La phrase lâchée par le président provoque un tollé dès sa divulgation et suscite la réaction de plusieurs personnalités politiques de l’opposition. Code source dévoile les coulisses de cette séquence. Récit.
Dans ce podcast : Les non vaccinés j'ai très envie de les emmerder et donc on va continuer de le faire jusqu'au bout ! Déclaration d'Emmanuel Macron le mardi 4 janvier à l'Elysée interrogé par un panel de lecteurs du Parisien. Cette petite phrase est rapidement devenue un fait politique majeur en plein débat à l'assemblée sur l'instauration d'un pass vaccinale et à quatre mois de l'élection présidentielle 2022. Code source vous raconte aujourd'hui le contexte et les coulisses de cette interview du président publiée par le Parisien.
Le soir du mardi 4 janvier l'interview d'Emmanuel Macron face aux lecteurs du Parisien est publiée sur leparisien.fr et c'est un véritable tollé, immédiatement les critiques fusent de la part des candidats, de ses rivaux à la présidentielle sur le thème « un président ne devrait pas dire ça », sur le thème « voilà il nous refait le coup du mépris »…
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Thibault Lambert, Marion Bothorel et Sarah Hamny - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
Archives : LCP, TF1, Europe1, Franceinfo, RTL.
#nonvax #emmerde #Macron
Dans ce podcast : Les non vaccinés j'ai très envie de les emmerder et donc on va continuer de le faire jusqu'au bout ! Déclaration d'Emmanuel Macron le mardi 4 janvier à l'Elysée interrogé par un panel de lecteurs du Parisien. Cette petite phrase est rapidement devenue un fait politique majeur en plein débat à l'assemblée sur l'instauration d'un pass vaccinale et à quatre mois de l'élection présidentielle 2022. Code source vous raconte aujourd'hui le contexte et les coulisses de cette interview du président publiée par le Parisien.
Le soir du mardi 4 janvier l'interview d'Emmanuel Macron face aux lecteurs du Parisien est publiée sur leparisien.fr et c'est un véritable tollé, immédiatement les critiques fusent de la part des candidats, de ses rivaux à la présidentielle sur le thème « un président ne devrait pas dire ça », sur le thème « voilà il nous refait le coup du mépris »…
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Thibault Lambert, Marion Bothorel et Sarah Hamny - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Les non-vaccinés, j'ai très envie de les emmerder, et donc on va continuer de le faire jusqu'au
00:17bout.
00:18Déclaration d'Emmanuel Macron le mardi 4 janvier à l'Elysée, interrogée par un panel de lecteurs du Parisien.
00:24Cette petite phrase est rapidement devenue un fait politique majeur en plein débat à l'Assemblée sur l'instauration d
00:30'un pass vaccinal et à quatre mois de l'élection présidentielle 2022.
00:34Codesources vous racontent aujourd'hui le contexte et les coulisses de cette interview du président publiée par le Parisien,
00:41avec deux journalistes du service politique du Parisien, Pauline Théveniot et Henri Vernet.
00:51Henri Vernet, le soir du mardi 4 janvier, l'interview d'Emmanuel Macron face au lecteur du Parisien est publiée
00:57sur leparisien.fr, et c'est un véritable tollé.
01:00Immédiatement, les critiques fusent de la part des candidats, de ses rivaux à la présidentielle.
01:04Sur le thème, un président ne devrait pas dire ça. Sur le thème, voilà, il nous refait le coup du
01:08mépris. C'est par exemple Marine Le Pen.
01:10Je pense qu'il y a des dizaines de millions de Français qui vont se réveiller demain matin avec ces
01:15déclarations d'une vulgarité, d'une violence absolument inouïe, inédite.
01:19Qui prouve selon elle qu'il ne s'est jamais considéré comme le président de tous les Français. C'est
01:23également Éric Zemmour.
01:24Il y voit à lui une extrême cruauté avouée, assumée, un président qui parade devant des Français méprisés.
01:33Henri Vernet, avec Pauline Théveniot, vous allez nous raconter comment on en est arrivé là.
01:38Les coulisses de cette interview et les réactions qui ont suivi, on a choisi de commencer ce récit le mercredi
01:4415 décembre.
01:45Le chef de l'État est l'invité de TF1, interviewé par deux journalistes de la chaîne dans le cadre
01:49d'une émission intitulée « Où va la France ? »
01:52et il fait son « mea culpa » suite à plusieurs petites phrases qui ont choqué une partie des Français.
01:57Au cours de votre mandat, Monsieur le Président, vous savez que certains de vos propos ont pu tendre parfois votre
02:04relation...
02:05Je crois que c'est arrivé.
02:06Il s'attarde un long moment sur toute une série de petites phrases, en particulier celles où il avait évoqué
02:13ceux qui ne sont rien.
02:14C'est un lieu où on croise. Les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien.
02:19C'est celle sur laquelle il s'attarde le plus longuement. Alors il dit avoir appris...
02:25Certains de mes propos, j'ai blessé des gens. Et je pense qu'on peut bouger les choses sans blesser
02:29des gens. Et c'est ça que je ne referai plus.
02:31Mais en même temps, il ne peut pas s'empêcher de blâmer la décontextualisation de ses propos.
02:36Nous sommes dans une société de la décontextualisation. Qu'est-ce que ça veut dire ? Vous dites deux mots,
02:42on les sort de leur contexte, ils paraissent affreux.
02:44Sous texte, si la phrase n'avait pas été sortie de son contexte, ça aurait peut-être moins blessé. Et
02:50donc, ce n'est pas complètement de ma faute.
02:53Juste avant cette interview, deux jours plus tôt, la candidate des Républicains à la présidentielle 2022, Valérie Pécresse, a demandé
02:59au Conseil supérieur de l'audiovisuel de faire respecter l'égalité du temps de parole.
03:04Elle considère qu'il y a un mélange des genres. Que le président de la République, il fait campagne sans
03:08le dire. Et donc, qu'il profite de son statut de chef de l'État pour faire campagne.
03:13Et du coup, s'offrir une émission de deux heures devant les Français. Et donc, elle, ce qu'elle réclame,
03:20c'est soit un décompte par le CSA du centre-parole d'Emmanuel Macron, soit avoir un format équivalent.
03:27Le 31 décembre, Emmanuel Macron présente ses voeux aux Français de l'Élysée. Une interview filmée une vingtaine de minutes
03:34avant 20 heures, courte, à peine plus de 13 minutes.
03:37Dernier voeu présidentiel de son quinquennat. Très politique, Pauline Théveniot.
03:43Dans 100 jours, lorsqu'il parle, il y aura l'élection présidentielle. C'est le dernier moment où il peut
03:47faire passer des messages comme ça, dans ce cadre très solennel.
03:51Notamment, il dit « Décidons pour nous-mêmes d'être tout à la fois enracinés dans notre langue, notre culture,
03:58notre laïcité et épris de liberté, d'universel, de créativité.
04:03Restons unis, bienveillants, solidaires. Restons du côté de la vie. »
04:11On ne peut pas s'empêcher d'y voir une allusion à ses adversaires, notamment Éric Zemmour, qui a mis
04:16des thèmes ultra-radicaux dans le débat politique.
04:19Et puis, il le rappelle lui-même, c'est une année où il y aura des choix majeurs à faire.
04:25Et d'ailleurs, il a cette petite phrase même assez énigmatique pour dire aux Français que, quelle que soit sa
04:32place, en clair, qu'il soit candidat, qu'il soit réélu ou qu'il soit battu, il restera à leur
04:37côté.
04:38Devant vous ce soir, je veux vous dire que je suis résolument optimiste pour l'année qui vient.
04:43Optimiste pour notre nation, pas simplement pour 2022, mais pour les années qui viennent.
04:49Car l'ambition et la solidarité dont nous n'avons cessé de faire preuve nous autorisent tous les espoirs.
04:55Il faut rappeler qu'à ce moment-là, on est en pleine flambée du variant Omicron, beaucoup plus contagieux que
05:01Delta.
05:01Le pass vaccinal doit entrer en vigueur le 15 janvier.
05:06Et il y a toujours plusieurs millions de Français qui refusent de se faire vacciner.
05:09Emmanuel Macron en parle dans ses voeux.
05:11Ils sont environ 5 millions.
05:13Et des députés LREM reçoivent des menaces régulièrement.
05:17Oui absolument, ils sont victimes de menaces de mort qu'ils reçoivent chez eux, à leur permanence.
05:24Certains ont même reçu par la poste des balles, ce qui est quand même particulièrement violent.
05:31Et puis, dans la nuit du 29 décembre, il y a un député, un député LREM de l'Oise qui
05:35s'appelle Pascal Bois,
05:37qui voit à sa voiture incendier le mur de sa maison, son domicile personnel tagué,
05:43avec des inscriptions comme « voter non », ça va péter autant de références au futur examen du projet de
05:50loi pass vaccinal.
05:52Henri Vernet, dans la nuit du mardi 4 janvier, l'examen du projet de loi transformant le pass sanitaire en
05:58pass vaccinal
05:59fait l'objet d'une suspension surprise.
06:01On suspend.
06:02Oui, parce qu'une majorité de députés, tout simplement, votent.
06:06Ils décident qu'il n'est pas question de travailler toute la nuit à ce texte qui, pourtant, selon le
06:10gouvernement,
06:10qui veut le faire passer, réclament de l'urgence, puisque l'idée, c'est que le pass vaccinal entre en
06:15fonction le 15 janvier.
06:16Donc, il faut aller vite.
06:17Mais voilà, la majorité, tout simplement, elle a fait une espèce de couac.
06:22Les députés ne sont tout simplement pas assez nombreux en séance pour contrer les oppositions
06:27qui, elles, se sont rassemblées sur ce coup-là.
06:29Et donc, les 650 amendements qui plombent un peu ce texte,
06:32ils prendront beaucoup plus de temps que prévu pour être examinés à cause de cette suspension.
06:40C'est dans ce contexte que le président Emmanuel Macron va accorder aux Parisiens,
06:45ce mardi 4 janvier, une interview face aux lecteurs.
06:48Henri Vernet, présentez-nous d'abord ce rendez-vous.
06:50C'est vraiment la marque de fabrique du Parisien.
06:52C'est-à-dire que ce sont les Français qui interviewent une personnalité,
06:55en l'occurrence la personnalité politique.
06:57On en a l'habitude, notamment pour ces grands rendez-vous que sont les élections.
07:01On a les présidents une fois en poste.
07:03Et les lecteurs, les Français,
07:04s'adressent directement dans un dialogue un peu privilégié avec le président.
07:09Et pour qu'on comprenne bien, il y a des journalistes du Parisien
07:11qui encadrent les faces aux lecteurs,
07:13mais ce sont vraiment les lecteurs qui posent les questions.
07:16On ne fait pas semblant.
07:17Ce sont leurs questions, leurs préoccupations, leurs choix.
07:19Disons que nous, les journalistes, on est là pour encadrer, pour organiser les choses.
07:23Mais ce que vous entendez, les réponses que vous lisez,
07:26ce sont vraiment ce qu'attendent les lecteurs.
07:29La demande a été lancée par le Parisien, par le service politique du Parisien,
07:33il y a très longtemps.
07:33Oui, dès le mois de septembre.
07:35Parce que ce qu'on voulait, c'était une interview
07:37à propos de la présidence française de l'Union européenne
07:40qui a commencé le 1er janvier et qui va durer jusqu'à juin.
07:43On était donc curieux de le voir exposer sa vision de l'Europe
07:47et surtout comment cette Europe, dans un pays qui est quand même composé
07:50pas mal d'eurosceptiques,
07:52comment cette vision peut être un atout ou au contraire un risque électoral.
07:55Quand est-ce que l'Elysée dit oui ?
07:57Ça a été long parce qu'il y avait énormément de demandes
07:59à propos de cette présidence française
08:01et l'Elysée nous a finalement dit oui, mi-décembre.
08:04Pauline Théveniot, Henri Vernet, vous faites partie tous les deux
08:06de la petite équipe de journalistes du Parisien
08:09qui va assister à cette interview avec notamment David Ducan,
08:13chef du service politique du Parisien
08:15ou encore Olivier Beaumont et Marcel Ovest-Fred
08:17qui couvrent aussi tous deux l'Elysée.
08:19Henri, décrivez-nous les lieux,
08:21où se passe l'interview et comment sont accueillis les lecteurs du Parisien ?
08:24L'interview se passe dans la salle des fêtes de l'Elysée.
08:27C'est un décor tout à fait à la fois sobre et assez moderne
08:31avec un énorme sapin de Noël qui est encore là
08:34puisque nous sommes juste après les fêtes.
08:36On est accueillis de manière tout à fait grandiale, j'allais dire.
08:41Les lecteurs, les interviewers sont répartis en différents pupitres
08:44dans cette vaste salle.
08:46A la fois ça les impressionnait mais en même temps ça leur faisait plaisir
08:49d'y être et de se retrouver dans cet endroit central pour le pays.
08:52Pauline Théveniot, qui sont les lecteurs du Parisien
08:54qui vont poser leurs questions au chef de l'État ?
08:56C'est un panel de Français, des femmes et des hommes de tous âges
09:00qui viennent d'un peu partout en France.
09:02Il y a notamment Juliette qui est une jeune enseignante en région parisienne.
09:07Il y a aussi Isabelle qui est cadre infirmière dans le sud de la France
09:11ou encore Pascal qui est cadre en région parisienne.
09:16Les lecteurs face au président, ils sont intimidés ?
09:18C'est forcément un moment un peu particulier pour eux.
09:23Ils n'ont pas l'habitude d'être des intervieweurs professionnels.
09:26Quelques minutes avant, on voit qu'ils commencent à se demander
09:29un peu comment ça va se passer.
09:30Et puis très vite, finalement, ils se montrent assez à l'aise.
09:34On le voit à la lecture de l'interview.
09:36Ils n'hésitent pas à relancer le président quand un propos les interpelle
09:41ou quand ils souhaitent une précision.
09:43Henri Vernet, beaucoup de sujets sont abordés.
09:45Par exemple, la présidence française de l'Union européenne qui vient donc de débuter
09:49et qui était donc l'idée de départ de cette interview.
09:51Ça commence en réalité par la réponse à une polémique.
09:54La polémique du drapeau européen dont avait été pavoisé l'arc de triomphe,
09:59c'est-à-dire l'endroit où repose la tombe du soldat inconnu
10:03et qui avait soulevé une vive polémique au premier jour de l'année
10:07parce que certains y voyaient en quelque sorte une profanation.
10:10Il est choqué par cette polémique qu'ils jugent disproportionnée,
10:13et qu'ils jugent malvenus, surtout qu'il y a, comme dans toute polémique,
10:17qu'il y a un petit peu manipulation et mensonge dans la mesure où,
10:20la plupart du temps, il n'y a pas de drapeau.
10:22Il n'est pas voisé uniquement pour les cérémonies.
10:25Donc le drapeau européen n'est pas venu balayer, remplacer le drapeau français.
10:29On parle de cette polémique.
10:30Justement, Henri Vernet, pendant cette interview,
10:33en substance, Emmanuel Macron regrette à un moment
10:36l'absence de sérénité et de nuance dans le débat politique en France.
10:41Oui, il trouve qu'il y a beaucoup de violence dans les propos,
10:44dans les attitudes, dans les propositions,
10:46même parfois des différents candidats.
10:48Une violence, une radicalité de notre société qui est fracturée,
10:51mais juge-t-il qui est souvent artificiellement fracturée.
10:55C'est-à-dire que les divergences sont attisées par les réseaux sociaux,
10:59par la permanence, la prégnance des chaînes d'info,
11:03par nous, médias, dit-il.
11:05Et donc les petites phrases deviennent aussitôt fonfloresses,
11:08elles enflamment le débat, on glosse dessus pendant des heures et des heures.
11:13Sa recommandation, c'est qu'il faut combattre la montée des excès,
11:17des extrêmes, en mettant plus de raison dans le débat collectif
11:20et moins de passions négatives.
11:22L'un des électeurs, Hakim Bé, un employé de banque,
11:25pose une question au président sur les vaccins.
11:28Oui, c'est un cadre régénéral qui est père de deux enfants de moins de 11 ans
11:32qui donc sont éligibles désormais à la vaccination.
11:34Simplement, il dit, mais finalement,
11:36pourquoi est-ce que moi, j'irais emmerder mes enfants à se faire vacciner
11:39alors que cela ne sert en réalité qu'à protéger des personnes beaucoup plus âgées
11:44qui, elles, refusent de se faire vacciner.
11:46Pauline Théveniot, l'infirmière dont vous nous aviez parlé, Isabelle Berrier,
11:50relance Emmanuel Macron sur les non-vaccinés
11:53qui occupent, dit-elle, 85% des places en réanimation.
11:57Son témoignage est assez poignant.
11:59Elle raconte la fatigue, la lassitude des soignants
12:03à quel point le monde médical est éreinté par cette crise sanitaire.
12:10Et par contre, il y a des gens, je la cite,
12:13qui sont atteints de cancer dont on reporte les opérations
12:15à qui ils ne donnent pas l'accès aux soins et qui sont vaccinés.
12:17Elles s'offusquent de ça.
12:18Que répond Emmanuel Macron ?
12:20Emmanuel Macron, il lui donne raison puisqu'il lui dit
12:23ce que vous venez de dire, c'est le meilleur argument en démocratie.
12:27Le pire ennemi, c'est le mensonge et la bêtise.
12:29Mais il ne s'arrête pas là, Emmanuel Macron.
12:31Il continue et il développe un raisonnement qui est assez long
12:35à propos de ce qu'il appelle une petite minorité qui est réfractaire.
12:39Là, il parle des non-vaccinés et il poursuit.
12:42Celle-là, comment on la réduit, dit-il ?
12:44On la réduit, pardon de le dire, comme ça, en l'emmerdant encore davantage.
12:49Et là, il poursuit.
12:51Moi, je ne suis pas pour emmerder les Français.
12:54Mais dit-il, eh bien là, les non-vaccinés, j'ai très envie de les emmerder.
12:57Et donc, on va continuer de le faire jusqu'au bout.
13:00C'est ça, la stratégie.
13:01Et peu de temps après, Emmanuel Macron va encore plus loin.
13:04Oui, absolument.
13:05La discussion s'est poursuivie pendant un bon moment avec Isabelle,
13:08l'échange sur ce thème.
13:09Et il finit par dire, en parlant des non-vaccinés,
13:13que lorsqu'on est un irresponsable, eh bien, on n'est plus un citoyen.
13:20Il est comment, physiquement, quand il dit tout ça ?
13:22Il est très calme, il est détendu.
13:24C'est un vrai paradoxe par rapport à la virulence, à la violence, même des propos.
13:28En fait, à ce moment-là, l'entretien a déjà démarré depuis environ une heure et demie.
13:32Donc, on est en plein dedans.
13:33Et il est à l'aise avec les lecteurs.
13:36En plus, c'est un exercice qui l'affectionne.
13:37Ce ne sont pas des journalistes, ce sont des Français.
13:40Il est souriant en permanence, y compris quand il dit ces mots extrêmement forts.
13:43J'ai très envie de les emmerder jusqu'au bout.
13:45Vous, Henri Vernet, qu'est-ce que vous vous dites quand vous entendez ça ?
13:49C'est énorme.
13:50Clairement, on se regarde d'ailleurs avec mes confrères journalistes.
13:52On a saisi que le propos est énorme.
14:02Comment ça se passe à la fin ?
14:04Eh bien, à la fin de l'interview, tout le monde se lève.
14:07Il y a un petit groupe qui se forme autour d'Emmanuel Macron.
14:10Sans surprise, la discussion se poursuit sur la question sanitaire.
14:15Puis, il y a évidemment, c'est la traditionnelle photo,
14:18le président de la République avec les lecteurs autour de lui sur le perron de l'Elysée.
14:23Et puis, les lecteurs s'offrent évidemment une dernière petite photo souvenir dans ce lieu
14:30auquel les Français ont rarement accès dans ce cadre, si ce n'est lors des journées du patrimoine.
14:36L'entretien dure deux heures et quart.
14:37Qu'est-ce que vous faites, vous, Pauline Théveniot, Henri Vernet, avec ce matériau ?
14:42J'imagine qu'il faut réduire, résumer à l'essentiel.
14:45Vous faites quoi concrètement ?
14:46Eh bien, après, c'est un gros travail qui commence pour nous,
14:49puisqu'il faut déjà retranscrire tout l'entretien.
14:52Alors, vous imaginez bien que deux heures et quart de conversation couchée sur le papier, c'est immense.
14:58Donc, après, il faut organiser la retranscription de cette discussion par thème
15:05pour que le lecteur du Parisien, le lendemain dans le journal, puisse s'y retrouver.
15:08Et puis, forcément, synthétiser.
15:11On ne peut pas tout garder parce que sinon, il faudrait des pages et des pages et des pages.
15:14Donc, on choisit ce que l'on retient ou non dans la version finale de l'interview.
15:21Henri Vernet, est-ce qu'il y a une relecture par l'Elysée,
15:23comme c'est souvent le cas, le fait de relire une interview dans les grandes interviews politiques ?
15:28Il y a une relecture qui est purement formelle.
15:30On veut s'assurer qu'il n'y ait pas de contresens, tout simplement.
15:32Mais en aucun cas, le moindre changement sur le fond n'est admis.
15:37Et d'ailleurs, dans cette interview, il n'y en a pas eu.
15:40Et donc, pour être clair, les conseillers de l'Elysée n'ont pas tiqué sur l'expression « emmerdée »
15:45qui se retrouvait dans l'interview.
15:46Non, mais non seulement les conseillers de l'Elysée, mais le président lui-même.
15:49Parce que le texte, il passe quelques minutes pour le regarder lui aussi.
15:53Et donc, il a assumé totalement ses propos.
15:56Mais encore une fois, de toute façon, il s'agit de lecteurs qui sont là.
16:00Donc, il ne serait pas question de trahir ce qui leur a été dit, les questions qu'ils ont posées.
16:04Mais en l'occurrence, ça n'a pas été le cas.
16:06On en revient au mardi 4 janvier au soir.
16:09L'interview d'Emmanuel Macron est publiée sur leparisien.fr à 20h46.
16:15Rapidement, la petite phrase du président sur son envie d'emmerder les Français non vaccinés
16:20entraîne énormément de réactions.
16:22Et ça devient le principal titre de l'actualité.
16:25La phrase « choc » d'Emmanuel Macron.
16:28« Les non vaccinés, j'ai envie de les emmerder, noir sur blanc. »
16:31Ce sont les mots du président dans le Parisien.
16:34Nous y revenons dans un court instant.
16:36Emmanuel Macron a envie d'emmerder, je le cite, les non vaccinés.
16:41Réaction, décryptage avec Anne Bourse de notre service politique.
16:45Dans le reste de l'actualité, cette charge d'Emmanuel Macron contre les non vaccinés au Covid
16:50dans une interview publiée sur le site internet du Parisien Aujourd'hui en France.
16:54Beaucoup de réactions aussi Henri Vernet chez les députés qui travaillent la nuit à l'Assemblée nationale.
16:59Nous venons d'apprendre par les propos du président de la République qu'il parlait d'un texte
17:04pour emmerder les Français, pour emmerder les non vaccinés.
17:08Fabien Roussel, le député candidat communiste, a dit alors est-ce qu'il s'agit là d'un projet de
17:14loi
17:14pour plus emmerder, moins emmerder les Français ?
17:17Christian Jacob, le patron des députés LR, lui aussi a surfé sur ce thème-là.
17:22Un président de la République ne peut pas tenir les propos qui ont été tenus,
17:26c'est-à-dire d'avoir pour seul objectif d'emmerder les Français.
17:31Évidemment, ils prennent ce prétexte pour dire qu'on méprise les Français,
17:35on méprise la représentation nationale et donc ils ont demandé,
17:39ils ont même exigé que le Premier ministre Jean Castex vienne à l'Assemblée
17:43s'expliquer sur les propos du président dans le Parisien.
17:46Nous demandons donc que le Premier ministre vienne ici s'expliquer
17:50sur le véritable ordre du jour et intention du gouvernement.
17:58Pauline Théveniot, on voit que les oppositions sont scandalisées.
18:01Comment réagissent les députés de la majorité ?
18:04La République En Marche.
18:05Dans leur grande majorité, ils font bloc avec le président
18:10et ils sont plutôt raccords avec ce qu'il dit.
18:14Il y a un député qui me disait même ce matin,
18:16tout le monde a un peu la banane parce que les députés,
18:18pendant les vacances de Noël, ils sont retournés dans leur circonscription
18:21et ce qu'ils ont vu, c'est ce qu'ils ont entendu,
18:23c'est un ras-le-bol des vaccinés contre les non-vaccinés
18:27alors qu'il y a cette cinquième vague et les nouvelles mesures qui l'accompagnent.
18:32Néanmoins, il y a une minorité de députés LREM
18:36qui ne sont pas forcément à l'aise avec les mots employés,
18:39voire pour certains qui s'inquiètent des conséquences
18:42qu'ils pourraient avoir s'ils radicalisaient les antipasses, les antivax,
18:48notamment ceux qui ont déjà subi des actes de vandalisme dans leur circonscription.
18:53Henri Vernet, Emmanuel Macron est en campagne, ça y est ?
18:57Clairement. D'abord, dans le texte, il le dit,
18:59puisque un lecteur lui pose la question,
19:02« Serez-vous candidat ? »
19:03Il ne répond pas formellement « oui » ou « non ».
19:05Mais la manière dont il explique, entre guillemets,
19:08qu'il n'y a pas de suspense, « oui, j'ai envie »,
19:11déjà, ça donne une éducation extrêmement forte.
19:14Et puis, justement, la manière dont il s'exprime,
19:17ce langage, c'est un langage pas du tout de président
19:20qui, au contraire, doit rassembler, doit apaiser les Français
19:23et la situation, non, c'est un langage de candidat.
19:26Donc, on voit bien que oui, avec cette interview,
19:29décidément, Emmanuel Macron est entré en campagne pour sa réélection.
19:33Ce type de phrase-choc, est-ce que ça peut aider ou desservir le président sortant ?
19:38Ça peut le servir auprès de ceux qui sont déjà macroniens, en quelque sorte,
19:43ou alors auprès de ceux qui sont militants du vaccin.
19:45Donc, ça peut, disons, rassembler la base pour le premier tour,
19:49des gens qui jugent que ce président, finalement,
19:51c'est le président de la raison, c'est le président de la science.
19:53En revanche, s'il arrive au deuxième tour, là, il faut rassembler
19:57et donc, cette petite phrase, il risque de la porter à ce moment-là comme un boulet.
20:00Pauline Théveniot, tout à l'heure, Henri nous racontait
20:03que pendant cette interview face au lecteur du Parisien,
20:05Emmanuel Macron a appelé à un débat plus serein
20:08et en même temps, en disant ça, en tenant ses propos, il fait l'inverse.
20:12Oui, c'est tout le paradoxe.
20:13Il appelle à un débat plus serein et puis, il a cette petite phrase
20:17qui électrise aussitôt le débat public,
20:20y compris à l'Assemblée nationale
20:22où on est en train d'examiner le texte sur le pass vaccinal.
20:34Merci Pauline Théveniot, Henri Vernet,
20:37journaliste au service politique du Parisien.
20:39Toute l'actualité de la campagne présidentielle 2022
20:42est à suivre en direct sur leparisien.fr
20:44et nous y consacrons bien sûr régulièrement des épisodes de Codesources.
20:48Cet épisode a été produit par Thibault Lambert,
20:51Marion Bottorel et Sarah Amny.
20:53Réalisation, Julien Moncouquiol.
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20:57est disponible sur toutes les plateformes.
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