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Le mardi 15 décembre 1998, Julie, 15 ans, porte plainte pour viol. Elle affirme qu’elle connaît son agresseur et qu’il s’agit de Farid El Haïry, un jeune homme qui habite près de chez elle. Coupable idéal, Farid El Haïry ne va pourtant jamais cesser de clamer son innocence.
Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Clara Garnier-Amouroux, Anaïs Godard, Thibault Lambert- Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon- Musiques : Audio Network
Archives : France Télévisions
Documentation. Cet épisode de Crime story a été préparé en puisant dans les archives du Parisien, avec l'aide de nos documentalistes ainsi que l’article suivant : « La jeune fille et l’innocent, histoire d’une accusation de viol qui a duré près de vingt ans » écrit par Pascale Robert Diard et publié dans Le Monde.
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Le mardi 15 décembre 1998, Julie, 15 ans, porte plainte pour viol. Elle affirme qu’elle connaît son agresseur et qu’il s’agit de Farid El Haïry, un jeune homme qui habite près de chez elle. Coupable idéal, Farid El Haïry ne va pourtant jamais cesser de clamer son innocence.
Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties.
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NewsTranscription
00:01Bonjour, je suis Claudia Prolongeau et vous écoutez Crime Story, le podcast fait divers du Parisien.
00:07Un jeune garçon de 10 ans a été tué par balle.
00:10Des aveux, 33 ans après.
00:12Son corps a été retrouvé un mois plus tard.
00:15Des hommes cagoulés ont tiré sur les mariés.
00:17Chaque semaine, je vous raconte une grande affaire criminelle avec le chef du service polyjustice du Parisien, Damien Delsenie.
00:32Bonjour Damien. Bonjour Claudia.
00:34Aujourd'hui dans Crime Story, Farid El Haïri, faux coupable mais vraie victime.
00:38Oui, l'affaire El Haïri, c'est l'histoire d'un mensonge, d'une enquête orientée et d'une erreur
00:43judiciaire qui aura tenu 24 ans.
00:48Décembre 1998 à Asbrook, une ville de 20 000 habitants située dans le département du Nord.
00:54C'est une commune typique de la région, avec beaucoup de bâtiments en briques et la très grande place du
00:59général de Gaulle,
01:00autour de laquelle on trouve la mairie, divers commerces et des restaurants qui l'étaient sortent leurs tables et étendent
01:06leurs terrasses.
01:07Le mardi 15 décembre 1998, Julie, une lycéenne de 15 ans, est chez elle, avec sa mère et un ami
01:15de cette dernière qui est psychologue.
01:17Ils attendent tous les trois qu'une gendarme vienne pour prendre la déposition de la lycéenne.
01:21C'est sa mère qui a contacté la gendarmerie, à la suite des révélations que sa fille lui a faites.
01:27Avant ça, pendant cinq mois, Julie avait gardé son secret.
01:31Elle s'était seulement confiée à quelques amis, en leur faisant promettre de n'en parler à personne.
01:37Et puis, un soir, alors qu'elle est à une fête, elles font en larmes.
01:42Deux de ses frères, Antoine et Grégory, l'interrogent.
01:45Que se passe-t-il ?
01:47Julie répond qu'elle a été violée.
01:49Elle ne donne pas plus de détails.
01:50Oui, ça leur suffit.
01:53Les parents de l'adolescente sont mis au courant par les frères, le procureur de la République aussi.
01:58Il saisit une enquêtrise dans cette affaire d'agression sexuelle et de viol en réunion.
02:02Elle se rend donc au domicile de Julie, le mardi 15 décembre.
02:06Là, la jeune fille lui raconte que les premiers faits se sont passés un samedi, vers 19h30, en mars ou
02:13en avril.
02:14Le procès verbal est reproduit dans le journal Le Monde.
02:17Julie raconte qu'il faisait nuit et qu'elle revenait du cinéma où elle avait vu le film Titanic.
02:22Sur le trajet, elle a rencontré trois ou quatre arabes, comme elle dit.
02:26Parmi eux, il y a Farid, un jeune homme un petit peu plus âgé qu'elle, qu'elle connaît car
02:31il a déjà eu quelques altercations avec son petit ami, Julien.
02:35Farid est bagarreur et il voulait frapper Julien parce qu'il n'aimait pas les blonds et parce qu'il
02:40trouvait qu'il faisait le malin avec son scooter.
02:42Les garçons demandent une cigarette à Julie, qui n'en a pas.
02:46Puis elle raconte qu'il l'entraîne dans une rue isolée, l'allonge par terre et lui touche le corps
02:51à plusieurs endroits.
02:53La poitrine, les jambes, le ventre.
02:59Damien, Julie poursuit en disant qu'après le départ des trois jeunes hommes, elle s'est rendue compte que sa
03:04chemise était ouverte.
03:05Et donc qu'elle avait les seins à l'air, donc elle s'est rhabillée.
03:08La scène dure selon elle une dizaine de minutes environ et elle rentre ensuite chez elle.
03:13Elle dit qu'une fois à la maison, elle s'est faite gronder par son père parce qu'il était
03:17tard, parce qu'elle était en retard.
03:18Elle n'a rien dit à personne et personne ne s'est rendu compte de rien.
03:22Trois mois plus tard, vers la fin du mois de juillet, elle dit qu'elle croise à nouveau la route
03:27de ce Farid.
03:28Et à peu près dans les mêmes crâneaux horaires, il est environ 19h30 comme la première fois.
03:33Ce jour-là, Julie se rend chez sa tante et quand elle croise Farid sur le chemin, il lui pose
03:38des questions sur son lycée.
03:40Alors là où elle étudie, elle relate d'ailleurs cette conversation en la qualifiant de discussion tout à fait normale
03:46entre des jeunes à peu près du même âge.
03:48Mais elle précise quand même que cette rencontre, cet échange la met très mal à l'aise parce qu'elle
03:53a évidemment en tête l'agression du mois de mars qui est intervenue peu de temps avant.
03:58Encore une fois, elle dit qu'il lui demande de le suivre en affirmant qu'il a quelque chose d
04:03'important à lui dire.
04:04Et elle le suit, un copain de Farid est là aussi avec eux et soudainement Farid l'immobilise, l'allonge
04:11par terre et la viole.
04:13La jeune fille précise que ce rapport est sa première expérience sexuelle.
04:17Après ça, Farid l'a menacée de recommencer si elle restait avec son copain, son copain Julien.
04:23Puis les deux garçons dont Farid sont partis.
04:26Comme la première fois, elle s'est relevée, elle s'est rhabillée, elle est rentrée chez elle et n'en
04:31a parlé à personne.
04:33Jusqu'à ce qu'elle se confie, comme on l'a dit, à ses frères et que ses déclarations déclenchent
04:38toute l'enquête.
04:41Quand les frères de Julie alertent leurs parents, tout s'accélère.
04:45Ils préviennent immédiatement leur ami psychologue qui s'entretient avec la jeune fille.
04:49Elle lui raconte, avant de le dire à l'enquêtrice, tout ce qui s'est passé.
04:53Elle ne voit pas de médecin.
04:55Le lendemain, les gendarmes décident d'entendre les amis de Julie.
04:59Le petit groupe de filles dont elle s'est entourée confirme qu'elle leur a bien fait les mêmes révélations.
05:03Son copain Julien dit lui qu'il voit bien qui est Farid
05:06et qu'il a en effet déjà été pris à partie par ce dernier.
05:10Pour éviter que les choses aillent plus loin, il s'arrange pour ne pas le croiser.
05:14Un examen médical est pratiqué et il confirme le viol de Julie.
05:18Les parents et les frères de Julie sont invités à faire son portrait auprès des gendarmes.
05:23Tous la décrivent comme une jeune fille calme, discrète, sérieuse.
05:27Sa mère, directrice d'une entreprise familiale qui emploie une quarantaine de personnes,
05:32dit d'elle qu'elle est sage, se fait accompagner quand elle sort et respecte toujours la permission de minuit.
05:38Son père, président directeur général d'une boîte, confirme.
05:42Tout comme Antoine et Grégory, ses deux frères, deux étudiants sérieux dont l'un est en prépa HEC.
05:49Quatre jours après l'audition de Julie chez elle,
05:52la jeune fille reconnaît formellement sur un album photo que lui montrent les gendarmes
05:55deux hommes comme étant Farid et un de ses amis.
05:59Un mois et demi plus tard, le jeudi 4 février 1999,
06:03Farid est placé derrière une vitre sans teint.
06:06Toujours d'après le journal Le Monde, Julie déclare
06:09« Je n'ai aucun doute, je maintiens mes déclarations.
06:12Je suis consciente que ce que je viens de vous dire est important
06:15et des conséquences qui peuvent en découler. »
06:21Damien, à la suite de cette identification par Julie de l'homme qui l'a violée,
06:26Farid est placé en garde à vue.
06:28Oui, il a 17 ans à l'époque, il est un tout petit peu plus âgé que Julie.
06:31Alors lui, il va nier absolument tout ce qu'on lui reproche
06:34quand on lui explique le pourquoi de cette garde à vue.
06:37Alors Farid, il est déjà connu des services de police,
06:40comme on dit, pour des histoires de violence et de raquettes.
06:44Il est même d'ailleurs convoqué chez un juge pour enfants pour ces faits-là.
06:47Mais en revanche, il n'a jamais été mis en cause dans des affaires d'agression sexuelle ou de viol.
06:53Il ajoute qu'il ne connaît pas du tout cette juge.
06:56Il sait juste qu'il l'a déjà vue dans la rue, dans le quartier,
06:59qu'il s'est déjà disputé avec un de ses amis pour une histoire de scooter, mais sans plus.
07:04À part ces précédents démêlés avec la justice qu'on a déjà évoquées,
07:07qu'est-ce que les gendarmes savent de lui ?
07:09Alors, ils savent que son père s'appelle Brahim, qu'il est marocain.
07:12Il travaille comme ouvrier dans une usine de Dunkerque.
07:15Depuis 40 ans, c'est l'usine Usinor.
07:18Alors, c'est très connu à l'époque, ça a changé de nom.
07:19Aujourd'hui, c'est devenu ArcelorMittal.
07:21C'est une usine sidérurgique.
07:23Sa mère, Jocelyne, est française.
07:25Elle est employée dans des écoles et dans des garderies.
07:28Alors, ce sont plutôt des gens de la classe moyenne.
07:30Ils vivent, non pas en cité, mais dans un pavillon qui se trouve juste à côté de la cité.
07:35Les parents de Farid, ils ont trois enfants en tout.
07:38C'est une fratrie de trois garçons, dont Farid est le plus jeune.
07:41Après lui, ils avaient eu une petite fille, mais elle est morte à seulement trois mois.
07:46Le plus grand frère, lui, il travaille dans la même usine que son père, chez Usinor.
07:50Le deuxième, en revanche, a quelques soucis.
07:53Il est en prison et il est toxicomane.
07:55Dans les dépositions de Julie, comme dans celles de ses amis,
07:58Farid et son groupe sont désignés comme, je cite, les Arabes du coin.
08:02Oui, en fait, c'est un quartier de la ville où se côtoient des pavillons,
08:06avec une cité, une zone résidentielle, avec une cité plus ouvrière,
08:10avec donc des personnes issues de milieux sociaux différents
08:14qui vivent les uns à côté des autres.
08:16Et notamment, toute une partie de la population qui est issue de l'immigration.
08:21Julie et sa famille sont plutôt du côté des plus aisés
08:24et la jeune fille, comme ses amis, désigne en fait les habitants de ce quartier,
08:28de ces cités, comme les Arabes.
08:30Alors, les parents de Farid, Brahim et Jocelyne,
08:33se sont rencontrés dans les années 70, à une époque où le racisme est très présent
08:37et où, pour faire simple, en gros, une Française blonde comme Jocelyne,
08:42elle ne peut pas se marier avec Brahim, qui est, aux yeux de tous, un arabe.
08:49Farid a grandi dans une famille à la fois catholique et musulmane.
08:53Sa mère mange du porc, pas son père.
08:55Dans la maison, raconte-t-il à Libération,
08:58il y a un Coran et une croix de Jésus.
09:00On était libre de choisir.
09:02A l'adolescence, Farid choisit la religion musulmane.
09:05Il arrête l'école avant de passer son bac.
09:07Il a alors 16 ans.
09:08Il s'inscrit en CAP de chaudronnerie,
09:10mais ça ne lui plaît pas et il laisse vite tomber.
09:13Sans aucun diplôme en poche, il a du mal à trouver du travail.
09:17Mi-février, il doit commencer un apprentissage dans une boulangerie.
09:20En attendant, il partage ses journées entre la salle de sport,
09:23les rendez-vous en ville avec les copains,
09:25les heures passées devant la télé ou la console de jeu.
09:28Le jeudi 4 février 1999,
09:31quand les gendarmes informent Farid,
09:33un mois et demi après la déposition de Julie,
09:35des faits qui lui sont reprochés,
09:37il réagit vivement.
09:38Il n'a jamais abordé cette fille, promet-il.
09:41Et il ne sait pas expliquer pourquoi elle l'accuse.
09:44D'ailleurs, c'est impossible,
09:46il était en vacances au Maroc au moment des faits.
09:48Un tampon sur son passeport en atteste.
09:50Le gendarme lui répond que la date de l'agression
09:53n'est finalement pas précise.
09:54La jeune fille n'est plus sûre que ce soit en juillet.
09:57Tant pis pour Farid.
09:59La garde à vue dure deux jours.
10:00Farid est fatigué, mais ne fléchit pas.
10:03Il est prêt à confronter son accusatrice.
10:05Il redit que ce n'est pas lui,
10:07qu'il n'a rien d'autre à ajouter
10:08et qu'il veut arrêter l'audition.
10:10Dans le procès verbal de synthèse
10:12rédigé par un gendarme à destination du juge,
10:15on peut lire
10:15« Au cours de son audition,
10:17Farid El Haïri a eu un comportement agressif et arrogant.
10:21Il nie toute participation aux agressions qui lui sont reprochées.
10:24Il pèse ses mots
10:25et revient sur ses dires au moment de les écrire.
10:28Tout au long de sa garde à vue,
10:30il se bloque
10:31quand nous abordons les faits qui lui sont reprochés.
10:34Trois copains de Farid sont également placés en garde à vue.
10:37Comme lui,
10:38ils disent identifier Julie.
10:39Elle se déplace tout le temps avec son groupe de copines,
10:42des filles qu'il surnomme entre eux
10:43les Space Girls.
10:45Deux des garçons entendus
10:46reconnaissent l'avoir abordé une fois
10:48pour lui demander une cigarette.
10:50Le troisième ne s'en souvient pas.
10:52Les deux autres se rappellent aussi avoir vu Farid
10:55discuter avec Julie
10:56et un admet les avoir vus s'éloigner ensemble.
11:00Devant le juge,
11:01il revient sur ce qu'il a dit
11:02affirmant que s'il a tenu ses propos,
11:04c'était sous la pression des gendarmes.
11:06Une confrontation est organisée entre Julie,
11:08Farid et deux des amis de Farid.
11:11Chacun campe sur ses positions.
11:13Décrit par les experts psychiatres
11:15comme un homme
11:15avec une intelligence inférieure à la moyenne,
11:18Farid est qualifié d'instable
11:19et d'impulsif.
11:21Il est placé en détention provisoire
11:22à la prison de Loss-les-Lilles.
11:29Damien,
11:30en janvier 2001,
11:31un an plus tard,
11:32l'instruction est clôturée
11:34et Farid est renvoyé
11:35devant la cour d'assises des mineurs du Nord.
11:37Pour agression sexuelle
11:38et viol aggravé sur mineurs.
11:40Après donc presque
11:41un an de détention provisoire,
11:43il a été libéré
11:44sous contrôle judiciaire.
11:45Alors,
11:46ce qui est,
11:46entre guillemets,
11:47normal dans la loi française
11:48puisque un mineur
11:50ne peut pas être maintenu
11:51en détention provisoire
11:52au-delà d'un certain délai
11:53qui est un délai d'un an.
11:54Donc,
11:54il est remis en liberté
11:55quasiment
11:56au bout de ce délai maximal
11:57de détention provisoire
11:58d'un an.
11:59Il a malgré tout
12:00interdiction
12:01de revenir chez lui
12:02et dans la région
12:03et c'est donc son oncle
12:04qui est anesthésiste
12:05qui l'héberge
12:06en Seine-Saint-Denis.
12:07Farid,
12:08en attendant l'ouverture
12:09de son procès,
12:09il commence à travailler
12:10comme vendeur
12:11et puis il se met surtout
12:12à beaucoup courir,
12:14à faire du jogging,
12:16surtout la nuit
12:16quand il fait des insomnies.
12:18Son procès va s'ouvrir
12:19quasiment deux ans après,
12:21en décembre 2003,
12:22à Douai
12:23puisque c'est là
12:23où se trouve
12:24la cour d'assises
12:25dans le Nord.
12:26A l'époque
12:27où le procès va démarrer,
12:28les faits remontent donc
12:29à plus de cinq ans
12:30et Farid,
12:31lui,
12:32il est persuadé
12:33qu'il va être acquitté.
12:34Les versions de la plaignante
12:35et celles de l'accusé
12:36n'ont pas changé
12:37mais l'atmosphère
12:38est un peu étrange
12:39à ce procès.
12:40Oui,
12:40parce que Farid,
12:41il est accompagné
12:42de sa famille
12:43mais Julie,
12:44qui est la victime,
12:45elle est toute seule
12:46avec son avocat
12:47et surtout,
12:48quand elle va redire
12:49de quoi elle a été victime,
12:51elle va demander
12:52en pleurs
12:53que l'accusé
12:54ne retourne pas
12:55en prison.
12:55Ce qui est vraiment
12:56un comportement
12:57tout à fait inhabituel
12:58mais à l'issue du procès,
13:01Farid est reconnu
13:02coupable
13:02d'agression sexuelle
13:04et de viol
13:04sur mineur
13:05de 15 ans.
13:06Il est condamné
13:07à 5 ans de prison
13:08dont 4 ans
13:10et 2 mois
13:10avec sursis.
13:12Alors,
13:12c'est une condamnation
13:13qui est,
13:14on peut le dire,
13:15assez légère
13:15même si Farid est mineur
13:16mais les faits sont quand même
13:17d'une importante gravité.
13:20Il s'agit de viol
13:21et surtout,
13:23c'est une condamnation
13:23qui permet
13:24de couvrir
13:25la peine de prison
13:26déjà effectuée
13:27en détention provisoire
13:29par Farid
13:29donc,
13:30il est condamné
13:31mais il ne retournera pas
13:32derrière les barreaux.
13:34Et il ne fait pas appel.
13:35Non.
13:35Alors,
13:36ça aussi c'est surprenant.
13:37Quelqu'un qui crie son innocence
13:39depuis des années
13:39qui est condamné
13:40et qui décide finalement
13:41d'accepter cette condamnation
13:43donc d'accepter
13:44la culpabilité.
13:45Mais lui,
13:46il va expliquer
13:47qu'il prend
13:47une telle claque
13:48quand il apprend
13:49qu'il est condamné
13:50alors qu'il est persuadé
13:51qu'il va être acquitté
13:52qu'il est complètement groggy
13:54et surtout,
13:55en fait,
13:56il va sans doute
13:57avoir une discussion
13:57avec son avocat
13:58qui va lui expliquer
13:59que certes,
14:00il est condamné
14:01mais que la peine
14:01est très clémente
14:03et que faire appel
14:05c'est risquer
14:05d'être condamné
14:06une deuxième fois
14:07et alors là,
14:08définitivement condamné
14:09et surtout,
14:10décoper d'une peine
14:11beaucoup plus lourde.
14:13Donc là,
14:13même s'il est reconnu
14:14coupable de faits
14:15qu'il nie,
14:16il se dit
14:17je suis libre
14:18en quelque part
14:19j'ai purgé ma peine
14:21et donc il ne va pas faire appel
14:22ses parents vont être condamnés
14:24aussi en tant qu'adultes responsables
14:26à verser 17 000 euros
14:28de dommages et intérêts
14:29à la victime
14:30mais encore une fois
14:31selon son avocat
14:32ça aurait pu être bien pire
14:33bien plus compliqué
14:34ce qui est aussi étonnant
14:36c'est que le parquet
14:38l'accusation
14:38ne va pas faire appel non plus
14:40ils auraient pu aussi estimer
14:42que finalement
14:42pour un coupable
14:43qui a nié les faits
14:44tout au long de l'instruction
14:45c'est une peine
14:46qui est plutôt légère
14:47donc ils auraient pu
14:48faire appel
14:49pour avoir une peine
14:49plus lourde
14:50donc en fait
14:51on en reste là
14:52et après le délai légal
14:53de 10 jours
14:54la condamnation
14:55de Farid El Haïri
14:57elle devient définitive
14:58et c'est donc
14:59la fin de cette histoire
15:00ça aurait pu
15:01ça aurait dû
15:02mais le lundi 23 octobre 2017
15:0514 ans plus tard
15:07Julie
15:08la victime
15:09écrit une lettre
15:10au procureur
15:11de la république
15:12de Douai
15:12sur laquelle
15:13elle revient
15:14sur toutes
15:15ses accusations
15:17vous écoutez
15:18Crime Story
15:19Farid El Haïri
15:20faux coupable
15:21mais vraie victime
15:22deuxième
15:23et dernier épisode
15:26le mardi 15 décembre
15:281998
15:29une lycéenne
15:30de 15 ans
15:31porte plainte
15:31à Asbrook
15:32dans le nord
15:32contre Farid El Haïri
15:3417 ans
15:35elle l'accuse de viol
15:36le jeune homme
15:37ni les faits
15:38en garde à vue
15:38et devant le juge
15:40mais l'enquête
15:40de voisinage
15:41autour de la plaignante
15:42et du suspect
15:42l'examen gynécologique
15:44de la jeune fille
15:45et les antécédents judiciaires
15:46de Farid
15:47déjà condamnés
15:48pour violences
15:48achèvent de convaincre
15:49la cour d'assises
15:50en décembre 2003
15:52Farid El Haïri
15:53est reconnu coupable
15:54d'agression sexuelle
15:55et de viol sur mineurs
15:56de 15 ans
15:56mais il est condamné
15:58à une peine légère
15:595 ans de prison
16:00dont 4 ans
16:01et 2 mois
16:02avec sursis
16:02sa période
16:04de détention provisoire
16:05couvre la peine de prison
16:06il ressort libre
16:07mais le lundi
16:0923 octobre 2017
16:1014 ans plus tard
16:12Julie écrit une lettre
16:13au procureur
16:14de la république de Douai
16:15lettre dans laquelle
16:16elle revient
16:17sur ses accusations
16:22dans ce courrier
16:23Julie écrit
16:25après un long travail
16:26sur moi-même
16:27en psychothérapie
16:28je vous envoie ce courrier
16:29pour vous informer
16:30de ma responsabilité
16:31dans les faits suivants
16:32lors d'un procès
16:33qui a eu lieu
16:34à la cour d'assises
16:34de Douai en 2003
16:35je vous confesse
16:37avoir menti
16:37monsieur Farid El Haïri
16:39n'est coupable de rien
16:40et n'a jamais commis
16:41d'actes d'agression sexuelle
16:43ou de viol sur ma personne
16:44je souhaite aujourd'hui
16:45rétablir la vérité
16:47je suis consciente
16:48de la gravité de mes actes
16:49et me suis enfermée
16:50dans un puissant déni
16:51durant toutes ces années
16:52je demande pardon
16:53autant à la cour
16:54qu'à monsieur El Haïri
16:55sa famille et ses proches
16:57pour ses fausses accusations
16:59l'enquête a eu lieu
17:00quand j'avais 15 ans
17:01suite à une plainte
17:01de mes parents en mon nom
17:02ils avaient eu connaissance
17:04de ces accusations
17:04par mon grand frère Antoine
17:06je me suis retrouvée ensuite
17:07dans un processus
17:08d'interrogatoire et d'enquête
17:10que je n'ai pas réussi
17:11à stopper
17:12la vérité est la suivante
17:13j'ai été victime
17:14d'inceste répété
17:15de la part de ce grand frère
17:16entre mes 8 et mes 12 ans
17:18je n'ai pas réussi
17:19à rétablir la vérité
17:20auprès de mes parents
17:21les gendarmes
17:22et la justice à l'époque
17:23étant enfermés
17:24dans mon propre mensonge
17:25et coincés
17:26dans l'emprise
17:26du secret familial
17:28je me sens honteuse
17:29et coupable
17:30vis-à-vis de Farid El Haïri
17:31il ne méritait pas cela
17:33j'ai mis de longues années
17:34à sortir de ce déni
17:35je ne peux malheureusement
17:36pas revenir en arrière
17:37j'assumerai les conséquences
17:39de mes actes
17:41Damien Delsenis
17:43à ce moment-là
17:44Julie
17:44qui écrit cette lettre
17:45a donc 34 ans
17:47oui
17:47elle a en quelque sorte
17:48fait sa vie
17:49depuis les faits
17:50elle vit avec un conjoint
17:51ils viennent tout juste
17:52d'avoir un bébé
17:53avant d'envoyer cette lettre
17:55au procureur
17:56il y a eu
17:56évidemment
17:57beaucoup de chemin parcouru
17:58beaucoup de réflexion
17:59elle a très mal
18:00vécu
18:01l'après-procès
18:02quand Farid
18:03a été condamné
18:04elle a d'ailleurs
18:06ensuite dans sa vie
18:06beaucoup changé de ville
18:08elle a changé de voie
18:09au niveau de ses études
18:10elle ne savait pas trop
18:11quoi faire d'elle-même
18:12en fait elle n'arrivait
18:13à rien construire
18:15dans la durée
18:15ni sur le plan professionnel
18:17ni sur le plan personnel
18:19et amoureux
18:20elle a aussi eu
18:21beaucoup de troubles
18:21du comportement alimentaire
18:23et elle a fait
18:24pas mal de thérapies
18:25en 2013
18:26pour la première fois
18:28elle demande
18:29à son frère aîné
18:30Antoine
18:30de s'expliquer
18:31sur ce qui s'est passé
18:32entre eux
18:33oui c'est en quelque sorte
18:34pour briser
18:35le secret familial
18:36alors un des frères
18:37qui avait donc été
18:38entendu à l'époque
18:39de l'enquête
18:40sur le viol
18:41par les enquêteurs
18:41au moment de la plainte
18:42de sa soeur
18:43on sait que les viols
18:45d'après ce que dit
18:45maintenant Julie
18:46se sont produits
18:47à plusieurs reprises
18:48chez eux
18:49mais aussi
18:49dans leur maison
18:50de vacances
18:50à l'époque
18:51où Julie était âgée
18:52entre 8 et 12 ans
18:53Farid lui
18:54vit près de la ville
18:55où il a grandi
18:56et il travaille
18:57dans le commerce
18:58oui alors
18:59lui aussi
18:59il a refait sa vie
19:01après sa condamnation
19:03il a eu deux enfants
19:04il s'est marié
19:05alors évidemment
19:06ça n'a pas été simple
19:07parce que le quotidien
19:08la voix du nord
19:09avait raconté
19:10avait en quelque sorte
19:11chroniqué le procès
19:12à l'époque
19:13et après le verdict
19:14son verdict de culpabilité
19:15on le rappelle
19:15ils avaient publié
19:16le nom complet
19:17Farid El Haïri
19:19alors c'est quelque chose
19:20qui arrive souvent
19:21quand l'accusé
19:21est déclaré coupable
19:22mais simplement
19:23Farid lui
19:24il était mineur
19:24au moment des faits
19:25normalement c'est interdit
19:26on doit protéger les mineurs
19:28qu'ils soient auteurs
19:28ou victimes
19:29alors l'avocat
19:30de Farid El Haïri
19:31avait fait condamner
19:32à l'époque
19:33le journal
19:33la voix du nord
19:34pour avoir publié
19:35son nom en entier
19:36mais enfin évidemment
19:37dans ces cas là
19:38le mal était déjà fait
19:41en plus d'être
19:42facilement identifié
19:43Farid voit son nom
19:44inscrit au FIGEIS
19:45le fichier judiciaire
19:46des auteurs
19:47d'infractions sexuelles
19:47et violentes
19:48chaque année
19:49pendant 15 ans
19:50après sa condamnation
19:51il doit aller pointer
19:52au commissariat
19:53pour donner son adresse
19:54entre temps
19:56après avoir confronté
19:57son frère
19:57Julie décide
19:58de tout raconter
19:59à ses parents
20:00que son frère
20:01l'a violé
20:01pendant des années
20:02mais aussi
20:03qu'elle a menti
20:03au procès
20:04seule sa mère
20:05la croit
20:05dans un premier temps
20:07il faut attendre
20:08que le frère aîné
20:09lui-même
20:09reconnaisse les faits
20:10pour que le père
20:11se range du côté
20:12de sa fille
20:13en 2017
20:14Julie porte plainte
20:16contre son frère
20:16et dans le courrier
20:17qu'elle écrit au procureur
20:18elle joint une copie
20:19de cette plainte
20:20elle s'attend
20:21à une réponse rapide
20:22elle a conscience
20:23que ce qu'elle a fait
20:24est extrêmement grave
20:25mais il ne se passe rien
20:27de son côté
20:28Farid reçoit un courrier
20:29lui indiquant
20:30qu'il n'est plus nécessaire
20:30d'aller pointer au commissariat
20:32il ne se demande pas pourquoi
20:33et savoure la nouvelle
20:35pour une fois
20:36c'était en ma faveur
20:37confiera-t-il plus tard
20:38je n'ai pas demandé
20:39d'explication
20:41un an après son premier courrier
20:42en novembre 2018
20:44Julie écrit une nouvelle fois
20:45au procureur
20:46mais ce n'est que fin 2019
20:48encore une année plus tard
20:50qu'elle est convoquée
20:51au commissariat
20:52entendue par les policiers
20:53elle revient sur toute l'histoire
20:55et ce qui s'en est suivi
20:57Julie raconte ses mensonges
20:58de l'époque
20:59sur l'identité de celui
21:00qui l'a violé
21:01mais aussi sur sa virginité
21:03elle avait déjà eu
21:04des relations sexuelles
21:05avec son copain de l'époque
21:06mais sa mère lui avait demandé
21:07de mentir
21:08pour que son père
21:08ne soit pas mis au courant
21:09et l'examen gynécologique
21:11avait rendu sa version du viol
21:13crédible
21:15Julie raconte aussi
21:16que quand elle a reçu
21:17sa convocation pour le procès
21:18elle ne voulait absolument pas y aller
21:20et en avait parlé à son avocat
21:22qu'il avait convaincu
21:23d'être présente
21:24pendant les audiences
21:25quand elle regardait
21:26les parents de Farid
21:27elle se disait
21:28qu'une autre famille
21:29payait à la place de la sienne
21:31en juillet 2022
21:32plus de 23 ans après les faits
21:35et 19 ans après sa condamnation
21:36Farid reçoit un coup de téléphone
21:38du commissariat de Douai
21:39à l'autre bout du fil
21:41le policier lui dit
21:42qu'il doit venir
21:43que c'est à propos
21:44de son affaire de 98
21:45il ajoute
21:46on a toutes les preuves
21:48de votre innocence
21:51Damien
21:52comme les parents de Farid
21:53ont été condamnés
21:54eux aussi
21:55le policier invite Farid
21:57à venir avec eux
21:57Oui
21:58simplement
21:58la maman de Farid
22:00à ce moment là
22:01elle est à l'hôpital
22:02en soins palliatifs
22:03c'est à dire en fin de vie
22:04donc la priorité de Farid
22:07c'est d'aller voir sa mère
22:08que sa mère sache
22:09avant de mourir
22:10que son fils
22:11était innocent
22:12il aura le temps
22:13il a le temps de lui dire
22:14et ensuite
22:15il va se rendre au commissariat
22:17avec son père
22:18Là on le laisse consulter
22:19tout le dossier
22:20Oui
22:20et dans le dossier
22:21il va donc lire
22:23voir les lettres
22:24qu'a écrite Julie
22:25il lit aussi
22:26que c'est une psychologue
22:28de l'aide aux victimes
22:29qui a dit à Julie
22:31de faire cette démarche
22:32qu'elle devait faire cette démarche
22:33et que sinon
22:35le ou la psychologue
22:36elle allait être obligée
22:38de la dénoncer
22:38et surtout
22:39à la demande
22:40du procureur de Douai
22:41le lancement
22:42d'une procédure
22:44de révision
22:44devant la cour de cassation
22:46est lancé
22:47Cette demande de procédure
22:48elle date de septembre 2021
22:51c'est-à-dire quasiment
22:52un an plus tôt
22:53Oui et pourtant
22:54Farid
22:54qui est quand même
22:55le principal intéressé
22:56le principal concerné
22:57il n'a absolument pas
22:59été mis au courant
23:00alors
23:01les policiers diront
23:02que c'est parce qu'il n'arrivait
23:03pas à le joindre
23:04alors ça paraît quand même
23:05un peu gros
23:06parce qu'une procédure
23:07de révision
23:08en France
23:09c'est une procédure
23:10extrêmement rare
23:11qui est très peu utilisée
23:13qui est extrêmement compliquée
23:14il y a tout un tas
23:15d'étapes à franchir
23:16avant de pouvoir
23:17même accéder
23:18à la cour de révision
23:19et ce serait seulement
23:21la douzième personne
23:22réhabilitée par la justice
23:24sous la cinquième république
23:26c'est-à-dire depuis la fin
23:27de la seconde guerre mondiale
23:31Farid refait dans sa tête
23:32le fil des événements
23:33et se remémore
23:34les années qui suivent
23:35sa condamnation
23:36il y a son fichage
23:38au fichier des délinquants sexuels
23:39et son envie parfois
23:40d'en finir
23:41mais il tient bon
23:43il devient directeur
23:44de succursale
23:44d'une chaîne de magasins
23:45de chaussures
23:46se marie
23:47à deux enfants
23:48mais il passe son temps
23:49à se cacher
23:50il est terrorisé
23:51par le fait que sa fille
23:52va devoir grandir
23:53avec l'idée que son père
23:55est un violeur
23:55je suis hyper méfiant
23:57avec les femmes
23:57dit-il
23:58je ne reste jamais seul
23:59avec une inconnue
24:01sur le plan professionnel
24:02il estime avoir manqué
24:04beaucoup d'opportunités
24:05par crainte
24:06de devoir présenter
24:07son extrait
24:07de casier judiciaire
24:08six mois plus tard
24:10le jeudi 15 décembre 2022
24:12la cour de révision
24:14se penche sur le cas
24:15Farid Al-Hayri
24:16rien ne subsiste
24:18à la charge de Farid Al-Hayri
24:19déclare le président
24:20de la cour de révision
24:21ajoutant que cette condamnation
24:23est annulée
24:24sans nouveau procès
24:25l'affaire est terminée
24:27par cette décision
24:28qui vous lave
24:29de toute condamnation
24:30à titre personnel
24:31ajoute-t-il
24:32la dignité
24:33dont nous avons été témoins
24:34me conduit à espérer que
24:36malgré le caractère limité
24:38de la réparation
24:39que nous vous offrons
24:39l'avenir pour vous
24:41se présentera
24:42à partir de ce jour
24:43de façon différente
24:44la cour ordonne également
24:46l'affichage
24:47de cette décision
24:47dans la ville d'Asbrook
24:49où l'affaire a débuté
24:50ainsi que dans les quotidiens
24:52la voie du nord
24:53le monde
24:53le Figaro
24:54et Libération
24:55à la sortie de l'audience
24:57Farid Al-Hayri
24:59est attendu
24:59par de nombreux journalistes
25:01désormais âgé de 41 ans
25:03habillé d'un costume noir
25:04il affiche une mine
25:06ni réjoui
25:06ni triste
25:07il semble un peu sonné
25:09ils ont reconnu enfin mon innocence
25:11après 24 ans
25:13de souffrance
25:15je sais pas trop quoi dire
25:17je suis un peu sous les émotions
25:19son avocat confie
25:20il n'a eu de cesse
25:21pendant les premières années
25:23pendant l'enquête
25:23pendant l'instruction
25:24pendant son procès
25:25bien après
25:26de dire
25:27je suis innocent
25:28mais il ne pouvait plus imaginer
25:30qu'un jour
25:31on pourrait revenir
25:32sur cette innocence
25:33et surtout la consacrer
25:38Damien
25:38Julie n'est pas présente
25:40à l'audience
25:40mais son avocate
25:41si
25:42et elle s'exprime aussi
25:44oui cette avocate
25:44c'est maître
25:45Anne-Sophie Wagnon-Oriot
25:47et elle va
25:48en quelque sorte
25:49essayer de défendre Julie
25:50d'expliquer le mensonge
25:52d'expliquer pourquoi
25:53elle a accusé à tort
25:54ce jeune homme
25:55et elle va simplement dire
25:56qu'elle l'a fait
25:57pour protéger
25:58sa propre famille
25:59pour Franck Berton
26:00l'avocat de Farid Al-Hayri
26:01il y a eu des dysfonctionnements
26:04dans toute la chaîne judiciaire
26:05oui
26:06alors fatalement
26:07lui il va décrire
26:07une enquête
26:09scandaleuse
26:09et partielle
26:10avec même
26:10ajoutera-t-il
26:11une dimension raciste
26:14en fait à l'époque
26:15Farid
26:15c'est le coupable
26:16idéal
26:17et ça suffisait
26:18à tout le monde
26:19et un autre élément
26:20confirme le fait
26:21que le condamné
26:22c'était finalement
26:23pratique et confortable
26:24même si on n'était
26:25pas trop sûr
26:26si on n'avait pas trop
26:27la fameuse intime conviction
26:28c'est la peine
26:29qui lui avait été infligée
26:30on le rappelle
26:31une condamnation
26:32légère
26:33au regard des faits
26:34dont il avait été reconnu
26:35coupable
26:36et surtout une condamnation
26:37qui lui permettait à l'époque
26:38de ne pas retourner
26:39derrière les barreaux
26:40on peut imaginer
26:42penser que cette peine
26:43a été choisie
26:45parce que les jurés
26:46justement n'étaient peut-être
26:47pas très sûrs
26:48de cette culpabilité
26:49qu'ils sentaient quelque chose
26:50de fragile
26:51qu'ils ne voulaient pas
26:52accabler l'accusé
26:53mais qu'en même temps
26:55comme ça en fait
26:56ils remplissaient
26:57toutes les cases
26:57on reconnaissait
26:59quelqu'un coupable
27:00on reconnaissait aussi
27:01à Julie
27:02un statut
27:02de victime
27:03on s'assurait
27:04d'une certaine manière
27:05qu'en lui donnant
27:06une peine légère
27:07il ne ferait pas appel
27:08et qu'on n'irait pas
27:09à l'encontre
27:11du principe
27:11selon lequel
27:12en droit français
27:13et en cours d'assise
27:14surtout
27:15le doute
27:16doit profiter
27:17à l'accusé
27:17on prend connaissance
27:18de cette affaire
27:19juste après
27:20le début
27:21du mouvement
27:21MeToo
27:22alors que des femmes
27:23se battent
27:23pour être crues
27:24pour que leurs paroles
27:25soient écoutées
27:26et entendues
27:27comment est-ce qu'on parle
27:28de cette affaire ?
27:29Alors c'est une affaire
27:30on vient de le rappeler
27:31pendant de longues minutes
27:32qui est quand même
27:33qui a un caractère
27:34extrêmement rare
27:35mais qui met le doigt
27:36effectivement
27:37sur comme dans d'autres dossiers
27:39et comme surtout
27:40dans d'autres erreurs judiciaires
27:41sur la fragilité
27:42des témoignages
27:43d'où qu'ils viennent
27:44mais là on n'est pas seulement
27:45face à une victime qui ment
27:47c'est un processus psychologique
27:49beaucoup plus compliqué
27:50et la victime
27:51elle a quand même
27:51bien été victime
27:53de quelque chose
27:53et en l'occurrence
27:54elle a été victime de viol
27:55elle a été victime d'inceste
27:57comme d'ailleurs
27:57160 000 enfants
27:59chaque année
27:59d'après la civise
28:01ça c'est un fait
28:03elle n'a pas inventé un crime
28:04elle n'a pas inventé
28:05le fait d'être victime
28:06elle a juste
28:07en quelque sorte
28:09déplacé la mire
28:10déplacé la cible
28:11non pas sur son frère
28:12mais sur quelqu'un d'autre
28:13et ensuite
28:14elle a été prise
28:15dans un véritable
28:16conflit intérieur
28:17elle a fait face
28:18à un déni
28:19qui l'a mené
28:20à proférer
28:21ces accusations
28:21qui étaient totalement
28:22infondées
28:23on ne peut pas expliquer
28:24cette erreur
28:25simplement
28:25en raison du mensonge
28:27de Julie
28:28qui à l'époque
28:28on le rappelle
28:29était une adolescente
28:30on ne peut pas dire
28:31qu'elle a manipulé
28:31les enquêteurs
28:32simplement
28:32les enquêteurs
28:34les experts
28:35les magistrats
28:36qui se sont succédés
28:37ils ont sans doute
28:38pas très bien fait
28:39leur travail
28:40on peut le dire
28:40et ça a permis
28:41d'alimenter
28:42et ça a surtout permis
28:43de ne pas arrêter
28:44cet engrenage
28:44du mensonge
28:45d'ailleurs
28:45l'avocate de Julie
28:47dit que
28:47la reconnaissance
28:48de cette erreur judiciaire
28:50invite à ne pas
28:51sacraliser
28:52une parole
28:53dont le contenu
28:54doit toujours
28:55être confronté
28:56aux éléments
28:57factuels
28:57d'un dossier
28:58et qu'il ne faut
28:59jamais se contenter
29:00d'une seule parole
29:03le nom de Farid Al-Hayri
29:05a été supprimé
29:06de tous les fichiers
29:07policiers et judiciaires
29:08et la mention
29:09à son casier judiciaire
29:10a été définitivement
29:11effacée
29:13cependant
29:13juste après le procès
29:15il disait être
29:16tellement marqué
29:17par toutes ces années
29:18qu'il n'arrivait pas encore
29:19à se considérer
29:20comme innocent
29:21après la révision
29:23de son procès
29:23Farid Al-Hayri
29:24a porté plainte
29:25contre Julie
29:41Le lundi 2 janvier 2023
29:43le père de Farid Al-Hayri
29:45meurt
29:46deux semaines
29:47après avoir vu
29:48l'innocence de son fils
29:49reconnu
29:50par la justice française
30:02Vous venez d'écouter
30:03Crime Story
30:04Farid Al-Hayri
30:05faux coupables
30:06mais vraies victimes
30:07Ce récit était écrit
30:09par Claudia Prolongeau
30:10et raconté
30:11avec Damien Delsenie
30:12Nous nous sommes
30:13particulièrement appuyés
30:14sur un article du Monde
30:15écrit par Pascal Robertia
30:17La jeune fille
30:18est l'innocent
30:18histoire d'une accusation
30:19de viol
30:20qui a duré
30:21près de 20 ans
30:21Pour écouter
30:22tous nos autres podcasts
30:23c'est sur le site
30:24leparisien.fr
30:25et sur n'importe quelle
30:27plateforme d'écoute
30:27Cette semaine
30:28il y avait à la production
30:30Thibault Lambert
30:31et Anaïs Godard
30:31à la réalisation
30:33Julien Moncouquiol
30:34et à la rédaction en chef
30:35Jules Lavi
30:36Si vous aimez Crime Story
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