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DB - 07-04-2026
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00:19:40Je ne comprends pas. Il est allé rue de Rome.
00:19:44Non mais répétez mon petit, qu'est-ce que vous dites?
00:19:47À Rome, la ville? En Italie? Mais pourquoi?
00:19:52Et qu'en cela? Comment savez-vous ça?
00:19:58Mais où est-ce que je vous téléphone de chez monsieur et madame Lournoy?
00:20:02Il est passé chez eux? À quelle heure?
00:20:08Ah bon, ils sont au courant. Ah bon, bon, bon, merci, l'homme, merci.
00:20:12Qu'est-ce que ça veut dire ça? Mon mari est parti pour Rome?
00:20:15Oui. Et pourquoi me l'avez-vous pas dit tout de suite?
00:20:17Si vous aviez voulu courir, embrasser Edouard à la gare, je tenais vous garder à dîner.
00:20:20Mais c'est stupide ça. Voyons, je pouvais très bien rester ici sans mon mari avec vous et Madeleine.
00:20:24Mais voilà, c'est que justement, eh bien Madeleine ne dîne pas non plus, non. Elle est à Rouen.
00:20:30À Rouen?
00:20:30Oui, elle a été appelée auprès de sa tante Chantelard. Que malade.
00:20:33Mais comme ça?
00:20:33Oui, il y a une demi-heure.
00:20:37Oui, oui, oui, oui, oui, oui. Et vous m'avez ouvert la porte vous-même.
00:20:46Votre emballée de chambre, où est-il?
00:20:48Au cinéma.
00:20:49Et votre femme de chambre?
00:20:51Eh bien, au cinéma, avec lui, c'est sa femme, alors.
00:20:53Alors, nous sommes ici tous les deux tout seuls, hein?
00:20:56Eh bien, oui.
00:20:58Adieu, mon cher Lournois.
00:20:59Comment vous partez?
00:21:00Je n'aime pas du tout ce procédé-là.
00:21:01Ce procédé, quel procédé?
00:21:02On m'a mis attirée dans un guet-à-pente.
00:21:04Dans un...
00:21:04Oui.
00:21:05C'est bien. Adieu, madame.
00:21:07Quoi, adieu, madame? Je n'ai pas raison, peut-être?
00:21:09Non, on n'ai pas raison.
00:21:09Bon, enfin, votre conduite est...
00:21:10Et tirer prochain.
00:21:11Votre mari a pris le train pour Rouen, ce n'est pas ma faute.
00:21:13Ma femme, brusquement, a dû partir pour Rouen, ce n'est pas ma faute.
00:21:15Quant à ma domestique, elle m'a quittée depuis quatre jours.
00:21:17Quant à Arthur et Louise, ils m'ont supplié de leur permettre d'aller au cinéma.
00:21:21Alors, nous n'avons pas besoin d'eux, j'ai un dîner froid.
00:21:23Tout est prêt, alors je leur ai donné leur soirée.
00:21:25Non, mais dites-donc, dites-donc.
00:21:26Il faut que vous ayez l'esprit singulièrement mal tourné pour voir dans tout ceci quoi que ce soit incorrect.
00:21:30Alors, vous ne pouvez pas dîner seul avec un homme sans qu'il se passe des choses.
00:21:33Oh, je...
00:21:34Oh, bien, c'est du joli.
00:21:35Je n'en ai pas cru ça de vous, Suzanne. Je suis surpris.
00:21:37Vénie.
00:21:40Une seconde, une seconde.
00:21:45Puis envisagé de la sorte, la question change un peu.
00:21:57La preuve que rien n'était préparé.
00:22:00Quatre couverts.
00:22:01En effet.
00:22:04Eh bien, dans ces conditions, je n'ai plus aucune raison de m'en aller.
00:22:07Ben, ben, voyons.
00:22:09Dis donc, j'ai atrocement faim. On pourrait peut-être dîner.
00:22:16Vous allez vous mettre là.
00:22:19Voilà.
00:22:20Et puis moi, tout là-bas, là-bas, là-bas.
00:22:25La distance entre nous vous semble-t-elle suffisante ?
00:22:29Exagérée.
00:22:30Oh, et puis j'ai deux places vides.
00:22:32Oh, ça fait triste.
00:22:33Enlevez ces deux couverts.
00:22:35Allez, allez, allez.
00:22:35Ah non, non.
00:22:36Non, non, non, j'ai une autre idée.
00:22:38Venez avec moi.
00:22:39Venez, venez, venez.
00:22:40Nous aurions bien mieux de dîner là.
00:22:43Hein ?
00:22:43Ce serait beaucoup plus charmant.
00:22:44Oui, en tout cas, ça sera plus gai.
00:22:46Ah, gégé.
00:22:47Je vais mettre un petit peu de radio.
00:22:49Voilà.
00:22:49Alors, ne bougez pas.
00:22:50Chut, j'apporte tout.
00:23:02Voulez-vous que je vous aide ?
00:23:03Non, non, non, ne bougez pas.
00:23:04Attendez, grand-possière.
00:23:04Vous êtes l'invité.
00:23:05N'est-ce pas ?
00:23:06Alors, ne vous occupez de rien.
00:23:08Mes valeurs sont à zéro.
00:23:09Moi, je me ferai mettre de hôtel.
00:23:11Voyons.
00:23:11Alors, voyons le consommer, le poulet froid, le champagne, qu'il y ait, en voiture, premier service.
00:23:21Et je vous en conjure, plus d'idées inconvénantes.
00:23:24Toi, c'est une honnête femme.
00:23:26Oh.
00:23:26Ah, oui, oui.
00:23:27Alors, un concours de bazar nous force à attirer seuls, tous les deux.
00:23:30Alors, n'en déduisez rien et dis-donc correctement.
00:23:32Hum.
00:23:33Non, alors, recommandation.
00:23:42Il est bon, ce consommé.
00:23:43Il est charmant.
00:23:44C'est un des jolis consommés de la saison.
00:23:47Dites-moi, vous savez que, quand Talleyrand se sentit très mal, il fit appeler son médecin.
00:23:53Il est bon, mais il est salé.
00:23:54Talleyrand ?
00:23:55Mais non, le consommé.
00:23:57Alors, plus de consommé, enlevons le consommé.
00:23:59Je vais vous donner à vous.
00:24:00Avec plaisir.
00:24:02Champagne.
00:24:03Pour faire couler le consommé.
00:24:06Dites-moi, il y a longtemps que vous avez vu Janine de Rocle ?
00:24:11Janine de Rocle ?
00:24:13Un mois.
00:24:13Mais elle était seule.
00:24:15J'ai l'impression que depuis quelque temps, elle a beaucoup moins d'amens.
00:24:17Madame l'âge, ça calme.
00:24:19Pas soin, les autres.
00:24:20Quel âge peut-elle avoir ?
00:24:22Ouh, 50 ans, résolu.
00:24:25Pourquoi résolu ?
00:24:26Parce qu'elle a bien décidé de s'en tenir là.
00:24:29Non, mais enfin, est-ce que vous vous moquez de moi ?
00:24:31Moi, pourquoi ?
00:24:32Qu'est-ce que c'est que ces sujets de conversation, Janine de Rocle, Talleyrand ?
00:24:36Ah, ben, ma chérie, moi, je me méfie, mais si je fais la moindre allusion au sentiment que j'ai
00:24:40pour vous,
00:24:40vous allez encore me dire que c'est un guetapant.
00:24:42Alors, je n'ose pas.
00:24:43Oh, écoutez, vous êtes susceptible.
00:24:45Oh, moi, pas le moins du monde.
00:24:47Pas le moins du monde.
00:24:50D'ailleurs, je vais plus loin.
00:24:52Vous voulez une petite feuille de salade ?
00:24:53Je voudrais une fourchette.
00:24:54Oh, pardon.
00:24:55Et une petite feuille de salade, peut-être ?
00:24:56Avec plaisir, oui.
00:24:57Avec une petite feuille de salade.
00:24:58Une petite feuille de salade, toute petite.
00:25:01Toute petite ?
00:25:01Oui, et puis d'abord, je vais plus loin, vous savez.
00:25:03Je trouve que vous avez entièrement raison.
00:25:05Ah oui, à quel sujet ?
00:25:06Profitez de l'absence de votre mari et de ma femme pour vous dire à quel point je vous aime.
00:25:10Ce serait ignoble.
00:25:11Oh, parfaitement.
00:25:12J'attendrai qu'il soit là.
00:25:13Comment qu'il soit là ?
00:25:14Évidemment, je ne dirais pas exactement de l'hanteur.
00:25:16Mais par exemple, quand nous irons dîner au restaurant, alors ils se lèveront pour danser.
00:25:20Alors nous, nous resterons bien sagement assis à notre table.
00:25:23Un peu ayant l'air de parler de la pluie et du beau temps, je vous dirais que je vous
00:25:26aime.
00:25:27Alors, vous laisserez tomber votre serviette.
00:25:29Je me baisserai pour la ramasser furtivement sous la table.
00:25:32Je vous baiserai la main.
00:25:34Mais c'est encore plus dégoûtant.
00:25:36Ah, mais je savais, il faudrait s'entendre.
00:25:37Quand ils se sont pas là, vous trouvez que c'est ignoble, quand ils se sont là que c'est
00:25:39dégoûtant.
00:25:39Mais alors, qu'est-ce qu'il reste, alors ? Il faut que je me taise.
00:25:43Jamais, jamais, jamais.
00:25:44Je me taise.
00:25:48Oh, je trouve ça lait.
00:25:56Quoi donc ?
00:25:57Oh, manger comme ça sans rien dire.
00:25:59Vous avez l'air de bêtes à l'écurie.
00:26:00Le silence n'est troublé que par le bruit des mâchoires.
00:26:03Vous êtes exaspérants.
00:26:04Ah, mais manger, vous n'êtes jamais content, il ne faut pas dire de malhérité.
00:26:07Il ne faut pas se taire.
00:26:08Il ne faut pas parler de t'alléron.
00:26:09Mais alors, qu'est-ce qu'il reste ?
00:26:10Je ne sais pas, moi, chercher, écoutez.
00:26:12En cherchant.
00:26:14Oh, je sais.
00:26:15Quoi ?
00:26:16Oh, regardez-la.
00:26:17J'ai l'air.
00:26:28C'est malin, ça.
00:26:30Je vous demande pardon, ça ?
00:26:32C'est plus fort que moi.
00:26:33Vous voulez bien avancer, à présent ?
00:26:35Oui, car brusquement, je m'aperçois que je vous aime davantage.
00:26:37Vraiment, je ne croyais pas ça possible.
00:26:39Vous m'aimez, allons donc.
00:26:40Depuis que je vous connais, depuis votre mariage avec Édouard,
00:26:42voyons, voyons, il y a trois ans et huit mois.
00:26:44Comment savez-vous ça exactement ?
00:26:45C'est parce que je vous aime.
00:26:47Ne racontez pas d'histoire, voyons.
00:26:48Voyons, si vous ne soyez logique, je n'ai pas pour vous un sentiment violent, impérieux.
00:26:50Vous voyez que je passerai comme ça cyniquement sur l'affection que j'ai pour ma femme ?
00:26:53Et surtout, surtout sur la vieille amitié que j'ai pour votre mari,
00:26:56car je le connais depuis plus longtemps que vous, Édouard.
00:26:58Ah, ah, ah, il me semble qu'il y a ça pour un argument, hein, c'en est un.
00:27:01C'est alors qu'un argument, ça ?
00:27:02J'avoue, j'ajoute, j'ajoute que vous aussi, vous avez un certain sentiment pour moi.
00:27:05Moi, allons donc ?
00:27:06Voyons, est-ce que vous seriez à ce point devenu notre intime ?
00:27:09Moi, je vous aime, nous le savons, c'est entendu,
00:27:11alors je fais ce que je peux pour multiplier nos rencontres,
00:27:13mais vous auriez pu les espacer, nos dîners, nos sorties,
00:27:15ben pas du tout, vous en avez même provoqué,
00:27:17vous n'allez pas me dire que c'est pour Madeleine.
00:27:19Écoutez, écoutez, vous m'étourdissez, vous parlez, vous parlez.
00:27:21Si vous n'étiez pas dans un tourbillon de parole,
00:27:22est-ce que vous croyez que j'oserais vous prendre dans mes bras,
00:27:24vous murmurez que je vous adore et que je ne pense qu'à vous ?
00:27:27Non, non, non, écoutez, taisez-vous, taisez-vous,
00:27:28moi, je vais m'en aller bouleverser, nerveuse, je me connais.
00:27:31Vous en allez ?
00:27:32Mesdames, je vais rentrer chez moi.
00:27:33Vous allez vous coucher toute seule.
00:27:35Comme toujours.
00:27:36Vous faites chambre à part, c'est gentil, ça, là.
00:27:38Ce n'est pas spécialement pour vous être agréable.
00:27:39Ça me fait plaisir tout de même.
00:27:42Et vous, au fait ?
00:27:43Moi ?
00:27:43Oui.
00:27:44Ah, ben oui, voici les fenêtres de la chambre de Madeleine,
00:27:46et puis, voici les miennes, là.
00:27:48Laissez-vous un petit coup d'œil ?
00:27:49Oh, je...
00:27:50Ça ne vous engage à rien.
00:27:51Un petit coup d'œil.
00:28:03Pardon.
00:28:12Elle est jolie ?
00:28:13Hein ?
00:28:13Oui.
00:28:14Vous ne l'avez jamais vue ?
00:28:15Non, non, non.
00:28:16J'aime beaucoup le ton, le...
00:28:18Oui, c'est une chose intime, hein.
00:28:22Bien, bonsoir.
00:28:22Pourquoi pas bonne nuit ?
00:28:23Mais certainement.
00:28:24Suzanne, je ne vais penser qu'à vous.
00:28:25D'ailleurs, vous aussi, vous n'allez penser qu'à moi.
00:28:27Ce sera très mal de penser comme ça l'un à l'autre.
00:28:29Oh, voulez-vous que je vous donne le plus sûr moyen
00:28:31de ne pas être obsédé par cette soirée ?
00:28:32Oh, oui.
00:28:33Finissons-la ensemble.
00:28:34Oh, non, mais vous êtes fous.
00:28:35Je suis plein de bon sens, au contraire.
00:28:36Oh, Suzanne, vous gardez-la toute la nuit, sur mon épaule.
00:28:39Mais enfin, voyons ici, c'est insensé.
00:28:41Tenez, tenez, regardez.
00:28:42Qu'est-ce que c'est, ça ?
00:28:44Une mâtonne.
00:28:44Pour quoi faire ?
00:28:45Tenez, voici Rome, là, et voici Rouen.
00:28:48Oui.
00:28:48Édouard est à Rome, Madeleine est à Rouen.
00:28:50Et nous, au milieu.
00:28:51Vous voyez à quel point nous sommes en sécurité.
00:28:52Oui, vos domestiques.
00:28:53Ah, au cinéma, oui, c'est moins loin.
00:28:55Enfin, l'éloignement de chacun est en proportion
00:28:56du danger qu'il nous fait courir.
00:28:58Mais chez moi, Léonie m'attend,
00:28:59si elle ne me voit pas rentrer.
00:29:00Votre sœur.
00:29:01Quoi, ma sœur ?
00:29:01Votre sœur, qui vous adore et qui déteste votre mari.
00:29:04Comment le savez-vous ?
00:29:05C'est vous qui me l'avez dit.
00:29:06Elle habite Saint-Cloud.
00:29:07Après avoir dîné ici, vous êtes montée chez elle
00:29:09et elle vous a retenue.
00:29:10Parce qu'elle se sent toute seule.
00:29:11Et puis elle est malade, dites-donc.
00:29:12Vous savez qu'elle a une crise de colite néphratique.
00:29:13Comment ma sœur est malade ?
00:29:15Oui, enfin non.
00:29:15Enfin, c'est le prétexte que vous allez donner
00:29:17pour ne pas rentrer chez vous.
00:29:18Téléphonez-lui avant le sœur.
00:29:20Oh, que d'astuce.
00:29:21Vous avez dû souvent trompé, Madeleine.
00:29:22Moi, mais pas du tout.
00:29:23Je suis le mari le plus fidèle qui soit.
00:29:25Oui, vous avez cette audace.
00:29:26Me retenir ici, au domicile conjugal.
00:29:28Mais je ne veux pas encourir la colère divine.
00:29:30Comment ?
00:29:31Mais non, Suzanne, soyez logique.
00:29:33Cette soirée était trop magnifiquement organisée.
00:29:34Ne voyez-vous pas là une intervention de la Providence ?
00:29:37Vous croyez ?
00:29:37Mais j'en suis sûre.
00:29:38Ne luttez plus, ma chérie.
00:29:40Vous voyez bien qu'il faut que vous soyez à moi.
00:29:41Non, je ne veux pas.
00:29:42Mais pourquoi ?
00:29:43Mais pourquoi dire encore non
00:29:44si vous aviez dû partir
00:29:45il y a longtemps que ce serait fait ?
00:29:48Canaille.
00:29:50Non, non, non, non, non.
00:29:51Mais pourquoi ?
00:29:52Non, pas tout de suite.
00:29:53Mais pourquoi pas tout de suite ?
00:29:54Non, pas encore.
00:29:55Pourquoi pas encore ?
00:29:56Parce qu'il faut d'abord que je téléphone à ma soeur.
00:30:38Non, pas encore.
00:31:10Sous-titrage Société Radio-Canada
00:31:56Monsieur s'est peut-être enfermé à clé ?
00:31:59Oui, tout ça dans l'appartement, je ne suis pas senti très rassuré.
00:32:03Monsieur ne prend pas son café au lait dans son lit, comme d'habitude ?
00:32:06Non, je préfère le prendre ici.
00:32:08Je suis tellement fatigué, je le prenais au lit.
00:32:11Je serais capable de m'endormir, ça c'est sûr.
00:32:13Ah bon ?
00:32:15Où allez-vous, Arthur ?
00:32:16Je vais ouvrir les volets dans la chambre de monsieur.
00:32:18Eh bien non, non, non, et vous, pas encore.
00:32:20Pourquoi ?
00:32:21Non, parce que je ne sais pas, je vais peut-être tout de même redormir un petit peu.
00:32:24Ah bon ?
00:32:25Voilà.
00:32:27Bon, Arthur, vous passez une bonne soirée au cinéma ?
00:32:31Oh, très bonne, monsieur, je vous remercie beaucoup.
00:32:33Nous sommes beaucoup amusés.
00:32:34C'était un film de Laure et Léardy.
00:32:39Malheureusement, la nuit est heureuse.
00:32:40Ah, comment cela ?
00:32:41Après le spectacle, ma femme a tenu absolument à aller manger des moules dans un petit bistrot.
00:32:45Ça l'a rendu malade.
00:32:47Monsieur voudra bien l'excuser.
00:32:48Aujourd'hui, elle ne pourra pas faire son service.
00:32:50Je l'excuse au l'entier, ça tombe même très bien.
00:32:52Comment ?
00:32:52Je veux dire, étant donné que Madame est à rendre,
00:32:54c'est beaucoup moins gênant que Louise nous fasse défaut aujourd'hui.
00:32:56Ah, comme monsieur est bon pour nous.
00:33:03Ah, dites-moi, Arthur, j'y pense.
00:33:05Il faut absolument que vous alliez me faire une course tout de suite.
00:33:07Mais avec plaisir.
00:33:08Mais voyons, on m'a acheté une boîte de cachets du Dr Plouvier.
00:33:11Je n'en ai plus.
00:33:12Mais hier encore, j'en ai vu une boîte pleine.
00:33:14Ah oui, mais je ne sais pas ce que j'en ai fait.
00:33:15Il ne me paraît pas ailleurs, M. le monsieur.
00:33:17Mais monsieur ne sait peut-être pas qu'on ne trouve ses cachets
00:33:20qu'à la pharmacie Mazurelle, rue de la Guété, à Montparnasse.
00:33:22Oui, oui, oui, je sais bien.
00:33:24Eh bien, j'en ai pour une heure à les retours.
00:33:26Eh bien, oui, alors.
00:33:26Alors, je ne voudrais pas aller ici, monsieur, seul en si longtemps.
00:33:29Vous avez peur que je m'ennuie sans vous, Arthur.
00:33:31Ah non, allez, pêchez-vous.
00:33:31Vous savez qu'il faut que je prenne ses cachets une heure avant les retours.
00:33:34Il est déjà à dix heures.
00:33:35Est-ce que ça fait vraiment tant de bien, monsieur ?
00:33:37Quoi, donc ?
00:33:38Les cachets.
00:33:39Non, mais on ne prend pas des cachets.
00:33:41C'est pas parce que ça vous fait du bien.
00:33:42On prend des cachets parce qu'on vous les ordonne.
00:33:45Bon.
00:33:46Alors, dépêchez-vous.
00:33:47Eh bien, je vais prendre un texte.
00:33:48Mais pourquoi ?
00:33:50Je serai revenu plus vite.
00:33:51Pourquoi toujours des défenses inutiles ?
00:33:53Prenez le métro, comme tout le monde.
00:33:56Ah, est-ce que monsieur déjeunera ici ce midi ?
00:33:59Je ne sais pas, je ne sais pas.
00:34:00J'irai peut-être au restaurant.
00:34:01Avec tout ce qui reste du dîner d'hier soir.
00:34:04Oh, il y en a au moins pour trois.
00:34:06Enfin, tout au moins pour deux.
00:34:08Car monsieur devait avoir très faim hier soir.
00:34:11Comment ?
00:34:12Monsieur, je n'ai retrouvé que la carcasse du poulet.
00:34:15Et monsieur a mangé de chaque plat dans deux assiettes différentes.
00:34:18Arthur, voulez-vous aller me chercher ces cachets ?
00:34:20Oui ou non ?
00:34:21Certainement, monsieur.
00:34:32Tu es où ?
00:34:34Tu peux venir ?
00:34:36Dis-donc, non, finissez pas.
00:34:39Oh, que tu es jolie comme ça.
00:34:41Eh bien, tu n'es pas difficile.
00:34:43Ce pyjama, ça va peut-être bien à toi,
00:34:44mais pour moi, il est vraiment un peu grand.
00:34:46Je t'adore.
00:34:48Dis-donc, on est...
00:34:49Je vais l'incensé.
00:34:50Louise est malade.
00:34:50Et quant à Arthur, je l'envoie à l'autre bout de Paris faire une course.
00:34:52Oh, pauvre Arthur.
00:34:54Depuis, est-ce que tu peux l'envoyer dans des directions différentes ?
00:34:56Oui, et il n'est pas le seul.
00:34:57Ah, qu'est-ce que ça veut dire, ça ?
00:34:58À vous, à présent, c'est moi qui ai fait partie en Madeleine pour moi.
00:35:02Non !
00:35:02Oui, je lui avais dit que sa tante était malade.
00:35:04Eh bien, ce n'est pas vrai.
00:35:05Elle m'avait téléphoné qu'elle allait mieux.
00:35:07Dis-donc, ce n'est pas toi qui a expédié mon mari à Rome.
00:35:10Ah non, ça serait plus piquant, mais je ne suis pour rien dans son départ.
00:35:12Il est venu me l'annoncer spontanément.
00:35:14Tiens, on va prendre un petit déjeuner.
00:35:15Avec plaisir, j'ai me le revoir de faim.
00:35:17Assieds-toi là.
00:35:18Là, je vais te chercher une tasse.
00:35:20Dis-donc, il n'y a qu'un croissant, on le partagera, hein ?
00:35:22Oui, on va le partager.
00:35:24Tiens, ma chérie.
00:35:25Voilà.
00:35:29Merci.
00:35:30Non, mais, hein ?
00:35:32Crois-tu que c'est gentil de prendre notre petit déjeuner, comme ça, tous les deux ?
00:35:35Comme si nous étions mariés.
00:35:36Eh oui, nous le sommes.
00:35:37Un petit peu de lait, oui.
00:35:38Nous le sommes, mais pas ensemble.
00:35:39Eh, c'est dommage.
00:35:40Nous entendrions si bien.
00:35:44Nous sommes tellement félins pour l'autre.
00:35:46C'est bien simple, tu vois.
00:35:47Chaque fois que je pensais à toi, moi, je me disais...
00:35:49Oh, pourquoi ?
00:35:50Pourquoi ne l'ai-je pas rencontrée plus tôt ?
00:35:52Mais c'est elle qui est la femme de ma vie.
00:35:53Tu pensais ça, réellement ?
00:35:55Je te le jure.
00:35:56J'ai été un caractère exquis.
00:35:58Tu es tracée, la vie.
00:36:00Ah, c'est vrai.
00:36:01Nous aurions fait un ménage admirable.
00:36:04Admirable.
00:36:05Ah.
00:36:07Devenir libre, hein ?
00:36:08Tous les deux.
00:36:09Et nous marier, c'est bien simple.
00:36:11Ce serait le bonheur.
00:36:12Le vrai, le grand.
00:36:13Tu veux de la confiture ?
00:36:14Non, merci.
00:36:15Le seul.
00:36:16Oui.
00:36:18Et là, nous sommes libres ni l'un ni l'autre.
00:36:20Non, non, non.
00:36:20Mais enfin, nous sommes tout de même l'un à l'autre.
00:36:22Je suis sûr que c'est pour toujours.
00:36:24C'est bien ça.
00:36:25Une nouvelle émission s'il commence.
00:36:27Pareil.
00:36:28Non, chérie.
00:36:29Où se retrouva-t-on ?
00:36:30Eh bien, alors, dès demain.
00:36:31Dès demain, je vais chercher un petit appartement discret,
00:36:33comme mode, et alors là, tous les jours, enfin,
00:36:36le plus souvent possible.
00:36:37Oui, très souvent.
00:36:38Excusez-moi.
00:36:41À propos, comment vient-elle, Madeleine ?
00:36:43Demain, en matinée.
00:36:44Mais c'est s'ennuie trop.
00:36:46Elle pourrait rentrer ce soir, ça.
00:36:47En tout cas, tu as toute ta journée libre.
00:36:50Alors, on peut peut-être déjeuner ensemble.
00:36:53Quelle chance, quelle chance.
00:36:56Eh bien, voilà mon programme.
00:36:58Je remets ma robe.
00:36:59Je passe à la maison.
00:37:01Je regarde un petit peu ce qui se passe chez moi.
00:37:02Et à une heure et demie, je te retrouve.
00:37:04Adopté.
00:37:06Et cet après-midi, tu pourras rester avec moi ?
00:37:09Mais bien sûr.
00:37:10Notre première journée d'amant, je l'avais pour moi tout entier.
00:37:13Et moi, donc ?
00:37:14Non, non, non.
00:37:14Alors, allez, hop.
00:37:16Non, non, non, non, laisse-moi maintenant.
00:37:20Non, non, non, laisse-moi ça.
00:37:21Non, non, sans à nous déjeunerons à trois heures.
00:37:23Non, je ne veux pas te laisser.
00:37:24Si, si, si.
00:37:25Allez, regarde ton courrier pendant que je fais ma vie.
00:37:27Non, non, mais le courrier, parce que ça compte le courrier quand tu es là.
00:37:30Rien n'existe.
00:37:32Lise tout ça.
00:37:33Si, lis-moi chaque lettre au fur et à mesure.
00:37:36Je laisse la porte ouverte et je t'écoute.
00:37:38A tout de suite.
00:37:52Une carte de Le Breton.
00:37:53Tu le connais, Le Breton ?
00:37:54C'est à Billarit.
00:37:55Qu'est-ce qu'il y fait ?
00:37:57Il cherche la grosse fortune.
00:37:58Mais il n'a pas l'air de la trouver.
00:38:00Il y a des jeunes filles, dit-il, mais sans dote.
00:38:02Beaucoup de parties, peu de revenus.
00:38:05Ah, le pauvre vieux.
00:38:07Une autre lettre de ma nièce.
00:38:10Elle est jolie ?
00:38:15Elle m'apprend que son beau-père est à toute extrémité.
00:38:18Sauf complication, dit-elle, il va mourir.
00:38:19Qu'est-ce qu'elle veut que ça me fasse ?
00:38:24Tiens.
00:38:25Qu'est-ce que c'est ?
00:38:27Une lettre de Madeleine.
00:38:29Une lettre de moi, déjà ?
00:38:30Non, c'est un vrai de Paris.
00:38:32J'ai dû m'écrire avant de partir, mais...
00:38:34Qu'est-ce que ça veut dire, ça ?
00:38:35Viens-le vite, tu le sauras.
00:38:41Oh !
00:38:42Oh, ça alors !
00:38:44Oh, ça alors !
00:38:47Julien, qu'est-ce qu'elle t'écrit dans ta femme ?
00:38:50Pourquoi te dis-tu pas ?
00:38:51Tiens, toi bien.
00:38:53Mon cher André, j'ai vraiment beaucoup de peine quand je pense au coup que je vais te porter,
00:38:56mais il faut bien que tu saches, voilà, j'ai un amant depuis six mois.
00:39:00Non !
00:39:00Si, et peu à peu, cette existence d'hypocrisie m'est devenue insupportable.
00:39:03Je trouve donc plus loyal de te quitter et de partir ce soir avec l'homme que j'aime.
00:39:07Par exemple ?
00:39:08Pas fini.
00:39:09Depuis quelques semaines, j'avais décidé ce départ, mais je le remettais de jour en jour.
00:39:12J'attendais le moment, l'occasion, c'est toi qui me l'as fourni en me conseillant d'aller à
00:39:16Rouen voir ma tante.
00:39:18J'ai vu là comme une intervention de la Providence.
00:39:21C'est elle aussi.
00:39:22Et je suis allé rejoindre celui auquel je pourrais enfin me consacrer désormais à Dieu pour toujours et pardon, Madeleine.
00:39:28Oh, ça alors !
00:39:30Oh, c'est roulant !
00:39:32Ah, tu trouves, toi !
00:39:34Je ne pense pas qu'à présent, ça te puisse faire le moins de chagrin.
00:39:37Du chagrin ?
00:39:38Non, bien sûr, c'est pas très agréable.
00:39:41Tu l'aimes donc encore, ta femme ?
00:39:43Hein ? Non, pas du tout. C'est toujours un peu ennuyeux d'être trompé.
00:39:48Bon, mon mari l'est bien.
00:39:49Oui, ça n'a aucun rapport.
00:39:51Tout de même, je suis un peu surprise.
00:39:53De quoi ?
00:39:53Mais de ton attitude, je pensais que tu allais sauter de joie, accueillir cette nouvelle comme une libération.
00:39:58Mais pense, mon chéri, combien il sera facile de nous voir à présent.
00:40:02De nous deux, il y en aura au moins un qui sera complètement libre.
00:40:06Ah, ben oui, à ce point de vue-là, évidemment.
00:40:08Tu n'as pas l'air convaincue.
00:40:10Je vais finir par me vexer, moi.
00:40:12Si tu tiens tant que ça à ta femme, il faut courir après.
00:40:14Mais non, monsieur, il n'est pas question de ça.
00:40:16Songe donc, en deux minutes, tu vois, un tel changement d'existence, je me sens, comment dirais-je, je me
00:40:21sens, eh ben désorienté, oui, c'est ça, je suis désorienté, c'est le mot, non ?
00:40:24Ah, ben, tu ne peux pas ne pas me comprendre.
00:40:26Enfin, être marié depuis cinq ans et puis se trouver brusquement de tout seul.
00:40:30Seul ? Comment ça ? Et moi, alors ?
00:40:31Oui, un peu seul à mon domicile, hélas, tu es marié sous ma chérie, tu ne peux pas vivre ici.
00:40:35Mais j'y viendrai autant que je le voudrais, hein ?
00:40:37Et puis comme ça, tu n'as plus besoin de louer ce petit rez-de-chaussée.
00:40:40Ah, ben oui, c'est vrai, tiens, ça, c'est une simplification.
00:40:42Oui.
00:40:42Qui ça peut-il être ?
00:40:43Qui ça ?
00:40:44Ben, son amour.
00:40:45Oh, mais je n'en sais rien, moi, puis ça ne m'intéresse pas.
00:40:47Oh, ben, parbleu, ah, puis l'amante, tout ça, t'es bien égale, toi ?
00:40:50Mais non, ça ne m'est pas égale.
00:40:52Non, je suis très contente.
00:40:54Oui, au fond, j'étais très jalouse.
00:40:57Avoir pour amant l'air d'une autre femme, il y a des natures qui peuvent s'accommoder de cette
00:41:00situation, et bien pas la mienne.
00:41:02Comme ça, je t'aurai tout à moi.
00:41:04Mais j'en suis ravie.
00:41:05Je ne vois pas pourquoi je ne te l'avouerai pas.
00:41:09Eh bien, c'est gentil, ce que je te dis, là, hein ?
00:41:11Oui, c'est très gentil, monsieur.
00:41:14Mon amour.
00:41:15On déjeune toujours ensemble ?
00:41:17Oh, ben, dame, plus que jamais.
00:41:19Sinon, il faut que je file, maintenant.
00:41:21Sinon, Léonie s'étonnerait que je m'attarde aussi longtemps, j'ai ma soeur, hein ?
00:41:38Pourquoi ris-tu ?
00:41:40Parce que quand on y pense, c'est tout de même très drôle.
00:41:43Ah oui, quoi ? Que c'est drôle, quoi ?
00:41:44Que pendant que toi et moi, nous...
00:41:46Oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh.
00:41:48Dis-donc, dis-donc, dis-donc, tu n'as qu'est-ce que tu mérites.
00:41:51Oh, ben, pardon, pardon, elle...
00:41:53Elle a une avance de six mois sur moi, je suis très en retard sur elle.
00:41:56Oh, eh bien, nous tâcherons de rataffer le temps perdu.
00:42:00Oh, formidable, même.
00:42:01Cette Madeleine.
00:42:02Dis-donc, je croyais si douce, si tranquille, que je croyais l'honnêteté même.
00:42:06Il faudra tout de même bien savoir qui est son amant.
00:42:07Oh, nous chercherons en déjeunant.
00:42:09Faut absolument que je file maintenant.
00:42:10Tout à l'heure, mon chéri.
00:42:11Oh, ben non, dis-moi au revoir autrement.
00:42:14Oh, mon amour, ma raison d'être au revoir, mon chéri, mon chéri.
00:42:19À la bonne heure.
00:42:20À tout à l'heure, mon chéri.
00:42:22Tu te dépêches, hein?
00:42:23À une heure et demie, hein?
00:42:24Oui, une heure et demie, si.
00:42:27Tout à l'heure.
00:42:36Celui auquel je pourrais enfin me consacrer désormais.
00:42:40C'est considérable, ça.
00:42:42Ah, monsieur, on en est caché.
00:42:45J'ai fait vite parce que monsieur m'avait paru préoccupé.
00:42:48Non, non, non, pas du tout, merci, Arthur.
00:42:50Monsieur va en prendre un tout de suite.
00:42:51Non, non, tout à l'heure.
00:42:53Monsieur a encore eu très faim ce matin.
00:42:55Comment?
00:42:56Il y a deux tasses.
00:42:58À quoi riment toutes ces insinuations?
00:42:59Oh, monsieur, je n'insigne rien, je ne m'appermettrai pas.
00:43:02Oui, non, puis après tout, vous avez raison, il y a deux tasses, Arthur,
00:43:05parce que j'ai passé la nuit ici avec ma maîtresse.
00:43:07Oui, oui, oui.
00:43:09Et que ce matin, nous avons pris le petit déjeuner, tous les deux, voilà.
00:43:11C'est pas possible.
00:43:12Eh bien, oui.
00:43:13Monsieur n'aurait pas eu l'imprudence.
00:43:14Enfin, voyons, monsieur, si madame la prenait quand elle va revenir...
00:43:17Elle ne revient pas.
00:43:18Pardon?
00:43:19Je vous dis, Arthur, que madame ne revient pas.
00:43:20Elle est partie hier soir pour toujours.
00:43:23Quelqu'un lui a dit que monsieur a amené une femme ici.
00:43:25Elle est furieuse, elle s'avance.
00:43:26Elle est vengée d'avance.
00:43:28D'avance?
00:43:28Oui.
00:43:29Madame n'est pas partie seule?
00:43:31Eh, non.
00:43:32Oh, c'est tendant.
00:43:37Je vous prierai, Arthur, de ne pas rire.
00:43:39Du moins, à ma présence.
00:43:40Oh, c'est tendant, monsieur, monsieur.
00:43:42Un homme trompé ou un homme qui tombe à terre, ça fait toujours rire.
00:43:46Vous savez-vous que quand j'ai appris que votre femme fréquentait le fils du concierge,
00:43:49je me suis roulé.
00:43:50Oh, par exemple, je ne permettrai pas, monsieur, d'insinuer.
00:43:53Je disais ça pour voir si vous ririez, Arthur.
00:43:56Oh, monsieur ne devrait pas me faire des frayeurs pareils.
00:43:59Ma pauvre loup est si bonne.
00:44:01Alors, comme ça, vraiment, madame ne reviendra plus.
00:44:05Eh, non.
00:44:06Et si je ne suis pas indiscret, avec qui est-elle partie?
00:44:10Bien.
00:44:11Voilà précisément ce que je me demande.
00:44:13Si vous avez une idée.
00:44:15Ben, je ne sais pas.
00:44:18Eh, monsieur de Moreuil.
00:44:22Mais j'y ai pensé.
00:44:24Des télégants, spirituels, bien de sa personne.
00:44:26Mieux que monsieur.
00:44:28Ben, je ne trouve pas, moi.
00:44:29Ah, c'est l'avis de Louise.
00:44:30Et sur ces questions-là, elle a un jugement très sûr.
00:44:33Et puis cet hiver, il était tout le temps foré ici.
00:44:36Ah oui?
00:44:37J'ai envie de lui téléphoner.
00:44:39Voulez-vous parier qu'il n'est pas là, hein?
00:44:40Monsieur, je ne parierai pas, mais évidemment.
00:44:43Ce serait un indice.
00:44:44Ce serait un indice.
00:44:45Voyons, Moreuil, c'est pas si...
00:44:4722 fois.
00:44:49Pas si 20.
00:44:4922 fois.
00:44:50Oui.
00:44:53Comment vous savez que c'est pas si 22 fois, vous?
00:44:55Oh, monsieur, j'ai une mémoire de cheval.
00:44:57De cheval?
00:44:58Oui.
00:44:59Oui.
00:45:00Bizarre, tout de même.
00:45:04Allô?
00:45:06Allô, je suis chez monsieur de Moreuil.
00:45:08Oui, il est là.
00:45:10Ah, il n'est pas là.
00:45:12Oui.
00:45:13Et quand ça, s'il vous plaît?
00:45:15Ah?
00:45:16Ah bon?
00:45:17Non, non, non, aucune importance, non?
00:45:18Non, non, je vous remercie.
00:45:19Bonjour, mademoiselle.
00:45:22M. de Moreuil est parti hier pour Istanbul.
00:45:26Ah!
00:45:27Madame a dit plusieurs fois devant moi qu'elle aimerait connaître la Grèce.
00:45:32Istanbul est en Turquie.
00:45:33Ah, je crois.
00:45:35J'en suis sûr.
00:45:37Enfin, c'est peut-être pour connaître Istanbul que madame s'est donné à M. de Moreuil.
00:45:41Si toutefois, c'est bien lui son amant.
00:45:43Ah, ben oui, au fait, nous n'en savons rien.
00:45:46Je saurais, Arthur, vous m'entendez?
00:45:47Je saurais pas plus tard que ce soir.
00:45:49Alors, voyons, voyons, voyons, monsieur ne va pas s'énerver.
00:45:51Non, non, attends, je vais m'habiller, ça vaudra mieux.
00:45:53C'est ça?
00:45:54Ah, on a sonné.
00:45:55Oui, je n'y suis pour personne.
00:45:56Viens.
00:46:02Madame est en voyage et monsieur est sorti.
00:46:04Non, Arthur, dites à monsieur que c'est moi, vite.
00:46:05Mais puisque je répète à madame que monsieur n'est pas là.
00:46:07Ah, voyons, oh, flûte!
00:46:14André, vous êtes là?
00:46:15C'est moi, c'est moi.
00:46:16J'ai à vous parler.
00:46:17Eh, bonjour, oui, je viens, viens.
00:46:19Dépêchez-vous.
00:46:20Oui.
00:46:21Vous voyez bien qu'il est là.
00:46:22Madame m'excusera, mais je dis ce qu'on m'ordonne de dire.
00:46:24Ça va, ça va, laissez-nous maintenant.
00:46:26Viens, madame.
00:46:33Eh, vous venez déjà me chercher pour déjeuner, cher ami?
00:46:35Tu peux me tutoyer, Arthur, on n'est plus là.
00:46:37Ah, ah bon, alors qu'est-ce qui se passe?
00:46:39Il se passe, 40 ans chez moi, j'ai trouvé mon courrier, moi aussi.
00:46:42Je l'ai lu et je viens de le lire.
00:46:43Oui, avec plaisir, ma chérie, je t'écoute.
00:46:45Bon, ça ne sera pas long, moi je n'ai qu'une lettre.
00:46:47Ah, c'est de qui?
00:46:48De mon mari.
00:46:50Tiens, je peux déjà, mais il n'est pas arrivé.
00:46:52Oui, aussi m'a-t-il écrit de Paris avant de partir.
00:46:55Comme ma femme?
00:46:56Exactement.
00:46:58Ma chère Suzanne, ce que je fais est abominable,
00:47:01mais ce n'est pas tout à fait ma faute.
00:47:03Je te trompe depuis six mois.
00:47:05Six mois?
00:47:06Et cette situation se serait sans doute prolongée
00:47:08si ma maîtresse, prévenue de mon voyage à Rome,
00:47:10ne m'avait rejointe à la gare.
00:47:12Ne pouvant plus supporter de ne me voir qu'en cachette,
00:47:14elle me supplie de l'emmener et de me consacrer désormais tout à elle.
00:47:17Je vois là une évidente intervention à ma providence.
00:47:20Encore un?
00:47:20Oui.
00:47:21Inutile de te nommer celle dont il s'agit.
00:47:24Tu l'as déjà deviné.
00:47:25Ah, ben oui, ça, moi aussi.
00:47:26Demande pardon de ma part à mon vieil ami André.
00:47:28Et dites-vous bien tous les deux que si ça n'avait défendu que de moi,
00:47:31vous n'auriez jamais rien su, ni l'un ni l'autre.
00:47:32Je t'envoie une dernière fois, Édouard.
00:47:34Oh, ça alors.
00:47:36Oh, ça alors.
00:47:37Oh, ça c'est plus fort que tout.
00:47:38Tu peux le dire.
00:47:40Alors, si ils nous trompaient tous les deux?
00:47:41Non, pas seulement.
00:47:43Six mois.
00:47:43Six mois, pas seulement.
00:47:45Hypocritement.
00:47:45Et quand vous pensez que nous nous sommes apitoyés sur leur sort, que nous les avons pleins?
00:47:48Oui, et de quoi s'agissait-il?
00:47:49D'une nuit, d'une seule.
00:47:50Pendant que?
00:47:52Oh, moi, moi, moi, plaqué comme n'importe quelle poule.
00:47:55Ah, tu vois, tu vois, hein, tu vois comme c'est désagréable.
00:47:57Tu ne me comprenais pas tout à l'heure.
00:47:58Pardon, pardon, c'est pas du tout la même chose.
00:48:00Pourquoi?
00:48:01Ben, un homme peut toujours refaire sa vie.
00:48:03Il est fort, il a d'énergie.
00:48:04Mais une femme, une faible femme comme moi, nerveuse, facilement désemparée,
00:48:09on ne l'abandonne pas ainsi lâchement sans se préoccuper de ce qu'elle va devenir.
00:48:12C'est une indignité, ça.
00:48:13Ah, mais le destin ne t'accable pas seul.
00:48:15Mon infortune doit t'aider à supporter la tienne.
00:48:18Voilà un raisonnement.
00:48:20C'est comme si le jour où il y avait le feu chez moi, tu me disais, regarde, console-toi.
00:48:23La maison d'un côté brûle aussi.
00:48:25C'est un beau dégoûtant, ton Édouard.
00:48:26Ah, mon.
00:48:26Je crois que j'aurais soupçonné tout Paris avant de penser à Édouard.
00:48:28Comment a-t-elle pu s'éprendre de lui, alors, ça?
00:48:30Si tu t'imagines que Madeleine est jolie.
00:48:32Elle est plutôt mieux comme femme que ton mari comme homme.
00:48:34Madeleine est plutôt bien, Édouard est plutôt mal.
00:48:36Ça, c'est une opinion.
00:48:37Celle de tout le monde.
00:48:38En tout cas, l'aide ou jolie, c'est surtout une belle grue.
00:48:40Oui, oh, je ne la défendrai pas.
00:48:41Cette créature qui va relancer mon mari à la gare,
00:48:43alors qu'il prenait sagement son petit train pour ce congrès.
00:48:46Car il n'avait pas du tout l'intention de l'enlever, Madeleine, lui.
00:48:49Oh, ça, j'en suis sûre.
00:48:50Oui, oh, d'ailleurs, d'ailleurs, sur ce point, l'heure de l'être concorde,
00:48:53c'est elle qui a voulu cette fuite.
00:48:55Oui, en effet, lui, il se contentait de coucher avec elle sans quitter Paris.
00:48:58Et toi qui me vantais hier sa sagesse et sa loyauté.
00:49:00Je ne le défendrai pas non plus, Édouard est un misérable.
00:49:02Mais des deux, c'est tout de même Madeleine la plus infâme.
00:49:04Quoi?
00:49:05Je suis hors de moi, moi, hors de moi, hors de moi, hors de moi.
00:49:07Je vois, ma chérie, je vois.
00:49:08Il fait un mot de te dire que c'est assez désobligant.
00:49:10Pour qui?
00:49:10C'est pour moi.
00:49:12Enfin, il n'y a pas une demi-heure.
00:49:13Eh bien, nous rêvions d'être libres.
00:49:14Oui, mais...
00:49:15Eh bien, nous le sommes.
00:49:16C'est vrai?
00:49:18J'avais pas du tout pensé à ça, moi.
00:49:19Mon chéri, il faut y penser.
00:49:21Ah oui?
00:49:22Oui.
00:49:23Car alors tout ce qui arrive cesse à l'instant même d'être désagréable.
00:49:26Mais parbleu, être lâché, c'est vexant, tandis qu'être soudain délivré, c'est réconfortant.
00:49:30Oh, tu as parfaitement raison et ma colère était absurde.
00:49:33Une joie sans mélange est le seul sentiment compatible avec notre dignité et notre bonheur.
00:49:38Notre bonheur surtout.
00:49:39Et notre bonheur récent, mais d'autant plus vif.
00:49:41Oh, mais c'est vrai, ça, enfin, depuis que tu m'as lu cette lettre, ma parole, vraiment, nous en
00:49:43arriverons presque à oublier notre joie.
00:49:45Oh, je te demande pardon de ce mouvement d'humeur.
00:49:47Tu ne m'en veux pas?
00:49:47Oh, mais pas du tout, ma chérie.
00:49:48La situation est un peu anormale.
00:49:50Je suis bien excusable de ne pas l'avoir comprise tout de suite.
00:49:52Alors, je la résume, la situation.
00:49:54Oui?
00:49:54Et nous sommes heureux.
00:49:55Oui.
00:49:56Nous sommes heureux, le tout était de s'en rendre compte.
00:49:59Nous nous aimons, nous sommes libres.
00:50:01Le reste n'existe plus.
00:50:02L'avenir m'apparaît délicieux.
00:50:04Pense, nous n'avons plus le compte à rendre à personne.
00:50:06À personne.
00:50:08Ma chérie, je veux que désormais, tu sois ici.
00:50:11Mais nous n'allons pas trop vite, mon chéri.
00:50:13Dieu merci.
00:50:15Dieu merci, notre conduite à nous est irréprochable.
00:50:17Entièrement.
00:50:18Continuons comme ça et ayons l'opinion pour nous.
00:50:20L'opinion et nos divorces.
00:50:21Nos divorces.
00:50:22Eh bien oui, Edouard et Madeleine ont tous les sorts.
00:50:23Nous, nous n'en avons aucun.
00:50:25Nous serions bien naïfs de perdre cet avantage.
00:50:26Ah oui, mais dis-donc, attention.
00:50:27Alors, pas d'imprudence.
00:50:28Nous ne vivrons complètement ensemble.
00:50:30Que quand nous serons remariés.
00:50:32Eh oui, oui, car nous allons nous marier.
00:50:35C'est ce que nous souhaitions tout à l'heure.
00:50:36C'est ce que nous pouvons faire à présent.
00:50:39C'est donc mon chéri, au fait, où habiterons-nous?
00:50:42Chez toi ou chez moi?
00:50:44Oh, ici.
00:50:45Ici, bon.
00:50:46Ici, oui.
00:50:46Alors, tu me laisseras seulement changer quelques petites choses.
00:50:49Pourquoi?
00:50:50Eh bien, parce qu'il me serait très pénible de vivre avec toi dans le cadre exact où tu avais
00:50:54qu'avec une autre.
00:50:55Oh, ben tu vois, ça c'est très gentil.
00:50:58Oui.
00:50:58Très gentil.
00:50:59Surtout avec cette créature.
00:51:01Cette créature m'a pris mon mari et qui te rendait ridicule.
00:51:05Mais moi, je n'ai personne jamais connu sa liaison.
00:51:08Je n'ai pas beaucoup, ta femme.
00:51:10Comment?
00:51:11En octobre dernier, c'est pas bien vieux, hein?
00:51:14Eh bien, elle est allée prendre le thé à Saint-Germain avec le petit Brimond.
00:51:18Comment le sais-tu?
00:51:18Parce qu'elle me l'a dit.
00:51:20Elle m'a même prié de lui servir d'alibi.
00:51:22Oui, quand je te verrai le soir de te dire qu'elle avait passé la journée avec moi.
00:51:26Et tu as accepté?
00:51:27C'est ignoble ce que tu as fait là.
00:51:28Ça te fâche qu'elle soit allée prendre le thé avec Brimond?
00:51:31Mais si, Edouard, comment...
00:51:34Je crois vraiment qu'elle a été sa maîtresse.
00:51:36Pourquoi pas?
00:51:38Oh, ça par exemple.
00:51:39Pauvre Edouard.
00:51:41Je ne lui donne pas trois mois pour être aussi trompée que toi.
00:51:44Non, écoute, monsieur, ne parlons plus de ma femme ni de ton mari.
00:51:47Tu veux?
00:51:47Bah, c'est toi qui constamment ramène toute heureuse.
00:51:49Oui, bah enfin, parlons d'autre chose.
00:51:50Mais si tu es en train d'organiser notre existence, c'est beaucoup plus intéressant.
00:51:53Beaucoup.
00:51:54Dis donc, au fait, Thierry, il va bientôt l'été.
00:51:56Où irons-nous?
00:51:57Eh bien, vers le 15 juillet, nous partirons pour Cannes.
00:51:59Oh, quelle drôle d'idée.
00:52:01Ah, moi, je n'imagine pas qu'on puisse passer des vacances ailleurs.
00:52:03Mais voliez-vous donc l'été avec Edouard?
00:52:05En Savoie.
00:52:06Ah, ça c'est joli, on aussi c'est du repos.
00:52:08Puis nous y serions ensemble.
00:52:09Pense André, la nature est rien que nous deux.
00:52:12Oui, dis-moi, six mois, ça fait quelle date au juste?
00:52:15Ah, tu recommences?
00:52:15Non, non, un dernier point seulement qu'il faut préciser.
00:52:17Oui, en six mois, à quelle époque ça...
00:52:19Nous sommes le 14 mai.
00:52:21Alors, avril, mars, février, janvier, décembre, novembre, ça y est, j'y suis, j'ai eu la grippe en novembre.
00:52:29Ah, et alors?
00:52:30Eh bien, alors, maintenant, je n'ai jamais resté une journée entière à mon chevet.
00:52:33J'avais 39,5, je me sortais tout de même.
00:52:34Eh bien, j'ai compris maintenant.
00:52:36Elle venait de se donner à Edouard.
00:52:37Elle ne pouvait pas rester 24 heures sans courir l'enjoindre.
00:52:40Alors, tu crois que physiquement, ce sont deux êtres qui peuvent s'entendre?
00:52:44Si ils ont eu le temps de s'en rendre compte.
00:52:45C'est juste, si on n'était pas content l'un de l'autre, ils ne seraient pas partie ensemble.
00:52:48Et le ciel d'Italie ne peut que décupler, c'est que je connais Rome, hein?
00:52:51Et je les vois d'ici.
00:52:52Oh, les misérables, les misérables!
00:52:54Oh non, non, non, ça c'est pas admissible.
00:52:56André, il faut nous venger.
00:52:57Oui.
00:52:58C'est ce que nous avons fait, mon amour.
00:53:00Ah, c'est juste.
00:53:01Mais ils ne le savent pas.
00:53:02Faudrait qu'ils sachent.
00:53:04Qu'est-ce que c'est que ça?
00:53:05Le téléphone.
00:53:06Le téléphone.
00:53:09Allô.
00:53:11Allô, oui?
00:53:12Oui, c'est moi d'avoir de qui?
00:53:14Comme, oh, ça par exemple.
00:53:16Qu'est-ce que c'est?
00:53:17La tante chante, là.
00:53:18La tante de Romain.
00:53:19Oh, pardon.
00:53:20Attendons.
00:53:21Allô, c'est vous, ma tante?
00:53:23C'est vous?
00:53:23Oui?
00:53:24Quoi?
00:53:25Quand Madeleine arrive.
00:53:27C'est drôle.
00:53:27Oh, c'est drôle.
00:53:28Vous êtes sans nouvelles d'elle.
00:53:30Ah, oui, je ne peux pas vous en dire autant, ma tante.
00:53:32Ma foi, je ne vois pas pourquoi je ne vous révélerai pas tout.
00:53:36Eh bien, voilà.
00:53:37Madeleine m'a quitté hier soir, à cette heure, en me disant qu'elle partait pour Romain.
00:53:40Oui.
00:53:41Oui, oui, oh, mais je sais.
00:53:42Je sais qu'elle n'est pas arrivée.
00:53:44Non, non, non, non, pas d'accident, non, c'est beaucoup plus grave.
00:53:47Ce matin, ma tante, je recevais une lettre d'elle, m'informant qu'elle avait un amant,
00:53:52qu'elle partait pour Rom, pour Rom et pour toujours.
00:53:56Oui, ma tante, votre nièce m'abandonne.
00:53:59Moi, moi, le mari le plus irréprochable.
00:54:01Elle me laisse tout seul.
00:54:03Tout seul et désespéré.
00:54:05Oh, dis donc, toi, je ne peux pas tolérer ça.
00:54:07Non, non, arrête, dis donc.
00:54:09Comment ?
00:54:10Non, ma tante, je crie, je crie parce que je souffre.
00:54:14Oui, vous êtes révolté.
00:54:15Ah, eh bien, ça, je vous comprends, ma tante.
00:54:17Je vous...
00:54:19Comment ?
00:54:20Ah.
00:54:21Eh bien, elle le mérite.
00:54:22Quoi, quoi, quoi ?
00:54:23Je te dirai.
00:54:24Oui, oui, ma tante.
00:54:25Elle le mérite.
00:54:26Votre décision est juste.
00:54:27Je ne peux pas vous donner tort.
00:54:29Certainement, ma tante.
00:54:30J'irai vous voir.
00:54:31Oh, vous me faites du bien.
00:54:33Merci, ma bonne tante.
00:54:34Je, je, oui.
00:54:35Je vous embrasse, au revoir, ma tante, au revoir.
00:54:38Plus un sou.
00:54:39Quoi ?
00:54:40Elle lui suprime sa rente et elle l'a désirée.
00:54:42Qu'est-ce que tu penses de ça ?
00:54:44Mais elle va être folle.
00:54:45C'est qu'elle aime l'argent, ma tante, il me le semble.
00:54:47Sans moi et sans sa tante, elle ne peut plus compter que sur Edouard.
00:54:50Sur Edouard.
00:54:52Sur Edouard.
00:54:55Sur Edouard.
00:54:56Ah, non.
00:54:57Ah, non, ah, non, non, non, non, non.
00:54:59Oh, je pense à une chose.
00:55:00Que non ?
00:55:01Edouard et moi, nous sommes mariés sous le régime de la communauté.
00:55:03Et alors ?
00:55:04Alors, si nous divorçons, il va falloir établir les comptes, établir l'actif, faire les comptes.
00:55:09Et comme, et comme, tout ce que nous possédons est placé à l'étranger,
00:55:13et qu'Edouard n'en a pas déclaré un sou au fisc,
00:55:15le procès va faire apparaître sa fraude.
00:55:17Oh, on va lui prendre tout ce qu'il possède.
00:55:19Eh oui !
00:55:21Ça n'est plus beau tout !
00:55:22Ah, ça, j'avoue que cette aventure devient adorable.
00:55:25Ils vont être malheureux.
00:55:29Embrasse-moi, embrasse-moi, oui, encore.
00:55:32Oh, dis donc, c'est rageant qu'ils ne puissent pas savoir.
00:55:36Moi, j'ai envie de leur télégraphier.
00:55:37Oui, mais quoi ?
00:55:38Nous aussi sommes ensemble.
00:55:40Stop !
00:55:40Et aussi heureux que vous.
00:55:42Stop !
00:55:42Canaille !
00:55:43Stop !
00:55:43C'est une idée fixe, ça, mais pourquoi ?
00:55:45Parce qu'à eux aussi, ça leur empoisonnerait l'existence.
00:55:48C'est une idée fixe, ça leur empoisonnerait l'existence.
00:56:20C'est une idée fixe, ça leur empoisonnerait l'existence.
00:57:03Est-ce que monsieur sait qu'il est deux heures moins dix ?
00:57:05Oui, Arthur, je sais.
00:57:07Est-ce que monsieur sait que madame a commandé deux perdons ?
00:57:10Oh, non.
00:57:11J'ai donc le plaisir de la prendre à monsieur.
00:57:14Merci, Arthur.
00:57:15Et le regret d'ajouter qu'ils ne sont plus mangeables.
00:57:18Félicie est furieuse.
00:57:19Ah, qui est Félicie ?
00:57:21La nouvelle cuisinière.
00:57:23Depuis un mois que madame est partie et que madame est arrivée, nous avons eu successivement
00:57:28Marie-Albertine, Berthe et maintenant Félicie.
00:57:30Mais je crois bien qu'elle va s'en aller aussi.
00:57:33Elle était bien.
00:57:34Oh, parfait.
00:57:36Mais tout de même moins patiente que monsieur.
00:57:39Il est vrai qu'elle n'a pas les mêmes compensations.
00:57:43Elle m'a dit qu'elle allait chez sa modiste.
00:57:46Félicie ?
00:57:47Non, madame.
00:57:50Monsieur n'a jamais plus eu de nouvelles de madame.
00:57:54Eh non, Arthur, aucune.
00:57:56Moi, je la regrette, madame.
00:57:59Je remercie, Arthur.
00:58:00Et Louise aussi.
00:58:01Elle était douce, exacte.
00:58:03Elle savait commander.
00:58:05Ah, monsieur Parizeau n'a pas pu au change.
00:58:08Sous son air naïf, c'est un malin.
00:58:11C'est un salaud.
00:58:12Bon, ça, c'est un autre point de vue, monsieur.
00:58:15En tout cas, moi, je suis résigné.
00:58:17Oui, bon, il a queuté deux heures.
00:58:17Moi, je me mets à table, alors ça suffit.
00:58:19C'est ça, monsieur.
00:58:19Je vais dire à Félicie de mettre le souffle.
00:58:21C'est ça, c'est un souffle.
00:58:24Ah, la porte qui se ferme avec précaution.
00:58:27C'est madame.
00:58:28Bon, alors, servez vite.
00:58:31Monsieur, je suis un peu en retard, hein ?
00:58:33À peine.
00:58:34Tu ne veux pas commencer à me faire la tête ?
00:58:35Non, je ne sais rien.
00:58:37Là, pour les jours que tu rentres avec un retard variant
00:58:38entre une demi-heure et une heure et une nuit, alors...
00:58:40Je te demande pardon.
00:58:42Elle ne déjeune donc pas, ta modiste ?
00:58:43Tu penses bien qu'à cette heure-ci, je n'arrive pas chez elle.
00:58:46Ah, comment tu m'avais dit que...
00:58:48Oh, mais j'y suis allée.
00:58:49Si, mais j'avais fini d'essayer, il n'était pas midi et demi.
00:58:52Alors, je sors de chez elle, ravie à l'idée d'être exacte pour déjeuner.
00:58:55Lorsque je rencontre par hasard le petit chazel au volant de sa nouvelle lancière...
00:58:58C'est imbécile.
00:59:00C'est un très gentil garçon.
00:59:01Et il ne le dit de mal de personne, lui.
00:59:02Je parle bleu, il ne parle que de lui, alors, évidemment.
00:59:04Bref, il m'a dit, montez donc, nous allons faire un tour au bois.
00:59:07Alors, j'étais tellement en avance, je pense que j'accepte.
00:59:10Et du coup, je ne sais pas comment, on s'est retrouvés à Versailles.
00:59:13Et il était une heure.
00:59:15Ben oui.
00:59:16Alors, pour me remettre, il m'a offert un verre.
00:59:18Ils sont revenus à 140 à l'heure sur l'autoroute.
00:59:20Conduit comme un...
00:59:21Mais c'est moi qui lui disais, plus vite, plus vite !
00:59:24Tu penses ? Je ne voulais pas te faire attendre.
00:59:28Alors, comme ça, tu t'affiches toute seule avec un jeune homme.
00:59:30Pourquoi pas ?
00:59:31Ben, parce que ça ne se fait pas, d'abord, et ensuite, parce que tu es ma maîtresse.
00:59:37Est-ce qu'il ne faut pas qu'on le sache ?
00:59:38Mais toi, tu le sais.
00:59:39Je te donne la parole, que je n'en parle à personne.
00:59:42Ah ben, il ne manquera plus que ça !
00:59:43Eh ben non !
00:59:43Quoi non ?
00:59:44Eh ben non, tu veux non !
00:59:46Cette situation est inadmissible, enfin, tu ne saurais exiger de moi.
00:59:48Oh, enfin, tu ne penses qu'à toi !
00:59:49Eh ben, dame !
00:59:50Et ma famille, alors ?
00:59:51Mon père, mon oncle, l'archevêque, jamais ils ne me pardonneraient un divorce au tort réciproque.
00:59:54Alors, bref, par regard pour ta famille, il faut que tu te conduises d'une façon scandaleuse.
00:59:58Scandaleuse ! Je ne me laisse même pas embrasser.
00:59:59En es-tu, bien sûr.
01:00:00Oh ! Jusqu'au soir de son départ pour homme, jamais je n'avais trompé, Edouard !
01:00:04Ce n'est pas du tout ce qu'on m'a dit.
01:00:06Quoi ?
01:00:07On t'a dit ? On t'a dit que j'ai eu des amants ?
01:00:09Hier encore.
01:00:10Et tu t'olères qu'on parle de moi dans ces termes ?
01:00:12Mais comment voudrais-tu que je m'en formalise ?
01:00:14Ben, je suis ta maîtresse, il me semble.
01:00:15Puisqu'il ne faut pas qu'on le sache.
01:00:17Alors, tu crois que j'ai eu des amants ?
01:00:19Je n'en sais rien, mais si la réflexion est jolie comme tu es, pourquoi serais-tu de rester fidèle
01:00:23à un homme comme Edouard ?
01:00:24Parce qu'il avait confiance en moi et qu'il ne me faisait pas de fête, lui.
01:00:27Dis donc, quand je pense à notre première nuit, la facilité avec laquelle tu as consenti à rester ici...
01:00:30Alors, ça, c'est le comble, c'est le comble, ça.
01:00:31Cette sûreté de toi, ce coup de téléphone à ta sœur, allons à vous, ce n'est pas la première
01:00:34fois que tu l'as prié à te servir d'alibi.
01:00:35André, prends garde à ce que tu dis, hein ?
01:00:37Je te questionne, mon ange.
01:00:38Et moi, et moi, je n'accepte pas de répondre.
01:00:41Qu'est-ce que c'est que ça ?
01:00:41Mais je fais mon service, madame.
01:00:43Je ne suis pas en état de me mettre à table, je vous appellerai.
01:00:45Bien, madame.
01:00:46À propos, je t'en remercie pour hier soir.
01:00:48Quoi, donc, hier soir ?
01:00:49Hier soir, à Sopé Dumontier s'extasiait sur la puissance de travail de Sérigny, sur le nombre d'heures qu
01:00:53'il passe à son bureau.
01:00:53Et toi, tu as dit, moi, pour moi, c'est bien simple, non pas ?
01:00:55Dans la société actuelle, un homme désœuvré est un roi agilutile, on devrait le supprimer.
01:00:59Oui, eh bien, alors ?
01:01:01Eh bien, alors, je ne fais rien.
01:01:03Ah, ça, c'est vrai, au fait.
01:01:04D'où ça vient-il que tu ne fasses rien ?
01:01:05J'ai un vrai aîné qui vient à 7 heures à l'usine et qui me remplace très avantageusement.
01:01:09Je ne vois vraiment pas pourquoi je travaillerai.
01:01:11Mais ne serait-ce que pour t'occuper ?
01:01:12Oui, alors, en somme, tu souhaiterais que je sois écrasé le bosogne uniquement pour te permettre de te promener en
01:01:16toute quiétude avec le petit chaser.
01:01:19Vraiment, mon chéri, jamais je ne serais doutée que tu avais aussi mauvais caractère.
01:01:22Écoute, je peux t'adresser exactement la même remarque.
01:01:24Tu m'as paraissé gai, insouciant, pleine de charme, mais t'es en train, je te découvre inexacte, coquette, futile,
01:01:28turbulent.
01:01:29Merci, quoi encore ?
01:01:30Un peu cassante avec ce pauvre Arthur.
01:01:32Tu dis que j'étais mal élevée.
01:01:33Tu n'as pas été très bien élevée.
01:01:35Oui, oh, ce n'est pas ta faute d'ailleurs.
01:01:37Tu as perdu ta pauvre mère à 3 ans quant à ton père qui a 73 ans encore après toutes
01:01:40les petites filles.
01:01:40Je te défends l'insulté, papa.
01:01:41C'est toi qui m'as dit qu'il était incorrigible.
01:01:43En une minute de tendre expansion, j'ai pu me laisser aller à cette confidence.
01:01:45Mais il n'est pas délicat d'argument de discussion, là.
01:01:49Oh, c'est extraordinaire.
01:01:51Quoi donc ?
01:01:52Que deux êtres qui s'aiment comme nous.
01:01:54Car enfin, nous nous aimons, c'est indéniable.
01:01:56Que deux êtres qui s'aiment comme nous ?
01:01:57Oui, que deux êtres qui s'aiment comme nous s'entendent aussi peu.
01:01:58Tu adores tout ce que je déteste et réciproquement, enfin, nous nous trouvons d'accord exactement sur rien.
01:02:01Oui, mais c'est tragique.
01:02:03Non, c'est dommage.
01:02:05D'où ça vient-il ?
01:02:06Eh bien, moi, je crois que je le sais.
01:02:08Le jour, n'est-ce pas, où Édouard est parti pour Rome,
01:02:10où j'expédiais Madeleine à Rouenquet, qu'est-ce que je souhaitais en ce moment ?
01:02:13Faire de moi ta maîtresse.
01:02:14Oui, mais comme un homme marié, peut-être l'amant d'une femme mariée.
01:02:16C'est pas tout ce qui était égout, tes caprices, tout ça m'était bien égal.
01:02:17Et puis, brusquement, nous avons été rivés l'un à l'autre pour la vie.
01:02:20Oui, il nous a manqué les fiançailles.
01:02:21Eh bien, voilà, voilà, le temps est dispensable aux concessions réciproques.
01:02:25Ça nous est tombé comme une tuile sur l'aide.
01:02:27Tu pourrais te servir d'une autre expression.
01:02:28C'est une image dont je te répète que je t'adore.
01:02:31C'est bon, il est certain que sans ces circonstances anormales,
01:02:33enfin, il ne nous serait jamais venu à l'idée de nous marier.
01:02:35N'est-ce pas ?
01:02:36Ah bon ?
01:02:36Non, monsieur Voyant, tu es beaucoup trop séduisante.
01:02:38Mais pour faire une bonne épouse, tu es exactement la femme avec laquelle on aime tromper la sienne.
01:02:43Mon petit, il est encore temps.
01:02:44Non, c'est bien simple, ne m'épouse pas.
01:02:46Oh, monsieur, pour qui me prends-tu ?
01:02:47Il faudra de plus, Cide.
01:02:48C'est qu'il vient de me dire des choses que je n'oublierai pas.
01:02:50Non.
01:02:50Aussi, dès que nos deux divorces seront terminés, nous conservons chacun notre liberté.
01:02:54Je n'ai pas dit ça.
01:02:55Mais moi, je le dis.
01:02:56J'en ai assez, moi, d'entendre toujours des choses désagréables,
01:02:59de subir les reproches les plus saugrenues,
01:03:02que ma mère ait mort trop tôt, que mon père meurt trop tard.
01:03:05Si ça continue, dans huit jours, je serai une fille de joie, une empoisonneuse, une récissime.
01:03:10Non, je ne me calmerai pas.
01:03:12Mais enfin, voyons.
01:03:14Si je ne m'en vais pas tout de suite, c'est parce qu'il n'y a personne de
01:03:15chez moi.
01:03:16Je rentrais seule dans un restaurant et que je commence à l'avoir très faim, moi.
01:03:18Oui, madame, évidemment.
01:03:19Il est trois heures.
01:03:20Il nous a beaucoup plus retardé avec ta dispute, là, que moi avec ma promenade.
01:03:25Arthur !
01:03:26Hein, déjeunons, pour la dernière fois.
01:03:29Non, tout ça, moi, là...
01:03:30Pour la dernière fois !
01:03:32Mon dessert, je te dirais gentiment au revoir et de ta vie, tu ne me verras plus ici.
01:03:36Je me pardonne, moi, si mes paroles ont...
01:03:38On trouve exactement exprimer ta pensée, mais je ne te le pardonne pas, mon ami.
01:03:41Je t'en remercie.
01:03:43Dans quelques mois, j'aurai été ta femme, oh !
01:03:45Je bénis ton opportune noyauté !
01:03:47Non, écoute, Suzanne, je t'assure que...
01:03:50Mon Dieu, qu'est-ce que c'est que cette horreur ?
01:03:52Ce fut le soufflé, madame.
01:03:54Oui, bien, emportez ça et rapportez les perdreaux.
01:03:56Il n'y a plus de perdreaux, madame.
01:03:58Ta chasse est fermée ?
01:03:59Non, je parle de ceux que madame a commandés.
01:04:01C'est charmant.
01:04:02Il y a des sardines dans la maison ?
01:04:04Oui, madame, et pour ça, rien à craindre.
01:04:07Elles sont dans le vide.
01:04:08On m'a vrais envie d'une boîte.
01:04:11J'en ai sonné.
01:04:12J'ai entendu, monsieur.
01:04:13Ce doit être Monique qui vient me chercher pour aller voir une exposition.
01:04:16Déjà ?
01:04:16Elle ne pouvait pas supposer que nous n'avions pas encore déjeuné.
01:04:19Tout de même, j'aurais voulu passer un petit moment, seul, avec toi.
01:04:23Alors qu'il peut se faire, monsieur.
01:04:25Au nom de Dieu.
01:04:26Qu'est-ce que c'est ?
01:04:27Hop, regarde.
01:04:29Lui, par exemple, ici.
01:04:31Il y a un certain toupet, disons.
01:04:32Il est seuil ?
01:04:33Oui, madame.
01:04:33Je ne le reçois pas.
01:04:34Oh, tu as raison.
01:04:35Non, je ne le reçois pas.
01:04:36Alors je dis que monsieur n'est pas là.
01:04:37Que monsieur ne reçoit pas.
01:04:38Oui, madame.
01:04:39Oh, attendez.
01:04:40Quoi ?
01:04:41Il doit se passer quelque chose de grave.
01:04:42Quoi ?
01:04:43Je ne sais pas, Madeleine est peut-être malade ou morte.
01:04:46Il m'avait l'air tout tariste.
01:04:47Oui, en tout cas, il vaut mieux le savoir.
01:04:48Alors, faites-le entrer.
01:04:49Oh, une minute, une minute, dis-donc.
01:04:51Je crois qu'il me voit ici, moi.
01:04:52Oui, c'est vrai.
01:04:52Va dans ma chambre.
01:04:53Et vous, Arthur, enlevez un couvert.
01:04:55Oui, monsieur.
01:04:59Comment on va te l'accueillir ?
01:05:00Eh bien, rentrez-y une seconde.
01:05:03Ça te permettra de réfléchir.
01:05:04Oui, monsieur, alors c'est si l'imagine.
01:05:10Monsieur arrive tout de suite.
01:05:12Alors, qui ne s'apprête pas ?
01:05:13Bien.
01:05:14Bien.
01:05:15Bien.
01:05:16Bien.
01:05:18Bien.
01:05:47Mon cher André
01:05:52Mon cher, c'est pas possible
01:06:00Monsieur
01:06:04Conseil déculé
01:06:08Si je lui téléphonais
01:06:11Je vais entrer dans le premier café
01:06:13Et je lui téléphonerai
01:06:16Quoi tu t'en vas
01:06:17Vous, vous en allez
01:06:18Oui, non, si
01:06:22Alors pourquoi avez-vous demandé à me voir ?
01:06:24Parce que je voulais te parler
01:06:27Vous parler
01:06:28Et puis à la dernière minute
01:06:31Allons, un peu de courage
01:06:33Parle
01:06:38Bon voilà
01:06:41Je viens
01:06:43Comment vas-tu ?
01:06:45Qu'est-ce que je peux te faire ?
01:06:46Pardon
01:06:48Je viens
01:06:49Je sais pas comment te dire ça, c'est gênant
01:06:53À ta place, il me semble que je rentrerai sous terre
01:06:55Si il ne tenait qu'à moi
01:06:56Comment tu l'audace de te présenter ici ?
01:06:58Et toi, la faiblesse de me recevoir ?
01:07:00C'est incompréhensible, enfin nous sommes là tous les deux
01:07:01Si et toi ?
01:07:02Non, je peux rester debout, je préfère
01:07:04J'ai un peu trop déjeuné
01:07:06T'as de la chance
01:07:07Non, c'était pour me donner du courage
01:07:08Tu comprends ?
01:07:12Alors si
01:07:14André, je me suis conduit envers toi comme le dernier des misérables
01:07:18Tu en conviens ?
01:07:19Mais peut-être n'est-ce pas tout à fait ma faute
01:07:21Comme je l'ai expliqué à ma femme dans la lettre que je lui ai envoyée le soir de mon
01:07:25départ
01:07:26Les circonstances, les événements
01:07:28Oui, je sais, la providence
01:07:30Bref, au bout de quelques jours, là-bas, à Rome, car nous y sommes restés après le congrès
01:07:35Ah !
01:07:36Oui, le pays est joli et puis le climat réussissait à Madeleine
01:07:39Ah non, tant mieux
01:07:40Du moins le croyait-elle, car au bout de quelques jours, elle et moi, nous cessions de dormir
01:07:45Votre hôtel était bruyant ?
01:07:47Non, ça n'était pas les bruits extérieurs qui nous empêchaient de dormir, non
01:07:50C'était les cris de nos consciences
01:07:52Ah oui, oui, le remords, André
01:07:56Chaque nuit, ton image se dressait devant Madeleine
01:07:59Et celle de Suzanne me regardait fixement
01:08:03Tous deux, vous nous disiez, n'avez-vous pas honte ?
01:08:06Au bout de trois semaines, cette obsession est devenue insupportable
01:08:10Au bout de quatre, nous avons dit, nous sommes trop malheureux, nous sommes trop coupables
01:08:14Et nous sommes revenus
01:08:17Et pour quoi faire ?
01:08:19Ma femme est bonne et puis c'est la vertu même
01:08:22Ah ça
01:08:22Oui, et peut-être consentira-t-elle à reprendre l'existence commune
01:08:31Toi, Madeleine espère que tu ne seras pas impitoyable
01:08:35Après tout, il n'y a qu'un mois que nous sommes partis
01:08:37Personne n'est au courant, les avocats, les avoués seulement
01:08:39Ce sera facile d'arrêter la procédure
01:08:41Dis-donc, dis-donc, il y a une chose que je ne comprends pas très bien
01:08:44Pourquoi n'étais-tu pas allé droit chez ta femme ?
01:08:46Qu'est-ce que tu fais chez moi ?
01:08:47Voilà, Madeleine n'a pas osé venir te voir tout de suite
01:08:52Non, elle a jugé plus prudent de te faire d'abord, comment dire, tenter par un ami
01:08:58Ah, un ami ?
01:08:59Oui, seulement lequel ?
01:09:01Qui que nous choisissions, ça lui aurait appris les choses
01:09:04Alors, moi, comme je suis ton plus vieil ami
01:09:06Et que, n'est-ce pas, forcément, j'étais au courant
01:09:11Forcément, alors c'est moi qui a la chargé
01:09:13D'intercéder auprès de moi
01:09:15Voilà
01:09:15Bon, et où est-elle, Madeleine ?
01:09:18À l'hôtel Bisson, si tu permets, je vais la chercher
01:09:21Elle est là dans cinq minutes
01:09:23Un instant, hein ?
01:09:24Il faut que je réfléchisse, non ?
01:09:26Prends ton temps
01:09:27Oui, oui, prends ton temps
01:09:28Et même, et même, je te demande de bien réfléchir avant de me répondre
01:09:31Et d'examiner sa conduite avec impartialité
01:09:34Assieds-toi
01:09:35Si je veux
01:09:37À ta guise
01:09:40Madeleine a pris un amant, c'est vrai
01:09:44Elle s'est enfuie avec lui, d'accord
01:09:47Elle a abandonné le domicile conjugal, c'est encore exact
01:09:52Mais est-ce que tu es bien sûr, André, de n'avoir jamais eu aucun tort envers elle ?
01:09:56Comment c'est toi qui ose me dire ?
01:09:57Oh, par moi, son amant, celui-là, se tait en rougissant
01:10:01Non, moi, ton plus vieil ami
01:10:04Par exemple, ça, tu sais
01:10:06Franchement, franchement, André, tu es un peu égoïste, un peu maniaque
01:10:09Et puis tu ne fais rien, ça n'est pas flatteur pour une femme
01:10:13Tu comprends ?
01:10:14Alors, elle a rencontré un garçon actif, intelligent
01:10:17Qui ça ?
01:10:17Moi, architecte d'avenir
01:10:20C'est toujours le vieil ami qui parle, forcément
01:10:22Une comparaison s'est faite dans son esprit, et c'était fatal
01:10:25Elle ne t'a pas été favorable
01:10:26Alors, ils se sont aimés
01:10:28Et puis, malgré la supériorité incontestable de son amant
01:10:34Maintenant, Madeleine te regrette
01:10:37Et je viens chaleureusement, pour toi-même
01:10:40Te prier de ne pas dédaigner un sentiment aussi tenace
01:10:46Réfléchis
01:10:56Pariseau
01:10:58Chacune de tes paroles est un odieux mensonge
01:11:01Par exemple, je te jure que ta femme n'a qu'un désir
01:11:03Reprendre la vie commune avec moi, ça, je le crois
01:11:06Mais toi aussi, tu ne penses qu'à revenir à Susan
01:11:08Et pas du tout pour les raisons que tu me donnes
01:11:10Hein ?
01:11:11Peux-tu que je te dise ce qui s'est passé ?
01:11:13Hum ?
01:11:13C'est toi-là
01:11:14Voyons
01:11:15Tu étais l'amant de Madeleine depuis six mois
01:11:16Seulement tu travaillais, n'est-ce pas ?
01:11:18Elle vivait avec moi
01:11:18Vous connaissez ensemble les minutes charmants
01:11:20D'autant plus adorables qu'elles étaient fugitives
01:11:23Naïvement
01:11:24Vous avez cru pouvoir unir vos existences, ce soir
01:11:27Elle a pensé avec lui, je serais parfaitement heureuse
01:11:29Tu t'es dit, voilà la femme de ma vie
01:11:30Et puis vous êtes partie
01:11:31Et puis vous ne vous êtes plus quittée
01:11:34Alors, les petits travers de Madeleine que tu avais à peine remarqué
01:11:37Te sont apparus de terribles défauts
01:11:41Les tiens lui ont semblé intolérables
01:11:42Enfin, vos caractères se sont heurtés
01:11:46Dès que vous avez été complètement l'un à l'autre
01:11:48Vous vous êtes aperçu que vous n'étiez pas fait l'un pour l'autre
01:11:55Ça alors, ça c'est inouï
01:11:57Alors ?
01:11:57Je te connais depuis vingt ans
01:11:59Je t'avais toujours trouvé d'une intelligence plus que moyenne
01:12:02Je te remercie
01:12:03Et voilà que tout à coup tu fais preuve d'une clairvoyance
01:12:05D'une pénétration
01:12:08J'ai deviné juste
01:12:09André, reprends-la
01:12:10Je t'assure qu'elle n'a jamais aimé que toi
01:12:13C'est vrai, chaque fois que quelque chose en moi lui déplaisait
01:12:15Elle soupirait
01:12:16Oh, c'est pas André qui aurait fait ça
01:12:18D'abord, ça m'a agacé, tu comprends ?
01:12:19En faisant les mêmes choses, je n'agacais pas Suzanne
01:12:23Et puis, peu à peu, ces paroles m'ont montré le chemin qu'il convient de prendre
01:12:29André, il faut tout remettre en place
01:12:31C'est pas une mauvaise idée ?
01:12:34Ah !
01:12:35Eh bien, je sais que je suis éloquent
01:12:37Tout de même, je ne pensais pas réussir aussi rapidement
01:12:39Oh, oh, oh, je ne te permets rien encore
01:12:41Enfin, va la chercher
01:12:44Je causerai avec elle
01:12:45J'y vais
01:12:46Dis donc
01:12:48Au fait, puisque tu es si gentil
01:12:52Je vais encore te demander quelque chose
01:12:54Je t'écoute
01:12:56Depuis mon départ, est-ce que tu as revu ma femme ?
01:13:01Ah ben oui, évidemment
01:13:02Nous avons reçu pour l'être ensemble
01:13:04Alors nous nous sommes téléphonés aussitôt
01:13:05Alors de temps en temps, elle passait me prendre
01:13:06Et puis moi j'allais la chercher pour déjeuner
01:13:08Et puis, enfin, j'ai fait de merveilleux
01:13:11Merci André
01:13:12Je t'en prie
01:13:13Oui, pardon
01:13:13Oui, dis donc, comment me juge-t-elle ?
01:13:17Ah, ça, très sévèrement
01:13:19Ah, c'est ennuyeux
01:13:20Tu ne t'attendais pas à ce qu'elle t'en remercie ?
01:13:22Ah non, c'est surtout pour toi que je trouve que c'est ennuyeux
01:13:26Pour moi ?
01:13:27Eh oui, tu penses bien que je ne vais pas aller voir Suzanne comme ça de but en blanc, non
01:13:31?
01:13:31Faut d'abord que je la fasse tenter par un ami
01:13:35Oui, comme Madeleine a fait avec toi, tu comprends ?
01:13:38Oui, oui
01:13:38Alors comme c'est toi mon plus vieil ami, hein ?
01:13:42Tu ne vas pas m'offuser ça, hein ?
01:13:44Tu dois, tu abuses
01:13:45Non, André, fais ça pour moi
01:13:47Je t'assure, hein ?
01:13:48Depuis que j'ai vécu avec ta femme, vraiment, je me suis aperçu que je n'avais jamais aimé que
01:13:53la mienne
01:13:54Comment ? Madeleine t'a déçue à ce point, alors ?
01:13:57Oh non ! Charmante, Madeleine, charmante
01:13:59Mais silencieuse, placide, méthodique
01:14:04Elle a la manie de l'exactitude
01:14:06C'est que je ne déteste pas ça
01:14:08Suzanne m'avait habitué à plus de, comment dirais-je, de fantaisie, d'imprévu, de piment
01:14:15Alors tu ne peux pas comprendre, bien sûr
01:14:16Non, non, je ne peux pas
01:14:17Non, tu ne peux pas, non
01:14:19Bon, alors dis donc, sois gentil, hein ?
01:14:21Va la voir, et puis dis-lui ce que je t'ai dit, peut-être qu'elle comprendra
01:14:25Je ferai ce que je pourrai
01:14:26Merci Andressa, j'en attendais pas moins de toi
01:14:29Toi ?
01:14:30Oui, pardon
01:14:30Oui, oui, excuse-moi
01:14:34Dis donc, quand comptes-tu aller la voir ?
01:14:37Je ne sais pas, je lui téléphonerai, nous vous prendrons rendez-vous
01:14:40Oh non, prends ton temps, prends ton temps
01:14:41Pour le moment, je vais déjà aller chercher ta femme, hein ?
01:14:44Oui, le temps de me préparer, oui
01:14:45Oui ?
01:14:47Ça doit être une rue d'émotion, hein ?
01:14:49Je me mets à ta place
01:14:51Oui, pardon
01:14:52T'as bonne mine, tu sais ?
01:14:54Ah
01:14:54Oui, ça me fait plaisir de te revoir
01:14:56Allons, tant mieux
01:14:58Tu m'as manqué depuis un mois, oui ?
01:15:01Que deux fois j'ai dit, tiens, je vais écrire à André
01:15:04J'avais rien de spécial à te dire, non ?
01:15:07Mais enfin, c'était comme ça, pour prendre de tes nouvelles, hein ?
01:15:10Et puis, je me disais, non, tout de même, c'est pas commode
01:15:13Oui, évidemment, c'est une carte postale de toile, enfin, de Rome
01:15:15Dix ans, voyage magnifique, mille affections, quoi de neuf, j'aurais été surpris, ça ?
01:15:18Oui, c'est un peu ce que j'ai pensé
01:15:20On est toujours du même avis, mon vieil André
01:15:22Oui, pardon
01:15:28Oui, va la chercher
01:15:29J'y vais
01:15:39Suzanne
01:15:40Suzanne
01:15:42T'as entendu ?
01:15:43C'est la première fois de ma vie que j'écoute à une porte, malheureusement, aujourd'hui, vraiment
01:15:46Oh, dis donc, il y a un toupet, alors ?
01:15:49Ils sont d'insignistes
01:15:50Oui, alors, mais dis donc, ton mari, surtout, tu trouves pas ?
01:15:53Dis donc
01:15:54Oui ?
01:15:55Diner
01:15:55Moi ?
01:15:56Oui ?
01:15:56Tu lui as dit d'aller chercher Madeleine
01:15:58Qu'est-ce que je deviens, moi, alors ?
01:16:00Toi ?
01:16:00Ah, dame, je suis ta maîtresse
01:16:02Et surtout ta fiancée
01:16:03Oui, mais c'est tout à l'heure que tu disais que...
01:16:04Quoi ?
01:16:05Rien, enfin, tu disais...
01:16:06Je disais, je disais, comment compte tu arrangé tout ça ?
01:16:09Oui, non, mais non, mais j'ai dit que j'allais recevoir Madeleine
01:16:10Mais c'est pas du tout ce que je vais lui dire, pas du tout
01:16:12Mais toi, qu'est-ce que tu contre-répondrais, Edouard ?
01:16:15Il est peu probable que je le reçoive
01:16:17J'ai moins de grandeur d'âme que toi, moi
01:16:19Ah, ma chérie, mon attitude, ton attitude, me dicte la mienne
01:16:23Eh bien, c'est entendu, je recevrai Madeleine
01:16:24Je l'écouterai froidement
01:16:26Et puis, je lui dirai qu'à mon grand gré
01:16:28Tout rapprochement entre nous est impossible
01:16:30Et que je ne suis plus libre
01:16:31Comment que tu n'es plus libre ?
01:16:32Parce que je suis ton amant et que je vais t'épouser
01:16:33Tu es fou, tu vas pas lui dire ça ?
01:16:35Pourquoi ?
01:16:35Et mon divorce que je vais tout prix obtenir contre Edouard ?
01:16:37C'est juste, mais alors, quelle raison invoquée ?
01:16:39Ah, ça, par exemple, alors ?
01:16:40Elle s'est enfuie avec ton meilleur ami
01:16:41Tu ne trouves pas ça suffisant, non ?
01:16:43Si, ma chère, les femmes sont tenaces
01:16:45Oui
01:16:46Le désir d'obtenir sa réintégration et aussi sa fureur
01:16:48De se l'avoir refusé va décupler son astuce naturelle
01:16:51Elle se dira comment, comment ?
01:16:52Alors, il ne veut plus me voir ?
01:16:53Il aura hâte d'être seule
01:16:54Qu'est-ce que ça cache ?
01:16:55Si elle veut savoir, elle saura
01:16:55Oui, tu as peut-être raison
01:16:57Il est bien difficile de ne pas leur pardonner
01:16:58Voyons, et puis songe donc, ma chérie
01:17:00Quelle situation privilégiée
01:17:02Toi et moi, chacun dans notre ménage
01:17:04Jusqu'à la fin de nos jours, nous reignerons en mer
01:17:06Frédouard et Madeleine seront à nos petits
01:17:07Nous en ferons ce que nous voulons
01:17:08C'est vrai, ça
01:17:10C'est même très drôle quand on y pense
01:17:12Si on lui fait des petits bouteilles sur ton front
01:17:14Il faut se trouver, là-bas
01:17:15Édouard n'osera même pas sourciler
01:17:17Madeleine, pas davantage
01:17:20Au besoin, tu pourras faire quelques petits voyages
01:17:23Dégnez de fournir la moindre explication
01:17:25On se retrouvera comme eux, à la gare
01:17:29Oui, selon nous, on ne sera pas assez bêtes pour le l'orécrire
01:17:32Dis-donc, dis-donc, ils vont bientôt arriver
01:17:34Il faut prendre rendez-vous pour demain
01:17:35Oh oui, c'est merveilleux
01:17:36Alors voyons, si tu veux, comme d'habitude, à notre petit bar, à 5 heures
01:17:39Je file maintenant
01:17:40Non, mais non, mais pourquoi ?
01:17:42Nous allons les recevoir tous les deux
01:17:44Oui, mais comment justifier ma présence ici ?
01:17:46Tu es venu prendre de mes nouvelles, voir comment j'allais
01:17:48Allez, assieds-toi là
01:17:49Mon chéri, que je m'amuse
01:17:52Attention, Arthur
01:17:55Qu'est-ce que c'est, Arthur ?
01:17:56Monsieur
01:17:58Et madame, c'est monsieur
01:18:00Et madame
01:18:02Un instant, Arthur
01:18:03On les fait attendre un petit peu
01:18:05C'est la moindre des choses
01:18:06Oui, à propos, Arthur, dites-moi
01:18:08Je crois que madame va revenir
01:18:10Je m'en doutais
01:18:11Oui, alors que bien entendu, jamais ne sache
01:18:15Pas sans mot de pluie, monsieur
01:18:17Quoi ?
01:18:18Ma chemise de nuit, mon nécessaire
01:18:19Que madame ne s'inquiète de rien
01:18:21Tout est rangé à l'office et sera reporté discrètement chez madame
01:18:27Ici, il ne reste plus la moindre trace du radieux passage de madame
01:18:32À présent, je pourrais peut-être les faire entrer
01:18:34Qu'est-ce que tu en penses ?
01:18:35Oui, bon, n'émortifions pas trop dès le premier jour
01:18:37Oui, c'est juste où un dosage s'avance sera plus efficace
01:18:39Faites entrer, Arthur
01:18:54Bonjour
01:18:56Bonjour
01:18:57Bonjour, mademaine
01:18:59Notre ami Parisot m'a dit que tu consentais à me revoir
01:19:02Je te remercie
01:19:06Tiens, Suzanne
01:19:08Oh, Suzanne, toi, ici ?
01:19:13Oui, ce matin, je me sentais particulièrement triste
01:19:17André connaît si bien les choses qui me réconfortent
01:19:20Alors, j'étais venue le voir, j'arrive
01:19:22Il n'y a pas cinq minutes
01:19:23Oui, et j'ai appris votre visite
01:19:28Votre retour à tous les deux
01:19:29Et vos remords tardifs
01:19:32Mais bien sincère, je t'assure
01:19:33Oh, oui
01:19:36André, de tout mon cœur, je te demande pardon
01:19:46Et toi, Suzanne, si tu veux bien essayer de pardonner, c'est bien simple
01:19:52Toute ma vie, je serai ton esclave
01:19:54Là
01:19:59Je veux dire que je disais tout à l'heure à Suzanne, justement, que je croyais à votre repentir
01:20:05Merci André
01:20:06Oui, pardon
01:20:10D'ailleurs, je vais te faire tout de suite une promesse qui va te rendre toute ta quiétude
01:20:14Voyons
01:20:14Voilà, si nous habitons encore tous les quatre à Paris
01:20:17Forcément, tous les deux, vous pourrez toujours avoir quelques soupçons
01:20:20Peut-être continue-t-il à se voir, penserez-vous ?
01:20:22Mon Dieu, quelle heureux
01:20:23Ah oui, ce simple soupçon nous remplit d'effroi
01:20:25Alors, c'est bien simple, j'ai pris une décision
01:20:28Nous allons quitter Paris tous les deux
01:20:31Nous ? Qui, nous ?
01:20:33Eh bien, toi et moi, ma chérie
01:20:34Comment ? Comment ?
01:20:36Eh bien, c'est bien simple
01:20:36Quand j'étais à Rome, au congrès, j'ai présenté quelques maquettes
01:20:41Et elles ont toutes reçu un accueil chaleureux
01:20:44C'est vrai
01:20:45Alors, j'ai reçu quelques offres de Rio de Janeiro
01:20:49Nous allons aller nous y installer, ma femme et moi
01:20:52Pardon, pardon
01:20:52Ah non, mais Edouard, Edouard, je ne peux pas te demander un Paris Sacrifice
01:20:55Non, et puis moi, je n'ai pas du tout envie de partir
01:20:58Non, mais, voilà une idée
01:20:59Tu dis vague, mon ami ?
01:21:00Alors, alors, il faudrait que j'aille m'enterrer au Brésil
01:21:02Parce que Madeleine et toi, vous vous êtes conduite d'une façon répugnante
01:21:05Suzanne
01:21:05C'est vous, les coupables, et c'est moi qui serai punie
01:21:07Ah, mais non, oh, mais ça non
01:21:08C'est juste ce qu'elle dit là, c'est juste
01:21:10Merci, André
01:21:11En refusant l'offre de Parisot, tu me prouves que tu as confiance en moi
01:21:14Et tu as raison
01:21:16Je serai désormais l'épouse la plus aimante, la plus dévouée, la plus irréprochable
01:21:20Je tiens à te le dire devant lui et devant sa femme
01:21:23Avant que tous les deux, ils se retirent pour toujours
01:21:26Comment ?
01:21:26Non, mon fameux, c'est une rage, c'est une rage que vous avez doué
01:21:29De vouloir nous faire subir le châtiment de vos fautes
01:21:31Alors, parce que tu t'es enfui avec Edouard
01:21:33Il faudrait que moi, moi, je me prive de revoir Suzanne
01:21:36Suzanne, qui, pendant votre absence, a été pour moi une amie parfaite
01:21:39C'est vrai, hein ?
01:21:41Il a raison
01:21:42Cependant, André, après ce qui s'est passé
01:21:45Nous revoir, Edouard et moi, en amie, comme avant
01:21:49Oui, ça sera bien pénible
01:21:50Eh bien, la voilà, la vraie punition
01:21:52Et qui, celle-là, du moins, ne sera que pour vous deux
01:21:55Si cruelle qu'elle soit, c'est à vous à nous imposer vos volontés
01:21:59Ah ! Suzanne, tu veux bien rentrer avec moi à la maison ?
01:22:05Oh, tu sais, tu vas trouver tout un désordre, j'étais là si rarement
01:22:09Ah oui ?
01:22:10Oui, les nuits, surtout, étaient atroces, alors presque chaque soir, j'allais coucher chez ma soeur
01:22:14Oui, je fais ça, ça...
01:22:15Adieu, André, et je te remercie
01:22:18Tu peux ?
01:22:20Moi aussi, Suzanne, pardon, et merci
01:22:22Oui, toi, toi, je ne te réponds rien
01:22:24Merci pour elle
01:22:25Au revoir, Madeleine
01:22:26Au revoir
01:22:29Au revoir, ma chère Suzanne
01:22:30Voulez-vous me permettre de vous embrasser ?
01:22:33Mais comment donc, mon ami ?
01:22:35Alors, à demain, 5 heures ?
01:22:37Sans faute, tu m'aimes ?
01:22:39Je t'adore
01:22:41Je ne vous reconduis pas ?
01:22:43Ah non, on connaît le chemin
01:22:44Oui, pardon
01:23:01As-tu un petit porto ?
01:23:09...
01:23:12...
01:23:14...
01:23:14...
01:23:26Sous-titrage FR ?
01:23:44...
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