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  • il y a 7 minutes
Regardez C'est notre époque avec Thomas Sotto du 08 avril 2026.

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Transcription
00:00Le vélo RTL Matin, c'est notre époque.
00:02Où en sommes-nous vraiment ce matin ? Où en serons-nous dans quelques heures ?
00:06Où en serons-nous dans 15 jours à l'expiration semble-t-il du cessez-le-feu décrété par Donald
00:11Trump
00:11auquel les Iraniens semblent avoir dit oui, ça c'est vrai, sur lesquels les Israéliens semblent plus sceptiques.
00:16En tout cas, ils ont dit, pour nous, ça ne concernera pas le Liban.
00:19Voilà, le décor est à peu près planté.
00:21On est passé, ça il faut le dire aussi, d'une inquiétude extrême il y a quelques heures à une
00:25forme de soulagement ce matin.
00:26On va donc répondre à toutes vos questions sur ces deux jambes, en fait, que contient ce conflit.
00:31La jambe économique avec vous, Marcia Liu, éditorialiste économique ICRTL.
00:35Et sur la jambe militaire avec vous, général Vincent Desportes, auteur de votre dernier livre,
00:40« Stratégie, les essentiels, la pensée et l'action », publié chez Odile Jacob.
00:44On était en ligne tout à l'heure ce matin, très tôt avec vous pour un premier décryptage.
00:47Et merci d'être revenu nous voir.
00:49Peut-être que je vais commencer très simplement, chacun dans vos domaines.
00:52Un point positif, un point négatif ce matin, d'un point de vue militaire, général.
00:55Le point positif, c'est que cette gabegie, cette guerre complètement stupide, s'arrête.
01:01Ça, c'est le point positif.
01:03Ensuite, le point négatif, c'est que finalement, elle s'arrête avec un coût très élevé,
01:07puisque une grosse partie de l'Iran a été cassée, que finalement...
01:10Humain ?
01:11Un coût humain.
01:13Et le fait que finalement, Trump n'est parvenu à aucun de ses objectifs.
01:17Donc, l'Amérique est décrédibilisée.
01:20Enfin, Trump, ça a été occupé tout seul, hein, de la crédibiliser.
01:23Enfin, l'Amérique est décrédibilisée, et nous avec.
01:25Parce que nous sommes mis dans le même panier.
01:28Donc, il y a une très très bonne nouvelle.
01:30Et puis finalement, c'est un énorme gâchis.
01:32Énorme gâchis.
01:33Point de vue économique, avez-vous, Martial Liu ?
01:34La bonne nouvelle, c'est qu'on va cesser la spéculation autour des matières premières.
01:39Et ça, c'est important, parce que sur le prix qu'on paie à la pompe, son essence ou son
01:43gazole,
01:43il y a quand même un tiers qui dépend de cette spéculation financière qui a lieu aujourd'hui
01:48sur le brut et sur les produits raffinés.
01:52Là, ça, c'est la bonne nouvelle.
01:54La mauvaise, c'est qu'on entre maintenant dans une deuxième phase qui va être complexe
01:58et politiquement et pour les Français.
02:01C'est-à-dire de comprendre les à-coups qui suivent.
02:04C'est-à-dire lorsque le gaz, la facture va augmenter,
02:07lorsqu'il va y avoir des difficultés à assumer l'inflation
02:12qui va quand même se générer avec un petit temps de retard,
02:15le comprendre alors qu'on n'est plus en guerre.
02:17Ça ne sera pas totalement neutre et pas forcément facile à année.
02:20On a beaucoup de questions qui réagissent.
02:22On a entendu au début du journal de 9h le patron de l'UFI,
02:25puis nous, le Français des industries pétrolières.
02:27De qui se moque ce monsieur ?
02:285 à 10 centimes de baisse dans les prochains jours et encore sur le gazole.
02:32Je peux vous en citer 10 ou 15 comme ça.
02:34C'est vrai qu'on se dit, quand même, il y a une formule célèbre,
02:36les prix montent avec l'ascenseur et descendent par l'escalier.
02:40Pourquoi ça ne baisse pas là ?
02:41Pourquoi ça ne va pas baisser là ?
02:42Alors, ça va baisser.
02:43C'est-à-dire que si c'est dans 48 heures,
02:45on va dire qu'on est à peu près dans les délais où c'était monté.
02:48C'est monté de 40 centimes sur le gazole.
02:51Oui, mais de façon progressive sur plusieurs jours.
02:54Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'en fait, vous avez deux spéculations sur un litre d'essence.
02:58Vous avez une première spéculation, c'est le Brent, c'est le pétrole, on le regarde tous les jours.
03:02Et là, cette nuit, effectivement, il a perdu 20 centimes, 20 centimes, non, 20 dollars.
03:06Il est passé de 115 à 95.
03:08Donc, ça va se traduire, évidemment, par une baisse assez rapide.
03:12Vous avez une deuxième spéculation qu'on a du mal à expliquer, qu'on ne voit pas forcément.
03:15C'est ce qu'on appelle le platz.
03:17Ça, c'est à Rotterdam.
03:18C'est-à-dire, une fois que le pétrole a été raffiné, que vous avez vraiment l'essence et que
03:22vous avez vraiment le diesel.
03:23Ça, c'est ce que paient les stations-service.
03:24Et là, vous avez eu beaucoup de spéculations au tout début.
03:28Et ça met plus de temps à redescendre à ce niveau-là, donc à se traduire à la pompe.
03:32Question pour le militaire que vous êtes, Général Vincent Desportes.
03:34Est-ce que les militaires écoutent les économistes ?
03:37Est-ce que c'est le business qui a fait lâcher Trump et ce n'est pas l'intérêt militaire,
03:41selon vous ?
03:42Alors, moi, je ne crois pas que ce soit vraiment le business.
03:44Un peu, parce que la montée du prix du galon aux Etats-Unis n'a pas été rien dans le
03:48rejet de cette guerre par la population américaine.
03:51Alors, c'est le litre d'essence.
03:52C'est ça.
03:53C'est le litre d'essence.
03:54Ce qui a fait...
03:55Trump était pris dans un étau.
03:57Un étau, d'une part, entre le fait qu'il pouvait monter en puissance en termes militaires,
04:02frapper toujours davantage, menacer de détruire la civilisation iranienne,
04:06et ça ne fonctionnait pas.
04:07Donc, la voie militaire ne marche pas.
04:10Et puis, l'autre partie de l'étau, c'est évidemment la population...
04:13Enfin, les citoyens américains, dont on sait maintenant que la grande majorité rejette cette guerre.
04:19Or, Trump arrive au mi-terme.
04:22On sait qu'il a...
04:22Une élection de mi-mandat, au moins d'avant.
04:23Voilà, au moins d'avant.
04:24On sait qu'il a déjà perdu à peu près la Chambre des représentants,
04:27mais si en plus il perd le Sénat, alors pourquoi n'appliquerait-on pas l'article 25,
04:31dont un certain nombre de sénateurs l'ont menacé,
04:34c'est-à-dire d'institutions pour folie, en gros.
04:37Donc, il fallait qu'il sorte de cette impasse.
04:40Il a perdu toute crédibilité militaire, vous pensez ou pas ?
04:42Parce que certains disaient, et Marc-Olivier Fogiel en parlait avec Christine Ocrate,
04:45la stratégie du fou.
04:47Voilà, on se fait passer pour un fou, mais on sait exactement...
04:50Trump a redit hier, j'ai une stratégie, mais je ne peux pas vous dire,
04:54mais évidemment que tout est écrit et prévu depuis le début.
04:55Vous n'y croyez pas, ça ?
04:56Ah non, non, non, mais bien sûr, il avait tout prévu.
04:58Il avait tout prévu qu'il céderait tout à l'Iran, vous croyez, depuis le début ?
05:01Non, mais ce n'est pas sérieux.
05:02À partir du moment où il reprend les éléments de langage et le plan iranien,
05:06c'est qu'il a perdu.
05:07Et ça, c'est quelque chose qui est grave.
05:09Qui est grave parce que, eh bien, la crédibilité des Etats-Unis est mise à mal.
05:15Et dans cette crédibilité, il y a nous.
05:17Qui s'est frotté les mains ?
05:18Eh bien, c'est Xi, en Chine, c'est Poutine, en Russie,
05:20qui disent très bien, l'Occident est de plus en plus faible,
05:23et ce ne sont pas nos concurrents, ce sont nos adversaires.
05:27Donc, nous avons perdu globalement.
05:28Martial Liu, quand on parle de Xi Jinping, le président chinois,
05:30on pense tout de suite à l'économie.
05:32On sait que l'économie n'aime pas trop l'instabilité,
05:34là, pour le coup, on est servi.
05:35Est-ce que ça veut dire que, même s'il y a un cessez-le-feu,
05:38même si ce cessez-le-feu est respecté,
05:39même si c'est la fin de la guerre,
05:41l'économie mondiale et peut-être française
05:44vont sortir affaiblies, tout ça ?
05:46On est rentrés affaiblies dans cette crise
05:49qu'on n'avait pas demandée, nous.
05:50C'est-à-dire qu'on est rentrés avec des entreprises
05:52qui avaient déjà des trésoreries tendues,
05:54qui subissent cette crise des matières premières en premier lieu.
05:59On est rentrés avec des foyers qui avaient de l'épargne,
06:02mais beaucoup d'inquiétudes aussi,
06:04et qui consommaient peu,
06:05et qui vont continuer à peu consommer
06:07si les prix repartent à la hausse.
06:09Et quand on parlait de l'arbitrage des marchés financiers
06:13et du monde de la finance,
06:14c'est vrai que ça a eu une influence sur Donald Trump,
06:16tout simplement parce que, souvenez-vous,
06:17lors de son investiture,
06:18il avait les plus grands patrons américains
06:21qui étaient dans la salle,
06:22et notamment ceux de la Silicon Valley,
06:23alors que la Californie n'est pas naturellement portée
06:26à aller vers Trump.
06:26Et là, les marchés financiers ne supportent pas
06:29précisément l'imprévisibilité.
06:31C'est ce qu'ils détestent le plus.
06:33Et c'est le message qu'ils ont fait passer,
06:35parce qu'un homme fou ne peut pas
06:37s'occuper d'économies et de marchés financiers.
06:40Question d'Erica pour vous, Général Desportes.
06:42Je viens d'entendre que le président Macron
06:44réunissait un conseil de défense ce matin.
06:46À quoi ça sert ?
06:47Actuellement, on a beaucoup de forces françaises engagées.
06:50On a un porte-avions,
06:51on a des hélicoptères,
06:52on a des avions.
06:53La situation géopolitique et stratégique a changé.
06:56Il est normal que le chef des armées
06:58décide de la suite à donner.
07:00Et très probablement,
07:01nous garderons nos forces là-bas.
07:02A vous penser ?
07:03Le Charles de Gaulle va rester là-bas ?
07:04Pour l'instant.
07:05Il y a 15 jours,
07:06on ne sait pas comment ça va redémarrer.
07:07On ne va pas le renvoyer en Suède pour revenir.
07:09Donc évidemment, on va les conserver.
07:10Donc il y a une nouvelle posture à adopter.
07:12C'est bien de cela dont il s'agira aujourd'hui.
07:15Hyper-volatilité des cours.
07:16Là, je vois à l'instant que le cours du gaz
07:18a baissé de 20% le gaz européen.
07:23Le dollar dévise.
07:24Le cours du pétrole baisse aussi.
07:26On est vraiment action-réaction.
07:27C'est l'instantanéité.
07:28Oui, alors ça, c'est le danger
07:29de la politique avec Donald Trump.
07:32On l'a bien vu depuis le début de ce conflit.
07:33À chaque fois qu'il parle,
07:35ça a des incidences très fortes
07:36à la hausse ou à la baisse
07:37sur les marchés financiers
07:39et tout ce qui est spéculatif.
07:41La bonne nouvelle, on va dire,
07:43c'est que si on se donne 15 jours
07:44et si on est raisonnable,
07:46on n'est jamais sûr de rien,
07:47avec Donald Trump évidemment,
07:48et qu'on stabilise un peu,
07:49les choses vont se mettre à niveau.
07:52Mais je rappelle à ceux qui nous écoutent,
07:53ne vous attendez pas à des baisses massives.
07:56le prix du plein d'essence
08:00va rester au-dessus des 2 euros
08:02à peu près quand même encore.
08:03On n'est pas revenu au niveau
08:05où on était au moment du déclenchement
08:07de la crise iranienne.
08:08C'est une question, je vous interromps.
08:09Romain, 74 900.
08:11En 2008, le baril atteint les 150 dollars.
08:13Le prix au litre n'a jamais dépassé
08:14les 1,50 euros.
08:15Comment expliquer qu'aujourd'hui,
08:16nous dépassons les 2 euros
08:17en étant à peine à 110 dollars le baril ?
08:20Ça, c'est une question de bon sens.
08:21Oui, et elle est légitime.
08:22D'abord parce qu'il y a des taxes
08:24qui n'existaient pas à l'époque
08:25qu'on a rajoutées,
08:26notamment la CEE, comme on dit.
08:28C'est-à-dire que la CEE,
08:29elle paye aujourd'hui
08:30le leasing social des voitures électriques.
08:32Pour faire simple, je résume.
08:34Ensuite, il y a effectivement
08:36tout un tas de petites choses.
08:37Il y a une TVA qui se met sur une taxe
08:40sur une autre taxe.
08:41Il y a une zone incompressible
08:44qu'on appelait la TICPE
08:45qui, elle, reste,
08:46quel que soit le prix du baril,
08:48au même niveau.
08:49Donc tout ça fait que ça pousse
08:51mécaniquement et de façon
08:51un peu exponentielle,
08:52même avec un prix du baril
08:54au même niveau,
08:55à des prix finaux plus élevés.
08:58Et tout ça étant soumis
08:59peut-être au prochain tweet,
09:00au prochain message
09:01du président Trump
09:01sur son réseau social,
09:03Trousse Social.
09:04Général Vincent Desportes,
09:05on a appris,
09:06il y a quelques minutes à peine,
09:07que Cécile Collère
09:08et Jacques Paris,
09:09ex-otage iranien,
09:11étaient revenus
09:11sur le sol français.
09:12On n'a plus d'otage iranien.
09:13On peut se demander
09:14si notre positionnement
09:16stratégique et militaire
09:17n'était pas lié
09:18à leur retour en France.
09:19Est-ce que ça peut changer les choses ?
09:20Alors moi, je ne crois pas
09:22que les décisions du président Macron
09:23aient été liées à ça.
09:24Par contre, je pense que c'est
09:25un signe de l'Iran
09:26qui dit
09:26on a bien compris
09:27que vous n'étiez pas avec eux.
09:29Donc il nous différencie
09:30dans cette affaire-là
09:30et je crois que c'est une bonne chose,
09:32bien sûr,
09:33puisque la France n'était pas partie
09:34et n'approuvait pas cette guerre.
09:35Oui, donc ça, pour vous,
09:37ce n'est pas lié.
09:37Ça ne changera pas notre position.
09:39Vous pensez qu'on a un rôle à jouer maintenant ?
09:41Parce que les négociations,
09:42enfin les discussions de paix
09:43vont avoir lieu au Pakistan.
09:44Est-ce que l'Europe, la France,
09:47qui ont été largement mises de côté,
09:48tout ça s'est fait sans nous,
09:50sans même nous consulter
09:51au moment du déclenchement de la guerre,
09:52est-ce qu'on a un rôle à jouer diplomatique ?
09:54Alors, peut-être pas immédiat,
09:55mais on a évidemment
09:56un rôle à jouer dans le golfe.
09:58On a bien vu que les États-Unis
09:59se sont totalement décrédibilisés
10:01comme protecteurs des États du golfe.
10:03Nous, nous avons fait notre travail,
10:05nous l'avons bien fait
10:06et je pense qu'il y a une option
10:08à saisir maintenant pour l'Europe
10:09et nous, nous ne devons pas la perdre.
10:11Il y a eu des frappes ce matin
10:12après l'annonce du cessez-le-feu
10:14à Manama, Bahreïn.
10:15Est-ce que ça, ça veut dire que
10:17oui, on est dans du très très fragile
10:19et que ça peut vraiment redéraper
10:21à tout le monde
10:21ou est-ce que c'est en fin de conflit,
10:23souvent, il y a quelques missiles qui partent ?
10:25Alors, il y a eu des morts
10:26après la onzième heure du onzième jour
10:28en 1918.
10:29Donc, ça ne se termine pas comme ça.
10:30Et puis, ce qui a permis à l'Iran de tenir,
10:32c'est que le pouvoir était disséminé
10:35et que donc, il n'est pas du tout impossible
10:37qu'il y ait des cellules de passe d'Aran
10:39qui ne soient pas encore complètement
10:41dans la nouvelle donnée
10:43et qui est continuée à tirer.
10:45Mais je pense que ça va se calmer
10:46et mon avis, quand même,
10:48c'est qu'on va en sortir.
10:49C'est qu'on va en sortir.
10:49Juste d'un mot,
10:50tous ces Émirats, Dubaï,
10:52Émirats Arabes Unis, le Qatar,
10:54ils vont s'en sortir indemnes ou pas ?
10:57Oui, parce qu'ils ont des réserves
11:00et les grands équilibres, en réalité,
11:02ne sont pas remis en question
11:03au niveau économique.
11:04C'est-à-dire que les producteurs de pétrole
11:06restent toujours les mêmes
11:07et de gaz aussi.
11:08Simplement, voilà,
11:08il y a eu un épiphénomène.
11:10Si ça a duré uniquement un mois,
11:12je dirais que tout le monde
11:12s'en remettra à peu près.
11:14Il y aura quelques soubresauts encore.
11:15Je vous le disais sans doute
11:15des bribes d'inflation
11:16qui resteront chez nous.
11:17Mais globalement,
11:18les grands équilibres sont toujours là
11:19à ce stade.
11:20Eh bien, merci beaucoup à tous les deux.
11:22Merci, Martialiou.
11:23Merci, Général Vincent Desportes.
11:24Stratégie, les essentiels,
11:25la pensée et l'action,
11:26c'est comme si vous aviez
11:27le Général Desportes chez vous.
11:28C'est chez Odile Jacob.
11:30Merci d'être venu
11:30et de nous avoir accompagné
11:31tout au long de cette matinale,
11:32mon Général.
11:33Merci à vous.
11:33Merci.
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