- il y a 2 jours
De riches personnes âgées sont la cible de meurtres violents. Les empreintes de pas trouvées sur chaque scène de crime suggèrent qu'un tueur en série rôde en ville.
Catégorie
🎥
Court métrageTranscription
00:23« Pendant longtemps, je n'ai pas réussi à me sortir ces images de la tête.
00:29Les images des victimes démembrées, je pensais à leur souffrance.
00:35C'était très difficile, ça l'est toujours. »
00:44« C'est le premier tueur en série que j'ai interrogé moi-même.
00:47J'étais très motivé.
00:52Et lui était fier de croire que c'était lui qui contrôlait la situation.
01:01C'était une sorte de guerre psychologique ? »
01:04« Oui, on peut dire ça. »
01:20« Dès que je l'ai rencontré, j'ai su qu'il était fier de la façon dont on parlait
01:25de lui dans la presse.
01:28Ça se voyait aux expressions de son visage et aux tons de sa voix. »
01:37« Je lui ai demandé pourquoi il marquait d'un signe distinctif chaque endroit où il enterrait ses victimes.
01:43Il m'a répondu que c'était parce qu'il ne voulait pas creuser deux fois au même endroit.
01:49Et il marquait ses endroits d'une façon qu'il serait le seul à reconnaître.
01:55Je n'ai jamais entendu de paroles aussi cruelles.
02:00C'est à ce moment que j'ai réalisé que si on voulait comprendre un criminel,
02:04il fallait réfléchir en se mettant à sa place.
02:10L'expérience a été si traumatisante
02:13que j'ai cru que je ne redeviendrai jamais la personne que j'étais.
02:23« Il fut un temps où j'étais très religieux.
02:28Je ne sais pas ce qui a pu m'amener
02:33à dévier de ma route. »
02:36« Le corps d'un vendeur du quartier de Wangak a été retrouvé calciné dans sa camionnette.
02:41Son corps était entièrement calciné.
02:43Il est mort brûlé.
02:45Cet événement m'a bouleversé ainsi que d'autres éléments.
02:49La police soupçonnait ses frères.
02:52« Ce n'est peut-être pas à moi de dire ça,
02:55mais la police nationale était d'un niveau lamentable.
02:58C'est cette affaire qui a motivé les forces de police à faire mieux. »
03:03« La police ne pouvait pas identifier la victime parce que tout avait brûlé.
03:08Je voulais relever des empreintes digitales, mais c'était impossible. »
03:13« Je tenais ce poignet et je priais. »
03:15« Aidez-moi. J'ai besoin de votre aide. »
03:20« Ça me brise le cœur quand j'y repense. »
03:28« Une fois passé 30 ans, je n'étais plus que haine et colère. »
03:36« De nombreux meurtres restent non élucidés, ce qui provoque une angoisse croissante dans la population. »
03:41« C'était à celui qui serait le plus fin entre la police scientifique et le criminel. »
03:47« Toutes les affaires ont provoqué un tollé à l'échelle nationale. »
03:51« Toutes les affaires dont je vous parle depuis tout à l'heure... »
03:55« Je les vois encore très clairement, comme si c'était tiers. »
04:02« Du sang de dégénéré qui coule dans mes veines. »
04:23« Je vais vous parler de la série de meurtres qui ont visé spécifiquement des individus aisés de Séoul. »
04:32« Mon métier consiste à aller voir et à interroger des criminels qui sont en prison ou en cellule de
04:37détention provisoire. »
04:41« J'établis des rapports analytiques basés sur les interrogatoires que j'ai effectués. »
04:49« Et c'est ce que j'étais en train de faire dans mon bureau quand on a su pour
04:53le premier crime. »
04:55« Quand on a été appelé, j'ai laissé mon rapport en cours. »
05:00« Et je me suis rendu sur la scène du crime. »
05:03« Honnêtement, je ne pensais pas que cette journée serait différente des autres. »
05:08« Il y avait beaucoup de meurtres à Séoul à cette période. »
05:17« On a été appelé. »
05:32« Il y a eu un meurtre. Il faut que vous veniez sur place. »
05:36« On s'est vite rendus sur la scène du crime. »
05:39« Avant que j'arrive, il n'y avait que des hommes qui travaillaient dans la police criminelle. »
05:45« J'ai été la première femme à être convoquée sur une scène de crime. »
05:51« On m'a appelé pour me dire qu'il y avait eu un meurtre. »
05:56« Habituellement, je reste dans ma zone de juridiction. »
06:00« A l'époque, c'était une des zones les plus riches de Corée. »
06:11« Le mari de la victime a signalé le meurtre en rentrant du travail. »
06:15« Le corps a été trouvé le soir. »
06:25« Je suis allée sur place pour tous les meurtres qui ont eu lieu à Séoul. »
06:30« La scène de crime avait quelque chose de particulier, quelque chose de menaçant. »
06:36« C'était glaçant. »
06:41« Ça faisait vraiment froid dans le dos. »
06:44« Aujourd'hui encore, je me souviens de ce sentiment. »
06:49« Je n'étais pas la seule. »
06:50« Les inspecteurs qui étaient sur la scène du crime ont ressenti la même chose. »
06:57« Vous l'auriez ressenti aussi si vous aviez été là. »
07:02« Mais c'est quelque chose qui n'est pas facile à expliquer. »
07:07« En entrant, on voyait l'entrée de la salle de bain. »
07:12« C'est là qu'était étendue la grand-mère. »
07:15« Plus loin, il y avait la cuisine et un aquarium juste en face. »
07:24« La belle-fille était étendue là, par terre, face à l'évien. »
07:32« Son crâne était tellement enfoncé que je n'arrivais pas à comprendre quelle arme l'agresseur avait utilisée pour
07:39lui porter ses coups. »
07:41« Quand on a dû monter à l'étage, on a été pris de panique. »
07:47« Les escaliers étaient couverts de sang. »
07:51« On a même pensé que le meurtrier se cachait peut-être à l'étage. »
07:56« On avait l'impression qu'il nous attendait là-haut, une arme à la main. »
08:00« J'ai été prise d'angoisse à cette idée. »
08:03« C'était terrifiant. »
08:05« En montant les escaliers, on a trouvé le corps du fils. Il semblait avoir été frappé pendant qu'il
08:11descendait. »
08:13« Sa tête avait été frappée tellement de fois que son cerveau s'était répandu partout autour. »
08:21« Ma tête avait explosé et des bouts de cerveau s'étaient répandus par terre. »
08:26« C'était vraiment sordide. »
08:31« Quand on se déplace sur une scène de crime, on doit marcher sur des petits blocs disposés autour des
08:37victimes pour ne pas contaminer la scène. »
08:40« Mais là, il y avait tellement de sang qu'on n'avait pas d'endroit pour placer les blocs.
08:47»
08:47« En se déplaçant dans la maison, le meurtrier avait forcément laissé des traces au sol, même s'il avait
08:56essayé de les effacer. »
09:02« On a fini par relever deux traces de pas qui n'étaient pas extrêmement nettes. »
09:09« Après s'être rassurés qu'il ne s'agissait pas des traces de pas d'un membre de la
09:12famille, on avait la garantie qu'ils appartenaient aux meurtriers. »
09:24« Ce qui était incompréhensible, c'est qu'il n'y avait pas de signe de lutte de la part
09:29des victimes, pas de traces de résistance. »
09:34« Je me suis demandé comment une chose pareille avait pu se produire en plein jour. »
09:38« Bien sûr, on a été obligé d'enquêter sur le mari et les gens de son entourage. »
09:46« Ko Jong-sun était un entrepreneur assez prospère. »
09:52« On avait développé une relation privilégiée, Monsieur Ko Jong-sun et moi. »
10:00« Je le connais depuis plus de dix ans. Ça va faire presque quatorze ans. »
10:05« Quand on s'est rencontrés, je réalisais un documentaire dont il était le sujet principal. »
10:13« Plus tard, je suis devenu le filleul de Monsieur Ko Jong-sun. »
10:19« En tant que journaliste, je pense qu'il est de mon devoir d'entretenir la mémoire des gens que
10:25je filme. »
10:27« C'est un travailleur, il est humble, il est attentionné, doux. »
10:32« C'est pour ça que ça a été un choc pour tous ceux qui le connaissaient. »
10:37« Il s'est retrouvé tout à coup privé de sa mère, de sa femme et de son fils. »
10:45« Mais quand un meurtre aussi cruel se produit, qui est-ce que la police suspecte en premier ? »
10:53« Monsieur Ko, à la fois mari, père et fils, a été le premier suspect. »
11:00« Certains doutaient de son innocence, surtout la police. »
11:07« On a interrogé absolument tous les gens qui le connaissaient de près ou de loin pour savoir ce que
11:14Ko Jong-sun faisait ce jour-là. »
11:17« Si quelqu'un pouvait avoir des raisons de lui en vouloir. »
11:22« S'il avait des relations extra-conjugales. »
11:25« Ou s'il avait des problèmes d'ordre financier. »
11:30« Il n'arrêtait pas de répéter « Pourquoi vous me faites ça alors que j'ai perdu ma famille
11:34? »
11:35« Mais on était obligés de passer par là. »
11:39« Ça faisait partie du processus d'enquête. »
11:45« Il a dit à sa femme, à sa mère, à son fils, qu'il était désolé. »
11:52« Désolé de n'avoir pu les protéger. »
11:56« Il répétait ça en pleurant. »
11:59« Il posait des questions aux poissons dans l'aquarium. »
12:02« Il était devenu comme fou. »
12:05« Vous avez vu qui c'était ? »
12:06« Pourquoi ils ont fait ça ? »
12:08« Comment ils sont morts ? »
12:12« C'était vraiment déchirant de le voir comme ça. »
12:20« Il avait l'air de souffrir terriblement de la mort de ses proches. »
12:24« Alors ça ne nous paraissait pas très probable qu'il soit le coupable. »
12:31« Je ne trouvais personne qui lui en voulait particulièrement. »
12:33« Ce n'était pas le genre de personne à s'attirer du ressentiment. »
12:39« Au bout d'un moment, j'ai remarqué que des gens étranges rôdaient autour de la maison. »
12:45« Je suis allé demander à nos enquêteurs. »
12:48« Qui sont ces gens ? »
12:49« Ils sont un peu louches, non ? »
12:50« Je leur ai dit de tirer ça au clair. »
12:52« Et il s'est avéré que c'était des inspecteurs du poste de police de Gangnam. »
12:58« J'ai demandé ce que des enquêteurs de Gangnam faisaient ici. »
13:03« Et on m'a dit qu'une affaire similaire avait eu lieu à Xinzadong, »
13:07« que c'était pour ça qu'ils étaient là. »
13:09« À ce moment-là, on ne savait rien de l'affaire de Xinzadong. »
13:20« Quand j'étais chef de la police de Gangnam, j'étais responsable du quartier économique numéro 1 de la
13:25Corée du Sud. »
13:27« Ça me procurait un sentiment de fierté et ça me motivait à faire de mon mieux. »
13:34« J'ai attrapé de nombreux suspects. »
13:38« Ça a permis à mon équipe d'être promue. »
13:41« On appréhendait des suspects sans difficulté. »
13:44« Nous avions une grande équipe d'investigation de près de 200 personnes. »
13:49« Quand il y avait un meurtre, il fallait considérer que toutes les affaires étaient liées. »
13:53« L'affaire de Gugidong était presque identique à celle de Xinzadong. »
14:13« Ça a complètement changé. Tout a changé. »
14:20« À l'époque, c'était une vieille maison en briques rouges. »
14:24« Là, il y avait un mur. »
14:26« Et juste ici, il y avait une porte en fer. »
14:33« Un couple âgé a été assassiné dans cette maison. »
14:37« Le mari était un professeur d'université à la retraite. »
14:44« Ils étaient assez riches, des gens aisés. »
14:47« Les victimes avaient été attaquées avec une arme contondante. »
14:50« Leur crâne était enfoncé. »
14:53« Ce qui rendait cette affaire inhabituelle, c'est que personne n'avait touché à l'argent qui était dans
14:57le coffre de la chambre. »
15:00« S'il s'était agi d'un homicide et d'un vol, le coupable aurait pris l'argent et
15:03des objets de valeur. »
15:06« Ça m'a porté à croire qu'il connaissait les victimes. »
15:09« C'est un cas d'école en criminologie. »
15:11« Dans ce type d'affaires, on peut attraper le tueur en une semaine si on enquête sur l'entourage
15:16des victimes. »
15:17« Quand j'ai entendu parler de l'affaire de Gugidong, je me suis dit que le coupable devait être
15:22une connaissance des victimes. »
15:24« Mais en tant que chef de la police de Gangnam, je ne pouvais rien faire parce que cela s
15:29'était produit en dehors de ma juridiction. »
15:31« On nous aurait dit, résolvez d'abord votre affaire. »
15:37« Je suis allé sur la scène de crime de Xinzadong. Je ne pouvais pas entrer, alors j'ai regardé
15:43depuis l'extérieur. Il y avait quelque chose d'étrange. Normalement, chaque poste de police doit prendre en charge l
15:50'affaire qui se produit dans sa propre zone de juridiction. »
15:54« Il y avait un système de promotion mis en place pour la police. Si on comptait beaucoup de crimes,
16:00mais pas assez d'arrestations, on était mal évalués. »
17:05« Malgré un effort continu, l'affaire piétinait. Et on a commencé à se dire qu'il faudrait peut-être
17:09changer d'angle d'approche pour arriver à quelque chose. »
17:26« J'espère que cela vous intéresse de savoir comment le métier de criminologue a fait son apparition. »
17:35« J'ai été le premier parmi les forces de police coréennes à introduire ce type de technique d'investigation
17:41qu'on appelle le profilage criminel. Je suis connu comme étant le premier profileur de Corée. »
17:49« Les profileurs accompagnent la police criminelle sur la scène de crime. Pendant que ces derniers recueillent les preuves, les
17:54profileurs procèdent à une analyse comportementale des événements qui ont eu lieu sur la scène de crime. »
18:31« La société coréenne a connu de grands bouleversements sur une très courte période de temps. Pendant les cent années
18:46qui ont précédé la modernisation,
18:48la Corée était une colonie soumise à l'autorité barbare du Japon. À la fin de la Seconde Guerre mondiale,
18:57la péninsule coréenne a été coupée en deux.
19:01« Pendant longtemps, nous avons tous vécu en harmonie, jusqu'à ce qu'une guerre nous pousse à nous entretuer.
19:07L'économie a été dévastée. »
19:11« Aujourd'hui, de 1963 à 1980, la Corée a connu une croissance économique fulgurante, que l'on appelle le
19:18miracle de la rivière Han. »
19:21« À cette époque, tout le monde considérait la Corée comme étant l'un des pays les plus développés. Mais
19:27cela a pris fin au début des années 2000, quand le pays a connu une crise sans précédent. »
19:39« La devise coréenne a perdu sa valeur et les échanges internationaux ont chuté. »
19:44« Le gouvernement s'est résolu à demander un financement d'urgence au FMI. »
19:50« Le gouvernement a demandé une aide de 30 milliards de dollars. »
20:03« Ceux qui restaient à la traîne ne savaient pas comment avancer. »
20:08« Il n'y avait pas de solution de secours pour les moins bien lotis. »
20:11« Ces gens se sont retrouvés sans rien. »
20:20« Des familles ont été éclatées. Des choses terribles se sont produites. »
20:27« Les riches sont devenus plus riches et les pauvres plus pauvres. »
20:31« Le problème n'était pas ce sentiment de privation. C'était la mutation de cette privation en aliénation, en
20:38sentiment d'exclusion. »
20:40« Les gens avaient l'impression de vivre une injustice. »
20:44« Ils ont eu peu à peu le sentiment qu'on leur refusait le droit d'être des membres actifs
20:48de la société. »
20:51« Cela a pu conduire certaines personnes à agresser des gens sans ressentir la moindre culpabilité. »
20:58« Ils agissent poussés par leur frustration. »
21:11« Il me semble que c'est pendant cette période que les cas d'agression ont augmenté. »
21:18« Des affaires impliquant des enlèvements d'enfants ou de femmes arrivaient fréquemment. »
21:23« Dans ces affaires, les kidnappeurs exigeaient des rançons très élevées. »
21:28« J'avais affaire à des gangsters. Le danger était toujours présent. »
21:34« Je plaçais un rembourrage sous ma veste pour être protégé au cas où quelqu'un m'attaquerait avec un
21:39couteau. »
21:42« Les crimes qui se produisent dans des pays développés comme les États-Unis, le Japon ou en Europe ont
21:48commencé à apparaître en Corée. »
21:50« Je regrette de ne pas avoir réussi à tuer tous ceux qui méritaient de mourir. »
21:56« De nombreux criminologues les appellent des crimes impromptus. Cela comprend les meurtres en série. »
22:01« On les appelle aussi des crimes sans mobile. »
22:04« C'était la triste réalité, mais les citoyens lambda ne s'en rendaient pas compte à l'époque. »
22:11« Seule la police en était consciente. »
22:19« De l'extérieur, je paraissais calme. »
22:24« Néanmoins, ça grondait. »
22:34« J'ai fait ça pour anéantir la société. »
22:39« Dans l'histoire, quand la société connaît de grands bouleversements, il y a toujours des soulèvements, des individus qui
22:47prennent les choses en main. »
22:49« J'ai constaté avec amertume que l'argent était la seule chose qui importait. »
22:53« Et je me suis dit que je devais imposer à la société la punition qu'elle méritait. »
23:12« Les équipes d'investigation n'avaient fait aucun progrès. »
23:16« Quand le second incident s'est produit, j'ai eu le pressentiment qu'il était connecté au premier. »
23:52« J'étais le seul profileur à être envoyé sur la scène de crime. »
23:59« La première chose que je me suis dite en analysant le second crime, c'était que je n'avais
24:03jamais eu affaire à une arme de crime comme celle-là. »
24:07« Elle était obsédée par cette arme. »
24:11« On avait plein d'hypothèses concernant l'arme du crime. »
24:15« On a pris différents outils qu'on a accrochés au mur, se demandant lequel d'entre eux pouvait correspondre.
24:20»
24:24« On se réunissait pour en parler. »
24:27« On n'arrivait pas à trouver l'arme du crime parmi les outils disponibles sur le marché. »
24:31« Même un outil comme un marteau n'aurait pas laissé une entaille pareille dans le crâne des victimes. »
24:36« Elle pouvait bien être l'arme du crime. »
24:39« Comme on faisait partie de la police de Séoul, on était mobilisés sur toutes les affaires de meurtre qui
24:45se produisaient dans les villes. »
24:47« On communiquait étroitement avec les équipes d'investigation. »
24:50« On revenait régulièrement sur les scènes de crime. »
24:54« Comme elles étaient bien préservées, on faisait de nouveaux prélèvements médicaux légaux pour trouver des preuves qu'on aurait
24:58pu manquer. »
25:31« Et qu'il avait tué en laissant libre cours à sa rage. »
25:34« Il n'y avait rien qui prouvait qu'il cherchait des objets de valeur et il n'avait pas
25:38touché à l'argent. »
25:41« Cela signifiait qu'il était différent des criminels habituels. »
25:44« Ici, on s'est mis à chercher des suspects parmi des individus ayant eu des problèmes mentaux. »
25:50« Et on a orienté l'enquête dans cette direction. »
25:55« Il y avait un hôpital public à Zhonggogdong, à Séoul, où les patients atteints de troubles du comportement étaient
26:00hospitalisés. »
26:02« Naturellement, on s'est rendu dans cet hôpital. »
26:06« Une fois là-bas, on a demandé s'ils avaient des patients ayant des comportements violents. »
26:11« Mais le personnel ne voyait personne parmi leurs patients qui correspondaient à ces critères dans la tranche d'âge
26:17que l'on recherchait. »
26:20« On était dans une impasse. On était frustrés. »
26:26« Je me rongeais les sangs. Je pensais à ce qu'on savait et à ce qu'on ne savait
26:29pas de ce tueur. »
26:32« Ça nous minait tellement, mes collègues et moi, que nous avions du mal à trouver de l'appétit. »
26:39« Et ensuite, la troisième affaire s'est produite. »
26:55« Quand les profileurs vont sur une scène de crime, ils y vont en gardant la tête froide. »
27:02« On doit mettre de côté nos sentiments personnels comme l'empathie ou l'horreur. »
27:07« Cela nous permet de tirer des conclusions objectives et de déterminer ce qui s'est passé avec exactitude. »
27:15« Fois qu'un meurtre se produit, cinq agents de la police criminelle sont envoyés sur la scène de crime.
27:22»
27:22« Ils sont accompagnés d'un profileur. »
27:26« S'il y a une affaire de meurtre, on est les premiers convoqués sur la scène de crime. »
27:32« Il est entré dans la maison. »
27:38« Il a amené la grand-mère dans la salle de bain. »
27:42« Il l'a tué là. »
27:44« Il y avait énormément de sang. »
27:47« C'est comme si l'horreur qui emplissait la maison pendant le meurtre était toujours palpable. »
27:55« Même les inspecteurs principaux qui étaient en train de monter l'escalier ont fait demi-tour. »
28:00« On se demandait ce qui nous arrivait. »
28:06« On sentait tous cette atmosphère menaçante qui flottait dans l'air. »
28:11« Cette scène de crime était vraiment horrifiante. »
28:15« On a inspecté la scène minutieusement. »
28:19« Ensuite, on a examiné l'extérieur de la maison. »
28:22« Et on a remarqué un boîtier de climatisation. »
28:25« Il était installé contre le mur. »
28:28« On l'a regardé de près. »
28:31« Et en l'examinant mieux, on a remarqué sur le dessus une trace de pas légèrement effacée. »
28:39« Oh ! »
28:40« Est-ce que le tueur était monté sur le boîtier pour mieux voir la maison ? »
28:46« Est-ce qu'il était monté dessus pour rentrer dans la maison ? »
28:49« Ce sont les questions qui me sont venues. »
28:52« On avait découvert deux traces de pas. »
28:54« Sur les scènes de crime de Hamsheng Dong. »
28:58« Et sur celle de Gugidong. »
29:00« On a comparé les traces. »
29:04« C'étaient les mêmes. »
29:08« On n'a trouvé aucune trace de pas à Xinzadong pendant la première affaire. »
29:14« L'aspect des blessures portait à croire que la même arme avait été utilisée à Hamsheng Dong, Gugidong et
29:21à Xinzadong. »
29:23« Je me suis dit qu'on devait avoir affaire à des meurtres commis par un tueur en série avec
29:28un mobile inconnu. »
29:37« Des crimes violents ont été commis dans des quartiers résidentiels. »
29:41« Les victimes sont mortes sous les coups d'une arme contondante. »
29:44« Le coupable n'a pas touché à leur bien. »
29:46« Les Séoulites sont gagnés par l'angoisse. »
29:49« Les services de police de Séoul ont soutenu que les affaires n'étaient aucunement liées. »
29:53« Les journalistes pensaient déjà qu'il s'agissait du même meurtrier. »
29:57« Je me suis mise à faire plus attention et à fermer les portes à clés. »
30:02« Même les portes dans la maison. »
30:04« Au début, je doutais qu'on ait affaire à des meurtres en série. »
30:08« Mais en voyant d'autres affaires similaires se produire, »
30:11« il est devenu certain que ces meurtres étaient commis par une seule et même personne. »
30:15« Le préfet de police m'a demandé encore un autre meurtre. »
30:20« Quand je lui ai dit qu'il devait s'agir d'un tueur en série, il m'a dit,
30:23« Tu sais la panique que ça créerait si les gens apprenaient qu'il y a un tueur en série
30:27en ville ? »
30:29« Il m'a dit de ne plus jamais parler de tueur en série. »
30:32« J'ai utilisé le terme de tueur en série. »
30:36« J'ai montré mes rapports écrits au chef de police et l'un d'eux m'a convoqué pour
30:39me dire,
30:41« Pourquoi tu racontes à tout le monde que c'est une affaire de meurtre en série ? »
30:46« Il m'a demandé d'arrêter de dire des absurdités. »
30:48« On pense que le tueur était une connaissance de la famille. »
30:54« Le poste de police local pensait qu'il ne fallait pas considérer que ces affaires étaient connectées. »
31:03« C'était une erreur de leur part. Une grave erreur. »
31:14« Il paraît que le QI d'un poisson est de 0,7. »
31:20« Alors quel est le QI du pêcheur qui n'arrive pas à attraper de poisson ? »
31:29« Une personne sur dix meurt chaque jour, mais la police se contente de faire des rondes. »
31:36« Ils travaillent dur, mais les tueurs leur échappent encore et encore. »
31:42« De quel pays viennent ces policiers ? »
31:50« Aux alentours de 15 heures aujourd'hui, un incendie s'est déclenché dans une maison à Eguadong, à Séoul.
31:59»
32:00« Les militaires de la maison, Kim, 87 ans, et Baek, sa femme de ménage, 50 ans, ont été retrouvés
32:04morts. »
32:05« C'est mon père. Qu'est-ce qui s'est passé ? Je l'ai eu au téléphone ce
32:08matin. »
32:10« Dans le salon, un bébé d'un an a survécu sous sa couverture et a été conduit à l
32:14'hôpital. »
32:16« Comme il s'agissait d'un incendie criminel, on a cru que c'était une affaire différente des trois
32:21autres. »
32:23« Au vu des dommages causés au coffre-fort à l'étage et de l'opulence du quartier, la police
32:27pense qu'il s'agit d'un homicide doublé d'un vol qui s'est terminé par un incendie criminel.
32:32»
32:33« Le propriétaire a reçu de nombreux coups de couteau et il avait des traces de chocs violents au niveau
32:37de la tête. »
32:38« Deux victimes étaient partiellement brûlées. »
32:42« Des signes portaient à croire que le tueur avait essayé de forcer le coffre-fort. »
32:47« Mais il n'y avait rien de plus. La preuve cruciale, c'est les traces de pas qu'on
32:52a trouvées. »
32:55« En les examinant, la police criminelle a pu vérifier qu'elle coïncidait avec celle trouvée sur le site de
33:02Goudidong et sur celui de Hamcheongdong. »
33:08« Au regard de ces preuves, on en a conclu que les quatre affaires étaient connectées. »
33:14« À partir de ce moment-là, le terme « tueur en série » a commencé à être utilisé par
33:19les médias. »
33:23« C'est possible qu'il ait voulu nous duper. Soit il voulait éliminer des preuves, soit il voulait s
33:29'amuser un peu et nous larguer. »
33:36« À la suite de cela, on a centralisé l'enquête. »
33:42« Mais cela restait confidentiel. »
33:45« Toutes les équipes d'investigation de chaque poste de police se sont rassemblées pour former une unité et collaborer.
33:53»
34:24« Vous avez un marteau sur eux. »
34:26« Ces recherches ont dû être désagréables pour la population. »
34:29« C'était une stratégie d'endiguement assez primaire. »
34:33« On a regardé quel genre de chaussures pouvaient faire ces empreintes au sol. »
34:38« Il s'agissait de baskets Buffalo. »
34:41« On a pu confirmer que le tueur portait ce genre de chaussures. »
34:46« On a même essayé de prédire le prochain meurtre en utilisant l'orthographe. »
34:50« Gugidong, Gu et Gi commencent par la même consonne. »
34:54« Zinzadong. »
34:56« Zin et Za, même consonne. »
34:58« Et Amxiungdong, même chose. »
35:02« On s'est dit que le tueur ne commettait ses crimes que dans des quartiers portant un nom avec
35:06cette caractéristique. »
35:09« C'était aussi le cas de Gugidong. »
35:11« C'était une affaire très étrange. »
35:15« Donc on s'est dit que le tueur allait viser Sousso. »
35:18« Les chefs de la police des quartiers portant un nom avec cette particularité ont commencé à s'inquiéter. »
35:24« Mais ça n'amenait à rien. »
35:26« On tournait en haut et on ne faisait aucun progrès. »
35:29« Je me suis dit, comment on va faire pour résoudre cette affaire ? »
35:32« Ça va être la panique dans la population si un nouveau meurtre se produit. »
35:36« C'est ce qui m'inquiétait le plus. »
35:39« On travaillait 24 heures sur 24. »
35:42« On bossait comme des fous. »
35:44« Je ne rentrais plus chez moi. Je mangeais et je dormais dans mon bureau. »
35:49« Mais malgré cela, les résultats ne reflétaient pas le travail investi. »
35:53« Mon but était clair. »
35:55« Et même si on était tous encore sous le choc, on voulait se rapprocher au maximum du tueur par
36:00tous les moyens possibles. »
36:03« À ce moment-là, on passait quasiment l'intégralité de notre temps à travailler. »
36:08« On ne prenait presque pas de pause. On ne rentrait plus chez nous. »
36:11« J'étais tout le temps sur le terrain. »
36:16« Quand j'étais au bureau, je me repassais encore et encore les vidéos. »
36:21« Et j'étudiais de nouveau les photos des scènes de crime pour voir si je n'avais pas manqué
36:26quelque chose. »
36:29« On était tous extrêmement frustrés. »
36:32« Ce genre d'affaires était sans précédent en Corée à l'époque. »
36:35« Et on ne comprenait pas à quel genre de tueur on avait affaire. »
36:39« C'était très dur et épuisant, mentalement et physiquement. »
36:45« Tout était incertain et on se sentait impuissant. »
36:50« Mon amour propre en a pris un coup. »
36:53« Je ne savais plus du tout ce que j'étais censé faire, ni comment avancer sur l'enquête. »
37:03« Et puis je me sentais coupable parce qu'il risquait d'y avoir un autre meurtre si on n
37:09'arrivait pas à résoudre l'affaire. »
37:12« On savait qu'il y aurait forcément d'autres victimes si on n'arrivait pas à attraper le coupable
37:16rapidement. »
37:23« À l'époque, il n'y avait pas beaucoup d'endroits munis de caméras de surveillance à Séoul. »
37:28« Mais sur la route principale qui menait à la quatrième scène de crime, il y avait un bâtiment immense.
37:35»
37:36« Et à l'intérieur de ce bâtiment, une caméra de surveillance avait été installée pour surveiller les allées et
37:42venues des employés. »
38:46« Preuve que le tueur n'était pas une sorte de fantôme, qu'il existait bel et bien. »
38:56« Malheureusement, le tueur est passé devant ce bâtiment seul, montrant son dos à la caméra. »
39:05« Si on devait lancer ou non un avis de recherche après avoir trouvé cette vidéo. »
39:13« Il y avait des avis contraires au sein de l'équipe d'investigation. »
39:20« Si on rendait la vidéo publique, le tueur risquait de changer ses méthodes et la traque deviendrait encore plus
39:28difficile qu'elle ne l'était déjà. »
39:31« A moins qu'il arrête par peur d'être filmé une nouvelle fois ou que cette vidéo ait un
39:36impact psychologique suffisamment fort pour qu'il arrête de commettre des meurtres. »
39:42« On a décidé de rendre la vidéo publique parce qu'on ne pouvait rien faire d'autre. »
39:49« C'était un peu notre dernier recours, en quelque sorte. »
39:54« Même si ça a duré seulement 5 ou 10 minutes, il m'a semblé que cela durait une éternité.
40:01»
40:02« On était sous une pression énorme parce que prendre la mauvaise décision pouvait conduire à plus de victimes. »
40:08« C'était une décision extrêmement dure à prendre. »
40:15« La police avance dans l'identification du suspect responsable des meurtres visant des personnes âgées à Séoul. »
40:22« Un jeune homme pressenti comme coupable a été filmé par une caméra de surveillance. »
40:26« Je voulais faire une annonce publique pour dire au tueur que ces actions seraient capturées par des caméras de
40:30surveillance s'il tuait de nouveau ou qu'il se trouve. »
40:35« Les traces de pas retrouvées sur la scène de crime étant identiques à celles retrouvées à Gugidong et à
40:40Amxiong, la police enquête sur de possibles meurtres en série. »
41:44« Mais il se trouve qu'à cette période, une autre affaire tragique nous attendait. »
42:05« Bonjour, c'est Yu Yongchul, l'homme méprisable qui vous parle. »
42:14« J'aimerais que le tonnerre frappe la terre. »
42:18« Que tout brûle et qu'une tempête avale le reste. »
42:23« Nous vivons dans un monde de fous. »
42:25« C'est ce qui m'a donné l'envie irrépressible de détruire et de blesser des gens. »
42:31« C'est ce qui m'a donné l'envie iré à Amxiong. »
44:01...
Commentaires