00:00Passons à notre sujet du jour, investir dans le cinéma.
00:03Ça c'est quand même une sacrée question, parce que c'est vrai que c'est pas forcément un secteur
00:07où les choses sont immédiatement rentables.
00:09Et on est rejoint par Jeremy Blackwell, gérant de fortune, fondateur de la newsletter Limonade aussi, que vous pouvez retrouver.
00:19Alors, la fête du cinéma vient de se terminer, on a un festival de Cannes qui approche tout doucement, on
00:25va parler cinéma et bourse.
00:26C'est vrai qu'on n'a pas forcément conscience qu'il y a certaines sociétés de cinéma qui sont
00:30cotées, qui constituent des opportunités d'investissement.
00:34Et vous nous avez déniché trois pépites pour investir dans le cinéma en bourse.
00:40Alors, comment ça se passe, Jeremy ?
00:42Bonjour Antoine, effectivement, aujourd'hui je propose une petite sélection de trois valeurs cinéma.
00:46C'est vrai qu'on ne parle pas beaucoup de cinéma en bourse d'habitude, vu que c'était l
00:50'occasion.
00:52La première valeur dont je peux parler, c'est peut-être la plus connue, c'est Lionsgate.
00:56Un studio indépendant américain.
00:59Donc, comme vous l'avez suivi, la Warner s'est fait récemment racheter par Ramones Callidans pour 108 milliards de
01:06dollars.
01:07Et donc, l'Andy Grace, c'est tout simplement le dernier grand studio indépendant coté en bourse.
01:12Ils ont ce qu'on appelle de l'IP, c'est-à-dire qu'ils ont des propriétés intellectuelles intéressantes.
01:17Ils ont plusieurs franchises milliardaires, comme Hunger Games, John Wick, Twilight, probablement bientôt The Housemaid, dont le premier épisode a
01:27déjà résé plus de 400 millions de dollars.
01:29Ils ont aussi quand même 38% de leur activité qui se fait hors cinéma.
01:33Donc, c'est série télé, streaming et produits dérivés qui prennent de plus en plus d'ampleur.
01:39Ils viennent de se séparer complètement de Starts, qui était la partie streaming.
01:44Donc, maintenant, c'est vraiment devenu un pur player, avec une valorisation qui est encore, pour moi, mal appréciée par
01:49le marché,
01:50puisque la société, le studio, ne vaut qu'un peu plus de 2,5 milliards de dollars, à comparer aux
01:55108 milliards de dollars de Warner.
01:58Et avec, pour moi, deux catalyseurs à relativement court terme, assez attendus.
02:04Donc, la sortie du biopic de Michael Jackson, pour les fans, qui va sortir le mois prochain.
02:09Si ce n'est pas un hit, ça ?
02:11En tout cas, il y a une forte attente.
02:13Il a fait pas mal de previews.
02:15C'est le record de vues pour la bonne annonce pour un film de Lionsgate.
02:19Maintenant, attention, ça peut être tout l'un ou tout l'autre.
02:21Après, je suis le savon.
02:24Mais j'en ai confiants, parce qu'ils ont déjà préparé, apparemment, un numéro 2.
02:28Un Michael Jackson 2, en préparation.
02:31Donc, ça, ça pourrait être un gros succès.
02:33L'estimation, c'est au moins 300 millions de dollars pour le premier épisode.
02:37Et puis, il y aura bientôt aussi le retour de Hunger Games,
02:39avec un nouvel épisode qui devrait relancer la franchise,
02:43qui est une des plus grosses franchises de groupe,
02:44et qui sortira sur les écrans en novembre.
02:47Avant de parler de vos deux autres pépites,
02:49je voudrais juste revenir sur un truc.
02:51Et c'est vrai que vous parliez de ces biopiques,
02:54vous parliez du nouveau modèle industriel des médias et du cinéma,
02:57qui est au milieu de tout ça.
02:59Est-ce qu'en fait, on n'est pas en train de passer directement
03:03sur des grosses entreprises qui vont gérer des droits intellectuels ?
03:08Plutôt que de produire des films, en fait.
03:10Oui, c'est un peu ça.
03:10Effectivement, maintenant, le cinéma, c'est de plus en plus une affaire
03:13de propriété intellectuelle, d'IP, avec de plus en plus de franchises.
03:18C'est ça.
03:18Les gens, maintenant, ils veulent venir au cinéma soit pour voir des événements,
03:21donc c'est souvent des gros blockbusters, c'est souvent des franchises,
03:24et quand ils y vont, ils veulent avoir des conditions optimales,
03:28et c'est vraiment la sortie un peu plus exceptionnelle qu'avant.
03:31Quand on va au cinéma, c'est pas pour voir un film qu'on peut voir sur Netflix,
03:34sur son canapé.
03:36Il faut vivre l'expérience.
03:37Non, et puis il faut justifier sa plus-value, tout bêtement, on en est tous là.
03:40Exactement.
03:41Vos deux autres pépites, alors il y en a une qui s'appelle Kinépolis.
03:45Alors Kinépolis, c'est où ça ?
03:47C'est une société belge.
03:49Belge ?
03:49Belge, donc c'est un réseau d'exploitants de cinéma,
03:52ils sont présents pas mal en Europe, mais aussi aux Etats-Unis.
03:55Et c'est un exploitant pas tout à fait comme les autres,
03:57puisqu'il a des marges aussi importantes qu'un groupe de luxe.
04:01Il a à peu près 30% de marge, donc il réussit bien à exploiter des salles de cinéma,
04:08mais plutôt des salles premium, avec de plus en plus de salles IMAX,
04:12des sièges en luxe, et puis après il y a toute la partie restauration qui va avec.
04:17Ils ont bien réussi à augmenter leur prix ces dernières années,
04:20donc le prix des places, le revenu par fauteuil a pas mal augmenté ces trois dernières années,
04:26ils ont continué à progresser, et c'est vrai qu'avec une marge de 30%,
04:29ils arrivent à dégager à peu près 60 millions d'euros de cash flow par an,
04:33ce qui leur permet justement de moderniser, premieriser, comme ils disent, leur salle,
04:38et puis aussi de faire quelques acquisitions.
04:39Ils ont racheté par exemple en fin d'année dernière Imagine Entertainment,
04:43un réseau de salles aux Etats-Unis pour 105 millions de dollars.
04:46Donc voilà, ils se développent à la fois par croissance interne et organique,
04:48et comme l'an dernier était une année plutôt faible en termes de sorties cinématographiques,
04:56je pense que cette année qui est assez chargée en blockbuster devrait avoir une augmentation de la fréquentation
05:01qui se ressent toujours fortement dans les résultats de Kinépolis,
05:05qui se traitent en plus à des valorisations historiquement basses,
05:07puisque le titre est autour de 25 euros contre un plus haut à 62 euros,
05:11alors que depuis les résultats ont plutôt progressé.
05:13Il faut peut-être préciser juste que Kinépolis est présent en France,
05:15ils ont une vingtaine de cinémas en France, notamment dans le nord et l'est de la France.
05:19Moi je viens à Mulhouse, il y en a un là-bas en fait.
05:20Ils sont pas mal dans le nord aussi de la France.
05:21Mais ils sont pas trop à Paris pour le coup.
05:23C'est fou, alors je m'y aurais totalement...
05:25Je vais pas souvent au cinéma, mais alors surtout pas, j'ai aucune confiance avec ces régions-là.
05:29Non, non, c'est très concentré géographiquement, et encore une fois c'est pas à Paris.
05:32Mais ouais, mais là c'est contre-intuitif,
05:33et c'est peut-être une super bonne raison de s'y intéresser,
05:36parce que tout le monde va se dire, ouais, mais exploiter des salons, des salles de cinéma.
05:40C'est meilleur qu'assez défensif dans le sens où il n'y a pas d'impact trop du pétrole,
05:45de la guerre, etc.
05:45Alors voilà, il y a ça, et en plus, je dirais que ça parle aussi aux plus vieux d'entre
05:49nous,
05:50dans le sens où on allait au cinéma, on se faisait plaisir, on achetait tout, on allait au resto.
05:54Ouais, ça ressemble un petit peu au vieux cinéma des années 70-80, des beaux cinémas de luxe,
06:00et c'est bien qu'ils remettent ça au goût du jour, non ? C'est chouette.
06:02Très très bien.
06:03Gaumont ensuite, évidemment.
06:04Alors Gaumont, c'est un petit peu une situation particulière, donc Gaumont...
06:08Julien me le disait, déjà flottant tout petit.
06:11Flottant tout petit, Gaumont appartient déjà en très très grande partie à la famille Seydoux,
06:17et ils ont été obligés par l'AMF à lancer une offre publique de retrait sur le titre.
06:22Ils ont fait appel, mais là, le 19 mars, la Cour d'appel de Paris a confirmé qu'il fallait
06:28qu'il retire Gaumont de la côte,
06:30donc il y a un expert indépendant qui a été nommé.
06:32Alors évidemment, on ne connaît pas encore le prix qui va être décidé,
06:36mais en tout cas, Gaumont a un très beau catalogue, évidemment, d'actifs,
06:40avec plus de 1000 œuvres, dont beaucoup d'œuvres emblématiques du cinéma français,
06:44et ils ont aussi de l'immobilier, et notamment un immeuble sur les champs d'Elysée,
06:48qui pourrait, selon certains experts, représenter environ, voire plus de la moitié de la valorisation de la société,
06:55de Gaumont. Donc voilà, avec ces deux éléments, un très beau catalogue et pas mal d'immobilier,
07:00on peut penser que l'offre publique de retrait se fera un cours plus élevé, évidemment, que le cours actuel.
07:07Moi, j'estime que vers 130 euros, ça ne m'étonnerait pas, contre un cours actuel de 111 euros.
07:12Et comme c'est un retrait qui devrait intervenir dans pas très très longtemps non plus,
07:15c'est intéressant de se placer.
07:17Bon, et j'allais terminer en me faisant l'avocat du diable.
07:21Est-ce que les boursiers ne voudraient pas vous répondre ?
07:24Bon, très bien. Est-ce que finalement, investir dans le cinéma,
07:27ce n'est pas directement prendre des actions Netflix, Disney, peut-être Amazon même,
07:32quand on veut investir dans le cinéma ?
07:34Alors, effectivement, ça fait moins rêver qu'Amazon et Netflix,
07:38ils ont connu des parcours boursiers très importants.
07:40Mais c'est justement parce que ces valeurs sont pour moi en retard,
07:44il y a un petit peu des valeurs oubliées.
07:46Moi, j'ai mis un petit peu sur un retour du contenu.
07:49Il ne faut pas oublier qu'Amazon avait racheté la MGM aussi
07:51pour, je crois, quasiment 9 milliards de dollars.
07:54Donc, les belles propriétaires industrielles ou les beaux cinémas bien placés,
08:00pour moi, ça a encore de la valeur.
08:02Et ça pourrait être un retour en grâce de certaines valeurs un petit peu oubliées
08:05ou délaissées par le marché.
08:07Bon, allez, un petit mot.
08:08Il n'y a pas de mal à se faire du bien.
08:09Vous lancez Limonade.
08:11C'est quoi ces newsletters ?
08:12Tout à fait, ces newsletters, j'ai essayé d'apporter un peu de fraîche.
08:15sur les marchés, si je peux me permettre.
08:17Et l'idée, c'est d'avoir un conseil boursier,
08:19donc un conseil par semaine, tous les lundis,
08:21avec un objectif de cours défini.
08:23Bon, très simple.
08:24Ça paraît simple.
08:26Simple et j'espère efficace.
08:27Effectivement.
08:28Jérémy Blackwell, gestionnaire de fortune,
08:30donc Limonade, la newsletter, à aller consulter.
08:33Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
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