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  • il y a 21 heures
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:04C'était une jeune femme timide, très réservée sur elle-même.
00:10C'est quelqu'un, Isabelle, avec qui on pouvait difficilement être en désaccord.
00:15Bonjour, Eric Mosser, chauffagiste, 45 ans, en septembre 2013,
00:21quand on découvre son épouse assassinée.
00:23Huit coups de couteau, des mensonges, une vie sentimentale agitée,
00:27suffisant pour faire du mari le suspect numéro 1.
00:31La prison va donc se refermer sur lui, il nie, et s'il s'agissait d'une erreur judiciaire.
00:38Eric Mosser, le meurtre de la rue du Château, l'heure du crime,
00:41la seule émission Radio 100% fait divers, c'est tout de suite sur RTL.
00:51Jeudi 12 septembre 2013, 17h20,
00:54Les gendarmes sont appelés rue du Château, sur les hauteurs du village d'Ilefourte,
00:59à 13 kilomètres de Mulhouse.
01:01Une femme inanimée a été découverte ici.
01:04Le plombier chauffagiste, Eric Mosser, 45 ans, les attend.
01:07Sur le seuil d'une imposante maison, sa belle-sœur, Karine Bodin,
01:12dont la famille occupe l'autre partie de la demeure, est avec lui.
01:15L'artisan, en tenue de travail, est en état de choc,
01:18quand sa belle-sœur l'a prévenu que son épouse Isabelle n'était pas passée à l'école
01:24pour y chercher leur fille de 7 ans et leur petit cousin.
01:26Il est rentré dardard.
01:29En entrant, il a découvert les pièces sans dessus-dessous.
01:32Tout est renversé, dit-il.
01:34Puis, il a vu sa femme, qui gît dans une mare de sang,
01:37Isabelle Mosser, vêtue d'un survêtement d'intérieur,
01:40est morte après avoir reçu 8 coups de couteau,
01:431 dans la poitrine, 7 dans le dos.
01:46Selon le légiste, les coups ont été portés de façon rapide.
01:50Par surprise, la victime ne s'est pas défendue.
01:53Impossible de préciser l'heure du décès.
01:55« Entre la matinée et le début de l'après-midi », dit le médecin.
01:59Karine a vu sa sœur à 7h45.
02:01Isabelle lui a confié sa fille pour l'emmener à l'école.
02:04Éric Mosser, lui, est parti au travail une demi-heure plus tard.
02:08À 9h08, Isabelle n'a pas répondu à un appel de sa mère.
02:12Dès lors, plus personne n'est parvenu à la joindre.
02:16Jeudi 19 septembre, une information judiciaire pour meurtre est ouverte.
02:19Les gendarmes multiplient les vérifications.
02:22Dans la tranquille rue du château, personne n'a rien vu, rien entendu.
02:25L'hypothèse du cambriolage laisse les enquêteurs perplexes.
02:29Les tiroirs ont été retirés des meubles en douceur.
02:32Les dégâts sont minimes.
02:34Aucun objet précieux n'a été emporté.
02:37Le voleur n'a pas pris les bijoux, n'a pas pris le téléphone, n'a pas pris l'argent.
02:42Éric Mosser déclare un vol de 500 euros en espèces.
02:45Pourquoi un individu aurait surpris Isabelle Mosser ?
02:48L'aurait poignardé dans le dos pour laisser d'air, lui, tout ce qui avait de la valeur ?
02:53S'interroge un enquêteur.
02:55La piste de deux roumains arrêtés après avoir tenté de cambrioler la maison d'en face,
03:00six mois plus tôt, est explorée.
03:01Ils sont mis hors de cause.
03:03La présence d'un tueur suisse en cavale signalé dans la région est étudiée sans résultat.
03:09Tout comme celle d'un homme qui aurait eu des mots avec Isabelle Mosser à la patinoire de Mulhouse.
03:15Lundi 13 octobre, un mois après le meurtre, Éric Mosser, qui dépouille un paquet de lettres,
03:20trouve au dos d'une enveloppe un texte bourré de fautes d'orthographe.
03:24Un homme s'accuse du meurtre.
03:26Il avait eu une altercation avec Isabelle, dit-il, sur le parking du magasin Cora.
03:31Il a voulu se venger.
03:33Détail important, il désigne la victime sous les sobriquets de Béli ou Bélichance,
03:39des surnoms seulement connus de quelques proches.
03:43Un voisin est inquiété, puis écarté du dossier.
03:45Huit personnes dont le mari sont convoquées pour un test d'écriture.
03:49L'analyse graphologique ne désigne aucun d'eux comme l'auteur du texte.
03:56Des témoignages qui vont évoluer et faire un virage à 180 degrés,
03:59car c'est un tout autre Éric Mosser que vont découvrir les enquêteurs.
04:02Hommes à femmes, habitués aux mensonges, qui multiplient les maîtresses,
04:06et qui a peut-être, dit-on, des penchants violents.
04:10Mais on ne va pas aller trop vite, on va voir tout ça sous cette mauvaise réputation
04:13dans la suite de l'émission.
04:15Pour l'instant, il faut revenir à Ilfourth, dans ce village près de Mulhouse,
04:19avec le meurtre d'Isabelle Mosser.
04:21Bonjour Alain Cheval.
04:22Oui, bonjour.
04:23Merci infiniment d'être avec nous au téléphone de l'heure du crime et en direct sur RTL.
04:27Vous êtes journaliste aux dernières nouvelles d'Alsace.
04:30Vous connaissez bien cette affaire parce que vous l'avez suivie depuis le début.
04:34Affaire effectivement intrigante.
04:36Alors on part déjà sur un crime, Alain, vraiment d'une rare soudaineté,
04:41beaucoup de brutalité, c'est ça ?
04:42C'est exactement ça.
04:44Alors surtout, un crime qui pose beaucoup de questions.
04:47Alors dès le départ, le parquet de Mulhouse qui est saisi fait appel à la sélection de recherche de Strasbourg.
04:53Et on sait que pendant près de 48 heures, les enquêteurs et les experts de la gendarmerie
04:57vont rester sur place et vont faire à peu près 300 échantillons de prélèvements,
05:01envoyer tout ça à l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie de Rony-sous-Bois.
05:05C'est extrêmement rare qu'on mette autant de moyens pour essayer de voir si le ou les auteurs de
05:12ce meurtre
05:12ont laissé des traces derrière eux.
05:16Mais c'est vrai que d'entrée, les gendarmes se questionnent sur cette scène d'une rare brutalité.
05:20Et c'est vrai que ça ne rime pas vraiment avec un cambriolage qui tourne.
05:26On sait que dans 99% des cas, un cambrioleur, lorsqu'il se fait surprendre,
05:31à la limite il va bousculer la personne qui le surprend.
05:33Mais de là à lui asséner du couteau, on parle vraiment, le mot est fort,
05:38on dit qu'elle a été lardée de coups de couteau.
05:41Oui, c'est ça.
05:41Sept dans le dos, un en face.
05:43Elle est morte d'ailleurs d'un pneumothorax, c'est-à-dire le poumon qui a été perforé à quatre
05:48reprises.
05:48C'est ça, donc elle est morte assez rapidement finalement, mais elle a été brutalisée avec force, cette femme.
05:54Encore un mot, Alain Cheval, le quartier, il y a ce petit village, il furte,
05:58cette rue du château, elle est bordée de maisons individuelles, je ne connais pas ce village,
06:02mais j'ai regardé des photos, j'ai regardé des vidéos sur cette rue, c'est plus que tranquille, j
06:07'ai envie de dire.
06:07C'est extrêmement tranquille.
06:09Alors je sais que ça ne fera pas plaisir aux habitants de ce village,
06:13c'est une résidence, c'est un village dortoir, c'est-à-dire on part le matin, c'est tôt,
06:18on revient le soir.
06:20La maison de la famille Mosser est en hauteur, située entre la forêt et une ligne de chemin de fer.
06:27C'est important parce que c'est vrai que quand on va avancer dans l'enquête, on va faire une
06:31enquête de voisinage,
06:31on va voir si on a entendu quelque chose, on n'a rien entendu, on n'a rien vu.
06:35Mais sans doute la situation géographique et le fait que ce soit une ville dortoir peuvent expliquer qu'on n
06:42'a rien vu, rien entendu.
06:43Bonjour Maître Claude Laurent.
06:45Bonjour.
06:46Merci infiniment d'être avec nous aujourd'hui dans le studio de l'heure du crime.
06:49Vous êtes avocat au barreau de Paris.
06:51Vous êtes d'ailleurs spécialiste des affaires qui ne sont pas résolues,
06:56en tout cas qui ont eu un cours un peu tortueux en justice et vous reprenez beaucoup de ces dossiers.
07:00On vous connaît évidemment pour beaucoup de ces dossiers.
07:03C'est l'affaire Eric Mosser aujourd'hui que vous traitez.
07:05Vous êtes l'avocat d'Eric Mosser parce qu'effectivement il veut la révision de son procès.
07:09On va en parler un peu plus loin et vous vous chargez de ce dossier qui est difficile et qui
07:13est lourd.
07:14Alors Claude Laurent, on découvre ce couple Eric et Isabelle Mosser.
07:19Qui sont-ils ? Que vous dit votre client là-dessus sur sa vie avec Isabelle ?
07:26Alors, avant de répondre à votre question, je dois faire une petite parenthèse
07:33pour expliquer que je suis dans un combat contre l'erreur judiciaire.
07:38C'est ça.
07:39Dans cette affaire.
07:40Donc, et je tiens à souligner que ce combat contre l'erreur judiciaire n'est pas un combat,
07:47c'est un combat pour la justice.
07:52Toute justice a besoin d'une respiration et de la découverte d'erreurs judiciaires.
07:58Maintenant, je vais répondre à votre question.
08:02Effectivement, Eric Mosser trompait sa femme comme pas un.
08:08Vous savez, avec mes clients, je suis très dur.
08:11Par contre, je les défends au mieux que je peux.
08:13Mais j'ose dire tout.
08:15Mais attendez, il faut compléter.
08:20Pas une violence en 20 ans, ni psychologique, ni physique.
08:25Important.
08:26Deuxième chose.
08:29Isabelle Mosser avait la carte bleue du couple et elle pouvait dépenser tant qu'elle voulait.
08:35Il ne lui a jamais fait une remarque.
08:36Troisième chose, parmi beaucoup d'autres.
08:40Ils venaient de partir à New York.
08:43Elle est décédée en septembre, je crois que c'est au mois d'août.
08:47Ils étaient partis tous les deux, c'est ça ?
08:49Oui.
08:49Quatrième chose, elle avait à sa disposition une voiture, je ne sais plus la marque, de 100 000 euros à
08:57peu près.
08:58Ce que vous dites, c'est que...
08:59Ce que je dis, c'est qu'un mari qui est dans l'idée de tuer sa femme pour s
09:04'en débarrasser,
09:06c'est rare qu'il lui accorde autant de cadeaux.
09:09C'était un brave type.
09:11Ou qu'il n'ait pas montré de signe précurseur d'une action violente.
09:15Au fil des mois, la double vie du mari chauffagiste va émerger.
09:19L'affaire Éric Mosser, le meurtre de la rue du Château.
09:22J'étais sa maîtresse quand je lui ai dit que tout était fini.
09:25Il m'a jeté un regard noir.
09:27Je me suis alors demandé si Isabelle n'était pas morte à cause de moi.
09:30L'enquête de l'heure du crime.
09:32On se retrouve dans un instant sur RTL.
09:3515h, c'est l'heure du crime sur RTL.
09:38Jean-Alphonse Richard.
09:39Carfoisin.
09:40Jean-Alphonse Richard sur RTL.
09:42C'est l'heure du crime jusqu'à 15h.
09:45L'heure du crime consacrée aujourd'hui à l'affaire Éric Mosser.
09:48Fin été 2013.
09:49L'épouse de ce chauvagiste a été retrouvée chez elle, près de Mulhouse,
09:53tuée de huit coups de couteau.
09:55L'hypothèse du cambriolage ne tient pas.
09:57Les enquêteurs s'intéressent de près au mari et à sa double vie.
10:02Jeudi 12 et samedi 14 septembre 2013, jour et sur le lendemain du crime,
10:07Éric Mosser a été entendu une première fois sur son emploi du temps.
10:11Le matin du crime, il dit avoir quitté sa femme à 8h15, 8h20.
10:16Il s'est rendu chez une cliente à Danemarie.
10:18Il est arrivé sur le chantier autour de 8h40.
10:21La cliente rectifie l'horaire.
10:24Selon elle, le chauvagiste était en retard.
10:26Il devait être là à 8h30, il s'est pointé à 9h05.
10:30Les clients suivants évoquent tous un retard.
10:32A son épouse, Isabelle, Éric Mosser laisse d'ailleurs un message
10:36disant qu'il ne rentrerait pas déjeuner car il a une demi-heure de retard.
10:41Les gendarmes s'interrogent.
10:42L'artisan, à cheval sur les horaires,
10:45serait-il parti plus tard de chez lui en raison du crime qu'il aurait commis ?
10:50Les enquêteurs fouillent dans la vie de couple d'Éric Mosser.
10:54Il l'a décrit, lui, sans nuage.
10:56Isabelle, pourtant consultée une voyante à qui elle racontait ses difficultés de femme mariée.
11:01Elle évoquait les infidélités répétées de son époux.
11:05Elle s'était également confiée à une grand-tante.
11:07Les gendarmes découvrent les multiples liaisons entretenues par Éric Mosser.
11:12Une dizaine de maîtresses identifiées.
11:14Catherine reconnaît une relation qui dure depuis 30 ans.
11:17Evelyne, ancienne amie d'Isabelle, a eu une liaison entre 2010 et 2012.
11:21Karine a pris le relais de 2012 à mai 2014.
11:25Elle a rencontré Éric lors d'une installation de chaudière.
11:28Il lui a affirmé qu'il voulait refaire sa vie avec elle, mais il n'a pas tenu parole.
11:33La veille du crime, elle lui a annoncé qu'elle rompait.
11:36Il a eu un regard noir qui m'a fait peur.
11:38Quand j'ai appris le meurtre,
11:40ma première pensée a été de me demander si Isabelle n'était pas morte à cause de moi, témoigne-t
11:45-elle.
11:46Karine a revu Éric Mosser après le crime.
11:49Il lui a alors servi une histoire invraisemblable.
11:52Un jour, il a tué un homme dans une bagarre.
11:55Le frère de cet homme serait venu pour se venger.
11:58Éric Mosser a parfois tendance à l'affabulation, à Sophie, une autre maîtresse.
12:02Il avait affirmé qu'il n'était pas marié.
12:05Isabelle n'était que son ancienne femme de ménage qu'il avait séduite.
12:09Sous la douche !
12:10Un mensonge grossier.
12:13Mercredi 18 juin 2014, neuf mois après le meurtre, Éric Mosser est en garde à vue.
12:18Il répète que le 12 septembre 2013, il a quitté Isabelle, vivante, à 8h20.
12:23La téléphonie indique qu'il a mis 45 minutes pour faire le trajet Il-Furt d'Anne-Marie au lieu
12:28des 20 minutes habituelles.
12:30Il ne s'explique pas ce retard.
12:32Les experts estiment qu'il est resté 35 minutes seul avec sa femme,
12:36suffisant pour passer à l'acte et maquiller la scène de crime en cambriolage.
12:42Éric Mosser admet avoir eu des maîtresses, mais c'est d'Isabelle qu'il était amoureux,
12:46même s'il envisageait de la quitter à la fin de l'année.
12:50Selon les enquêteurs, le suspect n'a montré aucune émotion en garde à vue.
12:54Il est mis en examen et écroué.
12:58Un mari empêtré dans des mensonges, il est placé face à ce retard dans la tournée chez ses clients
13:03qu'il ne peut pas expliquer, en tout cas à ce stade.
13:06Les enquêteurs estiment donc qu'il est le seul suspect.
13:10Neuf mois donc pour qu'il soit mis en examen et incarcéré.
13:14Alors il faut reprendre tout de suite ces points qu'il incrimine et on le fait tout de suite
13:17avec Maître Claude Laurent qui est l'un de nos invités aujourd'hui,
13:20avocat au Barreau de Paris, avocat d'Éric Mosser.
13:23C'est vous qui tenez ce dossier, Maître Laurent.
13:26Alors il y a d'abord ce retard.
13:28Les enquêteurs sont formels.
13:29Il n'est pas allé assez vite sur cette route.
13:32Et lui, il dit, je ne sais pas pourquoi.
13:33Mais c'est vrai, c'est tout à fait vrai.
13:35Il est arrivé dix minutes à peu près en retard.
13:40Et moi, ce qui me surprend,
13:42et évidemment j'ai passé des heures à décortiquer chaque élément du dossier.
13:47Donc ce retard, pour moi, m'apparaît la dix-huitième roue du carrosse.
13:54Quel est l'artisan chauffagiste qui n'arrive pas en retard pour un dépannage ?
14:00Alors la question qui était intéressante, c'est de dire,
14:03le parcours, si on ne s'arrête pas, c'est de 20 minutes, 22 minutes à peu près.
14:09Et vous avez mis 30 minutes, 35.
14:13Bon, ça s'explique par le fait qu'il était passé chez sa maîtresse.
14:18Mais il ne le dit pas.
14:19Non, mais voilà.
14:19Il ne le dit pas.
14:20Non, mais attendez.
14:21Évidemment.
14:21Alors là, c'est important parce que, vous voyez, il faut être clair.
14:26Est-ce qu'un menteur est forcément un criminel ?
14:29Non, absolument pas.
14:30Donc c'est tout.
14:30À partir du moment où vous avez, on sait qu'il a menti énormément sur des choses qui sont des
14:40petites choses.
14:40Mais d'un autre côté, il faut aussi penser que, mettez-vous dans l'idée que vous-même ou moi,
14:48on est accusé d'un crime.
14:50Bien sûr, avec l'expérience qu'on a, on ne va pas mentir.
14:53Mais quelqu'un qui n'a aucune expérience peut perdre la tête et se mettre à mentir en disant, si
14:57je dis ça, on va m'accuser.
14:59Vous voyez ?
14:59Donc, tout s'explique.
15:01Petite question encore, Maître Laurent.
15:02Parce qu'elle est importante, cette question.
15:04Moi, ça m'a beaucoup troublé.
15:05Est-ce qu'on retrouve du sang sur ses habits, sur son corps, à ce suspect ?
15:12Est-ce qu'il y a du sang dans la maison ?
15:14Beaucoup de sang, pas beaucoup ?
15:15Alors, effectivement, c'est un moment crucial du dossier.
15:20Rappelez-vous de l'affaire Lelandais.
15:22Il nettoie sa voiture quatre fois et on retrouve une micro-tâche qui correspond à l'ADN de la petite
15:31fille,
15:31qui était dans une rainure.
15:34Bon, le même traitement d'investigation avec Bluestar et tous les moyens techniques et scientifiques
15:42a été effectuée sur la voiture de M. Mosser qui aurait servi juste après le crime.
15:50Pour ce...
15:50Vous voyez ?
15:51Et rien n'a été trouvé.
15:52On ne trouve rien.
15:52On ne trouve rien.
15:53Rien.
15:54Les habits qu'il avait, ses habits de travail, etc., on ne trouve rien.
15:57On ne trouve rien.
15:58Et ça n'est...
15:59Alors, une petite parenthèse, mais je vais très vite parce qu'il y a le temps de nous presse.
16:04Au niveau scientifique, les expertises sur la téléphonie, sur les ordinateurs n'ont rien donné.
16:10Aucun témoin n'a vu quoi que ce soit.
16:13En fait, toutes les preuves formelles dont on a l'habitude sont absentes.
16:18Elles sont absentes.
16:19Elles ne sont pas dans le dossier.
16:19D'ailleurs, les enquêteurs, ils vont le reconnaître.
16:21Il n'y a pas de preuves formelles.
16:23Alain Cheval, journaliste aux dernières nouvelles d'Alsace, vous êtes avec nous dans cette heure du crime.
16:27Et vous connaissez parfaitement ce dossier.
16:29Alors, parlez-nous de ces découvertes des enquêteurs, ces maîtresses, dits maîtresses recensées ?
16:35À peu près, oui.
16:36Ils vont s'intéresser, les enquêteurs, très rapidement à sa vie intime.
16:40Donc, on va exploiter son téléphone.
16:42On va se rendre compte, effectivement, qu'il connaissait beaucoup de personnes, beaucoup de femmes.
16:47On lui attribue une double, voire peut-être même une triple vie.
16:51En fait, sa force était de pouvoir compartimenter sa vie.
16:53C'est-à-dire qu'elle avait sa vie avec sa femme, avec sa fille, sa belle-sœur et son
16:58mari.
16:59Ils passaient des vacances ensemble et puis il avait sa vie avec sa maîtresse ou sa compagne officielle.
17:05Donc, il pouvait partir, soi-disant, en séminaire ou en formation.
17:09Il emmenait une de ses maîtresses.
17:11Il partait en vacances aussi, les week-ends.
17:12Il pouvait prendre un week-end avec ses maîtresses.
17:14Mais personne n'en était au courant, à part les maîtresses.
17:17Mais bon, comme il racontait des histoires à tout le monde, personne n'a jamais fait le lien.
17:22Et c'est vrai qu'on se rend compte que c'est un homme à femme.
17:24Je crois qu'une de ses maîtresses, il la connaissait depuis plus de 30 ans.
17:28Ça donne un peu une idée du personnage.
17:31On n'est pas là pour juger, il fait ce qu'il veut.
17:35Mais c'est vrai que ça donne un peu une coloration à ce dossier.
17:39C'est-à-dire qu'il ment peut-être, effectivement, il n'a pas l'habitude des interrogatoires, des gardes
17:44à vue.
17:44Mais en tous les cas, il ne raconte pas tout.
17:46Il raconte ce qu'il veut bien raconter.
17:48Voilà, il ne raconte pas tout.
17:49Effectivement, ça finit par peser parce que c'est un engrenage, un mensonge en train de l'autre.
17:54Et effectivement, il ne va pas se dépêtrer de cette espèce de toile d'araignée.
17:58Un chauffagiste qui nie avoir tué sa femme, mais qui va être jugé.
18:02L'affaire Éric Mosser, le meurtre de la rue du Château.
18:05Pas de preuve, pas d'heure de la mort.
18:07C'est le concours l'épine de l'hypothèse.
18:09L'enquête de l'heure du crime.
18:10Qui est cet accusé qui ne montre aucune culpabilité, aucune tristesse, aucune angoisse ?
18:14C'est à suivre dans un court instant sur RTL.
18:18L'heure du crime, c'est avec Jean-Alphonse Richard sur RTL.
18:22Crime, la seule émission radio 100% fait d'hiver.
18:26Avec Jean-Alphonse Richard.
18:27Si effectivement, nous pouvons discerner un mobile au crime, un mobile du crime,
18:32dans cette vie conjugale particulière, alors là, ça commence, bien entendu, à m'intéresser.
18:38Au programme aujourd'hui de l'heure du crime, l'affaire Éric Mosser.
18:41Ce plombier chauffagiste soupçonné d'avoir tué son épouse Isabelle, septembre 2013,
18:46dans leur maison auprès de Mulhouse, est jugé quatre ans plus tard.
18:50Il n'a jamais cessé de nier son implication dans le meurtre.
18:53Lundi 13 mars 2017, Éric Mosser, 48 ans, chemise sombre, lunettes, front des garnis.
18:59Et devant la cour d'assises du Haut-Rhin à Colmar,
19:02les enquêteurs le décrivent comme un menteur compulsif, un dissimulateur, un mythomane.
19:07Une experte psychologue dit avoir été étonnée de la description qu'il fait de sa relation avec Isabelle.
19:13C'est celle d'un couple idéal.
19:15En réalité, Mosser cacherait et réfrènerait une importante impulsivité,
19:21dépeint comme un individu qui n'a pas de sentiment de culpabilité,
19:24pas de tristesse, pas d'angoisse.
19:26Il répète qu'il n'a pas tué son épouse.
19:29Il l'a décrit le matin du meurtre.
19:31Elle a bu du lait avec du cacao.
19:33Elle a mangé des tartines.
19:34Vers 7h25, elle a préparé notre fille pour l'école.
19:38Karine est passée la chercher.
19:39J'ai chargé la camionnette.
19:41Je suis arrivé chez la cliente vers 8h50.
19:43J'avais été un peu retardé par les travaux sur la route, dit-il.
19:48Son avocat, maître Éric Dupond-Moretti, dénonce un dossier bâclé.
19:51Pas de preuves, une heure de la mort imprécise, aucun témoin.
19:54C'est le concours, les pines de l'hypothèse, lance le défenseur.
19:58L'accusation estime qu'il s'est disputé, a tué de façon impulsive.
20:0217 mars, Éric Mosser est condamné à 20 ans de réclusion.
20:07Lundi 25 juin 2019, Éric Mosser, 49 ans, cheveux rasés, chemise à carreaux,
20:13comparé en appel devant la cour d'assises du Barin à Strasbourg.
20:16J'ai la certitude que cet homme est le meurtrier, déclare l'avocat général.
20:20L'avocat de l'accusé dénonce à nouveau un dossier à charge et sans preuve.
20:24Je n'ai pas tué ma femme, répète Éric Mosser.
20:26La partie civile lui répond que s'il n'y a pas d'aveu, eh bien il y a un
20:30dossier.
20:32Verdict confirmé, 20 ans de prison.
20:36Deux procès, deux verdicts identiques.
20:39On a l'impression que cette fois la messe est dite.
20:42Le doute, en tout cas s'il y a doute, il ne profite pas à l'accusé.
20:46Maître Claude Laurent, vous êtes d'accord avec cette démonstration ?
20:49Vous êtes l'avocat d'Éric Mosser, vous n'étiez pas à ce procès.
20:51Je le précise, vous êtes venu plus tard dans la procédure.
20:54S'il y a de doute, il est passé à côté.
20:56Mosser.
20:58Effectivement, sur ce dossier, oui, il aurait pu être acquitté.
21:02Il l'est pas, 20 ans.
21:03Mais par contre, ce qu'il faut voir, et je vais le dire très vite, je sais qu'on est
21:07pressé,
21:08c'est que l'ordonnance de renvoi, elle explique comment s'est passé le raisonnement des enquêteurs
21:17qui est repris par la suite, par les juges.
21:19Par l'accusation.
21:20C'est-à-dire qu'on a cherché qui ? Vous l'avez énoncé tout à l'heure.
21:24Les roumains ?
21:26Le tueur en série, etc.
21:27À la fin, ils disent, il n'y a plus que la piste.
21:32Il n'y a plus que la piste Éric Mosser.
21:35Donc, on peut en déduire que si jamais leur raisonnement précédent était mauvais,
21:40qu'ils avaient oublié quelque chose.
21:42Ensuite, on grossit les traits des éléments à charge.
21:47C'est habituel.
21:48C'est-à-dire, il y a un trou, c'est très grave.
21:50Les menteurs, c'est très grave.
21:52Vous voyez, on diabolise la personne qui, elle, est totalement figée sur un box des assises.
21:59Et on vient dire, voilà, c'est lui.
22:02Alors, ce qui se passe, c'est que quand on reprend après, comme je l'ai fait,
22:07je n'en tire pas de titre de gloire.
22:09C'est beaucoup plus facile.
22:11Quand tout est fait, quand vous avez un immeuble qui a été fait, construit,
22:14vous dire, là, il y a une fissure.
22:15Voilà, c'est ça, de voir les malfaçons.
22:17Voilà, donc j'ai passé beaucoup de temps et j'ai trouvé beaucoup d'éléments
22:21qui n'avaient pas été examinés, ni par les juges, ni par les policiers,
22:25que j'estime étant suffisants pour prouver l'innocence.
22:29Alors, on va revenir sur ces éléments parce qu'ils sont importants,
22:32mais on va revenir dans un petit moment.
22:33Je voudrais qu'on ait en ligne Alain Cheval,
22:35qui est journaliste aux Dernières Nouvelles d'Alsace
22:37et qui est l'un de nos invités aujourd'hui dans l'heure du crime.
22:39Je rappelle Alain Cheval que vous avez suivi toute cette affaire
22:41pour les DNA, les Dernières Nouvelles d'Alsace,
22:44le grand journal de cette région.
22:47Finalement, je reprends ce que dit Maître Claude Laurent,
22:49le postulat qui fait finalement condamner cet homme,
22:53c'est qu'il est seul dans la maison.
22:54Il n'y a pas d'autre suspect qui est apparu ?
22:58Ben non, effectivement,
22:59mais il faut bien qu'il y ait un coupable dans cette histoire.
23:02Les enquêteurs ont refermé absolument toutes les portes
23:05et c'est vrai que le comportement d'Éric Mosser pose question.
23:11Même pendant les deux procès,
23:13il ne passe pas pour quelqu'un de sympathique.
23:17On sait qu'il est menteur,
23:18on sait qu'il est capable de manipuler,
23:20on sait que le fameux courrier,
23:22on en a parlé rapidement,
23:24le courrier anonyme,
23:25enfin le mot anonyme.
23:26Anonyme.
23:28On a l'impression que c'est une mise en scène,
23:30c'est-à-dire qu'il va chercher le courrier,
23:30il faut savoir que la maison est sous-cédée,
23:32on ne peut pas y accéder.
23:33La maison de sa belle-sœur et de son époux,
23:36il peut y accéder,
23:37il va chercher le courrier,
23:38il commence à l'ouvrir devant ses proches
23:42et il tourne ce courrier qui est a priori sans importance
23:45et derrière c'est écrit ce que vous avez dit.
23:49C'est ça, j'ai tué ma femme.
23:50Qui s'octroie ce meurtre.
23:53On va faire des analyses graphologiques
23:54et en fait on va faire cette analyse
23:56sur huit personnes de son entourage.
23:58Deux personnes possiblement peuvent avoir écrit ça,
24:01lui et son fils Eric.
24:03Oui, je crois que j'ai plus le prénom de Kevin,
24:06j'ai plus son prénom.
24:07En tous les cas,
24:09on resserre l'enquête autour du fils,
24:12parce que son fils de 22 ans
24:14a de très mauvais rapports avec sa belle-mère
24:16et on a par moments l'impression
24:19qu'Eric n'hésite pas à orienter
24:21les enquêteurs vers ce fils.
24:23Tout comme ce courrier laisse penser
24:27que ça pourrait être quelqu'un de l'entourage.
24:28De l'entourage, c'est parce qu'il connaît,
24:29effectivement c'est quelqu'un qui connaît cette famille en tout cas.
24:33Oui, il oriente de manière à peine voilée
24:37les enquêteurs vers un voisin
24:39qui avait un œil bienveillant sur son épouse.
24:43Donc il n'hésite pas à utiliser,
24:45peut-être à manipuler.
24:46Et tout ça, ça ressort,
24:48ça transpire dans ce procès.
24:49Et c'est vrai que faute d'indices graves et concordants,
24:53faute d'un faisceau d'indices assez probants,
24:56on va le condamner.
24:58Alors c'est vrai qu'il restera toujours un doute.
25:00Il aurait dû profiter, mais qu'il ne lui profite pas.
25:02Et effectivement, il y a deux procès,
25:03deux fois 20 ans de prison,
25:05et effectivement le doute ne lui a pas profité.
25:07Le mari chauffagiste reste en prison,
25:09mais il n'a pas dit son dernier mot.
25:11L'affaire Éric Mausser, le meurtre de la rue du Château,
25:14elle n'a pas pu être tuée avant 10h du matin.
25:16À cette heure-là, le mari était sur un chantier.
25:19L'enquête de l'heure du crime, on se retrouve dans un instant sur RTL.
25:2314h-15h, c'est l'heure du crime sur RTL.
25:26Jean-Alphonse Richard.
25:28Mais madame !
25:3014h-15h, c'est l'heure du crime sur RTL.
25:33Jean-Alphonse Richard.
25:35Retour aujourd'hui dans l'heure du crime sur l'affaire Éric Mausser,
25:37ce plombier chauffagiste du Haut-Rhin,
25:40accusé d'avoir tué son épouse en 2013,
25:42a été deux fois condamné à 20 ans de prison,
25:44six ans après le deuxième verdict,
25:47il demande la révision de sa condamnation.
25:51Mercredi 24 avril 2024,
25:54Éric Mausser, 55 ans, et son avocat Claude Laurent,
25:57connu pour traquer les erreurs judiciaires,
25:59déposent une requête devant la cour de révision.
26:02Maître Laurent a reçu tout le dossier.
26:04Il s'est particulièrement intéressé à l'heure du crime, selon lui.
26:08Isabelle Mausser a été vue vivante par sa sœur
26:11à 7h45 dans la maison d'Ilefourte.
26:14Éric Mausser a été vu dans sa camionnette
26:17vers 8h15, 8h20, alors qu'il quittait le village.
26:20Il n'était pas vraiment en retard à ce moment-là.
26:22L'avocat dit encore avoir relevé des éléments troublants
26:25dans le rapport d'autopsie.
26:27L'estomac de la victime ne contenait aucune particule alimentaire
26:31alors qu'elle aurait été tuée peu après son petit déjeuner.
26:34Sa digestion n'était donc pas terminée quand elle est morte.
26:38La digestion prend deux ou trois heures.
26:40Elle n'a donc pas pu être tuée avant 10h du matin
26:43car à cette heure-là, M. Mausser était sur un chantier, assure l'avocat.
26:50La commission d'instruction de la cour de révision
26:52ne devrait pas se prononcer avant plusieurs mois sur cette requête.
26:55La famille d'Isabelle se retrouve pour sa part confrontée
26:58à une nouvelle épreuve judiciaire dont elle se serait bien passée.
27:01Son avocat, Thierry Mausser, espérait que les choses en resteraient là.
27:05Il se dit relativement optimiste pour la suite,
27:08le dossier ayant déjà été examiné par deux cours d'assises.
27:13M. Claude Laurent, c'est vous effectivement, je viens de le dire,
27:16qui êtes l'avocat d'Éric Mausser et c'est vous qui portez cette requête en révision.
27:20Il faut savoir que les révisions de procès sont extrêmement rares en France
27:23et on peut le regretter d'ailleurs parce qu'il y a des cas
27:25où effectivement ça méritait sans doute un nouveau procès.
27:28Qu'est-ce qu'elle dit votre requête ?
27:30Alors, attendez, avant je me permets de faire une petite régression
27:33sur le fait que M. Alain Cheval, excellent journaliste
27:39qui est notre hôte invité aujourd'hui
27:42n'a pas dit tout à fait ce que je pense par rapport au dossier.
27:46Sur la question de l'analyse graphologique,
27:50le scripteur, qui est donc l'auteur de la lettre,
27:54avait imité l'écriture de Kevin Mausser.
27:57Le scripteur, donc c'était pas Kevin Mausser,
28:01mais il avait imité l'écriture.
28:02Et deuxième chose, ça n'est pas M. Mausser
28:05qui a désigné un possible coupable comme étant un voisin,
28:09mais c'est quelqu'un d'autre.
28:10D'accord, alors ça c'est, voilà, la parenthèse est fermée.
28:13La parenthèse est fermée, on vient à l'essentiel là,
28:16parce que ce dossier, vous l'avez lu, relu mille fois,
28:20et là vous l'alimentez avec de nouveaux éléments.
28:22Il y a cette histoire de digestion qui m'a...
28:24Tout à fait, bien sûr.
28:26Non mais si vous voulez, au fur et à mesure que j'explorais
28:30avec un commissaire de police divisionnaire,
28:32le commissaire Vénère, qui m'a servi,
28:35parce que je ne travaille pas seul,
28:36parce qu'on peut toujours oublier.
28:38Donc le commissaire Vénère, qui a fait 33,
28:40plusieurs des affaires criminelles,
28:42il a étudié ce dossier.
28:44C'est M. Mosser lui-même qui lui a donné le dossier, la famille.
28:48Donc il a étudié en parallèle avec moi,
28:50et on a confronté nos points de vue.
28:52Alors, moi j'ai découvert un faisceau,
28:55on parlait de faisceau d'indices,
28:57mais un faisceau d'éléments nouveaux
28:58qui n'avaient jamais été évoqués par personne.
29:01Et donc, le premier élément,
29:03c'est celui que vous venez de citer,
29:05c'est-à-dire qu'un élément qui est très important.
29:10M. Mosser, ce n'est pas lui qui dit,
29:13je vais vous dire, ma femme avait fait un petit déjeuner.
29:15C'est-à-dire qu'on lui pose une montagne de questions le lendemain.
29:18Et parmi toutes ces questions, il y a celle-là.
29:21Expliquez-nous le dernier repas de votre femme.
29:24Il explique, comme toujours,
29:26tous les jours c'est pareil,
29:26depuis 20 ans elle mange toujours pareil,
29:29chocolat, tartine de beurre,
29:33un petit déjeuner classique.
29:37Et lorsqu'on se reporte à l'autopsie,
29:41on voit que l'estomac ne contient,
29:44elle contient un liquide
29:47sans particules alimentaires.
29:49Ce qui veut dire que la digestion avait été terminée
29:52et à partir du moment où vous avez du pain, du beurre,
29:56c'est une durée de deux heures minimum.
29:59Donc ce que vous dites,
30:01on va jusqu'au bout de la démonstration,
30:03ce que vous dites c'est qu'elle a été tuée après.
30:06Évidemment, c'est une certitude.
30:08Et à ce moment-là,
30:10vous le racontez évidemment dans votre requête,
30:12à ce moment-là,
30:13Éric Mosser est sur un autre chantier déjà,
30:15puisqu'il continue sa tournée.
30:16C'est-à-dire que lui quitte,
30:18comme vous l'avez très bien dit,
30:19à 8h15, on le voit sur la route
30:22pour aller voir son premier client.
30:23Et ensuite, il y a une succession de six clients
30:26qui sont d'ailleurs tous en train de dire
30:28qu'il était très détendu,
30:29très aimable, comme d'habitude.
30:31Et ces gens-là témoignent.
30:33Et lui appelle,
30:34donc il a un alibi, si on peut dire,
30:37pendant de 8h15 à son retour,
30:41il n'est jamais revenu chez lui.
30:42Donc, obligatoirement, si c'est lui,
30:45ça n'est que dans la demi-heure,
30:47de 7h40 à 8h15.
30:49Oui, c'est ça.
30:49Or, cet élément prouve le contraire.
30:51Oui, effectivement.
30:52Alors, c'est important,
30:53parce que ça, ça met le doute, effectivement.
30:54Ce n'est pas que ça met le doute.
30:55Vous appuyez la...
30:56C'est-à-dire que ça amène une preuve formelle ?
31:00Oui, mais ça pose interrogation.
31:01C'est plus qu'une interrogation.
31:03C'est plus qu'une interrogation.
31:04C'est un gros point d'interrogation, je vais dire.
31:07Je me permets de vous reprendre.
31:09Pour moi, maintenant,
31:10votre avis est sûrement...
31:12C'est de la prudence.
31:13Mais moi, je dis que c'est certain.
31:16D'accord.
31:16Mais effectivement, vous croyez à ce dossier.
31:18C'est très bien.
31:19Vous vous battez pour ce dossier.
31:21Et vous avancez, effectivement,
31:22en essayant d'avoir ce troisième procès.
31:25Alain Cheval, on vous retrouve,
31:27journaliste aux dernières nouvelles d'Alsace.
31:28Vous avez suivi cette affaire depuis le début.
31:30Et votre parole est importante aujourd'hui
31:32pour nous éclairer dans ce dossier.
31:35Alors, il y a quelque chose d'important.
31:37C'est effectivement, il faut en parler un petit peu,
31:39c'est les partis civils,
31:40la famille de la victime.
31:41Parce que Maître Moser, lui,
31:43il s'attendait à ce que ça soit fini.
31:45C'était bouclé.
31:46Et là, c'est à nouveau le suspense pour cette famille.
31:49Oui, je pense que ça ne changera rien leur conviction.
31:53Ils sont convaincus que c'est Éric Mausser.
31:56Et puis, ils ne veulent plus en entendre parler.
31:59Mais c'est vrai que cette affaire pose question.
32:03Parce que dans toute affaire criminelle,
32:05il y a forcément un mobile.
32:06Et je pense que c'est sur cette idée de mobile
32:08que la cour s'est prononcée à deux reprises.
32:11Et c'est vrai qu'on pose des questions.
32:13Et le mobile, on peut très bien imaginer
32:15qu'Isabelle connaissait les frasques de son mari,
32:18les frasques sexuelles de son mari.
32:21Elle en avait parlé autour d'elle.
32:23Et je pense qu'effectivement, on peut imaginer,
32:25le scénario est plausible,
32:28qu'il y ait une dispute,
32:29qu'elle lui a peut-être annoncé qu'elle voulait le quitter.
32:32Et le problème, il faut aussi se mettre dans la peau de ce personnage.
32:35C'est un artisan.
32:36Il a tout fait de ses propres mains.
32:38Son métier, la maison dans laquelle ils habitent,
32:40avec la belle famille.
32:40Avec du succès, d'ailleurs.
32:42Avec du succès.
32:43C'est quelqu'un qui est un artisan brillant,
32:45qui est reconnu, qui tourne très bien.
32:46Et si on se met à sa place,
32:49il se dit que s'il doit divorcer,
32:51il va devoir passer à la caisse.
32:53Ça va être compliqué, bien sûr.
32:55Tout va être partagé.
32:56Et ça, il n'en veut pas.
32:58Ça peut être un début de mobile.
33:01Le mari clame son innocence.
33:04Il a bien l'intention de ne rien lâcher.
33:07L'affaire Éric Mosser,
33:08le meurtre de la rue du Château,
33:10c'est une déception importante pour la vérité judiciaire.
33:13L'enquête de l'ordre du crime.
33:14Je vous retrouve tout de suite sur RTL.
33:1714h15.
33:18C'est l'heure du crime sur RTL.
33:2214h15.
33:23C'est l'heure du crime sur RTL.
33:26Avec Jean-Alphonse Richard.
33:28Dans l'heure du crime,
33:29l'affaire Éric Mosser,
33:31deux fois condamné à 20 ans de prison
33:33pour le meurtre à coup de couteau de sa femme,
33:35en 2013, dans le Haut-Rhin.
33:37Le chauffagiste a toujours nié.
33:39En 2024, il a demandé la révision de son procès.
33:43Deux ans plus tard, la justice tranche.
33:46Jeudi 19 février 2026,
33:49la commission d'instruction de la Cour de révision de Paris
33:52déclare irrecevable la demande d'Éric Mosser
33:55pour pouvoir être rejugé.
33:57Dans un mémoire de 80 pages,
33:59son avocat, maître Claude Laurente,
34:02avait dénoncé les anomalies du dossier,
34:05avancé une piste mettant en cause la sœur de la victime.
34:08C'est une déception importante pour mon client Éric Mosser,
34:13ainsi que pour la vérité judiciaire,
34:15commente maître Laurente dans le journal d'Alsace.
34:17La décision n'est pas susceptible de recours.
34:21Éric Mosser, détenu depuis le 18 juin 2014,
34:25a toujours affirmé qu'il n'avait aucun mobile pour tuer son épouse.
34:29En décembre 2025, les juges avaient déjà refusé
34:34un aménagement de peine et un placement sous bracelet électronique.
34:38Ça a été la douche froide.
34:40Là, c'est un mauvais rêve.
34:41Qu'est-ce qu'on va encore apprendre ?
34:43Qui est cet homme en face de nous ?
34:44C'est plus possible.
34:46Là, c'est plus possible.
34:47Là, c'en est trop.
34:49La voix de Karine Baudin, c'est la sœur d'Isabelle.
34:52Elle était là, d'ailleurs, le jour du meurtre.
34:54C'était son interview dans Indice,
34:57l'émission Indice sur RMC Story.
34:59Ça avait été diffusé en 2020.
35:02Maître Claude Laurente, on entend bien depuis le début
35:05que les enquêteurs ont essayé de voir ce qui clochait
35:10avec cet homme, Éric Mausser, de trouver les failles,
35:13de trouver ce qui n'allait pas.
35:14Ils ont trouvé tous ces mensonges.
35:16Ils ont trouvé ces femmes.
35:18Et ils estiment qu'il y a peut-être une dispute qui a éclaté.
35:23Elle lui aurait dit, Alain Cheval nous l'a rappelé,
35:25ce scénario possible, elle lui aurait dit qu'elle allait le quitter.
35:29Il n'aurait pas supporté et il l'aurait poignardé.
35:32Que dire de ce scénario qui est élaboré ?
35:35Donc, premièrement, ce scénario ne correspond pas du tout au dossier.
35:39Puisqu'on peut voir qu'à 7h40,
35:45déjà dès 7h, il est en train de, sur son ordinateur,
35:49pour préparer sa journée.
35:50Donc, il n'est pas dans un état d'esprit...
35:53Deuxièmement, à 7h40,
35:55sa belle-sœur le voit prendre du matériel
35:58pour travailler sa journée.
36:01Il remplit sa camionneau.
36:04Troisièmement, elle témoigne
36:05que sa sœur était tout à fait normale.
36:07Et il y a une enfant qui a assisté à tout ça,
36:10il n'y a pas eu de dispute.
36:11Oui, mais c'est l'enfant qui part à l'école.
36:13Oui.
36:13Donc, il n'y a pas de cri.
36:14Voilà, il n'y a rien du tout.
36:15Il n'y a pas une mauvaise...
36:16Mais c'est après, maître.
36:17Disons qu'il n'y a pas une ambiance délétère
36:20qui pourrait...
36:20Mais est-ce qu'il y aurait eu des mots après ?
36:22Après, où je dis...
36:24C'est scandaleux, excusez-moi.
36:26Je suis laissé emporter.
36:28Vous faites votre boulot d'avocat, allez-y.
36:30Parce que vous avez, derrière tout ça,
36:33un homme qui est depuis 10 ans en prison.
36:36On l'a condamné sur ce genre d'hypothèse.
36:39Comme l'avait très justement dit
36:40mon confrère Dupond-Moretti à l'époque.
36:42Et au bout de 10 ans,
36:44quand on voit qu'il y a des éléments nouveaux
36:46qui sont très lourds, très importants,
36:48on continue ce genre de choses.
36:51Et ça, je trouve que, vous voyez,
36:54c'est nier la souffrance d'une personne
36:57qui éventuellement, je dis bien éventuellement,
36:59serait depuis 10 ans à tort en prison.
37:02Et c'est pour ça que là, je sors de mes gonds parce que...
37:05Mais vous faites votre boulot.
37:07Je représente la voix de ce monsieur
37:09qui depuis 10 ans est en prison.
37:11On vous comprend.
37:12Justement, alors, question subsidiaire,
37:13maître Claude Laurent.
37:15Vous le voyez, cet homme,
37:16vous allez le visiter en prison, je suppose.
37:18Vous êtes en contact avec lui.
37:19Vous écrivez, vous communiquez.
37:21Dans quel état d'esprit il est aujourd'hui ?
37:23Est-ce qu'il a compris finalement ce qui lui est arrivé ?
37:25Après deux procès, il a compris.
37:27Il ne faut pas attendre d'une personne victime
37:29d'une erreur judiciaire
37:30que ce soit quelqu'un de parfait.
37:34Vous voyez, il a ses défauts.
37:35Il a d'énormes qualités, mais il continue.
37:37Lui, pour répondre à votre question,
37:40j'avais posé cette question à un de mes clients
37:43qui se disait victime d'erreur judiciaire.
37:45Je lui dis, qu'est-ce que ça fait
37:46quand on est victime
37:48et qu'on est depuis dix ans en prison ?
37:50Cette personne m'avait répondu,
37:52c'est comparable à quelqu'un
37:54qui a un accident,
37:55qui perd l'usage de ses jambes.
37:57Les premiers mois, les premières années,
38:00on ne peut pas le supporter.
38:01Après, on s'y fait.
38:02Donc, il s'y fait.
38:03Il s'y fait.
38:04Il s'y fait, mais...
38:05Sinon, vous vous suicidez.
38:07Il s'y fait, mais il continue à dire,
38:08je suis innocent.
38:09Il n'est pas résigné.
38:10Et j'ai dans mon dossier
38:11des preuves comme quoi
38:14il avait, pendant ces dix ans,
38:16sans arrêt écrit
38:18à des autorités
38:19pour signaler le cas.
38:20Oui, donc...
38:22Il n'a pas commencé la veille.
38:23Il n'a jamais cessé.
38:24Alain Cheval,
38:25journaliste aux dernières nouvelles d'Alsace,
38:27vous connaissez bien ce dossier,
38:28vous avez suivi l'affaire depuis le début
38:29et vous continuez à la suivre
38:30puisqu'elle n'est pas finie,
38:31cette histoire.
38:32Elle continue.
38:34L'évidence, en tout cas,
38:35c'est qu'il n'y a pas de preuves
38:36formelles contre cet homme.
38:37On peut douter.
38:38Il y a beaucoup de choses
38:39dans le dossier
38:40qui ont été écrites.
38:41Il y a beaucoup de rapports
38:42d'experts qui ont été rédigés,
38:44mais il n'y a pas de preuves
38:45contre lui.
38:46Il n'y a rien.
38:47Il y a juste un ADN.
38:48Il faut quand même le rappeler.
38:49Il y a un ADN
38:49qui a été retrouvé
38:50parmi les 300 prélèvements.
38:52Un ADN qui ne correspond à rien,
38:54qu'on a trouvé sur une poignée de portes
38:55qui permet d'aller, je crois,
38:56du salon à la cave.
38:57Un ADN masculin ?
38:59Oui, oui,
38:59mais qui n'a jamais été identifié.
39:01C'est le seul élément
39:03qui cloche dans ce dossier.
39:04Tous les ADN
39:07donc il n'y a rien.
39:08Et c'est vrai que ce dossier
39:10pose question.
39:11Et j'ose espérer
39:13que la justice ne s'est pas trompée
39:14parce que 10 ans
39:15à passer en prison,
39:17j'imagine le calvaire de cet homme
39:18qui, c'est ce que vous disiez,
39:20depuis le premier jour,
39:22écrit son innocence.
39:23Mais c'est vrai que d'un autre côté,
39:25il y a des éléments de personnalité,
39:27il y a ce côté théâtral
39:29qui ont sans doute pesé.
39:32C'est un jury populaire,
39:34je le rappelle.
39:35On a des arguments de faits,
39:37les textes de loi,
39:38mais il y a aussi le jury populaire
39:40qui va juger,
39:41qui va condamner
39:42en son âme et conscience.
39:44Et ça, c'est ce qui fait
39:45peut-être basculer à un moment
39:46le procès
39:47et qu'il le condamne
39:48à deux reprises à 20 ans.
39:49Et puis on le dit encore
39:50parce que je vous ai posé
39:50la question tout à l'heure,
39:51mais moi je suis toujours surpris par ça.
39:53Ilfourth, c'est un tout petit village.
39:55Mais c'est étonnant que vraiment,
39:57mais alors là,
39:57que personne n'ait rien entendu,
39:59n'ait rien vu.
40:01Pour y avoir été,
40:02je crois que quelques jours
40:03ou quelques semaines
40:04après ce drame,
40:05il y a une marche blanche
40:06qui a été organisée.
40:08C'est vrai que c'est un village
40:10où les gens partent le matin,
40:13c'est ce que je disais,
40:14rentrent le soir du travail.
40:15Bon, il y a une vie de village,
40:18donc il y a des fêtes
40:18qui sont organisées.
40:19Mais l'endroit est un peu isolé,
40:22il est en hauteur.
40:23Et on peut imaginer
40:24que personne n'a rien vu,
40:26personne n'a rien entendu.
40:27Et ça, j'en reste convaincu,
40:29ça a pu se passer
40:30sans que personne ne voit rien.
40:31Mais c'est vrai qu'une fois
40:32qu'on a fermé toutes les portes,
40:33qu'on a enlevé cette histoire
40:34de cambrioleurs roumains,
40:35cette histoire de tueurs
40:38qui s'étaient évadés de prison,
40:40qui étaient dans le secteur de Bâle,
40:41on l'a vérifié.
40:43Tout ramène vers la seule personne
40:45qui est présente à ce moment-là
40:46et on retombe sur Eric Mosser.
40:48J'entends ce que dit Maître Lorenz,
40:51j'entends tout ce qu'il dit
40:52et c'est vrai que c'est énervant
40:55et il faut se battre
40:56contre des évidences.
40:57Merci beaucoup Alain Cheval
40:59et Maître Claude Laurente
41:00d'avoir été les invités
41:02de l'heure du crime.
41:03Merci à l'équipe de l'émission,
41:04rédactrice en chef,
41:05Justine Vigneault,
41:05préparation Marie Bossard,
41:06Lisa Canalès,
41:07réalisation en direct.
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