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Dimanche, il devra affronter une triangulaire tendue pour le second tour des municipales à Paris. Il aura face à lui Rachida Dati, candidate LR renforcée par le retrait de Sarah Knafo (Reconquête) et de Pierre-Yves Bournazel (Horizons - Renaissance) à la suite de la fusion de sa liste avec la liste LR. Et la candidate LFI Sophia Chikirou qui se maintient. Paris peut-elle basculer à droite ? Emmanuel Grégoire, candidat socialiste à la mairie de Paris, est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 20 mars 2026.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 20 mars 2026.
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00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il a viré en tête au soir du premier tour des municipales à Paris dimanche dernier,
00:06Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche hors LFI et l'invité d'RTL Matin.
00:09Bonjour et bienvenue sur RTL, Emmanuel Grégoire.
00:11Bonjour.
00:11Ma première question est la même que celle que j'ai posée à Rachida Dati,
00:14qui était assis face à ce même micro hier matin.
00:17Pourquoi faudrait-il choisir un bulletin Grégoire dans l'isoloir dimanche dans la capitale ?
00:21Parce que dimanche se joue un enjeu qui dépasse simplement cette élection.
00:27Paris, c'est une ville qui a une histoire, qui a un socle de valeurs.
00:32C'est la conquête de la liberté, c'est l'avant-garde, c'est l'émancipation, c'est la protection.
00:38Et c'est une fidélité aussi à tout un référentiel qui a une résonance dans notre République.
00:44Et en face dimanche, il n'y a pas seulement Madame Dati.
00:47Il n'y a pas seulement la droite, il y a en réalité l'extrême droite.
00:52Avec le retrait de Madame Knafo, avec le soutien de Bardella, avec le soutien de Marine Le Pen,
00:59on a une configuration dans laquelle la droite ne peut pas gagner sans le soutien.
01:04C'est la candidate de l'extrême droite pour vous ?
01:06Rachida Dati est devenue la candidate de l'extrême droite.
01:09L'extrême droite a trouvé sa candidate à Paris.
01:12Et je veux le dire avec un peu de gravité à tous les électeurs, y compris qui n'ont pas
01:16voté pour moi,
01:16pour lequel j'ai du respect, c'est que l'alternance soutenue par le RN, ce n'est pas l
01:21'alternance,
01:22c'est une capitulation, c'est une capitulation morale.
01:25Et donc, va se jouer un enjeu démocratique absolument majeur.
01:29Il faut répondre à une question simple.
01:32Est-ce que vous souhaitez que ce soit Rachida Dati soutenu par l'extrême droite qui soit élu maire,
01:37ou est-ce que ce soit Emmanuel Grégoire avec l'Union de la gauche et les écologistes ?
01:41Factuellement, Rachida Dati a reçu le soutien de la liste Horizon, d'Edouard Philippe, de Pierre-Yves Bournazel.
01:47Sarah Knafo...
01:48Non, pas de Pierre-Yves Bournazel.
01:49C'est la liste de Pierre-Yves Bournazel sans Pierre-Yves Bournazel.
01:51Oui, ça fait beaucoup quand même.
01:53Et Sarah Knafo, elle, qui avait fait un peu plus de 10%, s'est retirée, mais il n'y a
01:57pas de fusion de listes.
01:57Et vous avez lâché une petite bombe hier, en affirmant qu'Emmanuel Macron, qui soutient Rachida Dati,
02:02était personnellement intervenu à différents niveaux pour faire en sorte que Sarah Knafo se retire au profit de Rachida Dati.
02:08Ça veut dire quoi ? Qu'est-ce qu'il a fait, Emmanuel Macron ?
02:10Ça veut dire, moi, je ne fais pas de complotisme, moi, j'analyse les faits, je fais de la politique.
02:15Il faut analyser la séquence pour en comprendre la gravité.
02:19C'est d'abord un rapprochement entre Rachida Dati et la liste de Pierre-Yves Bournazel,
02:24qui se passe dans des constitutions très hasardeuses, puisque dans l'instant même,
02:28Pierre-Yves Bournazel, tellement il en est un peu fier et il y a été contraint, décide de s'en
02:32retirer.
02:33Et je tiens à saluer la dignité et la grandeur de sa décision.
02:37Il vous a dit qu'il allait voter pour vous, Pierre-Yves Bournazel ?
02:39Il ne me dit rien et s'il l'avait fait, je ne le dirai pas à la radio.
02:42Mais qu'a fait Emmanuel Macron pour faire décrocher Sarah Knafo ?
02:45Deuxième chose, retrait de Sarah Knafo.
02:50Troisième appel à voter pour Dati de Bardella.
02:53Et hier, appel de Marine Le Pen à faire barrage à la liste que je conduis.
03:01Faire barrage à Emmanuel Grégoire.
03:02Parce qu'elle vous accuse, et on va y revenir Marine Le Pen, d'avoir une responsabilité dans les scandales
03:06de violence dans le périscolaire.
03:07Ça, on va y revenir.
03:07Mais je voudrais vraiment qu'on clarifie sur vos accusations contre Emmanuel Macron.
03:11Est-ce que vous avez des preuves ou est-ce que c'est une petite boule puante de fin de
03:15campagne que vous balancez ?
03:16Alors, je ne balance jamais de boule puante.
03:17Moi, comme je le dis, je fais de la politique.
03:19Et j'ai observé tout au long de cette campagne la responsabilité du président de la République
03:24dans son soutien constant à une ministre, d'abord en la nommant, en la maintenant à ses fonctions en dépit
03:31de sa mise en examen,
03:33en la maintenant encore en fonction en dépit de son renvoi en correctionnel.
03:38Pas le même sujet.
03:39Bien sûr que c'est le même sujet.
03:40C'est celui du soutien à tout prix.
03:46A tout prix.
03:47Mais là, vous dites que le chef de l'État, le président de la République, Emmanuel Macron,
03:52est intervenu pour dire à Sarah Knafo, il faut que vous enleviez votre liste pour favoriser Rachida Dati.
03:58Qui a appelé qui, quand, comment ?
04:00Quels sont les faits ?
04:01Parce qu'on ne peut pas se baser sur on m'a dit que.
04:03Quels sont les faits ?
04:04C'est des confrères à vous.
04:07Et lisez des morts.
04:08J'imagine bien.
04:10Je n'attendais pas un communiqué de presse de confirmation.
04:13Des confrères à vous regardent cela de près.
04:16et je laisse faire son travail.
04:18Et ça dépassera l'enjeu.
04:19Mais ils en ont dit un peu plus que ça, j'imagine.
04:21Oui, mais comme quand vous travaillez et que vous nous dites des choses,
04:24les journalistes, on ne leur répète pas.
04:26On vous laisse faire votre travail.
04:27Mais je veux insister sur la gravité,
04:31au moins sur l'analyse politique que vous pouvez partager.
04:33Pour la première fois de l'histoire,
04:35l'extrême droite a dépassé 10% sur le scrutin central de Paris.
04:41D'accord ?
04:41Pour la première fois.
04:42Donc pour la première fois,
04:44elle était en situation de se maintenir dans la collectivité la plus grande de France,
04:49la plus importante.
04:50Et elle a dit, je ne reste pas parce que je veux chasser la gauche de la mairie de Paris.
04:52Et c'est dans cette circonstance-là
04:55qu'elle refuse d'entrer au Conseil de Paris,
04:57qu'elle est l'une des plus belles missions qui soit donnée
04:59à un élu, a fortiori, quand on a été candidat et qu'on y a prétendu.
05:03Et donc, je le dis avec un peu de gravité.
05:07Tout ce qui a été fait pour dégager la route de Madame Dati est grave.
05:13Et je le redis, une alternance soutenue.
05:15Vous maintenez vos propos ?
05:16Je maintiens mes propos.
05:17Et je le dis, une alternance soutenue par l'extrême droite,
05:21c'est une capitulation.
05:22Ces propos ne sont pas sérieux.
05:24Ils déshonorent un peu la personne qui les dit,
05:26comme ça, à l'emporte-pied.
05:27Ça, c'est les réactions, les mots qui sont sortis de la bouche d'Emmanuel Macron.
05:29Il y a quelqu'un qui ment.
05:30C'est vous ou c'est le Président de la République ?
05:32On verra.
05:33Vos confrères nous confirmeront ça dans les jours qui viennent,
05:35ou dans les semaines qui viennent.
05:35Il est votre conviction, c'est vous ou c'est le Président de la République ?
05:38Moi, ma conviction, c'est qu'avoir l'extrême droite
05:41qui soutient intégralement Madame Dati ne peut pas être le fruit du hasard.
05:46Marine Le Pen, on l'évoquait,
05:47a donc appelé à faire barrage contre vous
05:49à cause de l'affaire du périscolaire, comme on dit,
05:51ces scandales de violence et d'agression sexuelle
05:53visant des enfants dans les établissements scolaires de la capitale.
05:57Vous avez été pendant des années le premier radjoint d'Anne Hidalgo.
05:59Est-ce que vous vous sentez une responsabilité dans ces drames ?
06:02Oui, je l'ai dit déjà.
06:04Je considère qu'il y a une responsabilité collective évidente.
06:09Ce n'était pas un sujet que je suivais personnellement.
06:11Ce n'était pas le secteur dont j'avais la charge.
06:13Ce n'était pas le secteur dont la mère m'avait confié la charge.
06:15Vous étiez, au moment de la première alerte faite par le groupe
06:17proche de Rachida Dati en 2015, en charge du recrutement ?
06:21Non, pas du recrutement.
06:22Je ne recrute personne.
06:24Les élus ne recrutent pas les agents publics.
06:26Il n'y a que Madame Dati qui croit ça.
06:27Peut-être le croit-elle et le fait-elle.
06:29Mais dans la fonction publique,
06:30les élus ne recrutent pas les agents publics.
06:32C'est l'administration avec des concours extrêmement encadrés.
06:34Heureusement que les élus n'ont pas le droit de se mêler des recrutements
06:37des agents de l'administration.
06:39Donc c'est en quelque sorte, un peu comme à l'époque du sang contaminé,
06:41responsable mais pas coupable ?
06:43Non, je n'utiliserai pas du tout cette expression.
06:45Pourquoi ?
06:46Parce que c'est un sujet qui me touche personnellement.
06:50Il me renvoie à des choses que j'ai subies
06:52et dont j'ai tué la gravité pendant longtemps.
06:55Et vous en avez parlé il y a quelques semaines
06:56et c'est évidemment que vous faites partie des victimes
06:58et c'est un drame personnel que vous avez vécu
07:01et ça, personne ne le conteste.
07:02Mais ça n'exonère pas d'une éventuelle responsabilité politique.
07:05Non, ça n'exonère pas d'une responsabilité politique.
07:06Mais il se trouve que je me suis toujours beaucoup investi
07:08sur ce sujet de la protection de l'enfance.
07:10C'est au cœur de notre projet,
07:12y compris avec de belles personnalités
07:13qui vont l'apporter dans l'avenir.
07:16La responsabilité, elle est collective
07:18et c'est inacceptable ce qui s'est produit.
07:21Et je vais renverser la table.
07:22Je l'ai dit déjà maintes fois.
07:24C'est-à-dire que collectivement,
07:25personne n'a pris la mesure de ce qui se passait ?
07:27Je pense que surtout, il n'y avait pas des procédures
07:29permettant d'embrasser la complexité du sujet.
07:31Beaucoup des cas que vous évoquez
07:32qui créent évidemment cette situation de crise
07:36sont assez récents.
07:38C'est surtout sur l'année 2025.
07:41Et on peut y voir un mouvement de libération
07:44de la parole.
07:45On y a vu aussi à l'évidence des fautes
07:49en termes d'application de procédures,
07:51de bonnes applications de procédures.
07:53On va tout remettre à plat.
07:56On va renverser la table.
07:58J'ai dit qu'on allait organiser une convention citoyenne
08:00pour permettre de bien juger de l'organisation de la semaine
08:03et de s'assurer de la complétude des procédures
08:06et de l'assurance qualité qu'on donne
08:08dans l'obligation de résultats
08:10que je m'impose en matière de protection des enfants.
08:12J'en ferai le sujet prioritaire du début du mandat
08:16et je le prendrai en main personnellement.
08:18Deux questions avec des réponses rapides.
08:19Ça concerne le programme.
08:20Sur la taxe foncière,
08:21Rachida Dati vous accuse d'avoir racketté
08:23les Parisiens à hauteur de 600 millions d'euros.
08:25Elle dit qu'elle va la baisser
08:26de ceux dont vous l'avez augmenté, 62%.
08:28Vous faites quoi, vous ?
08:29Rachida Dati, son problème,
08:31c'est qu'elle ne dit jamais la même chose.
08:32Elle n'avait jamais dit ça.
08:33C'est sorti au débat l'autre soir.
08:36Elle était incapable d'ailleurs de le préciser.
08:37Je comprends qu'elle y a réfléchi dans la nuit
08:39et qu'elle l'a précisé hier matin devant vous.
08:42Son programme, ce n'est pas changer Paris,
08:43c'est changer tout le temps.
08:44Elle change tout le temps d'avis, surtout.
08:46Mais vous, rapidement.
08:46Non, moi j'ai annoncé une stabilisation.
08:49Les Parisiens, ils ne veulent pas
08:50qu'on baisse la taxe foncière.
08:51Je ne crois pas.
08:52Ils veulent que la ville soit plus propre.
08:53Ils veulent que la ville soit plus verte,
08:55plus agréable à vivre et plus sécurisée.
08:58Et donc, c'est complètement absurde
09:01d'articuler une proposition de baisse de la taxe foncière
09:03et les grands programmes d'ambition
09:05que nous avons collectivement
09:06pour améliorer la qualité de vie,
09:08préparer l'avenir de cette ville.
09:10Bon, la campagne va s'achever dans quelques heures.
09:12Ce soir à minuit, c'est terminé.
09:13Vous aviez dit que vous refuseriez
09:14de vous allier avec la candidate de LFI
09:16et vous avez tenu votre parole.
09:17Vous l'avez dit ici même,
09:18le lendemain de l'accord avec les écologistes.
09:20Mais quand même, quand vous regardez le sondage
09:22qui a été publié hier soir,
09:23qui vous met à 46-44 face à Rachida Dati,
09:26deux points d'avance pour vous.
09:27Donc, on est dans la marge d'erreur.
09:28Est-ce que vous ne craignez pas
09:29d'avoir une sérieuse gueule de bois lundi matin ?
09:31Est-ce que vous ne dites pas
09:32peut-être que j'aurais dû prendre la main tendue ?
09:34Peut-être qu'il y avait un accord à trouver.
09:35On ne peut jamais regretter d'être cohérent.
09:36Je sais que les Parisiennes et les Parisiens
09:38attendent de leur maire
09:40de la compétence, de la cohérence,
09:42de la proximité et de l'intégrité.
09:45Et moi, j'entends honorer cette promesse.
09:48Je veux être le maire
09:50dont les Parisiens sont fiers
09:51et incarner tout cela.
09:53Et la première des conditions,
09:54c'est de dire ce qu'on fait
09:56et de faire ce qu'on dit.
09:57Je suis le seul candidat
09:58à avoir respecté ma parole.
09:59Rachida Dati ne devait fusionner avec personne.
10:02Elle finit en fusion
10:03et soutenue par l'extrême droite.
10:06Et moi, j'avais dit,
10:07ici même et à bien d'autres endroits,
10:09et moi, j'ai des électeurs
10:11et je veux m'adresser
10:12à ceux qui sont indécis.
10:14Des électeurs qui n'ont pas voté pour moi,
10:16dont j'ai besoin au deuxième tour pour gagner.
10:18Qu'ils aient voté pour Sofia Chikirou
10:20ou Pierre-Yves Bournazel.
10:21Je veux dire les cohérences
10:23du projet que nous avons
10:25avec un grand nombre d'ambitions de gauche
10:26et je veux dire à l'électorat
10:28qui s'est porté auprès de Pierre-Yves Bournazel,
10:31combien la probité
10:32est un aimant essentiel de la vie publique.
10:35Et à cet égard,
10:36je donne des garanties.
10:37Je veux être le maire
10:38de toutes les Parisiennes
10:39et de tous les Parisiens.
10:40Je respecterai mes oppositions.
10:43Je respecterai la diversité
10:45des Parisiennes et des Parisiens
10:46de l'ensemble des quartiers,
10:47de l'ensemble des arrondissements.
10:48Et c'est une garantie
10:49que je crois j'ai su honorer
10:51dans mes anciennes fonctions
10:52en termes de disponibilité au dialogue.
10:54Je veux être un maire
10:55dont les Parisiens soient fiers.
10:56Est-ce que vous avez un contact
10:57puisqu'on parle des coups de fil
10:58passés ou prétendument passés
10:59par les uns ou par les autres
11:00avec Anne Hidalgo ces derniers jours ?
11:01Elle vous a appelé ?
11:03Elle m'a envoyé un SMS.
11:04Elle vous dit quoi ?
11:05C'est secret ce qu'elle m'a dit.
11:06Elle vous dit vas-y fonce
11:08ou elle vous dit...
11:09C'était un message agréable.
11:10Un message agréable.
11:11Donc elle vous soutient ?
11:12Oui, bien sûr.
11:12Et j'ai demandé tout à l'heure,
11:14hier pardon,
11:14à Rachida Dati
11:15de terminer en disant
11:16un mot aimable sur vous.
11:18Elle a un peu hésité
11:18puis elle a dit
11:19bon courage.
11:20Et vous, si vous deviez dire
11:20une gentillesse à votre adversaire ?
11:23Je lui dirais
11:24que j'ai hâte de travailler avec elle.
11:26Elle sera mère d'arrondissement
11:27et je la sais combative.
11:29Je la sais attachée
11:30à son arrondissement
11:31et j'espère retrouver avec elle
11:33des relations plus apaisées.
11:35Merci beaucoup Emmanuel Grégoire
11:36d'être venu sur RTL ce matin.
11:37Merci à mes Tipeurs et mes Tipeurs
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