- il y a 16 minutes
DB - 07-04-2026
Catégorie
📺
TVTranscription
00:23Dans un petit village aussi perdu que Toulosanne,
00:26le médecin est souvent tenu d'assurer bien des fonctions.
00:29Tour à tour, je suis botaniste, pharmacienne, laborantine.
00:34Un jour même, j'ai dû faire office de médecin légiste,
00:37un rôle qui m'a conduite à mener une véritable enquête criminelle.
00:47Oui ? Allô ? Ah, bonjour, brigadier ! Comment...
00:53Ah bon ? C'est affreux ce que vous me dites.
00:58Ah oui, je viens tout de suite.
01:00Route, route de Saint-Génier près de l'escalette.
01:03Oui, oui, oui, je vois très bien où c'est.
01:06Entendu. Au revoir.
01:12Théolande !
01:14Théolande !
01:15Oui ?
01:16Le brigadier Cosson vient de me téléphoner.
01:18On a trouvé le facteur blessé près de l'escalette.
01:21Mon Dieu !
01:22Et c'est grave, hein ?
01:23Bah oui, encore assez.
01:25Écoutez, soyez gentils, téléphoner à Mme Rouenet que je serai très en retard.
01:28Je ne serai pas là avant.
01:30Oh, pas avant, 5h, 5h30.
01:31Mais comment c'est arrivé ?
01:34Je ne sais pas, je pense qu'il a dû tomber de vélo, probablement.
01:47Si je comprends bien, j'arrive trop tard.
01:49Oui, lass.
01:50Il est mort pendant que je lui téléphonais.
01:53D'ailleurs, je me demande comment il aurait fait pour survivre à une pareille blessure.
02:02Enfoncement du pariétal droit.
02:03Alors, sait-on comment l'accident s'est produit ?
02:08Accident, accident.
02:11Et que justement, ce n'est peut-être pas un accident.
02:14Rooker, viens voir.
02:16C'est lui qui l'a trouvé, qui nous a appelés.
02:18Raconte à Mme Boudou.
02:20Il n'y a pas grand-chose à raconter.
02:22Je descendais depuis ce chèvre où j'avais travaillé toute la matinée,
02:26quand du milieu du chemin, je l'ai aperçu.
02:28Couché sur le ventre.
02:30Ici.
02:32Il en avait pris un mauvais coup.
02:34Je n'ai pas osé de toucher.
02:36J'ai couru jusqu'à la ferme pour téléphoner aux gendarmes.
02:45Et le vélo ?
02:46Est-ce que vous cherchez là où il est en ce moment ?
02:48Oui, oui.
02:53Qu'est-ce que vous cherchez ?
02:54La sacoche ?
02:56Oui.
02:57Vous ne fatiguez pas, elle a disparu.
02:59Vous comprenez maintenant pourquoi j'ai des doutes en ce qui concerne l'accident ?
03:03Le moins qu'on puisse dire, c'est que vos doutes correspondent aux miens, brigadier.
03:07Oui, car incontestablement, ce n'est pas un tombant que le facteur a pu se faire cette blessure.
03:12Non.
03:13Elle provient incontestablement de ce qu'on appelle un instrument contendant.
03:16Donc, vous êtes de mon avis.
03:18Il s'agit bien d'un meurtre.
03:20Eh bien, il nous faut trouver l'assassin.
03:23Eh, vous autres, là.
03:24Reculez, ne venez pas embrouiller les empreintes.
03:27Bon, Delvigne.
03:28Appelle Martin à la brigade.
03:29Qu'il alerte le parquet et qu'il vienne aussitôt qu'il pourra, ici, avec l'appareil photo et le
03:33plâtre pour l'émoulage.
03:34Entendu, brigadier.
03:38Vous vous rendez compte.
03:40Mon premier meurtre.
03:43Bon, procédons par ordre.
03:44Premier point, à trouver l'arme du crime.
03:48Vous fouillez partout.
03:49Deuxième point, votre rapport.
03:50Très important, votre rapport.
04:00Quant à la mort, elle est due à un enfoncement de la région pariétotemporale droite,
04:04qui a entraîné une liaison radibitoire du cerveau et de ses enveloppes.
04:09Le doux, le coup.
04:12Le coup semble avoir été porté avec une rare violence au moyen d'un instrument contondant.
04:24Est-ce que vous avez du nouveau depuis tout à l'heure ?
04:26Oui, des petites choses.
04:28Par exemple, on sait l'heure exacte du crime.
04:3113h22, oui, la montre du facteur s'est arrêtée au cours de la chute.
04:36Et la sacoche, vous ne l'avez pas retrouvée ?
04:38Non, mais on sait qu'elle contenait pas mal d'argent.
04:413500 francs, s'il vous plaît, de ne pas recevoir des postes.
04:44Enfin, j'espère que demain, au cours de la reconstitution, on y verra plus clairs.
04:47Vous viendrez, bien sûr.
04:49Le bras gauche, ici.
04:53La tête tournait de ce côté, même que je n'avais pas vu la blessure.
05:01Le vélo, il est à sa place ?
05:03Là, vous l'avez mis, oui.
05:13Peut-être un peu plus près de la route.
05:16Bien, voilà, messieurs.
05:19Attends, si vous le permettez, je vais essayer de vous raconter comment les choses ont pu se passer.
05:22Il est 13h10.
05:24Le facteur se trouve à la ferme du Feuillet.
05:26La ferme du Feuillet est la ferme qui se trouve juste au bas de la descente.
05:29Comment savez-vous d'heure ?
05:30Ah, mais les gens de la ferme sont affirmatifs.
05:33Le train de Toulouse est passé juste à ce moment-là sur le pont suspendu.
05:36Bien.
05:37De la ferme du Feuillet, le facteur doit se rendre chez Baudusseau, à qui il doit payer une pension d
05:42'invalide.
05:42C'est le receveur des PTT qui vous l'a dit.
05:45Exactement.
05:46Or, pour aller chez Baudusseau, il devait obligatoirement passer par ici.
05:50Alors, essayons de l'imaginer.
05:52À ce moment-là, il est environ 13h15.
05:54Le facteur arrive près de ce virage.
05:58Et, vous l'avez remarqué, la route commence à grimper sérieusement.
06:00Alors, il décide de descendre le vélo et de continuer le reste du chemin à pied.
06:04Tout à coup, il tombe nez à nez avec son assassin.
06:07Alors, il sait déjà qu'on veut l'assassiner ?
06:09Ah non, absolument pas.
06:10Au contraire même.
06:12L'homme qui attend assis sur ce parapet a, pour le facteur, le visage d'un ami.
06:16Mais, un instant.
06:18Qui vous dit qu'il y a quelqu'un assis à cet endroit ?
06:21Ah oui, c'est exact.
06:22J'ai oublié de vous dire que, en farfouillant par-ci par-là, nous avons trouvé trois mégots de cigarettes
06:26dont le bout est encore un peu humide de salive.
06:28Trois mégots de cigarettes, ça veut dire ?
06:29Que quelqu'un a attendu là pendant au moins un quart d'heure.
06:33Vous avez compris.
06:34Donc, le facteur s'arrête, bavarde avec le type qui a tombé sur ce parapet.
06:39Quand tout à coup, celui-ci tire un manche de pioche, une matraque, enfin, un instrument
06:44en contenant quelconque, frappe violemment le facteur qui s'écroule à fait d'un endroit.
06:49Un seul coup ?
06:50Oui, docteur, un seul coup.
06:51Mais, bien ajusté, vous savez, ça tue son homme.
06:56Donc, une fois le facteur hors de combat, le meurtrier s'empare de la sacoche et disparaît
07:02dans la nature.
07:03Ni vu ni connu.
07:04C'est fini.
07:05Rideau, il est 13h22.
07:07C'est vraiment une chance pour l'assassin.
07:10Personne ne l'est vu.
07:11Vous appelez ça une chance.
07:14Moi, j'appellerais ça de la préméditation.
07:17Réfléchissez bien, docteur.
07:18C'est l'endroit idéal pour un meurtre.
07:21D'un côté, la montagne, de l'autre côté, la forêt.
07:23Personne ne peut assister à ce crime.
07:25Personne.
07:26Sauf peut-être quelqu'un de chez Baudusso.
07:30Baudusso.
07:32Baudusso.
07:37Et vous l'avez arrêté ?
07:39Ah oui.
07:41Ça ne l'a pas traîné, croyez-moi.
07:44Fait comme un rat, l'animal.
07:46Écoutez bien ça.
07:48Quand on l'a interrogé pour la première fois,
07:50peu après la découverte du crime,
07:52il a déclaré qu'il n'avait pas vu le facteur.
07:54Donc, qu'il n'avait pas touché sa prime.
07:57Or, qu'est-ce que j'ai trouvé, moi,
07:59en perquisitionnant chez lui tout à l'heure ?
08:01L'argent de la prime ?
08:03Voilà, un peu plus même.
08:053 500 francs.
08:07Près exactement un peu de choses près
08:09ce que le facteur transportait.
08:11Et il n'a pas pu justifier cette somme ?
08:13Non.
08:15Et il n'a rien dit ?
08:16Il ne s'est pas défendu ?
08:17Oh si, défendu comme un beau diable.
08:19Allant croire, ces 3 500 francs,
08:22ce serait le fruit de ces économies.
08:26Remarquez, c'est possible.
08:28Et mon oeil, docteur.
08:30Je me demande comment il aurait pu faire
08:32pour économiser une telle somme
08:33alors qu'il avait juste de quoi vivre,
08:35c'est-à-dire cette petite prime d'invalide
08:37et le maigre revenu de deux ou trois pieds de vigne.
08:39De toute façon,
08:40ce n'est pas une preuve suffisante de culpabilité.
08:43Très bien, je vous l'accorde.
08:45Mais alors, je vais vous en proposer une autre de preuve.
08:48Vous vous souvenez des 3 mégots
08:49que j'ai trouvés au pied du parapet ?
08:51Oui.
08:52Bon, ils appartiennent à Baudusso.
08:54Il vous l'a dit ?
08:55Oui, bien sûr, obligé.
08:56Il est le seul à rouler ses cigarettes
08:59avec du tabac pour la pipe.
09:01Donc, il était à l'escalette
09:03au moment où le facteur est mort ?
09:05Oui, mais d'ailleurs, il l'a reconnu, ça.
09:06Mais est-ce qu'il a avoué avoir vu le facteur ?
09:09Bien sûr.
09:10Il a même avoué qu'il avait touché sa prime.
09:12Seulement, voilà,
09:13ses aveux s'arrêtent là.
09:14À l'entendre, il a donc perçu cet argent,
09:18puis il a laissé le facteur assis sur le parapet
09:20et est retourné dans sa maison immédiatement.
09:24Oh, c'est...
09:25C'est pas invraisemblable ?
09:27Non, tout aussi vraisemblable
09:29que ce que je prétends, moi.
09:30Mais qu'est-ce que vous prétendez ?
09:32Je prétends que Baudusso a tué le facteur,
09:35qu'il a volé la sacoche
09:36et qu'il a effectivement regagné sa maison d'ardard.
09:42Vous ne semblez pas convaincu.
09:45Écoutez bien, Mlle Baudouin,
09:48si Baudusso était vraiment innocent,
09:50est-ce qu'il aurait hésité à nous dire
09:51la première fois qu'on l'a interrogé
09:52qu'il avait rencontré le facteur,
09:54donc qu'il avait touché sa prime ?
09:56Un crime vient d'être commis.
09:58Il est le dernier à avoir vu le facteur vivant.
10:00Moi, je pense qu'il a eu peur
10:02d'être un suspect trop évident.
10:03Ben, voyons.
10:04Mais vous savez, c'est toujours ce qu'on dit après.
10:07Non, croyez-moi.
10:09C'est bien Baudusso, le coupable.
10:13Est-ce qu'il est gaucher ?
10:19Qui ça ?
10:20Baudusso.
10:22Ben, je ne crois pas, non.
10:24Non, non, est-ce que vous êtes sûr ?
10:26Bon, ben, je le vérifierai,
10:27mais je vois pas ce que ça pourra changer.
10:31C'est très simple, brigadier.
10:34Voilà, ça, c'est une matraque, hein.
10:38Je veux vous frapper avec.
10:40Comment est-ce que je m'y prends, hein ?
10:43Ben, c'est...
10:44Comme ça ?
10:44Oui.
10:45Bon.
10:45Alors, dans ce cas,
10:46je touche la région pariétale gauche
10:49de votre crâne,
10:51puisque je suis droitière.
10:52Vous comprenez ?
10:53Très bien, oui.
10:55Je vais vouloir commencer ce geste.
10:56Hum.
10:59Bon, t'es divine, mais vous avez raison.
11:01Comment est-ce que j'y ai pas pensé plus tôt ?
11:05L'assassin est gaucher.
11:06Vous pensez pas qu'il serait bon
11:07de vérifier si Baudusso l'est aussi ?
11:09Ben, je reviens.
11:15Baudusso n'est pas gaucher.
11:17Ah.
11:18Donc, il est innocent.
11:20Oui.
11:20Vous allez le relâcher ?
11:21Ah non, pas si vite, s'il vous plaît, pas si vite.
11:23Je vais bien accepter votre théorie,
11:25mais il y a des limites.
11:27Non, pour l'instant, Baudusso reste en prison.
11:29Et vous, sur votre réserve ?
11:31Et moi, sur ma réserve, voilà.
11:32Mais vous avez peut-être quand même une petite idée, non ?
11:36Ha, ha, ha.
11:37Dites-moi, et vous, Mademoiselle Baudouin ?
11:40Moi ?
11:41Oh oui, j'ai une petite idée.
11:43Hum ?
11:43Il paraît que les assassins,
11:45s'ils ne reviennent pas forcément sur le lieu de leur crime,
11:48assistent presque toujours aux obsèques de leur victime.
11:51Oui, c'est vrai.
11:52C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'irai moi aussi
11:54de ma matin en termes du facteur.
11:56Mais je vous avoue que je ne crois pas que ça m'apporte grand-chose.
11:59Oh, sait-on jamais ?
12:00Pouf.
12:01Avez-vous pensé au goupillon, brigadier ?
12:03À quoi ?
12:04Au goupillon.
12:07Le...
12:08Oui.
12:11Ha, ha, ha.
12:13Ah, mais qu'est-ce que je deviendrais sans doute, Mademoiselle Baudouin ?
12:16Hein ?
12:16C'est génial, ça, le coup du goupillon.
12:18J'aimerais bien venir avec vous à cet enterrement.
12:20Non, c'est pas possible, ça.
12:21Dans ces régions, les femmes ne suivent jamais les convois funéraires.
12:23Et pourquoi ?
12:25Allez savoir.
12:26Il y a comme ça des tas de coutumes
12:28dont les origines se perdent dans la nuit des temps.
12:32Peut-être
12:33est-ce parce que l'enterrement d'avant
12:35ne doit pas empêcher les ménagères de faire la cuisine aux vivants.
12:39Ha !
12:40Mon rôti !
12:43Ha !
13:12Sous-titrage FR ?
13:31Alors ?
13:32Eh bien, nos espérances sont largement dépassées.
13:34Nous avons trois gauchers sur les bras.
13:37Le brigadier vient de m'expliquer votre théorie, Cécilia.
13:39J'avoue qu'elle est très astucieuse.
13:41Non, non, logique, tout simplement.
13:43Mais supposez un instant que le facteur ait été attaqué par derrière.
13:47Il est tout aussi logique que ce soit le côté droit de son crâne qui ait été atteint.
13:51Non, Roger, le coup n'a pu être donné que de face.
13:54D'ailleurs, sur ce point, le médecin légiste est aussi formel que moi.
13:58Bon, alors, j'ai rien dit.
14:01Si vous montiez tous les deux, on pourrait peut-être parler plus tranquillement de ces trois gauchers.
14:05Volentier.
14:17Alors, le premier, c'est Pascal Vassaurier.
14:20Un riche propriétaire des environs, réputation au-dessus de tout soupçon.
14:24Le deuxième, je n'en parle même pas, c'est monsieur le curé.
14:28Non, pour tout vous dire, j'ai gardé le meilleur pour la fin.
14:32Fernand Laverus.
14:33Le braconnier ?
14:34Oui.
14:35Oh là là !
14:38Que veut dire ce oh là là, monsieur Crohn ?
14:41Demandez plutôt au brigadier.
14:43Eh bien voilà, à chaque fois qu'un mauvais coup est fait dans la région, on pense immédiatement à Fernand
14:47Laverus.
14:48Et je dois dire que la plupart du temps, on n'a pas tellement tort.
14:51Rien que moi, je l'ai déjà arrêté au moins une quinzaine de fois pour des délits divers.
14:54On connaissait aussi, vous l'avez relâché une bonne quinzaine de fois.
14:57Le diable, à qui la faute ? Il a toujours un alibi inattaquable.
14:59Et vous verrez que cette fois-ci, ce sera encore la même chose.
15:02Pourquoi ? Vous allez l'interroger ?
15:04Hein ? Mais pas plus tard que maintenant.
15:07Brigadier ?
15:08Oui ?
15:09Soyez prudent quand même.
15:12Qu'est-ce que vous voulez dire par là ?
15:14Bah que peut-être ce Laverus n'est pas plus coupable que Baudusson.
15:18Ah bah bravo !
15:19Bon alors d'après vous, qui est le vrai coupable ?
15:21Ah !
15:21Ça.
15:26Merci.
15:28Et deux font 2000.
15:29Merci mon âge de Baudouin.
15:31Tiens, je vais vous donner un petit coup sur le ferro-brise.
15:33Oui ?
15:34Tiens, ce matin, j'ai vu le Brigadier Cosson.
15:37En fin de compte, cela Véro qui a tué le facteur.
15:40Tu l'as avoué ?
15:41Non, mais c'est tout con.
15:42D'abord parce qu'il n'a pas pu fournir en alibi.
15:44Et ensuite parce que les gendarmes ont trouvé un tas de fafio sous les sarments dans le grenier.
15:50C'était peut-être son argent.
15:52Eh non, puisqu'il avouit qu'il avait piqué dans le trône de l'église.
15:55Alors on pensait qu'on ne trouvait pas les villes de mille dans le trône de l'église.
15:59Eh, je vais vérifier lui.
16:03C'est bien, vous, mademoiselle Baudouin ?
16:05On sort de la gendarmerie.
16:07Le Brigadier nous a dit que c'était grâce à vous qu'il avait arrêté la virus.
16:09L'assassin du facteur.
16:11Laissez-moi tranquille.
16:11Juste un mot pour nos lecteurs.
16:13Comment vous avez fait pour découvrir le coupable ?
16:15Fais chez moi la paix, là !
16:16Vous le connaissiez auparavant, c'était un de vos malades.
16:19Ah ben, il y en a qui nous facilitent de prendre la tâche.
16:24Et qu'est-ce que vous avez ?
16:26On dirait que vous avez fait la course avec le diable.
16:29Je n'ai rien.
16:30Je n'ai rien, Théorlinde.
16:32Je n'ai rien du tout, mais je vous en prie, laissez-moi !
16:38Eh ben, moi, à votre place, j'irai voir un docteur, eh !
16:45Ou elle est amoureuse, ou alors elle est folle.
16:52Il vous manquait plus que votre photo dans le journal.
16:55Maintenant, vous l'avez.
16:57C'est presque la gloire, eh !
16:59Qu'est-ce que ça va vous rapporter comme client ?
17:01Ne dites pas de bêtises, Théorlinde.
17:03J'espère avoir des arguments plus convaincants
17:05pour assurer ma publicité.
17:07C'est à voir.
17:09En tout cas, tout le monde est bien content
17:10que vous ayez débarrassé le village de ce propre à rien.
17:13Débarrasser le village ?
17:15Mais, Théorlinde, je ne suis pour rien dans cette affaire.
17:18Ah, ce n'est pas ce qu'on dit.
17:19Le brigadier lui-même avoue que sans votre aide,
17:22il aurait laissé Baudusso moisir en prison.
17:24Bon, pour Baudusso, c'est peut-être exact.
17:27Mais au nom du ciel, ne me dites pas que c'est moi
17:28qui ai fait arrêter ce pauvre Laverusse.
17:30Ce pauvre Laverusse ?
17:32Ma parole, pour un peu, vous le plaindriez.
17:34Parfaitement, je le plains.
17:36Eh bien, vous êtes la seule !
17:37Un voleur doublé d'un assassin ?
17:39Vous, Dieu, quelle honte !
17:41Mais vous n'êtes pas sûre qu'il est un assassin ?
17:43Et personne n'en est sûre.
17:44Mettez-vous bien ça dans la tête.
17:46Et plus j'y pense, plus je me fais à l'idée que ce pauvre Laverusse n'est en fait
17:53qu'une victime.
17:54Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre ?
17:55Victime d'une idée que j'ai lancée au hasard d'une conversation.
17:58Évidemment, tout le monde a sauté dessus tellement elle était pratique et séduisante.
18:02Mais qu'est-ce que ça veut dire alors ?
18:04Ça veut dire, ça veut dire qu'elle permettait aux brigadiers de trouver un coupable,
18:10d'obtenir de l'avancement et de se venger de Laverusse et de ses alibis.
18:14Et surtout, elle donnait au village une bonne conscience en le libérant de sa brevi galeuse.
18:23Oui, ça, c'est une bonne idée, en effet.
18:27Seulement, je n'y crois plus, Théolinde.
18:30Je n'y crois plus du tout.
18:33Et alors, finalement ?
18:36Finalement, je ne suis pas très fière de moi.
18:43Une semaine s'écoula ainsi.
18:48Laverusse, interrogée sans relâche, s'obstinait à nier.
18:52Et puis, un matin où je me rendais au Mans-Farnel,
18:55une ferme pas très éloignée de celle de Baudusseau,
18:58je suis repassée sur la route de l'escalette.
19:01Devenue désormais pour toute la région, le lieu du crime.
19:10Tout était clair maintenant pour moi.
19:13Je décidais de suivre le camion jusqu'au chantier.
19:19Laverusse, déçu...
19:32Laverusse, déçu...
19:35Laverusse, déçu...
19:37Sous-titrage Société Radio-Canada
20:07Je ne sais pas moi, quatre ou cinq, pourquoi ?
20:11La semaine dernière, disons jeudi, vous avez fait un voyage.
20:16Évidemment comme tous les jours, vous savez, elle bouffe les bétonneuses.
20:21Et ce jeudi, est-ce que vous vous souvenez d'avoir fait un voyage, disons entre une heure moins le
20:26quart et une heure et demie ?
20:27De l'après-midi ?
20:28Oui.
20:30C'est pas impossible.
20:32Attendez, vous dites, vous dites jeudi, hein ?
20:40Pourquoi vous me demandez ça ?
20:42Je vous répondrai tout à l'heure.
20:43Non.
20:45C'est que moi je veux savoir, tout de suite, des fois qu'il s'agit d'un accident.
20:49On m'a déjà fait le coup une fois, alors maintenant je me méfie.
20:52Répondez-moi franchement.
20:54Est-ce que jeudi, vous êtes passé sur la route de l'escalette à 13h20 ?
21:02Sur la route de l'escalette.
21:06Mais dis donc, mais c'est le lieu du crime, ça ? Et jeudi ?
21:09Et jeudi, c'est le jour du crime.
21:12Ah, mais qui êtes-vous donc, hein ?
21:15Vous avez une drôle de touche pour un flic ?
21:19Non, non, non, rassurez-vous, je ne suis pas de la police et je ne vous veux aucun mal.
21:23Non, pour tout vous dire, je crois qu'il n'y a pas eu de crime.
21:27Le facteur a dû se tuer accidentellement.
21:29En s'accrochant à l'arrière de votre camion.
21:33Mon camion ?
21:35Il avait un peu vu ce jour-là.
21:36La côte était dure à monter, alors il a tendu la main, il a perdu l'équilibre,
21:41et sa tête a orter le métal.
21:44Seulement pour tout le monde, il s'agit d'un crime.
21:46Non, mais ça alors ?
21:48Alors on a arrêté un présumé coupable,
21:50et on est en train de le convaincre de sa culpabilité.
21:54Et on va le juger ?
21:56On le condamnera.
21:58Et pas un seul instant, l'accusation n'est capable de fournir la pièce à conviction numéro un.
22:02Quelle pièce ?
22:03La sacoche, c'est tout l'argent qu'elle contient.
22:05Et pour la bonne raison, c'est tout qu'elle est en fouille sous le tas de gravier.
22:09Hé, vous n'allez pas dire que c'est moi qui l'ai caché là-dessous, non ?
22:13Si.
22:14Ah non, non, non, sans le faire exprès.
22:16Mais la sacoche était lourde, alors il l'a accrochée à votre camion.
22:20Eh bien alors, j'ai rien pu voir.
22:24Et non.
22:27Et vous, en arrivant, vous avez vidé votre chargement,
22:30sans vous douter un seul instant qu'il engloutissait une petite fortune.
22:36Vous parlez d'une histoire, vous.
22:39Mais dites, la sacoche, elle ne peut pas être sous le tas de gravier.
22:43Parce que le gravier de jeudi, il y a belle lurette qui est devenu du béton.
22:47Vous êtes sûr ?
22:48Pensez au rythme où les gars du chantier travaillent, pour sûr.
22:52Qu'est-ce qu'elle est devenue ?
22:54Du béton, parmi.
23:10Du béton.
23:12Eh oui.
23:14Votre lavé rouge, il est là dans le baba.
23:17Bon, c'est pas possible.
23:18C'est impossible.
23:20Et qu'est-ce qu'on en fait, du béton ?
23:21Vous voulez voir ?
23:22Prenons votre voiture.
23:23Je vais vous montrer.
23:24Sous-titrage Société Radio-Canada
24:21Vous voyez que s'il y avait des billets, les gars l'auraient vu.
24:25Évidemment.
24:27Venez voir, venez voir !
24:41Sors de l'argent d'appartout, venez voir, venez voir.
24:43Il y a l'argent là, c'est pas possible.
24:47Regardez.
24:50Mais dites-donc, votre chantier, c'est pas un chantier, c'est un coffre-fort.
24:54C'est pour ça que nous nous travaillons, mon vieux.
24:57Hé !
24:58Oh, c'est à moi, ici.
25:05Cette fois, je la tenais, ma pièce de conviction.
25:07J'avais enfin la preuve que ce pauvre laverroux était innocent.
25:12Et justice lui sera rendue.
25:14C'est parti.
25:19C'est parti.
25:38Sous-titrage Société Radio-Canada
25:52C'est parti.
Commentaires