00:02Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Patrick Roger.
00:06Il est 7h13, c'est à la une sur Sud Radio.
00:10Le prix des carburants, les pêcheurs d'Occitanie interpellent le gouvernement et menacent d'action.
00:14Nous sommes avec Bernard Pérez, qui est le président du Comité Régional des Pêches Maritimes d'Occitanie.
00:20Bonjour Bernard Pérez.
00:22Oui, bonjour.
00:23Merci d'être sur Sud Radio.
00:25Alors, vous deviez mener un mouvement de grève aujourd'hui et finalement vous avez renoncé hier soir.
00:31Pourquoi ?
00:33Pour la simple et bonne raison qu'on a privilégié l'intérêt général, le dialogue avec le gouvernement et la
00:44région,
00:45et principalement la souveraineté alimentaire pour alimenter en produits frais la population.
00:53Oui, et puis en même temps, c'est tout le système, tous les salariés aussi qui travaillent avec vous, qui
00:59n'auraient plus de salaire.
01:02Juste d'ailleurs, je voudrais qu'on fasse une petite parenthèse.
01:06Comment ça fonctionne ?
01:07Comment on est rémunéré quand on est marin pêcheur ou quand on est salarié engagé en fait avec vous ?
01:13J'ai vu qu'il y avait le système de la part, c'est-à-dire le salaire est basé
01:18sur les bénéfices après les frais, c'est ça ?
01:21Oui, c'est cela. Nous partageons la pêche de la semaine puisque les marins sont payés toutes les semaines en
01:32fonction de la pêche de la semaine
01:35et on répertorie le gasoil, tous les frais communs et on déduit tout cela et à la fin de la
01:44semaine, nous payons nos marins.
01:46Aujourd'hui, clairement, chaque marin travaille toute la semaine.
01:53En fonction de l'augmentation du prix du gasoil, chaque marin perd environ 375 euros par semaine.
02:04C'est énorme et bientôt, on ne pourra plus rien leur donner et l'armement aussi est en perte totale.
02:12Oui, c'est ça. Parce que je le disais, le gasoil pêche frôlait 1,50 euro le litre, c'est
02:17ça ?
02:18Et votre seuil de survie d'exploitation, c'est à 0,80 à peu près ?
02:23C'est à peu près ça. Alors, avant la crise, nous étions à 0,60, 0,70.
02:31Voilà, c'était très convenable.
02:34Voilà, on pouvait travailler.
02:36Mais aujourd'hui, plus ça va depuis début mars, ça ne cesse d'augmenter.
02:42Et là, vraiment, on arrive au seuil où on n'est plus rentable.
02:47Voilà.
02:48Mais j'insiste là-dessus.
02:50Aujourd'hui, les plus impactés, c'est les chalutiers.
02:55Mais tous les métiers de la pêche sont impactés aujourd'hui par cette hausse du prix du gasoil.
03:01Bon, alors, qu'est-ce que vous avez demandé au gouvernement jusqu'à présent et qu'est-ce qu'il
03:05vous a proposé ?
03:06J'ai cru comprendre que c'était des prêts, dans un premier temps.
03:10On vous prête de l'argent.
03:12Oui, alors, les prêts, très sincèrement, en Méditerranée, ça ne nous convient pas du tout.
03:21Et ça ne nous fait rien du tout par rapport à ce qu'on a besoin aujourd'hui.
03:26Aujourd'hui, on était dans des discussions à 0,20 centimes, ça c'était au début mars.
03:33Aujourd'hui, c'est même plus pensable.
03:36On ne peut pas avoir une baisse de 20 centimes alors que nous avons un gasoil qui est sur l
03:46'Occitanie et en PACA à 0,25.
03:50Et en Corse, à 1,50 euro, ça va faire un gasoil à 1,30 euro, 1,20 euro.
04:00C'est intenable.
04:02Bon, alors, qu'est-ce que vous demandez à Sébastien Lecornu, le premier ministre, et puis la ministre de la
04:07Pêche, Catherine Chabot ?
04:09C'est simple. Aujourd'hui, vu la conjoncture et vu ce qui se profile à l'horizon, c'est déjà
04:16de se préparer pour qu'il n'y ait pas de pénurie de gasoil.
04:22Voilà, s'organiser, organiser le pays là-dedans.
04:26Voilà, je pense que c'est une priorité pour tous les gens qui travaillent.
04:31Et on n'est pas les seuls, voilà.
04:33Il y a les routiers, il y a les infirmiers, il y a les docteurs, il y a tout ça.
04:37Il faut voir qu'est-ce qu'on doit faire, qu'il n'y ait pas de pénurie,
04:42et surtout qu'il y ait un plafonnement du gasoil.
04:47Voilà.
04:47Aujourd'hui, on demande un plafonnement à 80 centimes.
04:51À 80 centimes, oui, c'est ça.
04:53Et qu'il y ait, parce que là aussi, j'imagine, je ne l'ai pas vu dans le détail,
04:56mais qu'il y a aussi beaucoup de taxes ou pas de la part de l'État ?
05:01Ben oui, mais il y a des taxes.
05:04Mais bon, nous, on paye un gasoil, il faut trouver des solutions.
05:09Je vais dire que c'est à l'État de nous faire des propositions
05:12en fonction de ce qu'on consomme tous les jours.
05:15Bon, donc vous attendez une réponse, vous avez envoyé un courrier au Premier ministre,
05:20vous attendez une réponse quand ?
05:22Et sinon, quand est-ce que vous ne reprendrez pas la mer ?
05:26Parce qu'aujourd'hui, vous le faites, quoi.
05:27Alors, concrètement, nous envoyons un courrier pour un entretien
05:35avec le Premier ministre et la ministre de la Pêche
05:39pour justement discuter, pour voir quelles solutions on peut trouver.
05:43J'insiste là-dessus.
05:46Tout le monde est mobilisé, tout le monde est tabou, tout le monde est tabou.
05:52Ça devient de plus en plus compliqué pour les marins comme pour les armateurs.
05:57C'est un contexte...
05:59Et si vous n'avez pas de réponse, est-ce que demain, après-demain,
06:03vous arrêterez d'aller en mer, Bernard Pérez ?
06:07Alors, nous nous réunissons en fin de semaine
06:10et nous prendrons les décisions en fonction des retours que nous avons d'ici la fin de la semaine.
06:15Voilà. Et avec les autres comités régionaux, ou pas aussi des pêches,
06:19je pense en fait au littoral atlantique de l'autre côté, à la Bretagne, etc.,
06:25à la Normandie, au Nord, est-ce qu'il y a des mouvements identiques ou pas ?
06:31Ce matin, je viens de voir qu'au Havre, il commençait à barrer.
06:36Voilà. Je pense que...
06:38Alors, nous allons être en contact.
06:40Je pense qu'on va se réunir tous nationalement.
06:44Voilà. Mais on va trouver des solutions, bien sûr, tous ensemble.
06:49Oui, bien sûr. Merci d'avoir été avec nous.
06:51Bon courage à vous, Bernard Pérez, président du comité régional des pêches.
06:55Maritime d'Occitanie, d'avoir été avec nous en direct ce matin sur Sud Radio.
06:59On comprend complètement la situation que vous vivez, bien sûr, qui est extrêmement difficile.
07:05Et on voit aussi, d'ailleurs, les conséquences sur les étals, bien sûr, aussi des prix.
07:10Et ce qui est tout à fait logique.
07:11Il est 7h20.
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