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  • il y a 10 heures
Le lundi 21 mars, une vingtaine d’enfants ukrainiens atteints de cancers débarquent d’un avion à l’aéroport d’Orly pour être soignés. C’est un reportage de nos envoyés spéciaux en Ukraine, Christel Brigaudeau et Philippe de Poulpiquet, qui est à l’origine de ce convoi. Suite à cet article, la première dame Brigitte Macron s’est rapprochée de son homologue ukrainienne, pour organiser leur évacuation. Christel Brigaudeau, journaliste à la cellule récit du Parisien, livre dans Code source les coulisses de cette opération inédite.

Dans ce podcast : Une vingtaine d'enfants ukrainiens atteints de cancer ont été accueillis en France le lundi 21 mars. Une évacuation coordonnée par les premières dames françaises et ukrainienne, Brigitte
Macron et Olena Zelinska. Une reporter du Parisien Christel Brigaudeau a pu suivre au plus près cette opération et elle a pu également interroger à distance l’épouse du président Zelynsky, une exclusivité en Europe. Christel Brigaudeau nous raconte aujourd'hui les coulisses de ce reportage et de cette interview.
A Kiev le mardi 1er mars ce jour-là vous rencontrez une habitante qui intervient dans un hôpital de la ville et ça aussi ça vous intéresse. Elle nous explique qu'elle va à l'hôpital parce qu'elle est bénévole pour une association qui donne un peu de joie à des enfants malades pour leur changer un peu les idées de leur quotidien qui est assez lourd à supporter.
Vous arrivez devant cet hôpital et là c'est la chance ou le hasard vous arrivez exactement en même temps que le directeur de l'hôpital. On se présente grâce à Larissa qui fait un peu l'intermédiaire.
On est au sixième jour de l'offensive Russe en Ukraine et dans cet hôpital vous racontez que les clowns de cette association réussissent à faire rire ces enfants atteints de cancer…

Pour en savoir plus : https://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/brigitte-macron-olena-zelenska-les-coulisses-de-leur-evacuation-denfants-malades-28-03-2022-RDZAGFEYWZGKBAC6YVCW6KXJHA.php

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Sarah Hamny, Marion Bothorel et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian.

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Une vingtaine d'enfants ukrainiens atteints de cancer ont été accueillis en France le lundi 21 mars.
00:19Une évacuation coordonnée par les Premières Dames, françaises et ukrainiennes, Brigitte Macron et Olena Zelenska.
00:25Une reportère du Parisien, Christelle Brigodeau, a pu suivre au plus près cette opération
00:30et elle a pu également interroger à distance l'épouse du président Volodymyr Zelensky, une exclusivité en Europe.
00:37Christelle Brigodeau nous raconte aujourd'hui les coulisses de ce reportage et de cette interview.
00:45Christelle Brigodeau, les auditeurs de Codesources ont pu vous entendre à plusieurs reprises depuis le début de la guerre en
00:51Ukraine.
00:51Vous êtes journaliste au service récit du Parisien, vous avez 40 ans et vous êtes parti deux fois en Ukraine
00:57ces dernières semaines pour y faire des reportages.
01:00L'histoire que vous allez nous raconter aujourd'hui commence à Kiev, le mardi 1er mars.
01:06Ce jour-là, le matin, avec le photographe du Parisien Philippe de Poulpiquet, vous travaillez sur la résistance ukrainienne, ce
01:13qu'on appelle la défense territoriale.
01:14Oui, on veut raconter comment se prépare la résistance à ces chars russes dont on sait qu'ils sont en
01:21train d'arriver au pas très loin de la capitale ukrainienne.
01:24Et donc on essaie de trouver des volontaires qui font partie de cette défense territoriale.
01:28Donc ce sont des civils qui viennent en appui de l'armée pour, par exemple, tenir des checkpoints ou faire
01:33des rondes dans des quartiers.
01:34On arrive devant une caserne dans le centre-ville de Kiev, il y a du monde et notamment on voit
01:40une jeune femme en doudoune bleue qui embrasse son futur mari à travers les grilles de la caserne.
01:47Lui s'appelle Sacha, elle c'est Svetlana, elle pleure, on a l'impression qu'elle lui dit adieu, donc
01:53je vais la voir pour discuter, qu'elle me raconte un petit peu ce qui se passe.
01:55Et cette femme va vous conduire dans son quartier, le quartier d'Orozici à Kiev et là vous rencontrez une
02:02autre habitante qui intervient dans un hôpital de la ville et ça aussi ça vous intéresse ?
02:07Là on est donc dans son quartier d'Orozici, on parle avec des habitants et en fait en discutant on
02:13tombe sur cette personne qui sort de chez elle avec son sac à dos sur les épaules.
02:16Elle nous explique qu'elle va à l'hôpital parce qu'elle est bénévole pour une association qui donne un
02:22peu de la joie à des enfants malades.
02:24Pour leur changer un peu les idées de leur quotidien qui est assez lourd à supporter.
02:28Vous arrivez devant cet hôpital, l'hôpital Okhmadet à Kiev, comment est-ce que vous vous êtes accueillie ?
02:33Là c'est la chance ou le hasard, on arrive exactement en même temps que le directeur de l'hôpital.
02:38On se présente grâce à Larissa, cette bénévole qui fait un peu l'intermédiaire.
02:42Et donc on arrive dans un hôpital qui est un peu sur le pied de guerre.
02:47Dans le hall il y a plein de bénévoles qui prennent des bouteilles d'eau, qui entreposent des vivres pour
02:52tenir ce qui pourrait être un siège.
02:55L'hôpital, à quoi il ressemble ? C'est moderne, c'est ancien ?
02:57Alors c'est un grand hôpital. L'image qui m'est venue en tête quand je suis arrivée là-bas,
03:01c'était un peu la pitié salpêtrière par exemple.
03:03C'est-à-dire un endroit assez vaste avec des pavillons différents et construits à des époques différentes.
03:08Donc je crois qu'une partie de l'hôpital est un petit peu vétuste, mais la partie où nous on
03:12est allés, qui accueille des enfants, est très moderne.
03:15C'est un bâtiment qu'on peut trouver dans n'importe quelle grande capitale, avec tout ce qu'il faut
03:19en termes de qualité de soins pour les enfants.
03:21On est au sixième jour de l'offensive russe en Ukraine et dans cet hôpital, vous racontez que les clowns
03:28de cette association réussissent à faire rire ces enfants atteints de cancer.
03:32Oui, on suit deux personnes, donc Larissa, celle qu'on a rencontrée un peu plus tôt dans son quartier, et
03:38Olga.
03:39Et toutes les deux arrivent déguisées. Olga, elle a un costume d'abeille jaune et noire.
03:45Larissa, elle s'est mise des lunettes en forme de cœur rose fluo énorme sur la tête.
03:50Donc elles sont vêtues de manière déjà à faire rire.
03:53Elles ont des ballons, elles ont des balles de jonglage et puis de quoi faire des bulles.
03:57Et en fait, elles arrivent devant les portes vitrées des chambres et font des petits signes comme ça aux enfants
04:02pour attirer leur attention.
04:03Les enfants ouvrent la porte et puis elles se mettent à jouer dans le couloir avec eux.
04:08Souvent, ils jouent à la bagarre, en fait. Donc ils se lancent les balles de jonglage ou ils jouent avec
04:11des bulles.
04:12C'est vraiment très enfantin et très joli à voir.
04:15Les personnels soignants, comment est-ce qu'ils arrivent à continuer à travailler dans cet hôpital malgré la guerre ?
04:21Ce que m'expliquent les soignants, les médecins qu'on voit sur place, c'est que pour la plupart, ils
04:25habitent sur place, en fait.
04:26Parce que c'est devenu difficile de se rendre à l'hôpital. Certains habitent loin dans la banlieue.
04:30Il y a quand même des combats au nord et au nord-ouest de Kiev qui ont commencé.
04:34Donc depuis une semaine, la plupart vivent sur place et ont installé des matelas dans les sous-sols du bâtiment
04:41pour pouvoir faire face quand il y a des bombardements et des alertes.
04:46Vous publiez ce reportage avec les photos de Philippe de Poulpiquet le soir même sur leparisien.fr
04:52et c'est à lire dans l'édition papier du Parisien le lendemain, le mercredi 2 mars.
04:57Et ce jour-là, à la mi-journée, vous recevez sur Twitter un message privé surprenant.
05:02Je reçois un message du directeur de cabinet de Brigitte Macron qui me demande s'il peut me déranger deux
05:08secondes
05:08et si c'est possible que je le rappelle. Donc c'est ce que je fais.
05:11Et il m'explique que la première dame a vu le reportage et elle voudrait contacter l'hôpital
05:18pour savoir si elle peut aider d'une quelconque manière ses enfants.
05:21Et donc vous aidez ce directeur de cabinet de Brigitte Macron à entrer en contact avec l'hôpital.
05:26Par ailleurs, toujours pendant ce reportage en Ukraine, Christelle Brigodeau,
05:30vous essayez de décrocher pour le Parisien une interview du président ukrainien Volodymyr Zelensky.
05:37Comment est-ce que vous vous y prenez ?
05:38J'adresse une demande à son service communication.
05:42Je formule aussi une demande à des agents du service de sécurité de la présidence.
05:46Il se trouve qu'à ce moment-là, on est physiquement à côté puisqu'on a séjourné brièvement à l
05:52'hôtel Ukraine
05:52qui se trouve à Maïdan, donc la place de l'indépendance à Kiev, juste derrière le palier présidentiel.
05:57Et là, on a noué des contacts avec des personnes qui sont proches du pouvoir.
06:01Mais après, évidemment, cette idée d'interviewer le président ukrainien,
06:04à peu près tous les médias du monde l'ont eu et donc je ne suis pas du tout la
06:07seule à vouloir le faire.
06:09Ces demandes d'interviews ne donneront rien.
06:11Vous rentrez en France le dimanche 6 mars, comme on l'évoquait dans un précédent code source,
06:16mais dans les jours qui suivent, vous restez en contact avec l'ambassade d'Ukraine à Paris.
06:20L'idée pour moi, c'est de continuer de suivre ce qui se passe en Ukraine vu de Paris.
06:25Et donc, c'est important de continuer d'avoir des contacts, notamment avec les représentants de l'Ukraine en France,
06:30à savoir l'ambassade.
06:31Et là, grâce aux petits services que vous avez rendus au directeur de cabinet de Brigitte Macron,
06:35vous allez apprendre une information intéressante.
06:38J'apprends qu'un convoi est en train de se mettre en place pour essayer de faire sortir d'Ukraine
06:44des enfants malades atteints de cancer.
06:46Évidemment, on en parle parce que j'ai fait ce premier reportage et le sujet tout de suite m'intéresse.
06:51Et vous demandez une interview de Brigitte Macron ?
06:53Oui, parce que ça me semble intéressant de raconter comment se sont mises en place les choses.
06:58Mais on est quand même peu de temps là avant l'élection présidentielle.
07:01Elle craint qu'on l'accuse de récupération si elle se met trop en avant sur une initiative telle que
07:06celle-là.
07:06Donc, elle préfère rester en retrait.
07:08Donc, pas d'interview de Brigitte Macron.
07:10Par contre, le contact établi avec son cabinet va vous aider pour décrocher l'interview de l'autre première dame
07:16qui est impliquée dans ce projet d'évacuation d'enfants malades, l'épouse de Volodymyr Zelensky.
07:22Évidemment, moi, j'aurais mille questions à poser à Oléna Zelenska.
07:27Donc, comme elle, elle a à cœur de montrer que cette évacuation va se faire.
07:31C'est très important pour elle.
07:33Elle accepte.
07:35En Ukraine comme en Russie, les noms de famille sont féminisés.
07:38C'est pour ça que la première dame ukrainienne s'appelle Zelenska et non Zelensky.
07:42Vous apprenez que vous décrochez cette interview précisément le jeudi 17.
07:47Qu'est-ce que vous vous dites à ce moment-là ?
07:48Je suis évidemment ravie.
07:49Je suis en même temps un peu nerveuse parce que quand on a la possibilité de faire une interview comme
07:55celle-là,
07:56on a toujours peur du petit grain de sable qui fera capoter toute l'histoire.
07:59Donc, oui, il y a à la fois beaucoup d'excitation et aussi beaucoup de nervosité.
08:04Christelle Brigodeau, Oléna Zelenska a 44 ans.
08:07Elle est très belle.
08:08Elle fait penser à une actrice américaine, mais elle est productrice.
08:11Et justement, elle a travaillé avec son mari comédien sur la série qui l'a fait connaître.
08:15Oui, cette série s'appelle Serviteurs du Peuple.
08:17On en a beaucoup parlé depuis le début de la crise ukrainienne parce que c'est un peu l'histoire
08:21dans l'histoire.
08:22Et Volodymyr Zelensky, il joue le rôle d'un professeur qui devient un peu par accident président de la République
08:28ukrainienne.
08:29Et elle est l'une des co-autrices de cette série.
08:32Elle l'a produite et elle était vraiment partie prenante du succès de cette sitcom.
08:36Le lendemain, le vendredi 18, vous êtes reçu à l'ambassade d'Ukraine à Paris
08:40pour parler de la mise en place de l'organisation de cette interview
08:43qui aura un protocole de sécurité très strict.
08:47Oui, habituellement, quand on fait une interview, on la fait de visu avec les personnes.
08:50Évidemment, ce n'est pas possible, mais on essaye de réfléchir à une alternative,
08:55donc une interview en visu ou à minima par téléphone.
08:58Mais là, on m'explique que ce n'est même pas la peine d'insister.
09:01Ce n'est pas possible parce que pour des raisons de sécurité,
09:03il ne faut absolument pas qu'on sache où se trouve la première dame
09:07ou qui ait le moindre moyen de télécommunication qui puisse donner un indice à l'ennemi.
09:13Donc, tout se fera par écrit, par l'intermédiaire d'une personne qui s'appelle Tetiana,
09:17qui fait partie de l'équipe d'Oléna Zelenska et qui sera mon interlocutrice et par qui tout passera.
09:22Elle me demande de lui envoyer les questions par mail et elle-même me fera les réponses par mail.
09:28Tout cela pour ne pas être tracé et repéré.
09:31Et donc, vous envoyez, Christelle, votre liste de questions.
09:34Que se passe-t-il ensuite ?
09:35J'attends. Il y a des moments où ce n'est pas évident d'échanger avec l'équipe de la
09:39première dame ukrainienne.
09:40Mais on sait qu'il y a un contexte évidemment de guerre, de bombardement.
09:43Il y a d'ailleurs un moment où je pose une question à son équipe.
09:46On me dit « on vous répondra plus tard ». Là, ça tire. On ne peut pas vous répondre.
09:50Moi, je n'ai pas moyen de vérifier la véracité de ce qu'on me dit.
09:53Mais en tout cas, je suis forcée d'attendre.
09:55Je finis par avoir les réponses à mes questions sur ma boîte mail le dimanche matin.
10:00On est donc le dimanche 20 mars. Au matin, vous recevez les réponses à vos questions.
10:03Qu'est-ce qui vous frappe dans ces réponses ? D'abord, sur la forme.
10:06Alors, elles sont longues.
10:08On a l'habitude que les gens aient tendance à répondre de manière assez longue.
10:11Là, les réponses sont très longues.
10:12Mais ce qui me frappe aussi au niveau de la forme, c'est ce côté très chaleureux,
10:16ce ton très humain, cordial qu'elle a habituellement par écrit.
10:20On a tendance à avoir des réponses très formelles, un peu langue de bois.
10:23Et là, on a vraiment l'impression presque d'une amie qui vous parle.
10:26Et sur le fond, qu'est-ce qui vous marque dans ce qu'elle dit ?
10:28Ce qui me marque, c'est la réponse à la question que je lui pose sur ce qu'elle a
10:32à dire au peuple russe.
10:33Et elle répond qu'elle veut s'adresser au maire des soldats russes.
10:37Et elle dit notamment qu'elle sait que Vladimir Poutine a promis des compensations pour la perte de soldats.
10:44Elle dit « je ne vois pas ce qui peut compenser la perte d'un enfant ».
10:47Et elle ajoute « pour ceux qui sont d'accord avec le président Poutine, je n'ai rien à leur
10:52dire ».
10:53Ce qui montre quand même qu'elle est la première dame d'un pays en guerre et en guerre totale
10:57contre son ennemi, la Russie.
10:59À propos de son mari, le président Volodymyr Zelensky, qu'est-ce qu'elle dit ?
11:03Alors évidemment, elle dit qu'il est un exemple pour elle et pour tout le peuple ukrainien.
11:07Elle dit aussi à un moment, parce que je lui pose la question de savoir si elle est étonnée par
11:12le sang-froid dont il fait preuve
11:14et qui a marqué un peu toute la communauté internationale depuis plusieurs semaines.
11:17Et à cela, elle dit « est-ce que je l'admire ? Oui, tous les jours. Est-ce que
11:20ça me surprend ? Non, pas du tout ».
11:22Ensemble, ils ont deux enfants, une fille de 17 ans et un garçon de 8 ans.
11:26Et donc, elle ne dit pas du tout où elle est ?
11:28Non, j'insiste parce que pour moi, c'est quand même important d'avoir la confirmation de la part de
11:32la présidence ukrainienne
11:34qu'elle se trouve en Ukraine. Parce qu'à ce moment-là, il y a des rumeurs insistantes qui font
11:38aussi partie de la désinformation sur les réseaux sociaux
11:40disant que la première dame ukrainienne aurait fui le pays, qu'elle pourrait être en France ou n'importe où.
11:46Moi, je n'ai pas moyen d'aller vérifier sur pièce qu'elle est bien en Ukraine, mais il faut
11:49qu'elle me le dise.
11:50Son entourage me répond que oui, elle est dans le pays, mais qu'on ne peut pas en dire plus.
11:54Le Parisien veut publier cette interview en même temps que votre reportage à venir sur l'évacuation d'enfants ukrainiens
12:02malades.
12:02Cette opération qui se prépare ce week-end de là.
12:05Et le lundi matin, vous apprenez que leur arrivée est prévue pour le soir même à Orly.
12:10Au départ, vous étiez la seule journaliste informée de cette opération, mais finalement, beaucoup plus de journalistes sont mis au
12:16courant.
12:17Il faut dire que c'est la première opération du genre pour la France.
12:20Donc, le gouvernement français, notamment le ministère de la Santé, qui a un large rôle à jouer dans cette opération,
12:25a envie de faire savoir ce qu'il fait.
12:28Donc, d'autres journalistes sont mis dans la boucle, notamment l'AFP, des chaînes de télévision, des radios.
12:33Qui sont ces enfants que l'on attend en France ?
12:36Alors, ils sont une vingtaine. Ils viennent de différents hôpitaux d'Ukraine, pas uniquement de Kiev.
12:41Mais ils ont tous pour point commun d'avoir été obligés de fuir leur pays parce que sinon, ils ne
12:45pouvaient pas avoir les soins nécessaires à leur maladie.
12:50Vous attendez donc leur arrivée à Orly, près de Paris.
12:54Il est 18h32 quand l'avion en provenance de Pologne se pose sur le tarmac.
12:59Et vous, vous êtes avec une équipe de la Croix-Rouge.
13:00Moi, j'ai pris place à bord d'une camionnette de la Croix-Rouge.
13:05Il y a toute une petite armée comme ça de bénévoles et de volontaires qui sont là, habillés dans le
13:11costume de la Croix-Rouge et qui attendent en fait les enfants un par un.
13:15Ils vont descendre un par un de l'avion.
13:17Une ambulance va venir, une ambulance par enfant.
13:19Donc, moi, je suis à bord de l'une d'elles.
13:21Et donc, vous rencontrez l'une de ces enfants évacuée d'Ukraine, Véronika, qui a six ans.
13:27Est-ce que vous pouvez nous la décrire ?
13:28Alors, c'est une petite fille assez petite pour une enfant de six ans qui n'a plus de cheveux
13:34parce qu'elle subit une chimiothérapie qui a fait tomber ses cheveux blonds.
13:37Elle est un peu pâle.
13:39Elle est habillée en rose comme pas mal de petites filles qui descendent de cet avion dans les bras d
13:43'un monsieur.
13:44Je pense que c'est un volontaire qui l'aide à descendre les marches et qui la place dans l
13:47'ambulance.
13:48Elle souffre d'une grave leucémie qu'on lui a diagnostiquée il y a relativement peu de temps.
13:52Oui, sa mère connaît la date absolument par cœur comme une date de naissance.
13:56C'est le 19 novembre, le jour où sa fille a été admise à l'hôpital, donc à Zaporizhia, dans
14:02le centre du pays.
14:04Elle s'est retrouvée en réanimation, en fait, très très mal.
14:06Et c'est à l'occasion de ce malaise qu'elle a fait qu'on a découvert qu'elle souffrait
14:10d'une leucémie grave.
14:11Sa mère, qui se prénomme Yana et qui a donc fait le voyage avec sa fille, Véronica va être accueillie
14:17et soignée à l'hôpital Robert-Debré à Paris.
14:20Elle va faire le trajet entre Orly et l'hôpital avec sa maman, donc en ambulance.
14:24Et vous les accompagnez dans cette ambulance ?
14:27Je suis aussi en compagnie d'une jeune femme qui s'appelle Clélia, qui est une secouriste de la Croix
14:31-Rouge.
14:32Et Clélia est assise sur le brancard avec Véronica.
14:35Et en fait, pendant tout le trajet, Véronica va essayer de jouer, de communiquer avec nous.
14:39Elle fait des petits cœurs avec ses doigts, elle essaye de dire des choses.
14:44Alors on passe par Google Trad sur les téléphones pour communiquer parce que ce n'est pas évident.
14:49La maman ne parle pas anglais, nous on ne parle pas ukrainien.
14:52Mais on arrive quand même à communiquer avec le sourire et puis avec les mains.
14:55Décrivez-nous l'arrivée à Robert-Debré dans le 19e arrondissement de Paris.
14:59Alors on arrive pas tout à fait à Robert-Debré, mais juste à côté à la maison de parents,
15:04qui est une structure qui accueille les parents d'enfants gravement malades
15:08et qui leur apporte un soutien à la fois psychologique et puis matériel.
15:12Il est 20h30, c'est le moment pour la famille de se poser,
15:16parce que Véronica voyage avec sa mère mais aussi avec son grand frère.
15:19La famille est accueillie par Muriel, qui est la coordinatrice de cette maison de parents,
15:24qui a prévu des petits sacs avec des friandises, des jouets,
15:27tout ce qu'elle pouvait trouver pour les mettre à l'aise.
15:29Il y a vraiment une atmosphère chaleureuse, maternelle, très reposante pour la famille
15:34qui se met en place autour d'eux tout de suite.
15:36Et là, la mère de Véronica relâche un peu la pression.
15:39Oui, elle s'assoit dans cette salle commune de la maison de parents.
15:43Ses enfants sont en train de manger des bonbons, ils sont tout contents, ils lui en proposent.
15:47Et elle, en fait, elle se met à pleurer.
15:48Elle ouvre vraiment les vannes.
15:50On sent qu'elle réalise à ce moment-là qu'elle est partie, en fait.
15:54Elle a quitté l'Ukraine, ils ont voyagé pendant 10 jours.
15:56C'était 10 jours de stress. Là, elle sait qu'elle est en sécurité.
15:59Elle sait aussi les échéances qui arrivent, les échéances médicales pour sa fille,
16:03qui n'est pas du tout hors de danger.
16:05Elle a une fille qui est restée là-bas, en Ukraine.
16:07Et on sent tous ces sentiments mélangés qui sortent d'un coup.
16:13Cette maman, Yana, on imagine qu'elle est reconnaissante envers la France ?
16:17Elle est très reconnaissante.
16:18Et en même temps, elle a très envie de retrouver son pays.
16:22Et elle m'explique que dès que ce sera possible, elle rentrera.
16:37Merci, Christelle Brigodeau.
16:39Cet épisode de Code Source a été produit par Sarah Amny, Thibault Lambert et Marion Bottorel.
16:44Réalisation, Julien Moncouquiol.
16:46Code Source est le podcast d'actualité du Parisien.
16:49Un nouvel épisode chaque soir de la semaine.
16:51Pour n'en rater aucun, n'oubliez pas de vous abonner sur votre application audio préférée.
16:55Vous pouvez nous contacter sur Twitter ou nous écrire directement.
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