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  • il y a 10 heures
La campagne de vaccination contre le Covid-19 avance plus lentement en France que chez certains de nos voisins européens et cela peut s'expliquer, en partie, par la défiance des Français contre les vaccins. Récit dans Code Source des débuts laborieux de la campagne.


Crédits : Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Conception et préparation : Raphaël Pueyo - Production : Sarah Hamny, Marion Bothorel et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian


Archives : BFM, Sud Radio, France 2, France Info, Huffington Post, Cnews.

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Transcription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:09La campagne de vaccination contre le Covid-19 a-t-elle été un échec en France ?
00:14Les deux spécialistes santé du Parisien, Elsa-Marie et Florence Méréo,
00:19refont le film des événements aujourd'hui dans Codesource.
00:26Ça va ?
00:27Très bien.
00:29Très bien.
00:30Ça va ?
00:32Très bien.
00:34Voilà, c'est l'idée.
00:35Hop.
00:38Le lundi 27 décembre, Morissette, 78 ans, devient la première personne vaccinée en France contre le Covid-19.
00:46Mais quatre jours plus tard, Elsa-Marie, le gouvernement, est la cible de plusieurs attaques.
00:50Parce que la campagne commence trop lentement.
00:52Quand Morissette s'est fait vacciner à la maison de retraite de Sevran,
00:55elle était la première et donc elle lançait le coup d'envoi de la vaccination en France.
00:59Mais quelques jours plus tard, le 31 décembre, on se rend compte que seules 332 personnes ont été immunisées en
01:04France,
01:05alors que nos voisins européens sont allés beaucoup plus vite.
01:07À titre d'exemple, l'Italie a déjà immunisé 9000 personnes, l'Allemagne 80 000.
01:12Et finalement, ce retard commence à interroger les médecins et les responsables politiques.
01:17Par exemple, le généticien Axel Kahn dit que c'est complètement contre-productif et qu'il faut absolument accélérer.
01:29L'Allemagne, comme d'autres pays européens, a commencé sa campagne de vaccination le même jour que la France.
01:35Oui, exactement le même jour, le 27 décembre.
01:38Ce qu'il faut savoir, c'est qu'au printemps, les 27 pays de l'Union européenne ont décidé de
01:42passer commande ensemble auprès des fabricants,
01:44par souci d'équité, mais aussi pour peser dans la balance des négociations.
01:48Et donc, chaque pays est approvisionné au prorata de sa population.
01:52Sauf que l'Allemagne, elle est partie bille en tête et elle n'a pas attendu le coup d'envoi
01:57de la vaccination pour se préparer.
01:59Et bien avant, elle a déjà déployé 440 vaccinodromes, donc des centres de vaccination sur son territoire.
02:05Elsa Marie, Florence Méréo, pour bien comprendre cette polémique, on va d'abord remonter au lundi 9 novembre dernier.
02:12Que se passe-t-il ce jour-là, Florence Méréo ?
02:14C'est un lundi assez sombre. L'Europe est redevenue l'épicentre de l'épidémie.
02:19La situation flambe, notamment en Espagne, en Italie et en France.
02:22Nous sommes en pleine deuxième vague avec, par exemple, 550 morts ce jour-là.
02:27Donc le climat, il est morose, il est austère.
02:30Et pourtant, le géant américain Pfizer va annoncer que le vaccin sur lequel il travaille est efficace à 90%.
02:37C'est une surprise, c'est un peu inespéré, parce que déjà cette annonce, elle va très vite, plus vite
02:43qu'attendu.
02:44Et surtout, jusqu'à présent, on se disait que si un vaccin était efficace à 50 ou à 60%, ce
02:50serait déjà très bien.
02:51À ce moment-là, que vous disent les médecins que vous contactez ?
02:53À la fois que c'est une sacrée bonne nouvelle, pour reprendre les termes d'un virologue, mais ils disent
02:58aussi prudence.
03:00On ne sait pas pour qui le vaccin est efficace, on ne sait pas s'il y a des effets
03:04secondaires, on ne sait pas combien de temps dure l'immunité.
03:07En clair, ils disent qu'on ne signe pas de chèque en blanc au vaccin.
03:13Le vaccin dévoilé par Pfizer utilise la technique de l'ARN messager. C'est quoi cette technique ?
03:18Ça diffère vraiment des vaccins classiques. Les vaccins classiques, d'habitude, on injecte du virus qui est atténué ou inactivé,
03:25afin que le corps produise des anticorps qui vont se défendre lors d'une attaque du virus.
03:30Là, c'est totalement différent. En fait, on ne met plus de fragments de virus, mais on en voit comme
03:36un mode d'emploi à nos cellules.
03:38Et c'est elles qui vont faire le boulot, c'est elles qui vont travailler.
03:41On appelle cela la technique de l'ARN messager. Messager parce qu'on va introduire un code génétique qui va
03:49donner des instructions à nos cellules pour faire face à une attaque du virus.
03:53Elsa Marie, cette technique de vaccination est décriée par certains médecins.
03:57Oui, c'est la première fois qu'on arrive à mettre au point un vaccin avec cette technologie-là.
04:01Et dès le début décembre, certains médecins controversés, comme l'infectiologue Christian Perron, critiquent cette technique en disant que ce
04:07n'est même pas un vaccin.
04:08Moi, là, je suis terrorisé parce que je me dis qu'on joue aux apprentis sorciers.
04:12On va nous faire de la thérapie génique déguisée, alors que normalement, ça devrait répondre à des lois très précises,
04:17à un encadrement, en nous faisant croire que c'est un vaccin.
04:20Et là, je dis que ce n'est pas possible. Il faut refuser catégoriquement ce type de vaccin, en tout
04:26cas dans l'état actuel des choses.
04:28Que les gens vont servir de cobayes et qu'en plus, ces vaccins modifient nos chromosomes et nos gènes et
04:34que ces anomalies, on peut les transmettre à ces enfants.
04:37C'est vrai ce qu'il a dit ?
04:38Non, c'est complètement faux. Et d'ailleurs, il a été démis de ses fonctions de chef de service à
04:42l'hôpital de Garche.
04:43Pourquoi la France a acheté ce vaccin ?
04:45La France a reçu ce vaccin parce que, tout simplement, c'était le premier qui était prêt.
04:53Le mardi 24 novembre, Emmanuel Macron s'adresse aux Français en plein second confinement.
04:58Il dévoile les grandes lignes de la campagne de vaccination.
05:01Florence Méréo, il promet plusieurs choses pour bien justement surveiller cette campagne.
05:05Oui, et notamment la création d'un comité scientifique pour suivre la campagne de vaccination.
05:10Ce soir-là, le président le dit, je veux garantir la sécurité sanitaire.
05:14Garantir la sécurité sanitaire.
05:16Il sait qu'il est attendu au tournant.
05:18Les Français veulent un vaccin efficace, mais également sûr.
05:22Et donc, finalement, on sait que celui-ci va être surveillé.
05:25La vaccination doit se faire de manière claire, transparente, en partageant à chaque État toutes les informations.
05:32Ce que nous savons, comme ce que nous ne savons pas.
05:36Notamment en publiant chaque semaine un bulletin qui dit si oui ou non il y a des effets secondaires.
05:42Et aussi la mise en place de centres qui vont surveiller de près ce vaccin.
05:47Ça s'appelle des centres de pharmacovigilance.
05:48Il y en a 31 en France.
05:50Le président de la République annonce aussi la création d'un collectif de 35 citoyens tirés au sort, chargés d
05:56'accompagner la vaccination.
05:58Elsa Marie, quel est leur rôle ?
06:00Leur rôle, c'est d'être un relais des questions de la population.
06:03À travers ce petit échantillon représentatif de la population, le gouvernement cherche à comprendre les freins, les doutes qui empêchent
06:09justement d'adhérer à la vaccination.
06:10Et ils vont permettre, par leur travail, d'améliorer la stratégie vaccinale.
06:14Comment convaincre les Français ? C'est absolument indispensable.
06:16Je rappelle que la France, c'est quand même le pays le plus sceptique au monde sur les vaccins.
06:21Dès le début de la campagne vaccinale, les sondages montrent que 50% des Français sont hostiles à se faire
06:26immuniser.
06:27Florence Méréo, le 30 novembre, la Haute Autorité de Santé dévoile son plan de vaccination.
06:32Quelle est sa stratégie ?
06:34En fait, elle va donner les différentes étapes de la vaccination et elle va en annoncer cinq.
06:39Les top prioritaires, ce sont les résidents des EHPAD et leurs soignants.
06:43Parce que ce sont des personnes qui vivent en collectivité et également, ce sont les personnes les plus à risque
06:48de faire une forme grave du Covid.
06:49Donc là, c'est 840 000 personnes.
06:52Ensuite, elle va dire que c'est aux soignants de plus de 50 ans et aux plus de 75 ans
06:56de se faire vacciner.
06:57Progressivement, on va faire les plus de 65, tous les soignants, les personnes vulnérables.
07:01Et enfin, ce qui représente quand même près de 25 millions de Français, les 18-50 ans.
07:06À ce moment-là, il n'y a pas encore de calendrier avancé.
07:09En Angleterre, tout va plus vite.
07:11Dès le 2 décembre, Pfizer obtient une autorisation de mise sur le marché de la part des autorités britanniques.
07:16Et la vaccination débute le 7 décembre.
07:19Une livraison comme les autres en apparence, par un camion frigorifique, dans cet hôpital de la banlieue sud de Londres.
07:26Chacune de ces boîtes contient des vaccins.
07:31Elsa-Marie, pourquoi est-ce que ça prend plus de temps en France ?
07:34Parce que la France est soumise aux règles de l'Agence européenne du médicament.
07:38Alors qu'à ce moment-là, l'Angleterre est sortie de l'Union européenne.
07:42Elle passe par une procédure d'urgence pour s'appuyer que sur son agence du médicament britannique.
07:48Et donc, elle peut aller plus vite.
07:49En France, on entend souvent parler de transparence, de précaution.
07:53Le gouvernement ne veut pas revivre le scandale provoqué par la pénurie des masques au début de l'épidémie, c
07:58'est ça ?
07:58Le problème des masques et les débuts poussifs sur les tests a marqué tous les Français.
08:01Et là, le gouvernement le sait, il ne peut pas se louper sur la vaccination.
08:05On parle beaucoup du mot de transparence qui devient un impératif, d'ailleurs, pour citer le Premier ministre Jean Castex.
08:10Alain Fischer, qui est monsieur vaccin, lorsqu'il prend la parole la première fois le 3 décembre, ne cache pas
08:16sa prudence.
08:16Et il dit aux Français, voilà, pour l'instant, on n'a que des communiqués de presse de la part
08:20des industriels.
08:21Et moi, j'attends avec impatience les publications scientifiques.
08:23Il ne faudrait pas que les vaccins soient mis à disposition et que l'on commence à vacciner des personnes
08:29sans que toutes les mesures de sécurité et d'évaluation n'aient été prises.
08:32On a l'impression que ces mots, transparence, précaution, deviennent des éléments de langage qui sont martelés par le gouvernement.
08:38Florence Méréo, pour comprendre pourquoi le gouvernement est aussi précautionneux, il faut remonter à 2009.
08:43Il y a une autre pandémie qui sévit dans le monde, c'est la grippe H1N1.
08:48Et en France, comme dans beaucoup de pays, une campagne massive de vaccination va être organisée, sauf qu'elle va
08:55être un fiasco total.
08:57H1N1, c'est 8,5% de la population qui est vaccinée.
09:00À titre d'exemple, en Suède, c'est 65% ou aux Etats-Unis, 23%.
09:05Il y a énormément de doses de vaccins qui vont être jetées à la poubelle.
09:0894 millions de doses du vaccin contre la grippe A, commandé en 2009, mais pour la plupart inutilisent.
09:15Et finalement, ça va laisser des traces dont on paye aujourd'hui encore les pots cassés.
09:19Est-ce que ce fiasco a une influence vraiment sur la campagne de vaccination aujourd'hui contre le Covid ?
09:25Oui, quand le gouvernement valide la stratégie de la vaccination contre le Covid, le spectre de 2009, il est dans
09:31tous les esprits.
09:32Dans celui des généralistes qui le disent, ne commettons pas l'erreur de H1N1.
09:37Mais également dans la tête du ministre de la Santé, Olivier Véran.
09:41Parce que pour l'anecdote, en 2009, Olivier Véran, il est tout jeune et il est alors président du syndicat
09:47des internes en médecine.
09:48Et en 2009, Olivier Véran, il va monter au créneau contre les vaccinodromes du gouvernement.
09:53Et d'ailleurs, quand on lui pose la question en décembre, si des vaccinodromes seront installés en France, on sent
09:59bien que le mot est totalement tabou.
10:03Elsa Marie, le 22 décembre, vous faites un long papier dans le Parisien sur les anti-vaccins.
10:08Et malgré les efforts de transparence du gouvernement, il semble de plus en plus nombreux.
10:13Oui, la fronde anti-vax prend une ampleur inquiétante en France.
10:16Il y a des centaines de groupes Facebook qui relaient des fake news.
10:19Il y a des médecins qui sont menacés de mort.
10:21Et donc parmi cette petite galaxie qui est assez hétéroclite, on trouve surtout des jeunes et des électeurs d'extrême
10:27droite et d'extrême gauche.
10:28Une chose est sûre, il y a des citoyens qui sont chargés de débusquer ces fake news sur les réseaux
10:34sociaux,
10:34qui nous disent qu'avant, c'était une vague anti-vax avant l'épidémie.
10:38Et maintenant, ils parlent carrément d'un tsunami.
10:40Et à l'occasion de ce reportage, vous travaillez sur des citoyens qui se sont réunis sur Internet pour essayer
10:44justement de contrer les fausses informations.
10:46Oui, ce sont des ponts de la médecine, des pharmaciens, des représentants d'associations.
10:50Ils essayent de dire comment on va faire pour convaincre les gens d'adhérer à la vaccination.
10:54Pas le noyau dur des anti-vax, c'est 5 à 10% des Français, ils savent que c'est
10:58peine perdue.
10:59Une piste intéressante qui émerge, c'est celle de faire appel aux témoignages de jeunes qui ont souffert du Covid.
11:05Parce qu'on sait que ça marche en fait, les témoignages.
11:07Et c'est d'ailleurs la technique des anti-vaccins.
11:09Souvent, ils font appel à des gens qui ont été malades à cause des vaccins, ils en font un témoignage.
11:12Et on se rend compte que le message émotionnel passe beaucoup plus que le rationnel.
11:16Et c'est donc cette piste de la corde sensible qui va être exploitée.
11:19Florence Méréo, en plus de devoir convaincre les Français d'adhérer à sa politique vaccinale,
11:25le gouvernement doit faire face à un autre défi, un défi logistique.
11:29Il faut savoir que depuis leur lieu de fabrication en Belgique, jusqu'à leur arrivée dans les centres de vaccination,
11:35les vaccins, et notamment celui de Pfizer, doivent être conservés à une température de moins 70 degrés.
11:41C'est beaucoup moins 70 degrés, ça demande des techniques à part et notamment des super congélateurs.
11:48Alors aujourd'hui, il y en a environ une centaine en France sur le territoire.
11:51Ça coûte très cher, c'est compliqué à faire livrer.
11:54Donc c'est vrai que c'est toute une logistique qui doit se mettre en place.
11:57Et c'est pour cela aussi aujourd'hui que l'on attend des vaccins plus souples d'utilisation,
12:02comme celui d'AstraZeneca, dont l'autorisation devrait être donnée à la fin du mois.
12:10On en revient au point de départ de cet épisode.
12:12Le lundi 27 décembre, la campagne de vaccination commence un peu partout en Europe.
12:17Mais dans les jours qui suivent, en France, le gouvernement est critiqué pour sa lenteur.
12:22Il y a comme une espèce d'incompréhension.
12:24On ne comprend pas pourquoi est-ce que ça va aussi lentement.
12:28Des piqûres au compte-goût en France.
12:30Depuis ce dimanche, moins d'une centaine de résidents et de soignants d'EHPAD
12:34ont reçu les premiers vaccins contre le coronavirus.
12:37Cela représente 0,000008 dose injectée pour 100 habitants, l'un des taux les plus bas du monde.
12:44Est-ce une impréparation ?
12:46Il y a aussi des critiques sur la bureaucratie, la technocratie qui se mettent en place.
12:50Et notamment l'ancien ministre de la Santé, Jean-François Maté, qui dit
12:53« Maintenant, il faut que les décisions soient prises et il faut donner les clés aux maires
12:56pour qu'ils organisent leur vaccination en France. »
12:58Et puis, il y a aussi un petit problème, justement, de transparence,
13:02alors que c'était le maître mot.
13:03À ce moment-là, on ne sait pas de combien de doses on dispose de vaccins.
13:07Et par territoire, on ne sait pas combien il y en a à Marseille, à Lyon ou encore à Lille.
13:12Dans nos colonnes, Xavier Bertrand, l'ancien ministre de la Santé
13:16et aujourd'hui président de la région Hauts-de-France,
13:19va même jusqu'à déclarer que, par sa stratégie de vaccination,
13:23le président Macron a commis une faute gravissime
13:26et qu'il devra s'en expliquer devant les Français.
13:28Olivier Véran, le ministre de la Santé, commence par assumer ce délai.
13:31« Les Allemands ont fait un choix, ils ont mis en place des grands vaccinodromes.
13:34On avait essayé en 2011 en France, ça n'avait pas marché.
13:37Et nous avons fait en France un autre choix que je revendique,
13:39qui est de nous appuyer sur les médecins.
13:41Et donc, ça prend un peu plus de temps au démarrage.
13:43Ce délai, je l'assume, il est même revendiqué.
13:45C'est le temps de l'explication, le temps de la pédagogie.
13:48Nous protégerons de la même manière l'ensemble des publics vulnérables
13:51et nous aurons en plus, je l'espère, gagné de la confiance et de l'adhésion à la vaccination.
13:58Mais le 31 décembre, sur Twitter, Elsa-Marie, il change complètement de cap.
14:02Il publie 12 tweets dans lesquels il explique que la France a pris du retard,
14:07mais il tente de rassurer et surtout, il accélère sur la vaccination
14:10puisqu'il annonce que dès le lundi, les soignants de plus de 50 ans pourront se faire immuniser.
14:15On sent qu'il est quand même sous le feu des critiques,
14:17qu'il a la pression et qu'il veut donner des gages à la population.
14:21Olivier Véran va aussi changer d'avis sur les fameux vaccinodromes françaises.
14:25Oui, mais alors sans jamais prononcer le nom de vaccinodrome,
14:29il va annoncer la création de centres de vaccination et aujourd'hui, il y en a environ 800 en France.
14:35Et au moment de ses voeux, Emmanuel Macron, face aux Français à la télévision,
14:38se montre très clair en annonçant, je cite, qu'il ne laissera pas s'installer une lenteur injustifiée.
14:45Absolument, il est 20h12 lorsque tombe le sujet de la vaccination.
14:48Et là, le président, on sent qu'il se crispe un petit peu.
14:52Il prend un air contrarié, un ton ferme et il va dire effectivement cette phrase.
14:57Je vous le dis avec beaucoup de détermination ce soir.
15:00Je ne laisserai personne jouer avec la sûreté et les bonnes conditions dans lesquelles la vaccination doit se faire.
15:07Et je ne laisserai pas davantage, pour de mauvaises raisons, une lenteur injustifiée s'installer.
15:12C'est-à-dire qu'il sonne un petit peu la fin de la récré et il dit « la
15:16lenteur, maintenant, c'est terminé ».
15:18À ce moment-là, Olivier Véran annonce que plus d'un million de personnes seront vaccinées fin janvier.
15:23Pourtant, Florence Méréo, le 3 janvier, vous publiez une interview de William Dab, épidémiologiste et professeur de médecine.
15:30Et il se montre plus que réservé.
15:32William Dab, c'est aussi l'ancien directeur général de la santé, donc il connaît très bien ses dossiers.
15:37C'est le poste qu'occupe actuellement Jérôme Salomon, vous savez, monsieur coronavirus.
15:42Et William Dab, ce qu'il dit, c'est « maintenant, on arrête de se payer de mots, on agit
15:46».
15:46Il va déclarer « soit le gouvernement croit en ce vaccin et il faut y aller, soit il n'y
15:51croit pas et il faut le dire, tout simplement ».
15:53Et comme il aime beaucoup les chiffres, William Dab, il s'est amusé à faire un petit calcul.
15:57Et il voit que si on continue sur ce rythme de vaccination, dans 5000 ans, on y sera encore.
16:03Elsa-Marie, le jour où nous enregistrons cet épisode, le lundi 18 janvier, combien de personnes sont vaccinées contre le
16:10Covid-19 en France ?
16:11À peu près 420 000 personnes, sauf que l'Allemagne, elle, elle a déjà passé le million.
16:15Est-ce qu'on peut dire aujourd'hui que la campagne de vaccination en France est un échec ?
16:19En tout cas, on peut dire qu'elle l'interroge par sa lenteur, en dehors du défi logistique ou du
16:23consentement dans les EHPAD.
16:25C'est vrai qu'on a l'impression que le gouvernement a été paralysé par la défiance vaccinale et qu
16:30'il a préféré y aller à tâtons.
16:31Ensuite, il a accéléré. Il y a eu les personnes, les soignants de plus de 50 ans, puis les personnes
16:36de 75 ans.
16:37Et depuis ce lundi aussi, les personnes à haut risque de développer des formes graves, comme les personnes qui ont
16:42des cancers.
16:43Mais on a l'impression d'une certaine improvisation.
16:45Une bonne nouvelle, c'est que l'adhésion à la vaccination, elle augmente.
16:48Donc ça, c'est vraiment important.
16:50Et puis la course est loin d'être finie.
16:52Donc on aura la réponse d'ici quelques mois.
16:54Florence Méréo, l'apparition des nouveaux variants anglais et sud-africains, qu'est-ce qu'elle peut changer sur la
17:00stratégie de vaccination en France ?
17:02Ça peut totalement changer la donne parce que ces nouveaux variants, ils inquiètent énormément puisqu'en fait, ils sont soupçonnés
17:08de rendre le virus beaucoup plus contagieux.
17:11Donc ça dit plusieurs choses.
17:12Ça dit qu'il y a une urgence à vacciner avant que le variant soit totalement installé en France, comme
17:17il l'est par exemple en Angleterre.
17:19Mais ça peut aussi entraîner une évolution de la stratégie vaccinale.
17:23Ce week-end, Alain Fischer, qui est le monsieur vaccin du gouvernement, nous disait même que si la contagiosité était
17:30confirmée, peut-être qu'un jour, il faudrait vacciner les enfants.
17:34Florence Méréo, on l'a vu au début, on a beaucoup parlé en tout cas dans l'actualité des anti
17:38-vaccins, des gens qui avaient peur de ce vaccin.
17:39Comment a évolué la volonté des Français de se faire vacciner ?
17:43Alors si l'on en croit les sondages, et en ce moment, ils sont nombreux à se pencher sur cette
17:47question, les Français sont devenus majoritairement favorables à la vaccination.
17:52C'est-à-dire qu'avant le début, il y en avait environ 45% qui disaient être pour et
17:56qu'aujourd'hui, on est passé à près de 55%.
17:59On sait que les sondages peuvent être un petit peu volatiles, mais en tout cas, ça nous donne quand même
18:04une bonne indication.
18:05Et il y a aussi beaucoup de médecins généralistes qui disent qu'avant, dans leur cabinet, ils avaient énormément de
18:10questions, un petit peu de défiance vaccinale,
18:12et qu'aujourd'hui, leurs patients sont majoritaires à vouloir recevoir l'injection.
18:25Merci Elsa Marie, Florence Méréo, je précise que ce podcast a été enregistré avant qu'on apprenne que 5 personnes
18:32de plus de 75 ans sont mortes après avoir été vaccinées.
18:36Sur ce sujet, je vous invite à lire sur leparisien.fr l'article d'Yves Leroy, daté du 20 janvier.
18:42Covid-19, faut-il s'inquiéter des décès post-vaccination en France ?
18:47Code source et le podcast d'actualité du Parisien, disponible chaque soir du lundi ou vendredi.
18:52Pour ne rater aucun épisode, abonnez-vous sur Apple Podcast ou Google Podcast, par exemple.
18:58Cet épisode a été produit par Sarah Amny, Marion Bottorel et Thibaut Lambert.
19:03Réalisation, Julien Moncoupiole.
19:13Sous-titrage Société Radio-Canada
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