00:00 Bonjour Marco Petrelli, bienvenue.
00:07 Bonjour.
00:08 Vous êtes le président de l'Arbre Vert, vous fêtez les 20 ans de ce premier liquide
00:13 vaisselle éco-responsable.
00:14 C'était novateur à l'époque ?
00:16 Oui, c'était très novateur, surtout l'idée de mettre l'Ecolabel sur un produit pareil.
00:22 Au début, il a fallu un petit peu expliquer.
00:27 Aujourd'hui l'Ecolabel est un gaz de reconnaissance à niveau européen pour des produits qui
00:34 sont éco-conçus mais qui performent.
00:38 Ça veut dire qu'on pensait que ce n'était pas possible pour un produit d'hygiène
00:42 d'obtenir un Ecolabel, c'est ça ? C'est contre ça que vous avez dû batailler au
00:46 départ ?
00:47 Non, je dirais plutôt que historiquement les produits éco-responsables avaient des
00:52 performances moyennes et l'Ecolabel a apporté la nouveauté de donner aussi un objectif
01:00 de performance du produit.
01:02 Est-ce qu'il y a beaucoup de concurrents qui sont arrivés depuis sur ce marché ?
01:05 Oui, on a vu un écran changer tous les ans, soit avec des concurrents vraiment concentrés
01:21 sur notre même approche, soit des concurrents qui sont des marques génériques qui ont
01:26 décidé de créer leur sous-marque écologique.
01:32 Dans la décision d'achat d'un produit d'hygiène, à quel point ces enjeux environnementaux
01:40 d'éco-responsabilité sont devenus importants ? Vous l'avez vu évoluer aussi chez vos
01:46 clients ?
01:47 Si vous pensez aujourd'hui par exemple que l'arbre vert est dans un foyer sur quatre,
01:52 le marché des produits d'entretien écologique n'a jamais arrêté de grandir, je dirais
01:58 hormis un peu la crise des dernières années avec l'inflation, avec tout ce qui a été
02:04 le post-Covid.
02:05 Je pense surtout que les nouvelles générations seront de plus en plus attentives à ce concept.
02:14 Vous êtes alors le premier marché, depuis l'arbre vert s'est développé notamment
02:19 sur le marché professionnel, plus récemment en 2021 le soin des animaux, c'est un marché
02:26 énorme.
02:27 Quel bilan vous faites de votre entrée sur ce marché ?
02:29 Avant tout, on est fier d'avoir une marque qui est capable de traverser plusieurs domaines,
02:38 même différents.
02:39 Je dirais que le succès le plus important est le lancement en 2017 de l'arbre vert
02:45 bien-être, qui est l'entrée dans les produits d'hygiène beauté.
02:50 Aujourd'hui, ça représente à peu près 10% de notre chiffre d'affaires.
02:54 On est dans les douches, dans les produits lavants, dans les deodorants, dans les dentifrices.
02:59 On a une très belle gamme de dentifrices vraiment conçues d'une façon…
03:03 Mais alors c'est quoi ? En quoi ils se différencient des autres ? C'est le sourcing des matières
03:08 premières par exemple ?
03:09 C'est le choix des ingrédients, le choix des emballages, l'attention au transport,
03:16 à l'optimisation du transport.
03:18 C'est l'adaptation graduelle d'une usine qui a quand même à peu près 120 ans aux
03:27 priorités qui nous intéressent.
03:29 C'est notre façon d'être, de penser au quotidien.
03:35 Est-ce que quand vous lancez un nouveau produit, il y a parfois des défis compliqués à relever,
03:38 notamment sur le sourcing des matériaux ? Parce que comme tout le monde se met à vouloir
03:41 faire de l'éco-responsable, est-ce que c'est difficile de trouver les bons matériaux ?
03:45 J'ai un gardien de notre philosophie et de notre promesse qui est le directeur de
03:52 l'AREDE.
03:53 Au moment où les choses passent selon lui, c'est-à-dire qu'on peut lancer, s'il
04:00 bloque, c'est bloqué.
04:01 Et c'est lui qui dit que ce n'est pas encore suffisamment avancé pour répondre à nos
04:07 critères, c'est ça ?
04:08 Exactement.
04:09 On a un cahier de charge auquel on est vraiment très fidèle.
04:13 La mission est de combiner l'ambition qu'on a, l'idée qu'on a d'un point de vue marketing,
04:21 la performance qui doit toujours être au rendez-vous, même si on est dans un produit
04:25 qui est éco-conçu, et le respect de notre cahier de charge.
04:29 Ce n'est pas toujours facile.
04:31 On a quand même des projets qu'on a dû abandonner ou décaler dans le temps parce
04:35 qu'il n'y a pas une solution qui nous convienne.
04:39 Pourquoi vous êtes lancé dans le marché des compléments alimentaires ?
04:42 Je me suis dit que c'est quand même assez étonnant pour une marque comme l'Arbre Vert.
04:45 Parce qu'on a la chance, comme vous le savez, l'Arbre Vert fait partie d'une histoire
04:50 familiale.
04:51 Il y a eu un fondateur qui a cédé les rênes de son entreprise en 2015 à une entreprise
04:58 familiale italienne qui s'appelle le groupe Sodalis.
05:03 Et Sodalis, il y a cinq ans, a racheté une des plus belles marques de compléments alimentaires
05:11 italiennes vendues en pharmacie, parapharmacie et herboristerie.
05:15 Et donc, on a simplement pensé de combiner les deux actifs, la reconnaissance de notre
05:23 marque avec la qualité des produits qu'on a pu mettre sur le marché.
05:27 Comment réagissent les consommateurs habitués de l'Arbre Vert qui pensent à l'Arbre
05:32 Vert d'abord pour des produits d'hygiène et qui disent "oula, des compléments alimentaires
05:35 !" ? Comment ils ont réagi ? S'ils ont été surpris ?
05:38 Je dirais qu'on a une population d'affectionnados qui ne se pose même pas le problème.
05:48 Dès que c'est l'Arbre Vert, dès qu'ils le retrouvent, ou même ils vont le chercher
05:52 sur les commerces s'il n'y a pas quelque chose à proximité.
05:56 Par contre, on a encore des consommateurs du liquide vaisselle qui ne connaissent pas
06:05 ou ne sont jamais passés à la lessive et qui seraient très surpris même de voir un
06:10 produit douche de l'Arbre Vert bien-être et encore plus bien évidemment d'un complément
06:15 alimentaire.
06:16 Donc nous, on cherche un peu d'éduquer tout le monde avec notre approche qui est plutôt
06:21 discrète, de proximité.
06:24 On parle en profondeur à peu de gens à chaque fois qu'on fait une campagne de marketing
06:30 ou de communication.
06:31 J'entends ce que vous êtes en train de me dire et il y a le mot confiance qui me vient
06:36 en tête.
06:37 Oui, tout à fait.
06:38 Et donc, comment vous répondez à cet impératif de transparence et de confiance ?
06:42 Tout à fait.
06:43 Je dirais que c'est ce que je décrivais tout à l'heure, c'est-à-dire la promesse
06:47 qui a été faite il y a maintenant 20 ans est maintenue jour par jour dans l'entreprise,
06:54 à l'usine, au marketing, à l'arrêt d'aide, même nos forces commerciales.
06:58 On est vraiment très rigide, je dirais, sur nos principes.
07:04 Alors, je vois qu'on parle de cette usine, c'est Saint-Benoît, c'est ça le siège ?
07:09 Oui, parfait.
07:10 On est dans quelle région ?
07:11 On est à côté de Poitiers.
07:12 À côté de Poitiers, d'accord.
07:14 Avec donc ce projet qui a déjà peut-être avancé d'installer du photovoltaïque sur
07:20 le toit.
07:21 On a déjà aujourd'hui un parc photovoltaïque qui fonctionne depuis le mois de mai cette
07:27 année, qui produit quasiment 15% de nos besoins annuels.
07:32 Et il y en a un deuxième dont les travaux démarrent prochainement et qui sera opérationnel
07:39 à partir de mi-2024.
07:40 C'est un investissement lourd ?
07:41 Assez, mais encore une fois, ça rentre exactement dans notre ADN, d'alléger l'empreinte environnementale
07:55 des produits et en général de nos activités.
07:57 Et le retour sur investissement ? C'est-à-dire que c'est 15% de votre consommation, ça
08:02 sera un peu plus quand le deuxième parc sera installé ?
08:05 C'est des retours sur investissement assez longs.
08:08 Maintenant, ils sont aussi impactés par le bouleversement soumis par le marché de l'énergie.
08:16 Mais je dirais qu'au-delà de l'analyse financière, on est tombé sur une conviction
08:26 commune, partagée.
08:27 Oui, parce qu'évidemment, aligné avec l'identité de l'entreprise, est-ce que ça devient de
08:32 plus en plus difficile de progresser justement en matière environnementale ? Vous voyez
08:36 ce que je veux dire ? Parce qu'il y a un moment où les premiers investissements sont
08:39 peut-être "plus faciles" et puis il y a un moment où il faut faire des investissements
08:42 encore plus lourds.
08:43 Non, par exemple, nous on a une technologie, je relis toujours la stratégie avec les produits,
08:53 mais nous on est très fort dans les recharges de lessive.
08:57 Les recharges de lessive représentent 70% de plastique à moine par rapport à un bidon.
09:02 Et là, on est en train de réfléchir à un nouvel investissement pour faire des recharges
09:06 à partir de la bobine et donc réduire encore l'empreinte de ce produit.
09:13 Donc non, on ne voit pas de limites, ça, ni à l'usine, ni sur le portefeuille de
09:18 produits.
09:19 Et on a plein d'exemples, les produits solides qui devront revenir même s'ils sont moins
09:25 pratiques.
09:26 C'est clair que c'est plus amusant de faire une douche avec un produit liquide, il faudra
09:32 la savonnette, frotter, faire sa mousse et se laver.
09:36 C'est un peu plus long, mais presque pas d'eau pour transporter, pas de plastique.
09:41 Et justement, sur l'impact d'un choix à la fois de produits et de technologies même
09:47 dans l'usine sur les transports, je disais en préparant l'émission que vos flacons
09:51 sont soufflés sur place, c'est ça ?
09:53 Certains oui.
09:54 La majorité, je dirais, les liquides vaisselle.
09:57 Qu'est-ce que ça change ça ?
09:58 Ça change que vous partez d'une préforme qui est grande comme ça, donc vous recevez,
10:05 je ne connais pas les chiffres, mais imaginons un camion de préforme qui doit durer plusieurs
10:10 jours et avec une ligne intégrée, vous transformez cette préforme en flacon, il va directement
10:18 sur la ligne de remplissage, donc il n'y a plus de logistique.
10:21 La seule logistique, c'est celle des préformes.
10:24 Et donc vous ne transportez pas de l'air dans des flacons vides.
10:27 Oui, et beaucoup moins de camions sur les routes aussi mécaniquement, c'est ce que
10:33 vous nous décrivez.
10:34 Dernière question sur la… parce que ça fait partie, vous nous disiez, on a presque
10:38 une communauté d'aficionados, il faut sensibiliser le grand public à ces enjeux ?
10:44 Oui, moi je dirais que nous, on a, comme dire, la pédagogie fait aussi partie de nos priorités.
10:50 L'exemple qui ne me plaît plus est le changement qu'on a fait maintenant en 2019, quand on
10:56 a baissé encore notre dose de lessive liquide à 45 ml, qui est aujourd'hui, je dirais,
11:03 la plus faible, la plus petite du marché, hormis les super concentrés, que nous n'aimons
11:08 pas parce que risque de surdosage très élevé.
11:11 Et là, on a fait, et on fait toujours, disons, sur ce concept de la juste dose, on fait vraiment
11:18 de la pédagogie sur le produit, dans la communication, dans les réseaux sociaux.
11:23 Merci beaucoup, Marco Petrelli.
11:25 A bientôt sur Bsmart.
11:27 On passe au Zoom de cette émission, le Zoom de Smart Impact.
11:30 On va notamment parler de l'opération 1000 jeunes, 1000 stages avec la Fondation Boulanger.
Commentaires