00:02Bonjour Hervé Marseille.
00:03Bonjour.
00:04Merci d'être avec nous ce matin.
00:05Vous présidez l'UDI, vous êtes aussi le président de l'Union Centriste,
00:08un groupe qui compte énormément au Sénat.
00:10Et à ce titre, en tant que personnalité politique nationale,
00:13comment vous réagissez aux annonces faites hier par le gouvernement
00:17pour faire face à la flambée des prix du pétrole et du carburant ?
00:22Certaines aides ciblées, mais visiblement ça ne suffit pas.
00:26Les agriculteurs de la FNSA notamment ont dit que c'était insuffisant
00:29et puis on l'entendait dans le journal de 8h,
00:31les routiers qui s'apprêtent à effectuer des blocages, notamment lundi.
00:35Quelle est votre réaction ?
00:36Bien sûr, c'est toujours insuffisant,
00:39notamment certaines catégories comme les infirmières,
00:43comme les taxis qui doivent considérer avoir été oubliés.
00:45Mais c'est un début, il faut attendre de voir la tendance
00:49parce qu'il ne faut pas oublier que nous sommes dans un pays endetté.
00:51Nous n'avons pas les moyens de revenir au quoi qu'il en coûte
00:54et de faire des chèques généralisés.
00:56Donc je crois que ce qui a été fait est une première mesure.
01:00Il faut préciser les critères.
01:02Et puis ensuite, il faut aussi faire en sorte que ce soit rapide comme aide,
01:06qu'il n'y ait pas des usines à gaz administratives
01:08avec toutes sortes de dossiers à fournir.
01:11Mais M. Marseille, vous entendez bien que c'est jugé insuffisant.
01:13C'est-à-dire que par rapport à la hausse du plein, par exemple,
01:17on l'entendait à 8h, des routiers,
01:20s'il y a quelques centimes de baisse, ça sera presque un dollar.
01:24C'est un début.
01:26C'est un début, mais il faut aller plus loin
01:27ou il faut d'abord préserver les finances publiques ?
01:29Bien sûr, parce qu'il faut rappeler que nous sommes très endettés,
01:32que nous avons un déficit annuel considérable.
01:35Il y a une bonne tendance, on l'a vu en 2025,
01:37puisqu'il y a une amélioration très sensible.
01:41On a moins dépensé, on a eu plus de recettes,
01:43donc ça va mieux.
01:44Donc ce n'est pas une raison pour recommencer à faire des chèques à tout va.
01:47Donc on va voir quelle est la situation.
01:49La préciser, il faudra adapter le dispositif qui a été mis en place.
01:53Il faut que les intéressés comprennent que, comme vous le disiez,
01:56le quoi qu'il en coûte, c'est plus de saison, c'est fini.
01:58Ce n'est pas de saison.
02:00On en vient à l'affaire politique de la semaine,
02:02parce que vous êtes en quelque sorte le leader du parti du centre droit en France, l'UDI.
02:08Qu'est-ce que vous pensez de cette affaire de la primaire
02:11qui départagerait les candidats de la droite et du centre ?
02:14Vous avez dit que vous y étiez opposé,
02:15mais c'est quand même une petite musique qui monte,
02:18notamment chez les leaders.
02:20On entendait Laurent Wauquiez cette semaine.
02:22Est-ce que vous y êtes totalement opposé, totalement hostile ?
02:25Et pour quelles raisons ?
02:26Je ne crois pas à ces histoires de primaire.
02:30On utilise ce dispositif, cette proposition,
02:34parce qu'on ne sait pas quoi dire d'autre.
02:35En fait, c'est pour gagner du temps.
02:37Parce que personne n'est d'accord sur le périmètre.
02:39Les uns vont de M. Darmanin jusqu'à Mme Knafot.
02:43D'autres ont d'autres périmètres.
02:46Tout ça est considérable à monter, ça coûte cher, on va perdre du temps.
02:51C'est quoi la bonne solution ?
02:53De toute façon, on n'empêchera pas les candidats de dire ce qu'ils ont à dire jusqu'à la
02:57fin juillet.
02:58Ils vont être nombreux, malheureusement, à s'exprimer.
03:01Et puis à la rentrée, il y en aura beaucoup moins.
03:03Parce que les sondages et le financement de toute cette affaire,
03:09à un moment donné, chacun va devoir se rendre à la raison.
03:12Il restera quelques candidats.
03:14Et là, sur les principaux candidats, il faudra trouver la méthode de départage.
03:18On entendait Edouard Philippe cette semaine au journal de 20h sur France 2.
03:21Est-ce que vous imaginez un scénario où une autre personnalité que lui
03:26serait candidate à l'élection présidentielle dans ce bloc central, centre droit ?
03:30En plus de lui ou à sa place ?
03:32Il y en a plusieurs, il y en a plusieurs.
03:34Mais lui est très déterminé.
03:35Oui, bien sûr, mais vous avez Gabriel Attal qui est très déterminé.
03:38Vous avez Bruno Retailleau, vous avez Xavier Bertrand et d'autres, beaucoup d'autres.
03:43Et donc pourquoi ? On a du mal à comprendre la différence, excusez-moi M. Marseille,
03:46entre ce processus démocratique qui notamment avait permis à François Fillon
03:50d'être le candidat de la droite à une époque.
03:53Et le choix des sondages.
03:54Non, il n'a pas été eu.
03:55Mais vous pensez que c'était à cause des primaires, il y avait peut-être d'autres raisons.
03:59Donc, vous, c'est les sondages qui décideront, si vous comprenez.
04:02Les sondages et l'opinion.
04:04Parce que, je veux dire, qui va voter ?
04:06Comment on va l'organiser ?
04:07Quand ? On est déjà au mois d'avril.
04:09Il y a le mois de mai, il y a beaucoup de ponts.
04:11Il y a d'autres choses à faire.
04:13Il y a la crise, les affaires internationales.
04:14On ne va pas s'occuper de primaires pendant trois mois.
04:18Donc, ceux qui sont candidats, c'est légitime.
04:19Il y a des hommes et des femmes qui veulent être candidats.
04:22Ils le sont, ils s'expriment.
04:24Mais on voit bien, à la rentrée, qu'au mois de septembre-octobre,
04:27il faudra se rendre à l'évidence.
04:29Il y a ceux qui pourront concourir et ceux qui devront abandonner.
04:31Et il en faudrait un seul, à tout prix.
04:33Il en faudrait un seul.
04:34Il en faudrait un seul parce que vous, vous vous mettez dans ce...
04:36Vous vous placez, comme d'autres, dans ce scénario
04:38où on aurait, en 2027, un deuxième tour
04:41opposant Jordan Bardella à Jean-Luc Mélenchon.
04:43C'est, par exemple, ce que promettent certains sondages ?
04:46Ça, c'est le scénario le pire.
04:49Mais on voit bien que le Rassemblement national, a priori,
04:54est fondé à être au deuxième tour de l'élection présidentielle,
04:57comme les fois précédentes.
04:58Donc, le problème, c'est de savoir qui aura en face.
05:00Et il faut s'organiser pour être en face du Rassemblement national,
05:04c'est-à-dire être le plus rassemblé possible.
05:06Tout autre sujet, M. Marseille, on le disait,
05:09vous dirigez l'Union centriste, un groupe très important au Sénat.
05:12Et cette semaine, on a reparlé de la loi sur la fin de vie,
05:17notamment parce qu'il y a eu cette affaire d'euthanasie
05:21accordée à une jeune femme en Espagne,
05:23Noélia Castillo.
05:24Ce projet de loi, on a l'impression qu'il est enlisé sur le plan parlementaire.
05:29Cette discussion que vous deviez avoir au Sénat,
05:31qui devait avoir lieu en avril, aura lieu finalement en mai.
05:34Et elle a déjà été reportée à plusieurs reprises.
05:37L'Assemblée s'est prononcée pour un droit à mourir,
05:42enfin, l'aide, un droit à l'aide à mourir.
05:43Pourquoi il y a ces réticences au Sénat dont vous faites partie ?
05:47Écoutez, il y a des réticences parce qu'il y a des opinions
05:49et que les gens votent en âme et conscience.
05:51Dans mon groupe, comme dans beaucoup, au Sénat,
05:54les sénateurs vont voter suivant leur âme et conscience.
05:58Mais conscient aussi qu'une majorité de Français veut cette loi.
06:01Oui, mais on ne vote pas en fonction de ce que veulent les uns ou les autres.
06:06On vote en fonction de ce qu'on croit être l'intérêt général
06:09et l'intime conviction.
06:11Donc, il y a d'abord les soins palliatifs.
06:13Il faut voir qu'il y a 30% de nos départements
06:16qui ne sont pas équipés ou mal équipés en soins palliatifs.
06:19C'est une affaire de moyens.
06:20Et ça, je crois qu'il y a une espèce de consensus sur les soins palliatifs.
06:24Après, sur le texte lui-même, celui de l'Assemblée nationale,
06:27à mes yeux, va trop loin.
06:29Donc, vous vous prononcez encore pour un refus de cette aide ?
06:33Non, il n'y a pas de refus.
06:35Il y a des propositions pour avoir une vue différente,
06:39une amélioration du texte qui sera proposée par des amendements
06:42portés notamment par le rapporteur Alain Milon.
06:45Et comme ça a été le cas en première lecture,
06:48et on va examiner ça effectivement dans les semaines qui viennent.
06:50Mais est-ce qu'on peut imaginer, parce que c'était une promesse d'Emmanuel Macron,
06:53que cette loi permettant aux personnes qui le souhaitent d'être aidées à cette fin de vie
07:00ne soit pas votée avant 2027 ?
07:02Non, je crois que ça sera voté.
07:03Ça sera voté.
07:05Parce que c'est un texte important,
07:07mais il mérite justement un débat important.
07:10Et je crois que tout le monde veillera à ce qu'il soit adopté assez rapidement.
07:15Mais pas dans les termes qu'a choisi l'Assemblée nationale ?
07:18Ben non, parce que l'Assemblée a voté, le Sénat votera,
07:21et puis on verra quelle est la conclusion.
07:23Merci beaucoup, Hervé Marseille, président de l'UDI,
07:25président de l'Union sans priste au Sénat.
07:27Merci.
07:27Et c'est la suite de Télématin.
07:28Merci.
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