00:00On va revenir sur cette condamnation de l'ancien président Nicolas Sarkozy,
00:05condamné à 50 prisons avec mandat de dépôt à effet déféré dans l'affaire du financement libyen de 2007.
00:12Juste avant, si vous ne l'avez pas écouté, on voudrait vous faire entendre ce qu'il a dit à la sortie du tribunal.
00:18Écoutez.
00:20Et alors même qu'on connaît mon adresse, qu'on peut me reconnaître dans la rue,
00:25que j'ai assumé toutes mes responsabilités,
00:31le tribunal prononce l'exécution provisoire pour me voir dormir en prison le plus tôt possible.
00:41Je demande aux Français qu'ils aient voté ou non pour moi,
00:47qu'ils me soutiennent ou non,
00:50d'apprécier ce qui vient de se passer.
00:55La haine n'a donc décidément aucune limite.
01:02J'assumerai mes responsabilités,
01:07je déférerai aux convocations de la justice,
01:11et s'ils veulent absolument que je dorme en prison,
01:15je dormirai en prison.
01:17Mais la tête haute,
01:20je suis innocent.
01:21Cette injustice est un scandale.
01:28Je ne m'écuserai pas de quelque chose que je n'ai pas fait.
01:34Naturellement, je ferai appel.
01:36Nicolas Sarkozy, à la sortie, on sent, Eric Revelle, que l'homme est abattu quand même.
01:41Ah ben attendez, c'est un tremblement de terre pour la vie politique française.
01:46Après on s'expliquera, mais c'est un tremblement de terre pour l'image de la France à l'étranger.
01:52Et puis je dirais, vous voyez, la gauche dit,
01:56un président de la République, un ex, doit être jugé comme n'importe quel autre citoyen.
01:59C'est vrai, mais justement, normalement, le doute doit bénéficier à l'accusé.
02:04Or là, il est condamné à 5 ans de prison ferme pour association de malfaiteurs.
02:10Mais ce qu'on lui reproche, c'est qu'il aurait eu une supposée intention de monter une structure
02:14pour éventuellement demander de l'argent à la Libye.
02:18Mais vous voyez, on est dans l'intention.
02:20Donc il me semble, sans prendre de parti politique,
02:23qu'on ne peut pas condamner quelqu'un sur une intention.
02:25J'appelle que le pacte de corruption, qui a valu 10 ans d'enquête,
02:29ils n'ont pas trouvé une seule preuve.
02:31Et là, en fait, bon, donc voilà, moi je suis un peu...
02:34Je pense que j'aurais coché la case, Philippe, discutable, c'est ça ?
02:38Discutable, oui, alors c'est scandaleux, c'est discutable, ou c'est normal.
02:42Et pour le moment, vous êtes un tout petit peu plus nombreux à penser que c'est scandaleux.
02:47On était 39 scandaleux, 36 juste, et 25 discutables.
02:51C'est très discutable.
02:51C'est très discutable.
02:52Alors moi, il y a un point que je trouve discutable, quand même,
02:54c'est que l'accusation est partie d'un document qui était un faux.
02:57De Mediapart.
02:58Oui, de Mediapart, qui était un faux.
03:00Oui, les grands journalistes de Mediapart.
03:02Donc la question qui se pose, est-ce qu'on peut condamner quelqu'un à de la prison ferme,
03:09alors que la preuve, et je mets des guillemets à preuve, de départ, est quand même un faux ?
03:15Ça pose question.
03:17Deuxièmement, une autre question se pose.
03:18Vous l'avez dit, Eric, il n'y a pas de corruption, il n'y a pas eu de financement libyen,
03:23mais je vais vous faire une métaphore footballistique, on en parlait en préparant l'émission.
03:26Au football, on dit, intention vos fautes, donc si un arbitre pense que vous avez voulu casser un adversaire,
03:32mais que vous l'avez raté, il peut vous expulser.
03:34Mais j'espère quand même qu'en droit, ce n'est pas pareil.
03:36Parce que sinon, on peut condamner tout le monde à tout et n'importe quoi.
03:40Donc ça, ça pose quand même sérieusement question.
03:42En effet, à mon sens aussi, je rejoins Eric Revelle, c'est parfaitement discutable dans le sens qu'il n'y a pas de preuve.
03:51Aujourd'hui, je pense qu'en tant que citoyen, tout simplement, on voit qu'il y a des méfaits qui sont commis
03:55et qui ne sont pas discutables pour le coup, et qui, eux, ne sont pas condamnés.
04:00Et là, juste, vraisemblablement sur quelques doutes,
04:06on vient condamner un homme qui, malgré tout, a été président de la République,
04:09qu'on l'apprécie ou qu'on ne l'apprécie pas.
04:12Et c'est vrai que malheureusement...
04:13C'est ce qu'il dit, d'ailleurs.
04:13C'est ce qu'il dit.
04:14Et que malheureusement, je trouve que ça vient encore creuser sans doute un peu le fossé entre les Français et leur justice.
04:21Il y a pas mal de réactions, dont son ex-femme, Madame Mathias,
04:27qui, elle, aussi trouve que le procès est à charge.
04:32Écoutez, depuis le début, c'est le sentiment que ça donne.
04:34Moi, je ne suis ni avocat ni magistrat, je suis un simple citoyen.
04:37Mais j'aimerais, si j'avais maille à partir avec la justice,
04:40j'aimerais pouvoir bénéficier, par exemple, de la présomption d'innocence
04:45et que le doute, si on n'arrive pas à prouver ma culpabilité, me soit favorable.
04:50Or là, pardonnez-moi, le pacte de corruption, il est abandonné faute de preuve.
04:54Et là, il est condamné...
04:55Le financement libyen est abandonné faute de preuve ?
04:58Parce que c'était quand même les deux points clés.
04:59Je vous coupe, Eric.
05:00À mon avis, c'était quand même les deux points clés.
05:02Et là, il est condamné pour association de malfaiteurs,
05:05donc avec Guéant et Hortefeu,
05:08où on estime qu'il aurait eu l'intention de monter cette structure
05:13pour essayer de bénéficier de financement.
05:15Mais vous voyez, l'intention, là aussi, il n'y a pas de preuve.
05:19Donc moi, je ne dis pas que Nicolas Sarkozy est blanc, j'en sais rien.
05:22Mais moi, j'aimerais, si vous voulez, que la justice, l'esprit des lois,
05:26comme le dit Denis Oliven, l'ancien patron d'Europe 1,
05:29vous savez, Denis Oliven,
05:30qui n'est pas un homme de droite...
05:32Donc qui est un homme de gauche, clairement.
05:34Eh bien, voilà, il est choqué, il dit que ce n'est pas l'esprit des lois.
05:37On ne peut pas condamner quelqu'un sur une intuition sans indice, sans preuve.
05:42Voilà, c'est effrayant.
05:43Et puis, vous en parlerez peut-être, pardon, Cécile,
05:45vous en parlerez peut-être tout à l'heure,
05:46mais il y a ce boulet au pied, maintenant, de toute la classe politique
05:49qui s'appelle l'exécution provisoire.
05:51Alors, je reviens sur le tweet de Marine Le Pen
05:54qui a dénoncé la généralisation de l'exécution provisoire.
05:59Elle dit que ce qui est dangereux,
06:00c'est la tendance de certaines juridictions
06:03à appliquer l'exécutant provisoire.
06:05C'est-à-dire de faire appliquer une peine
06:07avant que tous les recours soient jugés.
06:09Oui, exactement.
06:10C'est-à-dire que c'est applicable immédiatement.
06:12Donc, le 13 octobre, l'ex-chef de l'État
06:14va revenir devant la juridiction
06:17et on lui donnera la date de son incarcération.
06:20Qui, en général, est à court terme après
06:22parce que c'est un mois, on a un mois après le prononcé.
06:27Donc, c'est le 25, 13 octobre.
06:29Il restera maximum 12 jours pour être dans la règle
06:31pour qu'il soit incarcéré.
06:34Avec le mandat de dépôt, il va aller en prison.
06:37Alors, ce qui est important aussi de rappeler,
06:38c'est que le parquet national financier fait également appel.
06:41Ça, c'est important.
06:42Oui, c'est important parce que je pense
06:43qu'il fait appel sur l'abandon du pacte de corruption.
06:47Donc, ça veut dire que si le PNF,
06:49le parquet national financier, fait appel,
06:51c'est que lui, le parquet national financier,
06:53qui depuis le début, oui, est à charge sur Nicolas Sarkozy,
06:56ils estiment que c'est pas juste
06:59d'avoir abandonné ce motif d'inculpation.
07:03Donc, a priori, Nicolas Sarkozy risque une peine supplémentaire
07:08si le PNF est entendu.
07:10Ah oui.
07:11Il y a aussi la maladresse,
07:13puisqu'on sait vraisemblablement que...
07:15Enfin, pas vraisemblablement,
07:16la juge qui a acté la condamnation de François Fillon
07:20il y a quelques années
07:21est la même que celle qui acte celle de Nicolas Sarkozy.
07:24Alors, on peut s'interroger.
07:25Elle est peut-être seule.
07:26Vous voulez dire qu'elle n'aime pas les LR.
07:27Elle n'aime pas les RP et les RPR.
07:30Je vous laisse juge.
07:31Je ne sais pas.
07:32C'est vous qui l'avez dit.
07:32C'est vrai qu'on peut dire qu'il y a quand même une maladresse.
07:34Comment se fait-il que ce soit ce même juge ?
07:37Alors, ironie du sort,
07:38c'est que les députés écologistes
07:40ont présenté aujourd'hui à l'Assemblée nationale
07:41une proposition de loi
07:42contre le financement occulte des campagnes électorales,
07:45en particulier des transactions en liquide.
07:48Et ce texte vise à combler les failles
07:51justement mises en lumière par le procès Sarkozy.
07:54Comme quoi, la concomitance des dates,
07:56c'est quand même assez étonnant.
07:57Oui, oui, bon, ça arrive.
08:00Philippe David me faisait remarquer
08:01que M. Takédine avait fait une crise cardiaque
08:04deux jours avant...
08:06C'est aussi la concordance des temps,
08:08peut-être, je ne sais pas,
08:08mais surtout pas, on va nous traiter de complotistes.
08:10Non, non, non.
08:10Mais c'est quand même assez surprenant.
08:13Non, et puis on a un bon cœur,
08:14on ne va pas faire de crise cardiaque tout de suite,
08:15nous, Philippe.
08:16Non.
08:16Mais surtout, c'est quand même drôle,
08:18parce que les députés écologistes
08:19ont fait une proposition de loi
08:20contre le financement occulte.
08:22Mais désolé, un financement occulte,
08:24ça a toujours été interdit par la loi,
08:26même avant la première loi de financement
08:28des partis politiques...
08:29Depuis l'affaire urbain, en 90 de mémoire,
08:32ça a été la première loi de financement
08:34des nombreuses lois qu'il y a eu ensuite.
08:36Non, mais les verts ont un peu de retard.
08:38Les verts ont toujours un peu de retard.
08:40Ils ont toujours un peu de retard.
08:41Il ne faut pas qu'ils s'occupent de quélogie,
08:42les verts, parce qu'ils ont toujours du retard.
08:43Si je reviens sur les condamnations,
08:45Nicolas Sarkozy, donc 5 ans,
08:48brise hortefeux exactement
08:49pour les mêmes chefs d'accusation,
08:53déclarés coupables d'association de malfaiteurs,
08:56qui ne prend que 2 ans.
08:57Est-ce qu'on peut expliquer...
08:58Comment expliquer cette différenciation des peines ?
09:02Mais moi, je suis ni avocat, ni magistrat,
09:04mais il y a tellement de choses qui m'étonnent.
09:05En ce moment, on parlait de François Fillon.
09:08Anne Hidalgo, la maire de Paris,
09:10vous avez vu, elle a essayé acheter des toilettes.
09:12On se demande pourquoi elle achetait
09:13un coup du 36 en chaussure, un coup du 39.
09:17Peut-être que cet été, les pieds étaient gonflés.
09:19Peut-être.
09:20Ça arrive quand il fait chaud.
09:21On n'en fait pas des tonnes dans les médias,
09:23notamment du service public,
09:24alors que Fillon, pour 2 costumes,
09:262 costumes, vous vous souvenez ce qui s'est passé pour Fillon ?
09:29Donc oui, il y a du 2 poids, 2 mesures,
09:31ou du 3 poids, 4 mesures.
09:33Enfin, en l'occurrence, je crois que c'était du 36 et du 38
09:36qui les prenaient comme pointure.
09:38Anne Hidalgo.
09:39C'est une bonne nouvelle, le faire trailler les couturiers français.
09:42En tout cas, si vous voulez, bien entendu,
09:44débattre avec nous en direct de ce salon de Lyon
09:47sur l'affaire de Nicolas Sarkozy,
09:49condamné donc à 50 prisons avec mandat de dépôt
09:52à effet déféré dans l'affaire de financement libyen
09:55de 2007, 0826 300 300.
09:59On fait une petite pause et on revient dans un instant.
10:01Sud Radio
10:04Parlons vrai
10:06Sud Radio
10:07Parlons vrai
10:08Sud Radio
10:09Parlons vrai
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