- il y a 2 jours
Avec Jean-Charles Bouchoux, psychanalyste, psychothérapeute, auteur de plusieurs livres et Julia Palombe, pour évoquer son spectacle, Fantaisy, le droit de fantasmer.
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00:00:0114h-16h, Brigitte Laé, Sud Radio.
00:00:04Bonjour à tous, nous allons passer ces deux heures ensemble sur Sud Radio,
00:00:08ce que les psychanalystes appellent troubles dissociatifs.
00:00:12Les psychiatres appellent ça déséquilibre neurochimique et les chamanes parasites énergétiques.
00:00:19Voilà, tout ça pour dire que c'est trois façons complémentaires de décrire le même phénomène.
00:00:25On va parler avec Jean-Charles Bouchoud de son prochain livre « Ces traumas qui nous possèdent » aux éditions
00:00:31Guy Très-Daniel.
00:00:33Et dans ce livre, Jean-Charles Bouchoud fait le pont entre science et spiritualité.
00:00:38Il va nous expliquer dans un instant tout cela.
00:00:40En tout cas, il nous rappelle souvent que nos traumas, nos expériences douloureuses durant l'enfance laissent des traces
00:00:46et que pour surmonter ces symptômes parfois tout à fait incompréhensibles,
00:00:50il faut revivre des expériences douloureuses pour enfin en venir à bout.
00:00:54Mais le problème, c'est que personne n'a réellement envie de souffrir, même s'il faut en passer par
00:00:59là.
00:00:59Et j'aime bien faire le parallèle avec la rééducation d'un membre.
00:01:02Vous savez, on a été immobilisé pendant des semaines parce qu'on s'était cassé la jambe
00:01:06et puis au début, ça fait franchement très très mal.
00:01:09Mais n'est-ce pas la seule solution pour retrouver une certaine liberté ?
00:01:13Donc acceptons ensemble, durant ces deux heures, de souffrir un peu pour mieux se connaître, pour se libérer.
00:01:19Et je vous invite à réagir, bien sûr, en nous appelant au 0 826 300 300.
00:01:24Et dans la deuxième heure, on recevra Julia Palombe qui nous parlera fantasmes.
00:01:28À l'occasion de son prochain spectacle, les fantasmes, ça parle aussi de nous de toute façon.
00:01:33Jean-Charles Bouchoux, merci d'être avec nous.
00:01:35Ce livre sort début mai, on peut déjà le précommander.
00:01:39C'est Traumas qui nous possèdent aux éditions Guitre et Daniel.
00:01:43Alors, oui, on a des traumas.
00:01:46Oui, Sommes-nous tous possédés ?
00:01:47C'était le titre que j'avais donné à l'origine à ce livre.
00:01:49Il a été modifié pour, comme vous l'avez bien dit, possédé par ses traumas.
00:01:54Je trouve que d'ailleurs, c'est un titre qui va peut-être mieux parler à tout le monde.
00:01:57Je pense aussi.
00:01:58Oui, oui, oui.
00:01:59Alors, ce qui s'est passé, c'est qu'une amie me dit, je me sens possédé.
00:02:03Le soir, au moment de m'endormir, je vois des visages qui viennent et qui m'attaquent.
00:02:08Elle me dit ça et je ne savais vraiment pas quoi lui répondre.
00:02:11Je lui dis, écoute, va voir un psychiatre.
00:02:13Elle me dit, non, si je vais voir un psychiatre, il va me prescrire des antipsychotiques et me transformer en
00:02:18légumes.
00:02:19Et là, j'avoue, je suis resté sans voix.
00:02:20Je ne savais pas quoi lui dire.
00:02:22Et puis, par la suite, ça m'a travaillé et j'ai eu besoin d'aller enquêter.
00:02:26Donc, je suis venu ici à Paris.
00:02:27Je suis allé à l'hôpital psychiatrique Sainte-Anne où j'ai rencontré un médecin psychiatre, généticien, à qui j
00:02:33'ai posé la question.
00:02:34Ensuite, de quoi ? J'ai rencontré des psychologues.
00:02:36On m'a parlé de traumatisme transgénérationnel qui se répète de génération en génération.
00:02:41On m'a parlé de...
00:02:43Oui, un secret de famille, par exemple, qui vient des arrières-grands-pères.
00:02:46Et qu'on ne connaît pas.
00:02:47Et qui nous travaille.
00:02:49Et qui nous possède.
00:02:50Une dissociation traumatique.
00:02:52Je peux avoir plusieurs personnalités à l'intérieur de moi qui peuvent me donner l'impression d'être possédées.
00:02:56J'ai rencontré un psychiatre qui supervise des curés...
00:03:03Comment ?
00:03:04Qui travaillent sur l'exorcisme.
00:03:05Exactement, des exorcistes.
00:03:07J'ai rencontré un chaman.
00:03:09J'ai rencontré...
00:03:10Voilà, plein de gens.
00:03:10Je suis même allé en Colombie rencontrer un chaman pour lui poser la question.
00:03:15Et à un moment donné, j'ai eu plein de réponses différentes.
00:03:18Et j'ai réalisé que dans tous les cas, on trouvait à l'origine un trauma.
00:03:23Parce que le chaman dit, c'est parce qu'il y a eu un trauma qu'il y a eu
00:03:25une brèche dans l'âme.
00:03:26Et c'est par cette brèche que vont entrer les parasites énergétiques.
00:03:29Le psychologue va nous dire, c'est un trauma infantile qui crée des...
00:03:35Donc c'est dissociation de l'ego.
00:03:39A chaque fois.
00:03:39Et donc, je propose à la fin du livre un travail tout simplement sur nos traumatismes.
00:03:43Mais c'est de ça dont nous allons parler, je crois, dans cette émission.
00:03:46Oui, on va plus particulièrement...
00:03:47Alors, vous êtes venu mardi déjà.
00:03:49Oui.
00:03:49On a eu des témoignages d'ailleurs qui allaient complètement dans le sens de ce que vous venez de dire.
00:03:54Aujourd'hui, on va peut-être plus aller vers, justement, les traumas de l'enfance, les blessures d'enfance.
00:04:00Mais bon, après tout, n'importe qui peut réagir si le sujet lui parle.
00:04:04Parce que je crois que ça parle à beaucoup de monde.
00:04:06Ce sont des traumatismes qui, souvent, s'inscrivent dans une répétition.
00:04:09Il y a un trauma d'origine.
00:04:11C'est celui-là qui est difficile à retrouver.
00:04:12Parce que souvent, à l'époque, on ne savait pas parler.
00:04:14Donc, on n'en a pas le souvenir pour pouvoir le dire.
00:04:17Qui va se répéter de façon à être travaillé.
00:04:20C'est intéressant.
00:04:21Comme si l'inconscient était conscient.
00:04:23Qu'il y avait quelque chose à travailler.
00:04:25Et qu'il nous envoie des situations pour nous obliger à travailler sur le trauma d'origine.
00:04:30Absolument.
00:04:30Mais moi, ce que je trouve vraiment intéressant, et j'ai hâte de lire votre livre, je sais qu'il
00:04:35va bientôt arriver,
00:04:37c'est qu'en fait, pendant longtemps, on aurait aimé que tout soit normal.
00:04:45Et dès que ça sort un peu de la normalité, pour ne pas utiliser le mot normal, justement,
00:04:51on a l'impression que la personne est folle.
00:04:53Et finalement, la folie, moi, j'aime bien dire que la folie, c'est quoi ?
00:04:59On est toujours le fou de quelqu'un, au fond.
00:05:00Oui, oui.
00:05:01Est-ce que la folie n'est pas le propre de l'homme ?
00:05:03Enfin, moi, je suis désolé, mais quand je regarde les dirigeants de ce monde,
00:05:06excusez-moi la folie, il n'y a peut-être pas besoin d'aller à Saint-Anne pour la trouver,
00:05:09quoi.
00:05:11Ne sont-ils pas fous ?
00:05:12Oui, en tout cas.
00:05:13De tous, moi, je ne veux pas faire de politique.
00:05:14Non, non, non, bien sûr, de tous les bords, bien sûr.
00:05:18Mais faut-il pas être fou, d'ailleurs, pour avoir envie d'être président d'un pays ?
00:05:22Parce qu'on n'a plus de vie, quoi, je veux dire, quelque part.
00:05:25Non, mais je crois que c'est vraiment important d'avoir cette ouverture d'esprit sur ce qu'est l
00:05:31'humain, je crois.
00:05:32Parce que l'humain, contrairement à l'animal, il ne vit pas que par la pulsion et l'émotion.
00:05:38Il a aussi un intellect qui, parfois, est un formidable atout.
00:05:44C'est grâce à l'intellect que, peut-être, aujourd'hui, on a pu aller sur la Lune, etc.
00:05:48A quoi ça sert, en fait ?
00:05:50Ça sert quand même par rapport à la médecine, par exemple.
00:05:53Je pense que c'est pas mal, toutes les découvertes...
00:05:55Qui ont été faites sur la Lune ?
00:05:56Non, non, qui ont été faites en médecine grâce à l'intelligence humaine.
00:06:00Avec la même somme d'argent qui a été dépensée pour aller sur la Lune, qu'est-ce qu'on
00:06:03aurait pu faire aussi ?
00:06:04Non, mais d'accord, mais il y a quand même des choses...
00:06:06Enfin, l'intelligence humaine a quand même fait des choses extraordinaires.
00:06:10Reconnaissons-le.
00:06:11On n'a jamais vécu aussi vieux, c'est grâce à la médecine, par exemple.
00:06:14On a inventé le chauffage central, moi je suis ravi de, quand je rentre chez moi, qu'il fasse chaud.
00:06:19Non, mais je veux dire, ne soyons pas négatifs.
00:06:23Mais en même temps, cette intelligence intellectuelle, si je puis dire,
00:06:28elle coupe parfois de notre intelligence émotionnelle et de nos ressentis corporels.
00:06:33Et c'est ça que vous avez envie de montrer, c'est que nos ressentis, nos émotions,
00:06:37parlent peut-être encore mieux de nous que notre intellect.
00:06:41Parce que nos mémoires les plus anciennes ne sont pas intellectuelles.
00:06:44Un nourrisson qui a peur, par exemple.
00:06:46C'est quoi peur ? Peur, le mot il ne connaît pas, il ne sait pas parler.
00:06:49Il vient de naître.
00:06:50C'est l'estomac se contracte, le dos se contracte peut-être, ou autre chose.
00:06:54En tout cas, les symptômes de sa peur sont les mêmes que celui de l'adulte.
00:06:58C'est ça. Et c'est ça qui va s'inscrire dans son corps.
00:07:01Et à un moment donné, l'inconscient, l'organisme, veut que ce soit vécu pour laisser partir.
00:07:07Le problème, c'est que pour éviter de ressentir, on a mis en place des mécanismes de défense.
00:07:11Et le jour où je vais être confronté à nouveau à ma peur,
00:07:14je vais mettre en place mes mécanismes de défense,
00:07:16et je ne vis pas mon trauma.
00:07:19Donc l'idée, c'est vivons nos traumas.
00:07:21Arriver à revivre sensoriellement nos traumas.
00:07:24C'est ce que proposait Luc Nicon, par exemple, avec la méthode Tipeee.
00:07:28Fermez les yeux, laissez évoluer les sensations.
00:07:31Mais Jean-Charles Bouchoux, moi, ça fait des années que je présente cette émission,
00:07:34et ça fait des années que j'essaye d'aider les gens à justement s'ouvrir à eux-mêmes pour
00:07:39aller mieux.
00:07:39Parce que finalement, moi j'aime bien cette phrase, d'ailleurs il était là hier, Michel Oudoul, qui est merveilleuse.
00:07:48Le médecin peut soigner, mais il n'y a que le patient qui peut guérir.
00:07:51Oui.
00:07:52Et c'est pareil, ce que vous dites.
00:07:53Oui, nous sommes témoins de la guérison du patient, mais on ne peut pas le guérir.
00:07:56On ne peut pas le sauver.
00:07:57Si le patient qui vient vous voir n'a pas envie de guérir, vous aurez beau être le meilleur praticien
00:08:02du monde,
00:08:03vous ne pourrez pas le guérir.
00:08:04Nous seuls avons le pouvoir de nous guérir.
00:08:08Mais pour ça, faut-il avoir envie de sortir de la plainte, sortir de ses symptômes ?
00:08:13Et être d'accord de rentrer dans le symptôme.
00:08:16C'est-à-dire, on avait eu l'image à une époque, je ne sais pas si vous vous en
00:08:19souvenez,
00:08:20le voyage du héros qui à un moment donné se présente devant son chemin,
00:08:23l'amène à se présenter devant une forêt, et la forêt est sombre,
00:08:26elle est habitée par des araignées, il va se faire dévorer, s'il rentre là-dedans.
00:08:29Alors évidemment, on aurait tendance à faire marche arrière, ben non.
00:08:32Il faut rentrer dans le symptôme et accepter de se faire dévorer.
00:08:35Cette amie qui voit des visages menaçants le soir, qu'elle appelle des jeans,
00:08:40il faut qu'elle accepte, qu'elle les accueille.
00:08:42Ok, visage, qu'est-ce que vous voulez ?
00:08:44Et puis qu'elle se mette sur son sensoriel et qu'elle accepte de vivre sa peur.
00:08:48C'est-à-dire, l'estomac se contracte, etc.
00:08:50Et elle comprendra pourquoi son visage était apparaissé, pour que justement elle dépasse son sens.
00:08:55Oui, peut-être qu'elle ne comprendra pas, mais elle en sera libérée.
00:08:59D'accord, d'accord, pourquoi pas.
00:09:01Bon, en tout cas, c'est de ça dont on va parler.
00:09:03Vous avez envie de parler de traumatisme d'enfance,
00:09:07vous avez envie de nous raconter quelque chose qui vous arrive,
00:09:10qui est bizarre, et que vous aimeriez vous en débarrasser.
00:09:15Avec Jean-Charles Bouchoux, peut-être que vous allez avoir la clé,
00:09:19la clé de votre vie, tout simplement.
00:09:23Jean-Charles Bouchoux, merci en tout cas.
00:09:25On va voir ce que nous racontent nos auditeurs.
00:09:28Et c'est dans un instant, Esther qui sera avec nous,
00:09:31qui a manqué d'hygiène quand elle était jeune.
00:09:34Et visiblement, il y a quelque chose qui l'a beaucoup marqué,
00:09:38et elle a envie de nous en parler.
00:09:4014h-16h, Brigitte Laé, Sud Radio.
00:09:43Avec Jean-Charles Bouchoux, pour la sortie de ce livre début mai,
00:09:48ces traumas qui nous possèdent aux éditions Guitre et Daniel.
00:09:52On commence avec vous, Esther, bonjour.
00:09:55Bonjour, Brigitte, bonjour Jean-Charles.
00:09:56Bonjour, Esther.
00:09:58Bonjour. Alors moi, aujourd'hui, j'ai tenu à participer à votre émission,
00:10:03parce que je vous adore et vous dites plein de vérités.
00:10:05Je vous ai écouté dans l'émission de mardi,
00:10:08et je me suis tellement retrouvée là-dedans.
00:10:10Bref.
00:10:11Vous avez eu raison d'appeler aujourd'hui.
00:10:13Ah oui.
00:10:14Voilà.
00:10:14Donc vous avez manqué d'hygiène quand vous étiez petite, c'est ça ?
00:10:17Oui.
00:10:17C'est terrible.
00:10:18J'ai eu des parents qui étaient très sales.
00:10:21Mais pour eux, ils n'étaient pas sales.
00:10:23Bah oui, j'imagine bien.
00:10:24C'était l'éducation, c'était...
00:10:25Voilà, bon, j'ai saigné mon temps à un an.
00:10:28Et du coup, c'était des gens de...
00:10:31Je ne sais pas.
00:10:32Pas trop d'éducation qui était analphabète,
00:10:34qui était assez repliés sur eux-mêmes.
00:10:37Et du coup...
00:10:38Oui, d'un niveau social sans doute très, très défavorisé, je suppose.
00:10:44Voilà, voilà.
00:10:45Et bon, moi j'entendais dire qu'on peut être pauvre et propre.
00:10:49Mais on était pauvres et sales.
00:10:52Donc voilà.
00:10:53Et il a fallu que j'attende longtemps avant de savoir ce que c'était l'hygiène.
00:10:56Bref, une fois, je vais à la danse classique.
00:11:00Et toute seule, parce qu'on ne nous accompagnait pas à l'époque,
00:11:02et je devais avoir 8 ans.
00:11:03Et là, je ne sais pas...
00:11:05Et j'étais installée à la première place parce que j'avais certaines capacités.
00:11:12Donc j'étais toujours devant.
00:11:13Et là, au moment où je m'installe à la barre,
00:11:17les filles se reculent et on me fait...
00:11:20Moi, je ne comprends pas.
00:11:21J'ai mis ce qui se passe et tout.
00:11:22Bien sûr, la prof, elle me dit...
00:11:24Mais qu'est-ce qui t'arrive, Esther ?
00:11:26Je ne comprends toujours pas ce qui m'arrive, moi.
00:11:28Mais en fait, je réalise que oui, je suis sale et que...
00:11:34On vous l'a dit ou vous l'avez réalisé toute seule ?
00:11:38Alors, j'avais occulté ce passage-là parce que j'étais vraiment bloquée là-dessus.
00:11:43Et c'est en rencontrant 25 ans après une fille qui était à la danse avec moi
00:11:49où j'avais honte, où j'étais...
00:11:51Je savais qu'il y avait cet épisode-là.
00:11:54Et quand je l'ai embrassée et qu'on s'est rapprochée,
00:11:57en fait, c'était elle qui sentait mauvais.
00:11:59Donc il y a eu juste ce retour de chose.
00:12:01Et quelque part, je la remercie.
00:12:03Parce que moi, j'étais très, très, très, très, très propre.
00:12:07On ne pouvait pas faire mieux.
00:12:08On pouvait manger par terre chez moi.
00:12:10D'accord.
00:12:11Donc vous avez pris le contre-pied assez rapidement.
00:12:17Adulte.
00:12:18Oui, bien sûr.
00:12:19On est un jeune adulte.
00:12:20Mais je veux dire, c'est pas mal.
00:12:21Parce que vous auriez pu garder cette habitude.
00:12:25Parce que l'odorat, c'est comme le reste.
00:12:27On s'habitue à des odeurs qui sont parfois désagréables pour d'autres.
00:12:32Mais qui sont les autres.
00:12:33Et je ne sais pas si mes parents ne sentaient pas.
00:12:35Surtout, ma mère ne sentait pas très bon.
00:12:37On ne s'habitue pas, je ne crois pas.
00:12:39En tout cas, moi, je ne me suis pas habituée.
00:12:40En tout cas, vous, visiblement,
00:12:42dès que vous avez pu être un peu autonome,
00:12:44vous êtes devenue très propre.
00:12:46Encore plus que ça.
00:12:47C'est-à-dire que quand ma mère ne lavait pas,
00:12:49elle ne faisait rien.
00:12:50Après, je ne la blâme pas.
00:12:51Et je ne la juge pas.
00:12:52Elle était dans une forte dépression.
00:12:54Elle était très ignorante.
00:12:57Elle a fait ce qu'elle a pu.
00:12:59Voilà.
00:12:59Au jour d'aujourd'hui, je ne suis pas sûr d'autre chose.
00:13:03Mais ça m'a...
00:13:04Ça m'a...
00:13:06Perdue pendant des années.
00:13:07Des décennies.
00:13:10Votre problème, c'était donc...
00:13:11Ça vous a perdu parce que vous étiez honteuse.
00:13:14Ah oui, honte de mon corps.
00:13:15Mais vous n'en connaissiez pas l'origine.
00:13:20Pas trop.
00:13:21Je ne comprenais pas.
00:13:22En plus, d'autres traumas sont venus se dériffés.
00:13:24Donc, il y avait comme une dissociation qui s'était faite par rapport à mon corps.
00:13:28Oui.
00:13:28Oui, d'accord.
00:13:30C'était terrible.
00:13:31Oui, c'est le cas de le dire, vous ne sentiez pas votre corps.
00:13:33Non, pas du tout.
00:13:35Pas du tout.
00:13:36Et le souci, c'est que j'ai essayé de me soigner, de m'aider.
00:13:40Après, j'étais peut-être mal tombée.
00:13:43J'étais en errance.
00:13:44D'accord.
00:13:45Mais vous aviez quand même pu faire de la danse.
00:13:47Quand même, pour faire de la danse, il faut être proche de son corps.
00:13:50Alors, après cette année-là, non.
00:13:52D'accord.
00:13:52Non, non.
00:13:53Je n'ai même pas fini l'année, je crois, ou quelque chose comme ça.
00:13:55Mais non, non, il ne fallait plus me parler de la danse.
00:13:57En tout cas, comme ça.
00:13:58Oui, mais parce qu'il y a eu le traumatisme des gens qui se sont éloignés de vous, moqués de
00:14:04vous, etc.
00:14:05Donc, du coup, vous avez stoppé les cours de danse, certainement parce que ça a été trop douloureux.
00:14:12Ce rejet brutal, en plus, sans que vous compreniez pourquoi.
00:14:17Non.
00:14:18C'est là où la prof, encore une fois, a manqué d'humanité.
00:14:22Parce qu'elle vous aurait pris à part et elle vous aurait expliqué.
00:14:25Ça aurait peut-être été un premier déclic pour vous.
00:14:29Enfin bon.
00:14:30Ah ben sûrement, sûrement.
00:14:32Et ça m'a perçue.
00:14:34Mais vraiment, si je n'avais pas du linge à laver tous les jours, c'était un problème.
00:14:37J'étais en panique.
00:14:39Et donc, vous quittez le domicile familial à quel moment, Esther ?
00:14:46Comme j'ai eu des parents, c'est spéciaux, très rapidement, à 18 ans et demi, dès que je n
00:14:51'ai plus, dès que je n'ai plus, je suis tombée avec le premier venu et je suis allée vivre
00:14:55avec lui pour quitter, justement.
00:14:57C'est ça, oui.
00:14:59Et là, quand vous quittez le domicile familial, vous vous retrouvez avec un homme, vous êtes propre ou vous êtes
00:15:05encore dans un manque d'hygiène ?
00:15:07Il sera propre et puis il est super maniaque.
00:15:10Oui, non, mais donc, si je comprends bien, vous êtes devenue propre dans votre famille alors que votre famille était
00:15:15sale.
00:15:16C'est ça.
00:15:17Et vous ne savez pas quel est le déclic ? Qu'est-ce qui vous a permise d'avoir cette
00:15:21conscience ?
00:15:23J'ai conscientisé ça à l'âge de 13 ans quand j'ai eu mes règles.
00:15:27Et que là, j'ai dit, non, ce n'est pas possible.
00:15:29Non, non, il faut que je vous lave.
00:15:31Et c'est là que j'ai commencé à me laver, à prendre un peu plus soin de moi.
00:15:33D'accord.
00:15:34Mais c'est vrai que les règles, j'imagine que votre mère vous n'avait pas prévenue ?
00:15:39Non, pas trop.
00:15:40Enfin, heureusement, j'ai eu une grande soeur.
00:15:41Oui, et votre grande soeur quand même, vous avez prévenue ?
00:15:43Parce que ça, ça peut être aussi très traumatisant pour une gamine tout d'un coup d'avoir...
00:15:49Et votre grande soeur, elle était propre aussi ?
00:15:51Elle avait compris aussi ?
00:15:52Ah, pareil.
00:15:53Oui, oui, après, on est devenu propre toute seule.
00:15:56Oui, voilà.
00:15:59Et en plus, c'est vrai qu'on a beau dire, quand on a ses règles, si on ne se
00:16:03lave pas beaucoup, ça sent quand même assez fort.
00:16:05Ah, oui, oui.
00:16:06Et alors, pour l'anecdote, on va dire ça comme ça, souvent, on sent, nous les femmes, on sent une
00:16:13certaine odeur du sexe, à certains moments de la vie, enfin voilà.
00:16:17Et moi, c'était ma hantise, quoi, forcément.
00:16:19Oui, oui.
00:16:19Et je sentais, j'avais essayé des médicaments, ça ne fonctionnait pas, et le jour où j'ai dit stop,
00:16:25j'avais plus d'odeur.
00:16:27Ah.
00:16:28Oui, c'est-à-dire que ce qui est terrible, c'est qu'à un moment donné, on prend en
00:16:32grippe toute odeur, alors qu'en fait, les odeurs, il ne faut pas non plus, il y a des odeurs
00:16:39féminines qui ne sont pas négatives, mais j'imagine bien qu'on prend tout en grippe.
00:16:44Ah oui, c'était insoutenable aussi, il y avait un moindre odeur, ce n'était pas possible.
00:16:50Donc ça vous ramenait à votre enfance, ça vous ramenait à votre famille, et ce qui avait causé ce trauma
00:16:55auprès de vos copines.
00:16:57De mes parents, j'avais honte, c'était sale. Mes parents étaient sales. Donc j'avais honte, c'est toute
00:17:04mon enfance, adolescence, jeune adulte, j'avais honte. Donc ça renvoyait à chaque fois à ça.
00:17:10Et aujourd'hui, vous en êtes où avec ça ?
00:17:12Alors après, plus de 20 ans d'errance psychologique, de thérapeute, ou vraiment, et comme vous le disiez, je ne
00:17:21sais plus quand, qu'on se complète, qu'on se conforte dans un fonctionnement de victimisation, comme dirait ma fille,
00:17:28à se perdre là-dedans, puisque moi j'avais une mère de très très victime, donc inconsciemment, j'étais très
00:17:34victime, très, voilà, je cherchais toujours, mais je cherchais une issue aussi,
00:17:39sauf que je n'arrivais pas à la trouver, et j'ai eu un cancer du sein, donc il y
00:17:46a un avant et un après.
00:17:49Et là, j'ai compris que j'étais en errance psychologique, et puis je me suis rapprochée de l'MDR,
00:17:53et j'ai dit là, c'est terminé.
00:17:56Où ça, ça fonctionne, et très bien, où ça ne fonctionne pas, je lâche tout, et je me débrouille, et
00:18:02ça a marché.
00:18:03Je suis venue revivre ces moments-là, très difficiles, très douloureux, avec l'OMDR, et finalement, pour la première fois
00:18:11de ma vie,
00:18:12j'ai vraiment pleuré pour ça, je ne sais pas trop comment expliquer mon état, il se trouve qu'avant,
00:18:19je pleurais par sidération,
00:18:20par fatigue, par ras-le-bol, par... j'étais perdue. Là, j'ai vraiment pleuré mon émotion.
00:18:27Mais là, je crois que Jean-Charles Bouchoux, vous avez une explication.
00:18:30Oui, je suis tout à fait d'accord, parce que nos traumas, ce sont des répétitions. Il faut bien entendre
00:18:36ça.
00:18:38Un trauma complexe, c'est quelque chose qui se répète. Si quelqu'un est violent un jour avec nous, ça
00:18:44ne crée pas un traumatisme.
00:18:45Mais s'il y a répétition, ça crée un traumatisme. Donc je crois que derrière l'odeur, ou derrière la
00:18:51saleté, se cache quelque chose.
00:18:53Parce qu'on peut aussi, enfin moi, quand j'étais gamin, j'avais des grands-parents qui vivaient à la
00:18:58campagne,
00:18:58on ne se lavait pas beaucoup, eux non plus. Ça ne m'a jamais posé aucun problème.
00:19:03Peut-être que les garçons aiment moins se laver que les filles, j'en sais pas, et puis j'étais
00:19:06petit.
00:19:07Vous voyez ? Donc derrière le problème de la saleté et de l'odeur, vous avez caché quelque chose d
00:19:11'autre.
00:19:12Il y a un trauma antérieur, il y a quelque chose à entendre.
00:19:14Mais ce qui est très beau, c'est que vous dites, je l'ai pleuré, mon émotion. Donc vous l
00:19:18'avez vécu.
00:19:19Oui.
00:19:20Parce que, étonnamment...
00:19:21Oui, mais il y avait certainement de la maltraitance, de toute façon.
00:19:24Ah, c'est la non-bientraitance. C'est pareil que la maltraitance.
00:19:27Oui, enfin, on imagine bien que...
00:19:29Et puis votre mère était dépressive, vous avez dit.
00:19:31Oui.
00:19:32Et encore une fois, un parent dépressif est incapable d'amour.
00:19:36Puisqu'un dépressif est autocentré.
00:19:39Et il ne voit pas le monde qui l'entoure.
00:19:40Alors l'enfant se dit, ah, mon parent ne m'aime pas, je l'avais déjà dit mardi, donc je
00:19:45ne suis pas aimable.
00:19:47C'est tout à fait ça.
00:19:48Oui.
00:19:49C'est tout à fait ça. C'est incroyable.
00:19:51Mais c'est fou, parce que ça fait 20 ans que j'étais en errance d'avoir trouvé une issue.
00:19:58Mais personne ne m'a jamais dit ça.
00:20:00Et on met ça sur le coup de la saleté et de l'odeur, qui en réalité cachent l'absence
00:20:08d'amour du parent.
00:20:10Donc je ne suis pas aimable.
00:20:11Et je ne suis pas aimable. Pourquoi ? Parce que je sens mauvais ou parce que je suis sale.
00:20:14Donc je vais me laver, je vais me laver encore et je vais me laver encore.
00:20:16Et ça devient une obsession.
00:20:17Oui.
00:20:18Et cette obsession, elle est là pour vous éviter de ressentir.
00:20:21Oui.
00:20:22Donc moi, si j'étais votre thérapeute, je dirais, vous sentez mauvais, fermez les yeux.
00:20:26Ça fait quoi dedans ?
00:20:27Ça fait quoi dedans ?
00:20:29Et là, vous voudriez votre trauma qui n'a rien à voir avec l'odeur et la propreté.
00:20:33Ou la saleté.
00:20:35En fait, si j'ai bien compris,
00:20:38tous les traumas qu'on a pu avoir, quels qu'ils soient, c'est lié à l'amour.
00:20:43À l'amour, vous avez dit ?
00:20:45Oui.
00:20:46C'est intéressant.
00:20:47Moi, j'aurais dit à la mort, mais bon.
00:20:49C'est-à-dire, en tant qu'enfant, Esther, on a besoin d'amour et de sécurité.
00:20:56Et vous n'avez pas connu ça.
00:20:57Et vous n'avez pas connu ça.
00:20:58Donc vous avez été totalement malmené.
00:21:03Et en effet, les mauvaises odeurs sont un petit peu la poignée de la valise.
00:21:10Sauf qu'il faut, à un moment donné, en effet, ouvrir la valise.
00:21:13C'est l'arbre qui cache la forêt.
00:21:15Oui, exactement.
00:21:16Mais vous avez avancé.
00:21:18Il n'y a pas de souci.
00:21:20Oui, mais c'est récent, là.
00:21:22Je parle de semaine, là.
00:21:24Ce n'est pas grave.
00:21:25Ce qui est important, c'est l'instant.
00:21:27Ça y est.
00:21:28Vous avez...
00:21:29Non, mais c'est super.
00:21:30Oui, je suis très contente.
00:21:31Voilà.
00:21:31En pleine.
00:21:32Bon.
00:21:34Écoutez, il va falloir juste vous réconcilier avec les odeurs.
00:21:38Oui, c'est ça.
00:21:39Et à partir de ce moment-là, la boucle sera bouclée.
00:21:42C'est ça.
00:21:44Merci beaucoup.
00:21:44En tout cas, merci pour vos émissions.
00:21:46Je vous en prie.
00:21:47Merci, Esther, d'y participer.
00:21:48On va faire une petite pause.
00:21:50Je vous propose un love conseil.
00:21:51On va faire un week-end politique de couple.
00:21:55Rassurez-vous, on ne va pas parler de politique, Jean-Charles Bouchoux.
00:21:58Et puis, dans un instant, on donnera la parole à Carole,
00:22:01qui a aussi eu une enfance difficile avec des parents particuliers.
00:22:04Elle nous raconte dans un instant.
00:22:06Brigitte Lae et Sud Radio, le love conseil.
00:22:10Eh bien, Jean-Charles Bouchoux, je vais vous parler d'un week-end politique
00:22:13qui serait une belle manière de communiquer dans le couple.
00:22:17Alors, on ne va pas parler politique et obliger son partenaire à dire pour qui il va voter.
00:22:22Ça reste secret, rappelons-le.
00:22:25Mais plutôt de discuter de la manière dont vous gérez votre vie de couple.
00:22:28Et après tout, un couple, c'est comme un tout petit pays.
00:22:33Et peut-être que si chacun de votre côté vous proposez qui est ministre des Finances,
00:22:41ministre de la Santé, de l'Éducation, du Sport, de la Défense,
00:22:46et bien sûr ministre des Loisirs,
00:22:49eh bien, ça permettrait d'être plus clair.
00:22:51Parce que parfois, j'ai remarqué que dans les couples,
00:22:54il y a des disputes pour des choses bêtes parce que ça n'a pas été réglé.
00:22:59Personne ne sait qui doit vraiment faire le ménage du salon,
00:23:03qui doit sortir les poubelles, qui doit sortir le chien,
00:23:06qui doit aller chercher des enfants à l'école.
00:23:09Et quand les choses sont bien décrites, discutées dans un couple
00:23:13et que chacun a son ministère,
00:23:15eh bien, ça évite bien des conflits, bien des disputes inutiles.
00:23:20Et donc, c'est une belle manière de choisir un petit peu
00:23:23comment vous allez gérer votre vie de couple.
00:23:26Et peut-être que même si vous avez l'impression que ça s'est bien géré,
00:23:29peut-être que ça vaut le coup d'en parler un petit peu ce week-end.
00:23:33Qui fait quoi ?
00:23:34Et on organise ensuite des conseils de ministre ?
00:23:36Pourquoi pas, de temps en temps.
00:23:38Peut-être pas toutes les semaines,
00:23:39mais une fois par mois, un petit conseil de ministre, ça peut être bien.
00:23:42Dis donc, c'était toi le ministre de la Cuisine
00:23:44et franchement, le réfrigérateur, il était un peu vide cette semaine.
00:23:50Ça ne va pas, ça ?
00:23:51Voilà, donc c'est une fête.
00:23:52Encore une fois, c'est une manière un peu concrète de communiquer.
00:23:56Parce que c'est toujours le même problème dans les couples.
00:23:58On a tendance à ne pas trop savoir communiquer réellement.
00:24:01Ce n'est pas parce qu'on parle qu'on communique, rappelons-le.
00:24:05Voilà.
00:24:06Et puis, là, c'est le ministre des Jeux Coquins
00:24:12qui va peut-être vous intéresser.
00:24:15Puisqu'avec Passage du Désir et Sud Radio,
00:24:17vous pouvez aujourd'hui gagner encore ce pack sensuel Petit Jeux Coquins.
00:24:23C'est donc un pack avec plusieurs objets, dont un jeu, un jeu coquin, évidemment.
00:24:30Mais il y a également un massage, une huile de massage gourmande et chauffante
00:24:35et une plume de massage qui est une sorte de plumeau tout rouge.
00:24:39Voilà, donc c'est assez riche ce coffret.
00:24:42Et si vous avez envie de le gagner, vous envoyez par SMS Brigitte au 7-20-18.
00:24:47Nous aurons notre gagnant en fin d'émission.
00:24:49Et nous continuons avec Carole. Bonjour Carole.
00:24:53Oui, bonjour Brigitte.
00:24:56Contente de passer à l'antenne.
00:24:58Merci Carole.
00:24:59Donc vous avez eu une enfance difficile et vos parents étaient particuliers, c'est-à-dire ?
00:25:06Je pense qu'ils étaient particuliers.
00:25:08Ils étaient toxiques, en fait.
00:25:10Donc ça pouvait être des gens adorables qui pouvaient rire.
00:25:17Moi, j'avais beaucoup de rigolade avec mon père et tout, étant jeune, même encore maintenant.
00:25:22Et pourtant, malgré ces terrières, ils avaient tous les deux des casseroles qu'ils ont encaissées dans leur enfance.
00:25:35Et ils se sont très très bien trouvés.
00:25:39Ils ont reproduit un petit peu le même schéma, c'est-à-dire un manque d'affection énorme.
00:25:46Et donc tous les deux, il y avait une jalousie réciproque, en fait, une jalousie.
00:25:55Donc on a vécu un petit peu dans le...
00:25:58On ne laisse pas quelqu'un tout seul.
00:26:02On impose...
00:26:03Il fallait être là.
00:26:04Sinon, si tu n'étais pas là, c'était très grave.
00:26:08Jalousie maladive, un peu, qu'ils avaient l'un envers l'autre.
00:26:11Et donc ça se manifestait par de la violence.
00:26:16Mais de la violence entre eux ou envers vous ?
00:26:20Alors, entre eux, mais devant nous, quoi.
00:26:23Donc la violence physique.
00:26:25Qui est aussi de la violence.
00:26:27Une violence envers les enfants.
00:26:28Mais ce n'est pas tout à fait la même violence.
00:26:31Mais c'est en effet traumatisant aussi, bien sûr.
00:26:34C'est traumatisant.
00:26:35Il y en a eu deux, il y en a eu deux, ma soeur et mon frère,
00:26:41qui ont déjà eu beaucoup, beaucoup de violence verbale.
00:26:46Des insultes, des propos un petit peu sur leur personne insultant.
00:26:55Et tu ressembles à ton père.
00:26:57Tu es aussi con ton père.
00:26:59Enfin voilà, des propos comme ça tout le temps.
00:27:01Et moi, j'étais la dernière des quatre.
00:27:05Et donc j'ai un peu subi tout...
00:27:10Enfin, j'étais un peu le fruit, le dernier fruit de leur vie, quoi.
00:27:19Et vous pensez que...
00:27:21Parce qu'en général, ce n'est pas forcément le pire d'être la dernière.
00:27:26Mais vous pensez que ça a été le plus dur pour vous ?
00:27:29Alors non.
00:27:30Moi, je ne dirais pas que ça a été le plus dur.
00:27:32Je pense que je suis la plus lucide.
00:27:35Peut-être la plus lucide et celle qui a...
00:27:37Parce que ce qui est souvent le cas dans des familles comme ça,
00:27:40totalement dysfonctionnelles, et on en doute point dans ce que vous nous racontez.
00:27:45En général, les aînés prennent un petit peu soin des plus petits.
00:27:50Donc c'est possible.
00:27:50Quand il y a une dispute, c'est partagé.
00:27:53Quand vous êtes tout seul, c'est vous qui le subissez tout seul.
00:27:56Quand il y a quatre frères et sœurs, c'est partagé entre tous.
00:27:59Donc ça peut être moins violent, surtout vers le plus jeune.
00:28:03Alors les disputes et la violence physique, c'est moi, je crois, qui le gérit le moins possible.
00:28:10J'ai été jusqu'à m'entuire la nuit, ou le soir très tard chez la voisine, tellement que j
00:28:15'avais peur.
00:28:17Ma sœur arrivait à les séparer.
00:28:19Mes deux frères étaient un petit peu, voilà, un petit peu laissés faire.
00:28:25Enfin, il est un peu distant, quoi.
00:28:29Oui, mais, vous voyez, encore une fois, je dis ça, c'est peut-être plus pour ceux qui nous écoutent,
00:28:34parce que vous, de toute façon, vous avez vécu cette romance, il n'y a pas de doute.
00:28:37Mais le fait que vous arriviez à vous enfuir et aller vous réfugier ailleurs,
00:28:42c'est déjà un signe que, quelque part, vous étiez un petit peu plus capable d'analyser ce qui se
00:28:50passe.
00:28:51C'est possible, c'est possible parce que...
00:28:54Et de vous protéger, du coup, parce que c'est...
00:28:57Et il y a eu des répétitions, ensuite, dans votre vie d'adulte ?
00:29:01Ah oui, ça a été très grand.
00:29:03Ça a été ma première relation amoureuse, parce que j'ai dû partir en foyer.
00:29:09J'ai fait une demande pour partir en foyer, parce que, pour lui, c'était inconcevable qu'on puisse avoir
00:29:17un copain,
00:29:18tellement que c'était très malsain.
00:29:21Tout était sale, en fait.
00:29:23Tout était sale, donc...
00:29:25Si on avait un copain, on allait être salués et on allait devenir des prostituées.
00:29:32Enfin, c'était impressionnant.
00:29:34Donc, suite à ça, j'ai dû partir en foyer par peur, pour me protéger.
00:29:40On vous a placé en foyer, donc...
00:29:43Par ma demande.
00:29:44Oui, oui, bien sûr.
00:29:45C'est moi qui ai demandé.
00:29:46Mais enfant ou jeune adulte ?
00:29:49Jeune adulte.
00:29:49J'avais presque 15 ans, quand j'ai fait la demande.
00:29:53À l'âge où on commence à sortir, où on commence un peu à fréquenter, et là, ça a été...
00:29:59Oui, vous êtes sauvé, mais ça paraît fou, d'ailleurs, qu'on...
00:30:07C'est une relation incestuelle, quand les parents exagèrent sur cet aspect.
00:30:12Je ne veux pas que tu fréquentes personne en dehors du foyer.
00:30:15Donc, il s'intéresse à la sexualité, ce qui peut être normal aussi quand on a des enfants,
00:30:19mais d'une façon malsaine.
00:30:21Oui, c'est ça.
00:30:22Et il veut vous garder pour lui.
00:30:25Voilà, c'était...
00:30:27Tu les laisses traîner, elles vont revenir pleines.
00:30:30Voilà, il parlait comme ça, quoi.
00:30:31Oui.
00:30:32Mais justement, ce qui nous intéresse, Carole,
00:30:35est-ce que dans votre vie d'adulte, justement, vous avez vécu des choses difficiles ?
00:30:42Vous avez choisi des partenaires toxiques ?
00:30:46Comment ça s'est répété, si vous voulez ?
00:30:48Puisque c'est un peu ce qu'on essaye de démontrer grâce à Jean-Charles Bouchoux
00:30:52et à son livre, ces traumas qu'il nous possède.
00:30:57Ma première rencontre amoureuse au foyer, c'était quelqu'un qui était à la rue,
00:31:03qui vivait un peu...
00:31:04Et très attentionnée, je suis très vite tombée amoureuse.
00:31:10Il me gâtait, j'avais mes petits gâteaux, mes petites fleurs, mes petits trucs.
00:31:14Et j'ai été avertie, j'ai été avertie très vite par le directeur du foyer qui le connaissait
00:31:21et qui m'a dit, ne va pas dans ce truc-là parce que tu vas très vite.
00:31:30Tu vas souffrir, oui.
00:31:31Voilà.
00:31:32Et puis c'est ce qui s'est passé.
00:31:33Je l'ai assisté, je suis restée.
00:31:35Et puis le jour où j'ai eu le choix d'aller en...
00:31:41Oui, mais ça s'est répété plusieurs fois, j'imagine, donc des rencontres qui n'étaient pas les bonnes.
00:31:48Oui, alors là, ça s'est produit, où j'ai vécu des violences physiques assez fortes.
00:31:53Et c'est mon père qui est venu me clover.
00:31:57Et aujourd'hui, vous avez fait un travail, vous allez mieux ?
00:32:01Oui.
00:32:02Oui.
00:32:03Ça va beaucoup mieux.
00:32:04Après, j'ai choisi quelqu'un de gentil pendant 16 ans, mais trop, trop gentil parce que je me suis
00:32:12couverte et je me suis protégée.
00:32:14Je n'ai pas été amoureuse du tout.
00:32:16C'est plus de la protection.
00:32:18Et c'est revenu dix ans après, où là, j'ai refusé une rencontre de quelqu'un pareil, toxique.
00:32:27Oui, donc là, on voit bien avec le témoignage de Carole que malheureusement, il n'y a peut-être pas
00:32:32encore besoin de travailler.
00:32:34Mais la répétition n'est pas toujours là où on le croit.
00:32:36C'est assez difficile de l'entendre.
00:32:38Je vous avais déjà donné un exemple.
00:32:40C'est ce garçon qui, comme Carole, voit ses parents se taper dessus.
00:32:45D'accord ?
00:32:46Que peut vivre le tout petit enfant ?
00:32:47Certainement, il aimerait sauver son père ou sa mère.
00:32:50Je ne sais pas, c'est généralement la maman, j'imagine.
00:32:53Mais en même temps, il est trop petit, il a peur, donc il ne fait rien.
00:32:56Qu'est-ce qu'il ressent à l'intérieur de lui ?
00:32:58Peur et lâcheté.
00:33:00Et dans son histoire, qu'est-ce qui va se passer ?
00:33:02Il va répéter, non pas ça, il va répéter qu'il se fait souvent agresser et toujours, il en ressort
00:33:07victorieux.
00:33:08Donc, il va démontrer son courage et son absence de peur.
00:33:13Mais le trauma qui est enfui à l'intérieur, c'est peur et lâcheté.
00:33:16Donc, quand on va faire un travail de revécu sensoriel, ce n'est pas facile.
00:33:19Mais on va essayer de revivre la peur et la lâcheté.
00:33:22Et c'est ça qui demande à réémerger.
00:33:24Comme tout à l'heure, quand on nous parlait de j'étais sale, ou je sentais mauvais.
00:33:29En réalité, c'est je ne sens pas l'amour de maman.
00:33:32Et c'est ça qui demande à être revécu.
00:33:35Et d'ailleurs, on voit bien, par exemple, les personnes qui manquent d'estime d'eux-mêmes,
00:33:38comment ils en rajoutent pour montrer qu'ils sont vraiment quelqu'un de très très bien.
00:33:41Tant qu'ils sont dans ce rajout-là, ils n'avanceront pas.
00:33:45Ils sont dans l'évitement.
00:33:46Ils sont dans l'évitement d'améliorer leur estime d'eux-mêmes.
00:33:49Et c'est pour ça qu'on dit souvent, c'est tout blanc ou c'est tout noir.
00:33:52C'est-à-dire, c'est l'un ou l'autre.
00:33:53Ça s'appelle le clivage.
00:33:54C'est quand on veut continuer d'aimer un parent qui se comporte mal.
00:33:58On est obligé de se couper en deux.
00:34:00Mais oui, c'est mon parent, donc je l'aime.
00:34:01Mais en même temps, il se comporte mal, donc je ne l'aime pas.
00:34:04Et les deux réalités arrivent à cohabiter à l'intérieur de soi.
00:34:07Toute la complexité de la nature humaine.
00:34:09Merci en tout cas, Carole, de votre témoignage.
00:34:11On continue dans un instant avec Séléna qui va nous raconter également son enfance un peu difficile.
00:34:23Jean-Charles Bouchoux est avec nous.
00:34:25Vous êtes psychanalyste, psychothérapeute.
00:34:28Vous aimez beaucoup libérer les gens de leur trauma.
00:34:30À tel point que vous avez mené cette enquête avec ce livre que j'attends avec impatience.
00:34:35C'est le trauma qui nous possède.
00:34:37C'est nos éditions.
00:34:38Guittré-Daniel, vous pouvez même déjà le précommander si vous voulez.
00:34:42Et vous reviendrez nous en parler la veille, le 6 mai, c'est promis.
00:34:45Parce que justement, nos traumas, on les a.
00:34:50Et on a des tas de symptômes qui font qu'on ne va pas bien.
00:34:55Et c'est parce qu'on va accepter de ressentir réellement ce qu'on a vécu quand on était enfant
00:35:03et qu'on a été traumatisé.
00:35:04Qu'on va pouvoir se libérer justement de tout ce qu'il nous possède.
00:35:11Séléna est avec nous.
00:35:12Bonjour.
00:35:13Oui, bonjour Brigitte.
00:35:15Bonjour Jean-Charles Bouchoux.
00:35:16Bonjour Séléna.
00:35:17Oui, je suis ravie d'être avec vous parce que c'est un sujet quand même relativement préoccupant.
00:35:23On vous écoute, allez-y.
00:35:25Oui, moi j'ai eu une enfance un peu, on va dire, traumatisante sur plein de sujets autres que celui
00:35:31-ci.
00:35:31Mais on va aborder celui-ci.
00:35:33Donc je pense que je n'ai pas ressenti de l'amour de la part de mes parents.
00:35:39Bon, un père absent au niveau d'éducation et donc ne montre pas ses sentiments.
00:35:44Ma mère, très occupée à son travail, etc., ne montrant pas ses sentiments non plus, n'a pas le temps,
00:35:51etc.,
00:35:51toujours balotté à droite à gauche.
00:35:54Et je pense que ça me poursuit justement.
00:35:57J'ai toujours ce sentiment d'être abandonnée si je ne suis pas dans un amour exclusif quand je suis
00:36:02en couple.
00:36:03Et ça, ça me pose problème parce que je ne sais pas comment gérer cet excès.
00:36:08Je demande beaucoup à l'autre.
00:36:11On pourrait dire que vous êtes dans une sorte de dépendance amoureuse ?
00:36:14Oui, complètement, oui, oui, oui.
00:36:17Là, je ne suis pas en couple depuis trois ans, mais jusque-là, oui, oui, dépendance amoureuse, oui, complètement, oui.
00:36:23On avait envisagé tout à l'heure la blessure de rejet.
00:36:27Celui qui est victime d'une blessure de rejet, il dit à quoi bon ?
00:36:29Et ça peut donner des personnes suicidaires.
00:36:31À quoi bon continuer ? Ce n'est pas très intéressant.
00:36:33Alors que vous êtes dans une blessure d'abandon.
00:36:37Et dans la blessure d'abandon, il y a au moins un avantage, c'est qu'on est des mendiants
00:36:41de l'amour.
00:36:42On veut absolument que tout le monde nous aime.
00:36:45Mais ça, c'est du côté de la vie malgré tout.
00:36:48Vous avez choisi de vivre, vous voyez ?
00:36:50Oui, bien sûr, bien sûr.
00:36:51Oui, oui.
00:36:53Mais j'ai quand même toujours...
00:36:57Je voulais toujours que ma mère me voie.
00:37:00Donc je suis quelqu'un qui parle fort, qui rit.
00:37:04Alors je suis la joie de vivre, j'adore faire plein de choses.
00:37:08Mais c'est vrai que j'ai du mal à me contenir, de rechercher toujours le regard de l'autre.
00:37:14Et c'est pénible.
00:37:15Mais est-ce que dans vos histoires de couple, ça vous a joué des tours ?
00:37:19On vous a quitté à cause de cette dépendance ?
00:37:22Non, c'est moi qui ai quitté à chaque fois, certainement dans la peur d'être abandonné.
00:37:26Ça, c'est possible.
00:37:27On vous a abandonné avant d'être abandonné.
00:37:29Bien sûr.
00:37:32Mais parce que vous êtes très déçue, vous êtes très déçue parce que vous avez un puissant fond qui ne
00:37:38peut pas se remplir.
00:37:39Et donc à un moment donné, vous êtes forcément déçue puisque vous attendez tout de l'autre.
00:37:44Il ne vous donne même pas le dixième de ce que vous attendez.
00:37:48Et c'est pour ça que vous partez ?
00:37:55Oui, oui.
00:37:56Exclusive, c'est-à-dire que vous êtes fidèle ?
00:38:00Oui, bien sûr, bien sûr.
00:38:01Je veux que l'autre aussi soit fidèle.
00:38:05J'aimerais que la personne en face ne soit aussi.
00:38:08Moi, je suis fidèle.
00:38:09Oui, sans problème.
00:38:10Bien sûr, je serai fidèle.
00:38:12Mais c'est vrai que je demande peut-être beaucoup à la personne en face et elle ne peut pas
00:38:16me donner autant que moi.
00:38:16Vous demandez beaucoup de preuves, beaucoup de preuves d'amour ?
00:38:20Voilà, beaucoup de preuves d'amour et je veux toujours passer avant les autres.
00:38:25Je vais vous redire la même chose que j'ai dit à la personne précédente.
00:38:29Si notre parent est dépressif ou trop occupé dans son travail,
00:38:35sûrement le fait d'être trop occupé dans son travail peut cacher une dépression,
00:38:38l'enfant ne sent pas l'amour de son parent et il se dit « donc je ne suis pas
00:38:41aimable ».
00:38:42Oui, c'est ça.
00:38:43Voilà.
00:38:44Et c'est pour ça que vous êtes tout le temps à la recherche de preuves d'amour.
00:38:46Parce que si je ne suis pas aimable, je risque bien d'être abandonné.
00:38:48Et si je suis abandonné, dans ce monde, un tout petit ne survit pas.
00:38:52Mais est-ce que vous vous aimez, Séléna ?
00:38:54Oui.
00:38:55Moi, je pense que oui.
00:38:56Voilà, c'est-à-dire qu'à un moment donné, ne plus avoir besoin de la preuve d'amour.
00:39:01Comprenez que ce n'est pas que vous n'êtes pas aimable,
00:39:03c'est que votre parent était incapable de montrer son amour.
00:39:06Vous n'êtes pas responsable de ça.
00:39:07Vous n'y êtes pour rien.
00:39:08Oui.
00:39:09C'est ça qu'à un moment donné, il faut vraiment comprendre.
00:39:12On n'y est pour rien si notre parent était violent,
00:39:14si notre parent ne nous aimait pas, si notre parent était absent.
00:39:19Et on n'y est pour rien.
00:39:20Mais en revanche, ça a créé un vide, un besoin qui n'a pas été rempli.
00:39:28Et c'est vrai que ces besoins qui n'ont pas été assouvis par nos parents
00:39:32créent des blessures, ce qu'on appelle les blessures d'enfance.
00:39:36Oui.
00:39:36Mais à un moment donné, ces blessures d'enfance, je ne crois pas qu'on les guérisse.
00:39:40Mais on peut les colmater.
00:39:42C'est ça, c'est ce que je me dis.
00:39:43Je me dis, j'ai pardonné à mes parents.
00:39:46Ils sont décédés, les deux.
00:39:47J'ai pardonné à mes parents.
00:39:49C'est sûr que j'ai un travail sur moi.
00:39:51Ils ne pouvaient pas faire autre chose.
00:39:53Alors, je précise, moi j'aime bien faire cette différence.
00:39:55On doit pardonner à nos parents qui nous ont donné la vie
00:39:58et qui n'étaient pas des parents parfaits.
00:40:00Donc, ok, on pardonne.
00:40:02Mais on n'est pas obligé de leur pardonner
00:40:06les mauvais traitements qu'ils nous ont faits.
00:40:09D'accord.
00:40:10Oui, moi je l'ai fait quand même.
00:40:12Ben non, parce que je veux dire...
00:40:14Moi je comprends votre hésitation.
00:40:16Parce que derrière le mot pardon, on peut voir plein de choses.
00:40:18Le pardon, ça peut être du déni.
00:40:20Oui, le pauvre il a souffert ou la pauvre elle a souffert.
00:40:22Donc je comprends, donc je pardonne.
00:40:23Mais en réalité, on n'a rien pardonné du tout.
00:40:25On a fait comme on disait tout à l'heure le fameux clivage.
00:40:27D'un côté la colère et de l'autre côté l'amour.
00:40:30Mais il y a quand même des personnes qui, après un processus,
00:40:33arrivent réellement à un pardon.
00:40:35Et le pardon est quelque chose de vraiment important malgré tout.
00:40:39Si on veut pouvoir faire le deuil,
00:40:40le deuil de son enfance maltraitante,
00:40:43le deuil de ses parents qui sont partis.
00:40:45Et puis ce parent qui n'a pas été su...
00:40:46Alors, vous n'avez pas été maltraité,
00:40:48mais vous n'avez pas été suffisamment bien traité,
00:40:50ce qui est une forme de maltraitance malgré tout.
00:40:53Oui, oui, oui.
00:40:55En pardonnant vos parents, vous pouvez passer à autre chose.
00:40:58Et en comprenant que vous n'êtes pas responsable
00:41:00de l'absence d'amour de votre parent,
00:41:02vous pouvez...
00:41:04Ben oui, comme vous disiez tout à l'heure,
00:41:05vous aimez vous-même.
00:41:06C'est-à-dire être autosuffisante.
00:41:08Je suis d'accord avec cette chose.
00:41:10Oui, oui.
00:41:11Moi, je pense que d'abord, là, je suis en grande thérapie
00:41:13puisque ça fait trois ans que je suis seule,
00:41:15donc je n'y reçois pas d'amour.
00:41:18Oui, enfin, attention, l'amour,
00:41:21il faut à un moment donné aussi
00:41:23arrêter de croire qu'on reçoit de l'amour
00:41:24que d'un partenaire avec qui on a une relation sexuelle.
00:41:28On reçoit de l'amour de nos amis,
00:41:30on reçoit de l'amour de la nature,
00:41:31de nos animaux,
00:41:33dans le travail,
00:41:35dans des reconnaissances narcissiques.
00:41:39Enfin, je veux dire, l'amour,
00:41:40c'est un mot qui est beaucoup plus vaste
00:41:43que l'amour uniquement...
00:41:46Donc, peut-être que juste...
00:41:48Mais déjà, j'entends qu'il y a un chien,
00:41:50tiens, d'ailleurs.
00:41:50L'amour du petit chien.
00:41:51Oui, c'est Gaïa.
00:41:52Bon, quand votre chienne vous regarde
00:41:55avec ses yeux débordants d'amour,
00:41:56vous en recevez de l'amour.
00:41:58Bien sûr, bien sûr.
00:41:59Après, je me nourris de l'amour de mes amis,
00:42:01je me nourris de tous les amours.
00:42:02Voilà, et ça, c'est vraiment...
00:42:04À un moment donné, c'est vraiment important.
00:42:06Parce que, quoi qu'on en dise,
00:42:07l'amour dans le couple,
00:42:09eh bien, ce n'est pas une science exacte.
00:42:12Ça peut s'en aller.
00:42:14Et si on ne compte que sur l'amour
00:42:16de son partenaire,
00:42:17à ce moment-là,
00:42:18on peut être totalement dévasté.
00:42:20Oui, oui.
00:42:20Et donc, je pense qu'il faut vraiment
00:42:22voir l'amour au sens large du terme.
00:42:24Oui, notre partenaire n'est pas là
00:42:25pour nous remplir.
00:42:27On est bien d'accord.
00:42:27Et quelquefois,
00:42:28on le demande aux enfants aussi.
00:42:29Ça, oui.
00:42:30Les enfants, ça ne sert à rien.
00:42:32Les partenaires, ça ne sert à rien.
00:42:34Je dois tout trouver par moi-même.
00:42:36Après, c'est magnifique
00:42:37d'avoir des enfants
00:42:39qu'on voit s'épanouir.
00:42:40C'est magnifique d'avoir un compagnon
00:42:42ou une compagne avec qui on est heureux.
00:42:44Mais ils ne servent,
00:42:44ils ne doivent pas être des utilitaires.
00:42:45C'est la cerise sur le gâteau.
00:42:47Voilà.
00:42:48Mais le gâteau,
00:42:49c'est d'abord à nous de le faire.
00:42:51Le gâteau, c'est bon.
00:42:52On fait son propre gâteau.
00:42:54Et ensuite,
00:42:56on peut y mettre
00:42:57un petit peu plus de sucre,
00:42:59de cerise,
00:42:59de je ne sais quoi.
00:43:01Mais je crois,
00:43:02il me semble,
00:43:03il me semble,
00:43:04Séléna,
00:43:04que vous êtes quand même
00:43:05assez bien guérie déjà.
00:43:08Je pense, oui.
00:43:09j'aimerais bien avoir
00:43:10une autre relation
00:43:11avec un homme,
00:43:13parce que c'est les hommes.
00:43:14J'aimerais bien
00:43:14parce que je pense
00:43:16que je suis différente.
00:43:18Écoutez,
00:43:19si vous vous sentez prête,
00:43:22visualisez cette relation
00:43:23et elle ne va pas tarder à arriver.
00:43:26Je ne sais pas
00:43:27si je suis vraiment prête.
00:43:29Ah, ben ça,
00:43:30il n'y a que vous
00:43:31qui pouvez nous répondre.
00:43:32Tout à fait.
00:43:34Mais si vous n'êtes pas
00:43:35tout à fait prête,
00:43:37continuez à avancer.
00:43:38Bien sûr, bien sûr, bien sûr.
00:43:40Merci beaucoup
00:43:41pour vos réponses.
00:43:42Ça m'a bien éclairé.
00:43:44Merci, Séléna.
00:43:45Merci à vous.
00:43:45Je vous propose
00:43:46une petite devinette.
00:43:47Moi, je l'aime bien,
00:43:47celle-là.
00:43:48Réfléchissez bien,
00:43:49Jean-Charles Bouchoux.
00:43:50Quel est le temps
00:43:51de conjugaison du verbe
00:43:53dans cette phrase
00:43:54« je suis enceinte » ?
00:43:56Vous avez le temps
00:43:57des infos
00:43:57pour essayer
00:43:58de trouver une réponse.
00:44:00Ah ben,
00:44:01ça demande un peu
00:44:01d'intellect.
00:44:02Oui, je suis d'accord.
00:44:03On n'est pas
00:44:04dans un ressenti.
00:44:05Quoique,
00:44:05quand on est enceinte,
00:44:06normalement,
00:44:06on le ressent.
00:44:07Bref,
00:44:08on se retrouve
00:44:09après les infos
00:44:10et on va continuer
00:44:11à évoquer votre livre,
00:44:13justement,
00:44:13« Ce trauma qui nous possède ».
00:44:18Eh bien,
00:44:19dans cette deuxième heure,
00:44:21on va continuer
00:44:21à comprendre
00:44:22nos blessures d'enfance
00:44:24qui sont souvent
00:44:24donc des traumas
00:44:25et qui peuvent provoquer
00:44:27justement
00:44:27des symptômes compliqués.
00:44:30C'est un peu
00:44:30le sujet du livre
00:44:31de Jean-Charles Bouchoux
00:44:32qui sort début mai.
00:44:34« Ce trauma qui nous possède »
00:44:35qui sortira
00:44:36donc aux éditions
00:44:37Guy,
00:44:37Très Daniel.
00:44:38Et on essaye
00:44:39durant ces deux heures
00:44:40justement
00:44:41de bien comprendre
00:44:43comment on peut
00:44:44se libérer
00:44:45de tout ce qui nous possède.
00:44:47Alors,
00:44:48on ne se libère pas de tout.
00:44:49Rappelons que nous,
00:44:50les êtres humains,
00:44:51on a tous
00:44:52nos casseroles,
00:44:54comme j'allais dire.
00:44:55Mais tant mieux,
00:44:55comme ça,
00:44:56c'est bon...
00:44:57Tant mieux pour vous,
00:44:58comme ça,
00:44:58ça fait que vous ne serez
00:44:59jamais au chômage.
00:45:00Mais même,
00:45:00ça veut dire
00:45:01qu'il faut qu'on bosse,
00:45:01quoi.
00:45:02On a du travail.
00:45:03On a du travail
00:45:04à faire sur nous-mêmes.
00:45:06Nous avons un véhicule
00:45:07que nous connaissons
00:45:08qui est le corps
00:45:09dont nous devons prendre soin,
00:45:10mais nous avons aussi
00:45:11un véhicule énergétique
00:45:14dont nous devons prendre soin.
00:45:16Et les traumas,
00:45:17c'est quand même
00:45:17à l'origine
00:45:18ce qui a créé
00:45:18notre personnalité.
00:45:20Ça vaut le coup
00:45:20d'aller faire le ménage.
00:45:22Et surtout qu'on peut
00:45:23parfois,
00:45:23grâce à des traumas
00:45:24difficiles,
00:45:25être quelqu'un
00:45:26d'extraordinaire.
00:45:27On a des exemples
00:45:28évidemment autour de nous.
00:45:30Tout à fait.
00:45:31Le trauma,
00:45:31si vous voulez,
00:45:32fait qu'on a mis en place
00:45:33des mécanismes de défense
00:45:33pour éviter de ressentir.
00:45:35Et ça, c'est dommage
00:45:35parce que ça nous éloigne
00:45:36du réel.
00:45:38Exactement.
00:45:39Alors, on va donner
00:45:40la parole à Célia
00:45:41dans un instant
00:45:41qui a eu une relation
00:45:42conflictuelle avec son père.
00:45:44Elle va nous en parler
00:45:44mais je voudrais la réponse
00:45:45à ma devinette.
00:45:46Quel est le temps
00:45:47de conjugaison du verbe
00:45:48dans la phrase
00:45:49« Je suis enceinte ? »
00:45:51Moi, j'aurais dit
00:45:52que c'était du présent.
00:45:54Non, c'est l'imparfait
00:45:55du préservatif.
00:45:56Oh là là,
00:45:57c'est le genre
00:45:57que vous ne pouviez pas trouver.
00:45:58Non, vous ne pouviez pas trouver
00:45:59mais c'est joli.
00:46:00Oui.
00:46:00L'imparfait du préservatif.
00:46:02Ah oui, c'est jamais...
00:46:04Bon, mais c'est vrai
00:46:05que vous ne pouviez pas trouver
00:46:06je vous l'accorde.
00:46:07Bonjour Célia.
00:46:09Bonjour Brigitte.
00:46:10Bonjour Jean-Charles.
00:46:11Bonjour Célia.
00:46:12Bonjour.
00:46:14Merci de votre sourire
00:46:15dans cette voix charmante, Célia.
00:46:18Mais c'est l'imparfait
00:46:20du préservatif
00:46:21qui vous fait sourire.
00:46:21Oui, c'est ça.
00:46:25Elle est mignonne, c'est vrai.
00:46:26C'est vrai qu'elle est mignonne.
00:46:28Bon, Célia,
00:46:29vous avez eu une relation
00:46:31conflictuelle avec votre père.
00:46:32On voit moins rigoler là.
00:46:34Oui.
00:46:35Bon, maintenant,
00:46:35c'est un peu mieux mais...
00:46:38Du coup, effectivement,
00:46:41moi j'ai été élevée
00:46:42par un père très autoritaire,
00:46:46même violent psychologiquement.
00:46:50Tyrannique, on pourrait dire.
00:46:51Oui, c'est ça.
00:46:52L'éducation par la peur.
00:46:54C'était, il fallait tout faire
00:46:56pour qu'on ne réagisse pas, quoi.
00:46:57C'est horrible ça, oui.
00:46:59C'est ça.
00:46:59Donc moi, au début,
00:47:01je pensais que toutes les familles
00:47:02étaient comme ça
00:47:03et c'est vrai qu'en grandissant,
00:47:05on ne se rend compte que pas du tout
00:47:06et j'ai vu une psychologue
00:47:07qui m'a mis des mots dessus.
00:47:10Elle m'a dit
00:47:10mais c'est de la maltraitance psychologique.
00:47:13Et on n'a pas conscience de ça,
00:47:14en fait, petit, quoi.
00:47:15Oui, et c'est là où
00:47:16Jean-Charles Bouchouet explique bien
00:47:18que ça crée une hyper-vigilance.
00:47:21Oui.
00:47:22Oui, c'est ça.
00:47:23Vous ne pouvez pas vous laisser aller
00:47:24parce que...
00:47:26Non, vous regardez le visage
00:47:27de votre parent
00:47:28et la moindre déformation
00:47:30de son visage
00:47:30vous indique
00:47:31qu'il va se passer une catastrophe.
00:47:33Exactement.
00:47:34Voilà.
00:47:34Et on garde cette hyper-vigilance
00:47:36et vous la garderez
00:47:37même une fois que vous aurez
00:47:38traité vos traumas.
00:47:39Elle n'est pas non plus inintéressante.
00:47:43Non, non, c'est sûr.
00:47:44Ça nous rend hypersensibles.
00:47:46Je suis hypersensible, effectivement.
00:47:48Oui, voilà.
00:47:50Mais c'est vrai que la psychologue
00:47:51prenait l'image
00:47:52de la petite souris
00:47:53qui est chassée par le chat.
00:47:55Oui.
00:47:55Et la petite souris
00:47:57fait la morte
00:47:57pour se faire oublier par le chat, quoi.
00:48:00Bien sûr.
00:48:00Et c'était exactement ça.
00:48:01J'étais tétanisée
00:48:03et je n'avais plus de réaction
00:48:04pour ne pas provoquer de colère, quoi.
00:48:06Ah oui.
00:48:08Oui, mais ce n'est pas drôle
00:48:11parce qu'à un moment donné,
00:48:12quand même,
00:48:12il faut retrouver
00:48:13une joie de vivre.
00:48:16Visiblement,
00:48:16c'est arrivé,
00:48:17une jolie fois.
00:48:18Mais est-ce que vous avez rencontré
00:48:20de nouveau de la violence
00:48:21dans votre histoire ?
00:48:22Est-ce qu'il y a eu une répétition ?
00:48:24Dans mes histoires sentimentales ?
00:48:27Par exemple ?
00:48:28Non.
00:48:29Non, non.
00:48:30En fait,
00:48:30dès que je vois que ça se le tombe
00:48:32ou que je vois dans le tempérament,
00:48:34c'est peut-être lié à mon hypersensibilité,
00:48:35mais je détecte un petit peu
00:48:36quand ça va être un peu bizarre.
00:48:40Vous fuyez tout éventuel conflit,
00:48:42c'est ça ?
00:48:42Exactement.
00:48:43C'est bien.
00:48:43Je déteste le conflit
00:48:44parce que je ne veux pas revenir
00:48:46dans cet état-là, quoi.
00:48:47Bien sûr.
00:48:49Oui.
00:48:49Donc quelque part,
00:48:50oui,
00:48:50ça m'a aussi aidée
00:48:51à détecter des comportements problématiques.
00:48:54Oui.
00:48:54Le seul risque dans ce cas-là,
00:48:56quand on veut éviter le conflit,
00:48:57et c'est très bien d'ailleurs
00:48:58parce que le conflit,
00:48:59ça ne sert pas à grand-chose,
00:49:00c'est de peut-être
00:49:01ne pas savoir trop dire non,
00:49:03ne pas savoir trop poser vos limites.
00:49:04Est-ce que c'est votre cas ou pas ?
00:49:06Oui.
00:49:06Alors ça a été le cas,
00:49:07maintenant moins
00:49:08parce que j'ai identifié ça aussi
00:49:09avec ma psychologue,
00:49:10mais en fait,
00:49:11je passe toujours après, quoi.
00:49:13Par exemple,
00:49:13si j'avais qu'à aller
00:49:14à une activité,
00:49:16à un concert,
00:49:16peu importe,
00:49:17et on me dit
00:49:18ben non,
00:49:18j'aimerais bien te voir ce soir-là,
00:49:19je vais annuler ce que j'avais prévu
00:49:21pour faire plaisir à la personne,
00:49:23et l'abstie m'a dit
00:49:24non, il faut arrêter,
00:49:24maintenant on passait avant.
00:49:25Et c'est vrai que je me passais
00:49:27toujours après les autres, quoi.
00:49:29Vous vous conformez
00:49:31au désir de l'autre
00:49:32par peur d'être abandonnée encore ?
00:49:34C'est ça, exactement.
00:49:35La peur de l'abandon,
00:49:36ça ne m'a jamais quittée.
00:49:37Ça, c'est toujours compliqué
00:49:39en ce moment, ouais.
00:49:41Et votre mère,
00:49:42dans l'histoire,
00:49:43comment elle se comportait ?
00:49:45Parce que ça a joué
00:49:46forcément aussi
00:49:47suivant la manière
00:49:48déjà dont elle réagissait
00:49:49par rapport à ce mari
00:49:50qui était forcément aussi tyrannique,
00:49:52et puis comment elle vous a
00:49:54un petit peu protégée
00:49:55ou pas du tout,
00:49:56je ne sais pas.
00:49:56Qu'est-ce que vous en diriez ?
00:49:57On n'a pas été vraiment protégée,
00:49:59je dirais qu'elle était
00:50:01plutôt absente.
00:50:01Je pense qu'elle avait peur aussi,
00:50:03en fait.
00:50:04Il y a des chances, oui.
00:50:05Oui, bien sûr.
00:50:05Donc,
00:50:06elle faisait aussi tout
00:50:07pour ne pas provoquer de colère,
00:50:09donc j'avais pas la sensation
00:50:11très très défendue,
00:50:13mais elle n'a pas été violente
00:50:14avec nous, ni rien.
00:50:15Mais est-ce qu'elle vous a aimée,
00:50:18justement ?
00:50:19Est-ce que vous avez eu le sentiment
00:50:20quand même d'être aimée
00:50:21par votre mère ?
00:50:22Oui, après,
00:50:24je n'ai pas été élevée
00:50:25dans une famille
00:50:25très démonstrative
00:50:27sur les démonstrations
00:50:30d'affection,
00:50:31les mots gentils.
00:50:32Oui,
00:50:32ça c'est sûr
00:50:33que ça peut être compliqué
00:50:35parce que du coup,
00:50:36on a du mal
00:50:37à exprimer
00:50:38ses sentiments facilement
00:50:39parce que justement,
00:50:40on n'a pas été éduqué
00:50:41à ça dans sa famille.
00:50:43mais on peut avoir été
00:50:45très aimée par sa mère
00:50:46dans les premiers temps
00:50:47parce que justement,
00:50:49elle aura été très maternante
00:50:51et très présente.
00:50:53Encore une fois,
00:50:54vous voyez,
00:50:54ce n'est pas forcément
00:50:55parce que les mots
00:50:56ne sont pas dits,
00:50:57qu'il n'y a pas eu
00:50:59les mots du corps,
00:51:00si je puis dire.
00:51:01Oui,
00:51:01je comprends bien.
00:51:03Après,
00:51:03ma mère était souvent absente
00:51:04parce qu'elle travaillait beaucoup,
00:51:06donc j'ai plus eu ça
00:51:07par ma grand-mère
00:51:08que par ma mère.
00:51:09Je n'ai pas la sensation
00:51:10d'avoir ma grand-mère.
00:51:11D'accord,
00:51:11mais vous avez quand même eu
00:51:13de la part du féminin
00:51:15quelque chose de maternant.
00:51:17Oui, oui.
00:51:17Parce que comme vous avez l'air
00:51:18quand même d'aller assez bien,
00:51:20on peut imaginer
00:51:21qu'il y a eu ça quand même.
00:51:22Oui.
00:51:23Et visiblement,
00:51:24vous avez,
00:51:25la manière dont vous parlez
00:51:26de votre psychologue,
00:51:28je crois qu'il y a quelque chose
00:51:29de cet ordre-là aussi.
00:51:31Oui,
00:51:31j'ai vraiment beaucoup travaillé
00:51:33là-dessus
00:51:33parce que j'ai mis du temps
00:51:35à identifier tout ça
00:51:36et ça m'a vraiment aidée.
00:51:40Et vous avez choisi
00:51:42des hommes
00:51:42de quel genre alors ?
00:51:44Alors,
00:51:46j'ai l'impression
00:51:47que je suis toujours
00:51:48vers des hommes
00:51:48qui ne sont pas disponibles
00:51:51émotionnellement.
00:51:51C'est toujours
00:51:51des schémas répétitifs
00:51:53d'hommes pas disponibles.
00:51:57Et avec le recul maintenant,
00:51:59je vois que c'était un peu
00:52:00de l'auto-sabotage
00:52:01dans mes relations en fait.
00:52:02Ça me rassurait quelque part
00:52:03de me dire
00:52:04ça ne va pas le faire.
00:52:05et je ne sais pas trop
00:52:08comment l'expliquer
00:52:08mais j'ai cette sensation-là
00:52:11d'avoir toujours
00:52:12saboté mes relations.
00:52:13C'est-à-dire qu'on pourrait
00:52:15imaginer que vous ne pourriez
00:52:17pas être avec un homme
00:52:18qui serait super gentil,
00:52:20attentionné,
00:52:20avec des belles déclarations
00:52:22d'amour
00:52:22parce que vous n'avez
00:52:24aucun repère de ça ?
00:52:26Oui,
00:52:26alors je me méfie toujours
00:52:28des paroles.
00:52:28Je préfère les actes
00:52:30et ça,
00:52:31ça a toujours été,
00:52:32pour moi,
00:52:33la parole n'a pas trop
00:52:34de valeur dans les relations.
00:52:36J'ai besoin qu'on me prouve
00:52:37des choses
00:52:39tout le temps.
00:52:43Mais pour l'instant,
00:52:44visiblement,
00:52:45vous n'avez pas encore
00:52:46trouvé de compagnons.
00:52:48C'est des compagnons
00:52:49qui n'étaient pas disponibles
00:52:49parce qu'ils étaient déjà
00:52:50avec quelqu'un
00:52:51ou c'était dans leur manière
00:52:52d'être ?
00:52:53Oui,
00:52:54des hommes qui,
00:52:55là,
00:52:55la dernière relation,
00:52:56il était divorcé
00:52:57depuis 4 ans
00:52:57donc je me suis dit
00:52:58c'est bon,
00:52:58il n'est pas ça autre chose
00:52:59et puis en fait,
00:53:00en creusant un petit peu,
00:53:01il n'était pas l'origine
00:53:02de la séparation
00:53:03et il a toujours
00:53:05des sentiments pour elle.
00:53:07D'accord.
00:53:08Et je vais toujours
00:53:09vers ce genre de personnes.
00:53:10D'accord,
00:53:11pour l'instant,
00:53:12donc vous n'avez pas pu
00:53:13rencontrer un homme
00:53:13qui vous aime.
00:53:14Oui,
00:53:15mais donc en même temps,
00:53:16Célia ne se met pas
00:53:17en danger.
00:53:18Voilà,
00:53:18c'est ça.
00:53:18C'est une protection,
00:53:20c'est un évitement.
00:53:21Exactement.
00:53:22Donc oui,
00:53:22j'évite beaucoup
00:53:25mais parce que je sens
00:53:26que j'ai besoin d'abord
00:53:28de me trouver moi,
00:53:29de me sentir bien moi
00:53:30avant d'envisager
00:53:31une relation,
00:53:32je ne suis absolument
00:53:32pas prête
00:53:33à être avec quelqu'un.
00:53:36Donc on recommence
00:53:37travailler sur les traumas
00:53:38d'origine
00:53:39et ça va vous libérer.
00:53:41Vous étant libérée,
00:53:42vous pourrez vous faire confiance
00:53:43et vous irez là
00:53:43où vous en avez réellement envie.
00:53:45Ce qui est bon pour vous.
00:53:47C'est ça
00:53:47et c'est surtout
00:53:48sur l'estime de moi
00:53:49parce que je n'ai jamais
00:53:51eu confiance en moi
00:53:52et je me rends compte
00:53:52que c'est vraiment
00:53:53très handicapant
00:53:54dans mes relations.
00:53:55parce que oui,
00:53:56ce n'est pas entraîner
00:53:56de la jalousie,
00:53:57etc.
00:53:58Non,
00:53:58je dois connaître
00:53:59ma vraie valeur en fait.
00:54:00Bien sûr.
00:54:01Et je pense que
00:54:02les gens viendront à moi
00:54:03plus facilement
00:54:04si moi je me sens mieux
00:54:04dans ma peau.
00:54:05Bien sûr.
00:54:06Mais écoutez,
00:54:07vous...
00:54:07Une question que je me pose
00:54:08quand même malgré tout,
00:54:09est-ce qu'on a une valeur ?
00:54:11Non,
00:54:12je dis on,
00:54:13je dis nous.
00:54:13Est-ce que nous avons une valeur ?
00:54:17Combien je veux,
00:54:19Brigitte ?
00:54:20Vous voyez ce que je veux dire ?
00:54:21Ce sont des vues de l'esprit.
00:54:24Ce sont des vues de l'esprit.
00:54:25Quand je m'assieds
00:54:26au bord de la mer,
00:54:27que je regarde les vagues
00:54:28qui s'écrasent sur le sable
00:54:29avec un coucher de soleil derrière,
00:54:31waouh !
00:54:32Mais quelle est ma valeur
00:54:33à ce moment-là ?
00:54:33Je n'en sais rien,
00:54:34je m'en fiche en fait.
00:54:35Je suis heureux.
00:54:36Je suis heureux.
00:54:37Oui,
00:54:38c'est pour ça que je préfère
00:54:39toujours rappeler
00:54:39qu'il faut être la personne
00:54:40la plus importante pour nous.
00:54:42Voilà.
00:54:43Et puis à la fin,
00:54:44s'oublier soi-même.
00:54:47S'oublier soi-même en tout cas,
00:54:48ne pas laisser l'ego.
00:54:50Encore une fois,
00:54:51quand je suis devant un beau paysage
00:54:52ou je ne sais pas où vous habitez.
00:54:53C'est l'ego qui serait là
00:54:55et qui dirait
00:54:56« Oh, qu'est-ce que c'est beau ! »
00:54:58Alors que ce n'est pas ça.
00:54:59Il faut ressentir cette beauté en soi
00:55:01et que ça nous nourrisse
00:55:02dans toutes nos cellules.
00:55:03J'entends bien ce que vous dites.
00:55:06Mais c'est un problème
00:55:07de lâcher l'ego en fait.
00:55:09C'est ça, exactement.
00:55:10C'est peut-être un peu rapide
00:55:11ce que je dis.
00:55:12Et c'est l'ego peut-être
00:55:13qui voudrait qu'on ait
00:55:15beaucoup de valeur,
00:55:16pour reprendre votre expression
00:55:18Jean-Charles Bouchoux.
00:55:19C'est l'ego qui dit
00:55:20« Je vaux quelque chose ! »
00:55:23Et tant que je n'aurai pas
00:55:23prouvé ma valeur,
00:55:24je ne pourrai pas être heureux.
00:55:25Voilà.
00:55:26Mais en même temps,
00:55:27c'est vrai qu'il faut s'aimer
00:55:29et il faut penser
00:55:30qu'il faut d'abord
00:55:31s'occuper de soi
00:55:33pour être bien.
00:55:34Et c'est dans ce sens-là
00:55:36que vous parliez de valeur,
00:55:37je pense.
00:55:38Mais attention, en effet,
00:55:40au terme de valeur
00:55:40qui peut être mal interprété.
00:55:42Mais je ne pense pas
00:55:43que vous l'aviez interprété
00:55:44dans ce sens-là.
00:55:46Non, non, pas du tout.
00:55:47Mais je comprends bien
00:55:48ce qu'il veut dire,
00:55:48oui, effectivement.
00:55:49Mais c'est bien
00:55:50parce que tout le monde
00:55:51avait besoin peut-être
00:55:52de l'entendre, en revanche.
00:55:53Merci beaucoup, Célia.
00:55:55Merci beaucoup.
00:55:56On va se retrouver
00:55:56dans un instant
00:55:57avec Eleonore
00:55:58qui va nous parler
00:56:01également du fait
00:56:02qu'elle était
00:56:02la petite dernière
00:56:03et que ce n'était pas
00:56:04toujours facile.
00:56:05Elle nous raconte ça
00:56:05dans un instant.
00:56:11Jean-Charles Bouchouet
00:56:12est avec nous
00:56:13et nous évoquons
00:56:14son prochain livre
00:56:16« Ces traumas qui nous possèdent »
00:56:18aux éditions
00:56:19Guitre et Daniel
00:56:20que vous pouvez déjà précommander
00:56:21et qui sera disponible
00:56:22début mai.
00:56:23Eleonore, bonjour.
00:56:25Bonjour Brigitte,
00:56:26bonjour Jean-Charles.
00:56:27Bonjour Eleonore.
00:56:28Bonjour.
00:56:29Alors, je viens
00:56:30parce que je suis
00:56:30la petite dernière.
00:56:31En fait, je suis la seconde
00:56:32et la dernière.
00:56:33Et j'ai toujours été
00:56:34comparée à ma soeur.
00:56:35qui faisaient mieux
00:56:36que moi, tout,
00:56:38tout le temps.
00:56:39Du coup, j'ai souvent
00:56:40touté de mes capacités.
00:56:43Oui, c'est difficile
00:56:45parce que vous avez
00:56:47toute petite entendu ça
00:56:48et à tel point
00:56:49que quand on est toute petite,
00:56:50on le croit.
00:56:52Ah ben, tout le temps.
00:56:53Regarde ta soeur,
00:56:54elle est meilleure à l'école.
00:56:55Ta soeur,
00:56:55elle a fait de brillantes études.
00:56:57Ta soeur,
00:56:57elle est plus mince que toi.
00:56:59Ta soeur est plus jolie que toi.
00:57:00C'est plus que ça,
00:57:01c'est un programme
00:57:02qu'on vous donne.
00:57:03C'est-à-dire,
00:57:04regardez un petit enfant,
00:57:05on dit lui,
00:57:05attention, tu vas tomber
00:57:06et le gosse, il tombe.
00:57:08Vous avez dit,
00:57:08tu vas tomber,
00:57:09il tombe.
00:57:09Alors que si vous lui dites,
00:57:10prends soin de toi,
00:57:12c'est autre chose,
00:57:13c'est un autre message.
00:57:14Donc si on vous dit,
00:57:15tu es nul,
00:57:15tu es moins forte
00:57:16que ta soeur,
00:57:16vous allez tout faire
00:57:18pour ne pas faire mentir
00:57:19vos parents.
00:57:22Et si on vous dit,
00:57:23si vous dites à un gosse,
00:57:24tu es insupportable,
00:57:25tu es insupportable,
00:57:25vous lui dites trois fois,
00:57:27ben le gosse,
00:57:27à partir de là,
00:57:27il devient insupportable.
00:57:30C'est ce qui vous est arrivé,
00:57:31Léonore ?
00:57:33En fait,
00:57:34j'ai failli tellement de...
00:57:37En fait,
00:57:38j'ai un problème
00:57:38de la séprise du coup
00:57:39parce que je suis toujours
00:57:40en compétition
00:57:41avec tout le monde.
00:57:42Vu que je veux être
00:57:43la meilleure
00:57:44puisque je ne l'ai jamais été,
00:57:47je suis toujours...
00:57:48Vous ne l'avez jamais été,
00:57:49ça c'est ce que vos parents
00:57:50vous disaient.
00:57:50vous étiez certainement
00:57:52dans d'autres domaines
00:57:54peut-être meilleure
00:57:54que votre soeur.
00:57:56Parce qu'encore une fois,
00:57:56c'est toujours pareil.
00:57:58Peut-être que votre soeur
00:57:59était plus douée
00:58:00à l'école que vous,
00:58:01mais aussi à force
00:58:03d'entendre vos parents
00:58:04vous dire
00:58:04que ta soeur est meilleure,
00:58:06c'est sûr que ça...
00:58:08Nous sommes tous
00:58:09naturellement doués.
00:58:10Alors c'est vrai
00:58:11qu'il y en a qui sont
00:58:11plus doués en français,
00:58:12plus doués en maths,
00:58:13qui vont réussir
00:58:14à un endroit ou à un autre.
00:58:15Mais si vous répétez
00:58:16sans cesse à un gamin
00:58:17tu n'arriveras à rien,
00:58:18ta soeur elle vaut mieux,
00:58:19etc.
00:58:19Ça finit par devenir vrai.
00:58:21Donc il faut bien
00:58:22vous dire une chose,
00:58:24Léonore,
00:58:24c'est que vous avez
00:58:25certainement des capacités
00:58:27dans lesquelles
00:58:27vous brillez plus
00:58:28que votre soeur,
00:58:29sauf qu'on ne vous a pas
00:58:30aidé à les développer
00:58:31et peut-être qu'il est temps...
00:58:32Il y a là une malédiction.
00:58:34Et malédiction,
00:58:35si on écoute le mot,
00:58:36c'est ce qui a été mal dit.
00:58:37Mal dit par les parents,
00:58:38qui peut devenir une réalité,
00:58:39mais vous,
00:58:40par le travail
00:58:41que vous pouvez faire,
00:58:41Léonore,
00:58:41c'est de transformer
00:58:42une malédiction
00:58:43en bénédiction.
00:58:44On va faire ce travail-là.
00:58:46Oui ?
00:58:46Et quel est le cheminement ?
00:58:49Le cheminement,
00:58:50c'est retourner...
00:58:50Alors moi,
00:58:50je suis là pour parler de ça
00:58:53cet après-midi.
00:58:54C'est de retrouver
00:58:55les traumas d'origine
00:58:55qui sont parfois même
00:58:56plus anciens
00:58:57que ceux dont on se souvient
00:58:58et les laisser nous traverser.
00:59:01C'est-à-dire que,
00:59:02quand vous l'avez dit,
00:59:04vous vous mettez
00:59:05beaucoup en compétition.
00:59:06C'est-à-dire que là,
00:59:07vous prenez,
00:59:08si je puis dire,
00:59:08le parti inverse.
00:59:10Oui.
00:59:10alors qu'il ne faudrait pas
00:59:13vous mettre en compétition,
00:59:14il faudrait juste
00:59:15vous sentir bonne,
00:59:18excellente,
00:59:18même pas,
00:59:19de quoi vous avez besoin.
00:59:20dans quelque chose
00:59:20qui vous plaît
00:59:21et que vous avez envie de faire.
00:59:22Si vous passez un examen,
00:59:23c'est pour pouvoir
00:59:24acquérir des compétences.
00:59:26La limite,
00:59:27c'est des compétences
00:59:28dont vous avez besoin,
00:59:28ce n'est pas d'être la première.
00:59:30On s'en fiche.
00:59:31On s'en fiche.
00:59:32Ça,
00:59:32le vouloir gagner,
00:59:34vouloir être la première,
00:59:35vouloir être au-dessus de l'autre,
00:59:36ça,
00:59:36c'est la réponse au trauma.
00:59:38Vouloir acquérir des techniques
00:59:40pour pouvoir faire son travail,
00:59:41par exemple,
00:59:41ou ce qu'on a envie de faire,
00:59:42ou la cuisine,
00:59:43ou autre chose,
00:59:44c'est plus un combat,
00:59:45j'en ai besoin pour moi,
00:59:47j'ai besoin de compétences.
00:59:49Il y a une grande différence
00:59:49entre les deux,
00:59:50vous voyez,
00:59:51vous le sentez ?
00:59:52Oui.
00:59:53Bien.
00:59:54Qu'est-ce que vous aimez faire
00:59:57dans la vie ?
00:59:57Qu'est-ce qui vous plaît ?
00:59:58Qu'est-ce qui vous passionne ?
01:00:00La cuisine.
01:00:02Bon,
01:00:02et bien donc,
01:00:03faites la cuisine.
01:00:04Mais du coup,
01:00:05ma sœur,
01:00:05non,
01:00:05on ne sait pas,
01:00:06du tout.
01:00:06Ah bah très bien.
01:00:07Donc vous êtes meilleure qu'elle.
01:00:10La vérité,
01:00:10c'est qu'on s'en fiche
01:00:11que vous soyez meilleure
01:00:13ou moins bien.
01:00:13C'est que si vous faites à manger,
01:00:15vous vous régalez
01:00:16à préparer le repas
01:00:16et puis certainement après,
01:00:18vous vous régalez
01:00:18à le partager
01:00:19ou à le manger toute seule,
01:00:20j'en sais rien.
01:00:21Oui, tout à fait.
01:00:21Mais ce n'est pas être la première,
01:00:22ce n'est pas intéressant.
01:00:24En revanche,
01:00:25plus vous allez le faire,
01:00:26faire la cuisine
01:00:27avec le plaisir
01:00:28de faire la cuisine,
01:00:30meilleur vous allez être
01:00:31et meilleur ce sera
01:00:33et plus vous serez épanoui.
01:00:36C'est vrai.
01:00:38Mais ce n'est pas la peine
01:00:40d'aller faire des compétitions
01:00:42de cuisine.
01:00:44En même temps,
01:00:44notre société nous y pousse.
01:00:46On va prendre trois cuisiniers,
01:00:49on va les montrer à la télé,
01:00:50vous allez préparer un plat
01:00:51et on va dire
01:00:51qui a gagné.
01:00:52C'est ça,
01:00:53on est en compétition partout.
01:00:55Charge à nous
01:00:55d'en sortir.
01:00:57Mais pourquoi pas ?
01:00:59Oui, même à l'école,
01:01:00on est en compétition.
01:01:01Bien sûr.
01:01:01C'est ridicule.
01:01:02Je ne suis pas contre
01:01:04qu'on donne des notes
01:01:05parce que ça permet aussi
01:01:08de s'évaluer
01:01:09et de voir ses progrès.
01:01:10Ah oui,
01:01:11acquis, pas acquis.
01:01:12Mais en revanche,
01:01:14vouloir absolument...
01:01:16Être la première.
01:01:17Et puis en même temps,
01:01:18moi j'aime bien l'idée aussi
01:01:21dans le sport,
01:01:22la performance,
01:01:23la compétition,
01:01:24ça peut être très galvanisant.
01:01:27Mais c'est dans ce sens-là
01:01:28qu'il faut le voir.
01:01:29Comme un moteur.
01:01:31Exactement.
01:01:32Mais en revanche...
01:01:33C'est un peu dommage malgré tout.
01:01:35C'est un peu dommage.
01:01:35C'est votre avis,
01:01:36mais c'est pas le mien.
01:01:38Mais après tout,
01:01:39vous avez peut-être raison,
01:01:39j'en sais rien.
01:01:41Encore, vous faites la cuisine,
01:01:42vous ne vous dites pas
01:01:43je vais faire un plat
01:01:43pour être la meilleure chef du monde.
01:01:45J'ai fait de la compétition équestre
01:01:47et c'était sympa
01:01:49parce qu'il y avait quand même
01:01:50une motivation
01:01:51de s'améliorer,
01:01:53de savoir ce qu'est-ce
01:01:53qu'on pouvait travailler
01:01:55pour être meilleur
01:01:56que les autres
01:01:56dans la prochaine compétition
01:01:59et puis peut-être
01:02:00de gagner la coupe.
01:02:01D'accord.
01:02:02C'était une motivation
01:02:03que je trouvais intéressante.
01:02:05Voilà.
01:02:06Après,
01:02:06je peux entendre
01:02:07qu'on soit contre
01:02:08la compétition
01:02:09mais je pense que
01:02:10de penser
01:02:11qu'il ne faudrait absolument pas
01:02:12qu'il y ait de notes,
01:02:14etc.,
01:02:14c'est pas forcément
01:02:16donner envie aux gens
01:02:17de travailler,
01:02:18d'aller mieux
01:02:18et de faire...
01:02:19Parce qu'on voit déjà
01:02:21que j'ai...
01:02:22Je suis plutôt d'accord
01:02:23avec vous, Brigitte,
01:02:24mais c'est vrai que
01:02:26moi, je trouve que c'est usant
01:02:27pour moi.
01:02:29Je ne sais pas comment
01:02:29vous expliquer.
01:02:30De toujours...
01:02:31Oui, parce que vous,
01:02:32vous êtes toujours
01:02:33dans la peur
01:02:35de ne pas être
01:02:37suffisamment compétitive.
01:02:37Et c'est ça
01:02:38qu'il faut aller
01:02:39peut-être un peu travailler.
01:02:40C'est-à-dire que
01:02:41vous êtes certainement
01:02:43excellente
01:02:44dans plein de domaines,
01:02:45mais vous avez quand même
01:02:46toujours une sorte
01:02:48de revanche à prendre
01:02:49qui vient de votre
01:02:51problème d'enfance,
01:02:52vous voyez ?
01:02:53Oui, c'est ça.
01:02:54Exactement.
01:02:54Et c'est ça
01:02:54qu'il faut pactiser,
01:02:57je pense.
01:02:59Et qu'est-ce que vous
01:03:00ressentez dans ces moments-là
01:03:01quand, justement,
01:03:02puisqu'on parle toujours
01:03:03du ressenti,
01:03:04quand vous êtes en compétition
01:03:05avec quelqu'un,
01:03:06qu'est-ce que vous ressentez ?
01:03:07Est-ce que vous êtes
01:03:08d'abord dans votre ressenti ?
01:03:10Je ne suis pas bien.
01:03:12Je ne suis jamais...
01:03:12Je suis pas bien.
01:03:15Laissez-vous traverser
01:03:16par ces ressentis.
01:03:17Au moment,
01:03:17si vous avez une scène
01:03:18où vous avez été
01:03:19en compétition
01:03:20ou même vous avez perdu,
01:03:22fermez les yeux,
01:03:22revivez la scène
01:03:23et observez sensoriellement
01:03:24ce qui se passe.
01:03:26Sans chercher à agir dessus,
01:03:28simplement laissez
01:03:30une accélération du cœur
01:03:31ou une tension
01:03:32à cet endroit.
01:03:33Laissez évoluer,
01:03:34soyez simplement témoins
01:03:35de ce qui se passe.
01:03:36Ça va vous libérer.
01:03:37Oui, et puis même
01:03:38si vous avez envie de pleurer
01:03:40ou si vous êtes en colère,
01:03:42accueillez cette...
01:03:43Brigitte,
01:03:44vous lisez en moi
01:03:44comme dans un livre ouvert.
01:03:45Je ne fais que pleurer,
01:03:46généralement.
01:03:47Eh bien,
01:03:47acceptez de pleurer.
01:03:48Acceptez de pleurer
01:03:49parce que c'est la petite fille
01:03:51qui n'a pas pu pleurer
01:03:53quand on lui disait
01:03:54que sa grande sœur
01:03:56était meilleure.
01:03:57Vous avez bloqué
01:03:59les émotions.
01:04:00Laissez les larmes couler.
01:04:02Elles vont...
01:04:03À force,
01:04:03quand un océan de larmes
01:04:04sera parti,
01:04:05vous irez mieux.
01:04:08Merci.
01:04:10Mais vraiment,
01:04:11vraiment,
01:04:12laissez-vous aller
01:04:14dans vos ressentis.
01:04:15Je pense que c'est
01:04:16le plus beau cadeau
01:04:17que vous pouvez vous faire.
01:04:20Merci.
01:04:21Mais je vous en prie,
01:04:23Eleonore.
01:04:23Et puis,
01:04:24si vous avez envie de pleurer,
01:04:26je vous en fais ce cadeau-là
01:04:27ici aussi.
01:04:29Mais je n'ai pas...
01:04:32Je ne peux pas vous envoyer
01:04:33de Kleenex,
01:04:34malheureusement,
01:04:34mais le cœur y est,
01:04:36en tout cas.
01:04:37Je crois,
01:04:39oui,
01:04:40je crois qu'on est aussi
01:04:40dans une société,
01:04:42Jean-Charles Bouchoux,
01:04:43où on n'accepte pas assez
01:04:44nos larmes,
01:04:46notre tristesse.
01:04:48C'est bien
01:04:49de pouvoir laisser
01:04:50sa tristesse...
01:04:51d'être sensible.
01:04:52Bien sûr, bien sûr.
01:04:53La sensibilité
01:04:54qui est prise parfois
01:04:55pour sensible risque,
01:04:56qui n'a rien à voir.
01:04:57Oui,
01:04:57mais parce qu'on confond
01:04:58la vulnérabilité
01:04:59et la fragilité.
01:05:00Quand on est sensible,
01:05:01on est forcément vulnérable.
01:05:03Ça ne veut pas dire
01:05:03pour autant qu'on est fragile.
01:05:05C'est tellement intéressant
01:05:06de laisser vivre
01:05:07ce qu'il veut vivre
01:05:08à l'intérieur de nous.
01:05:08De toute façon,
01:05:09nous n'avons pas le choix.
01:05:10Si nous empêchons...
01:05:12Enfin, si,
01:05:12nous avons le choix.
01:05:13Si nous empêchons
01:05:14les émotions de se dire,
01:05:15elles se représenteront
01:05:16encore, encore et encore.
01:05:18Autant les laisser vivre
01:05:19aujourd'hui, quoi.
01:05:20Je crois que Eleonore
01:05:21a très bien compris.
01:05:22Bien.
01:05:22Et j'en suis ravie.
01:05:24Merci beaucoup, Eleonore.
01:05:26On fait une petite pause,
01:05:27on se retrouve avec
01:05:27le sexe au conseil du jour,
01:05:29ce qu'est et ce que n'est pas
01:05:31la sexualité.
01:05:32Un beau sexe au conseil
01:05:34pour finir la semaine.
01:05:36Et puis,
01:05:36on accueillera également
01:05:37Julia Palombe.
01:05:38On va évoquer les fantasmes.
01:05:40Est-ce que finalement,
01:05:41aussi,
01:05:43fantasmer
01:05:43n'est pas une belle manière
01:05:44de se laisser aussi
01:05:48aller dans...
01:05:49Oui, j'avais un copain
01:05:50qui disait
01:05:50le fantasme,
01:05:51c'est comme les suspensions
01:05:51sur une voiture.
01:05:52On pourrait faire sans.
01:05:53C'est quand même
01:05:54beaucoup plus confortable avec.
01:05:55Je suis d'accord.
01:05:56Je suis bien d'accord.
01:05:57Donc, on va aussi fantasmer
01:05:58dans un instant.
01:06:00Brigitte Laé, Sud Radio,
01:06:02le sexe au conseil.
01:06:04Alors, Jean-Charles Bouchon,
01:06:05on va parler de la sexualité,
01:06:06ce qu'elle est
01:06:07et ce qu'elle n'est pas.
01:06:08Chaque affirmation,
01:06:09vous allez me dire
01:06:10si vous êtes d'accord ou pas.
01:06:11La sexualité ne doit pas être
01:06:13une addiction ?
01:06:14Non.
01:06:15On est d'accord.
01:06:16Un unique moyen
01:06:17pour obtenir de l'affection,
01:06:18une famille,
01:06:19un statut social ?
01:06:20C'est affreux, ça.
01:06:21C'est horrible.
01:06:22Pourtant, ça existe.
01:06:23Un instrument de violence
01:06:24ou de domination ?
01:06:25C'est terrible.
01:06:26On est d'accord.
01:06:27Une source de honte
01:06:28ou de culpabilité ?
01:06:29Oh, peu cher.
01:06:30Il ne faut pas.
01:06:31Bien sûr que non.
01:06:32À l'origine,
01:06:34la sexualité
01:06:35ne doit pas être
01:06:36à l'origine
01:06:37des peurs
01:06:37ou de phobies ?
01:06:38Oui, c'est souvent le cas.
01:06:39Et oui, on va parler
01:06:40dans un incendie fantasme.
01:06:42Mais la sexualité,
01:06:43c'est entretenir
01:06:45des relations positives
01:06:47avec un autre.
01:06:48Oui, et avec soi ?
01:06:49Et avec soi, oui.
01:06:51Mais là,
01:06:51c'est de la masturbation,
01:06:53ce n'est plus de la sexualité.
01:06:54Enfin, si, oui, bien sûr.
01:06:56Réussir à prendre sa place
01:06:57en ayant conscience
01:06:57de son identité.
01:06:59La sexualité,
01:07:00ça aide à prendre confiance
01:07:02dans son identité
01:07:04d'homme ou de femme
01:07:06ou de trans.
01:07:08Être satisfait
01:07:08sur le plan affectif.
01:07:10Oui.
01:07:12Gérer ses pulsions sexuelles
01:07:13sans les imposer,
01:07:15sans en avoir peur,
01:07:16sans les refouler,
01:07:17mais peut-être
01:07:17en les sublimant.
01:07:19Hum-hum.
01:07:20Avoir accepté
01:07:21certains interdits
01:07:22et la frustration.
01:07:23Voilà.
01:07:25Jouir d'une bonne énergie
01:07:26et avoir du plaisir.
01:07:27Oui.
01:07:28Voilà.
01:07:29Oui, mais c'est très bien,
01:07:30tout ça.
01:07:30Un beau programme.
01:07:30C'est joli, hein ?
01:07:31C'est un beau programme.
01:07:31Vous pouvez le réécouter
01:07:32en podcast
01:07:33et voir si vous êtes d'accord
01:07:35avec toutes les phrases.
01:07:36parce que s'il y a des phrases
01:07:37qui ne vous parlent pas,
01:07:39peut-être qu'il faut avancer
01:07:41et peut-être que vous pouvez m'appeler
01:07:42et on en parlera ensemble
01:07:44un de ces jours.
01:07:46On va parler des fantasmes
01:07:48Jean-Charles Bouchoux
01:07:49avec l'arrivée dans le studio
01:07:50d'un fantasme vivant.
01:07:53Julia Pallon,
01:07:54bonjour.
01:07:55Bonjour Brigitte.
01:07:56Merci d'être avec nous.
01:07:57On va parler de votre spectacle
01:07:58dans un instant
01:07:59mais Jean-Charles Bouchoux
01:08:00va devoir nous quitter
01:08:00un peu vite
01:08:01parce qu'il a un train
01:08:02à prendre.
01:08:04mais les fantasmes
01:08:05c'est une manière aussi
01:08:06de mieux se connaître
01:08:07je trouve
01:08:08de comprendre
01:08:10nos fantasmes, non ?
01:08:12Oui, oui, oui.
01:08:13Les fantasmes
01:08:14c'est quelque chose
01:08:14de très utile
01:08:15je l'ai dit tout à l'heure
01:08:16ça nous permet de rêver
01:08:18ça nous permet de nous évader
01:08:19ça nous permet parfois
01:08:20d'échapper un petit peu
01:08:21à une réalité pénible
01:08:23je me rappelle de quelqu'un
01:08:24qui me disait
01:08:25quand je me dispute
01:08:26avec ma compagne
01:08:27je fantasme sur ma voisine
01:08:29mais quand ça va bien
01:08:30avec ma compagne
01:08:32j'oublie ma voisine
01:08:33Oui, à partir du moment
01:08:35où il n'en parle pas
01:08:35à sa femme
01:08:35Il n'en a jamais parlé
01:08:36à personne
01:08:36il ne s'est jamais rien passé
01:08:37avec la voisine
01:08:38Non, non, non, bien sûr
01:08:39c'est juste un fantasme
01:08:40mais encore une fois
01:08:40moi je n'aime pas trop
01:08:41cette phrase
01:08:42qu'on entend parfois
01:08:43il faut réaliser ses fantasmes
01:08:45Ah non, non, ça c'est plus une bêtise
01:08:46C'est ridicule, c'est ridicule
01:08:47pourquoi pas
01:08:47mais je veux dire
01:08:48il ne faut pas
01:08:49Mais à ce moment là
01:08:49c'est plus un fantasme
01:08:50Le fantasme par définition
01:08:51c'est quelque chose
01:08:52qu'on ne fait pas
01:08:52Une fois qu'on est passé à l'acte
01:08:54ce n'est plus un fantasme
01:08:55ça devient passage à l'acte
01:08:57Tout à fait
01:08:57Voilà
01:08:59Et donc
01:09:00il faut aider aussi
01:09:01les gens
01:09:03à avancer
01:09:03dans leur fantasmatique
01:09:05Je trouve que
01:09:06dans l'ensemble
01:09:07les gens manquent de fantasmes
01:09:08Ah oui, de rêves en fait
01:09:09Oui, oui
01:09:10On ne reste plus quoi
01:09:11Et d'ailleurs
01:09:11encore une fois
01:09:12le fantasme
01:09:13certainement pas
01:09:14ce qu'on va dire
01:09:14avec Julia Palomb
01:09:15parce qu'on va sans doute
01:09:18parler des fantasmes sexuels
01:09:19mais un fantasme
01:09:20ce n'est pas forcément sexuel
01:09:21Non, non, non
01:09:22On peut avoir le fantasme
01:09:23de faire le tour du monde
01:09:25Oui
01:09:26On peut même le rêver
01:09:27on peut même le préparer
01:09:28et ne jamais partir
01:09:30Exactement
01:09:30Mais ça aurait été bien agréable
01:09:31de le préparer
01:09:31Oui
01:09:32Et je dirais même
01:09:33que les fantasmes
01:09:34ça nous aide
01:09:35dans des moments
01:09:35un peu difficiles
01:09:36de s'évader
01:09:38de son quotidien
01:09:39qui n'est pas simple
01:09:41Quand on a
01:09:42des problèmes d'argent
01:09:43on peut rêver
01:09:44qu'on va fantasmer
01:09:45enfin on peut fantasmer
01:09:46qu'on va vivre
01:09:46Il faut faire attention
01:09:47aussi que le fantasme
01:09:49ne vienne pas
01:09:50trop corriger une réalité
01:09:51parce qu'il va falloir
01:09:52si vous avez des problèmes
01:09:53d'argent
01:09:53aller bosser
01:09:54Oui, oui, bien sûr
01:09:54Fantasme ne rapporte pas
01:09:55grand chose
01:09:58C'est un évitement
01:10:00C'est quelquefois
01:10:01un évitement
01:10:01de voir la réalité en face
01:10:02donc un petit peu
01:10:04de fantasme
01:10:05point trop n'en faut
01:10:06Bien sûr
01:10:07et c'est vrai
01:10:08que le fantasme
01:10:09dans la sexualité
01:10:10c'est pareil
01:10:10à un moment donné
01:10:11il faut quand même
01:10:11agir un peu
01:10:12sa sexualité
01:10:13il ne faut pas faire
01:10:13que fantasmer
01:10:14Eh bien merci
01:10:15Jean-Charles Luchoux
01:10:17de ces presque deux heures
01:10:18que vous avez passées
01:10:19avec nous
01:10:19et puis on vous retrouve
01:10:21le 6 mai
01:10:22et cette fois-ci
01:10:23le livre sera
01:10:24dans
01:10:25Il sera dans
01:10:25les librairies
01:10:26Dans les librairies
01:10:27Ces traumas
01:10:27qui nous possèdent
01:10:29aux éditions
01:10:30Guiteret Daniel
01:10:30Voilà
01:10:31et qu'on peut déjà
01:10:32précommander
01:10:33et comme ça
01:10:34c'est bien
01:10:34parce que les auditeurs
01:10:35l'auront déjà lu
01:10:36quand on fera l'émission
01:10:38Sauf que s'ils le précommandent
01:10:40ils ne le recevront pas
01:10:41le 6 mai
01:10:41puisqu'on fait l'émission
01:10:42le 6 mai
01:10:43et qu'il sort le 7 mai
01:10:45Mais ils peuvent
01:10:46le précommander
01:10:47Ils l'auront
01:10:47le 7 le jour J
01:10:50Voilà
01:10:51Merci beaucoup
01:10:52Jean-Charles Bouchoux
01:10:53Merci beaucoup
01:10:53Julia Pallon
01:10:55Bonjour
01:10:55Merci d'être avec nous
01:10:57On va réagir
01:10:58évidemment
01:10:59sur les fantasmes
01:11:00Vous rejouez
01:11:01votre spectacle
01:11:03le 3
01:11:04c'est-à-dire
01:11:05ce soir
01:11:06Vendredi
01:11:06Oui ce soir
01:11:07En solo
01:11:08Au solo
01:11:09pardon
01:11:09C'est un théâtre
01:11:10c'est ça ?
01:11:11En solo
01:11:11Au solo
01:11:12Exactement
01:11:12C'est ça
01:11:13Le solo théâtre
01:11:14c'est un nouveau lieu
01:11:15très branché
01:11:17super près de République à Paris
01:11:19D'accord
01:11:19et ça s'appelle
01:11:20Fantasy à nouveau
01:11:21ça c'est le titre
01:11:23de votre spectacle
01:11:24et est-ce que c'est
01:11:26exactement comme
01:11:26la dernière fois
01:11:27c'est-à-dire
01:11:28vous demandez
01:11:29aux spectateurs
01:11:31pardon
01:11:31d'écrire des fantasmes
01:11:33et vous les interprétez
01:11:34sur scène
01:11:34c'est ça ?
01:11:35Oui c'est une expérience
01:11:36collective d'imagination
01:11:37on parlait du fantasme
01:11:38à l'instant
01:11:39et on disait justement
01:11:41c'est cette faculté
01:11:42à imaginer
01:11:43parfois lorsqu'on parle
01:11:45de fantasme
01:11:46on croit forcément
01:11:46qu'on va parler de sexe
01:11:48mais parler de fantasme
01:11:49c'est avant tout
01:11:50parler de liberté
01:11:50et de cette capacité
01:11:52qu'on a
01:11:52à ouvrir cette boîte
01:11:54notre imagination
01:11:55et à laisser circuler
01:11:58les émotions
01:11:59les souvenirs
01:12:00les rêves
01:12:01les idées
01:12:02donc oui
01:12:03c'est ça qui se passe
01:12:04depuis trois ans
01:12:05à chaque soirée
01:12:06que je fais
01:12:07en France
01:12:08ou même
01:12:08je l'avais fait
01:12:09à New York
01:12:09et puis là
01:12:10je suis heureuse
01:12:11de le faire
01:12:11à Paris ce soir
01:12:12et bien
01:12:12je propose
01:12:13aux spectateurs
01:12:14de décrire
01:12:16leurs fantasmes
01:12:18du moment
01:12:18leurs fantasmes secrets
01:12:20anonymement
01:12:21sur un petit bout de papier
01:12:22et je défais
01:12:23évidemment
01:12:24tous ces bouts de papier
01:12:26on va parler justement
01:12:28de ces bouts de papier
01:12:29qu'est-ce qu'il y a dessus
01:12:30mais vous dites
01:12:31le fantasme
01:12:32c'est le muscle
01:12:32de notre désir
01:12:33c'est-à-dire
01:12:34c'est-à-dire
01:12:35je remarque
01:12:36depuis là
01:12:37toutes ces années
01:12:38que je fais ce spectacle
01:12:39je remarque
01:12:40qu'au plus
01:12:41c'est toujours pareil
01:12:42au plus on fantasme
01:12:43au plus
01:12:44on est dans une
01:12:46facilité
01:12:47à prendre
01:12:47ce pont magique
01:12:49qui nous emmène
01:12:49dans notre
01:12:51monde imaginaire
01:12:52et inversement
01:12:53au moins on fantasme
01:12:54au moins on y arrive
01:12:55donc je dis
01:12:55que c'est un muscle
01:12:56parce que
01:12:56ça demande
01:12:57un peu d'entraînement
01:12:58pour quelqu'un
01:12:59qui n'a pas l'habitude
01:13:00ça voudrait dire
01:13:01que quand on n'a pas
01:13:01beaucoup de fantasmes
01:13:02c'est que finalement
01:13:03on est assez
01:13:05absent de son désir
01:13:07je crois effectivement
01:13:08qu'il y a un lien
01:13:09entre le désir
01:13:11et notre possibilité
01:13:14notre faculté
01:13:14à nous autoriser
01:13:15à fantasmer
01:13:16oui
01:13:17mais ce qui est intéressant
01:13:18c'est que souvent
01:13:19les gens qui disent
01:13:20qu'ils n'ont pas de fantasmes
01:13:21c'est ceux généralement
01:13:22qui ont les plus beaux
01:13:23et les plus gros
01:13:24c'est juste qu'ils ne les
01:13:25ils ne les ont pas encore
01:13:26mais parce qu'ils leur font
01:13:28peur
01:13:28peut-être
01:13:30inconsciemment
01:13:31ces fantasmes
01:13:33restent
01:13:33en deçà
01:13:34d'eux-mêmes
01:13:36puisque ça leur fait peur
01:13:37justement parce que
01:13:38c'est des fantasmes énormes
01:13:39oui
01:13:40et c'est aussi pour ça
01:13:41que j'ai créé ce spectacle
01:13:42pour montrer
01:13:43qu'on peut rire
01:13:44de tous ces fantasmes
01:13:45le rire évidemment
01:13:46c'est le meilleur passeport
01:13:47pour parler des choses
01:13:47qui gênent
01:13:48et on va au théâtre aussi
01:13:49pour parler des choses
01:13:50qui gênent
01:13:50sinon on resterait
01:13:51dans notre salon
01:13:52donc c'est intéressant aussi
01:13:53de venir un peu
01:13:54se faire
01:13:55se faire retourner
01:13:56j'allais dire c'est un peu fort
01:13:57mais se faire un peu secouer
01:14:00en tout cas
01:14:01ça peut être un fantasme
01:14:02de se faire retourner
01:14:03est-ce que vous pensez pas
01:14:04quand même
01:14:05qu'on est dans une société
01:14:06actuellement
01:14:07où on est beaucoup
01:14:08dans le réel
01:14:09dans le sexe
01:14:10la pornographie
01:14:11elle est très loin
01:14:12de l'érotisme
01:14:13il n'y a plus beaucoup
01:14:14de transgressions possibles
01:14:18on dit souvent
01:14:19que dans une société
01:14:20où quelque part
01:14:21le sexe est un petit peu
01:14:25derrière
01:14:25derrière
01:14:26les grands
01:14:28les grands
01:14:30enfin
01:14:30les devantures
01:14:32si je puis dire
01:14:32derrière les devantures
01:14:34et pas
01:14:34en vitrine
01:14:37la transgression
01:14:38est un support
01:14:39fantasmatique
01:14:40extraordinaire
01:14:41vous êtes d'accord
01:14:41avec ça ?
01:14:42est-ce que vous pensez
01:14:42que notre société
01:14:43justement
01:14:45n'est pas suffisamment
01:14:46enfin
01:14:47trop justement
01:14:48à montrer du sexe
01:14:49partout
01:14:49et que c'est peut-être ça
01:14:50qui nuit aussi
01:14:51à la fantasmatique
01:14:52des gens ?
01:14:53Oui je suis tout à fait d'accord
01:14:54je pense qu'effectivement
01:14:56l'érotisme
01:14:56a été troqué
01:14:58la pornographie
01:14:59a remplacé
01:15:00l'érotisme
01:15:01sur le devant
01:15:01de la scène
01:15:02et c'est ce qui donne lieu
01:15:04finalement
01:15:05ça ramollit
01:15:06un peu tout le monde
01:15:07je ne parle pas forcément
01:15:09du sexe
01:15:10mais
01:15:10ça
01:15:11c'est presque
01:15:13ça devient comme ça
01:15:14un peu mou
01:15:15parce que justement
01:15:16il n'y a plus rien
01:15:17à transgresser
01:15:17mais pour moi
01:15:18la plus belle des transgressions
01:15:20elle est poétique
01:15:21c'est-à-dire
01:15:22aujourd'hui justement
01:15:23de remettre du mystère
01:15:24et d'oser
01:15:26aller s'aventurer
01:15:27dans ces chemins
01:15:29du fantasme
01:15:30ça devient presque
01:15:31une résistance
01:15:31parce que plus personne
01:15:32n'y va
01:15:32justement
01:15:34tout le monde
01:15:34est dans un sexe
01:15:36performatif
01:15:37une performance
01:15:38et pour moi
01:15:39ce n'est pas du tout ça
01:15:40le sexe
01:15:41je l'ai toujours dit
01:15:42j'ai toujours dit
01:15:43que c'était de la poésie
01:15:44on voit bien
01:15:45on en parlera d'ailleurs
01:15:46mardi
01:15:46avec mon invité
01:15:48on voit bien par exemple
01:15:49les jeunes
01:15:52font l'amour
01:15:53très très vite
01:15:54parfois même
01:15:55le premier soir
01:15:56quand ils se rencontrent
01:15:57grâce à un site de rencontre
01:15:58est-ce que ça
01:15:59tue pas aussi
01:16:00un peu la fantasmatique
01:16:01parce que finalement
01:16:02quand on désire quelqu'un
01:16:04et qu'on ne sait pas très bien
01:16:05comment ça va se passer
01:16:06on peut fantasmer
01:16:08sur justement
01:16:09ce qui va se passer
01:16:10alors que si on fait l'amour
01:16:11le premier soir
01:16:12finalement
01:16:13on n'a pas laissé de place
01:16:14du tout au fantasme
01:16:16je suis complètement d'accord
01:16:17je pense qu'il faut
01:16:18absolument remettre
01:16:19du mystère
01:16:19et je ne cesse
01:16:20de le répéter
01:16:21sur scène
01:16:22ou quand j'en ai
01:16:23l'occasion à la radio
01:16:24il faut cesser
01:16:27cette société
01:16:28de la transparence
01:16:29y compris dans
01:16:29le sentiment amoureux
01:16:30ça tue complètement
01:16:32le désir
01:16:33et on le voit
01:16:33les couples ne durent pas
01:16:34les chiffres
01:16:36prouvent
01:16:37ce que vous êtes
01:16:37en train de dire
01:16:38les chiffres sont
01:16:39de notre côté
01:16:40c'est à dire que
01:16:41on n'est pas
01:16:42dans une société
01:16:43où les couples
01:16:44sont heureux
01:16:45et durs
01:16:47donc
01:16:47je pense effectivement
01:16:49qu'il y a un problème
01:16:49de mystère
01:16:50qu'il y a un problème
01:16:50de fantasmagorie
01:16:52cette capacité
01:16:53qu'on a
01:16:54je regardais encore
01:16:55ça voudrait dire
01:16:56que finalement
01:16:57l'amour a besoin
01:16:58de fantasmes
01:16:59ah oui
01:17:00l'amour a besoin
01:17:00de mystère
01:17:01l'amour a besoin
01:17:02d'érotisme
01:17:03il faut un petit peu
01:17:04quand même
01:17:05de retenue
01:17:06c'est à dire aussi
01:17:07cette façon
01:17:09c'est aussi la communication
01:17:10qui nous a fait ça
01:17:11c'est à dire qu'on a dit
01:17:12communiquons
01:17:12communiquons
01:17:13dans le couple
01:17:13alors tout le monde
01:17:14s'est mis à communiquer
01:17:15mais en se défoulant
01:17:18et en se déversant
01:17:19aussi sur l'autre
01:17:20et c'est vrai
01:17:21que quand l'autre
01:17:21devient
01:17:22on ne nique plus
01:17:24c'est ça
01:17:25et pourtant
01:17:25dans communiqué
01:17:26il y a
01:17:28on va en reparler
01:17:29dans un instant
01:17:30et on va parler
01:17:31plus particulièrement
01:17:32de votre spectacle
01:17:32Julia Palombe
01:17:33et puis c'est important
01:17:35parce que
01:17:36ça peut vous aider
01:17:37à mieux comprendre
01:17:38justement
01:17:39ce que peut vous apporter
01:17:40le fantasme
01:17:40c'est ce soir
01:17:41au solo
01:17:43près de la république
01:17:4514h-16h
01:17:46Brigitte Lae
01:17:47Sud Radio
01:17:48et bien nous
01:17:50ne sommes plus
01:17:50avec Jean-Charles Bouchoud
01:17:51qui est parti
01:17:52prendre son train
01:17:53et qui reviendra
01:17:54je vous l'ai dit
01:17:55le 6 mai
01:17:56pour reprendre
01:17:57cette question
01:17:59des traumas
01:18:00qui nous possèdent
01:18:01mais tout de suite
01:18:02on retrouve
01:18:02Julia Palombe
01:18:03qui elle est bien là
01:18:04ce n'est pas un fantasme
01:18:06elle est là
01:18:07et c'est drôle
01:18:08d'ailleurs
01:18:08parce que vous
01:18:09qui parlez
01:18:09du mystère
01:18:11qui parlez
01:18:11de la nécessité
01:18:12de laisser du mystère
01:18:14avouez que vous êtes
01:18:14quand même
01:18:15toujours habillée
01:18:16de manière
01:18:16très très sexy
01:18:19et qui laisse
01:18:20peu de place
01:18:23au mystère
01:18:23quand même
01:18:24Julia
01:18:24je ne sais pas
01:18:25si le mystère
01:18:26est dans la longueur
01:18:27de la jupe
01:18:27mais c'est vrai
01:18:28que je suis quelqu'un
01:18:28d'assez libérée
01:18:30et facilement
01:18:32à me montrer
01:18:33on ne s'en plaint pas
01:18:34on ne s'en plaint pas
01:18:34en tout cas
01:18:35ce soir
01:18:36vous serez
01:18:36pour votre spectacle
01:18:38fantasy
01:18:39on en a déjà parlé
01:18:40dans cette émission
01:18:41vous le jouez
01:18:41depuis 2023
01:18:43je crois
01:18:43et vous avez donc
01:18:45trouvé cette manière
01:18:47de faire un spectacle
01:18:48avec les fantasmes
01:18:50des spectateurs
01:18:52pardon
01:18:52ils écrivent
01:18:53sur un petit bout de papier
01:18:54un fantasme
01:18:55et vous le jouez
01:18:57sur scène
01:18:57en fonction
01:18:58des papiers
01:18:59que vous avez
01:18:59donc chaque fois
01:19:01c'est un challenge différent
01:19:03alors
01:19:04oui c'est un vrai défi
01:19:05pour moi
01:19:06mais c'est aussi
01:19:07une vraie expérience
01:19:08pour le public
01:19:09on vit quelque chose
01:19:10ensemble
01:19:11qui est de l'ordre
01:19:12de l'exploration
01:19:13et je tiens évidemment
01:19:16à ce que ce soit drôle
01:19:18alors sur scène
01:19:18je chante
01:19:19je joue
01:19:20j'ai mon ukulélé
01:19:21je décrypte finalement
01:19:23ces fantasmes
01:19:25sans rien m'interdire
01:19:28qu'est-ce qui vous surprend
01:19:30parfois
01:19:31est-ce que vous avez
01:19:31comme ça
01:19:32des choses
01:19:33qui vous ont vraiment
01:19:34surprise
01:19:36voire même
01:19:36peut-être choquée
01:19:37ici on peut tous se dire
01:19:39sur Sud Radio
01:19:39on parle vrai
01:19:40oui
01:19:41choquée je suppose
01:19:42que à ce moment-là
01:19:44vous n'allez pas le faire
01:19:45si ça vous est arrivé
01:19:46ça m'est arrivé
01:19:47il y a eu un fantasme
01:19:50de faire l'amour
01:19:51avec mon père
01:19:52c'était
01:19:53donc c'est clairement
01:19:54un fantasme
01:19:57à ne pas réaliser
01:19:58on est bien d'accord
01:19:59pour le coup on disait
01:20:00il y en a à réaliser
01:20:01il y en a qu'on peut
01:20:02imaginer réaliser
01:20:04il y en a d'autres
01:20:04qui dans la réalité
01:20:05sont interdits
01:20:06encore une fois
01:20:06profitez-en pour le rappeler
01:20:08on a le droit
01:20:09de fantasmer
01:20:11on a le droit
01:20:11d'avoir n'importe quel fantasme
01:20:13c'est le passage
01:20:14à l'acte
01:20:15qui est interdit
01:20:16et si on a des fantasmes
01:20:17de ce genre
01:20:18peut-être que c'est bien
01:20:19d'aller consulter
01:20:20pour justement
01:20:21ne pas passer à l'acte
01:20:22exactement
01:20:23c'est ça qu'il y a
01:20:24d'intéressant aussi
01:20:25avec le fantasme
01:20:26c'est que
01:20:26c'est pas dangereux
01:20:28d'avoir des fantasmes
01:20:29par contre
01:20:29c'est dangereux
01:20:30de les nier
01:20:30parce que nier
01:20:32ces désirs
01:20:32ces fantasmes
01:20:33c'est évidemment
01:20:34tomber dans
01:20:35je refoule
01:20:36et donc ça devient
01:20:37quelque chose
01:20:38de monstrueux
01:20:39c'est souvent d'ailleurs
01:20:41je rappelle toujours
01:20:42cette chose horrible
01:20:43quand on a
01:20:45de toute façon
01:20:46quelqu'un qui a tué
01:20:47toute une famille
01:20:48ou tout etc
01:20:49vous avez les voisins
01:20:50qui disent
01:20:50ah pourtant il était
01:20:51tellement gentil
01:20:52oui
01:20:53justement
01:20:53c'est quand on est
01:20:54tellement gentil
01:20:55qu'on n'a pas de fantasme
01:20:56qu'il y a quelque chose
01:20:58qui
01:20:59une sorte de volcan
01:21:00éteint
01:21:01mais qui va se rallumer
01:21:02à un des moments
01:21:03voilà
01:21:03donc c'est pour ça
01:21:04que c'est important
01:21:05de bien rappeler
01:21:05et aussi le jeu
01:21:07dans ce spectacle
01:21:08fantaisie
01:21:08c'est que c'est moi
01:21:09qui vais énoncer
01:21:11les fantasmes
01:21:12qui sont donc
01:21:12sur ces petits papiers
01:21:14et il y a un effet
01:21:16comme ça
01:21:16c'est tout à fait différent
01:21:18d'écrire son fantasme
01:21:19et de l'entendre
01:21:20de ma voix
01:21:21lorsque je suis sur scène
01:21:23c'est thérapeutique
01:21:24vous diriez ?
01:21:25oui
01:21:25je dirais que je ne suis pas
01:21:26une thérapeute
01:21:27mais en l'occurrence
01:21:28ce spectacle est thérapeutique
01:21:29parce qu'il libère énormément
01:21:31et c'est marrant
01:21:31parce que les spectateurs
01:21:33oui les spectateurs
01:21:34c'est bien ça
01:21:36ils arrivent en se disant
01:21:38oh là là
01:21:38je suis sûre que les autres
01:21:39ils vont avoir des fantasmes
01:21:40de fous
01:21:41et puis en réalité
01:21:42quand je lis
01:21:43leurs fantasmes
01:21:44ils se rendent compte
01:21:46que c'est tout aussi fou
01:21:47on est toujours le fou
01:21:48d'un autre
01:21:49c'est pas vraiment
01:21:50tous les fantasmes
01:21:51paraissent fous
01:21:52quand c'est pas de soi
01:21:54qu'ils sortent
01:21:56néanmoins
01:21:56ils ont besoin
01:21:57de sortir
01:21:58c'est la fameuse phrase
01:21:58la pornographie
01:21:59c'est l'érotisme
01:22:00des autres
01:22:00bien sûr
01:22:01c'est pareil
01:22:02avec le fantasme
01:22:03évidemment
01:22:03et donc
01:22:05je suis toujours étonnée
01:22:07par
01:22:08parfois les fantasmes
01:22:09sont très étonnantes
01:22:10par exemple
01:22:10la dernière fois
01:22:10c'était dans un bain
01:22:12de pulpe de fraises
01:22:13je me disais
01:22:13mais comme c'est étrange
01:22:14j'aurais jamais pensé à ça
01:22:17ça devait être quelqu'un
01:22:18qui avait besoin
01:22:19de ramener sa fraise
01:22:20non c'est ça
01:22:23exactement
01:22:23il y a aussi
01:22:25beaucoup de romantisme
01:22:27finalement aussi
01:22:28je remarque
01:22:28qu'il y a une autorisation
01:22:30à être romantique
01:22:31c'est intéressant
01:22:31ce que vous dites
01:22:32parce que c'est ce que
01:22:33j'explique parfois
01:22:33à des femmes
01:22:34qui pensent
01:22:35ne pas avoir de fantasmes
01:22:36c'est en fait
01:22:37parce qu'elles ont
01:22:38des fantasmes
01:22:38très romantiques
01:22:39elles ont par exemple
01:22:40le fantasme
01:22:41que le voisin
01:22:43glisse la main
01:22:44sous leur jupe
01:22:45à un moment
01:22:46ou au prochain conseil
01:22:50et en fait
01:22:50c'est un fantasme
01:22:51un fantasme
01:22:52ça n'a pas besoin
01:22:53d'être l'envie
01:22:55de faire
01:22:56je ne sais quoi
01:22:57de faire l'amour
01:22:58en haut de la tour Eiffel
01:22:59un fantasme
01:23:00c'est parfois
01:23:00quelque chose
01:23:01de très simple
01:23:02de très doux
01:23:02de très gentil
01:23:03c'est de la sensualité
01:23:05c'est lorsqu'un sens
01:23:06est mis en exergue
01:23:08qu'il y a un frisson
01:23:09il y a même des fantasmes
01:23:10parfois qui sont
01:23:12a priori pas sexuels
01:23:13je pense par exemple
01:23:14un fantasme
01:23:14qui avait été écrit
01:23:15lors du dernier spectacle
01:23:16c'était
01:23:17marcher pieds nus
01:23:18à l'Elysée
01:23:18bon a priori
01:23:19ça n'a rien de sexuel
01:23:21mais pourtant
01:23:22ça raconte quand même
01:23:23quelque chose
01:23:24il y a une sensation
01:23:26du pieds nus
01:23:27sur le marbre de l'Elysée
01:23:29ou sur le parquet
01:23:30de l'Elysée
01:23:31je ne sais pas
01:23:32mais en tout cas
01:23:33c'est toujours
01:23:36intéressant
01:23:36quel que soit
01:23:37le fantasme
01:23:38mais vous voyez
01:23:38ce que je trouve
01:23:40intéressant
01:23:40dans ce que vous dites
01:23:41c'est que dans
01:23:42le fantasme
01:23:43c'est un peu comme le rêve
01:23:44c'est à dire qu'il y a
01:23:45une interprétation
01:23:46qui peut être intéressante
01:23:47aussi à faire
01:23:48marcher pieds nus
01:23:49dans l'Elysée
01:23:49qu'est-ce que ça signifie
01:23:50la personne pourrait
01:23:52en expliquant
01:23:53un petit peu
01:23:54le symbolisme
01:23:56du fantasme
01:23:57comprendre quelque chose
01:24:00on peut avoir
01:24:01envie de marcher
01:24:01pieds nus
01:24:02sur une plage
01:24:03ou avoir envie
01:24:04de marcher pieds nus
01:24:05sur des cactus
01:24:06à l'Elysée
01:24:07c'est pas tout à fait
01:24:08la République
01:24:10ou rencontrer
01:24:11au détour
01:24:12d'un couloir
01:24:14prendre son pied
01:24:15monsieur le président
01:24:16prendre son pied
01:24:17mais dans un
01:24:18dans un cercle
01:24:19de pouvoir
01:24:19dans un environnement
01:24:21de pouvoir
01:24:21donc prendre le pouvoir
01:24:22il y a plein de choses
01:24:23qu'on peut dire
01:24:24c'est une idée
01:24:24qui me vient comme ça
01:24:25faire l'amour
01:24:26sur la République
01:24:28non non non
01:24:28c'est pas du tout
01:24:29un fantasme
01:24:30que je vais vous proposer
01:24:31c'est une idée
01:24:32je trouve que
01:24:33si on est avec des amis
01:24:34où il y a
01:24:35une certaine
01:24:37complicité
01:24:37et des amis
01:24:38assez libérés
01:24:39ça peut être rigolo
01:24:40d'ailleurs
01:24:40de se raconter un fantasme
01:24:42et que chacun
01:24:42essaye d'élaborer
01:24:43le fantasme de l'autre
01:24:44et on va partir
01:24:45dans un imaginaire
01:24:48qui va être très drôle
01:24:49très riche
01:24:50c'est à dire que
01:24:52si on jouait
01:24:54un peu plus
01:24:54justement
01:24:55avec nos fantasmes
01:24:56je pense qu'on libérerait
01:24:58beaucoup de notre
01:24:59de tout ce qui est
01:25:00coincé chez nous
01:25:01mais c'est exactement
01:25:03le pitch
01:25:04de mon spectacle
01:25:05mais oui
01:25:05et souvent
01:25:07c'est ça qui se passe
01:25:08parce qu'il y a des gens
01:25:09qui viennent au spectacle
01:25:09parce qu'ils ont été invités
01:25:11par d'autres
01:25:11qui ne connaissent pas forcément
01:25:13mon travail jusque là
01:25:14donc ils ne savent pas
01:25:15forcément à quoi s'attendre
01:25:16mais tous
01:25:17en partant de là
01:25:18ils ont été tellement
01:25:19excités dans l'imaginaire
01:25:21et on a tellement ri
01:25:22que soudain
01:25:23ça devient possible
01:25:24de jouer dans la chambre
01:25:25d'un chambre à coucher
01:25:26ce qui n'est pas une évidence
01:25:28pour tout le monde
01:25:29soudain
01:25:30on se dit
01:25:30ah mais
01:25:31ah mais oui
01:25:32en fait je peux
01:25:33et si j'étais
01:25:34le chevalier
01:25:35et si elle était
01:25:37la voisine
01:25:38non mais
01:25:38tout à coup
01:25:39ça devient complètement
01:25:41une porte s'ouvre
01:25:42et donc pour mettre
01:25:44en scène
01:25:44les fantasmes
01:25:45à la fois
01:25:46vous vous servez
01:25:47de la chanson
01:25:48de la musique
01:25:50et de la comédie
01:25:52évidemment
01:25:52oui oui oui
01:25:53et puis
01:25:54il y a de l'interactivité
01:25:56lorsque le public
01:25:57a envie
01:25:58je sens tout de suite
01:25:59les personnes
01:26:00dans la salle
01:26:01qui sont
01:26:02voilà
01:26:02avec qui il est possible
01:26:04de rire
01:26:06ou même
01:26:06de les faire participer
01:26:07il m'est arrivé
01:26:08il y a tout un jeu
01:26:09avec un groom
01:26:10donc je choisis
01:26:11un homme dans la salle
01:26:12qui va être
01:26:13qui va répondre
01:26:14à ma sonnette
01:26:15chaque soir
01:26:17donc il y a comme ça
01:26:18des petits jeux de rôle
01:26:19qui s'installent
01:26:21qui sont assez intéressants
01:26:23et vous avez un public
01:26:23qui vient plutôt
01:26:24en couple
01:26:25j'imagine
01:26:26alors vraiment
01:26:27il y a des couples
01:26:28des femmes seules
01:26:29des mecs
01:26:30en anniversaire
01:26:32qui sont venus
01:26:33en bande de mecs
01:26:33il y a des
01:26:35aussi
01:26:36je plais beaucoup
01:26:37je le dis
01:26:38au public homosexuel
01:26:40ou LGBT plus
01:26:41etc
01:26:41ce qui ne m'étonne pas
01:26:42tellement
01:26:42voilà
01:26:43j'ai vraiment
01:26:44un public très varié
01:26:45qui sont souvent
01:26:46d'ailleurs
01:26:46un peu plus libres
01:26:48avec leurs fantasmes
01:26:49ils sont drôles
01:26:50ils sont très drôles
01:26:52avec leurs fantasmes
01:26:54oui
01:26:55ils jouent beaucoup
01:26:56avec les mots aussi
01:26:58avec les mots
01:26:59avec l'organe
01:27:00avec leurs organes
01:27:01c'est
01:27:02moi je me rappelle
01:27:04la dernière fois
01:27:04ils étaient plusieurs
01:27:06au premier rang
01:27:07et on a vraiment
01:27:07énormément
01:27:09on a beaucoup ri
01:27:10on a beaucoup ri
01:27:11parce qu'ils sont
01:27:12participatifs
01:27:13et que généralement
01:27:14effectivement
01:27:14ils ont cette capacité
01:27:16à jouer
01:27:17et imaginer
01:27:17qui est un peu plus forte
01:27:19souvent
01:27:20souvent bien sûr
01:27:21donc c'est ce soir
01:27:22au Soho
01:27:23c'est un théâtre
01:27:24près de la République
01:27:26vous avez déjà
01:27:27il reste encore
01:27:28quelques places
01:27:28votre spectacle
01:27:30fantaisie
01:27:30vous allez le jouer
01:27:31ensuite
01:27:32pour l'instant
01:27:33il n'y a qu'un seul soir
01:27:34pour l'instant
01:27:35à Paris
01:27:35c'est un seul soir
01:27:37ça fait trois ans déjà
01:27:38donc il est possible
01:27:39qu'il y ait une pause après
01:27:41et vous allez
01:27:42peut-être aller
01:27:43un peu en province
01:27:44oui
01:27:45il va y avoir
01:27:46mais je suis dans
01:27:48un festival
01:27:48après où je présente
01:27:50la suite de mon travail
01:27:52un nouveau spectacle
01:27:53arrive
01:27:53donc voilà
01:27:55vous reviendrez
01:27:56nous en parler
01:27:56avec grand plaisir
01:27:57en tout cas merci
01:27:58d'avoir parlé
01:28:00Fantasme
01:28:00ça fait toujours du bien
01:28:01ça peut aider
01:28:02certaines personnes
01:28:03peut-être à s'en libérer
01:28:04un petit peu
01:28:05encore une fois
01:28:06rappelons-le
01:28:06il ne faut pas
01:28:07réaliser ses fantasmes
01:28:09mais il faut en avoir
01:28:10voilà
01:28:11la bonne santé
01:28:12le mot de l'érotique
01:28:13tout de suite
01:28:15vous retrouvez
01:28:15Alexandre Deleuven
01:28:16pour C'est votre avenir
01:28:18nous nous retrouverons
01:28:20lundi
01:28:20avec une émission
01:28:21sur les addictions
01:28:23qui sera donc
01:28:24avec évidemment
01:28:25Laurent Carilla
01:28:26parce que quand on parle
01:28:27d'addiction
01:28:27on est forcément
01:28:28avec Laurent Carilla
01:28:29il n'y a pas
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