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  • il y a 12 heures
DB - 08-04-2026

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Transcription
00:00...
00:19Il est 11h30 du matin.
00:23Madame René va à la gare chercher son mari aveugle.
00:28Elle rencontre un fermier, Christy et son bardeau.
00:35Le parcours est d'environ un kilomètre.
00:41Monsieur Thiller, agent de change à la retraite, fait quelques pas avec Madame René.
01:03Au croisement survient la limousine de Monsieur Slocoum, secrétaire au champ de course.
01:10Celui-ci propose à Madame René de l'accompagner jusqu'à la gare.
01:14...
01:15...
01:21...
01:44A la gare, Madame René est accueillie par Monsieur Barrel, chef de gare.
01:51Tommy, le porteur.
01:55Elle rencontre aussi Mademoiselle Fit, venue chercher sa mère.
02:01...
02:11Mais le train par lequel Monsieur René doit revenir du bureau a un inhabituel retard.
02:17Plus de 10 minutes pour un parcours d'une demi-heure.
02:19...
02:26Le voici.
02:29...
02:31...
02:33...
02:34...
02:35...
02:37...
02:54Madame René éprouve quelques difficultés à discerner son mari dans la foule.
02:59...
03:07...
03:08...
03:10...
03:11...
03:11...
03:11...
03:18...
03:19...
03:19il dans le train
03:38enfin retrouvés ils rentrent tous deux à la maison
03:50mais reprenons le récit
04:46oh
04:46aux femmes
04:47toute seule dans cette baraque.
05:22C'est vous, Christy.
05:24C'est lui, madame.
05:25Comment va votre pauvre femme ?
05:27Pas mieux, madame.
05:29Votre sœur, alors ?
05:32Pas pire, madame.
05:36Pourquoi vous arrêtez-vous ?
05:41Et pourquoi m'arrêtais-je ?
05:46Beau temps pour les courses.
05:48Sans doute, sans doute.
05:50Mais se maintiendra-t-il ?
05:52Se maintiendra-t-il ?
05:54Vous n'auriez pas besoin des fois de...
05:56Chut !
05:57Le rapide, déjà.
06:00Rapide, mes fesses.
06:02Dieu soit loué.
06:06Vous n'auriez pas besoin des fois d'un petit ombreau de fumier ?
06:10Du fumier ?
06:11Quel genre de fumier ?
06:13Des fumiers de cochon.
06:14De cochon ?
06:16Au moins, vous êtes franc.
06:18J'en parlerai à mon mari.
06:22Christy.
06:25Vous ne trouvez pas ma façon de parler un peu bizarre ?
06:30Je n'emploie que les mots les plus simples, j'espère.
06:33Et cependant, quelquefois, je trouve ma façon de parler très bizarre.
06:43Miséricorde, quel est ce bruit ?
06:46Ce n'est rien, madame.
06:48Il pète le feu aujourd'hui.
06:49Du fumier.
06:51Qu'est-ce qu'on en ferait à notre âge ?
06:54Pourquoi les bois-pieds ?
06:57Pourquoi ne pas grimper là-haut sur votre fumier et vous laisser voiturer ?
07:01Vous êtes sujet au vertige.
07:06Les saletés.
07:09Les saletés de bourrique !
07:11Il ne bouge pas d'un poil.
07:13Moi aussi, je ferais bien de me trotter si je ne veux pas être en retard à la gare.
07:18Il y a un instant, il piafait, il hennissait.
07:21Et le voilà qui refuse d'avancer.
07:23Planquez-lui donc un vache-cou sur les fesses.
07:31Plus fort !
07:34Si on en faisait autant pour moi, ça ne traînerait pas.
07:38Comme il me fixe de ses grands yeux qui pleurent sous la morsure des temps.
07:44Si je poursuivais mon chemin, qu'il ne me voit plus.
07:52Non, assez.
07:53Prenez-le par l'abri, détournez-lui la tête.
07:57Qui ne me voit plus ?
08:00C'est affreux.
08:11Qu'est-ce que j'ai encore fait au bon Dieu ?
08:18Il y a si longtemps, avant le temps,
08:25avant le temps,
08:28au lac qui erre,
08:31par le tam-tam de la nuit.
08:36Comment continuer ?
08:37Comment continuer ?
08:39Je ne peux pas.
08:42Oh !
08:43Me répandre par terre comme une bouse et ne plus bouger.
08:48Une grosse bouse, couverte de poussière et de mouche,
08:52on viendrait m'enlever à la peine.
08:55Oui, oui, je sais.
08:59Je ne suis qu'une vieille folle,
09:02pourrie de chagrin
09:03et de remords
09:05et de bonnes manières
09:07et de prières
09:09et de graisses
09:11et de stérilité.
09:16Minie !
09:19Petite Minie !
09:27De l'amour,
09:29c'est tout ce que je demandais.
09:32Un peu d'amour,
09:33tous les jours,
09:36deux fois par jour,
09:38cinquante ans d'amour,
09:40deux fois par jour,
09:43à Paris,
09:44dans les bras d'un boucher chevalin.
09:47Quelle femme normale a besoin d'affection ?
09:50Un bécaud, le matin,
09:52sur la mâchoire,
09:54près de l'oreille,
09:56et un autre, le soir.
09:59Bec, bec,
10:00jusqu'à ce qu'un bouc vous pousse.
10:03Ah !
10:05Jeunicitiste, voilà !
10:19Madame Renée,
10:20vous permettez que je garde mon chapeau ?
10:23Si j'y touche,
10:24je ramasse une pelle.
10:26Quel temps exquis pour les courses !
10:30Ah, monsieur Thillard,
10:31vous m'avez fait mourir de peur,
10:33de tomber dessus comme ça,
10:35comme un sioux,
10:36sans crier gare.
10:38Ah, pardon,
10:39j'ai fait marcher mon timbre,
10:40dring, dring, dring,
10:41dès que je vous ai repéré.
10:43Vous ne pouvez pas dire le contraire.
10:45Votre timbre et vous,
10:46ça fait deux, monsieur Thillard.
10:48Comment va votre pauvre fille ?
10:50Pas mal, pas mal.
10:52On lui a tout enlevé,
10:53vous savez,
10:54enfin, tout le tremblement.
10:56Dans l'eau,
10:57mes petits enfants.
10:59Seigneur,
11:00comme vous zigzaguez,
11:01descendez,
11:02je vous en supplie,
11:03ou alors,
11:03pilez en avant.
11:05Si je posais délicatement ma main
11:08sur votre épaule,
11:10Madame Renée,
11:10qu'en diriez-vous ?
11:11Non, monsieur Renée,
11:13qu'il l'air, je veux dire.
11:14J'en ai ma claque,
11:15des vieilles mains posées sur mon épaule
11:17et autres endroits insensés,
11:19toujours à côté.
11:19Ma claque.
11:22Seigneur,
11:24la camionnette de Conony.
11:38Où est-il ?
11:39Ah, ça va, monsieur Thillard.
11:41Il s'en est fallu d'un cheveu.
11:42J'ai atterri en point nommé.
11:46Sortir de nos jours,
11:47c'est le suicide assuré.
11:48Mais restez chez soi, monsieur Thillard.
11:51Restez chez soi,
11:52qu'est-ce que c'est ?
11:53C'est un drape-t-il feu ?
11:55Plais-t-il ?
11:55Mais rien, Madame, rien.
11:58Je ne faisais que maudire doucement
12:00Dieu et les hommes,
12:02tout doucement.
12:03Et ce samedi après-midi,
12:05où par un temps de chien,
12:07cet enfant mâle,
12:08fut conçu.
12:10Allons, bon,
12:11voilà,
12:12là, mon pneu à plat,
12:14je l'avais gonflé à bloc
12:15avant de partir,
12:16et me voilà sur la jante.
12:18Si encore, c'était à l'avant,
12:19mais à l'arrière.
12:20Alors, la chaîne,
12:21la graisse,
12:23l'huile,
12:23les cieux.
12:25Oh, non,
12:25c'en est trop.
12:28Sommes-nous très en retard,
12:30Monsieur Tiller ?
12:30Je n'ai pas le courage
12:31de regarder ma montre.
12:32En retard ?
12:33Mais tout allait bien,
12:34je roulais comme un ange,
12:35mais j'étais déjà en retard.
12:37Alors, maintenant,
12:38nous sommes doublement en retard,
12:40triplement en retard,
12:42triplement en retard.
12:43Que ne vous ai-je doublé
12:45avant de l'ouvrir ?
12:47Vous allez au-devant de qui,
12:48Monsieur Tiller ?
12:48Hardy.
12:50On fait la montagne ensemble,
12:52je lui ai sauvé la vie une fois,
12:54mais moi,
12:54je n'ai pas oublié.
12:57Arrêtons-nous un instant.
12:59Le temps que cette saleté de poussière
13:01retombe sur cette saleté de terre.
13:03Oh, quel ciel !
13:05Quelle lumière !
13:06Oh, Madame,
13:08malgré tout,
13:08vous savez quelle bénédiction
13:10d'être dehors
13:11par un temps pareil
13:12et sorti de l'hôpital.
13:15Ah non, Madame, courage !
13:20Vous ne voyez pas
13:21que j'ai de la peine ?
13:23Vous n'avez aucun égard
13:25pour ceux qui souffrent.
13:28Mimis.
13:31Petite Mimis.
13:32Allons, Madame,
13:34prenez mon bras libre,
13:35nous arriverons bien avant l'heure.
13:38Elle aurait,
13:39dans les quarante ans à présent,
13:42je ne sais pas,
13:45cinquante,
13:47cramblantes de tout son joli petit corps
13:49au seuil du retour d'âge.
13:53Allons, venez, Madame, voyons !
13:56Allez, vous me fichez la paix,
13:57Monsieur René.
13:58Tille-leur, je veux dire.
14:00Allez, vous me fichez la paix.
14:03Vous ne m'avez pas encore
14:04assez tourmentée.
14:06Quel est donc ce pays
14:08où une femme ne peut pas
14:09se promener tranquillement,
14:11par moi et par vous,
14:13en pleurant toutes les larmes
14:14de son corps,
14:15sans être empoisonnée
14:17par des policiers à la retraite.
14:20Oh Dieu, vous n'allez pas rouler
14:21à plat ?
14:23Mais votre chambret,
14:24vous allez la mettre en lambeaux ?
14:30Oiseau de Vénus,
14:32se bécotant dans le bois
14:33tout le long de l'été.
14:40Maudit corset,
14:42si je pouvais le délasser
14:43sans outrage à la pudeur.
14:47Monsieur Tilleur,
14:49Monsieur Tilleur,
14:51revenez vite,
14:52me desserrez derrière la haie.
14:55Mais qu'est-ce que j'ai ?
14:58Qu'est-ce que j'ai ?
15:01Jamais tranquille.
15:04Vieille peau qui pète,
15:07vieux crâne qui éclate.
15:13Partir en atome,
15:15Atome,
15:20Atome,
15:24Atome,
15:26Atome,
15:40Atome,
15:42Jésus,
15:47Jésus,
15:49Jésus.
15:51Jésus.
16:09Jésus,
16:11...
16:31Quelque chose qui ne va pas, Mme Roulet ?
16:34Vous la pliez en deux, vous avez mal au ventre ?
16:38Ça, par exemple, mon vieux fleurte, monsieur le secrétaire général dans sa limousine.
16:44Puis-je vous déposer quelque part ? Vous allez dans ma direction ?
16:48Dame, nous y allons tous. Comment va votre pauvre mère ?
16:51Faut pas trop se plaindre, on veille à ce qu'elle ne s'ouvre pas, c'est le principal.
16:55En effet, monsieur, c'est là le principal. Je me demande comment vous vous y prenez.
17:00Puis-je vous déposer quelque part ?
17:02Oh ! Quelle joie ce serait pour moi, cher ami ! Quelle joie !
17:09Mais... vais-je pouvoir monter ?
17:11Vous avez l'air très haut perché aujourd'hui.
17:14C'est nouveau pneu, sans doute.
17:31Pas moyen d'ouvrir cette capote, non ?
17:37Non ! Rien à faire. Je n'y arriverai jamais.
17:43Descendez, mon cher, et poussez-moi par derrière.
17:46J'arrive, madame, j'arrive une seconde. Je suis raide, moi aussi.
17:50Raide, moi ? C'est mon seau de Gélatine ?
17:53Vieux beau !
17:54Voilà, madame René, je suis prête. Alors, comment est-ce qu'on s'y prend ?
17:58Comme si j'étais une balle de son. N'ayez pas peur. Voilà.
18:02Du bas.
18:05Attendez, non, ne me lâchez pas.
18:07Mais tant que j'arrive à monter, arriverai-je à descendre ?
18:11Vous descendrez, madame, vous descendrez.
18:12Je ne suis pas sûre que nous arrivions à vous faire monter,
18:15mais je vous garantis qu'on arrivera à vous faire descendre.
18:21Du bas, n'ayez pas peur. Nous avons passé l'âge.
18:31Notre épaule par-dessous.
18:33Oh, ciel !
18:35Lui-haut ! Lui-haut !
18:40Ah, je suis dedans.
18:50Ma robe, ma jolie robe.
18:53Regardez ce que vous avez fait de ma jolie robe.
18:55Que dira Don quand il verra ça ?
18:58Il a donc recouvré la vue depuis quand ?
19:00Non, je veux dire quand il sentira le trou.
19:05Mais qu'est-ce que vous faites ?
19:07Je regarde droit devant moi, à travers le pare-brise, dans le vide.
19:17C'est affreux. Je veux être en retard.
19:22La poule !
19:26Vous l'avez cruisé !
19:28Plus vite ! Plus vite !
19:30Quelle faim !
19:32En picorce en crotin, toute heureuse, au bon soleil,
19:35un petit bain de poussière, par-ci, par-là.
19:38Et puis, craque !
19:40Adieu, rideau.
19:44Voici la gare.
19:53Tommy !
19:54Aide la dame à sortir de là. Elle est coincée.
19:57Oui, monsieur.
19:58Fais ce qu'on te dit, Tommy, pour l'amour du ciel.
20:01Oui.
20:06Doucement, Tommy. Doucement, ne me bouscule pas.
20:11Laisse-moi seulement pivoter.
20:15Allez, votre plume.
20:17Allez, n'ayez pas peur.
20:18Tu veux me décapiter ?
20:20Mais courbez-vous, mesdames. Courbez-vous et passez la tête.
20:22Vous courbez encore à mon âge.
20:25C'est de la démence.
20:26Laissez-vous, monsieur.
20:42Mais où est cet enfant de salaud ?
20:45Tommy, je vais t'arracher des...
20:48Pardon, madame.
20:58Qu'est-ce qui m'esclame, cette boîte à vitesse ?
21:01C'est cette vieille tante de Slocum.
21:03En voilà une façon de parler de ses aînés.
21:06Toi, un enfant trouvé.
21:07Qu'est-ce que tu fous là, traîné, toi ?
21:09Tu n'as rien à faire ici.
21:10Allez où, c'est la file sur le quai sans main de diable.
21:13Tu ne sais pas quelle militante va nous dommer dessus d'une mine à l'autre ?
21:16Tu veux mon pied quelque part ?
21:19Eh bien, madame Brunet, ça fait plaisir de vous revoir sur pied.
21:22Vous êtes resté longtemps au lit.
21:24Pas assez, monsieur Barrel, pas assez.
21:26Ça fait combien de temps que vous êtes chef de gare ici ?
21:29Ah, ça, là, madame Brunet, vous m'en demandez trop.
21:32Vous avez remplacé votre père, si je ne me trompe, quand il a amené ses drapeaux.
21:36Eh, pauvre papa.
21:37Il n'a pas eu le temps de planter beaucoup de choux.
21:40Vous disiez que le midi de trente allait bientôt nous tomber dessus, si je l'ai bien compris.
21:45Ah, ça, là, vous l'avez très bien compris.
21:47Mais si j'en crois ma montre, dans l'heure et celle où l'était de l'horloge parlante,
21:53il doit être maintenant pas loin de midi trente-six.
21:56Et cependant, le rapide n'est pas encore passé.
22:00Aussi vite que je ne m'en suis pas aperçue.
22:03Ne partez pas, monsieur Barrel.
22:05Mais qu'est-ce que c'est, madame Brunet ? J'ai du travail, moi.
22:07Monsieur Barrel ! Monsieur Barrel !
22:12Je les indispose tous.
22:15Deux mots de mon cœur.
22:18Et me voilà seule, une fois de plus.
22:24Je ne devrais plus sortir.
22:29Plus jamais.
22:32Plus bouger de l'enceinte.
22:35Plus près de toi, mon Dieu.
22:46Tiens, la fille Fitte.
22:48Je me demande si elle va me saluer.
22:50Plus près de toi, mon Dieu.
22:55Mademoiselle Fitte.
22:58Suis-je donc invisible, mademoiselle ?
23:00Ce fil à fil à fleurs me va donc si bien
23:03que je me confonds avec le paysage.
23:05C'est ça, mademoiselle.
23:07Écarquillez bien les yeux.
23:09Et vous finirez par distinguer
23:11une si devant silhouette de femme.
23:14Oh, madame Brunet.
23:15Je vous ai vues, mais sans vous voir.
23:18Dimanche dernier, nous étions ensemble au temple.
23:21Nous nous sommes agenouillées devant le même hôtel.
23:25Nous nous sommes abreuvées au même calice.
23:28Ai-je donc tellement changé depuis l'heure ?
23:31Mais, madame, au temple,
23:32je suis seule avec mon créateur.
23:35Vous parlez.
23:37Le sacristain lui-même,
23:39quand il fait la quête,
23:40sait qu'il est inutile
23:42de passer devant moi.
23:44Je ne vois même pas l'assiette,
23:46la bourse, enfin, la chose qu'on vous tend,
23:48comme on le pourrait.
23:50Et même lorsque tout est fini,
23:52que je me retrouve dehors,
23:53à l'air pur,
23:56sur 200 mètres au moins,
23:58je titube,
23:59dans une sorte d'éblouissement,
24:02sans voir les autres fidèles.
24:04Et ils sont gentils, je te dis,
24:06très gentils et compréhensibles.
24:08Ils me connaissent maintenant,
24:09ils ne m'en tiennent pas rigueur.
24:11La voilà d'ici,
24:12la blonde mademoiselle fille.
24:14La voilà qui s'en va toute seule,
24:16avec son créateur.
24:18Fichons-lui la paix,
24:19et ils descendent du trottoir,
24:21pour m'éviter de le rentrer dedans.
24:23Oh oui,
24:24je suis distraite,
24:26très distraite.
24:27Demandez-le un moment,
24:29si vous ne me croyez pas.
24:31Livrée à moi-même,
24:33sans personne pour me retenir,
24:35je serai depuis longtemps envolée,
24:38dans ma vraie patrie.
24:40C'est pourquoi,
24:41ne croyez pas que j'ai fait exprès
24:43de ne pas vous voir,
24:44ce serait me faire une injure,
24:46madame René.
24:47Non, je n'ai vu que
24:49une espèce de grosse tâche-pâle,
24:52encore une.
24:54Oh, qu'y a-t-il, madame René?
24:57Vous avez l'air, comment dire,
24:59si drôle,
25:00si courbé, si penché.
25:03Madi, René,
25:04mes dix.
25:06Espèce de grosse tâche-pâle.
25:08Vous avez un oeil de lynx, mademoiselle?
25:11Eh bien, puisque je suis là maintenant,
25:13qu'y a-t-il pour votre service?
25:15Si vous m'aidiez à escalader cette falaise,
25:18je pense que votre créateur,
25:20vous le revaudrait, lui au moins.
25:22Oh, madame René,
25:23rentrez vos griffes.
25:24Ces corvées-là,
25:25je les fais gracieusement,
25:26ou pas du tout.
25:27Je pense que vous voulez
25:28vous appuyer sur moi.
25:30J'ai demandé à monsieur Barrel
25:32de me prêter son bras,
25:34simplement de me prêter son bras.
25:36Il a tourné les talons
25:37et m'a planté là.
25:38Alors, c'est mon bras que vous voulez?
25:41C'est mon bras que vous voulez, madame, ou quoi?
25:44Un bras, n'importe quel bras, votre bras.
25:47Vous voulez que je vous dise?
25:48Tu as l'impression que ça ne vous vaut rien de sortir.
25:51Descendez, mademoiselle.
25:52Descendez de là et donnez-moi le bras,
25:54ou jamais de la paroisse.
25:55C'est bon.
25:56Allons jusqu'au bout de nos devoirs de protestants.
26:00Non, le droit, si ça ne nous fait rien.
26:03Je suis gauchère pour comble de bonheur.
26:05Ah!
26:06Vous n'êtes qu'un sac d'os.
26:08Il vous faut vous remplimer.
26:22C'est pire que le mater-orne.
26:25Vous y êtes montée?
26:26Toujours noire de jeune mariée.
26:30Attendez, que je souffle.
26:32Pas même une rampe.
26:36Attendez.
26:38Ne me lâchez pas.
26:44Attendez, que je souffle.
27:10Arrêtez, madame, arrêtez ou je vous lâche.
27:15Ce n'est pas ça qu'ils ont chanté sur le Lusitania?
27:20Où est-ce que je confonds avec mon Dieu plus près de toi?
27:25Ça devait être émouvant.
27:30Où est-ce que je confonds avec...
27:34de Titanic?
27:38Non, de...
27:39Pour autant, pour les courses.
27:42Elles sont coincées.
27:44Nous voici l'arisée des 26 comtés.
27:47À moins qu'il ne soit 36.
27:52Voilà une façon de traiter des subalternes sans défense, monsieur Barrel.
27:56Un coup de poing, sans préavis.
27:59Dans le bas-ventre.
28:00Est-ce que quelqu'un a vu ma mère?
28:02Qui est-ce?
28:03La blonde, demoiselle Phyte.
28:07Où est sa tête?
28:16merci merci mademoiselle ça suit
28:24vous avez perdu votre mère mademoiselle bonjour monsieur
28:27tiller bonjour mademoiselle fit bonjour monsieur barel bonjour mademoiselle fit
28:33vous avez perdu votre mère mademoiselle elle m'a dit qu'elle arriverait par le
28:37dernier train ne vous imaginez pas parce que je me tais que j'ai cessé de souffrir
28:44quand vous dites le dernier train quand vous dites le dernier train mademoiselle
28:51quand vous dites le dernier train mademoiselle sans doute faites vous
28:55allusion au midi 30 à quel autre pourrais-je faire allusion monsieur
29:00tiller à quel autre est-il concevable que je fasse allusion dans ce cas mademoiselle
29:06vous l'avez pas à vous tourmenter car le midi 30 n'est pas encore arrivé
29:09regardez non en amont non non suivez mon index vous voyez maintenant de
29:16sémaphore à l'obscène horizontale de 9 heures ou de trois heures hélas pas
29:23d'accident au moins vous ne me dites pas qu'il est sorti des rails
29:27petite maman chérie avec l'aliment de notre déjeuner
29:34assez déconné toi et file à la cabine et madame ce cas s'il ya du nouveau
29:50mais voyons mademoiselle fitte ne vous laissez pas aller au désespoir tout s'arrangera à la fin
29:58entre nous monsieur barret de quoi s'agit-il au juste d'une collision je n'ose le croire une
30:05collision
30:06oh ça serait merveilleux une collision
30:14excusez moi un instant je suis barret une petite explication je l'exige même l'omnibus le plus
30:21possible n'a pas dix minutes que dis-je onze minutes de retard sur ce bref parcours sans
30:25motif j'imagine il me semble en effet qu'on nous doit quelques éclaircissements ne serait-ce que pour
30:31nous vous tranquilliser je sais rien il y a eu un accident technique c'est tout ce que je sais
30:36le trafic est retardé sur toute la ligne retardé un accident technique assez célibataire nous sommes
30:44là en train de nous ronger les sangs pour nos bien-aimés et il appelle ça un accident technique
30:54ah ben voici tommy qui arrive en cours je ne suis pas franchi d'avoir vu ça avant de mourir
30:59il arrive
31:03il arrive il arrive il arrive il arrive
31:06il arrive
43:34Personne à qui demander.
43:45Dan!
44:00Nous avons démarré à midi pile. Ça, je peux le certifier.
44:04J'étais...
44:05Comment peux-tu le certifier?
44:06Je peux le certifier, je te dis.
44:08Tu veux mon rapport, oui ou non?
44:11À midi pile, j'étais seul dans le compartiment.
44:16Du moins, je l'espère.
44:19Parce que j'ai été d'un sans-gêne, d'une inconvenance.
44:27Enfin, mon esprit.
44:32Pourquoi ne pas s'asseoir quelque part?
44:35Aurions-nous peur de ne plus pouvoir nous relever?
44:38Nous asseoir sur quoi?
44:40Sur un banc, par exemple.
44:42Il n'y a pas de banc.
44:44Alors, sur un talus?
44:46Laissons-nous tomber sur un talus.
44:49Il n'y a pas de talus.
44:53Alors, on ne peut pas.
44:57Je rêve d'autres routes.
45:01Dans d'autres pays.
45:04D'une autre maison.
45:07D'une autre...
45:09Une autre maison.
45:14De...
45:15De quoi est-ce que je voulais parler?
45:17De ton esprit.
45:20Mon esprit.
45:22Tu es sûr?
45:25Mon esprit.
45:27Ah!
45:29En effet, dans le compartiment vide, mon esprit s'est mis à travailler comme souvent cela m'arrive.
45:35Après le bureau, sur le chemin du retour.
45:37Je me disais, tu paies ton abonnement 5 000 francs par an.
45:42Et tu gagnes l'un dans l'autre 1000 francs par jour.
45:46Soit juste...
45:48Juste de quoi acheter les sandwichs, petits verres, tabac et illustrés qui te permettent de rester debout ou assis.
45:59En attendant de pouvoir rentrer à la maison et de t'écrouler sur ton lit.
46:05Sans parler du reste.
46:08Loyer et assurances.
46:11Souscriptions diverses.
46:13Chauffage et éclairage.
46:14Permis et licences.
46:16Entretien des locaux.
46:17Sauvegarde des apparences.
46:20Par-ci par-là.
46:22Un timbre poste.
46:24Cheveux et barbe.
46:26Tramway.
46:28Aller-retour.
46:29Pour boire.
46:31Au guide bénévole.
46:33Et tu en passes.
46:34Il est donc évident qu'à rester couché chez toi, jour et nuit, hiver comme été, en changeant de pyjama
46:46tous les quinze jours, tu augmenterais considérablement tes revenus.
46:51Les affaires, disais-je.
46:58Quelqu'un a crié ?
47:00Ce doit être Madame Thuleau.
47:03Son pauvre mari souffre sans traîne.
47:06Et là-bas, sans merci.
47:09Je suis glacée.
47:11Je n'en peux plus.
47:12D'autre part, me disais-je, il y a les horreurs de la vie chez soi.
47:17Brossage, frottage, balayage, grattage, suçage, polissage, raclage, lavage, séchage, arrosage, brassage, rinçage, grinçage, malaxage, claquage.
47:28En un mot, le ménage.
47:31Et toute la salle marmaille des voisins braillants et pétants de vie et de bonheur.
47:36Enfer des fins de semaine.
47:37Tu en sais quelque chose.
47:39Mais qu'est-ce que ce doit être ?
47:41Les jours ouvrables.
47:42Un mercredi.
47:43Un vendredi.
47:44Qu'est-ce que ce doit être ?
47:45Un vendredi.
47:48Et je me suis repris à penser à mon bureau dans l'impasse, à mon sous-sol silencieux, avec sa
47:55plaque où le temps a effacé mon nom, son lit de repos et ses tentures de velours.
48:04Et à tout ce que ça représente d'y être enterré vif, ne fût-ce que de dix à cinq.
48:10Rien, me disais-je, même pas la mort dûment constater, ne pourra jamais effacer et remplacer ça.
48:17Ce fut alors que la réalité reprit le dessus.
48:22Tiens, me suis-je crié.
48:25L'arrêt.
48:29Qu'est-ce que tu as à te pendre à mes basques comme ça ?
48:32Tu perds connaissance ?
48:33Je suis trancée.
48:35Je n'en peux, mais...
48:37Le vent...
48:41Siffle à travers ma robe,
48:43comme si je n'avais rien par-dessus mon pantalon.
48:49Tu ne m'écoutes plus.
48:51Je parle et tu écoutes le vent.
48:54Non, non.
48:55Je suis toute oui.
48:58Dis-moi tout.
49:00Puis...
49:01En avant,
49:02à pleine voile,
49:04sans halte ni trêve,
49:06jusqu'au Havre.
49:08Sans halte ni trêve,
49:10jusqu'au Havre.
49:12Tu sais, Madi, on dirait quelquefois que tu te bats avec une langue morte.
49:17C'est vrai, Dan.
49:20Je ne sais que trop bien ce que tu veux dire.
49:23J'ai souvent cette impression.
49:26C'est...
49:28Indiciblement pénible.
49:30J'avoue que...
49:32moi-même, je l'ai par moments.
49:34Quand il m'arrive de...
49:37surprendre...
49:37ce que je suis en train de dire.
49:39Hein?
49:41Je me souviens...
49:43d'avoir assisté un jour à une conférence...
49:47donnée par un de ces nouveaux...
49:49spécialistes du mental.
49:53J'oublie le terme exact.
49:55Il disait...
49:56Un... un alieniste.
49:58Non, non.
50:00Simplement...
50:01la détresse mentale.
50:05J'espérais qu'il jetterait un peu de lumière sur ma vieille antiste fesse de cheval.
50:10Un vétérinaire.
50:11Non, non.
50:13Simplement...
50:14la misère mentale.
50:18Le nom me reviendra dans la nuit.
50:23Il nous a raconté...
50:25l'histoire d'une petite fille très étrange...
50:28et malheureuse.
50:30Et comment...
50:32après l'avoir soignée sans succès pendant des années...
50:36il avait dû finalement y renoncer.
50:40Il ne lui avait rien trouvé d'anormal, disait-il.
50:44Elle n'avait rien.
50:46La seule chose qu'elle avait, selon lui...
50:50c'est qu'elle était en train de mourir.
50:55Il s'en est donc lavé les mains...
50:58et elle est morte, en effet, peu de temps après.
51:03Eh bien...
51:03qu'est-ce qu'il y a là de si extraordinaire?
51:07Non, non.
51:07c'est...
51:10c'est...
51:11c'est...
51:12c'est quelque chose qu'il a dit et...
51:13sa façon de le dire qui me poursuive depuis.
51:18Quand il en a eu fini avec la petite fille...
51:22il est resté courbé sur sa table...
51:25un bon moment...
51:27deux minutes au moins...
51:30puis...
51:31brusquement...
51:33il a relevé la tête...
51:35comme s'il venait d'avoir une révélation.
51:41Elle n'était jamais née, réellement.
51:45Voilà ce qu'elle avait.
51:51Je suis partie avant la fin.
51:54Rien au sujet de tes fesses.
52:00Elle m'a dit...
52:05Il n'y a rien à faire pour ces gens-là.
52:08Pour lesquels il y en a-t-il?
52:12Je suis tourné dans quel sens?
52:15Quoi?
52:17Je ne sais plus dans quel sens...
52:19je suis tourné.
52:21Tu t'es détourné.
52:23Tu es courbé sur le fossé.
52:27Il...
52:29il y a un chien crevé là-dedans.
52:31Non, non.
52:33Rien que des feuilles pourries.
52:35Des feuilles pourries?
52:37Oui, mon chéri.
52:38Et de l'année d'avant.
52:41Et de l'année d'avant encore.
52:58Voilà, mon joli Citiz.
53:00Le pauvre, il perd toutes ses grappes.
53:09Voilà les premières gouttes.
53:12Rwinda.
53:13Ne t'occupe pas, mon chéri.
53:16Je bague une toute seule.
53:18Je me demande si les Bordeaux peuvent procréer.
53:22Quoi? Tu dis?
53:24Viens, mon chéri. On va se faire saucer.
53:28Tu veux du fumier?
53:29Ah!
53:44Pourquoi tu t'arrêtes?
53:45Tu veux parler?
53:46Non.
53:48Alors, pourquoi tu t'arrêtes?
53:50C'est plus facile.
53:52Tu es très mouillé?
53:54Jusqu'au trognon.
53:57Nous mettrons nos vêtements à sécher.
53:59Et nous passerons nos douillettes.
54:03Mets ton bras autour de moi.
54:05Ah!
54:07Sois gentil avec moi, Dan.
54:10Oh, Dan.
54:19Tu es taille.
54:23Tu es taille.
54:29Où est taille?
54:30Tu es taille.
54:33C'est quoi?
54:41Voilà le 최고.
54:41Toute la journée, le même air.
54:46Pauvre femme.
54:48Elle doit être vieille comme le monde, maintenant.
54:52La mort et la jeune fille.
54:59Tu pleures ?
55:02Est-ce que tu pleures ?
55:03Oui !
55:14Qui prêche demain ? Le vieux ?
55:16Non.
55:17Dieu soit loué, qui ?
55:18Ah, Dieu.
55:20Le moyen d'être heureux, quoique marié.
55:23Mais non, il est mort, tu te rappelles ?
55:26Aucun rapport.
55:28On a annoncé le texte.
55:33Éternel soutient tous ceux qui tombent
55:37et redresse tous ceux qui sont courbés.
55:47Serre-moi pour moi.
55:49Ah oui.
55:50J'entends quelque chose derrière vous.
55:52C'est j'irry.
55:54Vous avez...
55:54Montre, mon petit bonhomme.
55:56Qu'un petit cœur va péter.
55:57Vous avez laissé tomber quelque chose, monsieur.
55:59Monsieur Barrel m'a dit de vous courir après.
56:02Montre.
56:02Qu'est-ce que c'est ?
56:03Quelle est cette chose, Dan ?
56:05Ce n'est peut-être pas à moi.
56:06On dirait une balle.
56:07Et cependant, ce n'est pas une balle.
56:09Donne-moi ça.
56:10Qu'est-ce que c'est, Dan ?
56:11C'est une chose que je garde sur moi.
56:13Oui, mais qu'est-ce que c'est?
56:13C'est une chose que je garde sur moi!
56:15Nous sommes à court de mener, mon petit Géry.
56:17Rappelle à M. René lundi qu'il doit te donner 100 sous pour ta peine.
56:20Oui, mesdames.
56:21Si je vis encore.
56:23Oui, monsieur.
56:24Géry!
56:26Tu sais ce qui s'est passé?
56:28Tu sais pourquoi le train est arrivé en retard?
56:30Comment veux-tu qu'il le sache?
56:31Viens.
56:32Qu'est-ce que c'était, Géry?
56:33C'était un petit enfant.
56:34Laisse-le tranquille, il ne sait rien. Viens.
56:36Qu'est-ce que c'était, Géry?
56:37C'était un petit enfant, mesdames.
56:40Qu'est-ce que tu veux dire?
56:42Un petit enfant?
56:43Un petit enfant qui est tombé du train, mesdames.
56:46Sur la voie, mesdames.
56:48Sous les roues, mesdames.
57:19Sous-titrage Société Radio-Canada
57:40C'est un petit enfant.
58:13Un petit enfant.
58:45Sous-titrage Société Radio-Canada
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