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  • il y a 2 jours
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Télématin reçoit Blanche Léridon, Jeff Wittenberg, Adélaïde Zulfikarpasic pour décrypter les résultats des élections municipales de 2026.

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Transcription
00:00Notre page consacrée au second tour des municipales, quelle lecture peut-on faire des résultats ?
00:06Eh bien, on va poser les questions à nos invités.
00:08Blanche Leridon, bonjour.
00:09Bonjour.
00:10Vous êtes directrice éditoriale de l'Institut Montaigne.
00:13Adélaïde Zulfi-Karpazik, bonjour.
00:15Bonjour.
00:15Vous êtes directrice générale du pôle société d'Ipsos BVA.
00:19Et enfin, David Inbert, éditorialiste politique France Télévisions.
00:22Bienvenue à tous les trois.
00:25Blanche Leridon, à quoi ressemble le paysage politique français ce matin dans les grandes lignes ?
00:32On va entrer dans les détails après.
00:34Alors, c'est toujours très compliqué de tirer des conclusions générales pour une élection où 36 000 communes jouaient le
00:40changement de maire.
00:41Alors là, déjà, dans l'entre-deux-tours, on avait réduit le périmètre électoral, parce que seulement 1 521 communes
00:47réalisaient leur maire.
00:48Mais ce qui se dégage dans les grandes lignes, c'est quand même une certaine forme de résistance des partis
00:52politiques traditionnels.
00:53Je pense à LR et au PS, le Parti Socialiste qui remporte haut la main des grandes villes en France,
01:00comme Paris, bien sûr, Marseille et un certain nombre d'autres.
01:04LR qui se maintient aussi dans un certain nombre de villes, qui arrivent à en avoir de nouvelles.
01:09Je pense à Brest ou à Clermont-Ferrand, qui sont des bascules importantes, qui étaient dans le giron de la
01:13gauche depuis plusieurs décennies.
01:15Et puis, quand même, ce qui se dessine, et dans le journal, on en a un petit peu parlé, c
01:19'est le relatif échec de la stratégie d'alliance entre le PS et les Insoumis.
01:25Puisqu'on voit notamment à Toulouse, et votre reportage l'a bien montré, alors qu'arithmétiquement, ça devait fonctionner pour
01:31la fusion entre le candidat François Picmal de la France Insoumise
01:34et le candidat du PS, François Briançon, en dépit de l'arithmétique qui allait en leur faveur, c'est Jean
01:43-Luc Moudinck, le maire du centre sortant, qui l'a emporté.
01:47Et on voit des résultats un petit peu similaires à Limoges, à Strasbourg, à Tulle.
01:50C'est ça, échec relatif, dites-vous, Clermont-Ferrand, Limoges, Tulle, Brest-Besançon, Avignon-Poîtier, Toulouse notamment,
01:57cette alliance, manifestement, a été, cette stratégie a été manifestement un échec, Adélaïde.
02:05Alors, on le verra ensuite, ville par ville, mais c'est vrai que dans la plupart des villes, à l
02:10'exception de Nantes et de Lyon,
02:12il y avait une alliance technique entre Grégory Doucet et la France Insoumise.
02:15On a vu, effectivement, l'échec de cette stratégie qui n'est pas complètement surprenante par rapport à ce qu
02:21'on pouvait mesurer dans les enquêtes.
02:22Souvenez-vous, on en a parlé lundi dernier, au lendemain du premier tour.
02:25On avait posé la question des souhaits d'alliance aux sympathisants.
02:28Enfin, à l'ensemble des Français, on avait regardé les résultats sur les sympathisants de gauche.
02:31On avait vu qu'autant les sympathisants de la France Insoumise étaient très favorables,
02:35les sympathisants écologistes étaient très partagés et les sympathisants socialistes, pour leur part, étaient aux deux tiers opposés.
02:42Ils ne souhaitaient pas cette alliance.
02:43C'est manifestement, au regard de ce qu'on observe dans la plupart de ces villes,
02:46et comme l'a dit Blanche-les-Ridons, même si la politique n'est pas de l'arithmétique,
02:49mais on aurait pu s'attendre, effectivement, par rapport à la somme des listes de gauche
02:54liées à celles de la France Insoumise, à un gain de certaines villes.
02:57Et manifestement, ça n'a pas fonctionné.
02:58On a merdé, disait hier, sur le plateau de France 2, Marine Tondelier,
03:02qui sera d'ailleurs l'invité des 4 V tout à l'heure.
03:04Il y a eu des erreurs de campagne du second tour à gauche, Pierre Vitenberg ?
03:09Il y a peut-être eu un hiatus entre la stratégie nationale, telle qu'elle avait été clamée par Olivier
03:14Faure,
03:14dimanche dernier, sur pas d'alliance nationale avec LFI,
03:18et puis finalement, les accointances locales dans un certain nombre de villes qu'on a citées.
03:22Et finalement, là où la gauche s'en sort le mieux, la plupart du temps,
03:26c'est à Paris, à Marseille, à Montpellier aussi,
03:28où un parti socialiste sans LFI,
03:31et bien un parti socialiste ou un divers gauche dans le cas de Marseille,
03:34l'emporte largement, ce qui, à première vue,
03:38semble invalider effectivement cette stratégie d'alliance avec LFI.
03:42Blanche Meridon, le Rassemblement national espérait accentuer son ancrage local.
03:46Vous diriez ce matin que c'est le cas ?
03:48Alors, il s'est accentué dans les villes moyennes et dans les petites villes,
03:51mais il n'a pas réussi à briser le plafond vert dans un certain nombre de grandes métropoles.
03:56Il y avait beaucoup d'attentes, sur Toulon notamment,
03:59attentes qui étaient de plusieurs ordres.
04:01Parce qu'il fallait aussi éliminer le souvenir très controversé
04:06de la municipalité Front National à l'époque,
04:09entre 1995 et 2001, avec Jean-Marie Lechevalier.
04:13Lorsque la Vallette partait très haut dans les sondages,
04:15elle n'a pas réussi à conquérir la ville.
04:17Mais effectivement, c'est quand même des résultats probants à Nice,
04:22évidemment, on va en reparler, à Carcassonne, à La Flèche, à Orange,
04:25à Menton, à Castres, donc dans un certain nombre de villes moyennes.
04:29Le Rassemblement National a réussi une percée.
04:31Il ne faut bien sûr pas oublier les victoires acquises dès le premier tour,
04:35où 24 maires RN étaient élues,
04:37et la quasi-totalité de leurs maires sortants,
04:39élues dès le premier tour, je pense évidemment à Perpignan, à Fréjus, à Bocquer.
04:44Donc là encore, il faut être très prudent, regarder ville par ville,
04:47mais c'est vrai que ce qui se dégage concernant le RN,
04:49c'est une difficulté à percer dans les grandes villes,
04:53et Marseille en est l'exemple,
04:54même s'ils ont quand même fait un excellent score pour leur représentation politique.
04:57Mais par contre, dans les petites villes et les villes moyennes,
05:00effectivement, un renforcement considérable.
05:02Il y a cette prise symbolique à Nice et la victoire d'Éric Ciotti hier.
05:06Cédric Fech est dans les rues de Nice pour nous ce matin.
05:09Bonjour Cédric, quelles sont les réactions autour de vous ?
05:14Les niçois ont le sentiment qu'une page importante de la ville de Nice est en train de se tourner
05:18après trois mandats de Christian Estrosi, 18 ans à la tête de la ville.
05:22Regardez la lune de Nice matin, c'est vraiment deux salles de ambiance,
05:25avec cette grande photo d'Éric Ciotti,
05:27le triomphe d'Éric Ciotti qui met fin au règne de Christian Estrosi.
05:30Et puis ici, en tout petit, Christian Estrosi se retire de la vie politique locale,
05:34effectivement, il l'a annoncé dès hier soir.
05:36Écoutez les réactions des niçois que j'ai enregistrées ici,
05:39il y a quelques minutes, devant la gare de Nice.
05:42Je pense que c'est bien que Christian Estrosi ne soit pas réélu,
05:45parce que ça fait 18 ans qu'il était en place et qu'un peu de changement fera du bien.
05:49Et je pense que le RN a de très bonnes idées
05:52et qu'il y a un maire RN à Nice, je pense que c'est une très bonne chose.
05:56De Estrosi, tout le monde en avait marre.
06:00Monsieur Ciotti est notre nouveau maire, je suis content pour la sécurité qui va engager
06:06et très satisfait.
06:09Je vais marcher.
06:12Vous l'avez entendu, je vous l'ai dit tout à l'heure,
06:14Christian Estrosi a annoncé dès hier soir qu'il se retirait de la vie politique à 70 ans.
06:20Son dernier pari du Front républicain n'a donc pas réussi,
06:23puisque la troisième candidate de gauche arrivée troisième ne s'est pas désistée.
06:30Christian Estrosi réalise dix points de moins que le score d'Éric Ciotti
06:35et donc la ville de Nice, cinquième ville de France, devient la première ville de cette importance en France
06:41avec à sa tête Éric Ciotti, un maire soutenu par le RN.
06:45Merci beaucoup Cédric. Adélaïde, un mot de Paris.
06:49Dix points d'écart entre Rachida Dati et Emmanuel Grégoire qui a gagné.
06:53C'est une claque pour Rachida Dati, parce qu'on parlait de désir d'alternance à Paris.
06:58Oui, on parlait de désir d'alternance et effectivement, je pense que c'est une eau de défaite pour elle,
07:02parce que l'écart avec Emmanuel Grégoire est très marqué.
07:05Ça dit plusieurs choses.
07:06Ça dit déjà quelque chose de la sociologie parisienne quand même,
07:09qui est d'ailleurs dans plusieurs métropoles, c'est le cas aussi à Lyon, à Marseille.
07:13On voit qu'on a quand même des grandes villes qui maintenant, du fait de la gentrification notamment de ces
07:16villes,
07:17votent davantage à gauche.
07:19Ça dit aussi plusieurs choses.
07:21Ça dit que Rachida Dati, elle n'a pas réussi à rassembler au-delà de son camp
07:25et notamment, elle n'a pas réussi à capter les voix de Pierre-Yves Brunazel,
07:28le candidat Horizon qui pourtant avait fusionné sa liste.
07:32Alors, il a lui jeté l'éponge, il a dit qu'il se retirait de la cour,
07:34donc c'était un signal très fort envoyé à ses électeurs.
07:36Mais on voit bien que si Rachida Dati avait réussi à faire le plein,
07:39non seulement de ses voix du premier tour, 25%,
07:41plus celle de Sarah Knaffo et de Pierre-Yves Brunazel,
07:43elle aurait dû avoir un score beaucoup plus élevé.
07:46Donc manifestement, toute une partie des électeurs de Pierre-Yves Brunazel
07:49se sont reportés plutôt sur Emmanuel Grégoire ou se sont abstenus.
07:52Mais effectivement, c'est un revers pour elle très cinglant.
07:55Alors, on va se projeter maintenant sur l'année prochaine
07:58parce que c'est aussi ça que tous les politiques,
08:00en tout cas hier sur les plateaux, avaient en tête.
08:03On va rester à droite.
08:05Hier, Jean-François Copé sur France 2 disait
08:08qu'il y aura peut-être un schisme au sein de la droite
08:12entre celles et ceux qui veulent l'union des droites
08:15et celles et ceux qui la refusent.
08:17Est-ce que ce schisme, David Inbert, est inévitable ?
08:19Ce schisme, il a déjà commencé.
08:21On vient de parler d'Éric Ciotti.
08:23Donc, une partie de la droite a déjà quitté le navire.
08:26Pour l'instant, on l'a vu pendant cet entre-deux-tours,
08:29malgré quelques hésitations.
08:30On a entendu notamment Bruno Retailleau dire
08:32que s'il était niçois, on comprend entre les lignes
08:36qu'il n'aurait peut-être pas voté Christian Estrosi
08:38et je n'en dis pas plus.
08:40Donc, ce schisme, pour l'instant, il n'est pas là
08:43mais tous les prémices de ce basculement sont là.
08:48Néanmoins, il faut tempérer les choses
08:50parce que les résultats contrastés du RN,
08:53c'est-à-dire sa présence dans tout le territoire
08:55mais son impossibilité à conquérir des grandes villes
08:58excepté Nice, peut faire réfléchir,
09:00malgré tout, la droite classique avant de sauter le pas.
09:03Et puis, cette droite, elle doit elle-même,
09:06comment dire, affronter un défi.
09:08On a dit qu'elle avait eu un certain nombre de conquêtes hier,
09:11notamment due à la stratégie ratée des alliances avec LFI.
09:15Mais, comme vous le disiez précédemment,
09:17il y a un vrai souci.
09:18Là encore, dans les grandes villes,
09:20l'échec de Rachida Dati,
09:21l'échec de Jean-Michel Aulas et la débâcle,
09:24si j'ose dire, de Martine Vassal à Marseille,
09:26ce sont les trois premières villes de France,
09:28montrent que, pour la droite,
09:30il y a quand même un vrai sujet
09:31sur l'incarnation à la présidentielle.
09:33Donc, elle sort renforcée localement,
09:36mais dans sa stratégie nationale,
09:38visiblement, rien n'est écrit.
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