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Après la disparition de Delphine Jubillar le 16 décembre 2020, les enquêteurs accumulent des indices incriminant Cédric, l’ex-mari de Delphine, mais ne disposent d’aucune preuve irréfutable.
Crime story raconte cette affaire dans un podcast en six parties quelques semaines avant l’ouverture du procès de son ex-compagnon, Cédric Jubillar, le 22 septembre.

Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Thibault Lambert, Clara Grouzis et Pénélope Gualchierotti - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network.

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#crimestory #faitsdivers #truecrimepodcast #affairejudiciaire #jubillar

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News
Transcription
00:01Bonjour, je suis Claudia Prolongeau et vous écoutez Crime Story, le podcast fait divers du Parisien.
00:07Des années à accumuler les haines.
00:09Un jeune garçon de 10 ans a été tué par un bal.
00:12Des aveux, 33 ans après.
00:14Son corps a été retrouvé un mois plus tard.
00:17Des hommes cagoulés ont tiré sur les mariés alors qu'il...
00:19Chaque semaine, je vous raconte une grande affaire criminelle avec le chef du service polyjustice du Parisien, Damien Delsenier.
00:31Bonjour Damien.
00:33Bonjour Claudia.
00:33Aujourd'hui, les deux derniers épisodes de notre série consacrés à la disparition de l'infirmière Delphine Jubilard avant le
00:41procès de son mari qui débute lundi 22 septembre.
00:44Nous sommes en juillet 2021.
00:47Delphine a donc disparu depuis six mois et les enquêteurs ont de lourds soupçons sur son mari Cédric Jubilard.
00:53Alors qu'il est en garde Ă  vue depuis plus de 35 heures, il continue de nier les faits et
00:58les gendarmes décident d'organiser une confrontation avec Nadine, sa maman.
01:06Il est un peu plus de minuit, dans la nuit du jeudi 17 au vendredi 18 juin 2021.
01:12Cédric Jubilard est toujours dans les locaux de la gendarmerie de Gaillac depuis que des agents sont venus le cueillir
01:17sur son lieu de travail mercredi matin.
01:20Mais depuis 35 heures, rien n'a bougé. L'artisan plaquiste n'a pas changé d'un pouce sa version
01:25sur la nuit de la disparition de sa femme Delphine six mois plus tĂ´t.
01:29Pour les enquêteurs, il reste une dernière carte à abattre pour obtenir des aveux.
01:34La carte Nadine Jubilard, la mère de Cédric.
01:37Elle a été placée en garde à vue au même moment que son fils.
01:40Et si les enquêteurs sont convaincus que Nadine n'étant rien coupable dans cette affaire,
01:46ils pensent qu'elle peut être une pièce maîtresse dans la résolution de l'énigme autour de la disparition de
01:51Delphine.
01:52Dans les premières heures de sa garde à vue, Nadine a affirmé avec force qu'elle croyait dur comme fer
01:57Ă  l'innocence de son fils.
01:59Les gendarmes lui ont alors présenté un à un les éléments qui, selon eux, démontrent que c'est driquement.
02:04Et qu'il aurait pu tuer son épouse, puis faire disparaître son corps, sans laisser de traces.
02:10Après l'exposé des gendarmes, Nadine s'effondre.
02:14Oui, elle a voulu croire à l'innocence de ce fils qu'elle savait en pleine déroute conjugale.
02:19Delphine allait quitter Cédric et lui tenter vainement de la faire changer d'avis.
02:23Parmi les éléments dont disposent les gendarmes, il y a le témoignage d'un membre de la famille Jubilard.
02:28Cette personne assure qu'à plusieurs reprises, Cédric a dit à sa mère, à propos de Delphine,
02:33« Elle m'énerve, je vais la tuer, je vais l'enterrer et personne ne la retrouvera. »
02:38Nadine reconnaît que Cédric a bien prononcé ces mots devant elle.
02:42C'était sur un parking, à côté de l'endroit où elle travaille,
02:45un matin entre la fin du mois d'octobre et le début du mois de novembre.
02:49Six à huit semaines donc, avant que l'infirmière ne se volatilise.
02:54Nadine avait perçu la colère de son fils, mais elle ne s'était pas formalisée.
02:57Elle avait pris ses propos pour des paroles jetées en l'air,
03:00et Ă  aucun moment comme l'annonce d'un projet criminel Ă  venir.
03:04Désormais, alors que Nadine est en garde à vue depuis plus de 24 heures,
03:08elle dit que sa vision des choses a changé.
03:11Elle veut aider les enquĂŞteurs Ă  obtenir les aveux de son fils.
03:14La confrontation débute à peine et Nadine pleure déjà toutes les larmes de son corps.
03:19Entre deux sanglots, elle exhorte Cédric à fissurer son armure.
03:22« Tu es mon fils, je t'aime et je serai toujours là pour toi.
03:26Mais parle, s'il te plaît. »
03:29Cédric, lui, maîtrise ses émotions et ne signe pas.
03:32« Je n'ai rien fait, maman. »
03:37Damien, finalement, ce face-Ă -face ne dure qu'une trentaine de minutes.
03:40Oui, parce qu'assez rapidement, les enquĂŞteurs se rendent compte que
03:43cette confrontation, elle est stérile.
03:46Alors, c'est extrĂŞmement dur pour la maman.
03:48Et ça ne sert à rien de l'épuiser pour rien,
03:51puisque Cédric reste ferme sur ses positions.
03:54Nadine va donc être relâchée sans qu'aucune charge ne soit retenue contre elle.
03:58Et la garde à vue de Cédric, elle, elle va continuer
03:59pour aller au bout des 48 heures maximales autorisées.
04:03On peut peut-être résumer à ce stade
04:05quels sont les éléments que les gendarmes ont contre Cédric.
04:08Ces éléments qui ont donc permis de convaincre sa mère de sa culpabilité.
04:13Il n'y a aucun élément matériel indiscutable,
04:16mais il y a un faisceau d'indices.
04:18Il y a, on l'a dit, cette histoire de voiture
04:20qui est dans un sens contraire au sens dans lequel elle devrait ĂŞtre.
04:24Il y a l'histoire de cette lessive qui tourne en pleine nuit
04:27avec la couette dans laquelle dormait habituellement Delphine
04:30quand elle était dans le salon.
04:31Il y a les mensonges, petits ou grands, de Cédric Jubilard
04:35au sujet d'un certain nombre d'événements.
04:37Et puis, il y a tout ce qu'il y a autour de ces éléments.
04:41Il y a le contexte de cette séparation
04:43que Cédric a du mal à accepter.
04:44Il y a le contexte, évidemment, affectif,
04:46mais il y a le contexte financier.
04:48C'est-à-dire que cette séparation,
04:49c'est l'obligation quasi inéluctable de vendre cette maison
04:53qu'il a construite de ses mains,
04:55la maison qui devait ĂŞtre la maison de sa famille.
04:57Donc, c'est tous ces petits éléments mis bout à bout
05:00qui finissent par semer le doute, effectivement,
05:02chez la maman de Cédric.
05:04Pour l'accusation, de toute façon, le scénario, il est très clair.
05:07Cédric, lui, aurait nettoyé toute trace incriminante
05:10à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de la maison.
05:13Il aurait appelé ensuite les gendarmes
05:15avant de se souvenir un peu au dernier moment
05:17qu'il fallait laver cette couette.
05:18Donc, c'est pour ça que les gendarmes la voient
05:20dans la machine Ă  laver lorsqu'ils arrivent
05:22en plein milieu de la nuit.
05:23Il soutient qu'il a voulu la laver en pleine nuit,
05:26ce qui est plutĂ´t bizarre,
05:27parce que l'un de ces deux chiens avait uriné dessus.
05:30Dans les éléments qui peuvent incriminer Cédric Jubilard,
05:34il y a aussi les cris entendus par les voisins.
05:36C'est un élément extrêmement important
05:37parce que ces cris, ils valident l'hypothèse
05:40selon laquelle il y a eu, Ă  minima, une bagarre,
05:43en tout cas un conflit suffisamment fort
05:45et des violences suffisamment fortes
05:46pour qu'il y ait un cri qui soit poussé,
05:48un cri de détresse comme tel qu'il est décrit par Delphine.
05:50Et ce cri, il est entendu par les témoins avant minuit,
05:54c'est-à-dire dans le créneau horaire
05:55où on pense qu'il s'est passé quelque chose.
05:57Mais les avocats de Cédric Jubilard,
05:59eux, ils disent que cet élément-là, il ne tient pas.
06:01Ils disent les voisines.
06:02Elles sont beaucoup trop loin.
06:03Elles sont à plus de 100 mètres de la maison.
06:05On ne peut pas affirmer avec certitude
06:07quand on est sur sa terrasse
06:08que le cri vient de tel ou tel endroit lorsqu'on est loin.
06:11Donc, il n'est pas possible d'affirmer
06:13que ces cris venaient de chez Cédric et Delphine.
06:16D'autant que d'autres voisins
06:18qui sont, eux, plus proches de la maison de Cédric et Delphine
06:21n'ont, eux, rien entendu.
06:23Les gendarmes remarquent quand mĂŞme aussi,
06:25c'est l'autre élément, évidemment,
06:26un des autres éléments à charge,
06:28que Cédric a éteint son téléphone portable
06:31la nuit de la disparition de Delphine.
06:33Alors que sur les trois mois précédents,
06:35ils ont travaillé, les gendarmes,
06:36ils ont pris, en fait,
06:37toute l'activité téléphonique de Cédric Jubilard
06:39habituelle dans les mois précédents.
06:41Ils se rendent compte que dans les trois mois précédents,
06:43il n'a jamais éteint son téléphone.
06:46Mais encore une fois,
06:46cet élément qui est un élément,
06:48entre guillemets, intellectuel,
06:50pour les avocats, ça ne vaut pas preuve,
06:52ça ne prouve rien.
06:56Ă€ l'issue de sa garde Ă  vue,
06:58et bien que le principal suspect
06:59n'ait fait aucun aveu,
07:01Cédric Jubilard est mis en examen
07:03pour meurtre par conjoint
07:04et placé en détention provisoire.
07:07Trois semaines plus tard,
07:08début juillet 2021,
07:09par la voix de ses avocats,
07:11il formule une première demande
07:12de remise en liberté.
07:13Elle est rejetée.
07:14D'après les avocats du peintre plaquiste,
07:17l'absence de corps ne favorise pas leurs clients.
07:20Au contraire.
07:21On part du postulat que Delphine Jubilard est décédée,
07:23réagit maître Jean-Baptiste Allary.
07:25Quand bien même on admettrait cette hypothèse-là,
07:27il n'y a aucun élément qui permette de rattacher ça,
07:30aujourd'hui, de manière directe et franche,
07:33à la participation de son époux.
07:35Les avocats du mise en cause dénoncent un dossier
07:38sans aucune preuve et résument ainsi l'affaire.
07:41On n'a rien trouvé, donc c'est lui.
07:43Plus de deux mois après sa mise en examen,
07:46Cédric Jubilard est toujours derrière les barreaux,
07:48toujours Ă  l'isolement,
07:49et sa défense ne compte pas arrêter
07:51les demandes de libération ici.
07:53Mais en attendant, le détenu n'a aucun recours.
07:56Il ne reçoit pas de visite,
07:58ne fréquente pas de co-détenu
07:59et doit se contenter, pour toute distraction,
08:02de la télé et du courrier qu'il reçoit.
08:05Dix mois après la disparition de Delphine,
08:07une deuxième demande de remise en liberté
08:08de Cédric Jubilard est rejetée.
08:10Et les recherches pour retrouver le corps
08:12de l'infirmière se poursuivent.
08:14Dans le même temps, pour la première fois,
08:17Cédric est entendu par les deux magistrates
08:19chargées de l'affaire.
08:20Le vendredi 15 octobre 2021 au matin,
08:23le peintre plaquiste est extrait de sa cellule
08:25de la maison d'arrêt de Cesse, près de Toulouse.
08:27Ă€ 9h30, il entre dans le bureau des juges.
08:31Pendant 4 heures, il est entendu,
08:33en présence de ses trois avocats.
08:39Damien, comment se passe cet entretien ?
08:41C'est un entretien particulier parce qu'en réalité,
08:44Cédric Jubilard a déjà rencontré
08:45les magistrates en charge du dossier,
08:47mais il les a rencontrés lorsqu'il était considéré
08:49comme « victime ».
08:51C'est-à-dire que lui, il avait demandé
08:53Ă  ĂŞtre parti civil dans le cadre de l'enquĂŞte
08:55sur la disparition de Delphine.
08:56Donc, il a déjà eu un contact avec ses magistrates,
09:00mais lĂ , en revanche,
09:01le contact et le contexte,
09:03ils sont évidemment radicalement différents
09:04parce que cette fois-ci,
09:05il est entendu en tant que suspect,
09:07en tant que mise en examen depuis le 18 juin.
09:10Elles avaient quatre mois pour l'auditionner
09:12Ă  partir de ce 18 juin.
09:14Elles ont attendu,
09:15elles ont laissé passer l'été,
09:17notamment parce qu'elles espéraient,
09:19entre-temps,
09:20obtenir encore de nouveaux éléments à charge
09:23pour pouvoir les poser face à Cédric Jubilard,
09:25et puis notamment peut-ĂŞtre
09:26de retrouver l'élément fondamental,
09:29c'est-Ă -dire le corps de Delphine.
09:30Bon, ce n'est pas le cas.
09:31Et Cédric, lui, continue,
09:33dans le bureau des juges,
09:34Ă  clamer son innocence.
09:36Il dit au juge qu'il vit très mal son incarcération.
09:38Oui, alors,
09:39peu de gens vivent bien une incarcération.
09:42Évidemment, il va décrire
09:43la cellule de 9 mètres carrés,
09:44l'isolement,
09:45aucune interaction avec les autres détenus.
09:48Il dit que c'est horrible,
09:49il dit qu'il ne sait mĂŞme pas pourquoi il est lĂ .
09:51Il dit qu'il est lĂ  parce qu'en fait,
09:53ça a été médiatisé,
09:54que c'est un peu une victime expiatoire de tout ça.
09:57Bon, les juges, ils écoutent,
09:58évidemment, ce préambule,
10:00mais ils vont surtout, eux,
10:01l'interroger sur sa relation avec Delphine.
10:05Donc, elles vont le confronter
10:06aux témoignages qui font état de violences verbales,
10:09de violences psychologiques
10:11Ă  l'encontre de Delphine
10:12dans les temps qui avaient précédé sa disparition.
10:15Lui va répondre que tout ça,
10:16c'est un malentendu.
10:17En fait, c'est de l'humour.
10:18Et les témoins, ils n'ont pas compris
10:20quand ils racontent tout ça.
10:21C'est que lui, il est au second degré
10:23et les témoins, pas du tout.
10:25Il dit aussi que les insultes,
10:27c'est parce que lui,
10:28il dit les choses sans tourner autour du pot.
10:30Il est sans filtre, quoi.
10:31Donc, oui, il n'a pas un langage soutenu comme d'autres,
10:34mais vraiment, lui,
10:35il met ça sur un terrain plutôt culturel et social.
10:37Lui, c'est sa façon de parler,
10:39c'est sa façon de faire,
10:40c'est son second degré à lui.
10:43Les juges essaient de mettre Cédric en difficulté
10:45avec un élément dont on a peu parlé jusqu'alors.
10:49Dans les mois qui suivent la disparition de sa femme,
10:51Cédric Jubilard continue
10:52d'utiliser la carte bleue de Delphine
10:54en retirant sur son compte plus de 2 000 euros
10:57entre le 16 décembre au soir,
10:59jour de sa disparition,
11:01oĂą il retire 20 euros pour acheter du shit,
11:03explique-t-il,
11:04et le 1er mars 2021.
11:06Je ne travaillais plus
11:07et je n'avais plus aucun revenu,
11:09se défend Cédric.
11:10Pour vous répondre,
11:11non, ce n'est pas élégant,
11:12mais c'est aussi pour les enfants.
11:14MĂŞme moi, je reconnais que c'est pas bien.
11:16Ne parvenant pas Ă  obtenir
11:17d'éléments intéressants sur ce volet-là,
11:19elles essaient un autre sujet,
11:20celui du contexte,
11:22de la séparation entre Delphine et Cédric.
11:24Le peintre plaquiste assure
11:26qu'après avoir tenté de reconquérir son épouse
11:28et constater que cela ne fonctionnait pas,
11:31il s'est fait une raison
11:32et a abandonné l'idée.
11:33Preuve Ă  l'appui,
11:34il s'est inscrit sur Mythique
11:36au mois d'octobre,
11:37deux mois avant la disparition de Delphine.
11:40Mais pour les juges,
11:41ça ne prouve rien,
11:42car elles ont plutôt des éléments
11:44les laissant penser que Cédric
11:46ne s'habituait justement pas
11:47à l'idée de perdre sa femme.
11:49La question de la sexualité
11:50arrive sur la table.
11:52Delphine a dit Ă  son amant Marc
11:53et Ă  Anne,
11:54sa meilleure amie,
11:55qu'elle n'avait plus eu
11:56de rapport sexuel avec Cédric
11:58depuis le 14 septembre,
11:59jour de son 33e anniversaire Ă  lui.
12:02En allant sur ce terrain intime,
12:04les magistrates tentent de tester
12:06la sensibilité du suspect
12:07et de provoquer une réaction.
12:09Lui recense trois relations sexuelles
12:12avec son épouse
12:12sur la période allant de septembre à décembre.
12:15Malgré qu'elle était folle amoureuse
12:17de son amant, estime-t-il,
12:18elle devait avoir un minimum d'amour pour moi
12:20et un minimum d'envie.
12:22Dans le courant du mois de novembre,
12:24Cédric subtilise
12:25et cache les sextoys de Delphine.
12:27Il justifie auprès des juges
12:29que c'était lui
12:30qui les avait achetés
12:31et qu'il avait Ă  ce titre
12:32le droit de les reprendre.
12:34Début décembre,
12:35moins de deux semaines
12:36avant la disparition de Delphine,
12:38Cédric trouve dans les affaires d'Elia,
12:40leur petite fille,
12:41de la lingerie fine
12:42qu'a cachée sa femme.
12:43Je lui ai fait une scène,
12:45concède-t-il,
12:45parce que ça veut dire
12:46qu'elle a un amant,
12:47donc qu'elle me ment.
12:48Il poursuit,
12:49l'existence d'un amant,
12:50je m'en manque un peu.
12:51Je suis le seul
12:52et unique homme dans sa vie
12:53et je suis le premier.
12:55Donc je me dis
12:55que si elle peut aller voir ailleurs
12:57et qu'elle me revienne
12:58en voyant que c'est nul,
12:59tant mieux.
13:03Damien,
13:04selon Cédric Jubilard,
13:05la surveillance de sa femme
13:06a pour unique objectif
13:07de se protéger,
13:09lui,
13:09dans le divorce.
13:10Alors lui,
13:11il dit qu'il veut utiliser
13:12le fait qu'elle a un amant
13:13comme moyen de pression
13:14au cas oĂą
13:15elle voudrait demander
13:16la garde exclusive
13:18des enfants.
13:19Mais en fait,
13:20rien ni personne
13:21ne dit que Delphine
13:22envisageait
13:23de faire cette demande,
13:24d'autant qu'ils avaient
13:25chacun pris un avocat
13:27et qu'ils s'étaient même
13:27pour le moment
13:28accordés
13:29sur la garde des enfants.
13:30Et concernant
13:31les menaces de mort
13:32proférées
13:33Ă  l'encontre de Delphine,
13:34comment est-ce qu'il se défend ?
13:36Alors,
13:36celle qu'il a prononcée
13:37devant sa propre mère.
13:39Il dit que ce sont
13:40des paroles en l'air.
13:41C'est d'ailleurs
13:41ce qu'elle avait pensé
13:41elle aussi
13:42quand elle avait
13:43réceptionné ce discours,
13:44entre guillemets.
13:45Pour la dernière en date,
13:46celle qui a été prononcée
13:47le 12 décembre,
13:49devant l'une de ses connaissances,
13:50un de ses amis,
13:52Cédric Jubilard
13:52se livre un peu davantage.
13:54Il dit
13:55« Ouais,
13:55j'en avais marre,
13:56j'étais en train
13:56de lutter sur tous les fronts,
13:58les enfants,
13:58le ménage,
13:59la nourriture,
13:59l'extérieur.
14:00J'étais tout seul
14:01Ă  tout faire.
14:02Donc quand j'ai dit ça,
14:03j'étais en colère,
14:04j'étais en train
14:04de me défouler »,
14:05se défend-il.
14:07Magistrat et enquĂŞteur
14:08ne disposent toujours
14:09d'aucun élément matériel
14:10accablant
14:11Ă  l'encontre
14:12de Cédric Jubilard.
14:13Non,
14:14toujours pas.
14:14Il y a toujours
14:15ce faisceau d'indices
14:16qui tourne,
14:16qui tourne,
14:17qui tourne,
14:17mais pas d'éléments
14:19effectivement indiscutables
14:20et majeurs.
14:22Elle a aussi relevé
14:23cette instruction,
14:24quand mĂŞme,
14:25la personnalité
14:26potentiellement agressive
14:28d'un homme
14:28qui ne supporte
14:29visiblement pas
14:30la perspective
14:31que sa femme
14:32puisse le quitter
14:33et surtout
14:34que cette séparation,
14:35elle devenait
14:36très concrète.
14:37Elle s'était vraiment
14:38matérialisée
14:39dans les quelques jours
14:40qui ont précédé
14:41la disparition
14:42de Delphine.
14:43Elle a surtout conclu
14:44jusqu'à présent
14:44cette enquĂŞte
14:45Ă  l'absence
14:46de toute autre
14:47hypothèse crédible.
14:49Alors,
14:49ce n'est pas une preuve
14:50de dire ça,
14:51mais en réalité,
14:52ça tient en une phrase.
14:53Les gendarmes,
14:53ils disent « mais si
14:54ce n'est pas Cédric Jubilard,
14:55c'est qui ? »
14:56Et cette question,
14:57ils répondent toujours
14:58de la même manière,
14:59ils disent « ça ne peut pas
14:59ĂŞtre quelqu'un d'autre.
15:00Donc, si ça ne peut pas
15:01ĂŞtre quelqu'un d'autre,
15:02c'est que c'est forcément lui.
15:03Donc,
15:04il reste en prison,
15:05la détention provisoire
15:07s'allonge.
15:07D'ailleurs,
15:07dans son cas,
15:08elle va quand mĂŞme
15:10atteindre des durées
15:11très importantes,
15:11ce qui n'est pas toujours
15:12le cas,
15:12y compris pour des faits
15:14criminels.
15:15La stratégie de l'accusation
15:16des enquĂŞteurs,
15:17notamment,
15:18c'est de dire
15:19qu'il faut Ă  tout prix
15:20que Cédric Jubilard
15:21arrive à son procès
15:23devant la cour d'assises
15:24en détention,
15:25détenue,
15:25avec les menottes
15:26au poignet.
15:27Alors,
15:27ça peut paraître étrange,
15:28mais c'est assez psychologique.
15:29Un jury,
15:30un jury populaire
15:31comme c'est le cas aux assises,
15:32quand il voit arriver
15:32un accusé
15:33qui est déjà dans le box,
15:34qui est déjà en prison,
15:36qui a déjà des menottes,
15:37c'est moins compliqué
15:38de lui infliger
15:39une peine de prison,
15:41moins compliqué
15:41que si,
15:42par exemple,
15:42il arrive,
15:43il a certes été détenu,
15:44mais lĂ ,
15:45il est en liberté,
15:45il a été remis en liberté
15:46sous contrĂ´le judiciaire,
15:47il arrive libre Ă  l'audience,
15:49et d'un seul coup,
15:50il faudrait le réincarcérer,
15:51peut-être pour de longues années.
15:53Ça peut paraître idiot
15:54comme concept,
15:55mais on sait que psychologiquement,
15:56ça joue,
15:57un détenu qui arrive
15:58dans le box,
15:59il y a une présomption
16:00de culpabilité
16:01bien supérieure
16:02Ă  quelqu'un
16:03qui va arriver
16:04avec les mĂŞmes accusations,
16:05mais qui va
16:05comparaître libre.
16:09Le vendredi 3 décembre 2021,
16:12cette semaine
16:13après sa première audition,
16:15Cédric Jubilard
16:15est une nouvelle fois
16:16extrait de sa cellule
16:17pour ĂŞtre entendu
16:18parler de magistrate.
16:19Cette fois-ci,
16:20elles ont prévu
16:21de l'interroger
16:22sur le déroulé précis
16:23de la nuit
16:24de la disparition
16:25de Delphine
16:25entre le mardi 15
16:26et le mercredi 16 décembre 2020.
16:29Entre-temps,
16:31elles ont interrogé
16:31une nouvelle fois
16:32le fils aîné du couple,
16:33Louis,
16:34désormais âgé de 7 ans.
16:35Pour la première fois,
16:37le petit garçon
16:37a décrit une scène
16:38de dispute
16:38entre ses parents.
16:40Une scène
16:40dont il aurait été spectateur
16:42le soir de la disparition
16:44de sa mère,
16:44alors qu'il déclarait
16:46jusqu'Ă  maintenant
16:46en avoir été seulement
16:47le témoin auditif.
16:50Cette dispute
16:50s'est déroulée,
16:51selon le petit garçon,
16:52un peu après 23 heures,
16:54alors qu'il était déjà
16:54parti au lit.
16:56Ă€ travers la porte
16:57de sa chambre entreouverte,
16:58Louis a entendu
16:59le début d'une altercation
17:00dans le salon.
17:01Il se serait alors rapproché
17:02en restant derrière
17:03la porte entrebâillée
17:04qui sépare la pièce principale
17:06du couloir menant
17:07aux différentes chambres.
17:08Louis dit qu'Ă  ce moment,
17:10son père a posé
17:10les bras Ă  l'horizontale
17:11sur les épaules de sa mère.
17:13Il lui aurait alors dit
17:14« Puisque c'est comme ça,
17:15on va se séparer ».
17:16Et Delphine aurait répondu
17:18« Arrête-toi ».
17:19Dans le passé,
17:20Louis a déjà assisté
17:22Ă  ce genre de dispute
17:22et s'est déjà interposé
17:24entre ses parents.
17:25Mais pas ce soir-lĂ .
17:26Il se dit
17:27que le meilleur moyen
17:28de mettre un terme
17:28Ă  cette dispute
17:29est de faire du bruit
17:30pour manifester sa présence.
17:32L'enfant dit ensuite
17:33que la porte se referme
17:34et qu'il retourne
17:35dans sa chambre
17:36oĂą il s'endort
17:37assez rapidement.
17:38Il n'entend
17:39ni les aboiements des chiens,
17:40ni les cris rapportés
17:41par les voisines,
17:42ni les pleurs
17:43de sa petite sœur
17:44qui aurait réveillé son père
17:45vers 4 heures du matin.
17:54Damien,
17:55cet élément
17:55pourrait correspondre
17:56à une découverte
17:57faite par les enquĂŞteurs.
17:58Oui,
17:58cette dispute
17:59qu'évoque le petit Louis,
18:01ça peut correspondre
18:02à un élément
18:03qui a été retrouvé
18:04dans la maison.
18:05Ce sont les lunettes
18:06de Delphine
18:07qui ont été découvertes
18:08sur la table
18:09de la cuisine
18:09mais avec une branche
18:10cassée,
18:11désolidarisée
18:12et cette branche cassée,
18:13on l'a retrouvée
18:14sous le canapé du salon.
18:16Donc ça peut valider
18:16qu'il s'est passé
18:17quelque chose
18:18de relativement violent
18:19dans le salon.
18:21Comment est-ce qu'on peut
18:21faire confiance
18:22à des éléments fournis
18:23par un petit garçon
18:24de 6 ans
18:25qui ne s'exprime pas
18:26comme un adulte
18:26et qui rapporte
18:28ces éléments
18:28quasiment un an
18:29après les faits ?
18:30C'est toujours la problématique
18:31des témoignages d'enfants,
18:33quels qu'ils soient.
18:33Depuis sa première audition,
18:35ce Louis,
18:35il est extrĂŞmement mature,
18:38il est très précis
18:38sur les faits,
18:39sur les horaires
18:40quand il raconte
18:41quelque chose,
18:42également sur les éléments
18:43d'ambiance générale
18:44qui semblait régner
18:46dans sa famille.
18:47Il n'est pas du tout
18:48dans le jugement,
18:49c'est-Ă -dire qu'il n'a pas
18:49l'air de prendre parti
18:50pour sa maman
18:51ou pour son papa.
18:52Il ne critique pas
18:53d'ailleurs son père,
18:54il n'exprime pas non plus
18:55de soupçons sur lui
18:57et il ne fait lui-mĂŞme
18:58aucun lien
18:59entre la scène
19:00Ă  laquelle il dit
19:01avoir assisté,
19:02Ă  ce qu'il a entendu,
19:03et la disparition
19:04de sa maman
19:05qui a pourtant lieu
19:06dans le mĂŞme trait de temps.
19:07Donc on ne peut pas
19:08imaginer qu'en tout cas
19:09cet enfant,
19:10il soit dans une forme
19:11de manipulation,
19:12qu'il ait été lui-même
19:13manipulé
19:13pour venir inventer
19:16un témoignage
19:17Ă  charge
19:17contre son père.
19:18Louis est doté
19:20selon les enquĂŞteurs
19:21d'une mémoire
19:22dite épisodique.
19:23C'est un processus
19:24par lequel on se souvient
19:25des événements vécus
19:26avec leur contexte
19:28spatio-temporel
19:29et ça avait déjà
19:30beaucoup impressionné,
19:31on le répète,
19:31les gendarmes chargés
19:32de ces deux premières auditions.
19:34Louis va par exemple
19:35parler de la proximité
19:36du sapin de Noël.
19:37Alors c'est un élément
19:38qui peut paraître
19:39être un détail
19:40mais qui permet
19:41de rattacher
19:42ce souvenir
19:43à l'époque
19:44de la disparition
19:45de Delphine Jubilard.
19:46Et du coup,
19:47ça rend tout ça
19:48intéressant,
19:49plus crédible
19:50et évidemment,
19:51la défense de Cédric Jubilard,
19:53elle n'est pas d'accord
19:54avec ce constat-lĂ .
19:55Elle,
19:55elle continue plutĂ´t
19:56Ă  essayer de dire
19:58qu'il peut avoir
19:59presque inventé
20:00des souvenirs
20:01au fil des semaines.
20:02On voit bien
20:03qu'il ne dit pas forcément
20:03d'ailleurs la mĂŞme chose
20:04d'une audition
20:05Ă  l'autre.
20:06Et surtout,
20:07comme Cédric, lui,
20:08continue de nier,
20:09les avocats sont obligés
20:10de continuer
20:11Ă  aller dans cette direction.
20:12Mais Cédric
20:13ne nie pas forcément
20:14auprès de tout le monde.
20:16En tout cas,
20:16les enquĂŞteurs
20:17vont l'apprendre
20:18peu de temps après.
20:19Ă€ l'automne 2021,
20:21un homme se présente
20:21Ă  la gendarmerie.
20:22Alors c'est un homme
20:23qui est connu
20:24plutĂ´t dans le milieu
20:25du grand banditisme
20:26et qui vient tout juste
20:27d'être libéré
20:28après un séjour
20:29Ă  la prison de Cesse
20:31près de Toulouse.
20:32Donc la mĂŞme prison
20:33que celle
20:34de Cédric Jubilard.
20:35Ce voyou,
20:36entre guillemets,
20:37il a échangé
20:38avec Cédric Jubilard
20:39quand ils étaient
20:40en détention
20:40et dans des cellules voisines.
20:42Et lui,
20:43il va affirmer
20:43devant les gendarmes
20:44que le peintre plaquiste
20:46lui a dit avoir
20:47tué Delphine
20:48et lui avoir mĂŞme dit
20:49oĂą le corps
20:50était enterré.
20:58Vous venez d'écouter
20:59le cinquième
21:00d'une série
21:01de six épisodes
21:02consacrés
21:02au dossier jubilard
21:04« L'affaire sans corps
21:05et sans aveu ».
21:06Suite de ce podcast
21:07dans le dernier épisode,
21:09déjà disponible
21:10sur toutes les plateformes
21:11d'écoute
21:11et sur leparisien.fr.
21:13Crime Story
21:14est le podcast
21:15fait divers du Parisien.
21:16Sous-titrage Société Radio-Canada
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