00:02Et nous allons commencer par notre Bruno Godard,
00:05marre de la pipolisation de la vie publique qui nous détourne des vrais débats d'idées.
00:10Ah oui, parce que moi hier je me suis régalé avec cette magnifique paparazzade dans Paris Match
00:16où je pense que dans l'histoire des fausses photos volées, on est au maximum,
00:21parce qu'évidemment que ces photos ne sont pas volées,
00:23que c'est un rendez-vous qui a été pris avec un photographe,
00:26C'est rarement le cas.
00:27C'est rarement le cas, mais là elles ont été choisies,
00:29Là on est sur un homme politique.
00:31Donc en fait, moi je me pose la question, quel est l'intérêt pour Jordan Bardella
00:34de se mettre en scène comme ça ?
00:36Il est en train de se créer en statut de présidentiable,
00:40comme avait fait Emmanuel Macron en 2017,
00:43où il avait organisé aussi une fausse paparazzade avec Brigitte,
00:47où il sortait de l'eau, où il était magnifique.
00:49Comme Nicolas Sarkozy.
00:50Comme Nicolas Sarkozy, comme Éric Zemmour, comme plein de gens font ça.
00:54Et moi ce que je trouve terrible, c'est que tout le monde tombe dans ce piège,
00:58notamment à gauche, où on commence à dire,
01:00oui, mais alors évidemment, Jordan Bardella ne peut pas être quelqu'un
01:03qui va s'occuper du peuple, puisqu'il sort avec une princesse,
01:07ce qui est complètement ridicule comme réaction.
01:09Mais en fait, le piège tendu par Jordan Bardella,
01:12qui se dégage des idées,
01:14et qui devient people comme les autres,
01:16en fait, la gauche tombe dedans,
01:18et va discuter, se battre sur quelque chose qui n'a aucun sens.
01:22Si on veut combattre les idées du RN, il faut le faire sur le programme.
01:26Si on veut dire que le RN ne va absolument pas aider les classes populaires,
01:30il faut se battre sur le programme.
01:32Alors, on peut discuter de cette princesse.
01:35Jordan Bardella tombe amoureux de qui il veut.
01:37Ça ne nous intéresse pas, on s'en fout complètement.
01:41Ça va faire rêver peut-être dans les chaumières,
01:43son électorat de base en disant,
01:45oh, ce petit chose qui sort d'une cité,
01:48qui tombe amoureux d'une princesse,
01:50la princesse tombe amoureux de lui,
01:52on est dans le présent,
01:54mais aussi dans cette histoire.
01:55Il y a ce qu'on appelle la storytelling.
01:56Voilà, de cette jeune femme
01:58dont l'histoire de la famille remonte à UKP,
02:01c'est grotesque.
02:02Il faut parler des idées.
02:04Moi, j'aimerais qu'on vote, en fait,
02:05les politologues disent que les citoyens votent pour deux choses.
02:10En adhérant à des idées,
02:11et en adhérant à la sympathie du candidat.
02:14Je veux bien entendre ça.
02:16Pour moi, les idées sont beaucoup plus importantes que la sympathie.
02:19Je pense qu'on peut être absolument pas sympathique
02:21et brillant pour diriger une nation.
02:24Et je pense qu'on peut être éminemment sympathique,
02:26et être ridicule,
02:27et être totalement incompétent.
02:29Donc, j'aimerais qu'on sorte de ça,
02:31qu'on parle des idées,
02:33et que les hommes politiques redeviennent des hommes politiques,
02:36et non pas des people.
02:38Alors, il a fait ça sur Paris Match,
02:40parce que Paris Match, c'est le TikTok des plus de 50 ans.
02:42Donc, il faut aller taper les vieux qui votent beaucoup.
02:46Ils vont regarder Paris Match,
02:47ils vont trouver ça formidable.
02:48Moi, je trouve ça catastrophique pour la démocratie.
02:51Incompétent et sympathique, c'est nous, Sophie.
02:55Il aurait pu sortir d'un point de vue,
02:57à la limite.
03:00Vous avez fait une très bonne analyse de ça.
03:04Là où je suis en désaccord avec vous,
03:06d'abord, on s'intéresse depuis longtemps,
03:09de moins en moins aux idées.
03:11Depuis 2007, c'est fini.
03:13La personnalité présidentielle a pris une importance démesurée.
03:17Et ensuite, quel bonheur de voir renaître, justement,
03:21ce mythe de la princesse.
03:26Vous êtes trop romantique, Philippe.
03:27Non, mais parce qu'en réalité,
03:29vous avez très justement dénoncé ce que la gauche pense aujourd'hui.
03:34C'est que ça n'est pas normal que ça se passe comme cela.
03:38Et même dans la communication absolue,
03:40je trouve que c'est fait avec beaucoup de grâce et de talent.
03:43Catherine ?
03:44Non, moi, je trouve que d'abord, c'est Paris Match.
03:46Et Paris Match, c'est le poids des mots et le choc des photos.
03:49C'est le premier sujet.
03:50Et deuxièmement, ça ne m'amuse pas follement
03:53parce que j'aurais préféré le mariage de Mourouzi, par exemple.
03:57Ou des images chocs comme ça,
03:59quand le Luron et...
04:01Et Mourouzi, c'est démarié.
04:02Oui, comme lui, ils se sont marrés.
04:04Mais chacun fait ce qu'il veut.
04:06Et de toute façon, la gauche, si ce n'est pas ça,
04:08ils trouveront autre chose.
04:09Oui, mais sur les idées, ce n'est pas un problème.
04:10De toute façon, ce n'est pas un problème.
04:12Ils ont trouvé un autre sujet.
04:14Mais moi, rien de nouveau sous le soleil.
04:15Rappelez-vous quand même, il y a 40 ans,
04:17Chirac couché avec un Walkman
04:19à écouter du Madonna qui faisait faire un concert
04:21dans la pousse de l'hôtel de ville.
04:24Ségolène Royal avec son bébé dans les bras
04:26à la maternité qui avait quelques heures.
04:30Macron qui se fait bodybuilder
04:32pour jouer les Rambo pendant la guerre.
04:35Ou les tablettes de chocolat...
04:36Les abdominaux Cronenbourg de Sarkozy
04:38qui sont remplacés par des tablettes de chocolat.
04:40En plus, il n'est pas élu.
04:41Bref, de tout ça, c'est que de la pipolisation.
04:43Et ça fait maintenant 40 ans que ça durera.
04:44Je trouve ça très triste.
04:45J'aimerais bien que ça s'arrête.
04:46Mais non, Bruno.
04:48En réalité, l'influence croissante de la pipolisation
04:53permet de mieux appréhender, justement,
04:57une personnalité dont ça glabale.
04:59Et pas son programme.
05:00Uniquement son...
05:01Mais il n'y a pas de ça.
05:02Il y a des gens qui s'en fichent.
05:04Allez, Philippe David, Stéphane Richard,
05:07ancien PDG du groupe Orange,
05:09devient patron de l'OM.
05:10Eh bien, écoutez, comme on va aller à Rome tout à l'heure
05:12où Emmanuel Macron rencontre le pape,
05:15là, maintenant, ce n'est pas Abémousse Papam,
05:17c'est Abémousse Presidentum,
05:18puisque Stéphane Richard a été nommé président de l'OM
05:21à compter du 2 juillet prochain,
05:23c'est-à-dire dans un peu moins de 3 mois.
05:25Qu'est-ce qu'il sera ce soir au match ?
05:27Bonne question.
05:28Alors, c'est l'ancien PDG d'Orange.
05:29Moi, ça m'amuse parce que le stade de Marseille
05:31s'appelle depuis quelques années l'Orange Vélodrome.
05:34Donc, on peut dire que c'est une conjonction des temps.
05:36Mais alors, même si je fais mon coming-out,
05:38comme on le sait, je ne suis pas supporter de l'OM,
05:40mais je les supporte en Coupe d'Europe,
05:41comme tous les clubs français.
05:42Un grand patron peut être un grand patron de club.
05:45Je vais prendre mon triptyque italien type,
05:47Agnelli, patron de Fiat et patron de la Juventus,
05:49qui fait venir Platini, qui gagne la Ligue des Champions.
05:52Berlusconi, qui ressuscite le Milan AC,
05:55avec Arrigo Sacchi comme entraîneur
05:56et Gullit van Basten-Reichard et compagnie.
05:58Et Moratti, à l'Inter,
06:00qui lui était plutôt dans la bière et le pétrole,
06:02et qui a fait quand même une magnifique équipe de l'Inter.
06:05Abramovic à Chelsea, bien sûr,
06:06ou encore Perez, qui depuis des années
06:08est le grand président du Real Madrid.
06:10Alors, moi, je pense qu'un grand patron...
06:12Il y avait Bazin, mais c'était pas...
06:13C'est ça, Bazin.
06:13Oui, mais il n'a pas gagné de Coupe d'Europe.
06:15C'est ça.
06:15Et donc, on peut être un grand patron
06:17et un grand patron de club,
06:18mais il y a deux vérités à comprendre.
06:20Un, avoir un très bon rapport,
06:22même fusionnel avec son entraîneur.
06:24Je crois que c'est très important
06:25de bien s'entendre avec son entraîneur.
06:27Et deuxièmement, ne jamais oublier
06:28que quand on vient d'une boîte du CAC 40,
06:30dans un club de foot, il y a une différence,
06:32c'est que les salariés sont beaucoup mieux payés
06:34que les patrons.
06:35Oui.
06:36Alors, moi, j'ai un vrai problème
06:39avec ce genre de nomination.
06:42Moi, pour le coup, je suis supporter
06:43de l'Olympique de Marseille.
06:44Nul n'est parfait, hein ?
06:45Exactement.
06:46J'aime le football, je connais le football,
06:48donc je suis supporter de l'Olympique de Marseille.
06:51Et donc, en fait, là, on va parler d'un président
06:54qui ne sera pas propriétaire de son club.
06:55Ah ben, c'est ça.
06:56Donc, il faut faire attention
06:57parce qu'il y a énormément d'échecs
07:00dans l'histoire du football
07:01d'hommes d'affaires
07:02qui sont arrivés à la tête d'un club
07:04et qui deviennent fous
07:06parce que le football rend fou.
07:08On redevient un enfant
07:09quand on devient...
07:10On est président de club
07:12et on a huit ans dans la tribune présidentielle.
07:14Moi, je voyais les types
07:15dans les années 90, 2000,
07:17ils arrivaient avec des manteaux,
07:18au début en fourrure,
07:19après un peu camel,
07:20un peu en cachemire,
07:21un peu...
07:21Ils étaient les patrons de la corbeille
07:23de la tribune présidentielle.
07:25Le palco, comme on dit en Espagne.
07:26Et il y avait toute une foultitude
07:28d'agents autour de types
07:30qui vendaient des joueurs,
07:32qui...
07:32C'était un peu chelou,
07:34un peu...
07:34C'était du people,
07:35mais les types, en fait,
07:37qui étaient des hommes d'affaires
07:38brillantissimes,
07:39devenaient des présidents de clubs
07:40médiocres
07:41parce qu'en fait,
07:42ils ne comprenaient pas
07:43l'écosystème du football.
07:44L'écosystème du football,
07:45ce n'est pas une entreprise.
07:46C'est quelque chose
07:47de très compliqué
07:47parce que c'est
07:48l'impondérable en permanence.
07:50Vous pouvez avoir
07:51une super équipe
07:52et dans ce coup,
07:53vous allez perdre en match
07:54et ça va vous précipiter
07:55dans le sac.
07:55C'est ça.
07:56Et vous ne pouvez rien y faire.
07:57Vous ne pouvez pas virer des gens,
07:58rien.
07:58Donc, attention à ça.
07:59Même, mon cher Philippe,
08:01vous avez choisi
08:02un seul contre-touche
08:03très confortable
08:04parce que
08:05qui pourrait dire
08:06en définitive
08:07que Stéphane Richard
08:08ne serait pas un bon choix.
08:10On verra plus tard.
08:11Je pense que ça peut être
08:11un bon choix,
08:12mais je pense qu'il y a
08:13quand même deux impératifs
08:14où il faut être capable
08:15de s'adapter.
08:15Les deux conditions
08:16que vous avez évoquées
08:17sont très pertinentes
08:20comme souvent chez vous.
08:23Et en réalité,
08:24on est d'accord.
08:25Stéphane Richard,
08:26il est à la fois
08:27stratège
08:27et très opérationnel.
08:29Donc, je pense
08:30que dans un environnement
08:30un peu difficile,
08:31il devrait être bon.
08:32C'est ce que je peux dire.
08:33En tout cas,
08:34il semblait très heureux
08:36de l'être.
08:37Après, il a la motivation.
08:38Il y a des gens
08:38qui cherchent un poste
08:39et lui, visiblement,
08:40c'est plus complet.
08:42Allez, vous restez avec nous
08:43dans un instant.
08:44Artemis 2,
08:45les innovations liées
08:45à la contexte spatiale
08:47sont-elles utiles ?
08:49En tout cas,
08:49notre quotidien,
08:50on en parle dans un instant
08:52avec Benjamin Peter
08:52qui serait avec nous.
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