37:04à monsieur Zelensky
37:05sans que ça passe
37:08par le parlement
37:09etc
37:09ce qui fait pour nous
37:11à peu près
37:11180 milliards
37:12plus
37:1312 000 milliards
37:15d'engagement
37:15pour les retraites
37:17si bien que
37:18un français
37:19vous ou moi
37:21un citoyen français
37:22au titre
37:23des engagements
37:24des finances publiques
37:25il a
37:26231 000 euros
37:29de dette
37:30à payer
37:31ça fait 6 ans
37:31de revenus
37:32troisièmement
37:34il parle
37:36de tiers-mondisation
37:37oui
37:37le peuple français
37:39est un peuple
37:39en voie
37:41de tiers-mondisation
37:42en tout cas
37:43nicardisé
37:44dans un pays
37:46désindustrialisé
37:47vous vous rendez compte
37:49que
37:49il y a eu
37:5370 000
37:54faillites
37:55cette année
37:55je ne l'ai jamais vu
37:58et il y a un cadre
38:00de Brandt
38:01qui a dit l'autre jour
38:01une chose très juste
38:02oui
38:04les liquidateurs
38:06de Brandt
38:07ils sont à l'Assemblée nationale
38:08ce sont eux
38:09qui ont fait
38:09le manque de compétitivité
38:12énergétique
38:13ce sont eux
38:14qui ont
38:15largué
38:16la souveraineté
38:16industrielle
38:17ce sont eux
38:18qui ont
38:19mis des impôts
38:20de production
38:20on est pris
38:21à la gorge
38:22mais ce qui est intéressant
38:25dans tout ça
38:26c'est que
38:27les européistes
38:29vous expliquent
38:30oui mais attendez
38:30avec l'Europe
38:32on va s'en tirer
38:32pourquoi ?
38:33parce que
38:34maintenant il y a
38:34la souveraineté européenne
38:35ah oui
38:36je suis allé voir de près
38:37j'ai lu un papier
38:39dans les échos
38:39la semaine dernière
38:40qui gratinait
38:41vous savez que
38:43en ce moment
38:43à Bruxelles
38:44il y a une bagarre
38:44sur la question
38:46de la préférence européenne
38:47concept
38:49du funambule
38:50de la sémantique
38:51Emmanuel Macron
38:52la préférence européenne
38:54et là en fait
38:55la commission dit
38:56ok
38:56préférence européenne
38:57pourquoi pas
38:58mais
38:59à condition
38:59qu'elle s'étende
39:00à tous les sites
39:01de production
39:02il y en a 80
39:03des 80 pays
39:05avec lesquels
39:06on a signé
39:07des accords
39:08de libre-échange
39:09en d'autres termes
39:09une production cubaine
39:11une production roumaine
39:12une production
39:12une production
39:14indienne
39:15une production brésilienne
39:17sera une production
39:19européenne
39:20qu'est-ce que ça veut dire ?
39:21ça veut dire qu'en fait
39:22la France
39:24et l'Europe
39:26se conçoivent
39:29comme
39:31un espace
39:32de consommation
39:33et non plus
39:34un espace
39:34de production
39:35vous vous rendez compte
39:37que la France
39:38elle ne produit
39:41que 38%
39:43des biens
39:43manufacturés
39:44qu'elle consomme
39:45et puis
39:47il y a une petite phrase
39:48dans le papier
39:49de Nicolas Baverez
39:52qui m'a alerté
39:53il ose le dire
39:54l'euro
39:56n'est pas une protection
39:57ou plutôt
39:57c'est une rente
39:59je répète
40:01ce que j'ai dit
40:01j'ai écrit
40:03un livre sur l'euro
40:04vous avez aimé
40:05les farines animales
40:05vous adorez l'euro
40:06bon
40:08l'euro c'est pratique
40:09pour les hommes politiques
40:10il n'y a plus de sanctions
40:11il n'y a plus la sanction
40:13des marchés
40:13il n'y a plus d'évaluation
40:15on fait ce qu'on veut
40:16voilà
40:16en fait c'est
40:18François Longlet
40:19qui avait dit ça
40:20c'est
40:20l'oreiller
40:21qu'on met
40:23sur le réveil
40:24pour ne pas entendre
40:25sonner l'alarme
40:27voilà
40:27c'est une faillite
40:29faillite française
40:32faillite européenne
40:33nous y sommes
40:33et quand je vois
40:34sur une autre chaîne
40:36tout à l'heure
40:36la binette
40:38de Bourlange
40:39qui dit oui
40:40grâce à l'Europe
40:41etc
40:41ils sont
40:42mais combien de temps
40:43encore
40:43et je vois
40:45il y a eu un sondage
40:46sur l'Europe
40:46cette semaine
40:47et il n'y a encore
40:48il n'y a que 38%
40:50de français
40:50qui sont
40:51maintenant eurosceptiques
40:53et 29%
40:54qui sont encore
40:55qui pensent
40:57que l'Europe
40:58va nous sauver
40:58mais
40:59combien d'émissions
41:01faudra-t-il
41:01pour qu'on explique
41:03les chiffres
41:03les chiffres
41:04je viens de vous les donner
41:04je parle rarement
41:06de chiffres
41:06vous en conviendrez
41:07je préfère les mots
41:08aux chiffres
41:09mais souvent
41:10les chiffres
41:11sont plus forts
41:11que les mots
41:12Philippe De Villiers
41:13parlons justice
41:14à présent
41:15vous savez que
41:15les réquisitions
41:16au procès en appel
41:17de Marine Le Pen
41:17ont supprimé
41:19l'exécution provisoire
41:21mais maintenu
41:21un dispositif
41:22extrêmement sévère
41:23qui laisse
41:24plutôt augurer
41:25une issue défavorable
41:27pour sa candidature
41:28à l'élection
41:29présidentielle
41:30l'EPEM requise
41:31en appel
41:31contre Marine Le Pen
41:325 ans d'inéligibilité
41:344 ans d'emprisonnement
41:35dont un enferme
41:36une amende
41:37de 100 000 euros
41:40elle a dit
41:41Marine Le Pen
41:42si les réquisitions
41:43sont suivies
41:43je serai empêché
41:45de concourir
41:47à la présidentielle
41:48Geoffroy Lejeune
41:49Philippe
41:49quelles réflexions
41:51vous ont inspiré
41:51ces réquisitions
41:52c'est très simple
41:54il est probable
41:59que les trois juges
42:01de siège
42:02qui auront
42:03entre leurs mains
42:04le sort de la France
42:05le sort de l'élection
42:06présidentielle
42:06il est probable
42:07que les trois juges
42:08suivent la réquisition
42:10inéligibilité
42:12brasse électronique
42:14ce qui empêche
42:16Marine Le Pen
42:16d'être candidate
42:17soit matériellement
42:19brasse électronique
42:20soit juridiquement
42:21inéligibilité
42:22alors moi
42:24ma réflexion
42:25est la suivante
42:26c'est un coup d'état
42:29c'est pas le premier
42:32il y a eu
42:34François Fillon déjà
42:35mais
42:37quand on voit
42:38ce qui s'est passé
42:38en Roumanie
42:39quand on voit
42:40ce qui est en train
42:41de se passer
42:41sur les réseaux sociaux
42:42la perquisition
42:43chez X
42:43etc
42:44en fait
42:45on assiste
42:49à la substitution
42:52de la kleptocratie
42:54à la démocratie
42:55et je voudrais dire ceci
42:58de manière la plus objective possible
43:02je n'accepte pas
43:07cette rumeur maligne
43:09appelée par les juges
43:12le détournement de fonds publics
43:15c'est scandaleux
43:16ça n'est pas un détournement
43:18de fonds publics
43:19j'ai été député européen
43:20je sais de quoi je parle
43:20c'est scandaleux
43:22de salir les gens
43:25et je vais vous expliquer pourquoi
43:27il n'y a aucun enrichissement personnel
43:29aucune accusation
43:32d'enrichissement personnel
43:33alors pourquoi parler
43:34de détournement de fonds publics
43:35il n'y a aucun emploi fictif
43:36il y a simplement
43:37la nature
43:38des emplois
43:39des assistants
43:41parlementaires
43:42qui est en cause
43:43mais en fait
43:44je vais vous dire
43:45c'est une affaire
43:46de tribunal des prud'hommes
43:48c'est-à-dire
43:49il y a deux conceptions
43:50de l'assistant parlementaire
43:52je ne vais pas rentrer là-dedans
43:53j'en ai déjà parlé
43:53mais je pourrais en parler longuement
43:55l'assistant parlementaire
43:58soit il est l'employé
43:59du parlement européen
44:00soit il est le collaborateur
44:02du député
44:03moi je pense
44:04qu'il est le collaborateur
44:05du député
44:06d'autant plus
44:06que ce n'est pas un député européen
44:07c'est un député français
44:08au parlement européen
44:09donc ça ne regarde pas
44:10la commission
44:10ça ne regarde pas
44:11l'administration de Bruxelles
44:12l'état
44:13le super état
44:14brefond de Bruxelles
44:15et donc il y a
44:16une disproportion
44:17une disproportion
44:18entre
44:19les réquisitions
44:22et les faits
44:25il n'y a pas
44:27de détournement
44:28de fonds publics
44:28ce n'est pas ça
44:29ce n'est pas le mot
44:30qui convient
44:30deuxièmement
44:32il y a une disproportion
44:33encore plus grande
44:35entre
44:36la sanction
44:38éventuelle
44:39et les conséquences
44:40la sanction éventuelle
44:42elle ne peut pas
44:43se présenter
44:44à l'élection présidentielle
44:45Marine Le Pen
44:46les conséquences
44:49les gens vont y réfléchir
44:51le peuple
44:53n'est plus maître
44:54de son sort
44:55n'est plus maître
44:56de son destin
44:56le peuple n'est plus souverain
44:58puisqu'il ne peut plus
44:59choisir son souverain
45:00on est là devant
45:01ce que j'ai appelé
45:02la dernière fois
45:02Elliot
45:03je crois
45:04le messianisme judiciaire
45:06c'est-à-dire en fait
45:07les juges
45:09ont décidé
45:09de contrôler
45:11eux-mêmes
45:11le pouvoir
45:12politique
45:13je me souviens
45:14qu'un jour
45:14on a parlé
45:15de
45:15Rosan Vallon
45:18qui avait fait un papier
45:19une double page
45:19dans le monde
45:20pour expliquer
45:20qu'il y a deux sources
45:21de légitimité
45:22dans la démocratie
45:24post-moderne
45:24le peuple
45:27est représenté
45:28deux fois
45:28il est représenté
45:29par ses représentants
45:30les politiques
45:32et il est représenté
45:32par les juges
45:33ah bah non
45:34désolé
45:34les juges
45:35c'est par délégation
45:36de la loi
45:37les juges appliquent la loi
45:39alors que les parlementaires
45:41soient complètement stupides
45:42pour faire des lois
45:43qui font n'importe
45:44dont les conséquences
45:46ne sont pas calculées
45:48à l'avance
45:48bon
45:49ça on contrôle pas
45:51le cerveau
45:52voilà
45:54des députés
45:55mais en revanche
45:56en revanche
45:57ce qui est clair
45:58c'est que là
45:59s'installe
45:59la république des juges
46:00c'est-à-dire que c'est
46:01la république des juges
46:02qui va
46:02décider du casting
46:05de la présidentielle
46:06c'est un scandale
46:07d'état
46:09mais vous l'avez rappelé
46:11il s'appuie sur des textes
46:13qui ont été votés
46:14à l'Assemblée nationale
46:15oui
46:15mais ce que je veux dire
46:16la loi Sapin
46:17par exemple
46:17mais vous allez voir
46:18vous allez voir
46:19l'effet Beaumang
46:20bien sûr
46:22vous allez voir
46:22je comprends ce que vous voulez dire
46:25et quand les juges
46:25ne veulent pas appliquer
46:26à la lettre
46:27certaines lois
46:27je pense par exemple
46:28aux peines penchées
46:29ils peuvent le faire
46:30voilà
46:31Philippe Devilliers
46:32je voulais vous laisser
46:34beaucoup de temps
46:35parce que
46:36pour
46:37dernière question
46:39et dernière thématique
46:40vous souhaitiez
46:42apporter aux français
46:45un vent
46:46de patriotisme
46:47parce que la semaine dernière
46:49l'apologue
46:50était un apologue
46:51qui dressait
46:53une France
46:53méconnaissable
46:54un peu lourde
46:55et je vous avais demandé
46:56c'était un souhait
46:58et je faisais
46:59le porte-parole
47:00de ces millions de français
47:01qui vous regardent
47:02chaque vendredi
47:03dire mais
47:04tout est perdu
47:05tout est sauf
47:06c'est vous
47:07qui avez cette formule-là
47:09et vous êtes allé puiser
47:11pour cet apologue
47:12dans les patries intimes
47:13de votre mémoire
47:15de Philippe Devilliers
47:16quelles sont vos patries intimes
47:18qu'est-ce que ça veut dire ?
47:19ça c'est un mot
47:20qui a dû traîner
47:23dans un livre
47:24que j'ai lu
47:24j'aime bien ce mot
47:27patries intimes
47:28je vais vous expliquer pourquoi
47:29c'est qu'en fait
47:31quand tout est perdu
47:32vous semble perdu
47:33parce que
47:33en fait
47:33je lisais un papier
47:35comme vous m'avez appelé
47:36dans le Figaro
47:37une interview
47:38d'Eugénie Bastier
47:39d'un monsieur Bogossian
47:41un américain
47:43le titre c'est
47:44dans 100 ans
47:46la France aura disparu
47:47donc en fait
47:48quand vous lisez ça
47:49un papier comme ça
47:50et que
47:50le raisonnement
47:54qui est développé
47:55et qui se déploie
47:57est assez convaincant
47:59vous vous dites
48:01où est-ce que je veux
48:01chercher l'espérance
48:02et en fait
48:05je me dis
48:05dans mes patries intimes
48:08et je vais vous expliquer
48:11pourquoi
48:12Malraux en fait
48:16c'est Malraux
48:18qui m'a donné l'idée
48:19Malraux en fait
48:20il a
48:20il a cultivé
48:23son jardin secret
48:24et il disait
48:25j'ai mon musée imaginaire
48:28il en a même fait un livre
48:29avec une
48:31où il a
48:33dans ce musée imaginaire
48:34il a
48:35déposé
48:37ses trésors cachés
48:38ses trésors préférés
48:40dans la bibliothèque d'images
48:42et je me suis
48:46je me suis dit
48:47la chose suivante
48:48il y a
48:51pour chacun d'entre nous
48:52dans le fort intime
48:55tout au fond
48:57la place
49:00pour des lieux allégoriques
49:02pour des liens sacrés
49:05qui peuvent
49:07nous
49:09nous retenir
49:10de vaciller
49:11dans nos fidélités
49:12à la terre
49:15de nos pères
49:16il y a
49:19dans le fort intime
49:20des patries intimes
49:21encore faut-il
49:23aller les chercher
49:24quand on en a besoin
49:25pour qu'elles vous
49:27réconfortent
49:29et qu'elles vous apportent
49:32la sérénité
49:32perdue
49:34et moi
49:36ma première patrie intime
49:37c'est la définition même
49:39de la patrie
49:40et la meilleure définition
49:45que j'ai jamais trouvée
49:46elle est de
49:47Saint-Exupéry
49:48qui dit quelque part
49:52dans une phrase
49:53aujourd'hui oubliée
49:54la patrie
49:56c'est un domaine
49:56qu'est-ce donc
50:00qu'un domaine
50:01un sacrifice
50:03dit-il
50:04celui-là
50:07seul
50:08qui
50:12aura compris
50:14ce que c'est
50:16qu'un domaine
50:17qui lui aura
50:20sacrifié
50:21une part de soi
50:22qui aura
50:23lutté
50:24pour sa survie
50:25qui aura
50:27peiné
50:27pour son
50:28pour l'embellir
50:30celui-là
50:32seul
50:32c'est ce qu'est
50:34un domaine
50:35un domaine
50:35ce n'est pas
50:36la somme
50:36des intérêts
50:37là est l'erreur
50:38un domaine
50:40c'est la somme
50:41des dons
50:43Saint-Exupéry
50:43la somme
50:45des dons
50:45et j'ai lu cette phrase
50:47quand j'avais 12-13 ans
50:48et je ne la comprenais pas
50:49et je l'ai comprise
50:51en fait un peu plus tard
50:52en allant vers
50:53une autre patrie intime
50:55et j'étais fasciné
50:56comme tous les enfants
50:57par les loups
50:58et un jour
50:59je suis tombé
50:59sur un loup
51:00qui n'était pas ordinaire
51:01un loup
51:03qui n'était pas cruel
51:05un loup
51:07apprivoisé
51:08par Alfred Devigny
51:09le grand poète
51:10la mort du loup
51:11c'est-à-dire
51:13en fait
51:13Alfred Devigny
51:14il a transformé
51:17un loup
51:17prédateur
51:18en un loup
51:18donateur
51:19à voir
51:22ce que
51:24l'on perd
51:25quand on quitte
51:29la terre
51:29seul le silence
51:33est grand
51:33tout le reste
51:34est faiblesse
51:36fait énergiquement
51:40ta longue
51:41et lourde tâche
51:42dans la voie
51:45où le sort
51:45a voulu t'appeler
51:46puis après
51:46comme moi
51:47souffre
51:48et meurt
51:49sans parler
51:49et par-delà
51:52le don
51:53la somme
51:55des dons
51:55il y a évidemment
51:58justement
52:00mourir sans parler
52:02dans les patries intimes
52:05il y a les patries charnelles
52:07Peggy
52:07et pour moi
52:10le verre de Peggy
52:11qui reste
52:11dans mes patries
52:12dans mes patries intimes
52:14c'est
52:15ce verre
52:17trop connu
52:18mais
52:19qu'on se répète
52:20en se disant
52:21c'est extraordinaire
52:22parce qu'il fait des verres
52:23comme il rempaille les chaises
52:25heureux
52:27ceux qui sont morts
52:28car ils sont retournés
52:29dans la première argile
52:30la première terre
52:32heureux
52:35ceux qui sont morts
52:36dans une juste guerre
52:37heureux
52:38les épimures
52:39et les blés moissonnés
52:40les épimures
52:43les blés moissonnés
52:44qu'est-ce qu'un épimure ?
52:48c'est un héros
52:48sacrifié
52:49qui s'est sacrifié
52:50pour la France
52:51et là
52:52il y a une autre patrie intime
52:55qui m'est chère
52:57j'ai la photocopie chez moi
53:00que je lis souvent
53:01dans mon tiroir gauche
53:03c'est la dernière lettre
53:05d'un héros de la résistance
53:07un héros français
53:08qui s'appelle
53:09Honoré Destendorf
53:10c'est la dernière lettre
53:12à ses enfants
53:13il est à Fren
53:14en prison
53:15c'est la veille
53:16de son exécution
53:17on vient de le prévenir
53:18et dans la nuit
53:21qui précède la discussion
53:23il écrit à ses enfants
53:24et il leur dit ceci
53:28c'est sublime
53:29mes chers enfants
53:30il me faut maintenant
53:33penser à dormir un peu
53:34c'est demain matin
53:35ne songez jamais
53:38à me venger
53:39je n'ai voulu que
53:41la paix
53:42et la liberté
53:44retrouvée pour la France
53:45dites-leur
53:46dites-leur
53:47que je meurs pour elle
53:49et que j'espère
53:53que mon sacrifice
53:54servira
53:56à la France
53:57je vous embrasse
53:59mes chers enfants
54:01avec ma tendresse
54:02chérie
54:03Honoré Destendorf
54:05votre papa
54:06et cette patrie intime
54:11me fait penser
54:13à l'autre bout
54:16du maquis
54:16dans le même maquis
54:18quelqu'un qui
54:20pense différemment
54:23mais qui aime la France
54:24de la même manière
54:25Aragon
54:26avec ce mot
54:28que je répète souvent
54:31vous pouvez condamner
54:34un poète au silence
54:35et faire d'un oiseau du ciel
54:38un galérien
54:39mais
54:41si vous lui refusez
54:43d'aimer la France
54:46sachez que
54:48vous n'y pouvez rien
54:50et puis
54:54la patrie intime
54:57que je cultive
55:01lorsque je marche
55:02dans la nature
55:03dans la campagne
55:04et j'invite tous les enfants
55:06à faire de même
55:07on a des milliards
55:09de français
55:10sous nos parcs
55:11qu'on a oublié
55:13et celui qui a le mieux
55:15repris cette idée
55:21de la terre féconde
55:27de la terre qui féconde la mémoire
55:30c'est Benjamin Fondane
55:31mort à Auschwitz
55:33et qui a laissé un poème
55:36qui est arrivé jusqu'à sa famille
55:38et jusqu'à nous
55:39c'est à vous que je parle
55:45homme des antipodes
55:46je parle d'homme à homme
55:48avec le peu en moi
55:51qui demeure de l'homme
55:52avec le peu de voix
55:53qui me reste au gosier
55:55un jour viendra
55:57c'est sûr
55:58de la soif apaisée
55:59nous serons au-delà du souvenir
56:01alors
56:03sachez que j'avais un visage
56:06comme vous
56:07une bouche qui priait
56:09comme vous
56:09quand une poussière
56:11ou bien un son
56:12j'entrais dans l'oeil
56:13il écoulait un peu de sel
56:14et quand une épine mauvaise
56:15égratinait ma peau
56:16il écoulait un son
56:18aussi rouge que l'autre
56:20et quand je serai
56:23sur vos pieds
56:26un bouquet d'ortiches
56:28souvenez-vous
56:30mortels de ce jour-là
56:32que j'étais innocent
56:33et que j'avais comme vous
56:35un visage marqué
56:38par la colère
56:38par la pitié
56:41par la joie
56:42un visage d'homme
56:44tout simplement
56:45merci Philippe de Villiers
56:50pour cette nouvelle émission
56:51et pour cette ligne
56:52aux patriotes
56:53et ces patries intimes
56:55peut-être qu'un jour
56:56dans les écoles
56:57on demandera aux élèves
56:58quelles sont vos patries intimes
57:00nous dans ma génération
57:02on ne m'a pas demandé ça
57:03malheureusement
57:04un grand merci Philippe de Villiers
57:08un grand merci à vous
57:09également Geoffroy Lejeune
57:11on se retrouve bien sûr
57:12dans un instant
57:13pour la suite
57:15de notre antenne sur CNews
57:17ce sera l'heure des pros
57:18à tout de suite
57:19à tout de suite
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