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  • il y a 5 mois
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Jeff Wittenberg revient sur les questions qui font l’actualité avec Mathieu Lefèvre, député du Val de Marne (Ensemble pour la République).

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Transcription
00:00Bonjour à tous, c'est Mathieu Lefebvre qui est également vice-président du groupe Ensemble pour la République à l'Assemblée Nationale,
00:07ce qui vous place donc au cœur des négociations de ce qui va se passer dans les prochains jours,
00:11car, enfin vous allez nous le dire, est-ce que vous êtes déjà dans l'après Bayrou ?
00:14Est-ce que vous pensez qu'il y a encore un trou de souris, une petite chance que M. Bayrou garde son poste
00:19et s'ouvre son poste de Premier ministre lundi, après-demain à l'Assemblée Nationale ?
00:23Bonjour, écoutez, je pense que le vote de lundi, ce n'est pas un vote anodin et il faut cesser de le banaliser.
00:29On a fait tout ce qu'on a pu multiplier les contacts ces dernières heures,
00:32mais il faut se rendre à l'évidence, il y a aujourd'hui des forces qui n'ont aucune envie que le pays progresse
00:37et qui préfèrent l'irresponsabilité à la recherche de la stabilité.
00:42Je crois pour autant que, quelle que soit l'issue du vote de demain, il faudra un budget pour notre pays
00:47et il faudra travailler avec les forces responsables de ce pays.
00:50On va parler de la suite et du budget qu'il faudra effectivement pour la France,
00:53mais vous qui êtes un soutien fort et défectible à Emmanuel Macron,
00:57est-ce qu'il a quand même, pourquoi a-t-il accepté finalement que François Bayrou joue en quelque sorte tapis
01:04et joue son sort à l'Assemblée Nationale ? Parce qu'il a accepté cette décision prise au cœur de l'été.
01:10Mais nous ne sommes pas dans une crise présidentielle ou dans une crise de régime, nous sommes dans une crise parlementaire.
01:14Oui, mais ça s'est fait avec la balle du président, pardon.
01:16Depuis un an, oui, c'est une décision du gouvernement, c'est le gouvernement qui le souhaite,
01:19c'est la décision de François Bayrou.
01:21Mais depuis un an, qu'est-ce qu'on observe ?
01:22On observe des forces politiques à l'Assemblée Nationale qui, dans le fond, n'ont pas envie de travailler ensemble
01:26et qui privilégient leur intérêt particulier de court terme à l'intérêt du pays.
01:31Et Emmanuel Macron n'est pour rien de cela, il n'est pas responsable de cette classe politique parlementaire
01:35qui, objectivement, n'est pas mature.
01:37Moi, qu'est-ce que j'entends sur le terrain dans ma circonscription ?
01:39Les gens me disent, monsieur le député, vous n'êtes pas à la hauteur dans le Val-de-Marne,
01:42vous n'êtes pas à la hauteur collectivement.
01:44Essayez de penser un peu moins à vous et un peu plus aux Français.
01:47Honnêtement, ils n'en veulent pas aussi au Président de la République,
01:49qui est considéré, si on en croit en tout cas les sondages,
01:51comme le premier responsable de cette situation politique,
01:53notamment par sa dissolution de juin 2024.
01:57En tout cas, moi, je ne fais pas partie de ceux qui jettent tout ce qu'a fait le Président de la République depuis huit ans.
02:01Moi, j'observe qu'il a un bilan important en matière économique, en matière sociale,
02:06et qu'il est un des leaders incontestés du monde libre, comme on peut encore l'appeler aujourd'hui.
02:10Et de ce point de vue, le vote de demain est un vote important,
02:13parce que la question, c'est aussi, veut-on fragiliser le Président de la République à l'international ?
02:18Veut-on faire en sorte que le budget des armées, qui doit augmenter de 4 milliards d'euros,
02:22n'augmente pas de 4 milliards d'euros l'an prochain ?
02:24Au-delà des considérations strictement politiciennes et nationales,
02:26il y a aussi le rang de la France qui se joue demain.
02:28Il y a quand même beaucoup de ministres, qui ne s'en cachent pas, au moins en privé,
02:31qui en veulent à François Bayrou d'avoir pris cette décision,
02:33parce que ça scelle leur propre sort et des dossiers qui sont en cours,
02:36qui vont être arrêtés d'un coup.
02:38Est-ce que c'est le même sentiment qui domine chez les députés macronistes dont vous faites partie ?
02:43Cette décision, elle a un mérite, c'est qu'elle permet de clarifier les choses
02:46et elle permet aussi de remettre la question de l'endettement au cœur du projet politique que nous voulons pour le pays.
02:52C'était une décision qui, en tout cas, était, me semble-t-il, réfléchie
02:56et qui, objectivement, a le mérite de dire qui est un parti de gouvernement
02:59et qui n'est pas un parti de gouvernement,
03:01et qui va soutenir une politique responsable et qui ne le fera pas.
03:05Et je crois que cette question a au moins le mérite de placer la question budgétaire au cœur des débats,
03:09quelle que soit l'issue du Premier ministre.
03:11Il y aura demain un budget à faire pour le pays.
03:13Et quelle que soit cette issue, ce budget sera difficile.
03:16Et pour le conduire, qui a le meilleur profil aujourd'hui, selon vous, pour arriver à Matignon ?
03:20Vous, c'est proche de Gérald Darmanin, il y a d'autres noms qui circulent,
03:24celui de Catherine Vautrin, par exemple.
03:25Est-ce que ça va se jouer là-dessus ?
03:27Ou alors, faut-il carrément quelqu'un d'un autre parti ?
03:30Pourquoi pas un socialiste à Matignon ?
03:32Puisqu'aujourd'hui, c'est le Parti Socialiste qui a un petit peu la clé de majorité ou pas majorité.
03:37Je crois que la question des personnes est secondaire.
03:39Mais ce qui est important, c'est de savoir avec qui on va travailler.
03:42Moi, j'observe que depuis la dissolution, la non-censure a été négociée soit avec le Rassemblement National,
03:48soit avec le Parti Socialiste.
03:49Et le plus souvent, les deux ensemble.
03:51C'est une faute.
03:51Il faut travailler avec le Parti Socialiste.
03:53Il faut évidemment aller chercher la non-censure des socialistes.
03:57Non pas pour faire un budget socialiste, mais que se passe-t-il ?
04:00On a le Rassemblement National qui ne veut pas de budget, qui veut des élections.
04:04On a la France Insoumise qui ne veut pas de budget, qui veut la destitution.
04:08Travaillons avec la gauche et la droite de gouvernement.
04:10Et dans le fond, c'est le sens des élections législatives de 2024.
04:13Alors, pardon, mais c'est très important ce que vous dites.
04:15Travaillons avec le Parti Socialiste.
04:16Mais le Parti Socialiste, il a des exigences fortes.
04:18Par exemple, il n'est pas question pour lui de supprimer deux jours fériés.
04:23La franchise sur les médicaments décidés par décret par François Bayrou est maintenue.
04:28Ils n'en veulent pas.
04:29Ils veulent instaurer une taxe Zuckmann.
04:31Tout cela, vous allez le faire avec le prochain Premier ministre pour satisfaire les socialistes ?
04:36Moi, j'ai vu un Parti Socialiste qui a formulé des propositions et qui dit deux choses.
04:39Il dit d'abord, il faut réduire les déficits publics.
04:41C'est la première des choses.
04:42C'est absolument essentiel.
04:44Ensuite, il propose un chemin qui est le leur.
04:45Moi, je ne suis évidemment pas d'accord avec tout.
04:47Et il ne s'agit pas de devenir socialiste du jour au lendemain.
04:50Mais travaillons.
04:51Mettons-nous autour de la table.
04:52Soyons concrets.
04:53Par exemple, ça n'est pas une économie.
04:55Mais le Parti Socialiste propose de baisser la CSG pour les travailleurs dans ce pays.
04:59Il me semble que c'est quelque chose d'absolument essentiel.
05:02Le Parti Socialiste propose de mieux partager et mieux répartir l'effort comme les richesses dans ce pays.
05:08Gérald Darmanin l'a dit à Tourcoing dimanche dernier.
05:10Il y a une troisième voie qui est celle de la justice sociale et qui n'est pas la confiscation fiscale et qui peut être compatible avec la politique menée par le président de la République.
05:18Concrètement, la taxe Zuckmann qui viserait les plus hauts patrimoines.
05:23Est-ce que vous y êtes, vous, Mathieu Lefebvre, député proche de Gérald Darmanin notamment, favorable ?
05:28Je pense que cette imposition des plus fortunés, elle doit se penser à minima au niveau européen.
05:33Et il faut lancer dès aujourd'hui une grande initiative, comme nous l'avons fait pour l'imposition sur les sociétés, au niveau européen, pour que cette imposition puisse être mise en œuvre.
05:41Mais je dis attention sur un point, ne touchons pas à l'outil de travail dans notre pays.
05:45Si demain les chefs d'entreprise venaient à être imposés sur leur outil de travail, ce serait une catastrophe pour l'emploi, ce serait une catastrophe pour les Français.
05:51Donc travaillons pour mieux partager les efforts, mais faisons-le aussi dans le respect de la compétitivité de notre pays.
05:56Vous ne pensez pas que c'est quand même la quadrature du cercle ?
05:57Vous pensez que la droite, puisque vous auriez besoin d'une majorité qui irait du Parti Socialiste aux Républicains, accepterait de telles mesures ?
06:06Moi je pense qu'il est grand temps de penser aux Français.
06:08On a beaucoup pensé à nous, il y a des mots comme dissolution, destitution, démission, élection, on n'entend que ça, mais on n'entend pas parler de la réalité des Français.
06:16Et les Français, ils veulent de la stabilité pour eux, pour leur avenir personnel, les chefs d'entreprise également, et le pays en a aussi besoin au moment où le monde est à feu et à sang.
06:23Vous êtes optimiste peut-être pour trouver une issue, mais si le prochain Premier ministre, après tout, c'est une hypothèse recevable, est lui aussi renversée, qu'est-ce qu'il faut faire ?
06:31Est-ce qu'il n'y a pas une dissolution, voire une démission du Président de la République qui devienne inéluctable, M. Lefebvre ?
06:36L'idée selon laquelle le Président de la République, qui est le plus légitime des Français, qui est élu par le plus grand nombre de Français, puisse démissionner, est une absurdité, et c'est une faute morale.
06:47Non, mais je le dis, parce que j'entends beaucoup de responsables politiques de premier plan le dire, cette idée fragiliserait nos institutions, et objectivement est à contre-courant de ce que la Ve République représente.
06:57Ensuite, laissons sa chance à un éventuel ou une éventuelle future Première Ministre.
07:01Mais je le dis, pour que cette mission...
07:03C'est bon, c'est parce qu'on peut l'imaginer quand même.
07:05On peut l'imaginer, mais on peut aussi penser qu'en disant que notre interlocuteur, c'est le Parti Socialiste, non pas que nous allons devenir socialistes, mais ça n'est pas le Rassemblement National,
07:13travaillons ensemble et essayons d'élaborer un budget, c'est une nouvelle équation.
07:16Votre message est clair, il faut désormais se tourner vers le Parti Socialiste, c'est un député du groupe Ensemble pour la République qui le dit ce matin.
07:23Merci beaucoup Mathieu Lefebvre, et c'est la suite de Télématin. Merci, bonne journée.
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