- il y a 10 heures
- #faussecouche
- #temoignage
Après deux fausses couches, elle est aujourd’hui mère de deux enfants. Mais Diane Léonor veut continuer à parler de ce sujet, qui concernerait une Française sur quatre. Témoignage.
Dans ce podcast : Le 10 février le Parisien a consacré une enquête à la question encore tabou des fausses couches. On en parle peu souvent mais en moyenne, dans le monde, 15 % des grossesses aboutissent à une fausse couche selon une étude d'avril 2021 de la revue médicale britannique The Lancet. On estime qu'en France une femme sur quatre sera concernée au moins une fois au cours de sa vie. Aujourd'hui de nombreuses femmes veulent briser ce tabou pour ne pas se sentir isolées dans cette épreuve. Parmi elles Diane Léonor, 36 ans elle témoigne dans cet épisode de Code source au micro d’Ambre Rosala.
Diane Léonor m’accueille chez elle dans le 20e arrondissement de Paris avant sa journée de travail. Elle est cadre dans une grosse entreprise internationale et vit à Paris depuis presque quinze ans, mais elle me raconte qu'elle est née en 1984 dans le sud-ouest de la France où elle grandit avec ses deux parents et ses deux sœurs.
Après son bac Diane part faire des études de commerce à Rouen en Normandie. Elle arrive à Paris quand elle a 23 ans et elle s'installe avec sa petite sœur…
Pour en savoir plus : https://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/fausses-couches-diane-temoigne-pour-briser-ce-vrai-tabou-30-03-2022-VKYXITC36NAYPF3RQ6ALQXMV3I.php
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Clara Garnier-Amouroux, Sarah Hamny, Marion Bothorel et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian.
#faussecouche #témoignage
Dans ce podcast : Le 10 février le Parisien a consacré une enquête à la question encore tabou des fausses couches. On en parle peu souvent mais en moyenne, dans le monde, 15 % des grossesses aboutissent à une fausse couche selon une étude d'avril 2021 de la revue médicale britannique The Lancet. On estime qu'en France une femme sur quatre sera concernée au moins une fois au cours de sa vie. Aujourd'hui de nombreuses femmes veulent briser ce tabou pour ne pas se sentir isolées dans cette épreuve. Parmi elles Diane Léonor, 36 ans elle témoigne dans cet épisode de Code source au micro d’Ambre Rosala.
Diane Léonor m’accueille chez elle dans le 20e arrondissement de Paris avant sa journée de travail. Elle est cadre dans une grosse entreprise internationale et vit à Paris depuis presque quinze ans, mais elle me raconte qu'elle est née en 1984 dans le sud-ouest de la France où elle grandit avec ses deux parents et ses deux sœurs.
Après son bac Diane part faire des études de commerce à Rouen en Normandie. Elle arrive à Paris quand elle a 23 ans et elle s'installe avec sa petite sœur…
Pour en savoir plus : https://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/fausses-couches-diane-temoigne-pour-briser-ce-vrai-tabou-30-03-2022-VKYXITC36NAYPF3RQ6ALQXMV3I.php
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Clara Garnier-Amouroux, Sarah Hamny, Marion Bothorel et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian.
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le 10 février, le Parisien a consacré une enquête à la question encore tabou des fausses couches.
00:17On en parle peu souvent, mais en moyenne dans le monde, 15% des grossesses aboutissent à une fausse couche,
00:23selon une étude d'avril 2021 de la revue médicale britannique The Lancet.
00:28Et on estime qu'en France, une femme sur quatre sera concernée au moins une fois au cours de sa
00:34vie.
00:35Aujourd'hui, de nombreuses femmes veulent briser ce tabou pour ne pas se sentir isolées dans cette épreuve.
00:39Parmi elles, Diane Léonore, 36 ans. Elle témoigne dans cet épisode de Codesource au micro d'Ambre Rosada.
00:51Diane Léonore m'accueille chez elle, dans le 20e arrondissement de Paris, avant sa journée de travail.
00:56Elle est cadre dans une grosse entreprise internationale et vit à Paris depuis presque 15 ans.
01:01Mais elle me raconte qu'elle est née en 1984, dans le sud-ouest de la France,
01:06où elle grandit avec ses deux parents et ses deux sœurs, l'une plus grande et l'autre plus petite
01:11qu'elle.
01:13Enfant, je dirais que j'étais une petite fille joyeuse, pleine de vie.
01:17J'adorais les bijoux et les choses qui brillent.
01:21Je me souviens très bien que j'accumulais des bracelets en plastique rose pétard,
01:26que j'adorais mon pendentif dauphin et mon pendentif mini.
01:30Et à la fois, comme j'ai grandi à la campagne, j'étais très proche de la nature.
01:36J'étais vraiment ancrée dans la terre.
01:37Et donc j'adorais partir à vélo sur des chemins que je ne connaissais pas et retrouver ma route après.
01:43Donc j'avais un peu ce côté également aventure.
01:47Après son bac, Diane part faire des études de commerce à Rouen, en Normandie.
01:51Elle arrive à Paris quand elle a 23 ans et elle s'installe avec sa petite sœur.
01:55Et ma petite sœur était désespérée que je sois seule.
01:59Elle ne comprenait pas pourquoi j'étais seule, ça faisait pas mal de temps.
02:02Et du coup, elle avait décidé de me faire rencontrer quelqu'un.
02:06Donc elle avait demandé à un de ses collègues qui était plus âgé qu'elle,
02:09de me faire rencontrer des personnes.
02:11Et puis il disait toujours oui, oui, mais il ne faisait jamais rien.
02:15Et un jour, ma petite sœur lui a dit,
02:17« Mais en fait, tu n'as pas de parole, tu ne présentes personne à ma sœur. »
02:21Et donc piqué au vif, le lendemain, il organisait un verre.
02:25Avec un de ses amis et ma sœur.
02:28Et moi, j'ai été vraiment très loin de savoir tout ça.
02:32Donc je suis allée à ce verre complètement innocente.
02:35Je ne savais pas du tout ce qui se tramait.
02:37Et finalement, j'ai rencontré mon mari.
02:40Quelque chose de complètement arrangé, mais qui a fonctionné.
02:45Diane a 28 ans quand elle se met en couple avec Maxime.
02:47Et c'est tout de suite une évidence entre eux.
02:49Ils aiment tous les deux voyager.
02:51Et ils découvrent ensemble le Pérou, le Sri Lanka, la Turquie ou encore l'Inde.
02:57Puis en 2017, quand Diane a 32 ans, il décide de fonder une famille.
03:02Diane arrête sa contraception.
03:04Et quand elle fait un test de grossesse quelques mois plus tard,
03:07il y a bien une deuxième barre qui s'affiche pour indiquer qu'elle est enceinte.
03:11Mais celle-ci est vraiment très pâle.
03:16Ce n'est pas du tout l'effusion de joie à laquelle on aurait pu s'attendre.
03:21C'était plutôt de la retenue.
03:22Parce qu'on se disait, je suis peut-être enceinte,
03:25mais vraiment, ce n'est pas très significatif.
03:27Qu'est-ce que veut dire le test ?
03:28Donc je me suis rendue dans une pharmacie.
03:30J'en ai parlé à une pharmacienne.
03:31Elle m'a dit, non, mais laissez tomber.
03:33Si vous avez une ordonnance, allez directement faire une prise de sang.
03:36Donc j'ai fait cette prise de sang.
03:38C'était un samedi.
03:39On allait avoir les résultats l'après-midi.
03:40Mais mon mari partait à l'étranger et revenait le jeudi suivant.
03:45Et on s'est dit que c'était un moment de bonheur qu'on voulait vivre à deux.
03:48J'étais quand même assez persuadée que j'étais enceinte.
03:50Et donc on s'est dit qu'on ouvrirait les résultats ensemble, à son retour.
03:54Diane commence à se préparer à l'idée d'avoir un bébé.
03:57Un jour, au travail, elle appelle une amie pour se renseigner sur la maternité
04:01qu'elle pourrait choisir pour accoucher.
04:03Et en discutant avec son amie, elle ressent soudain le besoin très fort d'ouvrir les résultats
04:08de ses analyses, alors même qu'elle a déjà attendu plusieurs jours et que son mari doit
04:13rentrer de son déplacement le soir même.
04:15Donc je me mets dans une petite salle à côté de l'open space, qui est une salle complètement
04:21vide, sans bureau, sans chaise.
04:24Je m'assois par terre, à même la moquette, je colle mon dos contre le mur, je mets le haut
04:29-parleur,
04:30j'ouvre l'enveloppe et je lis les résultats.
04:32Et je me rends compte que mon taux de bêta-HCG, qui est le taux d'hormones présents dans les
04:38urines, est complètement discordant par rapport à mon nombre de semaines d'aménorée présumées.
04:42Les semaines d'aménorée désignent la période sans règles avant la fécondation.
04:46Et selon les dernières règles de Diane, elle devrait avoir beaucoup plus d'hormones présentes
04:51dans ses urines que ce qu'elle découvre.
04:54Donc j'en parle à mon amie, elle me dit, soit tu es en début de grossesse, soit je ne
04:59sais
04:59pas trop, si tu veux, je te donne le numéro d'une sage-femme.
05:01J'appelle cette sage-femme et là, je lui parle et elle m'explique qu'effectivement,
05:07soit je suis dans un début de grossesse, soit je suis en train de faire une fausse couche.
05:12On discute beaucoup et elle n'est pas du tout alarmiste.
05:15Elle me dit bien qu'en fait, à ce stade, on ne peut pas conclure, qu'on ne sait pas
05:18et qu'il faut attendre.
05:20Et le soir même, j'ai rendez-vous avec mon médecin généraliste que je vais voir et je me dis
05:24qu'il va pouvoir me prescrire de nouveaux examens.
05:27Et mon médecin généraliste, à ce moment-là, est en vacances et c'est une remplaçante.
05:30Et quand je lui dis mon taux de bêta-HCG et mon nombre de semaines amélioré, tout de
05:35suite, elle me dit que je suis en train de faire une fausse couche, qu'il y a très
05:39peu de chances que cette grossesse soit évolutive.
05:43En fait, elle a tout de suite commencé à me parler de pilules abortives, de curtage,
05:48d'hôpital, d'urgence et c'était d'une violence inouïe.
05:55Et je suis sortie de cette consultation, mais complètement sonnée, complètement sidérée,
06:02titubante, en n'étant vraiment pas sûre de mon équilibre et je suis rentrée chez
06:06moi vraiment en étouffant mes sanglots.
06:10Donc je suis chez moi, je suis assise sur mon canapé et j'attends que mon mari rentre.
06:16Le jeudi soir, j'entends la clé tourner dans la serrure et la première question que mon
06:22mari me pose, c'est « on ouvre les résultats ? »
06:26Hyper enthousiaste.
06:27Et là, je fends en larmes et je lui dis « mais les résultats ne sont pas bons, je
06:30suis bien enceinte, mais je suis en train de faire une fausse couche. »
06:36Diane doit faire une deuxième prise de sang quelques jours plus tard, puis elle va faire une
06:40échographie pour qu'un médecin puisse trancher s'il s'agit vraiment d'une fausse couche ou non.
06:46Là, il y a un médecin qui arrive un peu comme dans un coup de vent, qui se présente
06:49rapidement et qui commence à m'examiner.
06:52Et en fait, ce qu'on voit à l'échographie, c'est qu'il y a bien une grossesse, que
06:56l'utérus
06:57s'est bien épaissi pour accueillir un bébé.
06:59On voit un embryon, qu'il est bien positionné dans l'utérus et qu'en fait, tout va bien.
07:04Et il me dit « c'est simplement à confronter avec un nouveau dosage de bêta HCG et justement,
07:08j'ai les résultats qui arrivent du laboratoire et qui ont bien bien augmenté.
07:12Donc en fait, tout va bien. »
07:15Diane est soulagée et avec son mari, ils annoncent cette grossesse à leur famille.
07:20Deux semaines après sa première échographie, Diane retourne voir le même radiologue pour
07:25une échographie de datation et il commence à l'examiner.
07:32Je vois qu'il prend des mesures, puis tout à coup, il me dit « c'est petit, c'est
07:38trop petit ».
07:40Donc je lui dis « donc ça veut dire que la grossesse n'évolue pas bien ». Et il me
07:44dit
07:44« non, malheureusement, ça n'évolue pas bien, croyez-moi, je fais ça toute la journée,
07:47il va falloir que vous preniez une pilule abortive ou alors faire un curetage, il va falloir que
07:54vous vous rendiez aux urgences, etc. »
07:56Ce médecin, il était gentil.
07:58Je veux dire, il m'a tapoté le bras d'un air gentil en me disant « je suis désolée,
08:05votre grossesse n'est pas évolutive, il va falloir que vous alliez aux urgences. »
08:11Et vite après, il est parti ! Donc en fait, vous vous retrouvez complètement seul, dans le noir,
08:17dans cette toute petite salle sans fenêtres, avec cette nouvelle que vous portez. Et c'est super dur !
08:27Diane annonce cette nouvelle difficile à Maxime. Puis elle va voir sa sage-femme qui lui explique les
08:33différents moyens de mettre fin à sa grossesse. Elle lui dit qu'en plus de la pilule abortive
08:38et du curetage, il existe une troisième manière, celle d'attendre que le corps de Diane rejette
08:44lui-même la grossesse de manière naturelle.
08:47Cette troisième voie, elle m'a paru être une évidence. Et j'ai choisi de ne pas me précipiter
08:53sur une pilule, de ne pas faire une anesthésie générale pour me séparer de cette grossesse,
08:59mais d'attendre. Et ça a été pour moi salvateur parce que j'avais besoin de me faire à l
09:06'idée
09:07que j'allais perdre physiquement ce bébé.
09:09Diane et Maxime décident donc d'attendre. Et sur les conseils de leur sage-femme, ils
09:14choisissent de maintenir le voyage qu'ils avaient prévu en Islande et partent quelques jours plus tard.
09:19Le deuxième ou troisième jour, on va dans des bains chauds en pleine nature. Donc on se plonge
09:26dans cette eau chaude qui fait du bien, dans cette nature magnifique. Et au bout d'une heure,
09:34on rentre par un chemin de traverse et je sens, je commence à sentir du sang couler. Et donc je
09:42saigne, je saigne, je saigne. Je n'ai pas trop mal. J'étais extrêmement sereine sur ce qui était en
09:50train de se passer. J'étais vraiment dans une nature extraordinaire. J'étais en train de vivre un
09:56process naturel dans une nature qui, j'avais l'impression, me protégeait. Et je n'étais pas
10:03seule. J'étais vraiment accompagnée de mon mari et je pouvais partager avec lui tous mes ressentis
10:09émotionnels et physiques. On a vécu cette fausse couche à deux. On était ensemble. Et donc ce qui était
10:15important pour moi aussi, c'était que mon mari n'était pas du tout en train de banaliser ce que
10:19j'étais en train de vivre. Il était en train de le vivre avec moi. Et ça a été crucial
10:23après pour
10:25la suite de l'aventure. À leur retour d'Islande, Diane fait une échographie pour vérifier qu'elle est
10:31en bonne santé après sa fausse couche. Puis il décide, avec son mari, de tout de suite réessayer
10:37d'avoir un bébé. Et Diane tombe à nouveau enceinte en novembre 2017. Tout allait bien. Donc j'étais
10:44assez confiante et sereine. Et quelques jours avant de faire ma première échographie du premier trimestre,
10:53là je commence à avoir quelques pertes de sang qui m'emmènent aux urgences. Je suis avec mon époux
11:00qui m'accompagne. On fait une échographie et ce que je vois à l'écran est complètement discordant par
11:04rapport au nombre de semaines d'aménorrhée. J'aurais dû voir un bébé en fait à l'écran et je
11:08voyais pas du tout un bébé. Je voyais un sac gestationnel et je voyais pas un bébé formé
11:14à l'intérieur. Donc je savais que c'était fini. Tout de suite j'ai su que c'était fini.
11:19Et l'interne
11:19qui nous a reçu nous a dit il faut encore attendre, refaire un autre examen. Et je me souviens de
11:24lui
11:24avoir donné les dates les unes après les autres et de lui avoir dit non en fait il n'y
11:29a pas besoin de
11:29faire un autre examen, c'est fini. Et ça m'a fait beaucoup de bien quand elle a dit effectivement
11:35avec ce que vous êtes en train de me dire, il y a très très peu de chances que votre
11:38grossesse
11:39soit évolutive. Ça m'a fait du bien en fait qu'elle reconnaisse ça, ça m'a fait du bien.
11:43Et donc les
11:44sentiments que j'ai pu éprouver c'était effectivement de la tristesse, de la colère, de la culpabilité
11:51parce que tu dis pourquoi ça nous arrive deux fois à nous. Et puis t'as surtout un énorme sentiment
11:57d'impuissance parce que tu peux juste rien faire.
12:01Diane décide à nouveau de laisser la fausse couche se dérouler naturellement sans
12:05prendre de pilules contraceptives. Et quelques jours plus tard, alors qu'elle rentre du travail,
12:11elle commence à avoir mal.
12:13J'ai commencé à avoir des douleurs au ventre, au bas-ventre assez importantes. Mon mari était
12:19rentré et là je faisais des allers-retours entre les toilettes et ma chambre. Et j'ai vraiment eu
12:27besoin à un moment donné de m'allonger sur mon lit. J'avais les mains croisées sous mon ventre et
12:33j'étais obligée de bouger. Je bougeais à gauche, à droite et je grognais dans mon oreiller. On aurait
12:39vraiment dit une bête sauvage blessée. Et ce qui était assez étonnant, c'est que tout à coup,
12:48les douleurs se sont arrêtées. Et donc tout à coup, je me suis rassis sur le bord de mon lit
12:54en me
12:54disant, est-ce que ce que je suis en train de vivre, c'est un rêve, un cauchemar ? Est
12:59-ce que
12:59j'ai vraiment vécu ce que je suis en train de vivre ? Et puis tout à coup, retour à
13:04la normale,
13:05donc plus de douleurs, vraiment très particulière.
13:08Diane et Maxime voudraient faire des tests pour comprendre pourquoi ils n'arrivent pas à faire
13:12d'enfants. Mais leur médecin leur dit que ce n'est pas la peine de s'inquiéter tout de suite
13:16et qu'ils
13:17devraient réessayer. Et en février 2018, Diane tombe enceinte pour la troisième fois. Elle et
13:24Maxime sont très heureux, mais elle angoisse à l'idée de faire une nouvelle fausse couche.
13:29À nouveau, à peu près au même moment, juste avant l'échographie du premier trimestre, je recommence à
13:36avoir des saignements et je me souviens, on était dans un état avec mon mari, on s'est dit mais
13:39c'est
13:40pas possible quand on va aux urgences pour la troisième fois et qu'on m'examine. Et là vraiment,
13:45il y a une tension dans l'air. J'entends mon mari respirer comme un buffle à côté de moi,
13:52hyper tendu. Moi je me souviens d'un teint qui me dit calmez-vous madame calmez-vous. Et en fait,
13:57comme je n'arrive pas à parler, je tremble de tout mon corps parce que j'ai tellement peur qu
14:01'on
14:01m'annonce encore que je suis en train de faire une troisième fausse couche. Finalement, quand elle pose
14:07la sonde sur mon ventre et qu'on voit un bébé en face sur l'écran, c'est un tel
14:13soulagement.
14:17On sort de cette échographie vraiment heureux avec mon mari et si mon mari il arrive à conserver
14:25ce moment de joie, moi en fait je le perd assez rapidement parce que tout de suite après vient
14:31la peur. J'ai perdu toute ingénuité concernant la grossesse, toute naïveté, toute insouciance et
14:40toute légèreté. Je sais qu'à tout moment tout peut se terminer et ça c'est hyper difficile. Donc
14:47régulièrement j'ai des phases où je me questionne, je me dis est-ce que mon bébé va bien ?
14:52Est-ce qu'il
14:52est vivant ? Vraiment ça tourne en boucle dans ma tête. Donc quand j'ai des examens médicaux qui se
14:57passent bien ou je vois que le bébé va bien, qu'on entend son cœur, mais je suis hyper rassurée.
15:03Mais
15:03ça dure que quelques jours et après les questions reviennent. Et à un moment donné j'ai commencé à
15:15sentir mon bébé bouger. Il était 2 heures du matin, je me suis réveillée et j'ai senti comme des
15:21espèces
15:21de petites bulles dans mon ventre. Et j'ai vraiment commencé à prendre confiance en la vie de ce bébé
15:29à
15:29partir du moment où je l'ai senti bouger. Diane et Maxime apprennent qu'ils attendent une petite
15:34fille. La grossesse se passe très bien et Diane accouche en novembre 2018 après 23 heures de travail.
15:43Quand elle est enfin née, je me souviens d'avoir ressenti quelque chose de complètement bizarre parce
15:55que ça faisait 23 heures que j'étais en travail. Mais je me suis dit tout à coup quand elle
15:59était dans
15:59mes bras, je me suis dit mais d'où elle vient ? Et ensuite je me suis dit waouh c
16:05'est absolument fascinant
16:07d'avoir mon mari et moi créé un être. J'ai trouvé ça extraordinaire. Pendant son congé maternité, Diane
16:16entame l'écriture d'un livre qui s'appelle deux corbeaux et une cigogne et qui sort en février 2021.
16:23Elle y
16:23raconte sans détour comment elle a vécu ses deux fausses couches et espère enfin briser le silence
16:28autour de ce sujet. Je me suis rendue compte en faisant des fausses couches qu'il y avait un vrai
16:36tabou sur la fausse couche, qu'on n'en parlait pas alors que ça concerne énormément de femmes et
16:41que c'est pas anodin dans la vie d'une femme et d'un couple de faire une fausse couche.
16:47C'est un deuil
16:48quel que soit finalement le stade de la grossesse parce que la souffrance que la femme et que le
16:55couple va ressentir elle se mesure pas au nombre de semaines d'aménorée. Il y a beaucoup de femmes
17:00qui ont expérimenté des petites phrases assassines type c'est pas grave vous en aurez d'autres. Moi
17:09j'ai entendu aussi à ce stade c'était qu'un amas de cellules et donc il faut vraiment pas
17:14sous-estimer
17:15l'impact physique et psychologique d'une fausse couche. Ambre, Diane a eu un autre enfant après
17:27la naissance de sa fille, un petit garçon. Oui elle a eu un autre enfant donc un petit garçon
17:32qu'elle a eu juste après la naissance de sa fille ils ont même pas deux ans d'écart donc
17:36c'est
17:37vraiment porteur d'espoir ça montre qu'on peut faire plusieurs fausses couches consécutives et avoir
17:42par la suite plusieurs bébés en bonne santé. On le disait dès le générique de cet épisode
17:47beaucoup de femmes sont concernées. Oui ça concerne beaucoup plus de femmes qu'on le pense. En France
17:52il y a une femme sur quatre qui fait une fausse couche dans sa vie. C'est 200 000 femmes
17:56chaque
17:57année et c'est pour ça que Diane m'a dit qu'elle tenait autant à parler de ce sujet
18:00parce que ça
18:01concerne en fait énormément de femmes et que ça reste finalement assez tabou comme sujet. Et depuis la
18:06sortie de son livre est-ce qu'elle continue aujourd'hui à parler de ce qu'elle a vécu ?
18:10Oui elle continue à témoigner autant qu'elle peut notamment dans des interviews mais surtout
18:15elle a créé un site internet sur la maternité donc c'est GloriaMama.com dans lequel elle parle
18:21de ses fausses couches mais aussi de plein d'autres sujets liés à la maternité. Elle récolte les
18:26témoignages de plein de femmes qui racontent leurs différentes expériences sur la grossesse,
18:30l'accouchement, la PMA, la procréation médicalement assistée. Et l'idée c'est vraiment de parler de la
18:35maternité, de parler de tout ce dont on ne parle pas forcément et de briser tous les tabous qu'il
18:40peut y avoir.
18:44Merci Ambre Rosala et merci à Elsa Marie pour l'idée de ce sujet.
18:48Cet épisode de Codesources a été produit par Clara Garnier-Amourou, Thibault Lambert et Sarah Amny.
18:54Réalisation Julien Moncouquiole. Codesources est le podcast d'actualité du Parisien,
18:59un nouvel épisode chaque soir de la semaine. Pour n'en rater aucun, n'oubliez pas de vous
19:03abonner sur votre application audio préférée. Vous pouvez nous contacter pour nous faire des
19:08retours sur twitter at codesource ou nous écrire directement codesource at leparisien.fr
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