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En 1986, une jeune mère de famille disparaît en Isère. Pendant 36 ans, l’enquête ne donne rien, mais au printemps 2022, un homme déjà soupçonné à l’époque avoue qu’il a tué Marie-Thérèse Bonfanti. Serge Pueyo, correspondant de RTL et du Parisien basé à Grenoble couvre cette affaire depuis le début. Il la raconte aujourd’hui dans Code source.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Clara Garnier-Amouroux, Thibault Lambert et Emma Jacob - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian

Archives : RTL, France TV, France Culture, LCI.

#meurtre #disparition

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Transcription
00:00Vous écoutez Crime Story, l'affaire de la petite inconnue de l'autoroute A10, deuxième et dernier épisode.
00:08A la fin de l'épisode 1, 30 ans après avoir retrouvé le corps d'une fillette le long de
00:14l'autoroute A10,
00:15les enquêteurs parviennent à isoler un quatrième ADN sur la couverture qui enveloppait le corps de l'enfant.
00:20Et cet ADN va tout changer en 2017.
00:25Le jeudi 27 avril 2017, les enquêteurs procèdent à une vérification.
00:30Comme chaque année, ils repassent les ADN collectés dans le dossier de l'inconnu de l'A10 dans le fichier
00:37national des empreintes génétiques.
00:39Et ça matche. Le fichier a trouvé une concordance avec l'ADN d'un homme interpellé un an plus tôt
00:44à la suite d'une bagarre survenue dans un commerce de Villers-Cotterêts dans l'Aisne.
00:49Une commune de 10 000 habitants située à 260 km de là où le corps de l'enfant avait été
00:54trouvé.
00:56Cet homme a écopé de 6 mois de prison avec sursis et comme le veut la procédure quand il y
01:01a condamnation, son ADN a été prélevé.
01:04Il s'appelle Anwar Touloube et il est la première marche vers la résolution de l'enquête.
01:11Damien, qui est cet homme ?
01:13Il s'appelle donc Anwar Touloube et ce qu'on sait, c'est que son ADN est corrélé à celui
01:19de la petite fille.
01:20Et en fait, il faut attendre le 19 février 2018, il y a des nouvelles analyses qui sont faites.
01:25Et là, les liens de parenté, ils sont confirmés.
01:27On est donc sûrs que Anwar Touloube est le frère de la petite inconnue de l'A10.
01:33Les enquêteurs le contactent immédiatement pour lui dire ?
01:36Pas du tout. Là, on est beaucoup trop tôt.
01:38Et puis surtout, pour la première fois depuis plus de 30 ans, les enquêteurs, ils tiennent enfin une vraie piste.
01:43Et surtout, ils tiennent enfin un lien de parenté, une vraie touche.
01:46Donc, ils vont laisser partir un peu de fil et puis ils vont faire une enquête d'environnement autour de
01:51cet Anwar Touloube.
01:53Alors, ils vont explorer discrètement la vie de cet homme qui a 34 ans.
01:56Il vit dans l'Aisne depuis la fin de l'année 1987.
02:00Ce n'est pas une année complètement neutre, c'est l'année de la disparition de la petite fille de
02:03l'A10.
02:04Son père, Ahmed Touloube, a tenu un commerce dans un quartier populaire de cette ville de l'Aisne
02:10avant de se séparer de sa mère qui, elle, est repartie vivre à Putot, en région parisienne.
02:14La mère, c'est Alima El-Bakti.
02:16C'est une ancienne prof retraité originaire du Maroc.
02:20Ce que l'enquête va révéler, l'enquête d'environnement qui va donc être faite autour d'Anwar Touloube,
02:25va révéler qu'il a trois frères et trois sœurs, dont une qui n'est plus déclarée à partir de
02:311987.
02:34Encore une fois, on tombe sur l'année même où la petite inconnue de l'A10 est découverte sur le
02:39bord de l'autoroute.
02:40Donc en fait, maintenant, on va connaître son nom.
02:42On sait qu'elle s'appelle Inas Touloube.
02:45C'est la première fois depuis plus de 30 ans que l'inconnue de l'A10 a enfin un nom
02:49et donc une famille.
02:52Quelle est l'histoire de cette famille ?
02:54Ce qu'on sait du couple, en fait, des parents de cette petite, Ahmed Touloube et Alima El-Bakti,
02:59c'est qu'ils se sont rencontrés au Maroc dans les années 70.
03:02Lui venait plutôt d'une région montagneuse du pays, alors qu'elle, elle était institutrice en ville, d'une famille
03:07un peu plus aisée.
03:09Ensemble, ils ont ensuite décidé de venir en France pour s'installer.
03:12Mais par contre, pour mettre au monde sa troisième fille, Alima, elle a voulu retourner au Maroc.
03:17Donc, c'est le 3 juillet 1983 qu'elle va accoucher à Casablanca de la petite Inas.
03:23Et ensuite, elles reviennent toutes les deux vivre en France ?
03:26Alima, oui.
03:27Mais très étrangement, elle va revenir sans sa petite fille, sans Inas.
03:30Le bébé a finalement été laissé sur place.
03:32Il a été confié à une grand-mère maternelle.
03:35Et en fait, la petite Inas, elle va rejoindre le reste de la famille à Putot dans les Hauts-de
03:39-Seine qu'à la fin de l'année 1984,
03:41alors qu'elle a déjà 18 mois.
03:43C'est quand même un scénario qui n'est pas très fréquent d'accoucher, de laisser son nouveau-né, de
03:47repartir dans un autre pays.
03:49Alors, après Inas, les parents auront encore 4 enfants, que des garçons cette fois.
03:54Alors, on va se rendre compte qu'Inas, elle est déclarée à la CAF.
03:57Elle a été inscrite à l'école.
03:58Vous vous souvenez que le juge avait cherché dans pas mal d'écoles en France, sans trouver.
04:01Elle était quand même inscrite à l'école.
04:03Elle a même été inscrite sur le livret de famille.
04:06Mais jusqu'en 87, parce qu'après ça, évidemment, on n'a plus du tout de traces de la fillette.
04:13Quand les gendarmes frappent à la porte du pavillon gris de la famille Touloub à Villers-Cotterêts, le mardi 12
04:18juin, à 8h30,
04:20Alima et Ahmed sont déjà séparés depuis 8 ans.
04:23Elle vit désormais seule dans cette maison austère, qu'ils avaient fait construire ensemble pour accueillir leurs enfants.
04:29Dans le voisinage, on décrit le père comme une crème, mais on n'épargne pas la mère.
04:34Elle est qualifiée de pas nette, distante, déconnectée.
04:38« Personne ne l'aimait », affirme même une voisine.
04:41Au même moment, à environ 80 km de là, les gendarmes sonnent chez Ahmed Touloub à Putot, dans les Hauts
04:47-de-Seine.
04:48Comme son ex-femme, il est interpellé et mis en examen pour mauvais traitement sur Inas.
04:53Elle avait été surnommée l'inconnue de l'autoroute A10.
04:58Une fillette de 4 ans mutilée, dont on ne connaissait ni le nom, ni le prénom.
05:03Avant-hier, ses parents d'origine marocaine ont été placés en garde à vue à Orléans.
05:08L'épilogue d'une énigme criminelle de plus de 30 ans.
05:13Comment se comporte Ahmed Touloub pendant sa garde à vue ?
05:17Très souvent, les garde à vue, elles commencent toutes un petit peu de la même manière.
05:21Il y a ce que les policiers ou les gendarmes appellent le PV de chic,
05:24c'est-à-dire celui où le suspect cherche à détourner l'attention, il n'a pas envie de répondre
05:30aux questions.
05:31Donc là, Ahmed Touloub va commencer par se confier sur une vie de famille plutôt harmonieuse, normale.
05:38On n'a pas l'impression qu'il sache vraiment ce qu'il fait en garde à vue.
05:41Mais en fait, très très très vite, il va craquer.
05:44Il va avouer parce que le secret est beaucoup trop lourd à porter, et depuis beaucoup trop longtemps surtout.
05:49Il va même évoquer son soulagement presque devant les enquêteurs, devant les gendarmes.
05:54Il va avoir cette phrase, il va leur dire à un moment, ça fait 30 ans que je vous attends.
05:57Comment est-ce qu'il justifie les sévices qu'a subie sa petite fille ?
06:01Sa version, elle est assez claire, c'est-à-dire que lui, il va expliquer que les sévices, c'est
06:05pas lui.
06:06Les sévices, c'est sa femme.
06:07Les violences sur Inas, c'est sa femme.
06:09Il va même détailler, il va raconter un épisode assez parlant, où un soir, en rentrant du travail, il va
06:16découvrir sa petite fille, Inas, avec une trace de brûlure forte sur le dos.
06:21Il va questionner sa femme, et elle va lui dire, oh ben non, mais elle est tombée sur le fer
06:24à repasser, voilà, c'est pas très grave.
06:27Et lui, à l'époque, il dit rien.
06:31Et pourquoi il dit rien ?
06:32Parce qu'il explique aux enquêteurs qu'il craignait lui-même les accès de violences de sa femme.
06:37Elle l'avait même frappée une fois, dit-il, à coups de poing ou avec des objets, parce qu'elle
06:41lui reprochait des problèmes financiers, puis d'avoir abandonné sa carrière de prof au Maroc.
06:47Donc voilà, lui, pour lui, toutes les violences, elles sont le fait uniquement d'Alima.
06:52Et comment se comporte Alima, la mère d'Inas, en garde à vue ?
06:55Alors au début, elle va un peu feindre la surprise, parce qu'elle dit aux enquêteurs, mais je comprends pas,
07:01Inas, elle est vivante.
07:02Elle est mariée, elle est au Maroc, elle n'habite plus en France depuis longtemps, mais voilà, elle est toujours
07:07là.
07:08Donc on sent qu'il y a une forme, évidemment, de déni, que tout ce secret de famille qui tient
07:13depuis 30 ans, il tient encore dans les premières déclarations d'Alima.
07:17Mais on sent aussi dans ses réponses, d'abord, que ça va pas tenir longtemps comme version, et puis surtout
07:21qu'elle est très fragile psychologiquement,
07:23et que, bon, finalement, elle va finir par y venir, comme on dit, mais toujours en donnant peu ou pas
07:29de détails,
07:29et elle aussi en chargeant plutôt son mari.
07:35Le 14 juin 2018, les parents d'Inas sont mis en examen pour meurtre sur mineurs de 15 ans, recel
07:41de cadavres,
07:41et violences habituelles sur mineurs de 15 ans à l'encontre d'Inas Touloub.
07:46Ils sont écroués tous les deux.
07:48Au cours d'une confrontation avec sa femme, dans le bureau du juge d'instruction à Blois, le 21 mai
07:532019,
07:54Ahmed revient sur la terrible soirée du 10 août 1987, alors que toute la famille s'apprête à prendre la
08:00route des vacances vers le Maroc.
08:03Je suis rentré à la maison un peu avant 1h du matin, j'ai trouvé la petite Inas avec une
08:08couverture sur le canapé.
08:10Ma femme m'a dit qu'Inas était tombée dans l'escalier et qu'elle croyait qu'elle était morte.
08:14Je regarde et elle respire plus, ni rien.
08:17Je suis sorti pour aller au commissariat, et en arrivant devant le marché de putot, j'ai fait demi-tour.
08:23Pourquoi j'ai été lâche ? J'ai peur. J'ai peur de ma femme, peur de perdre mes enfants.
08:29Ensuite, les valises étaient déjà prêtes.
08:32On a mis les enfants dans la voiture, et on est partis.
08:36Vous me demandez où était Inas, elle était derrière, sur les genoux de sa maman.
08:40On a roulé, sur l'autoroute ma femme m'a dit de m'arrêter, elle a ouvert la portière,
08:46elle est descendue, avec Inas dans les bras, après elle est remontée, sans Inas, et on est partis.
08:51Le juge se tourne alors vers Alima, qui livre une autre version.
08:56Avant qu'on s'arrête, la petite, elle est pas bien.
08:59Elle baisse la tête sur moi.
09:01Est-ce qu'elle parle ? Non, elle parle pas.
09:03Jamais je l'ai entendu parler, ni sourire, ni rire, jamais.
09:08Dans la voiture, elle a de l'eau qui sort de la bouche.
09:11Et à un moment, elle pose la tête sur moi.
09:13Elle bouge plus.
09:33Après ça, Damien, le juge questionne les parents sur la manière dont le secret a été entretenu au sein de
09:39la famille.
09:39Oui, c'est évidemment une question qui vient tout de suite.
09:42Comment un père, une mère peuvent garder ce secret pendant aussi longtemps ?
09:46Plus de 30 ans, c'est quand même considérable.
09:48Tout ça avec d'autres enfants dans la famille qui ont grandi à côté.
09:52Alors c'est Alima qui va répondre en premier.
09:53Quand on lui demande, mais comment vous avez expliqué à l'époque qu'Inas part en vacances avec vous,
09:59puis finalement n'est plus là, disparaît pendant le voyage ?
10:01Elle dit, ben non, mais j'ai raconté aux enfants qu'on l'avait confié à une famille en France
10:04pendant le voyage, pendant qu'elle dormait.
10:06Et puis après, elle dit, j'en ai jamais reparlé avec mes enfants, j'ose pas.
10:10La juge lui dit, mais vous aviez quand même deux filles, les deux sœurs et Nédinas qui étaient dans la
10:14voiture le soir de la disparition.
10:15Est-ce qu'elles ne se sont pas inquiétées de la disparition de leur sœur ?
10:18Et elle dit, non, non, mais elle répète, elle dit, mon mari leur a dit que pendant qu'elle dormait,
10:22on l'avait confié à des gens, etc.
10:23Bon, ça peut paraître déjà une version très très étrange.
10:26Le juge, il va se tourner alors vers le père, vers Ahmed.
10:28Il va lui dire, mais vous, comment vous avez géré ce secret, je dirais cette disparition avec vos autres enfants,
10:34membres de la famille ?
10:35Alors lui, il dit, les enfants, en fait, les filles surtout, qui étaient déjà nées à l'époque, elles sont
10:39parfaitement au courant de ce qui est arrivé.
10:40Elles savent que leur sœur est morte, qu'elle a été déposée au bord de l'autoroute.
10:44Je lui dis, mais vous en avez reparlé après ?
10:46Et il lui dit, oui, on en a parlé, et à chaque fois qu'on en a parlé, on a
10:49pleuré.
10:50Les autres enfants sont entendus par les enquêteurs. Qu'est-ce qu'ils racontent ?
10:54Il y a indiscutablement une gêne, parce qu'il y a une forme de déni qui s'est installée dans
10:59cette famille.
10:59Ce secret, il a pesé sur les parents, mais les parents, ils l'ont fait beaucoup, beaucoup peser sur leurs
11:04propres enfants.
11:05Alors, il y en avait certains qui n'étaient pas nés à l'époque, mais on sent bien qu'ils
11:10ont vécu, qu'ils ont grandi dans cette atmosphère de secrets terribles,
11:14c'est-à-dire de cette petite sœur qui avait été tuée, puis déposée sur le bord d'une autoroute.
11:19Donc, ils vont finalement, après avoir été un petit peu hésitants au départ, ils vont reconnaître,
11:23et surtout celles qui étaient vivantes à l'époque, qu'elles avaient des souvenirs de leurs sœurs.
11:28Et donc, fin 2018, les frères et les sœurs d'Inas, ils sont tous finalement devenus partis civils.
11:34Et ils ont tous aussi raconté un petit peu, alors évidemment, pour ceux qui avaient l'âge de se souvenir
11:39de quelque chose,
11:40ils avaient quand même tous le souvenir que c'était plutôt leur maman qui avait des débordements de violences.
11:45Et donc, eux, ils parlent évidemment plutôt de leur maman comme quelqu'un qui a commis des violences sur leur
11:49petite sœur.
11:52Damien, le 29 juillet 2022, le procureur a requis le renvoi des parents devant les assises.
11:57Le procès devrait avoir lieu en 2023. De quoi sont-ils accusés exactement ?
12:03Alors, le procureur, lui, avait une lecture du dossier.
12:05Il voulait renvoyer la maman pour meurtre et le papa pour complicité de ce meurtre.
12:11Mais le juge d'instruction, lui, a eu une autre lecture, en fait, des faits, de la qualification des faits.
12:16Donc, ils sont envoyés pour des violences volontaires ayant entraîné la mort.
12:20C'est-à-dire des coups mortels, ce qu'on appelle des coups mortels.
12:22Alors, ça ne change pas grand-chose et en même temps, ce n'est pas la même qualification.
12:26C'est-à-dire que le juge d'instruction a estimé que la maman avait commis des violences qui avaient
12:31entraîné la mort de sa fille,
12:32mais n'avait pas eu l'intention de tuer sa fille.
12:34Et les parents continuent d'avoir deux versions différentes.
12:37Ahmed, lui, continue à dire qu'en fait, quand il est rentré chez lui le soir des faits après son
12:42travail,
12:42avant de prendre la voiture pour partir en vacances le 10 août 1987,
12:46lui, il assure qu'Inaz, elle était déjà morte à ce moment-là.
12:49Alima, elle dit le contraire.
12:50Elle dit non, non, elle n'était pas morte, elle dormait sur le canapé,
12:53mais elle est morte après dans la voiture.
12:55Et c'est mon mari qui a décidé après de l'abandonner, du coup, sur le bord de l'autoroute.
12:59Donc, peut-être que le procès permettra d'en savoir plus,
13:02mais ce n'est pas évident parce qu'ils campent quand même depuis le départ tous les deux sur ces
13:05positions-là.
13:11En attendant, les habitants de Suèvre continuent, comme depuis 30 ans, de fleurir la tombe d'Inaz.
13:17Le 7 mars 2019, le conseil municipal a voté l'achat d'une nouvelle plaque
13:21pour celle qu'ils appelaient la petite inconnue de la 10.
13:25Désormais, ceux qui passent devant sa tombe peuvent voir graver sur du marbre rose
13:29Inas, 3 juillet 1983
13:3311 août 1987
13:45Vous venez d'écouter Crime Story, le podcast fait divers du Parisien,
13:50avec à la production Thibault Lambert et Emma Jacob,
13:53à la réalisation Julien Moncouquiole et à la rédaction en chef Jules Lavi.
13:58Un épisode raconté avec Damien Delsenis
14:01et un podcast à retrouver chaque samedi sur le site leparisien.fr
14:06et sur toutes les plateformes d'écoute.
14:07Sous-titrage Société Radio-Canada
14:19Sous-titrage Société Radio-Canada

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