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  • il y a 2 jours
Tandis que les victimes de Yoo sont retrouvées enterrées et mutilées, une tempête médiatique se déchaîne. En quête de preuves, la police se rend à son appartement.

Transcription
00:00Sous-titrage Société Radio-Canada
00:30Il allait prendre d'autres vies innocentes.
00:34Quand j'ai appris qu'il s'était enfui, je me suis allongé complètement désespéré.
00:42Je ne savais pas quoi faire.
00:44Que vais-je faire maintenant ? J'étais perdu.
01:05Je lui ai couru après. Il pleuvait des cordes.
01:10On l'a perdu parce qu'on a baissé nos gardes.
01:18J'étais censé l'emmener sur la scène de crime, alors j'ai dit à mon équipe de préparer le
01:23fourgon pendant que je courais pour le rattraper.
01:28Il était resté seul.
01:30Où étaient les officiers ?
01:33Il est sorti sans ses chaussures et personne ne l'a arrêté.
01:38Il fallait qu'on le rattrape.
01:41Tous les policiers étaient rentrés chez eux à part 20 inspecteurs en service.
01:45J'ai rassemblé 100 officiers en leur disant qu'on avait une urgence.
01:50Il était minuit.
01:52On a ratissé toutes les rues.
01:57On était exténués.
02:00On avait couru partout pour le retrouver.
02:02Avec mes coéquipiers, on a tout fouillé jusqu'à la plus petite ruelle.
02:06C'était de la folie.
02:11Ensuite, je me suis dit, il a réussi à s'échapper, mais...
02:17Où a-t-il pu aller ?
02:20Dans une ville de 10 millions d'habitants.
02:24Il y avait tellement d'endroits possibles.
02:44J'ai retrouvé ma mère et ma sœur chez moi et je me suis changé.
02:49J'ai mis mon marteau, mon couteau, mes ciseaux, ma pioche, ma masse,
02:54dans des sacs poubelles,
02:56avec le sac qui apparaissait sur la vidéo de surveillance.
02:59J'ai jeté le tout dans les poubelles du quartier.
03:13Cela faisait dix ans que je travaillais en tant que procureur à l'époque.
03:20Un inspecteur de police est venu me voir autour de 23 heures.
03:27Même si le suspect s'était échappé,
03:30l'inspecteur m'a demandé de signer les documents de relâche officiels.
03:34Il m'a dit qu'il voulait le remettre en liberté,
03:37parce que le suspect n'était pas dangereux,
03:39et il m'a demandé de signer les papiers.
03:47C'est tellement honteux pour une unité d'investigation de commissariat
03:50de laisser un criminel aussi violent s'échapper.
03:55On a uniquement parlé d'une affaire de vol à ce moment-là.
03:59Parce qu'en effet, il avait volé un téléphone portable.
04:03J'ai refusé de signer.
04:07Alors, il m'a expliqué ce qui s'était réellement passé
04:10et il m'a demandé de l'aider.
04:16Il y a un monde entre une erreur commise par quelqu'un
04:19qui a voulu faire de son mieux
04:22et une faute commise par des policiers malhonnêtes
04:24qui cherchent à couvrir leurs actions.
04:34Alors, j'ai signé le document.
04:40Tout en sachant que l'inspecteur et moi
04:43pourrions être punis pour falsification de documents
04:46s'ils n'arrivaient pas à le rattraper.
05:03J'étais extrêmement inquiet.
05:08À l'époque, je fumais un paquet de cigarettes par jour en moyenne.
05:12Mais cette nuit-là, j'ai grillé toute une cartouche.
05:16J'étais tendu.
05:18Mes collègues m'ont dit que j'étais très pâle.
05:22Nos chances de le retrouver étaient minces.
05:27Après une nuit de recherche sous la pluie,
05:30tous les inspecteurs ont attrapé froid
05:33et ils se sentaient pas bien.
05:35Ils m'ont demandé s'ils pouvaient rentrer chez eux.
05:40Je leur ai dit, si vous partez maintenant,
05:43on le perdra pour de bon.
05:45Il faut continuer.
06:05Cela faisait des décennies que j'étais inspecteur.
06:09A l'époque, j'étais déjà connu comme étant un inspecteur guéri.
06:17J'ai dit à l'équipier qu'on devrait aller inspecter le quartier chaud de Yongdungpo.
06:28Je savais que ces derniers temps, les prostituées étaient les cibles principales de Yongdung-shul.
06:34Alors j'ai suivi mon instinct.
06:38À l'époque, j'avais plusieurs informateurs dans le quartier chaud.
06:47Des policiers ont débarqué de nulle part.
06:50Ils ont bloqué les rues où on travaille avec leurs voitures.
06:54Certains sont sortis.
06:55Ils couraient dans tous les sens.
07:01Puis soudain, comme dans une scène de film,
07:04ils ont repéré Yongdung-shul qui traversait la rue.
07:13Il tenait un œuf contre son œil pour faire diminuer l'œdème.
07:17Il allait traverser quand des inspecteurs l'ont repéré de l'autre côté de la rue.
07:21Ils ont crié « Il est là ! »
07:23Les voitures de police sont parties à sa poursuite.
07:26On aurait dit un combat de gang.
07:29Yongdung-shul s'est déchaîné.
07:32Il a résisté de toutes ses forces.
07:34On a eu du mal à l'immobiliser.
07:37On a dû utiliser la force pour le menotter.
07:39Il était hors de lui.
07:42La première chose qu'il nous a dit, c'est
07:43« Vous serez choqué en découvrant qui je suis vraiment. »
07:50Il nous a dit que c'était un criminel violent
07:53et qu'on ne lui arrivait pas à la cheville.
07:59On a réussi à l'arrêter alors que dans une grande ville comme Séoul,
08:04c'était comme chercher une aiguille dans une botte de foin à cette mission.
08:07Sans vouloir nous jeter des fleurs,
08:10les inspecteurs ont été très avisés.
08:13On a eu beaucoup de chance.
08:18C'est pour ça qu'on a été à Yongdung-po.
08:20« C'est de la chance en grande partie.
08:25Mais comme on dit,
08:27la chance, c'est la rencontre de la préparation et de l'opportunité. »
08:33Chef Kang Neyvon était très content de nous.
08:35Il m'a pris dans ses bras
08:37et il m'a embrassé.
08:46Quand je suis retourné dans la salle d'interrogatoire,
08:49un des policiers m'a dit
08:50« Merci, vous rien. »
08:53J'ai répondu
08:55« Bande d'abruti. »
09:08Le truc,
09:09c'est qu'on n'avait pas de preuves
09:11la première fois qu'on l'a attrapée.
09:13Mais avant de s'échapper,
09:15il avait parlé du meurtre du couple âgé
09:17et des meurtres des jeunes femmes.
09:19Alors,
09:20il fallait qu'on l'interroge de nouveau
09:22sur ses affaires.
09:24Il nous a dit
09:25« Heureusement que vous m'avez attrapé.
09:28Si j'étais resté libre,
09:30j'aurais tué au moins 100 personnes de plus. »
09:35Il fallait qu'on rassemble rapidement
09:36un maximum de détails
09:38pour le faire avouer ses crimes.
09:49Il était autour de 23 heures.
09:51Cette nuit-là,
09:52il pleuvait fort à Séoul.
09:57Le chef de l'unité d'investigation
09:59m'a appelée
10:00et je suis venue au plus vite.
10:03On devait s'assurer
10:04que Jung-Chul dise bien la vérité.
10:10Jung-Chul était effrayant.
10:13Il ne savait pas qui j'étais
10:15et il s'est montré
10:16très agressif avec moi.
10:19Il m'a dit
10:20« T'es qui ? »
10:23« Qu'est-ce qu'une femme fait là ? »
10:24« Tu me connais ? »
10:26« Tu m'as vue sur la scène de crime ? »
10:30Il n'arrêtait pas
10:30de dire des choses comme ça.
10:35Ensuite, il a refusé de parler.
10:37Il ne voulait pas parler
10:38tant que j'étais là.
10:39Il méprisait les femmes,
10:40vous savez.
10:42Je suis sortie de la pièce
10:43et j'ai écouté depuis l'extérieur.
10:48Il a dit
10:49« Je vais tout avouer. »
10:53Il a dessiné des plans
10:54représentant les quatre scènes de meurtre
10:56en incluant des objets
10:58et leurs emplacements.
10:59Chose qu'il n'aurait pas pu connaître
11:00sans avoir été sur les lieux.
11:06Il a dessiné des croquis précis.
11:08Il se souvenait de tout.
11:11Il avait l'air de connaître
11:12les scènes dans les moindres détails.
11:16C'est ce qui m'a convaincu
11:17que c'était notre homme.
11:20C'était le tueur.
11:22Il n'y avait aucun doute.
11:24Il nous a tout indiqué
11:26avec tellement de précision.
11:28On aurait dit un professeur
11:29qui faisait cours à ses élèves.
11:33Il voulait se la raconter.
11:37C'est une tendance assez fréquente
11:39chez les tueurs au série.
11:42« Ils se croient supérieurs
11:44et ils veulent se vanter
11:45de ce qu'ils ont fait. »
11:49Au lieu de simplement
11:50énoncer des faits,
11:52il ajoutait des phrases du genre
11:53« Si je vous le dis,
11:56votre monde va s'effondrer. »
12:01Il a dit qu'il avait tué
12:02des douzaines de femmes,
12:04qu'il les avait découpées
12:05en 17 à 18 morceaux
12:08et qu'il avait enterré leur corps.
12:14« Au début,
12:16je doutais de ce qu'il disait
12:17parce que ça défiait l'imagination.
12:21Il pensait qu'il devait punir
12:23ces femmes au nom de Dieu,
12:26comme s'il avait le droit
12:27de punir d'autres êtres humains.
12:30Il était en plein délire
12:32mégalomaniaques.
12:39Ils connaissaient
12:40les alentours du temple
12:41Bong Son.
12:42Il y avait une forêt
12:44derrière le temple
12:45et il s'était dit
12:47que ce serait parfait
12:47pour enterrer les corps.
13:03Je ne pouvais pas m'empêcher
13:04de tuer.
13:05C'est seulement après avoir
13:07enterré un corps
13:08que je pouvais passer
13:09une bonne nuit.
13:10Je me sentais soulagé
13:11d'avoir gagné face
13:12à mes démons.
13:16Il était tard,
13:17mais il a dit
13:18qu'il allait nous montrer
13:19quelque chose.
13:24Il nous a conduits
13:25dans une bambouseraie.
13:27Il y avait un bouchon
13:28en plastique au sol.
13:33Il a dit
13:34qu'il avait laissé
13:34le bouchon-là exprès
13:36et qu'en creusant,
13:36on trouverait un corps.
13:42Il nous a montré
13:43son cimetière
13:45et dès que j'ai commencé
13:47à creuser,
13:48une averse
13:49s'est mise à tomber
13:51et pendant une heure,
13:52il n'a pas cessé
13:53de pleuvoir.
14:00On a dit à Yu Yongchul
14:02c'est ta faute.
14:03Ce sont les femmes
14:04que tu as tuées
14:05qui t'envoient cette averse.
14:06Ce sont leurs rages
14:08et leurs pleurs.
14:11J'ai continué
14:12à creuser
14:13jusqu'à ce que
14:14quelque chose m'arrête.
14:16J'avais trouvé
14:17un os aussi long
14:18que mon bras.
14:30C'est là
14:31que j'ai su
14:32qu'il nous avait dit
14:33la vérité.
15:01Je suis journaliste
15:04depuis 2000.
15:05ça fait plus de 20 ans.
15:10Normalement,
15:10je suis détendu
15:11quand je travaille
15:12le dimanche.
15:14Mais ce jour-là,
15:15c'était un dimanche
15:16terrifiant.
15:18Nous étions
15:18tous sous le choc
15:21et également
15:21dans l'appréhension.
15:26la police a arrêté
15:28un homme
15:28qui a tué
15:2819 personnes
15:29parmi ses victimes
15:30de riches personnes
15:31âgées
15:32et des jeunes femmes.
15:34Le tueur
15:34âgé de 34 ans
15:35Yong Yongchul
15:36a attiré
15:37chez lui
15:37des femmes
15:38qui travaillaient
15:38dans des salons
15:39de massage.
15:40Il les a tuées,
15:41mutilées
15:41et enterrées
15:42à Séoul
15:43dans la montagne.
15:45Le lendemain matin,
15:47on est retourné
15:47examiner les lieux
15:48avec la police
15:49scientifique.
15:51On était un peu
15:52stressés.
15:55On est arrivés
15:56bien préparés
15:56parce que l'affaire
15:57était très importante.
16:00Il fallait
16:01qu'on déterre
16:02les corps.
16:04Il y avait
16:05des journalistes
16:05du monde entier.
16:08Certains étaient
16:08venus avec
16:09des grues de chantier.
16:10Ils filmaient
16:11d'en haut.
16:12On a dû
16:13lui couvrir
16:13le visage.
16:14Je lui ai fait
16:15mettre un masque
16:16et un chapeau
16:16que j'avais
16:17sur mon bureau
16:18et je lui ai fait
16:19porter cet imperméable.
16:23Je n'avais
16:24jamais couvert
16:25ou entendu parler
16:26d'une affaire
16:26de meurtre
16:27en série
16:27qui impliquait
16:28autant de victimes.
16:31C'était
16:32inconcevable
16:33et horrifiant.
16:36J'ai toujours
16:37des frissons
16:37quand j'y repense.
16:39C'était
16:40vraiment inimaginable.
16:41le cas.
16:58Ils ont découvert
16:59les corps
16:59peu après avoir
17:00commencé à creuser.
17:02Ensuite,
17:03ils ont dû laisser
17:04leurs pioches
17:04et y aller
17:05avec les mains.
17:06Ils ont délicatement
17:08enlevé la terre
17:08de chaque partie
17:09de chaque partie
17:09du corps.
17:10C'était macabre.
17:12On a dû leur donner
17:13des numéros.
17:14Tête numéro 1,
17:16poitrine numéro 2,
17:17etc.
17:18On a numéroté
17:19chaque partie.
17:20En tout,
17:21il y en avait 18.
17:24On a retrouvé
17:25les têtes bien rongées
17:26à côté des bras
17:27et autres membres.
17:29Ils nous disaient
17:31ça, c'est à cette personne,
17:33cette partie
17:33à tel autre,
17:34etc.
17:36Le fait de démembrer
17:38ces victimes
17:39prouve qu'ils ne ressentaient
17:41aucune compassion
17:42pour ces personnes.
17:44Seul le diable
17:45pourrait faire ça.
17:46C'était le mal incarné.
17:48C'était tellement horrible
17:49que j'en avais
17:51des frissons.
17:52Vraiment.
18:01Je trouvais ça
18:02terriblement triste
18:03que ces personnes
18:04soient mortes
18:05de façon aussi injuste.
18:07C'était effroyable
18:09de voir ça.
18:11Il restait calme,
18:13imperturbable,
18:13mais il se rejouait
18:15les scènes
18:16dans sa tête.
18:17Il repensait
18:18aux victimes
18:19et à comment
18:20il les avait tuées.
18:21Il se souvenait
18:22de ce qu'il avait fait
18:23à chaque victime
18:24dans les moindres détails.
18:28Il en parlait
18:29avec beaucoup d'assurance.
18:31Non,
18:32je ne l'ai pas tué
18:33comme ça,
18:34mais comme ça.
18:37Je me souviens
18:38du moment
18:39où Liu Yong-chul
18:40m'a regardé.
18:42Je n'étais peut-être
18:43pas objectif,
18:44mais quand j'ai vu
18:46ses yeux,
18:46j'ai senti
18:47qu'il y avait
18:48quelque chose
18:49d'anormal
18:49chez lui.
18:50qui a...
19:12m'a regardé.
19:16et beaucoup de gens ont oublié.
19:18Mais cet endroit ravive mes souvenirs.
19:23C'est exactement comme avant.
19:27Si vous regardez les photos,
19:29vous me verrez à côté de Yongchul.
19:32Je voulais qu'il nous voit déterrer les corps.
19:37C'était juste là.
19:40Les corps étaient en ligne
19:41à 30 cm d'intervalle.
19:46Il les avait enterrés en ligne.
19:49On a retrouvé les corps
19:51environ un mois après que Yongchul
19:53les avait enterrés.
19:55Alors les os et la peau étaient encore intactes.
19:58Quand on les a déterrés,
20:01quelle horreur !
20:02On pouvait à peine respirer
20:04à cause de l'odeur des cadavres.
20:11Tout le monde ne le croirait pas.
20:13Mais quand on est exposé
20:15à cette odeur assez longtemps,
20:18nos habits s'en imprègnent.
20:20Et nos esprits aussi.
20:22Quand on a vécu ça,
20:23on ne peut jamais oublier.
20:27Comme on est de la police,
20:28les gens pensent souvent
20:29qu'on ne va pas être impactés.
20:32Mais c'est traumatisant pour nous aussi
20:33de voir des cadavres.
20:35Ou même d'arrêter
20:36des meurtriers violents.
20:41J'enregistrais tout
20:42avec une caméra.
20:43Il fallait que la caméra reste fixe.
20:48Mais mes épaules tremblaient
20:49parce que je pleurais.
20:53Sur ces vidéos,
20:54l'image n'est jamais stable.
20:57J'étais dans un état.
21:00C'est indescriptible.
21:16Quand j'y repense,
21:18mon cœur se serre.
21:27Je repense à toutes les affaires
21:29sur lesquelles j'ai travaillé.
21:32Mais l'affaire Yucjul
21:33est la plus douloureuse.
21:41C'était une affaire sans précédent.
21:48Et il a fièrement déclaré
21:50à la télévision
21:51que c'était lui le coupable.
21:54Qu'il était le responsable
21:56de tous ces meurtres en série.
21:58Je veux que ça serve
21:59de leçon aux femmes.
22:01Qu'elles se rappellent
22:02de ne pas se comporter
22:03comme des prostituées.
22:08Et que ça serve
22:09de leçon aux riches aussi.
22:12Je pense que ça fascinait
22:14les gens d'une certaine façon.
22:17Ils étaient choqués.
22:19Mais ça piquait
22:20leur curiosité.
22:24Les tueurs en série
22:25ont tendance
22:26à exagérer leur meurtre
22:28et à rationaliser
22:30les motifs
22:30qui les ont poussés à tuer.
22:33Yucjul se pensait
22:34tout puissant.
22:37Il savait
22:39où il était placé
22:39sur la liste mondiale
22:41des tueurs en série
22:42les plus prolifiques.
22:43Et il voulait être en tête.
22:47Il n'avait aucune compassion.
22:50Aucune pitié
22:51ou sens de responsabilité.
22:54Il pensait que c'était un jeu
22:55et que Dieu était avec lui.
22:58Je crois qu'il se voyait
23:00comme quelqu'un de puissant
23:01à l'égal de Dieu.
23:02et que c'était un jeu.
23:05Yucjul,
23:06tu as transcendé
23:08les limitations humaines.
23:12Suis-je Superman ?
23:18Pour moi,
23:20il ne se prenait pas pour Dieu.
23:22Il prenait du plaisir
23:24à tuer des gens.
23:27Il adorait ça.
23:31C'était cathartique pour lui
23:32et il cherchait
23:33à amplifier ses sensations.
23:51J'avais travaillé
23:53sur beaucoup d'homicides.
23:54Mais comme cette affaire
23:56était la première de ce type,
23:57elle m'a vraiment pesé.
24:00Quand je parcours
24:01les dossiers
24:01sur les morts
24:02des 11 femmes,
24:03je sens encore cette odeur.
24:07Les inspecteurs
24:08emportent souvent
24:09les dossiers
24:09dans la salle d'autopsie.
24:12Alors ceux-ci
24:13restent imprégnés
24:13de l'odeur
24:14de la salle d'autopsie.
24:17C'est une odeur
24:18qui donne la nausine.
24:23Je sais que ça peut
24:24paraître superstitieux,
24:26mais cette odeur
24:27combinée à l'orage
24:28qui grondait dehors
24:30m'ont fait me demander
24:32si les âmes
24:33des femmes assassinées
24:35n'étaient pas revenues
24:36pour me hanter.
24:38Elles ont été assassinées
24:40par Yu Yong-chul
24:41sans aucune raison
24:43et ça me brise
24:44toujours le cœur
24:45quand je pense à elles.
24:58Normalement,
24:59on utilise les empreintes
25:00digitales
25:01pour identifier
25:02les victimes.
25:03Mais comme il n'y avait
25:04plus d'empreintes digitales,
25:06on ne pouvait pas
25:07les identifier.
25:09On nous a dit
25:10que la seule façon
25:10d'identifier les victimes
25:12était de faire
25:12une analyse ADN
25:14qui prendrait
25:14au moins 15 jours.
25:18C'était trop long
25:19d'attendre 15 jours
25:20pour identifier
25:20les victimes.
25:24J'ai examiné
25:25les empreintes abîmées
25:26sur les mains coupées.
25:33Je me suis dit
25:33qu'on devait essayer.
25:37Quand j'ai dit
25:37à mes collègues
25:38que je voulais essayer
25:39de relever les empreintes,
25:42ils m'ont dit
25:43« Inspecteur Kim,
25:44les doigts sont décomposés.
25:46Ne perds pas ton temps. »
25:52Mais j'ai insisté.
25:54Je voulais faire le maximum.
25:58Alors je m'y suis mise.
26:00J'ai essayé
26:01sur un premier doigt.
26:02Mais un fluide pourri
26:03s'est mis à goûter
26:04du doigt décomposé.
26:06J'ai essuyé le doigt
26:07pour réessayer.
26:08Mais ça a recommencé
26:09à couler.
26:12J'ai essayé
26:13tellement de fois
26:14de relever
26:14des empreintes
26:15sur ce doigt.
26:16En tout,
26:17j'ai essayé
26:17161 fois.
26:21161.
26:24Je tenais ce poignet
26:25et je priais.
26:27« Aidez-moi.
26:28J'ai besoin
26:28de votre aide.
26:30Aidez-moi
26:31pour que je vous ramène
26:32auprès de votre famille. »
26:35Sur le moment,
26:36je ne m'étais pas rendu compte
26:36que je disais tout ça.
26:39C'est plus tard
26:40que mon collègue m'a dit
26:41que je n'arrêtais pas
26:42de parler à la victime
26:43comme si j'étais possédée.
26:48« C'est comme ça
26:50que j'ai relevé
26:50toutes les empreintes.
26:57Et on a pu identifier
26:59toutes les victimes
27:00ce jour-là.
27:01C'était vraiment incroyable.
27:03Les victimes m'ont aidée.
27:06J'en suis persuadée. »
27:18« On a fait une descente
27:21dans son appartement
27:22à Shinchun.
27:24Il avait avoué
27:25avoir tué ses victimes
27:26dans cet appartement.
27:30Je n'aime pas en parler.
27:32Mais je n'ai rien fait,
27:34finalement.
27:36Il avait déjà tout avoué.
27:37Et puis,
27:38ils ont trouvé les corps.
27:40Tout ce que je pouvais faire
27:42en tant qu'avocat,
27:43c'était d'approuver.
27:48« À mon avis,
27:50un aveu ne veut rien dire
27:51dans une enquête criminelle.
27:54Un aveu n'est rien
27:56si on n'a pas
27:57des preuves solides
27:58qui permettent
27:59de le confirmer. »
28:03« Je ne sais pas
28:04si c'est un tueur
28:05à tendance maniaque,
28:07mais son appartement
28:08était impeccable. »
28:14« Un peu de temps
28:16était passé
28:17et tout le sang
28:18avait été nettoyé.
28:20Et on n'a pas
28:21baissé les bras. »
28:31« On a tout éteint
28:33et on a vaporisé
28:33du luminol.
28:35Il réagit au fer
28:37contenu dans le sang
28:37et éclaire les endroits
28:39où des traces de sang
28:39sont détectées.
28:42Donc on en a vaporisé.
28:49il y avait des tâches
28:50lumineuses partout.
28:58Puis j'ai levé la tête.
29:05Il y avait de la chair,
29:07du sang.
29:10Tout était là.
29:13Je voyais des tâches
29:14bleues lumineuses
29:15partout.
29:18C'était quelque chose.
29:21Quelqu'un a dit
29:22que c'était le diable
29:23qui vivait là.
29:26« Puis j'ai vu
29:30le dérouleur
29:30de papier toilette.
29:34J'avais remarqué
29:35que les victimes
29:35avaient toutes
29:36les cheveux attachés
29:38avec des élastiques
29:39en caoutchouc.
29:41C'était insolite.
29:44Et je me demandais
29:45pourquoi il avait fait ça.
29:47la veuille de Yu
29:48a répondu à ma question.
29:55Après leur avoir
29:56coupé la tête,
29:57je leur attachais
29:58les cheveux
29:58et je les suspendais
29:59sur le dérouleur
30:00de papier toilette
30:00pour écouter le sang.
30:04Ensuite,
30:04j'enterrais les têtes.
30:11C'était déchirant.
30:13Il ne s'agissait pas
30:14d'une.
30:16mais de douzaines de femmes
30:17qui ont été tuées
30:18dans cette salle de bain.
30:21La police
30:22n'avait pas bien
30:23bouclé la zone
30:23autour de l'appartement
30:25et des journalistes
30:26s'y sont introduits.
30:28Dans ses livres,
30:29on a trouvé
30:29un carnet de croquis.
30:34Les dessins
30:35avaient l'air
30:35tellement professionnels
30:36que je me suis dit
30:38qu'il aurait pu faire carrière
30:39s'il avait bien été guidé.
30:42Je me rappelle
30:43avoir eu cette pensée.
30:45ça me calme
30:46de dessiner.
30:48J'ai la sensation
30:49que quelque chose
30:50qui boue à l'intérieur
30:51de moi
30:51quitte mon corps
30:52et vient se loger
30:53dans mon dessin.
30:56Ça m'aide
30:57à oublier
30:57la dure réalité
30:59au moins
31:00pendant un temps.
31:02sur une page
31:03il avait dessiné
31:04deux versions
31:05de lui-même.
31:08Un des dessins
31:10représentait
31:10un garçon adorable
31:11bien habillé
31:14et juste à côté
31:15de ce petit garçon
31:16il avait dessiné
31:17le diable
31:17avec sa fauche.
31:22Ce dessin
31:23montre
31:23une des caractéristiques
31:25les plus notables
31:26d'un tueur en série.
31:29ses démons
31:30sortent
31:30quand il assassine.
31:33Il devait être conscient
31:34de cette dualité
31:35dans sa personnalité.
31:45En quittant son appartement
31:48on est tombé
31:48sur des voisins
31:49venus voir
31:50ce qui se passait.
31:52J'ai dit
31:52à l'un d'eux
31:53que le tueur en série
31:54Yongchul
31:54vivait là.
31:57Il ne revenait pas.
32:01Je lui ai demandé
32:01s'il n'avait rien vu
32:02d'inhabituel
32:03et il m'a dit
32:04que les factures d'eau
32:05avaient grimpé
32:06et sa main.
32:08Comme tous les résidents
32:09partageaient
32:09les factures d'eau
32:10cette hausse
32:11devait venir
32:12d'un locataire
32:12qui s'était mis
32:13à utiliser
32:13plus d'eau.
32:18Trois membres
32:19d'une même famille
32:20retrouvaient morts
32:20avec des blessures
32:21à la tête.
32:22La police doit encore
32:23trouver l'arme du crime
32:25mais au vu des lésions
32:26sur les crânes
32:26des victimes
32:27il s'agirait
32:28d'une arme contondante.
32:30Le tueur
32:31a fait attention
32:32à ne pas laisser
32:32de traces.
32:36Ils ne me contacteront
32:37pas pour me consulter.
32:39C'est ce que je me suis dit
32:40en regardant les nouvelles.
32:46Comme Yu nous l'avait indiqué
32:48on a trouvé une masse
32:49près de chez lui.
32:56Cependant
32:57c'était une tâche
32:58extrêmement ardue
33:00de prouver
33:00que c'était bien
33:01l'arme du crime.
33:04L'avocat de Yu
33:05soutenait
33:06que son client
33:07avait été manipulé
33:08pour faire
33:09un faux aveu.
33:13c'est très risqué
33:15de ne pas avoir
33:16de preuves solides
33:17pour corroborer
33:17les dires d'un suspect.
33:21S'il n'avait pas
33:22retrouvé son ADL
33:23sur la masse
33:24ou si Yu
33:25était revenu
33:26sur son aveu
33:27pendant le procès
33:30les choses
33:31seraient devenues
33:31très compliquées.
33:38Il fallait
33:39qu'on trouve
33:39quelque chose
33:41pour prouver
33:42qu'il était bien
33:42le tueur.
33:45Pour être
33:46tout à fait honnête
33:47je n'étais pas
33:48totalement convaincu
33:49qu'on allait y arriver.
33:55C'est un outil
33:56très spécial.
33:58Comme la tête
33:59est très lourde
34:00le manche est long
34:01mais Yu
34:02l'avait coupé
34:02pour qu'il soit
34:03plus court
34:04ce qui le rendait
34:06unique.
34:12Il a développé
34:13son arme lui-même
34:14pour qu'elle lui
34:15convienne parfaitement.
34:18C'était une des
34:18singularités
34:19de cet homme.
34:21Il a dû éprouver
34:22de la joie
34:23en fabriquant son arme.
34:25C'était devenu
34:26un projet intéressant
34:27pour lui.
34:28C'était presque
34:28devenu comme un travail.
34:31Je devrais aller voir
34:32de ce côté-là
34:32aujourd'hui.
34:33Puis il partait
34:34de chez lui
34:34avec ses outils
34:35comme s'il allait
34:36au travail.
34:43On retrouve
34:44clairement
34:44la même forme.
34:48Ce sont bien
34:48les impacts
34:49de cette arme
34:50de cette masse.
34:51Vous voyez ?
34:52Ça correspond
34:53là,
34:54là et là.
34:56Ce n'est pas
34:57le diamètre exact
34:58parce que le crâne
34:59a une certaine
35:00élasticité.
35:01Il peut gonfler
35:02ou se tasser.
35:04on a confirmé que les impacts
35:06correspondaient
35:07à cette arme.
35:08Mais ça n'a pas suffi.
35:10Sans preuve ADN,
35:12la police ne pouvait
35:14pas l'établir
35:14comme arme du crime.
35:22on ne peut jamais
35:23enlever tout le sang
35:24sur un objet
35:25même si on l'essuie
35:26parce que le sang
35:27coagule immédiatement
35:29quand il tâche
35:29quelque chose.
35:31Les protéines
35:32commencent à coaguler
35:33et une fois que l'albumine
35:35se lie au globuline,
35:37le sang prend une consistance
35:39très collante.
35:43L'eau ne peut pas
35:45tout faire partir.
35:47Donc je me suis dit
35:48qu'on allait retrouver
35:49une trace d'ADN.
35:51On a gratté l'arme
35:53avec un couteau,
35:54tout doucement.
35:56Puis on a recueilli
35:57d'autres échantillons,
35:58ici.
36:01On a prélevé
36:02des échantillons
36:02à différents endroits,
36:04là, là et là.
36:07Et on les a envoyés
36:08au labo.
36:24Le procureur m'a appelé
36:25le lendemain
36:26pour me donner
36:26les résultats.
36:29Et il m'a dit
36:30« Je le savais.
36:33On le tient.
36:36On le tient.
36:40C'était une preuve
36:42irréfutable.
36:43Ça nous a aidés
36:44à appuyer ses aveux
36:46pour toutes les affaires
36:47qui l'impliquaient.
36:48Pas seulement
36:49pour un meurtre isolé.
36:51Ça a joué
36:52un rôle crucial.
37:13L'affaire Volmido
37:15était atypique.
37:17Le mode opératoire
37:19différé des meurtres
37:20attribués à Yu.
37:23On compte une victime
37:24de plus
37:24dans l'affaire
37:25de meurtre en série
37:25qui élève
37:26le nombre de morts
37:27à 20.
37:28La victime
37:29n'était ni une femme
37:30ni riche.
37:30Pourquoi l'avoir tuée ?
37:32Il a compris
37:33que je n'étais pas policier.
37:35Je pense que le but
37:36de Yu
37:37était juste
37:38de lui soutirer
37:39de l'argent.
37:41Quand Yu
37:41lui a montré
37:42sa fausse carte
37:43de police,
37:43l'homme a eu peur.
37:45Mais il trouvait
37:46sa suspect
37:46et il lui a demandé
37:47« Vous êtes vraiment
37:49policier ? »
37:50Yu s'est dit
37:51« Je ne peux pas
37:52le laisser filer.
37:53J'allais juste
37:53lui prendre son argent
37:54et le laisser partir
37:55mais il me soupçonne
37:57« Il doit mourir. »
37:59Se faire passer
38:00pour un policier
38:01c'était comme
38:01un travail pour lui.
38:03Il a fait ça
38:04pour l'argent.
38:06Pour avoir
38:07de quoi manger.
38:10De peur
38:11que les menottes
38:11laissent des marques,
38:12Yu a coupé
38:13les mains
38:13de la victime,
38:14les a jetés
38:14à la mer
38:15et a mis le feu
38:16au fourgon.
38:18Comment quelqu'un
38:19peut faire ça
38:20à un autre être humain ?
38:22C'est trop cruel.
38:24Je ne reconnaissais
38:25même pas
38:26le visage
38:26de mon mari.
38:40Mon frère et moi
38:41on allait souvent
38:42manger ensemble.
38:45j'allais souvent
38:46le voir.
38:49Quand je pense
38:50à ce que cette ordure
38:50lui a fait,
38:53il l'a assassiné
38:54de façon si brutale.
38:57Son visage
38:58a été poignardé
38:59tellement de fois
39:00qu'il ne restait
39:00plus de chair.
39:03Il était brûlé.
39:07son torse,
39:08ses membres
39:09étaient brûlés.
39:10Ses bras
39:11étaient tordus
39:11comme ça.
39:13On aurait dit
39:14un animal brûlé.
39:17Ça m'a rendu fou.
39:19Je voulais le tuer.
39:21Quand les policiers
39:22l'ont déplacé,
39:24je suis venu
39:25armer
39:25pour le tuer.
39:34j'ai couru vers lui
39:37mais les policiers
39:38m'ont arrêté.
39:39Par ici.
39:41Ils m'ont dit
39:42on comprend ta rage
39:43mais à quoi ça sert ?
39:57J'ai essayé
39:59de me suicider
39:59plusieurs fois.
40:00Un jour,
40:01je suis allé
40:02dans la montagne
40:02pour me tuer.
40:04J'ai commencé
40:04à boire du soju.
40:06J'étais dévasté.
40:07Je ne voulais plus
40:07que boire ou mourir.
40:10Mais un jour,
40:11j'ai entendu
40:12comme une plainte
40:13qui venait d'une boîte.
40:17quelqu'un avait
40:18abandonné
40:18un chien
40:19dans la forêt.
40:21Ça m'a brisé le cœur.
40:23J'ai ramené
40:24le chien chez moi
40:25et j'ai décidé
40:27de vivre.
40:29Ah si ?
40:30Ah si ?
40:31Bon chien.
40:39À l'époque,
40:41les gens,
40:42tout comme le gouvernement,
40:43ne comprenaient pas
40:44vraiment la douleur
40:45et le traumatisme
40:46vécu par des victimes
40:48de criminels
40:48et leurs proches.
40:52Les familles de victimes
40:53ne recevaient
40:54aucune compensation.
40:56Et c'est pour ça
40:57que j'ai voulu faire
40:58quelque chose pour elles.
41:01C'est ce qui m'a motivé
41:02au départ.
41:09Je suis allé aux Etats-Unis
41:11et au Royaume-Uni
41:13et j'ai beaucoup appris
41:15de leur programme
41:15de soutien aux victimes.
41:18J'ai fait beaucoup de recherches
41:19sur leur stratégie de soutien,
41:21ce qui nous a aidés
41:22à améliorer notre système.
41:25On a fait de gros progrès
41:26quand on voit
41:27où on en est maintenant.
41:37Yo-Yong Chul a avoué
41:39avoir tué 26 personnes
41:40dont les victimes
41:41des meurtres
41:42du sud-ouest de Séoul.
41:44À l'époque,
41:45il y avait quelques dossiers
41:47classés pour manque de preuves
41:48dans nos juridictions
41:49à Séoul.
41:51Les meurtres sans mobile
41:53s'étaient produits
41:54dans le sud-ouest de Séoul.
41:57Le tueur visait des femmes
41:58qui marchaient seules
41:59et il les attaquait
42:01par derrière
42:02avec un couteau
42:03ou une arme contondante.
42:06Ces meurtres
42:07étaient restés irrésolus.
42:08Le plus connu
42:09était celui d'I-Mun-Dong.
42:12Une femme
42:13qui travaillait
42:14sur le marché
42:15d'Ang-Demun
42:15avait été attaquée
42:17sans raison
42:17alors qu'elle partait
42:19de chez elle
42:19à I-Mun-Dong.
42:21Il commençait
42:22à faire nuit.
42:24Elle a été poignardée.
42:28On avait seulement
42:29les aveux de Yu.
42:32L'affaire d'I-Mun-Dong
42:34était tellement différente
42:36des autres
42:36que j'ai dû lui demander
42:38à plusieurs reprises
42:39s'il ne faisait pas
42:41un faux aveu.
42:44Mais à chaque fois,
42:47il a répété
42:47que c'était bien lui
42:49le coupable.
42:51Ainsi,
42:51on a ajouté ce meurtre
42:53aux accusations contre lui.
42:58En allant sur la scène
42:59du crime
43:00de l'affaire
43:00d'I-Mun-Dong,
43:02j'ai remarqué
43:02quelque chose
43:03qui m'a troublé.
43:06Les policiers
43:07avaient l'air
43:07de s'amuser
43:07de toute l'attention
43:08qu'ils recevaient.
43:11Ils ont traversé
43:11la ville
43:12à toute allure
43:13en ignorant
43:13les feux rouges.
43:17mais ce n'était
43:18aucunement nécessaire.
43:20D'habitude,
43:21les policiers
43:21s'occupent
43:22de ces affaires
43:22discrètement,
43:23accompagnés
43:24de seulement
43:24quelques journalistes.
43:26Ils auraient pu procéder
43:27sans déranger
43:28la population.
43:29Mais sur place,
43:30il y avait des journalistes
43:31et des voitures
43:32partout.
43:33Toutes les voitures
43:34étaient mal garées
43:35sur le bord
43:35de la route.
43:35et les journalistes
43:37venaient de tous côtés.
43:38C'était bondé.
43:40Tout le monde
43:40jouait des coudes.
43:42C'était le chaos.
43:43Des résidents
43:44sont sortis
43:45et ont insulté
43:46Yang Chul.
43:48Pourquoi les policiers
43:49se comportaient-ils
43:50comme ça ?
43:51Ça m'échappait
43:52complètement.
43:54Elle avait les cheveux
43:55longs ou courts ?
43:55Longs.
43:56Vous pouvez nous montrer
43:57comment vous l'avez poignardé ?
44:01Les inspecteurs
44:02l'ont traîné
44:02et lui ont demandé
44:03« Tu as fait ça, hein ?
44:05Et ça aussi.
44:08Il a joué le jeu
44:09et il a répondu
44:11oui à tout. »
44:15Cette affaire
44:15a été ajoutée
44:16aux charges d'accusation.
44:17C'était ma faute.
44:19J'aurais dû prévenir
44:20les inspecteurs,
44:21leur dire
44:21d'être plus vigilant.
44:23Je regrette
44:24de ne pas l'avoir fait.
44:25J'ai ma part
44:26de responsabilité.
44:30J'étais confiant.
44:33Je pensais pouvoir
44:34le faire acquitter
44:34pour l'affaire
44:35d'Imoondong.
44:38On voyait tout de suite
44:39que ce n'était pas lui.
44:43You commence toujours
44:44par frapper ses victimes
44:46au crâne
44:47avec sa masse.
44:49Alors que la victime
44:50d'Imoondong
44:51avait été poignardée
44:53à différents endroits.
44:55Il y avait une histoire
44:57qui circulait.
44:59Ça n'aurait pas
45:00plu aux policiers.
45:01Mais j'avais entendu dire
45:03qu'un officier de police
45:05avait dit à You
45:06qu'il couvrirait
45:07les frais d'études
45:08de son fils
45:09jusqu'à ce qu'il termine
45:10l'université
45:11s'il plaît
45:13des coupables
45:13sur cette affaire-là.
45:16« L'affaire d'Imoondong,
45:18oui, je reconnais
45:19que c'était irréfléchi.
45:21Mais c'était la dernière chose
45:23que je pouvais faire
45:24pour mon fils.
45:26Vous imaginez,
45:27tous ces frais
45:28de scolarité couverts. »
45:32La police conclut
45:34que You Yongchul
45:34a tué 21 personnes.
45:36L'affaire a été
45:37transmise au procureur.
45:39« Son transfert
45:41du poste de police
45:42de Youndung-Pu
45:43à nos locaux
45:43a été retransmis
45:45en direct ce jour-là.
45:48Il fallait garantir
45:49une sécurité maximale.
45:51Alors on a déployé
45:52une équipe
45:52de 120 officiers.
45:56En sortant du poste,
45:57une femme a surgi
45:58brandissant un parapluie.
45:59Elle a essayé
46:00de faire tomber
46:00la casquette de You Yongchul.
46:13« La fille serait vivante
46:15si vous l'aviez attrapée
46:16plus tôt ! »
46:18Tout était retransmis
46:19en direct.
46:21Et on aurait dit
46:22qu'un policier
46:23repoussait la mère
46:24d'une victime
46:25violemment.
46:27D'un coup de pied.
46:31« Je voulais la prendre
46:33dans mes bras
46:34et lui présenter
46:35mes excuses.
46:38Je voulais lui dire
46:39« Madame,
46:40on est vraiment désolés.
46:42Je sais qu'on a fait
46:43plus de mal
46:43que de bien.
46:45Je voulais vraiment
46:46lui présenter
46:47mes excuses,
46:47mais c'était impossible. »
46:52La violence du policier
46:53envers la mère
46:54de la victime
46:54a beaucoup choqué.
46:57Les officiers
46:57ont été réprimandés
46:58et les médias
46:59ont critiqué
47:00la police.
47:04Si je me souviens bien,
47:06le chef Kang Devon
47:07était le prochain
47:08sur la liste
47:09pour être promu
47:10parce que l'unité
47:11d'investigation
47:12était une unité
47:13d'importance.
47:14mais sa promotion
47:16a été annulée.
47:21Qui venez vous voir ?
47:22Vous êtes de quelle agence ?
47:26On a résolu
47:27une affaire énorme
47:29mais ils ont craché
47:31sur tout notre travail.
47:34Comme j'étais responsable,
47:36j'ai été réprimandé
47:38et rétrogradé.
47:41C'était ridicule.
47:44Je n'arrive toujours pas
47:45à croire
47:45qu'il m'ait fait
47:46un coup pareil.
47:55Nous vous présentons
47:57nos excuses
47:57les plus sincères
47:58pour ne pas avoir
48:00traité cette affaire
48:00de façon plus compétente
48:02dès ses prémices.
48:04Ce qui aurait peut-être
48:05pu limiter
48:06le nombre de victimes.
48:10Je dois le dire,
48:12les policiers
48:13étaient incompétents.
48:14sans Yu Yongchul,
48:16il n'y aurait pas eu
48:17de changement.
48:18C'est sa contribution
48:19à la société.
48:21Grâce à lui,
48:22notre système social
48:23a connu des changements
48:24et des améliorations
48:25importantes.
48:26La police va conduire
48:27une enquête en interne
48:28sur l'unité d'investigation
48:30de la police de Séoul.
48:32Elle se concentrera
48:33sur les failles
48:34dans l'enquête
48:34sur l'affaire
48:35Yu Yongchul
48:36qui a causé
48:36une grande controverse.
48:37depuis,
48:39tout le système
48:40a complètement changé
48:41à cause
48:42de cet incident.
48:44Les technologies
48:45médico-légales,
48:46l'efficacité
48:47des procédures,
48:48les compétences
48:49des inspecteurs.
48:51Quand ces éléments
48:52sont alignés,
48:53on résout
48:53les dossiers facilement.
48:55Je pense qu'il n'y a pas
48:56d'autre pays au monde
48:57qui soit aussi bon
48:58que le nôtre
48:58pour résoudre des affaires.
49:00Par contre,
49:04je ne crois pas
49:05que beaucoup de Coréens
49:06le savent.
49:07Quand les médias
49:08montrent des policiers
49:09corrompus,
49:10les gens nous critiquent.
49:12Mais notre pays
49:13est très sécuritaire
49:14et tous les policiers
49:15travaillent dur.
49:18Aujourd'hui,
49:19la plupart des meurtres
49:20qui se produisent
49:20à Séoul sont résolus.
49:22Nous avons eu
49:23des taux d'élucidation
49:24de 100%.
49:26Je dirais que nous sommes
49:28autour de 97,
49:2998% en moyenne.
49:54Le tribunal de Séoul-Centre
49:55a condamné à mort
49:56le tueur en série
49:57Yu Yongchul,
49:58pour avoir assassiné
50:0021 personnes,
50:01incluant des personnes
50:02âgées et des jeunes femmes.
50:03Le tribunal a prononcé
50:05la peine capitale
50:06en raison de la nature
50:07haineuse de ces crimes
50:08et du choc infligé
50:10à la société
50:11et aux proches
50:11des victimes.
50:41Je ne peux pas parler de ma carrière
50:53Je pense que je suis quelqu'un
50:54qui a un mental solide.
50:57Mais j'y pense quand même
50:59parfois.
51:01C'est quelque chose
51:02qui me vient comme ça,
51:03d'un coup.
51:06Je me demande
51:06si les autres sont aussi
51:07traumatisés que moi.
51:18Les gens oublient
51:19les choses
51:20qui se sont passées
51:20il y a des années.
51:23Mais j'espère que
51:24personne n'oubliera
51:25cette affaire
51:25car je veux que personne
51:27ne revive
51:28une expérience similaire.
51:31Ce que cette ordure a fait
51:32a dévasté
51:33tellement de familles.
51:36toutes ces familles
51:37endeuillées.
51:40Heureusement,
51:41j'ai des gens
51:42qui m'aident.
51:44Je ne veux pas
51:44les décevoir.
51:46Alors je tâche
51:46d'être bon
51:47avec les autres
51:48et de l'être
51:49jusqu'à mon dernier souffle.
52:03Je l'ai interrogé
52:04quand il était en cellule
52:06de détention provisoire
52:07après avoir avoué
52:08la première fois.
52:10Je voulais connaître
52:11ses mobiles
52:12et établir son profil.
52:14Je pense que son caractère
52:15et ses tendances naturelles
52:16n'ont jamais changé.
52:21Il y a une raison fondamentale
52:23qui fait que les inspecteurs
52:25et les membres
52:26de la police scientifique
52:27ou les profileurs
52:28comme moi
52:29qui sont les premiers
52:30à arriver sur les scènes
52:31de crime
52:32continuent leur travail.
52:35C'est que nous voyons
52:37de près des victimes
52:38qui ne méritaient pas
52:39qu'on leur ôte la vie.
52:45Ce n'est pas qu'une question
52:47de travail
52:47ou de sens du devoir.
52:51Le respect de la vie d'autrui,
52:53l'amour pour son prochain,
52:56l'espoir de rendre
52:57ce monde meilleur,
53:00tout cela donne
53:01une autre dimension
53:02à ce métier.
53:04Tout cela nous donne
53:05une raison de dédier
53:06nos vies à notre métier.
53:23Sous-titrage Société Radio-Canada
54:10...
54:40...
54:43...
54:44...
54:47...
54:48...
54:51...
54:52...
54:54...
54:56...
54:58...
55:00...
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