- il y a 9 heures
Sacrée «Révélation scène» des Victoires de la Musique 2019, qui est Clara Luciani ? Avant de connaître ce succès, la chanteuse a vécu de petits travaux et a persévéré dans la musique. Code source vous raconte son histoire.
Notre article : http://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/les-confidences-de-clara-luciani-ses-debuts-difficiles-son-tube-la-grenade-sa-victoire-10-01-2020-8233449.php
Pour écouter tous les podcasts du Parisien : http://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/
Sur votre smartphone ou votre tablette, écoutez Code source et abonnez-vous sur : Apple Podcasts (iPhone, iPad) : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/code-source/id1460276302
Google Podcasts (Android) : https://podcasts.google.com/?feed=aHR0cHM6Ly9mZWVkLnBpcHBhLmlvL3B1YmxpYy9zaG93cy9jb2RlLXNvdXJjZQ Podcast Addict : https://podplayer.net/?podId=2366555
ou Castbox : https://castbox.fm/channel/Code-source-id2099090?country=gb
Deezer : https://www.deezer.com/fr/show/360202
Spotify : https://open.spotify.com/show/4J2KJU7Lcv0e1wH3728Fse
Toute l'actualité du Parisien : http://www.leparisien.fr/
Notre article : http://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/les-confidences-de-clara-luciani-ses-debuts-difficiles-son-tube-la-grenade-sa-victoire-10-01-2020-8233449.php
Pour écouter tous les podcasts du Parisien : http://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/
Sur votre smartphone ou votre tablette, écoutez Code source et abonnez-vous sur : Apple Podcasts (iPhone, iPad) : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/code-source/id1460276302
Google Podcasts (Android) : https://podcasts.google.com/?feed=aHR0cHM6Ly9mZWVkLnBpcHBhLmlvL3B1YmxpYy9zaG93cy9jb2RlLXNvdXJjZQ Podcast Addict : https://podplayer.net/?podId=2366555
ou Castbox : https://castbox.fm/channel/Code-source-id2099090?country=gb
Deezer : https://www.deezer.com/fr/show/360202
Spotify : https://open.spotify.com/show/4J2KJU7Lcv0e1wH3728Fse
Toute l'actualité du Parisien : http://www.leparisien.fr/
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavie pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11On connaîtra ce lundi la liste des artistes nommés pour les 35e Victoires de la Musique,
00:17programmées le 14 février.
00:19Clara Luciani a toutes les chances d'y figurer.
00:22Déjà sacrée Révélation Saine l'an dernier, son album Sainte Victoire
00:26est 21e au classement des meilleures ventes en 2019.
00:30Mais la chanteuse de 27 ans a dû patienter et batailler des années
00:34avant de connaître le succès, récit d'Emmanuel Marolle, chef du service culture du Parisien.
00:47Le 10 septembre dernier, Clara Luciani est sur la scène de l'Olympia,
00:51elle finit son concert et il se passe quelque chose d'inattendu.
00:55C'est une vraie surprise pour Clara, juste à la fin de son concert,
00:58elle salue une dernière fois le public et Stéphane Bern arrive sur scène en surprenant Clara
01:03et lui remet un disque de platine pour 100 000 exemplaires vendus de son album Sainte Victoire.
01:08C'est vraiment une forme de consécration pour elle parce qu'elle est archi-fan de Stéphane Bern.
01:17Elle dit Stéphane Bern, j'adore son élégance, sa classe, son intelligence, etc.
01:22Et effectivement, j'étais au concert et en arrivant dans la salle,
01:26je me suis retrouvé juste devant Stéphane Bern, qu'on connaît un petit peu, on l'a salué.
01:31Voilà, j'étais avec un de mes camarades, je me disais juste, bon ben voilà, il l'aime bien
01:34et il est là comme nous pour assister au concert.
01:36Et boum, il arrive sur scène.
01:37Et quelque part, c'était très symbolique de la façon dont Clara Luciani était devenue populaire.
01:43C'est-à-dire qu'une star de la télé, de la radio et une star très populaire comme Stéphane
01:48Bern
01:49arrivait sur scène pour lui remettre son disque de platine.
01:52Et comment est-ce qu'elle réagit ?
01:53Elle est vraiment surprise, c'était une vraie surprise pour elle.
01:55Je pense que tout ça avait été préparé par son entourage et elle, elle n'était pas au courant.
01:59Donc il y a vraiment le côté, ça me fait super plaisir, une vraie émotion qui n'est pas du
02:04tout feinte.
02:04Et je pense qu'elle était un peu comme une gamine dont le héros, entre guillemets, venait la récompenser.
02:12Avant de connaître ce succès, Clara Luciani a vécu des années de galères et de doutes pour mieux comprendre son
02:17parcours.
02:18On va revenir à ses origines.
02:20Emmanuel Marolle, vous l'avez rencontré le 20 novembre dernier.
02:23Où est-ce qu'elle a grandi ?
02:25Elle a grandi dans le sud, à côté de Martigues, dans une famille de classe moyenne, on va dire.
02:30Son père est employé de banque, sa mère est aide-soignante, elle a une soeur.
02:35Ils ont une vie assez classique, si ce n'est qu'ils sont très très sensibles à la culture.
02:39Son père écoute beaucoup de musique, il est lui-même musicien amateur.
02:43Et sa mère sait que la culture, pour ses filles, c'est quelque chose d'important.
02:47Elle les emmène tous les mercredis à la bibliothèque, vraiment pour se nourrir culturellement.
02:52Clara, elle a grandi dans cet environnement-là, en se disant que peut-être à un moment ou à un
02:56autre,
02:56elle allait faire quelque chose de tout ça.
02:58Elle a beaucoup partagé de musique avec son père, du rock anglo-saxon notamment.
03:02Et voilà, c'est une enfance et une adolescence assez paisibles, si ce n'est qu'elle a un physique
03:07un petit peu particulier.
03:08Elle est grande, très jeune, à 11 ans, elle mesure déjà plus d'un mètre 75.
03:13C'est assez exceptionnel pour une adolescente, une pré-adolescente.
03:16Alors évidemment, c'est un petit peu compliqué quand on n'a que 11 ans et qu'on se retrouve
03:20avec des copines
03:22qui font pas la moitié de sa taille, mais presque.
03:25Donc forcément, les enfants entre eux ne sont pas toujours très sympathiques et souvent même cruels.
03:31Elle se fait traiter de girafe, elle se fait traiter de sauterelles, de 4 mètres de haut, que sais-je.
03:36Enfin voilà, elle raconte en interview que ça n'a pas été des moments très faciles pour elle,
03:41notamment quand elle participait à des activités collectives.
03:44Une chorale, par exemple, pour en revenir à la musique, et où forcément, les gamines sont un peu les unes
03:50à côté des autres.
03:51Et il y en a une qui est beaucoup plus grande que les autres et qui forcément se fait remarquer,
03:55mais dans l'univers des enfants, pas dans le bon sens du terme.
03:58Elle a une voix grave aussi.
03:59Et en plus, elle a une voix grave.
04:00C'est vrai que ça, c'est quelque chose qu'elle ne travaille pas.
04:03Elle a toujours eu une voix un peu cassée comme ça.
04:05Et c'est pareil, quand on est adolescente, en plus, pour une fille avoir une voix grave, c'est d
04:10'autant plus compliqué.
04:11C'était super dur pour moi. J'ai eu beaucoup de moqueries, j'étais très à l'écart.
04:18Et ce qui m'a le plus handicapée dans ma jeunesse, aujourd'hui, c'est mon métier, c'est ma
04:23voix.
04:23Je veux dire, quand j'étais jeune, j'avais une voix super grave, tout le monde se foutait de ma
04:26gueule.
04:27Aujourd'hui, moi, j'ai sorti un album. Et eux, ils en sont où ?
04:30Elle fait déjà de la musique. Elle est donc dans cette chorale. Elle fait de la musique, par ailleurs ?
04:34Elle fait un petit peu de musique ici et là, notamment avec son père, qui fait de la guitare.
04:40Mais elle ne sait pas trop ce qu'elle va en faire. Elle a envie, peut-être, un moment ou
04:43un autre, de faire de la musique.
04:44Mais ce n'est pas encore complètement concret pour elle.
04:47Après son bac, Clara Luciani se lance dans des études d'histoire de l'art à Aix-en-Provence.
04:51À la fin de sa première année, elle se rend à une fête et elle y fait une rencontre décisive.
04:56Oui, elle fait une rencontre d'un jeune homme qui s'appelle Marlon Manier,
05:00qui est en train de travailler sur l'élaboration d'un groupe qui va s'appeler La Femme.
05:04Elle discute un petit peu. Elle dit qu'elle a envie de faire de la musique.
05:07Et lui, il a une idée assez ouverte, on va dire, du groupe,
05:10puisque à l'arrivée, La Femme, ce sera plus un collectif qu'un groupe.
05:13C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de gens, des chanteurs, des musiciens, des choristes,
05:17des gens qui dansent, qui se déguisent.
05:18C'est une sorte de laboratoire un peu expérimental.
05:21Et donc, il lui dit, viens avec nous. Pourquoi pas ? Je suis en train de monter ça.
05:25Viens chanter avec nous.
05:26Elle lui laisse un mail et voilà, ils prennent contact et ils commencent à travailler ensemble
05:31sur les premières chansons de la femme qu'elle intègre au moment où le disque va sortir.
05:41Après cette rencontre en 2010, Clara Luciani abandonne ses études et décide de déménager à Paris.
05:47Elle connaît du monde à Paris ?
05:49Elle connaît personne, ou presque, à part une cousine qui est danseuse au crazy.
05:53Je trouve que c'est une cousine de son père.
05:55Et voilà, mais c'est un peu l'aventure pour elle,
05:57si ce n'est qu'il y a cette possibilité de faire de la musique à travers la femme.
06:01Et elle tente le coup, et elle tente le coup en plus avec l'aval de ses parents,
06:05qui sont assez sensibles à la culture, à l'univers de la musique,
06:08et se disent, bah, vas-y, tente ta chance, on verra bien.
06:12Et elle, elle est déterminée ?
06:13Elle, elle a vraiment envie qu'il se passe quelque chose.
06:16Elle a vraiment envie de tenter sa chance.
06:18Elle le fait, avec la femme, et elle commence à écrire des chansons à elle, dans son coin.
06:23Comment est-ce qu'elle survit financièrement ?
06:25Elle survit à travers des petits boulots.
06:27Elle est serveuse, elle est vendeuse dans des magasins de vêtements.
06:34Elle nettoie des chambres d'hôtel ou des toilettes d'hôtel.
06:37Enfin, vraiment, elle fait la base des petits boulots,
06:40simplement de manière alimentaire,
06:42pour pouvoir continuer à travailler sur ses chansons,
06:45en espérant qu'il se passe quelque chose.
06:49Qu'est-ce qu'elle fait dans les années qui suivent ?
06:51Bah, il y a un moment où elle se rend compte que, justement,
06:53le collectif de la femme est très sympathique, très rigolo,
06:57mais après, pour tirer son épingle du jeu personnellement,
07:00dans ce groupe-là, ça va être compliqué.
07:01Parce que c'est une sorte de kaleidoscope,
07:03de forte personnalité un petit peu délirante.
07:05Elle se rend compte que c'est pas ça qui va lui permettre
07:08de trouver sa personnalité musicale.
07:10Donc, elle arrête le groupe,
07:11et puis, elle essaie de faire son trou avec ses chansons, etc.,
07:16tout en continuant ses petits boulots.
07:17Alors là, ça va être des années un peu compliquées pour elle,
07:20parce que c'est le côté le plus ingrat d'un artiste qui démarre.
07:24C'est-à-dire qu'il fait des chansons dans son coin,
07:26il lance des chansons un peu comme des bouteilles à la mer,
07:29en espérant qu'il se passe des choses.
07:31Et puis, il y a des moments où il se passe des choses,
07:32et puis souvent, il se passe rien ou pas grand-chose.
07:34Et c'est un peu ce qu'elle a connu pendant un moment,
07:37jusqu'à parfois regretter d'avoir quitté la femme.
07:41Et elle raconte elle-même une anecdote assez cruelle.
07:45Elle nettoie les toilettes d'un restaurant,
07:47et elle entend à la radio une chanson de la femme,
07:49et elle se dit, mais qu'est-ce que j'ai fait ?
07:51En fait, j'aurais jamais dû partir,
07:53et j'aurais dû continuer avec ce groupe
07:55que j'entends maintenant à la radio.
07:57Et elle appelle ses parents,
07:58elle est prête à rentrer dans le sud,
07:59elle leur dit, écoutez, j'en ai marre,
08:01j'y arriverai jamais, je vais rentrer,
08:03je vais faire ma valise.
08:04Et contrairement à un certain nombre de parents
08:06qui pourraient avoir peur pour leur enfant,
08:09et dire, ben oui, rentre, c'est plus sage, etc.
08:11Ses parents lui disent, mais non, non, non, accroche-toi.
08:13Nous, on a des jobs assez classiques,
08:16et on aime, encore une fois, la culture, la musique.
08:19On aurait peut-être aimé ce que tu essaies de faire.
08:21Accroche-toi, ça va peut-être marcher.
08:23Ce moment où j'ai voulu abandonner,
08:26je me rappelle vraiment du coup de fil avec mes parents,
08:28de ma mère qui me dit, non, non, c'est pas possible,
08:30j'ai confiance en toi, j'aime vraiment ce que tu fais.
08:34Et à l'époque, c'était les seuls qui écoutaient ma musique.
08:37Donc en fait, c'était les seuls à pouvoir vraiment me conseiller.
08:42Et c'est eux qui m'ont fait ne pas lâcher.
08:45Là, on est en 2015, qu'est-ce qu'elle fait ensuite ?
08:48En 2015, elle arrive à trouver ce qu'on appelle un éditeur.
08:52Alors un éditeur, c'est un peu le premier travail de base
08:55quand on a des chansons pour espérer avoir un contrat et sortir un disque.
08:59Un éditeur, c'est quelqu'un qui a des droits sur les textes et la musique des chansons,
09:04mais au-delà même des droits, c'est aussi quelqu'un qui va travailler le répertoire avec un artiste.
09:10C'est-à-dire qu'il va lui dire, avec son expérience,
09:13voilà, cette chanson, elle est pas mal, mais il faut améliorer ça,
09:16il faut améliorer ce refrain-là, etc.
09:18Et elle signe un contrat d'édition avec Sony ATV,
09:22qui est un très très gros éditeur,
09:24et avec quelqu'un qui s'appelle Pierre Cornet,
09:26qui est éditeur à l'époque de jeunes artistes,
09:28notamment du groupe Fauve, dont on parle beaucoup,
09:30qui est une sorte de groupe un peu mystérieux,
09:31qui ne se montre pas, mais qui est très générationnel.
09:33Enfin, il y a toute une jeune génération qui est très touchée par ce groupe.
09:37Et Pierre Cornet va faire travailler Clara sur son répertoire,
09:41jusqu'à sortir un premier EP, comme on dit,
09:45c'est-à-dire un mini-CD de quelques titres, quelques mois plus tard.
09:49Et à ce moment-là, elle fait une rencontre qui va la convaincre de continuer.
09:53Oui, elle rencontre le chanteur Raphaël,
09:54qui fait beaucoup de concerts,
09:56qui est en train de préparer une tournée,
09:58et qui l'embarque sur scène avec lui.
10:01Donc, forcément, elle va enchaîner les concerts à ses côtés.
10:03Et c'est quelque chose de très, très formateur,
10:05parce que c'est un artiste qui, musicalement, artistiquement,
10:08est très exigeant sur scène,
10:09et considère le concert comme un espace de création.
10:12C'est-à-dire qu'il y a les disques d'un côté pour Raphaël,
10:14et puis il y a vraiment d'autres choses
10:16où il va emmener les chansons ailleurs sur scène.
10:19Donc, forcément, elle est aussi témoin de cet espace créatif,
10:23comme ça, en direct.
10:24Et son EP, il fonctionne ?
10:26Il fonctionne gentiment.
10:27À vrai dire, il n'est pas super séduisant.
10:29J'avoue que quand je l'ai vue arriver,
10:32je me suis dit, oui, bof, attendons la suite.
10:36En plus, elle était un petit peu noyée
10:37au milieu d'un certain nombre de jeunes chanteuses
10:40qui arrivaient et qui sortaient
10:41toutes les unes après les autres au fil des mois,
10:44des mini-CD comme ça, de 4-5 titres,
10:45où on sentait que c'était un peu pour tâter le terrain.
10:47Et je n'ai pas vraiment le souvenir
10:49de quelque chose de frappant dans ses premières chansons.
10:52Donc, très franchement,
10:53à ce moment-là, personnellement,
10:55je n'aurais pas spécialement misé sur elle.
11:06Ce disque lui permet, malgré tout,
11:08de se faire remarquer par Benjamin Biolet
11:10qui lui propose de faire sa première partie en 2016.
11:12Alors, c'est des premières parties guitare-voix,
11:15à la fois qui peuvent être assez difficiles,
11:18mais très formatrices, encore une fois,
11:21parce que c'est une chanteuse inconnue
11:23qui arrive toute seule, avec une guitare, devant le rideau,
11:26alors que tout le monde attend Benjamin Biolet
11:28et qu'a priori, 90% des gens n'en ont rien à battre
11:31de savoir qu'elle va chanter quelques chansons.
11:34Et il y a des jours où ça se passe bien,
11:35il y a des jours où ça se passe moins bien,
11:37mais une fois qu'on a fait ça,
11:39après, on peut quelque part jouer partout.
11:40Et ça, elle dit elle-même que ça a été très, très formateur,
11:43d'autant que la scène, c'est quelque chose de compliqué
11:45à gérer pour elle, elle est assez traqueuse.
11:47Et elle a un problème physique
11:48quand elle monte sur scène ?
11:50Oui, elle a une maladie qui s'appelle
11:51le tremblement essentiel, qui est une maladie génétique.
11:53Une neurologie qui est une forme de tremblement permanent.
11:57C'est pas grand-chose quand on la voit,
11:59quand elle est face à nous,
11:59mais après, ça augmente avec le stress.
12:01Donc forcément, évidemment,
12:03le fait de se retrouver sur scène
12:04génère de la peur, du stress,
12:06et elle a tendance à trembler beaucoup.
12:08Et ça, c'est quelque chose qu'il a fallu
12:10qu'elle apprenne à apprivoiser.
12:12Ils ont mis au point avec son équipe
12:14un système de micro qui est tout simple,
12:16qui est un micro avec un fil.
12:17On en voit de moins en moins sur scène,
12:19mais elle, elle a un micro un petit peu à l'ancienne
12:21qui lui permet d'une main d'avoir le micro,
12:23et de l'autre main de tenir le fil,
12:25et du coup, d'avoir une forme d'équilibre
12:27et de ne pas trembler, en tout cas de moins trembler.
12:29Le 6 avril 2018, elle sort son premier album,
12:31Sainte Victoire, 11 titres.
12:34À quoi ressemble cet album ?
12:35C'est un très, très bel album de pop française
12:39qui, quelque part, aurait presque pu sortir
12:41il y a 10 ans ou il y a 15 ans,
12:43une sorte d'album à la manière
12:45de certains disques d'Étienne Dao, par exemple.
12:48Mais une pop à la fois accessible,
12:51sophistiquée et très, très moderne.
12:53On découvre des chansons extrêmement bien écrites,
12:57vraiment ciselées, extrêmement bien produites aussi.
13:00Elle s'est entourée de deux jeunes artistes
13:02qui sont des petits génies du son.
13:04Quelqu'un qui s'appelle Sage,
13:05qu'on a connu en tant que musicien d'un groupe
13:07qui s'appelait Revolver
13:08et qui est de plus en plus dans des productions
13:12comme ça électropop.
13:13Et puis quelqu'un qui s'appelle Benjamin Lebeau,
13:15qui forme avec un de ses acolytes
13:18le duo de Shoes
13:19et qui est aussi une sorte de sorcier du son
13:21qu'a travaillé avec Julien Doré,
13:23avec Gaëtan Roussel, avec Woodkid
13:25et qui arrivent tous les deux
13:27à lui façonner des chansons pop modernes.
13:31Très bon album,
13:32mais ça coince au niveau des radios.
13:33C'est un excellent disque,
13:35mais comme il arrive dans un paysage musical
13:37où on est dans le tout hip-hop
13:39et dans le tout rap,
13:40et notamment sur les radios,
13:41c'est un peu compliqué d'exister.
13:43Et le nerf de la guerre, de toute façon,
13:44pour des albums pop comme ça,
13:46c'est vraiment la radio.
13:47Il y a toujours des histoires à raconter autour,
13:50mais il y a quand même l'instantanéité
13:52d'une chanson et deux chansons
13:54qu'il faut parvenir à faire entrer
13:57dans les oreilles des auditeurs, tout simplement.
13:59Et ça, ça passe,
14:00quoi qu'on en dise,
14:01ça passe encore par la radio.
14:04Clara Luciani doit attendre à nouveau.
14:07Comment est-ce qu'elle vit ça ?
14:09Elle vit ça par étapes, en fait.
14:10C'est ce qu'elle me disait il y a quelques temps.
14:12Elle se disait à chaque fois
14:13qu'il y avait des petites victoires.
14:15Elle voyait les ventes progresser
14:18tout doucement.
14:19Elle disait, bon, c'est toujours ça.
14:21Elle voyait une première date de concert
14:23à la Guetté Lyrique,
14:24qui est une salle parisienne
14:26assez branchée de 1200 places,
14:28qui a été complète un petit peu au dernier moment.
14:31Elle se disait, ah bah c'est chouette.
14:32Un concert à la cigale dans quelques mois.
14:34Elle disait, ah bah c'est chouette.
14:34Voilà, et au fur et à mesure,
14:36comme ça,
14:37il y a des radios qui commençaient
14:39à jouer à une de ses chansons,
14:41La Grenade.
14:42Et il disait, bah c'est toujours ça.
14:43Il y avait un côté,
14:44c'est toujours ça de pris.
14:46Mais elle surveillait quand même
14:48le nombre de streaming,
14:49le nombre de vues sur son clip
14:51sur YouTube.
14:52C'était pas un parcours du combattant,
14:54parce que le disque était sorti,
14:55et c'était déjà une victoire pour elle.
14:57Mais elle savait que ça allait être
14:59peut-être un peu laborieux.
15:02À ce moment-là,
15:03qu'est-ce qu'il a fait tenir ?
15:04C'est son équipe.
15:06Il faut savoir que Clara Luciani,
15:08elle a été signée et produite
15:10par un jeune label
15:10qui s'appelle Initial,
15:12qui est une structure
15:13qui appartient à Universal,
15:14mais qui est une sorte
15:15de village gaulois
15:15au sein de la grosse machine
15:16Universal.
15:17C'est une toute petite équipe
15:18qui a signé quelques artistes.
15:21Alors pour le coup,
15:21quand on cite les noms,
15:22ça fait rêver aujourd'hui,
15:23mais ils sont partis de rien.
15:24C'était Eddy Deprétaud,
15:26Angèle,
15:27et les rappeurs de Columbine,
15:28et Clara Luciani.
15:31Et donc,
15:32c'est ces gens-là
15:33qui ont cru
15:34en cet album,
15:36en ces chansons,
15:37en se disant
15:38c'est pas possible,
15:39ce disque,
15:40il est super bien accueilli
15:41par la presse,
15:41il est formidable,
15:42il est accessible,
15:44il va forcément
15:45se passer quelque chose.
15:46Donc,
15:46ils n'ont pas lâché
15:47et ça,
15:48c'est hyper important
15:48parce qu'à une époque
15:49où on a tendance à se dire
15:51tout va vite,
15:52on n'a pas le temps,
15:53les gens zappent,
15:54donc si un artiste
15:55ne marche pas,
15:56on passe à un autre,
15:57etc.
15:57notamment les grosses structures
15:58qui ont énormément,
15:59énormément d'artistes
16:00à promotionner
16:01et à produire.
16:02Là,
16:02c'est pas le cas
16:03parce que c'est une sorte
16:04de petite maison familiale
16:05qui a quelques artistes
16:07à développer
16:07et qui lâchent pas l'affaire.
16:09Dans l'album
16:09Sainte-Victoire,
16:10il y a un titre
16:11qui se fait de plus en plus remarquer.
16:13La Grenade,
16:14c'est une chanson
16:16féministe
16:16avant l'heure
16:17si on peut dire
16:17parce qu'aujourd'hui
16:18on a l'impression
16:19que tout est féministe
16:20et à l'époque
16:21où Clara
16:23sort l'album,
16:24on n'est pas
16:24dans Balance ton porc,
16:25on n'est pas dans Me Too,
16:27on est des mois
16:28avant l'affaire Weinstein
16:30et elle,
16:30elle fait cette chanson
16:31où il y a un côté
16:32Wonder Woman
16:33et il y a ce refrain
16:35« Sous mon sein,
16:36la grenade »
16:37qui était quasiment
16:38un slogan révolutionnaire
16:39puisqu'elle dit elle-même
16:40qu'elle s'est inspirée
16:40de mai 68
16:41avec le fameux
16:42« Sous les pavés,
16:43la plage ».
16:44Et donc cette chanson-là
16:45à la fois
16:46elle dit quelque chose
16:47c'est-à-dire
16:47elle parle d'une femme
16:48qui vient de se faire larguer
16:49et qui en a marre des mecs
16:51et qui se dit
16:51ça ne va pas se passer comme ça
16:52et tu vas voir
16:53que tu vas en baver
16:53et je ne vais pas me laisser faire
16:55et sur la forme
16:56c'est une chanson
16:57hyper grand public
16:59c'est-à-dire
16:59qu'elle vous attrape
17:00instantanément
17:00avec ce refrain
17:01en tétant
17:02en forme de slogan
17:03« Sous mon sein,
17:03la grenade »
17:17Et là pour le coup
17:19en découvrant
17:20cet album
17:21et cette chanson
17:22moi je me suis dit
17:23c'est un tube
17:24alors parfois
17:24on se dit ça
17:25sur un certain nombre d'albums
17:26et un certain nombre de chansons
17:27il ne se passe absolument rien
17:28même si on se dit
17:29que ça va être un tube
17:30mais là
17:31franchement
17:32ça valait le coup d'attendre
17:38et elle a bénéficié
17:39du fait que son équipe
17:40n'a pas lâché
17:42justement
17:42en étant persuadée
17:43que c'était un tube
17:44avec quelques autres personnes
17:45dont certains médias
17:46et tout le monde s'est dit
17:47il va se passer quelque chose
17:49et puis Clara
17:50elle sentait le truc venir
17:51et voilà
17:51elle me disait
17:52je commence à recevoir
17:53des reprises
17:55de gamins
17:56sur Instagram
17:56qui m'envoient des petites vidéos
17:57enfin les parents
17:58m'envoient des petites vidéos
17:59de gamins
17:59qui chantent la grenade
18:01j'ai vu sur un mur
18:02il n'y a pas très très longtemps
18:03dans Paris
18:05écrit en gros
18:05encore une fois
18:06comme un slogan
18:07à la bombe
18:08sous mon sein
18:09la grenade
18:10donc voilà
18:11c'est des signes
18:11on se dit
18:12il va forcément
18:13se passer quelque chose
18:19et le titre
18:20est joué par les radios
18:21et le titre
18:22finit par être joué
18:23par les radios
18:23alors des petites radios
18:25au départ
18:25et puis des plus grosses radios
18:26et puis le
18:28voilà
18:28le Graal
18:28c'est Énergie
18:29parce qu'Énergie
18:30ça reste la plus grosse
18:31radio musicale de France
18:32et quand un artiste
18:34et surtout un jeune artiste
18:35commence à passer
18:35sur Énergie
18:37c'est très très bon signe
18:38et il faut savoir en plus
18:39qu'une radio comme Énergie
18:41travaille ce qu'on appelle
18:42sa playlist
18:42c'est-à-dire sa programmation musicale
18:44à la fois sur des envies
18:45de passer des titres
18:46mais aussi sur des choses
18:47très techniques
18:49c'est-à-dire qu'ils font des tests
18:51ils demandent régulièrement
18:52à un panel d'auditeurs
18:53ce qu'ils pensent
18:54de certains titres
18:55ils les appellent au téléphone
18:56ils leur diffusent
18:5830 secondes d'un titre
18:59en leur demandant
19:00s'ils connaissent
19:01s'ils aiment
19:02et s'ils ont envie
19:03de l'entendre plus souvent
19:04et c'est comme ça
19:05qu'une playlist
19:05d'une radio comme Énergie
19:06se construit
19:07et il se trouve que la grenade
19:08au fur et à mesure
19:09a eu des tests
19:11de plus en plus positifs
19:12et comme on dit dans le jargon
19:14c'est une chanson
19:14qui testait bien
19:15donc à partir de là
19:16la chanson passe
19:18de deux, trois passages
19:19par jour
19:20à dix passages par jour
19:21par exemple
19:22et si vous passez
19:23dix fois par jour
19:24sur Énergie
19:24c'est impossible
19:26de vous louper
19:26et elle qui regrettait
19:28d'avoir quitté le groupe
19:29La Femme
19:30quand elle entendait
19:31les titres de La Femme
19:32à la radio
19:33ça lui fait quoi ?
19:34de s'entendre
19:35à la radio ?
19:36ah bah c'est magique pour elle
19:37elle appelle ses parents
19:38quasiment à chaque fois
19:38qu'elles sont à la radio
19:39donc voilà
19:40il y a un côté
19:41il y a un côté
19:42ouais encore une fois
19:43gamine à qui
19:43on fait un super cadeau
19:45mais elle savoure
19:46elle savoure vraiment
19:47c'est-à-dire qu'elle se rend compte
19:48du chemin qu'elle a parcouru
19:50et du fait que ça n'a pas été
19:52de tout repos
19:53que ça n'a pas été facile
19:54et qu'il y a quelque chose
19:55de laborieux
19:56mais dans le bon sens du terme
19:57c'est-à-dire le labeur
19:58vraiment
19:59le travail qu'il a fallu faire
20:01à la fois pour elle
20:02et pour son équipe
20:03pour en arriver là
20:05ça s'emballe tout de suite
20:06c'est-à-dire que
20:07les salles qu'elle mettait
20:09un petit peu de temps
20:09à remplir
20:10se remplissent tout de suite
20:10ils rajoutent des dates partout
20:11il y a un, deux, trois
20:13je crois que ça s'est fini
20:14par quatre Olympias
20:15il y a quelques mois
20:16il y a les victoires de la musique
20:18où elle gagne
20:18la révélation scène
20:20puis on voit les ventes monter
20:21et tout le monde la veut
20:22on la veut sur les plateaux de télé
20:23on la veut à la radio
20:24on la veut sur des plateaux radio
20:26aussi
20:26qui sont des sortes
20:27de mini-concerts
20:28que les radios font en province
20:30ou que des radios comme Énergie
20:31justement font aussi
20:32à Paris
20:32du jour au lendemain
20:33elle se retrouve à avoir
20:34un planning d'interview
20:36et de promotion
20:37énorme chaque jour
20:42Emmanuel Marolle
20:42vous avez donc rencontré
20:43Clara Luciani
20:44le 20 novembre dernier
20:45est-ce qu'elle a peur
20:46que tout ça s'arrête ?
20:48Elle n'a pas complètement peur
20:49que tout ça s'arrête
20:50mais après très très vite
20:51c'est-à-dire qu'elle n'est pas du tout
20:53dans le même état d'esprit
20:55qu'un certain nombre d'artistes
20:56de sa génération
20:57qui cartonnent actuellement
20:59on a fait un sujet
21:00il y a quelque temps
21:00sur le burn-out
21:01des jeunes artistes
21:03des gens comme Lompal
21:04comme Angèle
21:05qui ont eu énormément
21:06de succès
21:07en quelques mois
21:08et qui disent
21:09chacun de leur côté
21:10il faut qu'on fasse une pause
21:12il faut qu'on s'arrête
21:12on n'en peut plus
21:13etc.
21:14Clara elle n'est pas du tout
21:15dans cet état d'esprit là
21:17au contraire
21:17quelque part
21:18quand j'ai abordé
21:19le sujet avec elle
21:20et elle me disait
21:21mais en fait ça m'énerve
21:21quand j'entends
21:22mes camarades dire ça
21:23parce qu'on n'a pas le droit
21:24de se plaindre
21:25elle dit on est des élus
21:26et elle dit
21:27le travail
21:28le travail laborieux
21:29le fait d'avoir
21:30un travail contraignant
21:31c'est pas ça quoi
21:32c'est pas faire des interviews
21:33c'est pas faire des concerts
21:34à tout bout de champ
21:35elle dit
21:36bah oui
21:37moi j'ai fait
21:38200 concerts cette année
21:39et je suis fatigué
21:40parfois
21:41mais j'ai pas le droit
21:42de me plaindre
21:42parce que tout le monde
21:43veut me voir
21:44tout le monde achète mes disques
21:45tout le monde veut faire
21:46des interviews avec moi
21:47et il y a 3 ans
21:49j'étais en train de récurer
21:50les toilettes
21:50d'un hôtel
21:59c'est quelqu'un
22:00qui pourra
22:01continuer
22:01et qui pourra
22:02continuer sereinement
22:03et là
22:04elle se dit justement
22:04j'ai envie d'écrire des chansons
22:06j'ai envie de continuer
22:07et j'ai envie de faire
22:08un album assez vite
22:08donc tout ça
22:09après tout ce parcours
22:11un peu chaotique
22:12et semé d'embûches
22:14bah
22:14est assez sain pour elle
22:23merci à Emmanuel Marol
22:25épisode conçu et préparé
22:27par Clara Garnier-Amourou
22:29production Stéphane Jeuneste
22:30réalisation
22:31Julien Moncouquiol
22:33Code Source
22:33est le podcast
22:34d'actualité du Parisien
22:35disponible chaque soir
22:37du lundi au vendredi
22:38à 18h
22:39vous pouvez nous écouter
22:40sur toutes les applications
22:41de podcast
22:42mais aussi Deezer
22:43et Spotify
22:44si vous aimez Code Source
22:45n'hésitez pas
22:46à nous mettre
22:46des petites étoiles
22:47sur Apple Podcast
22:48et pour nous écrire
22:50codesource
22:50at leparisien.fr
22:52Sous-titrage Société Radio-Canada
22:57Sous-titrage Société Radio-Canada
22:58Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires