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La veuve de François Vérove, sous le choc, affirme qu’elle n’avait jamais rien remarqué d’anormal chez son mari. Pendant son audition, elle décrit un homme tout à fait «banal» qui semblait au-dessus de tout soupçon. Récit.

Dans ce podcast : Il était le grêlé un mystère pour la police judiciaire depuis plus de 30 ans. Se sachant bientôt démasqués François Vérove s'est suicidé le 27 septembre. Il est le dernier tueur en série en date à avoir été identifiés en France. Nous avons déjà consacré un podcast en deux épisodes à cette affaire mais nous avons eu envie d'y revenir suite à plusieurs informations exclusives révélée par le Parisien, notamment l'audition de sa femme. A ses yeux François Vérove, le père de ses enfants, était un homme sans histoire à l'humeur égal.
La femme de François Vérove nous l'appellerons dans ce podcast Valérie a 57 ans. Le 1er octobre face à la juge Valérie est toujours dans l'incompréhension la plus totale c'est ce qu'elle dit d'emblée « le ciel m'est tombé sur la tête ». Elle a été mariée pendant 36 ans à un homme qu'elle aimait avec lequel elle a eu deux enfants et elle vient de découvrir qu’il est suspecté d'être un des plus grands tueurs en série français, un violeur en série c'est vraiment une sidération…

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Sarah Hamny et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian

Archive : LCI.

#legrele #vérove #tueur

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Transcription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:04Et d'abord, merci, vous êtes de plus en plus nombreuses et nombreux à nous écouter.
00:08Plus de 650 000 écoutes par mois, plus d'un million en comptant les vues sur YouTube.
00:14Codesource est aujourd'hui le quatrième podcast de France hors radio et le premier podcast d'actualité.
00:25Il était le grêlé, un mystère pour la police judiciaire depuis plus de 30 ans.
00:29Se sachant bientôt démasqué, François Verov s'est suicidé le 27 septembre.
00:34Il est le dernier tueur en série en date à avoir été identifié en France.
00:39Nous avons déjà consacré un podcast en deux épisodes à cette affaire,
00:42mais nous avons eu envie d'y revenir suite à plusieurs informations exclusives révélées par le Parisien,
00:48notamment l'audition de sa femme.
00:50À ses yeux, François Verov, le père de ses enfants, était un homme sans histoire, à l'humeur égale.
00:57Cet épisode de Codesource est raconté par deux journalistes spécialistes police-justice du Parisien,
01:02Denis Courtine et Timothée Boutry.
01:19Timothée Boutry, vous avez pu avoir accès à plusieurs éléments de l'enquête,
01:22et notamment l'audition de la femme de François Verov.
01:25Nous l'appellerons dans ce podcast, comme dans votre papier, Valérie.
01:29Valérie, elle a 57 ans, le 1er octobre, face à la juge, Valérie est toujours dans l'incompréhension la plus
01:36totale.
01:36C'est ce qu'elle dit d'emblée, le ciel m'est tombé sur la tête.
01:40Elle a été mariée pendant 36 ans à un homme qu'elle aimait, avec lequel elle a eu deux enfants,
01:46et elle vient de découvrir, trois jours plus tôt, qu'en fait,
01:49cet homme est suspecté d'être un des plus grands tueurs en série français, un violeur en série.
01:53C'est vraiment une sidération pour elle, et une situation, on l'imagine, extrêmement douloureuse.
02:00Denis Courtine, de votre côté, vous avez enquêté sur le terrain dans les différentes villes où François Verov a vécu,
02:06et vous allez apporter des éléments supplémentaires dans ce podcast,
02:10supplémentaires aux témoignages de la femme de François Verov.
02:12D'abord, rappelez-nous qui est le grêlé aux yeux des enquêteurs, jusqu'à ce qu'on découvre son identité.
02:18Le grêlé, c'est un tueur protéiforme, c'est un peu sa particularité, c'est qu'il est à la
02:22fois tueur, violeur, voleur,
02:25c'est quelqu'un qui s'attaque un peu à tout le monde, et c'est ce qui fait sa
02:29particularité.
02:30Il est notamment soupçonné du meurtre de la petite Cécile Bloch, 11 ans, le 5 mai 1986, à Paris, dans
02:37le 19e arrondissement.
02:39Oui, c'est une enfant qui, un matin, part à l'école, elle monte dans l'ascenseur,
02:42elle tombe sur cet homme, qui l'a conduit dans un sous-sol, et dans le sous-sol, il va
02:47la violer, il va l'attacher et il va la tuer.
02:50C'est aussi le grêlé que la police soupçonnait dans l'affaire d'un double meurtre dans le Marais, à
02:54Paris, le 29 avril 1987.
02:57Oui, c'est la mort de Gilles Politi, un père de famille, un mécanicien d'Air France,
03:01qui est retrouvé mort dans sa chambre, nue.
03:04Et il y a, dans une autre pièce, le cadavre d'Irmark Muller, c'est la jeune fille au père
03:09de la famille.
03:10Ce qui avait marqué les esprits, c'est la mise en scène du tueur,
03:15qui avait placé les deux corps dans des positions particulièrement monstrueuses.
03:22Gilles Politi avait été sur le ventre, avec les pieds et les mains attachés dans le dos,
03:28et Irmark Muller, elle, elle était superposée, avec les bras comme si elle avait été crucifiée.
03:33En résumé, le grêlé avait souvent le même mode opératoire.
03:37Oui, alors il a eu deux modes opératoires dans sa carrière de criminel.
03:39Dans les premières années, il frappait dans les ascenseurs.
03:42Il attendait sa victime dans l'ascenseur, ou il essayait de la faire entrer dans l'ascenseur,
03:46et il la conduisait dans un sous-sol, et ensuite, il violait sa victime,
03:49et il la tuait éventuellement, comme pour Cécile Bloch.
03:51À partir de 1987, il utilise de plus en plus la méthode du faux policier,
03:56c'est-à-dire qu'à l'époque, François Vérove est gendarme,
03:59et donc il accoste ses victimes en tendant une carte de police.
04:03Il dit qu'il est policier, et il prétexte un contrôle.
04:06Il se sert de ce moyen pour entrer en contact avec ses victimes et les piéger.
04:10D'un mot, Timothée Boutry, c'est justement parce que la juge d'instruction
04:12pensait que le tueur était un ancien gendarme, que François Vérove a été confondu.
04:18Oui, en fait, il y a une instruction qui court depuis des années,
04:21et par recoupement, la juge d'instruction a considéré que c'était un ancien gendarme
04:27et qu'il devait vivre sur Paris, et donc elle a fait procéder à un recensement
04:31de tous les gendarmes qui habitaient dans la capitale à ce moment-là.
04:35Ça faisait une liste de 800 personnes qui devaient toutes faire l'objet
04:38d'un prélèvement pour comparaison génétique.
04:45Timothée Boutry, face à la juge, Valérie, la femme de François Vérove,
04:49raconte la vie qu'elle a menée avec lui depuis 2019.
04:52Il vivait à la grande motte dans l'Hérault.
04:55Qu'est-ce qu'elle raconte du quotidien avec cet homme ?
04:58Un quotidien tout à fait banal, lambda, un mari attentionné, un bon père de famille
05:04qui s'occupait de ses enfants, qui les accompagnait à leurs activités le week-end.
05:08Vraiment une vie de famille classique.
05:11Et il était d'un naturel calme ?
05:13Très calme, très pudique aussi elle dit, et assez discret sur son travail.
05:18Mais hormis ce trait de caractère-là, vraiment rien d'exceptionnel,
05:21plutôt un homme qui aimait bien faire la cuisine, elle le souligne à plusieurs reprises.
05:25Elle ne l'a jamais vu violent ?
05:26Non, non, non, elle décrit un homme ni violent, ni éruptif, d'humeur égale.
05:31Timothée Boutry, Valérie, raconte à la juge ce qu'elle sait de l'enfance de François Vérove.
05:36Son enfance a été un peu difficile, elle parle d'un père autoritaire,
05:42et surtout son enfance va être marquée par le décès prématuré de sa mère,
05:45alors qu'il n'a que 10 ans, elle décède de la grippe.
05:47Et là, son père qui travaille dans la marine marchande, le met chez sa grand-mère maternelle,
05:51donc il va être élevé une partie de son enfance adolescence par sa grand-mère.
05:55Puis son père se remarie avec une femme qui a déjà deux enfants, deux filles,
05:59donc lui il revient vivre auprès de son père et de sa belle-mère,
06:02et là ça ne se passe pas bien, les rapports sont compliqués, il a l'impression qu'il ne trouve
06:05pas sa place,
06:06ses demi-sœurs ont pris sa chambre, donc on l'envoie à un autre endroit,
06:10il a des rapports assez compliqués avec sa belle-mère, son père l'oblige à l'appeler maman, sa belle
06:14-mère,
06:14évidemment c'est difficile pour lui, donc ça va mal se passer dans ce nouveau contexte familial.
06:21Denis Courtine, vous vous êtes rendu à Marc-en-Barreul dans le département du Nord,
06:25là où a vécu François Vérove quand il était ado dans les années 70, déjà ça ressemble à quoi ?
06:30Il habitait un lotissement à Marc-en-Maroc, qui est une commune plutôt huppée du nord de la France,
06:35si ça ne se passait pas super bien dans son foyer, en revanche dans le quartier ça se passait bien,
06:39et il faisait notamment de la moto là-bas, il avait des copains, il avait une vie sociale.
06:43Vous avez croisé des gens qui l'ont connu à l'époque à ce moment-là ?
06:46Oui, j'ai croisé des gens qui l'ont connu à cette époque et qui gardent tous un bon souvenir
06:49de lui,
06:49c'était un type normal, qui ne faisait pas de bruit, qui était d'une banalité confondante.
06:53En 1983, quand il a 21 ans, François Vérove se fait recruter dans la gendarmerie.
06:58François Vérove, il n'avait pas une scolarité brillante, c'était un élève moyen voire médiocre,
07:02il s'est arrêté au BEPC, il n'a pas été jusqu'au bac, et donc quand il passe son
07:06service militaire,
07:07il voit là une opportunité, il passe son concours de gendarme, il le réussit,
07:10et il a l'opportunité de pouvoir suivre un stage, ou du moins une formation de cavalier,
07:16et lui il intègre assez vite la garde républicaine à Paris.
07:20Mais au bout de six mois, il change d'affectation, est-ce qu'on sait pourquoi ?
07:24La cavalerie, ce n'est pas n'importe quel service de la garde républicaine,
07:26c'est la noblesse de la cavalerie.
07:28Et donc ça ne se passe pas très bien pour lui, il n'a pas des bonnes notes,
07:31et au bout de six mois, ce qui est très rare, on le change de service à la garde républicaine,
07:35il passe de la cavalerie au deuxième régiment d'infanterie.
07:39Donc on ne sait pas exactement ce qui s'est passé,
07:41il y a un des anciens gardes républicains qui évoque une histoire de mœurs,
07:44on ne sait pas ce que c'est, ça n'a absolument pas pu être vérifié,
07:48ce qui est certain en tout cas, c'est que les notes de François Vérov à la garde républicaine
07:51sont finalement de plus en plus mauvaises,
07:53et il finit par quitter de lui-même la garde républicaine.
07:56Timothée Boutry, c'est à cette période qu'il rencontre Valérie.
07:58Oui, il est déjà gendarme quand il rencontre son épouse,
08:01elle est originaire du Nord elle aussi,
08:03et alors qu'il est hébergé dans la caserne des Célestins à Paris,
08:06il fait des allers-retours dans le Nord pour revoir son père,
08:09et c'est à cette occasion-là qu'il rencontre son épouse, qui est quasiment sa voisine en fait.
08:13Ensuite, le couple va déménager plusieurs fois en fonction des affectations de François Vérov.
08:18À partir du moment où il quitte la gendarmerie, donc en 1988,
08:22il intègre la police, et là ça va être un peu au gré de ses affectations,
08:25qu'il va déménager, donc il va notamment habiter, ça on en est sûr, à Châtenay-Malabry,
08:29un logement social qui avait été proposé par la police nationale,
08:33et ensuite il s'installe à Longpérié, c'est un petit village de Seine-et-Marne.
08:36Alors c'est intéressant ces affectations, parce que ça permet de relier évidemment
08:40avec d'éventuels crimes qui auraient été commis, du moins à proximité.
08:44Cette maison de Longpérié, où il a vécu avec son épouse de 93 à 2000, vous vous y êtes rendu
08:50?
08:50C'est exactement comme un Marc-en-Barreuil en fait, c'est un lotissement, un lotissement où les gens se
08:54connaissent,
08:54d'ailleurs là-bas sur place, il s'est fait des amis, qu'il a gardés des années après.
08:59Il était épanoui là-bas, il était heureux en apparence, du moins il avait une vie familiale,
09:02il avait sa femme et ses deux enfants, une vie très banale.
09:05Et à ce moment-là, il travaille où ?
09:06On sait qu'il a travaillé parmi les motards, il a travaillé dans différents commissariats d'Île-de-France.
09:12Timothée Boutry, Valérie raconte à la juge que François Vérov était brouillé avec son père.
09:18Oui, cette brouille remonte au milieu des années 90 et au départ, c'est une question d'immobilier d'argent,
09:25si je puis dire.
09:26C'est que son père souhaite vendre la maison familiale, celle dans laquelle il a grandi avec sa mère.
09:32Et donc là, il y a vraiment un conflit qui se cristallise à partir de ce moment-là sur cette
09:35question financière de vente de la maison.
09:37On est en 96-97 et il fait une grosse dépression à ce moment-là.
09:42Oui, son épouse dit qu'il fait même un burn-out, c'est le terme qu'elle emploie.
09:44En fait, elle revient un jour à la maison, elle voit qu'il y a les pompiers et ça va
09:49vraiment être une chute sévère puisqu'il va être hospitalisé un mois.
09:54Puis, il va être suivi pendant un an sur le plan psychologique et psychiatrique.
09:58Donc, c'est un vrai craquage à ce moment-là, quelque chose de tout à fait notable.
10:02On le disait, il ne s'en portait jamais, il n'était jamais violent.
10:06Du coup, elle n'a jamais remarqué la moindre chose d'anormal, on va dire, dans son comportement ?
10:11Rien dans son comportement n'avait pu l'intriguer.
10:14On l'interroge sur des éléments précis, des marques qu'elle aurait pu constater, des changements de tenue bizarres.
10:22Et non, vraiment, rien, rien, rien du tout.
10:23Elle n'a aucun élément qui aurait pu aiguiser sa curiosité ou alors susciter sa crainte.
10:29Denis Courtine, l'un de ses amis que vous avez rencontrés dans le Nord, vous a parlé d'un détail
10:34qui l'avait surpris au sujet de François Verov.
10:36Oui, c'est son goût pour les films gores. Il en était très friand. Il avait un film en particulier,
10:40c'était un peu son film culte, c'était Cannibal Holocaust.
10:43C'était un film des années 80, du début des années 80, particulièrement gore.
10:47C'est un film qui avait fait polémique, il avait été interdit dans des dizaines de pays, il y avait
10:50eu un procès.
10:51Enfin, c'était des scènes assez effroyables qu'il y avait dans le film.
10:54Et forcément, ça étonnait quelque peu qu'un homme comme François Verov, qu'un ancien gendarme, un ancien policier aussi
10:59austère dans sa vie, puisse être le fan de ce genre de film.
11:03Pourquoi vous avez retenu ce détail dans l'un de vos papiers sur lui ?
11:06Dans plusieurs scènes de crimes attribuées au Grélet, il y a justement une mise en scène.
11:11Dans le double homicide du Marais, on se pose des questions.
11:14On dit qu'il faut faire preuve d'une grande imagination, il faut avoir copié ça quelque part pour mettre
11:19en scène à ce point son crime.
11:21Avec la victime qui est quasiment crucifiée.
11:23Alors évidemment, ce n'est pas parce qu'on est un fan de films d'horreur qu'on les tueur
11:26en série.
11:26Mais ça peut être aussi, selon les psys, une façon d'entretenir, de nourrir un fantasme en étant un amateur
11:33de ce genre d'œuvre.
11:34Timothée Boutry, est-ce qu'on sait de façon certaine combien de crimes François Verov, alias Le Grélet, a commis
11:40?
11:40De façon certaine, il y a cinq crimes qui lui sont attribués, puisque sur cinq scènes de crimes, on a
11:46retrouvé son ADN.
11:47Il s'agit de meurtre et de viol.
11:49Il y a une sixième victime dont l'agression, un viol, lui a été imputé.
11:54Donc l'instruction vise précisément trois meurtres et cinq viols.
12:01Denis Courtine, vous avez cherché à savoir si François Verov avait pu commettre d'autres crimes.
12:07Et vous avez pu accéder à l'enquête du groupe de la police judiciaire en charge des cold case.
12:12Les affaires non élucidées, qu'est-ce que vous avez appris ?
12:16J'ai appris que les enquêteurs du groupe cold case de la criminelle s'étaient intéressés à près d'une
12:23trentaine d'affaires.
12:24Une trentaine d'affaires avec l'ombre du grêlé juste au-dessus.
12:27Et vous avez un exemple d'effet qui remonte au 1er avril 1987 à Paris.
12:32Le 1er avril, il y a un faux policier qui se présente dans un immeuble, dans le 6e arrondissement.
12:37Il y a une boum. Il dit « Moi, je suis policier. J'ai appris qu'il y avait une
12:40boum.
12:41Vous faites trop de bruit. Les voisins se plaignent. Du coup, je vais rester à la fête pour vous surveiller.
12:46»
12:46C'est une scène qui dure très longtemps et qui dure plusieurs heures.
12:48Il reste là. Il fait même la vaisselle. Il passe des disques.
12:50Il joue au disque jockey pendant une période.
12:52Et à la fin de la boum, il se retrouve avec deux personnes, deux adolescents.
12:56Et il commet des violences sexuelles sur une adolescente et sur l'autre victime.
13:01Il essaye de commettre des violences sexuelles.
13:02Mais le gamin arrive à se défendre et l'auteur prend la fuite.
13:07Timothée Boutry, la femme de François Vérove, a raconté pendant son audition face à la juge la réaction de ce
13:13mari quand il a été appelé par les enquêteurs
13:16et qu'il a compris qu'il allait devoir faire un test ADN et donc être démasqué.
13:21Comment est-ce qu'il a réagi après cet appel ?
13:23En fait, c'est son épouse qui reçoit l'appel de l'APJ de Montpellier parce qu'elle utilise l
13:28'ancien numéro de son mari.
13:29Et elle dit, après, il est revenu, je lui dis, il faut que tu appelles l'APJ, c'est pour
13:33une vieille affaire.
13:34Et elle explique qu'il rappelle devant elle et qu'elle comprend qu'il prend un rendez-vous.
13:40Et il lui demande mercredi prochain, 17h, sous-entendu, on n'a rien.
13:45Et donc, il raccroche et elle dit, il note même dans son agenda électronique, le mercredi suivant, 17h, rendez-vous
13:51au PJ.
13:51Pas de signe particulier ?
13:53Non, aucun signe. Même la juge repose la question en disant, mais vraiment, il ne se passe rien ?
13:57Ah ben non, on a même été faire une balade sur la plage après, aucune réaction.
14:02Alors que là, forcément, François Verov sait qu'il va être démasqué.
14:07Deux jours avant le rendez-vous du mercredi 29 septembre, rendez-vous pendant lequel son ADN aurait été prélevé,
14:13François Verov a trouvé un prétexte pour quitter la maison.
14:16Il a dit qu'il allait accueillir des clients Airbnb d'un autre appartement qu'il détenait.
14:20Et il est parti à vélo.
14:23Oui, il part sur son vélo électrique, sa femme précise, en bermuda beige, avec une chemise imprimée et un gilet
14:29bleu marine.
14:30Rien d'exceptionnel pour elle, parce qu'ils ont ce logement qu'ils mettent en location.
14:34Il y a quelqu'un qui arrive.
14:35Voilà, c'est qu'après coup qu'elle comprendra que la location devait débuter théoriquement le lendemain.
14:40Et qu'en fait, il n'y avait absolument aucun rendez-vous qui était prévu ce soir-là.
14:43Et ce soir-là, François Verov ne rentre pas.
14:46L'alerte sera donnée.
14:47Et on découvrira que François Verov s'est tué la nuit ou le jour suivant, le 27, en avalant des
14:53médicaments.
14:54Il a laissé derrière lui un mot pour les secouristes, demandant à ne pas être réanimé en cas de commun.
15:00Timothée Boutry, il a surtout laissé une lettre d'un peu moins de deux pages à sa femme pour expliquer
15:06son geste.
15:06Oui, c'est une lettre d'aveu, d'excuses aussi vis-à-vis de sa femme et de sa famille.
15:12Et il explique qu'effectivement, il a commis des gestes impardonnables.
15:17Il le dit.
15:18Il a dit qu'il était ému par des pulsions grandissantes et qu'il avait besoin de tuer pour effacer
15:25la rage qu'il avait en lui.
15:26Donc c'est une lettre extrêmement crue.
15:28Et en même temps, il dit qu'il ne voulait pas imposer tout ce qui va suivre à sa famille.
15:33Et donc, il a préféré se supprimer, que l'enquête va évidemment se terminer puisqu'il est mort.
15:38Et qu'il ne veut pas faire subir à sa famille une enquête, un procès et l'opprobre qui va
15:43s'abattre sur lui et sur son nom.
15:44Il précise que la psychothérapie qu'il avait suivie après sa dépression, dans les années 96-97, l'a soigné.
15:51Il dit que ce n'est qu'en 97 que j'ai pu être libéré de ses profondes obsessions.
15:57Et il ajoute, suite à ma dépression, j'ai été pris en charge et j'ai pu bénéficier de ma
16:01psychothérapie.
16:02Voilà, cela a cassé cet instinct de mort parce qu'il dit, car en tuant des innocents, c'était mes
16:08propres souffrances d'enfants que je voulais détruire inconsciemment.
16:11Et il ajoute, cette guérison, cela a été une véritable délivrance, une véritable renaissance.
16:20Timothée Boutry, dans cette lettre, il n'y a pas d'information précise, utile pour les familles de victimes qui
16:25espèrent forcément connaître un jour la vérité.
16:27Il n'y a pas un mot pour eux.
16:28Ce n'est pas du tout une lettre circonstanciée. Il n'y a absolument pas, voilà, c'est vrai, j
16:32'ai commis tel meurtre, la petite bloc, j'ai tué Ingmar Muller et M. Politi.
16:38Pas du tout. Il n'y a aucune date précise. Il n'y a aucun autre fait qu'on pourrait
16:42potentiellement lui rattracher.
16:44En revanche, si, il parle de ses victimes, puisqu'il dit, je ne pourrais pas effacer le mal que j
16:50'ai fait à ma famille ainsi qu'aux familles des victimes.
16:52Je ne sollicite aucun pardon parce que tout ça est impardonnable.
16:56Les derniers mots de sa lettre sont saisissants.
16:59Oui, parce que c'est à la fois celle d'un mari épère qui s'adresse à ses proches.
17:04Il dit, je vous aime plus que tout au monde. Et il termine sa lettre en disant, je déteste ce
17:08criminel que j'ai été.
17:10Dans le bureau de la juge, sa femme Valérie raconte que même ses enfants, leurs deux enfants, n'avaient absolument
17:16rien soupçonné.
17:17Vraiment, personne n'avait rien perçu. Les enfants, c'est assez vertigineux pour eux.
17:22Et d'ailleurs, la femme de François Vérov dit, en fait, les enfants m'ont dit, papa, il avait deux
17:27visages.
17:28Voilà, c'est vraiment un homme à double facette. C'est ça qui rend cette histoire encore plus effrayante et
17:34questionnante.
17:38C'était l'une des plus vieilles enquêtes non résolues en France.
17:42Un cold case vieux de 35 ans. Le grêlé surnom donné à cet homme à cause de sa peau acnéique
17:50a été identifié.
17:51Il s'appelait François Vérov. Il était ancien gendarme. Il était jusqu'à un passé récent. Bon père de famille
17:58et bon grand-père.
17:59Il s'est donc suicidé après avoir signé une lettre d'aveu.
18:10Merci à Timothée Boutry et Denis Courtine.
18:13Cet épisode de Code Source a été produit par Raphaël Pueyo, Sarah Amny et Thibault Lambert.
18:18Réalisation, Julien Moucouquiol.
18:20Code Source, le podcast d'actualité du Parisien, est disponible sur toutes les plateformes.
18:25Nous publions un nouvel épisode chaque soir de la semaine.
18:28Pour n'en rater aucun, n'oubliez pas de vous abonner.
18:30Vous pouvez nous suivre sur Twitter,
18:33Nous laisser un commentaire sur votre application audio préférée
18:36ou nous écrire directement
18:38code-source-at-le-parisien.fr
18:40C'est parti !
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