- il y a 2 jours
Un décryptage de l’actualité internationale présenté par Gauthier Le Bret le mercredi à 21h et par Olivier de Keranflec’h le dimanche à 16h : #LHeureInter
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00:00Bonsoir à tous, bienvenue dans l'heure interne de 100% politique comme tous les mercredis sur CNews.
00:06Pour m'accompagner ce soir, comme chaque mercredi, Xenia Federova, bonsoir, et Arnaud Klarsfeld, bonsoir Arnaud.
00:12Et nous accueillons ce soir Gérald Olivier, spécialiste des Etats-Unis, et votre présence sera évidemment précieuse,
00:17puisque cette nuit, le président des Etats-Unis, Donald Trump, va faire une allocution officielle au peuple américain
00:23pour faire un point sur cette guerre, cette guerre en Iran.
00:28Que va dire le président américain ce soir Gérald Olivier ?
00:32Bon je pense que principalement il va vouloir rassurer son opinion publique, rassurer son opinion publique sur deux choses.
00:37La première c'est que les combats s'avèrent être une victoire totale du point de vue militaire, l'Iran
00:43est totalement écrasé,
00:45sa marine est au fond de la mer, son aviation est détruite, ses défenses anti-aériennes sont inexistantes,
00:52donc les américains ont réussi, ont atteint ou sont sur le point d'atteindre leurs objectifs militaires.
00:57Par contre il va dire que les opérations vont sans doute durer encore une semaine ou deux,
01:01ce qui correspond d'ailleurs au laps de temps qu'avait défini au départ,
01:05et qu'après cela les américains cesseront de bombarder, peut-être continueront à parler,
01:11et on verra où la situation en sera, mais je crois qu'il veut un, marquer le début de la
01:15désescalade,
01:16et deux, rassurer son opinion.
01:18Qu'attendent du président américain cette nuit, Xenia Fedorova, avec une nouvelle allocution au peuple américain ?
01:24Je suis d'accord que Donald Trump va probablement se positionner plutôt que c'est une victoire,
01:32et je pense que c'est très important aussi de ne pas oublier ce qu'il dit sur l'OTAN
01:38récemment,
01:39et sur les alliés, et peut-être dans ses discours il va également parler de l'OTAN,
01:45et des pays qui sont refusés de soutenir les Etats-Unis et Donald Trump dans cette guerre.
01:52Et ça c'est quelque chose que je trouve très intéressant et très important,
01:55parce qu'il n'était jamais très content avec l'OTAN, on a entendu,
02:00mais aujourd'hui c'est lui, et c'est Marco Roubaix aussi qui a répété après,
02:04que l'OTAN ne joue pas un rôle comme les Etats-Unis veulent.
02:09Et aujourd'hui...
02:10Il ouvre la voie Trump à nouveau dans la presse américaine à une sortie de l'OTAN.
02:13Je pense que oui, je pense que c'est tout à fait possible,
02:16et je pense que ça sera quelque chose de dramatique pour l'Europe,
02:21parce qu'aujourd'hui il compte vraiment sur les Etats-Unis pour la protection contre les menaces,
02:27on peut dire contre la Russie, parce que c'est ça ce qui est en tous les cas dessiné
02:31par certains dirigeants européens comme une menace,
02:35mais la vérité c'est que Donald Trump est en train de se divorcer avec l'OTAN,
02:39et peut-être ce soir on va attendre exactement ça.
02:43L'OTAN qui était en état de mort cérébrale, selon le président français,
02:47selon Emmanuel Macron, vous avez cité Marco Rubio,
02:48on a le son, où il parle donc le chef de la diplomatie américaine de l'OTAN.
02:53Je pense donc qu'il ne fait aucun doute malheureusement
02:56qu'une fois ce conflit terminé, nous devrons réexaminer cette relation.
03:00Nous devrons réexaminer l'intérêt de l'OTAN et cette alliance pour notre pays.
03:04En fin de compte, c'est au président Trump qu'il revient de prendre cette décision
03:08et il devra le faire.
03:09Nous allons mener cette mission à bien,
03:12mais je pense malheureusement que nous allons devoir réexaminer
03:14si cette alliance qui a bien servi notre pays pendant un certain temps
03:18remplit toujours son rôle,
03:19ou si elle est désormais devenue une voie à sens unique
03:22où les Etats-Unis se trouvent simplement dans une position
03:25où ils doivent défendre l'Europe.
03:27Mais lorsque nous avons besoin de l'aide de nos alliés,
03:29ils vont nous refuser les droits de stationnement
03:32et ils vont nous refuser le survol de leur territoire.
03:35On va en venir au clash Etats-Unis-France notamment.
03:39Est-ce que Trump peut annoncer ce soir la sortie de l'OTAN, Gérald Olivier ?
03:42Je ne pense pas qu'il va annoncer la sortie de l'OTAN.
03:45Par contre, évoquer un certain nombre de grièves américains contre l'OTAN
03:49qui ont été mis en évidence à l'occasion de l'opération Fury-Epic,
03:53Epic Fury, à l'occasion des bombardements actuels,
03:56oui, je pense qu'il va le faire.
03:57Et l'avantage du propos de Marco Rubio, c'est qu'eux, ils sont très clairs.
04:03Il vous dit, une fois ce conflit terminé, nous réexaminerons notre position.
04:07Ce n'est pas, on sort ce soir.
04:09Après, Trump garde toujours ce potentiel d'imprévisibilité dans ses propos,
04:14donc on ne sait jamais.
04:15Mais pour moi, il y aura un réexamen de la relation entre les Etats-Unis
04:18et les autres membres de l'OTAN à l'issue de ce conflit, c'est inévitable.
04:21Mais que je comprenne bien votre analyse.
04:22Pour vous, Epic Fury, donc l'opération en Iran, c'est une réussite à l'heure où on se parle
04:26?
04:27Bien entendu, c'est une réussite.
04:28Après, ce n'est pas ce que vous allez lire dans la presse.
04:30Quels étaient les...
04:31Je pense que c'est ce qu'il va rappeler ce soir.
04:33Quels étaient les objectifs américains ?
04:35Les objectifs américains, il y en avait quatre.
04:37C'était un, anéantir le programme nucléaire américain.
04:40Deux, diminuer leur capacité à produire et à utiliser leurs missiles balistiques.
04:44Trois, détruire leur armée.
04:46Et quatre, les empêcher de travailler avec leur proxy pour déstabiliser le Moyen-Orient.
04:51C'est ça les quatre objectifs de guerre.
04:53Le changement de régime n'est pas un objectif de guerre.
04:55Souvenez-vous de ses premiers propos.
04:57Une fois les bombardements terminés, le peuple iranien aura la possibilité de reprendre son destin en main.
05:02Ça reste la réalité.
05:03Et ce qu'il va annoncer ce soir, c'est que les objectifs de guerre,
05:06donc des objectifs strictement militaires, ont été atteints.
05:09Et ce qui a été démontré au moins, c'est la supériorité quand même considérable des États-Unis
05:14sur cet acteur régional qu'on disait majeur.
05:17Vous êtes d'accord avec cette analyse ?
05:18C'est un succès pour les États-Unis, Epic Fury ?
05:20Je ne pense pas que c'est un vrai succès pour les États-Unis.
05:24Pourquoi ? Parce qu'on nous voit, Iran résister toujours.
05:27On voit les détroits d'Armous qui sont fermés,
05:31qui, pas fermés, mais bloqués en tous les cas, sont sous contrôle iranien,
05:35qui déstabilisent toutes les économies, tous les marchés énergétiques.
05:39Je pense qu'aujourd'hui, on ne peut pas dire que c'est un vrai échec pour les États-Unis
05:43non plus.
05:44Ils sont vraiment éliminés à plusieurs personnalités de leur régime.
05:48Pour les uranium, on sait qu'il a déjà annoncé, Donald Trump,
05:52la dernière fois qu'il a eu des frappes, que tout était fait.
05:55Donc normalement, on ne sait pas exactement qu'est-ce qu'il reste d'uranium aujourd'hui.
06:01Je pense que c'est plutôt une situation assez risquante pour Donald Trump
06:06vis-à-vis de son propre peuple, parce que si ça continue comme ça,
06:10ça coûte très cher pour les États-Unis.
06:12Il y a une certaine baisse de popularité parmi ceux qui sont votés pour lui
06:16parce que cette guerre peut continuer.
06:18Et s'il y a finalement une opération terrestre,
06:23ça peut aussi évoquer et rappeler aux Américains
06:27les échecs d'Irak, d'Afghanistan, ces conflits de longue durée
06:32qui finalement ne sert à rien.
06:34Arnaud Klarsfeld, réussite ou échec pour Donald Trump, cette opération épicurie ?
06:38Peut-être que s'il annonce une victoire, peut-être des gens dans le Tennessee
06:42ou dans le North Dakota qui n'ouvrent jamais les pages internationales pourront le croire.
06:49Ceux qui n'ouvrent pas les pages internationales.
06:52Mais en tous les cas, les Américains qui s'intéressent au monde international ne le croiront pas.
06:56Les Européens encore moins.
06:58Et les États arabes ne le croiront pas du tout à la victoire.
07:02J'ai noté quelques petits éléments.
07:05Le Détroit est fermé alors qu'il était ouvert.
07:08Les Iraniens veulent charger 2 millions de dollars par bateau qui passera.
07:14Ça fera 80 ou 100 milliards de dollars que les Iraniens encaisseront.
07:19Le pétrole est à 105 dollars.
07:22Je ne vois pas pourquoi il baisserait si le Détroit est toujours fermé.
07:27L'Iran a résisté.
07:28Vous vous rendez compte ? L'Iran a résisté aux États-Unis.
07:31Donc il sortira vainqueur pour les pays du Sud.
07:34Les États arabes, les Émirats arabes unis qui se retrouveront tout seuls devant l'Iran.
07:40Vous croyez qu'ils seront contents ?
07:42Qu'est-ce qu'ils ont comme choix sinon de s'entendre avec l'Iran ?
07:44Et s'ils doivent s'entendre avec l'Iran, ils le feront nécessairement en baissant la tête.
07:50Donc pour le prestige des États-Unis, pour le prestige de Trump, ça sera une défaite.
07:55Donc je ne crois pas qu'il annonce...
07:57Enfin c'est possible, mais c'est possible qu'il annonce un retrait, etc.
08:02Mais il peut annoncer autre chose ce soir.
08:04Pour ce qui est de l'OTAN, en effet, il ne peut pas annoncer qu'il sortira de l'OTAN.
08:10On en a parlé tout à l'heure.
08:11Il faut prévenir le Congrès six mois avant.
08:15Il faut soit un vote des deux chambres, c'est-à-dire du Sénat et de la Chambre des représentants,
08:20soit un vote des deux tiers du Sénat.
08:23Et beaucoup d'élus républicains sont contre une sortie de l'OTAN.
08:27Mais Trump a raison.
08:30La prospérité de l'Europe est quand même fondée sur la protection américaine.
08:35Les Américains, si on prend le point de vue américain, ont deux semaines de vacances,
08:39alors que nous avons cinq semaines.
08:42L'université est payante, la santé est payante, alors que chez nous, c'est presque gratuit.
08:50Donc, ils ressentent ça comme une ingratitude.
08:52Et de leur perspective, ils ont raison.
08:54Et on va y venir.
08:55Je veux juste vous entendre sur ce qu'on a entendu dans la bouche d'Arnaud et de Xenia, Gérard
08:59Lodier.
08:59Et puis, sur les troupes au sol, est-ce que Trump va envoyer des forces spéciales sur le sol iranien
09:05?
09:06La menace a été brandie plusieurs fois par l'administration américaine.
09:09Est-ce que vous croyez au déploiement de troupes au sol ?
09:12Alors, les forces sont déjà déployées.
09:15L'idée est qu'elles sont sur place au cas où on a besoin d'elles.
09:19Est-ce qu'elles vont intervenir ?
09:20Est-ce qu'elles vont être entrées à Téhéran ?
09:22C'est ça la question ?
09:23Non, pas question.
09:24Pas question.
09:24Ça, jamais de l'avis.
09:25Si vous aviez des troupes au sol, vous auriez deux objectifs.
09:28Alors, peut-être trois si on veut être vraiment très politique-fiction.
09:30Mais le premier objectif qui a été évoqué, c'est prise de l'île de Karg pour contrôler le pétrole
09:35iranien.
09:36Deuxième cas de figure, prise des petites îles sur le détroit d'Ormuz pour réouvrir le détroit par la force.
09:42Trois, commandos à l'intérieur de l'Iran pour aller récupérer l'uranium.
09:46Chose à laquelle, je ne crois pas une seconde, c'est mille fois trop dangereux et compliqué au passage.
09:51Non, les troupes, elles sont là pour faire pression sur le régime iranien et faire comprendre aux interlocuteurs ou à
09:57l'interlocuteur,
09:58puisqu'apparemment, il y a eu un dialogue au cours des jours passés entre quelqu'un qui est a priori
10:03en charge du gouvernement iranien aujourd'hui et les États-Unis sur une forme de négociation.
10:08Par ailleurs, le président américain lui-même a annoncé ce matin que Pézeskyan, le président iranien, avait demandé à cesser
10:14le feu.
10:15Comme quoi, il y a une forme de dialogue qui est en cours.
10:17Ça, il va peut-être l'annoncer dans le cadre de son discours.
10:19C'est comme avec l'Ukraine. Si Trump accorde un cessez-le-feu sans avoir eu les trois éléments qu
10:26'il a réclamés au départ...
10:27C'est ce qu'il a répondu déjà. Pas de cessez-le-feu avant la réouverture du détroit d'Ormuz.
10:30Comme Poutine aussi a répondu pas de cessez-le-feu.
10:33Néanmoins.
10:33Et d'ailleurs, la plupart des négociations se font sans cessez-le-feu dans l'histoire militaire.
10:38Oui, mais c'est pour dire qu'il y a un dialogue qui existe.
10:41Et donc la possibilité, si vous voulez, celle de voir des troupes au sol, non, j'y crois pas du
10:45tout.
10:45Parce que pour moi, il y a trois écueils.
10:48Le premier, c'est que le conflit bascule dans une autre dimension.
10:51Beaucoup plus risqué pour les Américains.
10:54Coup humain, avec un coup humain.
10:55Oui, une autre dimension à tous les niveaux.
10:57Humain et perte potentielle.
10:59Deux, Trump irait à l'encontre de ce qu'il a toujours dit.
11:02Puisque lui et son secrétaire à la guerre, Pete XS, ont toujours indiqué qu'on n'était pas en Irak,
11:07qu'il n'y aurait pas de troupes au sol, qu'on était juste sur une campagne de bombardement
11:10pour mettre l'Iran à terre et qu'on allait s'y tenir.
11:13Ils n'ont jamais exclu des troupes au sol.
11:23Donc on va s'en tenir là.
11:25Troisièmement, vous auriez un retournement de l'opinion et sans doute demain un effondrement boursier
11:30parce que ça signifierait que le conflit rentre dans un début d'enlisement.
11:34Ce que tout le monde a toujours mis Trump en garde contre.
11:37Donc à mon avis, non, il n'est pas question d'utiliser des troupes au sol.
11:40Par contre, qu'elles soient présentes pour continuer à faire pression sur le régime,
11:43oui, ça, ça me paraît même essentiel et nécessaire.
11:46Donc il n'est pas nécessaire de se réveiller à 2h du matin parce qu'il n'a rien à
11:49dire.
11:51Chacun gère sa nuit comme il l'entend.
11:52Non mais c'est vrai.
11:54Qu'est-ce qu'il peut annoncer ?
11:55Sinon ce qu'il a annoncé dans ses conférences de presse auparavant.
11:57Il va répéter ce qu'il a dit dans ses conférences de presse auparavant.
12:00C'est-à-dire que c'est souvent ce qu'il fait.
12:01Non, encore une fois, il veut rassurer son opinion et prévenir que la guerre est en train de se terminer.
12:05Et juste pour terminer rapidement, le fait que les bombardements s'arrêtent,
12:09ça ne veut pas dire que les forces américaines se retirent.
12:11Ils vont rester.
12:12Vous allez avoir deux porte-avions, l'un en Méditerranée, l'autre en mer d'Arabie,
12:17qui vont continuer à surveiller l'Iran.
12:19Rien ne va changer.
12:20Mais la campagne de bombardement, elle, elle va baisser l'intensité.
12:22Avec 10 000 hommes à bord.
12:23Xenia, sur les troupes au sol, est-ce que vous pensez que c'est une option ?
12:27Je pense que c'est la pire chose que Trump a décidée, c'est envoyer les troupes au sol, à
12:32mon avis.
12:32Mais il peut essayer de faire certaines opérations limitées.
12:38Et peut-être même après un certain déscalade.
12:42Je pense que c'est une question, est-ce qu'il va laisser Israël toute seule ?
12:45Est-ce qu'il va aider Israël ?
12:47Parce qu'Israël joue un rôle central dans ces conflits.
12:50C'est à cause d'Israël que Donald Trump a pris les décisions d'y aller.
12:54Même s'il a dit au début que c'était pour le changement de régime ou autre idée.
13:01Après, pour Donald Trump, il ne faut pas oublier, c'était aussi un certain objectif,
13:05que c'est la Chine, de faire une sorte de disruption, on peut dire ça,
13:12disruptif vis-à-vis de la livraison de pétrole à la Chine.
13:16Sauf que ce n'est pas vraiment marché, parce que la Chine continue de recevoir le pétrole.
13:21Ils sont en contact direct, en tous les cas selon les médias, avec l'Iran.
13:26Et en plus, ça déstabilise la Chine, mais pas tant que Donald Trump continue de risquer sa propre popularité aux
13:34Etats-Unis.
13:35Donc je pense qu'aujourd'hui, je mal crois qu'il y aura une massive invasion américaine en Errand.
13:41Alors vous avez vu la tension entre le président américain et le président français.
13:45Ça a commencé sur le réseau social de Donald Trump.
13:48La France n'a pas laissé des avions à destination d'Israël chargés d'équipements militaires survoler le territoire français.
13:53La France a été très peu coopérative en ce qui concerne le boucher iranien qui a été éliminé avec succès.
13:59Emmanuel Macron a répondu.
14:00C'est tout à fait vrai que la France, qui n'a pas été consultée et qui ne fait pas
14:03partie de cette offensive militaire lancée par les Etats-Unis et Israël, n'y prend pas part.
14:07Mais il n'y a rien de nouveau. C'est vrai depuis le premier jour.
14:09Et donc, il ne faut pas s'en étonner.
14:11Rien ne serait pire que d'avoir bombardé la région pendant des semaines et des semaines et de la quitter
14:15sans qu'un cadre soit à nouveau établi.
14:17C'est ce que la France prône et c'est cela un cadre de coopération exigeant.
14:21Comment on analyse ce bras de fer entre Paris et Washington, Gérald Olivier ?
14:25Moi, je note surtout que la France a été attaquée dans le cadre de ce conflit et qu'elle n
14:29'a pas répondu.
14:30À deux reprises ?
14:30Oui, et qu'elle n'a pas répondu.
14:32Il y a eu un mort.
14:32Eh bien, ça, c'est un aveu de faiblesse.
14:34Et en fait, la France est impliquée.
14:36Elle était impliquée avant.
14:37La France a été le théâtre d'action terroriste menée par l'Iran.
14:40Et je rappelle que cette guerre, elle n'a pas commencé le 28 février ou le 1er mars.
14:44Elle a commencé il y a 50 ans quand le régime islamique de Téhéran a déclaré la guerre à Israël,
14:49aux États-Unis, au monde occidental, au nom de la révolution islamique.
14:53Et en fait, cette guerre, Trump est en train d'essayer de la terminer.
14:56Et il est possible qu'elle ne se termine pas immédiatement, même si cette phase du conflit, l'opération Epic
15:01Fury, elle se termine.
15:04Donc, il y a un vrai désaccord entre la position américaine et la position française.
15:11J'estime que la position américaine a le mérite d'être clair.
15:14On est face à un État terroriste qui déstabilise la région depuis 50 ans.
15:19Tous les présidents américains ont toujours dit qu'il fallait faire quelque chose.
15:23Personne n'a jamais rien fait.
15:25Trump, lui, il l'a fait.
15:26Et au moment où il le fait, les alliés des États-Unis, tout d'un coup, ils ont un petit
15:30peu peur, ils ne veulent pas s'en mêler.
15:32Alors qu'ils sont exactement dans le même bateau, qu'ils ont subi les mêmes agressions de la part de
15:35l'Iran.
15:36Je rappelle que l'un des actes terroristes principaux, c'était les deux attentats à Beyrouth.
15:41Les attentats à Beyrouth en 1983, c'était contre les Marines.
15:43Il y avait eu 250 morts et c'était contre les soldats français qui étaient également sur place.
15:48Et il y avait eu, je crois, à l'époque, 60 morts français.
15:51Donc, la France a été visée, touchée par l'Iran et elle n'a rien fait.
15:54Et quant à Emmanuel Macron, qui semble se préoccuper beaucoup du droit international,
16:00je ne sais pas où il est en ce qui concerne le détroit d'Hormuz.
16:04Parce que tirer sur des navires civils que sont les tankers et fermer des eaux et intervenir dans des eaux
16:09internationales,
16:11eh bien c'est une double violation du droit international.
16:14Donc, toute la communauté devrait être derrière les Etats-Unis, contre l'Iran, dans le cadre de leur opération pour
16:22faire un chantage économique sur le détroit d'Hormuz.
16:24Alors justement, sur le détroit d'Hormuz, je vous propose d'écouter les deux présidents, président américain et président français.
16:30Nous mettrons fin à la guerre dans deux, trois semaines.
16:32Nous allons partir, il n'y a pas de raison de rester.
16:35Le problème avec le détroit, c'est que moi, je peux prendre une mine, la jeter dans l'eau et
16:39dire, voilà, ce n'est pas sécurisé.
16:41Ou vous pouvez prendre une arme et tirer sur les navires, lancer des petits missiles.
16:47Mais ce sera plutôt pour la France ou n'importe qui d'autre.
16:53Je pense que lorsque nous partirons, ça ira mieux.
16:56J'ai entendu dire que beaucoup de navires passaient aujourd'hui.
16:58Et nous sommes en train de négocier avec eux actuellement.
17:01Nous nous croyons ensemble au droit international, à l'ordre international qui repose sur la charte des Nations Unies.
17:08Nous croyons aussi aux valeurs démocratiques que nous défendons.
17:11C'est ce qui fait que vous venez de le rappeler, nous défendons l'un et l'autre le retour
17:15à la paix, au cessez-le-feu, au calme, à la libre circulation à travers le détroit d'Ormuz.
17:19C'est le fait aussi que depuis février 2022, avec constance, le Japon se tient aux côtés des Européens pour
17:26rappeler l'importance d'une paix juste et durable et le respect du droit international.
17:32Bras de fer entre la France et les Etats-Unis.
17:34Il y a déjà eu une certaine conversation, un échange assez tendu entre Donald Trump et Emmanuel Macron.
17:44Oui, ce n'est pas la première fois.
17:45Ce n'est pas la première fois.
17:47Après, je pense que vous avez évoqué quelque chose de très intéressant.
17:51Je pense qu'Emmanuel Macron a choisi plutôt une autre guerre.
17:57Il a choisi l'Ukraine.
17:59Il ne choisit pas l'Iran.
18:00Par exemple, Emmanuel Macron se permet d'attaquer le pétrolier qui fait la livraison des pétroliers russes dans l'eau
18:10internationale.
18:12Et après, il parle de l'eau internationale.
18:14C'est quand même un peu hypocrite.
18:18Et ce sont les deux points de mesure.
18:20Je pense qu'il a fait un choix.
18:21Je pense qu'Emmanuel Macron est très inquiète probablement pour la situation énergétique en France aujourd'hui.
18:27Aujourd'hui, il ne veut pas y aller parce qu'il sait très bien que le plus long que ça
18:33prend, le plus compliqué la situation sera pour la France.
18:39En un mois d'avril, ce sera encore pire qu'un mois de mars.
18:42Et si c'est continu, je pense qu'il cherche toujours une possibilité de parler et négocier avec les Iraniens.
18:48Peut-être, on ne sait pas, mais c'est sûr qu'il ne veut pas prendre la position avec les
18:56États-Unis contre l'Iran aujourd'hui.
18:58Donc, il a fait ses choix.
18:59Arnaud ?
18:59Trump dit plein de choses contradictoires et on n'y comprend rien.
19:04Et Macron annonce plein de grands principes de droit international, mais il n'apporte aucune solution.
19:11Comme vous l'avez dit, en effet, fermer les détroits, un détroit par lequel transitent beaucoup de navires commerciaux, c
19:19'est un motif de guerre.
19:20Il y aurait motif à rentrer en guerre contre l'Iran pour un blocus qui fait venir en Europe beaucoup
19:28d'enrées énergétiques ou alimentaires.
19:34Ce n'est pas ce que je préconise du tout, mais en tous les cas, le président de la République
19:39annonce clairement de grands principes, mais sans apporter de solution.
19:45Et Trump dit plein de choses très sympathiques, mais on n'y comprend pas grand chose et on ne voit
19:50pas non plus là où est la solution.
19:52Vous avez parfaitement raison.
19:53Moi, si je peux ajouter quelque chose...
19:55Allez-y, puis on part en direct de Pékin.
19:57Il y a quelque chose de très préoccupant dans les propos d'Emmanuel Macron, si vous voulez.
20:00Parce qu'il vous dit, nous défendons le droit international, nous défendons les valeurs démocratiques auxquelles nous croyons.
20:07Et nous voulons un retour à la paix telle qu'elle existait avant.
20:11Mais je suis désolé, ça fait 50 ans encore une fois que l'Iran viole régulièrement le droit international.
20:17Ce n'est pas le seul pays à le faire, mais il fait partie des quelques États voyous qui le
20:22font.
20:22Et donc, on a des gens comme le président de la République française qui prétendent défendre son droit, mais qui
20:28tolèrent de travailler en parfaite amitié et coopération avec des gens qui le violent régulièrement.
20:33Donald Trump, au moins, a le mérite et la clarté de dire qu'il n'y a pas de poids,
20:37de mesures.
20:37Soit il y a un droit international, tout le monde le respecte, soit il n'y en a pas, et
20:41auquel cas, c'est le droit du plus fort qui s'impose.
20:42C'est vrai que Donald Trump dit les choses cash, mais je voulais aussi ajouter une chose.
20:48Je pense que si ce n'était pas Donald Trump, peut-être si c'était encore Biden ou Kamala Harris
20:53ou un président démocrate,
20:55j'ai l'impression que les pays européens pouvaient plutôt y aller et soutenir les États-Unis.
21:04Parce que je pense que c'est la personnalité de Trump.
21:08Parce que depuis le début, personne n'a croyé qu'il va gagner.
21:11Je pense qu'il y a eu des discours assez... on s'est moqué de Trump beaucoup et souvent.
21:17Et je pense qu'aujourd'hui, ils ne sont pas contentes que Trump dise les choses comme il faut.
21:21Il les fait payer. Par exemple, l'Ukraine, ce n'est plus les États-Unis qui les financent, c'est
21:25l'Europe.
21:26Donc je pense que la personnalité de Donald Trump joue aussi en Europe.
21:30En Europe, on excuse les violations du droit international, mais on ne pardonne pas les mauvaises manières.
21:35Alors, vous vouliez parler, vous en avez déjà parlé d'ailleurs,
21:39des conséquences énergétiques pour l'Europe et à travers le monde.
21:43On avait dit la semaine dernière que c'était très profitable pour Vladimir Poutine.
21:47On va faire un point avec la Chine, puisqu'on est en duplex avec Chan Nguizang,
21:52journaliste à CGTN à Pékin.
21:55Bonsoir à vous.
21:56Quelles sont les répercussions de ce conflit sur le volet énergétique pour la Chine ?
22:04La Chine n'a pas été impactée comme on a imaginé par cette crise.
22:10Et après, encore une fois, je veux dire, aucun pays n'est sorti gagnant dans cette crise.
22:14Tout le monde est vulnérable et tout le monde a été impacté, tous les pays a été impactés par cette
22:19crise.
22:19Ce qui est intéressant, c'est d'observer, c'est qu'au niveau du pétrole,
22:23la Chine reste certes dépendante des importations, surtout des importations du pétrole venant des pays du Golfe.
22:29Mais cette dépendance est aujourd'hui compensée par des leviers stratégiques,
22:33par exemple des réserves pétrolières déjà très importantes du côté de la Chine.
22:37Et puis la diversification des approvisionnements, surtout avec l'énergie propre.
22:41Et puis aussi, il y a une transformation structurelle de la demande d'énergie en Chine.
22:45Avec, justement, ce qui est intéressant à observer, c'est l'explosion des voitures électriques.
22:50En quelques années, la Chine a non seulement atteint, mais a dépassé ses objectifs avec les voitures électriques.
22:56Surtout avec, aujourd'hui, un véhicule vendu neuf sur deux est désormais électrique.
23:04Ça veut dire que la consommation du pétrole n'est pas aussi importante qu'avant, déjà pour le transport en
23:10Chine.
23:10Et puis aussi, de l'autre côté, avec les engrais, c'est qu'au début,
23:14la logique, on se disait que, tiens, peut-être qu'il va y avoir un manque en Chine.
23:18Mais en effet, contrairement à de nombreux pays, la Chine dispose déjà d'un système de réserve stratégique d'engrais.
23:25Et surtout, en fait, elle a su mobiliser en amont, notamment dans cette période clé,
23:30qui est la période de mars et avril, une période clé pour la récolte de toute l'année 2026.
23:35Il y a deux semaines, le 13 mars, les autorités chinoises ont annoncé la libéralisation
23:42d'anticiper des réserves commerciales nationales d'engrais pour répondre aux besoins agricoles.
23:48Pendant cette période clé, on a commencé à préparer le terrain pour toute l'année 2026.
23:57Donc, je pense que c'est un sujet important de se dire que la Chine, d'un côté, a la
24:02réserve
24:03pour bien faire face à cette situation et aussi réculer les spéculations sur le marché.
24:09Et de l'autre côté, elle aussi, elle a produit pas mal, par exemple, de cet élément qui s'appelle
24:15l'urée
24:15et qui est un élément très important pour l'engrais.
24:18Eh bien, cette année, la Chine a prévu avec une production d'à peu près 76 millions de tonnes.
24:26Donc, en fait, c'est un approvisionnement qui est assez important, assez suffisant pour le marché chinois
24:31et pour toute la consommation.
24:33Donc, je pense que ça, c'est un point aussi important à souligner.
24:37C'est que la Chine essaie de trouver des possibilités à réduire l'impact au maximum dans son économie à
24:46court terme.
24:47Je pense que cela donne justement une stabilité à l'économie asiatique et à l'économie mondiale pour le moment.
24:53Une question, Charnuizang, de Xenia Federova.
24:56Oui, bonsoir.
24:57Je voudrais savoir si c'est vrai ce qu'on voit et attend dans les médias,
25:01que la Chine continue d'avoir, en fait, leur pétrolier qui passe par le droit d'Armos.
25:07Est-ce que vous avez l'information si c'est vrai ?
25:10Et une autre question, s'il y a des réserves, évidemment,
25:14mais si ce conflit, ça dure, comment lâcher une voie à la sortie de ce conflit ?
25:20Est-ce qu'il est prêt de négocier aussi, de jouer un rôle plus important ?
25:24Merci, Xenia, pour ces deux questions.
25:27D'abord, ce qui est intéressant à souligner, c'est qu'il y a deux jours,
25:32nous avons vu le passage tout récent de trois bateaux chinois
25:35et cela montre que le flux ne sont pas totalement interrompus
25:41et ça a été sécurisé cas par cas.
25:43Donc, je pense que c'est plutôt, ça reflète que la Chine essaye de trouver des coordinations,
25:49de faire les coordinations avec les acteurs régionaux
25:51et puis de gérer ces transports cas par cas.
25:55Donc, je pense que c'est déjà un bon signe
25:57que le transport a commencé à reprendre au fur et à mesure.
26:00Et puis, il faut bien aussi comprendre une chose,
26:03c'est que la Chine ne dépend pas uniquement de ce passage,
26:06puisque l'Hormuz, ça reste stratégique,
26:09mais ce n'est pas un point de vulnérabilité absolue pour la Chine
26:12à travers justement ces diversifications de ressources,
26:16d'approvisionnement et aussi ces réserves.
26:18Mais ça montre quand même de très bons signes dans la stabilisation
26:23et aussi dans la situation de la région du Moyen-Orient.
26:27Et du côté de la Chine, je pense que cette position,
26:30elle a déjà répété à plusieurs reprises,
26:32à toutes circonstances, déjà le cessez le feu rapide
26:36et puis le retour au dialogue et puis retour au cadre multilatéral,
26:40notamment dans le cadre des Nations Unies.
26:42Donc, je pense que cette escalade prolongée mettrait en danger
26:47non seulement l'approvisionnement énergétique à l'international,
26:51mais aussi la stabilité du commerce mondial.
26:53Donc, encore une fois, ce n'est pas une bonne chose pour la Chine,
26:57ni pour les États-Unis, ni pour les pays du Golfe,
27:00ni pour toute l'Europe,
27:01parce que tout le monde est sorti perdant de cette crise.
27:06Mais ce qui est important, c'est que la Chine reste toujours constante
27:09avec cette position de retour au dialogue
27:12et de retour à la paix et de cesser le feu le plus rapidement possible.
27:15Merci beaucoup, Chine Nuisang, en direct de Pékin, pour vos explications.
27:19Vous disiez tout le monde sort perdant.
27:21Effectivement, à la pompe, en France, ça devient insupportable pour les Français.
27:26On a vu le mouvement des routiers cette semaine,
27:29les agriculteurs aussi, qui ont énormément de mal avec le gazole non routier.
27:32Et donc, je vous propose le sujet d'Anaïs Bauché
27:34pour voir les répercussions en France, chez nous, de cette crise énergétique.
27:39La pénurie de carburant serait-elle en train de gagner du terrain en France ?
27:43Selon le site carbu.com, plus de 1200 stations-services
27:47seraient en pénurie pour au moins un type de carburant,
27:50soit environ 12% des stations-services en France.
27:52Ces ruptures concernent essentiellement le réseau Total Energy.
27:57Sur le réseau Total, tant que les prix marchés sont élevés
28:01et que Total maintient son plafonnement,
28:03il est évident que les ventes exceptionnelles vont continuer.
28:07Donc ça et là, on aura des ruptures.
28:08D'un point de vue national, aujourd'hui,
28:10on n'a pas de problème de disponibilité de produits.
28:13Hier, Total Energy a annoncé prolonger le plafonnement des prix
28:16jusqu'au 7 avril dans ses 3300 stations-services.
28:19L'essence à 1,99€ le litre, le diesel à 2,09€ le litre.
28:24Face à la situation, la ministre déléguée à l'énergie, Maude Bréjon,
28:27s'est montrée rassurante, affirmant que moins de 10% des stations
28:31étaient en rupture totale ou partielle.
28:33Il n'y a aucun risque de rupture, d'approvisionnement à l'heure où on se part.
28:36Je rappelle qu'on a toujours nos stocks stratégiques.
28:38100 millions de barils.
28:40On s'est engagé à en libérer progressivement auprès de l'AIE 14,5 millions.
28:44Nous n'avons pas encore atteint ces 14,5 millions.
28:47Donc nous avons de la marge et nous répondrons autant que nécessaire
28:51aux difficultés d'approvisionnement ponctuelles
28:53qui sont aussi dues à des soucis logistiques.
28:54La semaine dernière, le prix du litre de gaz à ol' a atteint un record absolu depuis 1985.
29:00Un chiffre qui dépasse l'ancien pic atteint après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
29:05Gérald Olivier, quels sont...
29:06Alors déjà, il y a les répercussions en France.
29:08On peut s'arrêter sur la France un moment parce que les Français n'en peuvent plus.
29:10Et quelles sont les répercussions aux Etats-Unis pour les Américains ?
29:12Le quotidien aux Etats-Unis, ça se passe comment ?
29:15En fait, aux Etats-Unis, c'est un petit peu différent
29:17parce que, comme le précise Donald Trump régulièrement,
29:20les Américains ne dépendent pas du pétrole du Golfe.
29:24Ce qui crée une montée des prix aux Etats-Unis,
29:26parce qu'on a assisté à une montée des prix,
29:28c'est une forme de spéculation et une forme d'incertitude
29:31sur les marchés pétroliers à moyen et long terme.
29:33Mais les Américains sont déjà autodépendants.
29:36Ils sont indépendants énergétiquement.
29:38Ils produisent même plus de pétrole qu'ils en consomment,
29:41même s'ils continuent d'en importer parce qu'ils ont aussi un mix énergétique.
29:45Néanmoins, cette crise, ce conflit,
29:48cette guerre de 4 semaines,
29:50elle a un impact sur l'activité économique,
29:53pas simplement sur le prix à la pompe,
29:54mais sur l'activité économique,
29:56parce que les acteurs attendent de connaître la fin du film
29:59pour savoir comment ils vont agir.
30:01Et ça, ça crée une baisse sur la croissance,
30:03ça crée une montée du chômage,
30:04ça crée des difficultés d'approvisionnement
30:06parce que le prix de l'essence a considérablement augmenté.
30:09Donc il y a un impact direct
30:11ou indirect de ce conflit aux Etats-Unis.
30:13Raison aussi pour laquelle
30:15Donald Trump a besoin de rassurer son opinion
30:17et de dire, rassurez-vous, ça ne va pas durer,
30:20on est sur le point d'obtenir nos objectifs.
30:22Mais je voudrais quand même rappeler une chose
30:24par rapport à justement ce sujet du détroit d'Hormuz
30:26et ce que disait Arnaud tout à l'heure,
30:28avant il était ouvert, maintenant il est fermé.
30:30C'est partiellement faux
30:32parce que ce détroit,
30:33il a toujours été otage de la bonne volonté
30:35ou de la mauvaise volonté iranienne.
30:37Et la position des Européens,
30:39comme ça, d'accepter cette forme de chantage,
30:41c'est pas la première fois que les Iraniens ferment le détroit d'Hormuz.
30:44– C'est il y a 40 ans.
30:44– Pendant la guerre Iran-Irak,
30:46ça avait déjà été fermé.
30:47– C'est il y a 40 ans.
30:48– Et à l'époque, les Américains étaient rentrés par la force
30:50pour aller leur ouvrir,
30:51ce qui n'est à mon avis pas leur attention cette fois-ci.
30:53Mais cette idée qu'un pays peut contrôler des eaux internationales
30:57et que tout le monde trouve ça parfaitement tolérable,
30:59excusez-moi,
30:59mais si on croit aux droits internationaux,
31:01c'est inacceptable.
31:02– Ils contrôlaient, disons de loin,
31:05parce qu'ils peuvent tirer, comme disait Trump,
31:07ils peuvent mettre une mine,
31:08tirer avec un missile ou tirer avec un fusil,
31:11bon, sur les bateaux qui passent.
31:13Mais en tous les cas,
31:14ils ne chargeaient pas 2 millions de dollars à chaque bateau qui passe.
31:17– Ils ne vont pas le faire,
31:18ils ont demandé à pouvoir le faire.
31:19Pour l'instant, ce n'est pas acté.
31:21– D'accord, mais pour l'instant,
31:22Trump dit qu'il négocie.
31:24Il négocie peut-être,
31:26mais il demande quand même 200 milliards de dollars
31:28de réparation pour la guerre.
31:29– Mais Arnaud, comme le disait Xenia,
31:31le président français,
31:32il est peut-être agacé par Trump en ce moment
31:34parce qu'il voit les prix à la pompe exploser.
31:36Il voit bien qu'il est incapable de prendre une mesure
31:39et de faire baisser les taxes
31:40parce qu'il n'y a plus un rond dans les caisses de l'État,
31:423200 milliards de dettes,
31:43et que la grande sociale,
31:46elle va peut-être gagner du terrain.
31:47Ça a commencé gentiment avec les routiers
31:48qui ont essayé de bloquer une ou deux grandes villes cette semaine.
31:51Mais si ça continue comme ça,
31:53les Français, ils ne peuvent pas tenir.
31:54– Oui, mais moi, je l'ai dit,
31:55je n'ai pas dit que Macron était lâche ou quoi que ce soit,
31:58et j'ai dit qu'il était prudent.
32:00On peut interpréter ça de diverses manières,
32:02mais en tous les cas, il est prudent.
32:04Bon, maintenant, ils doivent se dire aussi
32:07que s'ils baissent le prix de la TVA sur l'essence
32:13ou le prix des taxes…
32:14– C'est 50 milliards de taxes sur l'essence aujourd'hui ?
32:16– Oui, donc les gens se disent que l'État gagne plus.
32:19Mais l'État doit se dire,
32:20si on baisse maintenant le prix des taxes,
32:23après, on ne va pas pouvoir le remettre comme il était avant.
32:26Donc, ils protègent comme la gabelle sous l'ancien régime.
32:33Eh bien, c'est la même chose, la taxe sur l'essence.
32:35– Mais on a quasiment doublé les taxes
32:36entre Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron sur l'essence, Xénia.
32:41Et la question, c'est l'acceptabilité du peuple français.
32:44Mais en fait, vous avez un peuple qui n'en peut plus, des taxes,
32:46et en même temps, plus un euro dans les caisses de l'État
32:49avec une dette abyssale.
32:50Donc, un gouvernement qui est incapable de faire quoi que ce soit.
32:53Ça peut expliquer l'agacement d'Emmanuel Macron face à cette guerre.
32:56– Oui, ce sont les conséquences de leur propre action, en fait.
33:01Et la dette va grandir.
33:05Et malheureusement, la France et l'Union européenne, en général,
33:09s'est privée des ressources énergétiques de leurs voisins, la Russie.
33:14Et aujourd'hui, ils sont dépendants des États-Unis, des pays du Golfe.
33:20Et en fait, c'est ça le résultat.
33:24Et malheureusement, pour les Français, je pense qu'il n'y a pas grand-chose à faire.
33:30Ils vont avoir une crise.
33:32Et on a vu avec les gilets jaunes un petit changement des prix
33:36qui a mené à un vrai problème social.
33:39– Et c'était un euro de moins à l'époque.
33:40– Exactement. Donc, on peut imaginer quel impact ça va avoir si ça continue.
33:46Donc, je pense qu'à ce moment, le gouvernement essaie de, un peu,
33:51comment dire, de ne pas paniquer, de dire que tout se passe bien.
33:57Mais là, on est très proche d'un vrai…
34:00Bon, ça sera vraiment problématique.
34:03– Un vrai mouvement social.
34:04Écoutez le pape qui espère que cette guerre va bientôt se terminer.
34:08– Merci.
34:10– On m'a dit que le président Trump a récemment déclaré
34:14qu'il souhaiterait mettre fin à la guerre.
34:17Espérons qu'il cherche une porte de sortie.
34:21Espérons également qu'il cherche un moyen de réduire le niveau de violence et de bombardement,
34:26ce qui constituerait une contribution importante à la disparition de la haine
34:29qui est en train de se créer
34:31et qui ne cesse d'augmenter au Moyen-Orient et ailleurs.
34:38Je continuerai certainement à lancer cet appel à tous les dirigeants du monde pour leur dire
34:42« Revenez à la table du dialogue.
34:46Cherchons des solutions aux problèmes.
34:48Cherchons des moyens de réduire le niveau de violence que nous alimentons. »
34:53– Donc pour faire un dernier tour de table et puis on va parler de l'Ukraine et de la
34:56Russie,
34:57Gérald Olivier, ce soir,
34:59Donald Trump parmi les annonces possibles,
35:01parce que si, il faut quand même se lever à 3h du matin,
35:03Arnaud Klarsfeld, pour regarder le président américain,
35:05évidemment,
35:07c'est vers une sortie de crise,
35:10ouvrir la porte à une sortie de crise.
35:12Est-ce qu'il y a une chance que cette guerre s'arrête dans 3 semaines ?
35:15C'est ça la question.
35:16– Je le pense,
35:16je pense que c'est ce qu'il va annoncer.
35:18Il va peut-être même dire 2 semaines,
35:19une dizaine de jours
35:20et il va préciser que…
35:22– On est déjà à une semaine de plus que ce qu'il avait dit au début.
35:24– Alors, lui avait dit 4 à 5
35:26et le lendemain, sa porte-parole,
35:27Caroline Lévit avait dit 4 à 6.
35:29On était parti sur 4 à 6.
35:30Pour l'instant, on est dans la cinquième semaine
35:32donc il reste encore 2 semaines d'ici la fin des prévisions initiales.
35:35Je pense que c'est ce qu'il va confirmer
35:37en rappelant que ça peut s'arrêter demain
35:40et se résoudre de manière totalement pacifique
35:43si l'Iran accède à toutes les conditions
35:46qui ont été imposées par les États-Unis
35:48ce qui, a priori, n'est pas forcément le cas.
35:51Mais encore une fois, ce que je veux bien préciser…
35:53– Puisque ce n'était pas le but des Américains,
35:54c'est quand même important de le dire
35:55parce qu'on a beaucoup parlé de la chute du régime.
35:57Le régime ne tombera pas.
35:58– Ça, on n'en sait rien.
36:00Et pour moi, si, ce régime, il est finissant.
36:03Vous disiez tout à l'heure, l'Iran va gagner.
36:05Alors, on est dans une guerre asymétrique.
36:07Il suffit que…
36:08– Il a dit d'un point de vue de la communication.
36:10Si les Américains se retirent maintenant,
36:12on dira que les Iraniens ont gagné.
36:14– Il suffit que…
36:15– Un peu comme on avait dit la même chose sur les talibans.
36:16– C'est ça.
36:17Il suffit que le régime survive
36:18pour que l'Iran n'ait pas perdu.
36:20Mais ce régime n'a jamais été aussi faible.
36:23Sur les 100 millions d'Iraniens
36:25ou les 98 millions d'Iraniens,
36:26il y en a 90 millions qui sont contre le régime.
36:29Et ils n'attendent qu'une chose,
36:30c'est la chance de pouvoir se soulever
36:32sans se faire mitrailler à la chaîne
36:34pour essayer de remplacer le régime.
36:36– Ils l'ont fait au prix de milliers de morts au mois de janvier.
36:38– Oui, c'est ce qui s'est passé.
36:39Et donc, est-ce que ce régime va tomber
36:41pas dans les deux jours qui viennent,
36:43ni peut-être les dix jours qui viennent,
36:44mais dans les trois mois cursifs,
36:46si c'est fort possible.
36:47Ce régime, il est aussi aux avois.
36:49Et d'ailleurs, ça va jouer pour le détroit d'Ormuz.
36:51Les Iraniens ont besoin de vendre du pétrole
36:54pour avoir le moindre revenu.
36:55C'est le seul revenu potentiel qui leur reste.
36:57Donc, inévitablement,
36:58ils vont devoir laisser sortir quelques navires.
37:01– Arnaud, est-ce que vous pensez que le régime peut tomber
37:03et s'il ne tombe pas, ça sera un échec pour Trump ?
37:06Et Israël, on avait dit, c'est une menace existentielle,
37:08ils iront jusqu'au bout, ils feront tomber le régime.
37:10– Non, en tout cas, il n'a pas dit
37:13qu'il voulait faire tomber le régime au début.
37:15– Pas Trump, Netanyahou ?
37:16– Netanyahou, oui, Netanyahou, oui.
37:19– Est-ce que Netanyahou peut laisser le régime en place ?
37:21– Si Trump le laisse en place,
37:23Netanyahou le laissera en place.
37:24Il n'a pas d'autre alternative.
37:28Maintenant, je vois mal quand même
37:29Trump se retirer en laissant le détroit d'Harmouz fermé.
37:33Et en n'ayant pas obtenu du régime iranien
37:37ce qu'il voulait au début, au départ.
37:40C'est-à-dire que plus de missiles,
37:42plus de bombes atomiques
37:45et plus de financement des proxys.
37:47Et un changement de régime,
37:49même que ce soit les mêmes,
37:51ce n'est pas très grave,
37:52mais au moins que c'est un changement de régime
37:54si les mêmes admettent
37:55qu'ils ne veulent plus la mort des États-Unis
37:58et la mort d'Israël.
37:59Et là, ils s'en iraient en laissant
38:02le détroit d'Harmouz fermé.
38:04Alors, il doit y avoir nécessairement une autre solution.
38:06Mais vu que je suis le seul à le penser,
38:08je commence à douter.
38:10– Xenia, le régime, pour vous, survivra à cette guerre ?
38:13Le régime des Mola ?
38:14– Oui, je pense.
38:16Franchement, je suis d'accord
38:17que le régime est affaibli.
38:19Mais je ne pense pas que ça va tomber.
38:21Je pense que ce qu'il attend aujourd'hui,
38:23c'est en fait l'opération terrestre.
38:26Parce que c'est très bien que ça sera
38:28le début des vrais problèmes pour les États-Unis.
38:31Pour l'instant, ça va encore.
38:32Non, mais je ne pense pas.
38:34Je pense que Donald Trump sera obligé
38:35d'y aller par les voies diplomatiques,
38:37même s'il fait quelques opérations limitées.
38:41À un moment pour débloquer le détroit d'Harmouz,
38:43je pense qu'il aura les négociations.
38:45et ça sera présenté comme une victoire
38:48par les États-Unis et comme victoire par l'Iran.
38:50– Alors, beaucoup ont dit qu'Emmanuel Macron
38:53effectivement ne répondait pas au régime des Mola
38:56alors qu'il y a la base qui a été ciblée,
38:58qu'il y a un Français qui a été tué, Arnaud Frion.
39:02Je rappelle d'ailleurs qu'il n'était pas présent
39:03à l'hommage qui a été présidé par Catherine Vautrin,
39:06que l'Assemblée nationale, on en parlait la semaine dernière,
39:08était vide au moment de la minute de silence,
39:11ce qui a évidemment beaucoup choqué.
39:13Pourquoi il s'investit peu dans ce conflit ?
39:15Et pour plus s'investir sur le conflit Xenia
39:17entre la Russie et l'Ukraine,
39:19ne serait-ce que d'un point de vue médiatique,
39:20Volodymyr Zelensky était encore il y a quelques jours à Paris.
39:23Écoutez le porte-parole du Kremlin
39:24sur Volodymyr Zelensky justement.
39:28– Il ne s'agit pas d'une question de deux mois.
39:32Volodymyr Zelensky doit prendre dès aujourd'hui
39:33la décision de faire quitter le territoire du Donbass
39:36aux troupes ukrainiennes
39:37et de les retirer au-delà des frontières administratives
39:40de la République populaire de Donetsk.
39:42Nous l'avons répété à maintes reprises
39:44et en réalité, Zelensky aurait dû prendre cette décision hier.
39:48Comme nous l'avons déjà dit,
39:50il doit assumer ses responsabilités
39:52et prendre cette décision difficile.
39:54Cela pourrait sauver un grand nombre de vies
39:56et surtout mettre fin à la phase active de cette guerre.
40:02– Bon, ça fait depuis janvier qu'on fait cette émission.
40:05Xenia, je vous pose toujours la même question.
40:07Est-ce qu'on va en sortir un jour ?
40:08Est-ce que les fusils vont arrêter de parler,
40:11les armes vont arrêter de parler
40:12entre russes et ukrainiens d'ici peu ?
40:14– Je pense que ce que Dmitry Peskov est en train de dire,
40:18c'est ça, que si aujourd'hui Volodymyr Zelensky
40:20prend la décision de retirer les troupes,
40:22les forces de Donbass,
40:24ça ouvre en fait toutes les portes pour un accord d'épée.
40:30La problématique aujourd'hui,
40:32c'est que la Russie est très claire,
40:33elle ne va pas accepter la présence des troupes ukrainiens en Donbass.
40:39Donc ça, c'est un point qui est un négociable.
40:42C'est quelque chose que Vladimir Poutine a dit à Donald Trump,
40:45ils sont inchangés en Alaska.
40:47Et donc aujourd'hui, c'est Vladimir Zelensky
40:48qui ne veut pas, qui n'accepte pas.
40:50Et avec le soutien de l'Europe,
40:53Vladimir Zelensky pense qu'il peut changer la situation
40:55et peut-être même gagner en guerre contre la Russie.
40:58Pour répondre à votre question,
41:00je pense que ça va finir,
41:01si pas par les voies diplomatiques,
41:03par les voies militaires,
41:04quand la Russie va reprendre complètement Donbass.
41:07Et là, à ce moment-là,
41:08on va voir si la Russie dit,
41:11ok, maintenant, on reste là,
41:13on fait un certain accord
41:14ou la Russie va demander certaines conditions
41:17pour que cet accord sera signé.
41:20Par exemple, les droits pour tous les russophants,
41:22les droits de parler russes,
41:25les libertés pour l'église orthodoxe russe,
41:29qui est aujourd'hui sous pression par les Ukrainiens.
41:32Donc il y a beaucoup de choses qui sont
41:33la neutralité de l'Ukraine,
41:36la démilitarisation de l'Ukraine,
41:38pas de l'OTAN en Ukraine.
41:40Donc il y a plein de choses à discuter.
41:41Et tout ça, c'est sur la table.
41:43Mais aujourd'hui, à mon avis,
41:45si Vladimir Zelensky n'accepte pas
41:46les conditions d'héritier et les forces de Donbass,
41:48ça va continuer, militant.
41:50Donald Trump voulait mettre fin à ce conflit.
41:52Il en a démarré un autre du côté de l'Iran.
41:55Donc c'est plus sa priorité à l'heure où on se parle.
41:58Est-ce que le président américain
41:59va encore s'investir pour trouver un...
42:02Alors il a essayé de cesser le feu.
42:04Arnaud rappelait tout à l'heure
42:05que Poutine ne veut pas d'un cesser le feu.
42:06C'est une paix totale à ses conditions
42:08où ce n'est pas la paix.
42:10Est-ce que Trump va continuer à s'en mêler ?
42:12Oui, il va continuer à s'en mêler
42:13parce que malgré tout,
42:14il s'est quand même beaucoup impliqué dans le conflit.
42:15Maintenant, il a déjà pris du recul.
42:18Il a reconnu lui-même que c'était beaucoup plus dur
42:22que ce qu'il avait anticipé
42:23et que ces deux personnes se détestent
42:25et que donc on a du mal à les faire s'entendre.
42:27Mais je pense qu'une fois l'actualité en Iran
42:31passée sur ce qu'on appelle le back burner,
42:33c'est-à-dire un petit peu à l'arrière,
42:35on en reviendra au théâtre ukrainien
42:37avec une solution pas forcément facile à trouver.
42:40C'est vrai qu'avant même l'Iran,
42:41il était beaucoup sur le Groenland.
42:42Ça lui a visiblement passé.
42:44Désormais c'est sur l'Iran.
42:45C'est ce qu'il voulait, donc oui, ça lui a passé.
42:47Et donc il va retourner, vous nous dites prochainement,
42:49sur le conflit entre la Russie et l'Ukraine.
42:51Je ne veux pas vous alarmer,
42:52mais le prochain dossier, c'est Cuba.
42:54Après l'Iran, il y aura Cuba quand même.
42:56Et j'ai oublié le Venezuela au passage.
42:57Ça, c'est un petit peu réglé.
42:59Ça ne s'est pas trop mal passé d'ailleurs, le Venezuela.
43:01Mais c'est vrai, pour en revenir sérieusement
43:03sur le conflit en Iran,
43:04si le régime reste immédiatement,
43:06il y aura un air d'inachevé.
43:08Donc enfin, ce ne sera pas une victoire totale.
43:10Par contre, en ce qui concerne l'attitude d'Israël,
43:13ce conflit change quand même considérablement les choses.
43:16Parce qu'aujourd'hui, l'Iran ne constitue plus
43:18une menace existentielle contre Israël.
43:21Avant ce conflit, ils avaient les moyens
43:23d'attaquer Israël, voire de chercher...
43:25C'est un répit.
43:26Oui, c'est une forme de répit.
43:27Mais par contre, la guerre d'Israël
43:29contre le Hezbollah, elle ne va pas s'arrêter.
43:31Ils vont faire au Hezbollah ce qu'ils ont fait au Hamas.
43:33Vous revenez à l'Iran,
43:35mais enfin, tous ces conflits sont liés
43:36puisque la Russie et l'Iran sont des alliés.
43:40Donc effectivement, tous ces conflits sont liés.
43:42Mais pour rester sur l'Ukraine et la Russie,
43:45est-ce que vous pensez qu'il y a une chance
43:47de paix encore entre les deux pays ?
43:50Je crois que Poutine, lui, il tient à ses buts de guerre.
43:52Il les a annoncés.
43:54Il n'y renonce pas.
43:55Je ne sais pas si ses buts de guerre sont positifs ou négatifs.
43:58Dans tous les cas, il a annoncé le Donbass,
44:01qu'il voulait que le Donbass devienne ou redevienne russe,
44:05selon le point de vue que l'on a.
44:08Il tient à son but de guerre.
44:10Elle avance et russe est lente,
44:11mais elle est inexorable pour l'instant.
44:15Donc, comme Trump ne veut pas faire la guerre,
44:17heureusement qu'il ne veut pas faire la guerre à la Russie
44:19parce que la Russie a 5 000 têtes nucléaires
44:22et que le conflit se déroulerait sur le sol européen
44:25et ce sera un troisième suicide,
44:27je crois que Poutine finira par obtenir ce qu'il voulait.
44:32Il a tenu ce 4 ans pour obtenir peut-être ce qu'il désirait au départ.
44:37Je crois que Xenia réagit très fortement à ce que vous dites, oui, Xenia.
44:40Oui, parce qu'on parle de façon que c'est Poutine qui voulait Donbass,
44:45mais en fait, il ne faut pas oublier qu'à partir de 2000...
44:48La population, vous voulez.
44:49Merci, il y a eu un référendum, déjà,
44:51ce qui est très important de souligner.
44:53Donc, la population de l'Est de l'Ukraine, de Donbass,
44:57russophones, à partir de 2014,
45:00ils voulaient se séparer.
45:01Ils ont cherché leur indépendance.
45:02Pendant 8 ans, on a eu les tentatives
45:06de trouver une solution diplomatique
45:08avec les accords de Minsk qui ne sont pas marchés,
45:10les accords de Minsk 1 et 2.
45:11On sait très bien que les accords de Minsk
45:13étaient utilisés plutôt pour armer l'Ukraine
45:15et pour les préparer pour une confrontation avec la Russie.
45:18Et ce qu'on voit aujourd'hui,
45:20c'est que l'Europe a cherché cette défaite stratégique de la Russie.
45:23Donc, ce n'est plus vraiment une guerre
45:26entre l'Ukraine et la Russie,
45:28c'est une guerre par proxy, par approximation,
45:31qui était commencée avec le soutien des Etats-Unis
45:35et aujourd'hui avec l'Europe.
45:36Merci pour l'heure inter de 100% politique.
45:40On se retrouve évidemment la semaine prochaine
45:41pour une nouvelle heure inter.
45:43Tout de suite, donc, 100% politique
45:46avec le retour de Raphaël Arnaud
45:48après le meurtre de Quentin de Rank à Lyon,
45:50le retour à l'Assemblée nationale.
45:51On va longuement en parler ce soir dans 100% politique.
45:54Ne bougez pas, à tout de suite.
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