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  • il y a 13 heures
DB - 08-04-2026

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00:01...
00:24Depuis mon installation à Tourleusanne,
00:26deux clans s'étaient formés dans le village.
00:28Celui des farouches adeptes de la médecine parallèle,
00:31cher à Augustin Tabourrièche, le guérisseur,
00:34et celui des partisans de la médecine tout court,
00:37qui constituaient, Dieu merci, la majorité.
00:39Les premiers teintes, Tabourrièche avait difficilement admis
00:42la concurrence que je lui faisais.
00:44Puis, une sorte d'accord tacite était intervenu entre nous,
00:47à base essentiellement d'ignorance mutuelle.
00:49Et nous avons vécu un certain temps
00:51dans ce qu'il est convenu d'appeler la coexistence pacifique.
00:54Et puis, un jour...
01:01Jacqueline, pas vrai ?
01:03Oui.
01:05Tu peux embrasser ton père.
01:13Oh, chavardesse,
01:15les bagages de la petite, hein ?
01:17Le bagage, monsieur Tabourrièche.
01:19C'est tout ?
01:20C'est tout.
01:22Eh bien, l'héritage de ta mère
01:24n'a pas dû te coûter cher en droits de succession.
01:26On va tomber, hein ?
01:27Et mes journaux, monsieur Stavardensier,
01:29vous avez pensé ?
01:30Fardy,
01:31je pense que tu me crèves les yeux, petit.
01:34Docteur, j'ai un paquet pour vous.
01:36Dites,
01:37il a au moins fait quelque chose de beau
01:39dans sa vie, votre ami Tabourrièche.
01:41C'est à se demander si c'est vraiment sa fille.
01:44Vous étiez au courant, monsieur le maire ?
01:46Eh, Fardy, la petite aînée ici,
01:47et c'est moi qui l'ai inscrite
01:48sur les registres de l'état civil, hein ?
01:51Tiens, c'est bien simple.
01:52L'année où on a vu un Allemand au village, hein ?
01:55Ah oui, le motocycliste qui s'était tombé de route ?
01:57Oui, c'était en 44, non ?
01:59Euh, 43.
02:01Oui, oui, 43.
02:02Tu penses, chavardesse, si je m'en souviens.
02:04Ça avait fait une de ces randames au village, hein ?
02:07La naissance de la petite aussi, du reste.
02:08Oh, parce que sa mère
02:10et monsieur Tabourrièche
02:11n'étaient jamais passés devant moi.
02:13Qu'est-ce que tu prends ?
02:14Comme d'habitude.
02:15Oui.
02:16Mais qui c'était, sa mère ?
02:18Oh, c'était une fille de la plaine
02:20que ses parents avaient placée chez le guérisseur
02:22comme bonne, pourrait-il se dire.
02:24Bonne à tout faire, même les enfants.
02:26Eh oui.
02:27Qu'est-ce que tu bois, toi ?
02:28Un jus de pamplemousse.
02:32Ah, pauvre femme.
02:33Elle s'est enfui avec le bébé
02:35plutôt que de supporter Tabourrièche.
02:37Il n'a appris la mort de sa femme
02:39que par une lettre de la gosse Jacqueline.
02:42Jacqueline ?
02:42Mais il ne l'avait jamais vue depuis sa naissance ?
02:45Jamais.
02:45Il a dû être ouverte changé, vite.
02:47Ah, ça ?
02:48Elle va rester ici maintenant ?
02:50Ça se pourrait.
02:51Si l'académie accepte sa demande,
02:52elle vient d'être nommée institutrice.
02:54Ah, c'est elle.
02:56Monsieur le rôle ne suffit plus ?
02:57Énorme.
02:58Et on va créer un second poste.
03:00Elle a posé sa candidature.
03:02S'il est nommée institutrice ici,
03:04moi je retourne à l'école.
03:05Oui, bon, d'accord.
03:06Eh, eh !
03:07Ça me l'aime pas quand même.
03:13Durant les jours qui suivirent son arrivée,
03:15Jacqueline Tabourrièche
03:16se lança à la découverte de Tourlezane.
03:19Elle semblait aussi désemparée
03:21que je l'avais été moi-même
03:22quelques mois plus tôt.
03:24À plusieurs reprises,
03:26j'avais été presque tentée
03:27de lui offrir mon aide.
03:29Mais de quoi aurais-je l'air
03:30en allant au secours
03:31de la fille du guérisseur ?
03:32Pourtant, un matin...
03:35La personne suivante...
03:45Passée.
03:50Pardon.
03:53Asseyez-vous.
03:58Eh bien, mademoiselle Tabourrièche,
04:00de quoi souffrez-vous ?
04:02Vous me connaissez.
04:04Votre arrivée au village
04:05a été suffisamment remarquée.
04:07Et je crois que votre visite à mon cabinet
04:09risque de l'être bien davantage.
04:11Oui, je sais.
04:12La fille est d'un guérisseur
04:13chez un médecin.
04:14Vous êtes en train de joliment
04:16trahir la cause familiale.
04:19Alors,
04:21j'aurais peut-être dû vous demander
04:22d'un rendez-vous en particulier,
04:24mais j'ai pas osé.
04:26J'ai pensé que vous refuseriez
04:28de me recevoir à cause de mon père,
04:29justement.
04:30C'est pour ça que je suis venue
04:31à la consultation.
04:33En somme, si je comprends bien,
04:35vous n'êtes pas très malade.
04:36Pas vraiment malade, non,
04:38mais bouleversée.
04:40J'ai appris aujourd'hui seulement
04:41le métier qu'exerce mon père.
04:43Ah.
04:43Si on peut appeler ça un métier.
04:47Je pense que la rumeur publique
04:48vous a appris ma petite histoire.
04:51Nous vivions à Narbonne,
04:52ma mère et moi,
04:54dans une petite mercerie.
04:56M. Tabourrièche,
04:57je savais qu'il était mon père,
04:58puisque je porte son nom,
04:59mais j'ignorais tout de lui.
05:02Et c'est seulement
05:04quand votre mère est morte ?
05:05Oui.
05:06J'ai écrit une lettre
05:07à M. Tabourrièche
05:09et il m'a répondu
05:10qu'il serait heureux
05:11de me prendre avec lui.
05:13Il y avait un poste
05:14d'institutrice vacant
05:15à Tourneudanne.
05:16Je suis venue et...
05:18j'ai découvert
05:19le vrai visage de mon père.
05:21Mais pourquoi c'est à moi
05:22que vous venez confier tout ça ?
05:24Parce que vous seule
05:24pouvez me dire
05:25qu'il est vraiment
05:26M. Tabourrièche.
05:27Non.
05:28Non, je suis mal placée
05:30pour vous répondre.
05:32Ou peut-être trop bien
05:33ce qui revient tôt même.
05:35Mon jugement est faussé
05:37par la colère.
05:39Pour moi,
05:40il n'est qu'un petit
05:40charlatan de village.
05:43Non, je ne voudrais pas
05:44vous choquer.
05:45Oh, dites-je,
05:45je vous en prie.
05:49Un battleur
05:50doté d'un certain sens
05:51de la psychologie paysanne
05:53où il aurait pu faire
05:54un très bon représentant
05:55de commerce.
05:57Mais il a choisi
05:57une voie plus rémunératrice,
05:59moins honnête aussi.
06:02Mais ça rend-il compte,
06:04vraiment ?
06:04Vous ne pensez tout de même
06:05pas qu'il croit
06:06à son soi-disant magnétisme
06:07et à toutes les sottises
06:08qu'il débite à ses malades ?
06:10Oh, non,
06:10bien sûr que non.
06:13Mais en revanche,
06:14il a une assez haute idée
06:15de lui-même.
06:17Peut-être à cause
06:18de son ascendant
06:18sur certains villageois.
06:21Oui, c'est ça.
06:23Dans une certaine mesure,
06:27il croit à son personnage.
06:29Eh bien, moi,
06:30je n'y crois pas une seconde.
06:31Je crois que je vais renoncer
06:32à ce poste à Tourleusanne
06:33et revenir à Narbonne.
06:37Désolée de vous avoir dérangé,
06:38mademoiselle.
06:39Vous n'allez pas rester
06:40à Tourleusanne ?
06:42Il y a si peu de choses
06:43en commun entre M. Tarboriach
06:44et moi.
06:45Mais vous êtes sa fille.
06:47Il a fallu 23 ans
06:48pour s'en apercevoir.
06:50Et je crois qu'il a encore
06:51beaucoup de mal
06:51à se faire à cette idée.
06:54Je me suis passée de père
06:55jusqu'à présent.
06:56Le plus dur est fait,
06:57ne trouvez-vous pas ?
07:02Jacqueline était restée
07:04et Tourleusanne
07:05pouvait se vanter
07:06de posséder
07:06l'une des plus charmantes
07:07institutrices de France.
07:17Ah, ça, c'est le plus beau
07:18corinthénien
07:19que je n'ai jamais eu.
07:21Comment c'est-il
07:22qu'elle raccompagne
07:22les élèves chez eux ?
07:23C'est nouveau, ça ?
07:24Et c'est moi
07:25qui le lui ai demandé.
07:26Figurez-vous que
07:27depuis son installation,
07:28tous les pères du village
07:29se sont découverts
07:30le besoin d'aller chercher
07:31le petit après la classe.
07:34S'ils ne devaient pas
07:34être tellement du goût
07:35de leurs épouses.
07:36Ah, et j'ai même vu
07:37le moment
07:38où elles allaient
07:39me signer une pétition
07:40pour exiger
07:41le déplacement
07:41de l'institutrice.
07:43Alors, pour éviter
07:44une révolution...
07:45Mais vous avez pris
07:46un jugement de Salomon.
07:47Et oui.
07:48Et oui, mais à présent,
07:49j'ai 25 pères de famille
07:51qui m'en veulent à mort.
07:53D'ici à ce que j'en ressente
07:54le contre-cours
07:54au prochain municipal,
07:56il n'y a pas le vrai.
08:01Les visites de la jeune fille
08:03à mon cabinet
08:03se firent de plus en plus fréquentes.
08:06Jacqueline avait une excuse.
08:08Elle souffrait d'une névrose
08:10et aussi d'une infection pulmonaire
08:12qui nécessitait de ma part
08:13la plus grande attention.
08:18Oui, eh bien,
08:18le plus sage
08:19serait de rester couché.
08:21Vous savez bien
08:22que ce n'est pas possible.
08:23Bien sûr, je sais.
08:25Ce n'est jamais possible.
08:26Vous n'êtes pas différente
08:27des autres malades, vous savez.
08:29Bon, eh bien,
08:30restez debout.
08:31Allez à vos occupations
08:35et espérez avec moi
08:36que ce traitement
08:37vous fera du bien.
08:39Mais si la température
08:41monte un tant soit peu,
08:42au lit.
08:43Compris ?
08:44Oui, la salle.
08:45La loiselle,
08:46on vous demande.
08:47Qui ?
08:48Vous voyez bien
08:48que je suis occupée.
08:50Oui.
08:54Que venez-vous faire ici ?
08:55Eh, c'est joli
08:57un cabinet
08:57de docteur la médecine.
08:59C'est moderne,
09:01c'est clair,
09:03sans espion de confiance.
09:05Alors, j'ai l'acquérine.
09:07Alors,
09:07il paraît que tu es malade.
09:09Pourquoi tu n'as rien
09:10dit à ton père ?
09:12Ah.
09:13Tu as eu peur
09:14qu'il te soigne
09:14à sa manière,
09:15une manière
09:16à laquelle les gens
09:16de la ville
09:16ne sont pas habitués.
09:19Comme tu as eu tort,
09:20ma colombe.
09:21les remèdes à moi
09:24n'ont jamais fait
09:25de mal à une mouche.
09:26À une mouche ?
09:27Ça, je veux bien le croire.
09:29Et qu'est-ce qu'elle a au juste ?
09:30Un truc pulmonaire ?
09:33Une corticopleurite.
09:36Et c'est venu comme ça ?
09:37Ça vient rarement autrement.
09:39C'est pas la peine
09:40de nous étaler
09:40sur ce sujet, monsieur,
09:42ni sur ce terrain.
09:43Ah, parce que pour moi,
09:45ce terrain
09:45est une jongle
09:47inextricable.
09:48C'est ça que vous pensez,
09:49n'est-ce pas ?
09:50Eh bien,
09:51vous avez tort,
09:51mademoiselle docteur.
09:53J'en sais aussi long
09:53que vous sur le pneumocoque.
09:55Peut-être même davantage.
09:57Vraiment ?
09:57Oui, vous avez un peu
09:59le tort de confondre
10:00sorcier ou rebouteux
10:01avec guérisseur.
10:02Je ne suis pas la seule.
10:03Depuis quelques mois,
10:04les tribunaux
10:04font la même confusion.
10:05Les tribunaux.
10:07On sait dans quel sens
10:09souffle le vent
10:10de la justice.
10:10Ne vous plaignez pas trop,
10:11monsieur Tabourieche.
10:12La semaine dernière,
10:13à Lyon,
10:13on a rendu un verdict
10:14indulgent pour l'un
10:15de vos confrères
10:15qui prétendu avoir inventé
10:17une thérapeutique musicale
10:19contre le cancer.
10:19Eh,
10:20le type de ce genre
10:20nous fait un tort considérable.
10:22Ce sont de véritables charlatans.
10:24Tandis que vous,
10:24vous êtes des génies.
10:26Vous voulez voir
10:27toutes les lettres
10:27comme écrit ?
10:28J'en ai quatre valises
10:29pleines au grenier.
10:30Non, non, c'est inutile.
10:31Je sais très bien
10:31ce qu'elles contiennent.
10:32Vous n'y croyez pas ?
10:33Monsieur, monsieur.
10:34Ce n'est pas parce que
10:35je n'ai pas suivi
10:35la voie officielle
10:36que je suis un charlatan.
10:38Je suis sincère et honnête.
10:39Tu demandes tout de même
10:4050 francs à chaque malade.
10:42Eh, jusqu'à l'an dernier,
10:42je demandais 2000.
10:44Mais c'est Drouillet
10:45de Bernard qui a fait
10:45monter les prix.
10:46Je n'en ai tout de même
10:47pas demandé moins que lui.
10:48Et vous êtes sincère
10:50et honnête.
10:51Ce n'est pas parce que
10:52je vis de mon métier
10:53que je ne suis pas sincère.
10:55Je ne suis pas le seul.
10:59Eh bien,
11:00c'est la foi qui vous sauve,
11:02monsieur Tabourrièche.
11:06Bon.
11:15Que voulait-il au juste ?
11:17Je pense qu'il venait chercher
11:19quelques nouvelles forces.
11:22À la vue de ma propre faiblesse.
11:26Il a beaucoup changé
11:27depuis quelques jours.
11:28Il boit d'habitude.
11:30Oh non.
11:31Je crois même que la sobriété
11:33est une de ses rares qualités.
11:37s'il boit,
11:38c'est qu'il a beaucoup d'ennuis.
11:40Des ennuis,
11:41monsieur Tabourrièche ?
11:41Oh non,
11:42ce n'est pas possible.
11:43Vous n'avez pas vu
11:44la tête qu'il vous a fait
11:45quand vous avez parlé
11:46de la justice tout à l'heure ?
11:48Les gendarmes sont venus
11:49lui porter une assignation
11:51à comparaître lundi.
11:53Il y a beaucoup de plaintes
11:54contre lui.
11:56Tiens.
11:57Il prétend que ça s'arrêtera
11:58au cabinet du juge,
11:59mais au fond de lui-même,
12:02je crois bien
12:03qu'il n'est pas tranquille.
12:06Oh, dites,
12:06vous n'êtes pas un peu marteau
12:08de rester sous cette chaise
12:09en plein froid.
12:13Oh, Tabourrièche !
12:14Oh !
12:15Vous m'entendez ?
12:16Je vous entends,
12:17Kajuzak.
12:18Je vous entends.
12:20Vous avez la voix triste
12:22de ces vieux arbres
12:22qui grincent la nuit
12:24au reçu de ma maison.
12:26Oh là là !
12:27Ça n'a pas l'air d'aller !
12:29Je suis complètement saoul,
12:31vous-même.
12:32Complètement.
12:34Je ne suis pas ivre mort,
12:36non, non.
12:37Je suis ivre vivant,
12:38au contraire.
12:39Eh bien,
12:40je raisonne de plus
12:41si vous êtes saouls
12:42pour ne pas rester dans le froid.
12:43Vous risquez la congestion, là.
12:45Ah, ah !
12:47Vous jouez les bons docteurs,
12:50Hippocrate Kajuzak.
12:51Hippocrate ou hypocrite, hein ?
12:54Eh, eh, vieux brigand,
12:58de qui vous êtes la conscience,
13:00eh ?
13:01De qui vous êtes l'œil ?
13:02Qu'est-ce que vous allez chercher ?
13:04Allez, venez !
13:04Eh, je faisais mon testament
13:08tel que vous m'avez surpris, là.
13:10Je suis bien embarrassé.
13:12Je ne sais pas à qui...
13:13à qui le Guimondo.
13:16Le Guimondo.
13:18Le Guimondo !
13:20Oui.
13:23À ma fille, direz-vous, hein ?
13:25Eh bien, justement.
13:26Ma fille, ça ne l'intéresse pas.
13:31Eh, dites-le.
13:33Et si je le léguis
13:34à votre chère doctoresse ?
13:36Oui, oui, ça va.
13:37T'as voulu dire,
13:37je vais vous raccompagner,
13:38vous, allez !
13:39Oui, oui, voilà, voilà, voilà.
13:42Allez, hop !
13:48Oh, oh, oh, oh, oh, oh !
13:51Il est plutôt malade, hein ?
13:53Oui, oui.
13:53Le mal de Bacchus.
13:56Vous l'emmenez chez lui ?
13:57J'essaye, mais c'est pas facile.
13:59Allons, allons !
13:59Vous voulez que je vous aide ?
14:00Ah, volontiers.
14:02Bon, je m'occupe de lui.
14:03Ah, merci.
14:04Eh, par ici, là !
14:06Ah, qu'est-ce qui tient ?
14:11Ça y est ?
14:13Ah, oui, ça y est, merci.
14:14Vous voulez que je vous accompagne ?
14:16Non, non.
14:28Il faudrait peut-être
14:29que je vous remercie
14:30pour votre geste.
14:31Hum, hum, hum, humanitaire.
14:34C'est pas la peine
14:35de vous donner tout ce mal.
14:37Vous avez raison.
14:39Vous n'avez d'ailleurs pas besoin
14:40que je m'aplatisse devant vous.
14:43Vous avez gagné, n'est-ce pas ?
14:46La science écrasant la sorcellerie.
14:49Belle allégorie, en vérité.
14:52Foutu le tabourier.
14:55Lessivé.
14:56Cuillère cuit.
14:59Il a la police aux fesses.
15:01Sa fille le méprise.
15:03Et l'alcool à faire reste.
15:07Tandis que vous,
15:09angélique,
15:10pure,
15:12vous faites triompher le bon droit.
15:16À bon droit,
15:18bon chat.
15:24Voilà.
15:25Nous sommes arrivés.
15:26Si vous voulez descendre.
15:29Voulez-vous que je vous aide ?
15:36Madame Monseigneur Boudouègue.
15:38Écoutez-moi,
15:39je ne suis pas un homme fini,
15:40contrairement à ce que vous pensez
15:42dans votre trop jolie petite tête.
15:44Et je vous reprouverai bientôt.
15:46Vous m'entendez ?
15:48Mais oui, oui,
15:49je vous entends,
15:50je vous entends.
15:55J'avais oublié
15:56l'étrange conduite de Tabourrièche
15:58lorsque le lundi suivant,
15:59en m'arrêtant à la station-service,
16:01vous revenez de Toulosanne.
16:03Oui.
16:03Vous n'auriez pas rencontré
16:05Tabourrièche par hasard ?
16:06Non, pourquoi ?
16:07C'est le monsieur le cherche partout.
16:09D'accord.
16:12Faites le plein, s'il vous plaît.
16:13Comme d'habitude.
16:14Oui, super.
16:16Je vais t'abonner.
16:17Alors, c'est pas Tabourrièche l'histoire ?
16:19Ben oui.
16:19Il devait aller ce matin
16:20chez le juge d'instruction,
16:21il n'y a pas été.
16:22Et il n'est pas chez lui,
16:23ça qu'il a pas eu de lui à soir.
16:24Il a dû y avoir fait en la justice
16:25et il a pris la fuite ?
16:26C'est le cas de sa voiture,
16:27elle est toujours devant chez lui.
16:29Vous pensez pas que...
16:29qu'il a fait une bêtise ?
16:31Je m'attends à tout, vous savez.
16:35Les heures passaient
16:36et Tabourrièche n'était toujours pas retrouvée.
16:39Puis, en fin d'après-midi...
16:41Mademoiselle, c'est l'Américaine.
16:44Faites-le entrer.
16:46C'est Hollande.
16:47Il s'appelle Monsieur Maryweather.
16:49Hé, c'est bien pour ça
16:51que je l'appelle à l'Américaine.
16:57Alors ?
16:58Ils ont trouvé sa casquette
16:59près de la rivière.
17:00Ah.
17:02On a prévenu sa fille ?
17:03Oui, la mère lui a dit.
17:05Pour gosse.
17:07On est vraiment sûr
17:07que Tabourrièche est noyée ?
17:09La rivière est pas très profonde.
17:11Ça dépend des endroits.
17:12Il paraît que ça serait pas le premier.
17:14Les gars fouillent dans la rivière
17:15avec les gendarmes.
17:17De quel côté ?
17:18Oh, du...
17:20Le trou du diable, c'est ça ?
17:22Oui.
17:24Vous voulez aller là-bas ?
17:26Ah oui.
17:33Vous voyez, je vous l'avais bien dit.
17:34Vous savez bien qu'il finirait
17:35comme ça à Tabourriè.
17:39Brigadier !
17:40Il y a longtemps
17:40qu'il n'a plus d'illusion,
17:41la petite, hein ?
17:43Ah, quelle histoire !
17:45Je vous jure,
17:45comme si j'avais passé
17:46de travail comme ça, moi.
17:48En ce moment,
17:48je devrais être chez Batistini
17:49en train de perquisitionner.
17:51Batistini ?
17:51Pour quoi faire ?
17:53Ben, je suis censé découvrir
17:54un alambic dans son grenier.
17:55Un quoi ?
17:56Un alambic,
17:57pour le pastis.
17:59On a reçu un rapport
18:00de la régie la semaine dernière.
18:01Il paraît que la région
18:02pullule de distillerie clandestine.
18:04Mais vous savez que
18:05ce n'est un secret pour personne.
18:07Sinon, pour vous, Brigadier.
18:09Ne me prenez pas
18:10pour plus bête que je le suis,
18:11Mlle Baudouin.
18:12Les distillateurs clandestins,
18:13il y a un moment
18:14qu'il les a à l'oeil.
18:15Oui, et Batistini, surtout.
18:17Oui, mais il faut les prendre
18:18sur le fait.
18:19Oui, et ça, croyez-moi,
18:20ce n'est pas facile.
18:21D'autant qu'ici,
18:22tout le monde est pourru.
18:23N'est-ce pas,
18:24M. l'Américain ?
18:25Ah, le pastis de Batistini,
18:27il est très bon.
18:28Vous voyez ?
18:31Toujours rien ?
18:32Non.
18:33Je crois qu'il va mieux
18:34arrêter là, hein ?
18:36C'est mon avis, M. le maire.
18:37Ça suffit pour aujourd'hui.
18:41S'il a fait ça,
18:42c'est à cause de vous.
18:44Pourquoi vous me dites ça ?
18:46Vous avez bien compris.
18:49Oui, Jacqueline.
18:50Jacqueline !
18:51Laissez-moi.
18:53Vous avez changé ?
18:54Oui, j'ai changé.
18:56Hier, j'avais encore mon père.
18:58Aujourd'hui, je n'allais plus.
19:00Si je comprends bien sa disparition,
19:01vous a réconcilié avec lui ?
19:05Je vous demande pardon.
19:07Je n'aurais pas dû dire cela.
19:10J'oubliais qu'un père
19:11reste toujours un père,
19:12quoi qu'il arrive.
19:14manque d'expérience.
19:17Mais dites-vous bien
19:18que ce n'est pas votre chagrin
19:19que je vous reproche.
19:20C'est votre colère contre moi.
19:23Mort, mais de quoi ?
19:24Où vous l'avez trouvé ?
19:26Mon Dieu,
19:26ils ont trouvé quelque chose.
19:29Qu'est-ce qui se passe ?
19:30Mais cette nuit,
19:31il y a un salaud
19:31qui a pêché à la dynamite,
19:32voilà.
19:35C'est qui, là ?
19:35Au lieu de chasser la lambique,
19:37vous feriez mieux
19:37de mettre la main
19:38au collet de ce bandage, là.
19:40Regardez-moi ça.
19:41C'est du propre.
19:43Les gars du barrage,
19:44ils ont des explosifs
19:45tant qu'ils veulent.
19:46Mais qu'est-ce que vous croyez
19:46sous courant ?
19:47Mais alors pourquoi
19:47n'allez-vous pas
19:48leur secouer les pistes ?
19:49Moi, je vais vous dire,
19:50ces poissons,
19:51ils n'ont pas été tués
19:52à la dynamite.
19:52Mais comment c'est tué, Louis ?
19:54Dans le tas,
19:54je pêchais l'explosif.
19:55Rassurez-vous,
19:56aux brigadiers,
19:57il n'y a pas de prescription,
19:57hein ?
19:58Non.
19:59C'est pas du travail
20:00de faire la dynamite.
20:01Alors avec quoi ?
20:03Ils seraient empoisonnés,
20:04ces poissons.
20:06Ça ne m'étonnerait pas.
20:08Poisonnés ?
20:09Alors bon,
20:10la autre chose.
20:29Vous vouliez rentrer,
20:30Jacqueline.
20:31Il n'est certainement
20:32rien arrivé.
20:34S'il était arrivé à malheur,
20:35on l'aurait découvert.
20:37Ça ne sert à rien
20:37que vous restiez ici.
20:39Venez.
20:40Laissez-moi.
20:42Vous m'en voulez encore ?
20:44Non.
20:46Je vous demande pardon
20:48pour tout à l'heure.
20:50Vous voulez que je vous raccompagne ?
20:53Je préfère être seule.
20:55Cylia.
21:01Cylia,
21:02l'eau de la rivière,
21:03il est curieux.
21:06Elle est curieuse.
21:08De toute façon,
21:09ça a un drôle de goût.
21:10À quel goût ?
21:12On dirait du pastis.
21:13Oh.
21:14Essaye.
21:21On dirait ?
21:23C'est peut-être un miracle.
21:26En tout cas,
21:27je commencerai à comprendre
21:27pourquoi tous ces poissons
21:28sont morts.
21:29Oui,
21:29ils sont ivres morts.
21:33Tout les prévenirs,
21:34ce pastis.
21:35Il y a peut-être
21:36une source quelque part.
21:38Eh bien,
21:38s'il y a une source,
21:39on peut remonter jusqu'à elle.
21:42D'accord.
21:43c'est quoi ?
22:00C'est-à-dire ?
22:07C'est-à-dire ?
22:10C'est-à-dire ?
22:19C'est-à-dire ?
22:35C'est-à-dire ?
22:36C'est-à-dire ?
22:46Non, il a préféré se noyer
22:47dans le pastis
22:48plutôt que dans la rivière.
22:52Monsieur Tabourrièche ?
22:52Monsieur Tabourrièche,
22:55vous m'entendez ?
22:56Ah, c'est-à-dire ?
22:59Ah, c'est-à-dire ?
23:00Ah, c'est-à-dire ?
23:00Oui.
23:01Je suis désolée
23:01d'interrompre ce petit somme,
23:02mais il faut vous réveiller.
23:04Mais surtout pas !
23:05Hé, hé, hé !
23:07Vous ne pouvez pas me ficher
23:07à peine ?
23:08Monsieur Tabourrièche,
23:10tout le monde vous cherche
23:11depuis ce matin
23:11dans la rivière.
23:12Et votre fille,
23:13elle est désespérée.
23:15Ma fille ?
23:16Oui.
23:19Ma fille.
23:23C'est justement à cause d'elle
23:25que je suis venu ici ce matin.
23:27Il paraît
23:28qu'elle n'est pas très fière
23:30d'avoir un père Charlatan.
23:32Elle ne voulait pas qu'elle apprenne.
23:34Et j'étais aussi...
23:35Un vulgaire fabricant
23:36de pastis frelaté, hein ?
23:37Ah, je vous demande pardon, hein ?
23:40Clandestin, oui,
23:41mais pas frelaté !
23:43Mon pastis est aussi bon
23:44que celui de Battistini,
23:45de Cadeau ou de Valette.
23:50Enfin, été,
23:51parce que ce matin,
23:53justement,
23:55j'ai détruit mes stocks.
23:57Nous sommes au courant.
23:58Tous les poissons
23:59de la rivière sont...
24:00Je savais que les gendarmes
24:02étaient sur mon dos
24:03à cause de ces plaintes.
24:05Alors je me suis dit
24:06que, tôt ou tard,
24:09ils sauraient ça aussi.
24:10Alors j'apportais les tonneaux
24:13et je tout foutus en rivière.
24:16Tout ?
24:19Sans une bouteille.
24:22Vous voulez me conserver
24:23un petit souvenir ?
24:25Mais ce petit souvenir,
24:28je ne me suis plus.
24:31Voilà au moins un souvenir
24:34qui ne me pèse pas sur le cœur.
24:37Bon, allez, maintenant,
24:38M. Tabouillage,
24:39il est temps de rentrer.
24:39Venez.
24:41Qu'est-ce qu'elle va dire, Jacqueline ?
24:44Justement,
24:45je crois qu'elle sera
24:45très contente de vous voir.
24:47Depuis ce matin,
24:48elle sait qu'elle a un père.
24:50Allez, venez.
24:51Mlle Baudouin,
24:53pour cette histoire de pastis,
24:56là,
24:58vous ne dire rien ?
24:59Quelle histoire de pastis ?
25:25Quelle histoire de pastis ?
25:30Pourtant,
25:30je l'ai sur le bout de mes lèvres.
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