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  • il y a 2 semaines
Dernière partie du récit détaillé de ces six jours d’audience en deux épisodes avec Louise Colcombet.


Code Source est le podcast d’actualité du Parisien disponible chaque soir du lundi au vendredi.


Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Journalistes : Raphaël Pueyo et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian - Archives : BFM-TV.

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le samedi 21 novembre, à Vesoul, Jonathan Daval a été condamné par la cour d'assises de la Hudson
00:17à 25 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son épouse Alexia.
00:23Codesource vous raconte en deux épisodes ce procès à travers le regard de Louise Colcombé,
00:27journaliste au service police-justice du Parisien, elle a suivi toutes les audiences
00:32et elle avait couvert cette affaire depuis le début.
00:35Deuxième épisode aujourd'hui, le récit reprend après le malaise qu'avait fait Jonathan Daval au beau milieu de son
00:41procès.
00:52Jonathan Daval répondait aux questions sauf que tout d'un coup on l'a vu faiblir.
00:57Je pense qu'émotionnellement la journée était très dure, il y a des témoignages très forts, très signifiants,
01:02qui n'ont pas du tout laissé indifférent bien évidemment de Jonathan Daval.
01:04On l'a vu devenir blême, voire livide.
01:07Le premier diagnostic a été posé qui serait un malaise vagal, donc son état est rassurant pour pouvoir participer à
01:13ce procès.
01:17Remis sur pied, Jonathan Daval arrive peu avant 9h au palais de justice.
01:22Jonathan Daval est de retour aux assises de Hudson le jeudi matin.
01:25Des experts psychologues sont attendus à la barre.
01:29Louise Colcombé, avant d'aller plus loin, parlez-nous un peu de l'enfance et de l'adolescence de l
01:34'accusé.
01:34Il a eu plusieurs problèmes de santé.
01:36Oui, il a été plombé par beaucoup de choses, notamment déjà une surdité quand il était petit,
01:40qui a été mal détecté, donc ça a entraîné des problèmes d'élocution.
01:42Il était tout le temps dans sa bulle, très renfermé.
01:45Ça, ça a été soigné.
01:46Il a eu beaucoup de problèmes d'asthme, des infections ORL à n'en plus finir.
01:50Puis après, un autre gros problème, c'est-à-dire qu'il avait une syphose, une scoliose très très forte,
01:55ce qui a nécessité le port d'un corset.
01:56Mais un corset, on n'est pas sur un petit corset qu'on scotche dans le dos.
02:01Là, on est sur une armature, en fait.
02:03Il l'a décrite, ça.
02:04Il avait même des morceaux de ferraille qui dépassaient au niveau de ses épaules et de son cou.
02:08Un corset hyper envahissant qui devait porter 23 heures sur 24 pendant deux ans.
02:13Et évidemment, comme ça lui donnait des airs de bossu au départ, on l'appelait Quasimodo.
02:17Il a été moqué par ses camarades.
02:18C'était un enfer.
02:19D'ailleurs, il s'est extrêmement refermé sur lui-même à ce moment-là.
02:22Il souffre de plusieurs toques, des troubles obsessionnels compulsifs.
02:26Oui, alors ça, c'est à partir de 13 ans.
02:28C'est l'âge où son père meurt.
02:29Il a été élevé par son beau-père.
02:31Ses parents sont séparés quand il avait deux ans.
02:33Et son père, qu'il n'a pas trop vu d'ailleurs dans son enfance, meurt d'un infarctus.
02:36Et là, il développe des troubles obsessionnels compulsifs et pas n'importe lesquels.
02:40C'est-à-dire qu'il a des rides de lavage.
02:42Il passe une heure sous la douche chaque matin à se frotter.
02:44Il se lave les mains 10 000 fois par jour.
02:47Et puis à l'âge adulte, il va devenir un fan du ménage.
02:51Il nettoie tout.
02:52Il est maniaque, il le dit lui-même.
02:53Il va même vérifier sous le lit que les plis du drap sont correctement faits.
02:58C'est vraiment envahissant.
03:00Tous les experts pensent que les TOC qu'il a développés peuvent venir d'un traumatisme d'ordre sexuel pendant
03:05son enfance.
03:06Oui, c'est la nature des TOC qui est très troublante.
03:08C'est que les rides de lavage, pour tous les psys, les trois qui se sont penchés, mais de façon
03:12générale,
03:13c'est quand même évocateur de troubles sexuels.
03:16Alors lui, il ne s'en souvient pas en tout cas.
03:18Et eux, ils émettent l'hypothèse que c'était très très jeune dans son enfance.
03:21C'est parce qu'il parle d'une personnalité immature, voire infantile.
03:24Ça, ça reste une des questions qui est en suspens.
03:27Il parle aussi de sa relation avec sa mère, qu'il allait voir deux fois par jour, en secret, sans
03:31le dire à Alexia.
03:32Oui, alors c'est un garçon qui a comme une trentaine d'années et qui va en cachette voir sa
03:35maman.
03:37Il ment à son patron, il ment à sa femme.
03:38On se dit, il a une double vie, sa double vie, c'est aller voir sa mère, en fait.
03:41Qui lui fait à manger, elle lui fait ses bons petits plats, etc.
03:44Et il a toujours été surprotégé, couvé par sa mère en raison de ses problèmes de santé.
03:48Ils vont même évoquer les psys.
03:50Il y en a un qui va dire qu'il avait une relation incestuelle, voire incestueuse, avec sa mère.
03:55C'est-à-dire que ce n'est pas bon pour le développement d'un enfant.
03:58Louis Scolcombe, Jonathan Daval, est décrit par tout le monde comme quelqu'un de très calme.
04:03Très calme, voire trop calme, en fait.
04:05C'est ça qu'on comprend.
04:06Son meilleur ami, qui l'a vu depuis qu'il est petit, dit, la seule fois où je l'ai
04:09eu, ne serait-ce qu'avoir un regard mauvais,
04:10c'est un jour où, en fait, on était chez lui, on le chahutait, on l'empêchait de faire ses
04:13devoirs.
04:14Et il nous a fichu un peu dehors, nous foudroyant du regard.
04:16C'est la seule fois où quelqu'un l'a vu s'énerver.
04:18Alors, comment les experts expliquent l'accès de violence qu'il a eu le soir du 27 octobre 2017 ?
04:26Il y a un des psychiatres qui explique qu'il est obsessionnel, il a tous ses tocs,
04:29et qu'un obsessionnel, en fait, refoule énormément son agressivité.
04:33Ça ne sort jamais.
04:34On a tous des soupapes où on s'énerve, lui non.
04:36Et qu'en fait, il se retrouve dans un système dont il n'arrive pas à modifier,
04:41c'est-à-dire le couple ne va plus, la rupture, elle est inévitable.
04:43Alexia, elle n'a pas pris la décision parce qu'elle n'est pas prête à la prendre.
04:46Et lui non plus.
04:46Il aime Alexia, donc il ne veut pas la quitter.
04:48Sauf qu'il voit très bien qu'il est dans une impasse,
04:50et qu'en fait, il y a un jour un déclencheur,
04:53alors les mots de trop, peut-être qu'ils l'ont renvoyé aussi à un traumatisme d'ordre sexuel,
04:57puisqu'elle lui dit « t'es pas un homme, on parle d'érection, etc. »
05:00à ce moment-là, bon.
05:01Et que, ben voilà, c'est comme un barrage qui cède,
05:04et donc il y a un espèce de torrent incontrôlable.
05:10Et selon eux, pourquoi, après avoir tué sa femme,
05:14il est resté dans le mensonge aussi longtemps ?
05:16Alors les psys, ils expliquent que eux, le mot mensonge, il n'existe pas pour eux.
05:19Il y a des mécanismes de défense psychique.
05:21Il y en a un qui est très connu, c'est le déni,
05:23c'est-à-dire qu'on ne veut pas reconnaître ce qu'on a fait.
05:24Donc on dit « ben non, non, non, c'est pas moi ».
05:26Donc ça, c'est les trois mois où il joue la comédie.
05:28Après, il y a la projection.
05:30Alors entre-temps, il a avoué, mais il revient en arrière,
05:31parce que c'est trop insupportable pour lui.
05:33La projection, c'est de dire « ben c'est pas moi, c'est l'autre ».
05:35Donc là, on est en plein dans le complot féminial.
05:36Lui-même, il y croit, c'est ça qui est fou.
05:38Tout le monde sait que c'est ridicule, mais lui, il y croit.
05:40Et puis il y a le clivage, en fait.
05:42En réalité, il y a deux personnages en lui.
05:43Il y a le Jonathan normal que tout le monde connaît.
05:45Et puis il y a le Jonathan qui a tué.
05:47Mais lui, il ne veut pas supporter cette personnalité.
05:50Donc il la refoule et il fait comme si elle n'existait pas.
05:52Pour l'instant, Jonathan Daval n'est pas présent à son procès d'assise.
05:56Il n'est là que physiquement.
05:58Il n'est pas là mentalement.
05:59Il n'est pas en connexion avec son procès.
06:03Ce jour-là, Jonathan Daval livre une nouvelle fois son récit
06:06de cette nuit du 27 au 28 octobre 2017.
06:09Il décrit comment il a tué Alexia.
06:12Son récit reste quand même très détaché.
06:16On s'attend à ce qu'il nous donne une foule de détails
06:17sur cette humiliation terrible
06:19qui pourrait justifier ce déclenchement de colère.
06:22Et en fait, il dit toujours les mêmes trucs.
06:23Elle m'a dit « t'es pas un homme ».
06:24La dispute et puis elle m'a mordu au bras.
06:26Là, j'ai bêté un plomb, etc.
06:27Et tout ça, il dit de façon très froide.
06:30Il raconte aussi comment il a caché le corps d'Alexia
06:32et il utilise une expression employée la veille
06:34par ses anciens beaux-parents.
06:36Il se met à pleurer parce qu'il dit
06:38« oui, oui, je l'ai traîné comme un vulgaire sac à patates ».
06:41Il dit « mais même moi encore, j'arrive pas à croire
06:44encore aujourd'hui que je l'ai fait ».
06:45Le président de la cour d'assises lui demande
06:47pourquoi il n'a rien dit,
06:49pourquoi il ne s'est pas dénoncé.
06:51Qu'est-ce qu'il répond ?
06:52Il a cette phrase un peu étrange.
06:54Il dit « malheureusement, on vient de tuer quelqu'un
06:56et il faut encore plaire aux autres ».
07:01Louise Colcombé, le vendredi,
07:02est projetée la vidéo de sa confrontation
07:04avec Isabelle Fouillot le 7 décembre 2018.
07:08Là, on est dans le bureau du juge d'instruction
07:10à Besançon, au palais de justice,
07:12où a été organisée cette confrontation générale.
07:14On a Jonathan avec ses avocats,
07:17on a Isabelle avec son avocat de l'époque
07:19et puis évidemment, les gendarmes ne l'escortent
07:22et le juge qu'on ne voit pas,
07:24mais qui est hors cadre,
07:26mais dont on entend les questions.
07:28Et donc là, on le voit pour la première fois,
07:30nous, cette scène, on nous la racontait
07:31des dizaines de fois,
07:31les journalistes, mais là, on la voit.
07:32Et c'est très frappant parce qu'en fait,
07:34il la regarde, elle l'a imploré de dire la vérité,
07:36puis on voit son visage qui se déforme par les pleurs,
07:38il est ému et il se met à dire
07:39« ben non, mais en fait, c'est moi, c'est moi, c'est moi ».
07:41Il pleure, il se met à genoux,
07:42elle le reprend dans ses bras, etc.
07:44C'est hyper...
07:45C'est surréaliste, tous les avocats sont là
07:48à se demander ce qui se passe.
07:49C'est très étonnant.
07:50Elle, elle lui dit merci
07:52et elle le prend dans ses bras,
07:54elle le remercie de dire la vérité.
07:56Et puis après, il rajoute
07:58« mais par contre, le corps, c'est pas moi,
08:00je l'ai pas brûlé ».
08:00Mais en fait, on sait qu'il ment.
08:03À l'audience, ce jour-là,
08:04la mère d'Alexia est autorisée
08:06à s'adresser à nouveau directement
08:08à Jonathan,
08:09mais cette fois, cette intervention est préparée.
08:11C'est rare ?
08:12Oui, c'est rare.
08:13Ça peut arriver,
08:14mais là, c'était vraiment...
08:15Elle l'avait préparée,
08:16elle l'avait annoncée.
08:17Il peut y avoir des choses spontanées
08:18à la fin d'une déposition,
08:19mais là, c'était vraiment, voilà,
08:21presque mis en scène.
08:22Le président, sans doute, se dit
08:23« s'il peut dire quelque chose,
08:25ce sera à ce moment-là ».
08:26Alors, qu'est-ce qu'elle lui dit ?
08:27Elle lui demande, en fait,
08:28de dire la vérité.
08:29Elle, elle est persuadée
08:30qu'elle a dû lui annoncer sa rupture
08:32parce que, voilà,
08:34le coup n'allait plus du tout.
08:35Elle le découvre maintenant
08:36avec les SMS échangés
08:37dans les derniers jours.
08:38Dedans, il y a notamment
08:41l'exaspération d'Alexia
08:42qui est vraiment prégnante.
08:44Et puis, on a notamment un jour
08:45où elle lui dit
08:46« moi, j'en ai marre de cette vie,
08:48de cette vie de merde.
08:49Stop, j'arrête tout.
08:50Moi, j'annule le rendez-vous. »
08:51Sous-entendu chez le gynécologue.
08:53Donc, pour la mère d'Alexia,
08:55c'est cette rupture
08:56qui serait l'élément déclencheur
08:59du meurtre.
09:00Que répond Jonathan Daval ?
09:02Il lui dit
09:02« mais il faut me croire Isabelle,
09:04c'était une dispute. »
09:05Lui, il ne fait jamais de phrase.
09:06Là, c'est la seule phrase
09:07qui dit « il faut me croire Isabelle,
09:08c'était une dispute. »
09:09Que répond Isabelle Fouillon ?
09:10En fait, l'échange,
09:11il dure 10 minutes.
09:12C'est très long.
09:12On n'a pas tout retranscrit
09:13dans nos articles,
09:14mais c'est très très long.
09:15Elle le relance,
09:15elle revient, elle repart,
09:16elle revient, elle repart.
09:17Et puis, au bout d'un moment,
09:18elle comprend que c'est fini,
09:19qu'elle n'aura pas la réponse.
09:19Et donc là, elle lui dit
09:21« ma foi, tant pis.
09:22Bon séjour en prison,
09:23Jonathan, adieu. »
09:25C'est un tournant, ce moment ?
09:26Selon moi, oui.
09:28Parce que je pense
09:29que les jurés
09:30auraient peut-être compris
09:32un peu mieux
09:33ce meurtre
09:34si c'était consécutif
09:36à l'annonce d'une rupture,
09:37si elle lui avait dit
09:37« je divorce ».
09:39Là, on se figure plus
09:40l'homme qui perd son épouse,
09:43perd son statut,
09:43perd tout ce qu'il a construit
09:44et qui est désespéré
09:46à ce moment-là.
09:46Oui, c'est dur.
09:48J'aurais aimé qu'il parle, quoi.
09:52Qu'est-ce qu'il manque, selon vous ?
09:53La raison.
09:54La raison, le pourquoi.
09:55La raison, le pourquoi.
09:56On l'a pas le pourquoi.
10:01Louise Colcombé,
10:02vous l'avez dit au début,
10:03la mère de Jonathan Daval
10:05assiste aux audiences
10:06et elle parle le vendredi.
10:08Oui, elle va reparler
10:08un peu de son enfance,
10:09de ses problèmes de santé,
10:10effectivement,
10:11du fait qu'il s'est
10:12beaucoup renfermé
10:12à l'adolescence,
10:13qu'il est retourné
10:14dans cette bulle
10:14qu'il avait déjà petit
10:15à cause de sa surdité.
10:17Et puis, elle va dire aussi
10:18qu'elle avait perçu
10:19qu'il y avait un problème
10:20dans le couple
10:20parce qu'il venait chez elle
10:21le soir se réfugier.
10:22On apprend donc
10:23qu'il venait deux fois par jour
10:25le midi,
10:26mais le soir.
10:26Il allait dîner chez elle,
10:28il restait jusqu'à minuit,
10:28il dormait sur le canapé
10:29parce qu'il ne voulait pas
10:30rentrer chez sa femme.
10:31Et qu'elle lui disait
10:32écoute, si ça ne va plus
10:33entre vous,
10:33il faut divorcer.
10:34Et lui, il lui disait
10:34mais non, je l'aime,
10:36je l'aime, on s'aime,
10:36non, non, non,
10:37on ne divorce pas.
10:38Le vendredi soir,
10:39que disent les avocats
10:40de la famille d'Alexia
10:41dans leur plaidoirie ?
10:42Il y a maître Jean-Hubert
10:44Portejoie
10:44et maître Gilles-Jean Portejoie
10:47qui défendent
10:48les intérêts de la famille
10:49et qui vont rappeler
10:50leur calvaire,
10:50ses trois mois de mensonges
10:52et cinq mois de complot familial,
10:54leur dignité aussi.
10:55Et il y a une seconde avocate,
10:57maître Cathy Richard,
10:58qui représente une autre partie
10:59de la famille d'Alexia,
11:00qui, elle, va développer sa thèse,
11:02sa théorie sur le déclencheur
11:03de cette fameuse dispute.
11:05Elle, elle pense
11:05qu'Alexia a été droguée
11:07à son insu,
11:08que ce soir-là,
11:09puisqu'on sait
11:09qu'elle avait ingéré
11:10un somnifère,
11:11on lui a mis à son insu
11:12et qu'elle s'en est rendue compte.
11:14Et pour elle,
11:15la dispute qui s'ensuit,
11:16la morsure,
11:17les clés qu'on s'arrache,
11:18etc.,
11:18tout ça est lié au fait
11:19qu'Alexia veut partir.
11:20Elle ne croit pas
11:21qu'elle ait pu demander
11:23une relation sexuelle
11:24ce soir-là,
11:24dans ces conditions.
11:26Pour elle, ça ne tient pas.
11:27Et donc, elle,
11:27elle retient l'hypothèse maximale
11:29avec le viol
11:30et l'empoisonnement
11:30en plus du meurtre.
11:32Le procès,
11:33qui devait se terminer
11:34le vendredi soir,
11:35est prolongé d'une journée
11:36et le lendemain matin,
11:37le samedi,
11:38l'avocat général
11:38demande la peine maximale,
11:41la réclusion criminelle
11:42à perpétuité.
11:43La parole est à la défense.
11:45Que disent les avocats
11:47de Jonathan Daval ?
11:48Eux, ils expliquent
11:49que selon,
11:50on n'est pas du tout
11:51dans le cadre d'un féminicide,
11:53qu'il ne faut pas du tout
11:54politiser cette affaire
11:55ou la rendre
11:57emblématique
11:57de quoi que ce soit.
11:58Chaque cas est différent.
11:59Et pour eux,
12:00on n'est pas dans le cadre
12:00d'un crime de possession,
12:02comme on appelle,
12:02voilà,
12:03tu veux me quitter,
12:03je te tue
12:04parce que tu m'appartiens.
12:05Pour eux,
12:06ce n'est pas du tout ça.
12:07On est dans le cadre
12:07d'un couple
12:08qui avait des problèmes
12:10importants.
12:11Ça, ils le développent moins,
12:12mais on est quand même
12:12face à une personnalité
12:13très spéciale.
12:14Donc,
12:14ils expliquent que pour eux,
12:15voilà,
12:15c'est le type qui pète un plomb,
12:17il a une personnalité spécifique,
12:18il s'est retrouvé
12:18dans une situation spécifique
12:20et il explose
12:21à cause de ça.
12:22Et surtout,
12:23aussi,
12:24ils disent la perpétuité,
12:25c'est Guy Georges,
12:25c'est Francis Aume,
12:26là,
12:26on n'a pas Guy Georges.
12:27La perpétuité,
12:28ce n'est pas parce que
12:28c'est médiatique
12:29qu'il faut renoncer
12:30la perpétuité.
12:34Jonathan Daval
12:34prend la parole
12:35une dernière fois.
12:37Il va demander pardon,
12:38en fait,
12:38il se tourne vers la famille
12:40Fouillot
12:40et il les regarde
12:41droit dans les yeux
12:41et il leur dit
12:42pardon,
12:43pardon.
12:44Il est comment,
12:45à ce moment-là ?
12:45Il a l'air sincère,
12:47il est un peu défait,
12:50il est fatigué,
12:51il est très difficile
12:52à déchiffrer,
12:53en fait.
12:53Que se passe-t-il ensuite ?
12:54Comme à chaque fin
12:55de cour d'assises,
12:56les débats sont clos,
12:57officiellement,
12:57et puis le président
12:58de la cour d'assises
12:59lit le serment des jurés,
13:01en tout cas l'article
13:02de loi selon lequel
13:03on leur demande de juger
13:04selon leur intime conviction.
13:06Un peu plus de deux heures
13:08plus tard,
13:08vers 17h,
13:09la cour d'assises de Hudson
13:10rend son verdict.
13:12Jonathan Daval
13:13est condamné
13:14à 25 ans de prison.
13:15Ni lui,
13:16ni les parents d'Alexia,
13:17ni le parquet
13:18ne feront appel.
13:19Cette affaire
13:20est donc jugée
13:21de façon définitive.
13:23Je trouve que
13:24c'est une très bonne décision.
13:26C'est exactement
13:27ce que j'espérais,
13:28ce que j'escomptais.
13:30C'est à la hauteur
13:30de notre souffrance
13:32et ça va nous permettre
13:34de tourner une page.
13:37Louise Colcombé,
13:38après ce procès,
13:39beaucoup de questions
13:40restent sans réponse.
13:41Oui,
13:42ces fameuses crises d'Alexia,
13:44elle venait d'où ?
13:44Pourquoi ?
13:45Est-ce qu'elle prenait
13:46des médicaments en douce
13:47sans en parler à personne
13:48et en disant
13:48qu'elle ne s'autorisait
13:49même pas un doliprane ?
13:50Ou est-ce que
13:50c'est son mari
13:51qui lui donnait
13:51pour une raison
13:52qu'on ne connaît pas d'ailleurs ?
13:54Est-ce qu'il y a eu
13:54un viol ce soir-là ?
13:55Il y a des éléments
13:56qui sont quand même étranges.
13:57Et puis voilà,
13:58les raisons profondes
13:59de ce qui s'est dit
14:00ce soir-là,
14:01les mots exacts prononcés,
14:02est-ce qu'il y a été
14:03question de rupture,
14:03pas de rupture ?
14:04Est-ce que...
14:05Voilà,
14:05tout ça,
14:06ça reste un peu
14:07un mystère
14:08mais bon,
14:08on ne sait jamais tout
14:09dans un dossier.
14:10De toute façon,
14:10il y a toujours des choses
14:11qui restent sans réponse.
14:13D'après vous,
14:14pourquoi ce procès
14:15a fasciné autant de monde
14:16en France ?
14:17L'histoire avait fasciné,
14:18le procès,
14:19il a fasciné
14:19parce qu'au-delà
14:20des différentes versions,
14:22là,
14:22on se rend compte
14:23qu'on est face
14:23à un problème de couple,
14:24alors les gens
14:25s'identifient à ce couple,
14:26à ces problèmes.
14:27On s'identifie aussi
14:28aux parents d'Alexia
14:29qui ont été floués
14:31et puis on s'identifie
14:32aussi à Jonathan
14:33dont on a souvent
14:34pensé avant
14:35qu'il vivait sous le joug
14:37d'un tyran domestique.
14:38On se rend compte
14:38qu'Alexia,
14:39finalement,
14:39ce n'était pas non plus
14:41cette sorcière
14:42qui a pu être quasiment
14:43décrite avant.
14:44C'est beaucoup plus banal
14:45que ça et lui,
14:46on se rend compte
14:46qu'il a une personnalité
14:48très atypique
14:49mais la vraie question,
14:50c'est ce que tout le monde
14:51se pose toujours
14:52avec les dossiers criminels,
14:53c'est est-ce que
14:54moi je pourrais passer l'acte ?
14:56Qu'est-ce qui me différencie
14:57d'un Jonathan Daval ?
15:07Merci à Louise Colcombé.
15:09CodeSource est le podcast
15:11d'actualité du Parisien
15:12disponible chaque soir
15:13du lundi au vendredi.
15:15Cet épisode a été produit
15:16par Raphaël Pueyo
15:17et Thibaut Lambert,
15:18réalisation Julien Moncouquiol.
15:20Si vous aimez CodeSource,
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