- il y a 10 heures
Dans une vidéo postée sur internet, un jeune livreur est agressé en face d’un fast-food de la commune. Le gérant, associé malgré lui à cette attaque, a ensuite été victime d’une véritable cabale numérique. Son témoignage au micro de Clawdia Prolongeau pour Code source.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Clara Hage, Clara Garnier-Amouroux et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
Archives : C8 TPMP.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Clara Hage, Clara Garnier-Amouroux et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le 31 mai, à Sergi dans le Val d'Oise, un homme de 23 ans agresse un livreur d'origine
00:18haïtienne
00:18et profère des insultes racistes contre une voisine qui intervient.
00:22La scène filmée sera largement relayée sur les réseaux sociaux
00:26et comme elle s'est produite juste devant un fast-food,
00:30le patron de ce restaurant a été accusé à tort d'être responsable de l'agression.
00:35Il a été victime, dans les heures et les jours qui ont suivi, d'une campagne de diffamation.
00:39Cet homme, prénommé Zubir, a vécu un cauchemar
00:42qu'il a accepté de raconter aujourd'hui dans Codesource au micro de Claudia Prolongeau.
00:59Zubir est propriétaire du restaurant Le Brasco, à Sergi, en région parisienne,
01:04juste en face d'une université et à proximité de bureaux.
01:07Il a 42 ans et papa d'une petite fille de 5 ans et vit avec sa compagne.
01:12Dans sa famille, on est restaurateur de père en fils.
01:15Mais pour lui, l'aventure a commencé tardivement.
01:20Moi, j'ai mixé dans les boîtes de nuit pendant 23 ans.
01:22Je formais même des DJs pour le Club Méditerranée à l'époque.
01:25Et j'avais décidé que pour mes 40 ans, je change un peu de vie
01:28et que je m'achète un petit restaurant pour avancer différemment
01:31et avoir un peu des week-ends et profiter de ma petite famille.
01:33Rentrer à 7h du matin, c'était trop compliqué.
01:35Quand tu as une vie de famille, ça a commencé très dur.
01:37La restauration, c'était ce que je voulais depuis tout petit.
01:39Je me suis toujours dit que j'allais acheter un restaurant et finir ma vie là-dedans.
01:43Et c'est celui-ci.
01:44Alors c'est une brasserie en mode fast-food.
01:46Il n'y a pas de service sur place.
01:48On se sert avec un plateau et on peut tout manger.
01:51On peut manger d'une entrecôte, comme un burger, comme des pâtes, des pâtes saumon.
01:54L'endroit, il est décoré avec des dessins.
01:57Donc j'ai mis pas mal de dessins, des animations, des petits personnages de mon enfance.
02:02Après, j'ai acheté un mobilier il y a à peu près deux ans, en bois,
02:06avec des belles petites banquettes.
02:08Et c'est un endroit assez convivial.
02:10Ça marche du feu de Dieu.
02:12Dans la nuit du dimanche 30 mai,
02:13la petite vie tranquille que Zoubir s'est construite
02:16bascule.
02:17Le dimanche soir, je suis en famille.
02:19On est chez les voisins, on fait un petit barbecue avec ma femme et ma fille.
02:23Je vais coucher ma petite fille.
02:26Je me couche, parce que je me couche très tôt et je me réveille très tôt.
02:28J'allume mon téléphone à 6h du matin, comme tous les jours.
02:32Et puis là, je vois un mail,
02:33où il y a marqué « raciste, resto raciste »
02:36avec un lien Twitter.
02:38Mais je clique pas, je me dis tout de suite, c'est un spam.
02:40Et là, je regarde tous mes mails qui défilent et je vois des avis Google.
02:43J'en vois à peu près 250.
02:46Et marqué « raciste », on a mangé, il y avait des rats, il y a des souris,
02:50tout est dégueulasse, n'allez pas là-bas, boycott.
02:53Je me dis qu'il y a un souci.
02:56Je clique sur le lien de la vidéo et là, je vois en effet cette vidéo-là,
02:59où on voit une personne devant mon restaurant crier des choses inaudibles.
03:04C'est une violence.
03:06C'est horrible, parce qu'elle a vécu la fille.
03:07C'est insoutenable.
03:08Donc, je vois toutes ces insultes-là.
03:10Et là, je comprends qu'il s'est passé quelque chose,
03:12mais je réalise toujours pas.
03:18La vidéo est relayée par des célébrités,
03:21comme Joey Star ou Maître Gims,
03:22et devient virale en quelques heures.
03:25Dessus, on voit un homme,
03:27filmé par une habitante de l'immeuble en face du Brasco,
03:30qui frappe un livreur Uber en proférant des insultes racistes.
03:33Quand il réalise qu'il est filmé,
03:35il se tourne vers l'habitante, noire elle aussi,
03:38et tient des propos d'une violence inouïe,
03:40faisant référence à la traite d'esclaves noires par les arabos musulmans.
03:44La dame lui tient tête et lui dit qu'elle est propriétaire dans cet immeuble.
03:48Il rétorque que lui travaille ici et paye des impôts aussi.
03:52Derrière, la devanture du restaurant du Brasco,
03:55donne le sentiment aux internautes d'être le lieu précis
03:57où travaille celui qui sera identifié plus tard,
04:00comme un homme s'appelant Mourad.
04:02Mais ça, Zoubir ne le sait pas encore.
04:06Je décide de venir à Sergy, et en effet, quand j'arrive à Sergy,
04:10je revois, il y a une mare de sang devant mon restaurant.
04:12Mon restaurant n'est pas cassé, mais il y a une grosse mare de sang,
04:14et je me dis, là, il y a eu un problème, ça va être compliqué.
04:18Il est environ 9h, et Zoubir, qui croule sous les menaces de mort
04:21depuis la nuit précédente et s'inquiète de la suite des événements,
04:25décide d'aller porter plainte au commissariat.
04:27Il attend 2h, explique la situation, et revient à son restaurant.
04:33Il y a une dame qui arrive, on pleure et tout,
04:35et qui me dit, c'est pas possible, c'est honteux, c'est honteux,
04:39c'est pas possible.
04:41Je lui dis, qu'est-ce qui se passe ?
04:42Elle me dit, mais c'est pas possible ce que vous avez fait.
04:44Je lui dis, mais j'ai rien fait, moi.
04:46Et la dame, elle venait manger tout le temps.
04:48Donc je lui dis, mais vous connaissez mon personnel,
04:49c'est pas un mec qui bat chez moi.
04:51Elle me dit, oui, mais je dis, non, le point est fini, madame.
04:54Il travaille pas chez moi, il travaille pas chez moi.
04:56Et là, il y a un rassemblement devant mon restaurant,
04:58il y a à peu près une dizaine de personnes.
05:00Je le vois tout de suite qu'ils sont pas venus pour manger,
05:02donc j'essaie de discuter avec certains,
05:05qui sont très menaçants, très insistants,
05:07et qui menacent en me disant, écoute, c'est lui ou c'est toi.
05:10Donne-nous son nom, donne-nous son nom, donne-nous son nom.
05:12Je répète que je le connais pas,
05:14et que je peux pas donner le nom de quelqu'un que je ne connais pas.
05:17La seule arme que j'ai dans les mains,
05:18c'est mon procès-verbal de ma plainte contre X.
05:22C'est tout ce que j'ai, et j'essaie de leur expliquer.
05:25C'est tellement violent ce que dit Mourad, là.
05:28Je les comprends, les gens qui sont venus.
05:29Je les comprends très bien, qu'ils soient venus me voir,
05:31et qu'ils veulent comprendre.
05:33Mais quand je leur explique la chose,
05:34ils veulent pas m'écouter.
05:36Ils veulent en découdre.
05:37Et là, ça part dans des insultes.
05:39On va te cramer, toi et ton restaurant.
05:42On arrive tout de suite à une centaine de personnes devant mon restaurant.
05:47Et là, les menaces, elles sont de plus en plus compliquées,
05:49je me dis c'est pas possible.
05:50C'est un film d'horreur.
05:52Ça s'arrête pas, ça s'arrête jamais.
05:55Quelques dizaines de minutes plus tard,
05:57deux policiers arrivent.
05:58Mais devant le restaurant de Zubir,
06:00ils sont maintenant plus de 200
06:02à réclamer la tête de Mourad, l'agresseur de la vidéo.
06:05D'autres policiers sont envoyés en renfort,
06:07mais le dialogue est impossible.
06:09Et la police finit par informer Zubir
06:11qu'une fermeture administrative de 7 jours
06:13est décrétée pour son restaurant,
06:15afin de prévenir des débordements.
06:18Alors là, quand on dit qu'on a fermé mon restaurant,
06:21c'est un chaos pour moi,
06:22parce que c'est toute ma vie, mon resto.
06:24Ils décident de m'exfiltrer,
06:25on descend au sous-sol,
06:27je remonte dans ma voiture,
06:28ils m'accompagnent jusqu'à la sortie.
06:30Et puis là, je suis tout seul dans ma voiture.
06:34Si t'as pas de famille,
06:34t'as pas d'accroche ou quoi que ce soit,
06:37je pense que tu peux faire une connerie.
06:39Mais vraiment, c'est un cauchemar.
06:42J'ai ma femme au téléphone qui me dit
06:43« t'inquiète pas, ça va s'arranger et tout ».
06:46J'arrive à la maison,
06:48je suis au bout de ma vie.
06:52Je me rends compte qu'à la télé,
06:54il y a tout mon resto qui tourne,
06:55toutes les chaînes de télé continue,
06:57et je me dis que c'est un enfer.
06:59Il faut que je trouve une solution.
07:00Zubir a alors une idée.
07:02Aller se défendre là où il estime
07:03qu'on l'écoutera le plus,
07:05dans l'émission « Touche pas à mon poste »
07:06de Cyril Hanouna.
07:08Le 1er juin, en début de soirée,
07:10Zubir se rend donc avec sa femme
07:12dans les locaux d'enregistrement de l'émission,
07:13à Boulogne-Biancourt.
07:15Leur fille est restée chez sa grand-mère,
07:17qui la garde depuis la veille.
07:19J'arrive devant les studios d'Hanouna,
07:21et en arrivant devant ces studios,
07:23je vois qu'il y a déjà 200 personnes
07:25qui sont dehors.
07:26Je ne me dis pas possible.
07:28Je ne peux même pas accéder à l'entrée,
07:30donc on me fait passer par derrière.
07:37Sur le plateau,
07:39je suis prêt à partie par deux chroniqueurs.
07:41Non, moi j'entends votre témoignage
07:42et je le respecte.
07:42Là, juste avant l'émission,
07:43il y avait des dizaines de jeunes de Cergy
07:44qui étaient devant les studios,
07:45qui m'ont tous affirmé
07:46que cette personne travaillait chez vous.
07:48Je fais fou.
07:48On a aussi recueilli le témoignage
07:49d'un client régulier,
07:50de cinq clients réguliers de votre restaurant,
07:51on peut peut-être l'écouter,
07:52qui dit reconnaître ce jeune homme
07:53qui s'appellerait Mourad donc,
07:54et qui avait déjà un comportement problématique
07:56avec les clients.
07:56Alors, je vous affirme
07:58qu'il n'y a aucun Mourad
08:00qui a travaillé dans mon restaurant.
08:01Aucunement.
08:02Est-ce que c'est possible, Zoubir,
08:03que vous vous êtes fait trahir
08:04par un de vos salariés ?
08:05Par exemple, vous,
08:05vous n'êtes pas sur place
08:06dans votre restaurant
08:07et qu'il y a un pote qui a...
08:08C'est un carnage.
08:11L'émission se termine.
08:13Ma femme était devant moi,
08:14pas dans le public,
08:15mais à l'extérieur du plateau.
08:17Et on lui envoie un message
08:19en lui disant,
08:19écoute, il y a ton adresse de maison
08:22qui vient d'être diffusée sur Twitter.
08:24Donc là, je vous laisse imaginer
08:25l'état de ma femme.
08:27Elle ne tient plus debout.
08:29On arrive en loge.
08:30L'équipe d'Hanouna,
08:32c'est chroniqueuse.
08:33Ils nous disent,
08:33vous ne pouvez pas rentrer chez vous,
08:35ça va être compliqué.
08:36Il va falloir aller dormir à l'hôtel.
08:38Donc là, on met une perruque à ma femme.
08:41Moi, j'ai une veste des années 60
08:43avec une paire de lunettes
08:45et une casquette.
08:47Et on nous fait passer dans les studios.
08:50Sauf qu'en passant dans les studios,
08:52on entend qu'il y a du bruit dehors
08:53et qu'il y a encore des gens
08:55qui sont dehors et qui m'attendent.
08:58Donc là, c'est très, très dur.
09:00On nous met dans un van,
09:02on ferme les portes
09:03avec deux agents de sécurité
09:06et deux motos qui nous ouvrent le chemin
09:07et on nous amène chez une copine.
09:11Zoubir et sa femme arrivent chez leur amie
09:12vers 22h.
09:14Le couple décide de passer la nuit chez elle,
09:16mais Zoubir n'arrive pas à dormir.
09:18Alors il finit par regarder le replay
09:20de l'émission « Touche pas à mon poste ».
09:21Et c'est à ce moment-là
09:23qu'un détail qui change tout
09:24lui apparaît.
09:27C'est que moi, dehors,
09:27j'ai des bidons rouges.
09:30Et lui, à côté,
09:30il a fait pareil que moi,
09:31mais il a des bidons noirs.
09:33Et quand je regarde bien la vidéo
09:35et que je vois l'individu,
09:36le Mourad, là,
09:38proférer ses insultes,
09:40je vois qu'il passe derrière
09:41un bidon noir.
09:42Et je me dis « Merde,
09:43il ne rentre pas chez moi ».
09:45Et moi, je le savais,
09:45j'avais déjà vu les caméras,
09:46mais je me dis « Il ne rentre pas chez moi,
09:47en fait, il est dans le restaurant d'à côté ».
09:50Je décide d'aller voir la police,
09:51je demande à être entendu.
09:54Et il y a un policier qui me dit
09:56« Écoute, on a fait une enquête sur toi,
09:59il travaille chez toi,
10:00dis-le, quoi ».
10:02Zoubir ressort de chez les policiers,
10:04effondré de constater
10:05que personne ne le croit.
10:06Il commence à douter de lui-même,
10:08au point d'aller voir son comptable
10:09qui le rassure immédiatement.
10:11Mourad n'a jamais travaillé chez lui.
10:14Après trois jours,
10:15Zoubir obtient le droit
10:16de rentrer chez lui,
10:17toujours sous surveillance policière
10:19dans un premier temps.
10:20Il a alors une nouvelle idée
10:22pour rétablir la vérité,
10:23se constituer partie civile
10:25dans le procès intenté à Mourad,
10:27qui entre-temps a été arrêté
10:29et placé en détention provisoire.
10:31Il constitue donc un dossier
10:32et le 7 juin,
10:34il rencontre la brigade anti-négrophobie,
10:37un collectif de lutte
10:37contre le racisme anti-noir
10:39qui croit à son innocence.
10:40Le collectif diffuse une vidéo
10:42dans laquelle il appelle
10:43à arrêter le harcèlement
10:44du propriétaire du Brasco.
10:46Mais c'est trop tôt pour rouvrir.
10:48Zoubir craint encore pour sa santé,
10:50voire pour sa vie.
10:52Le samedi 12 juin,
10:53il se décide enfin,
10:54à la date où les mesures sanitaires
10:56sont partiellement levées
10:57et où tous les établissements
10:58peuvent à nouveau accueillir
10:59du public à l'intérieur.
11:02J'ouvre le samedi à 11h.
11:05Et au moment où j'ouvre,
11:07dehors, il y a des individus
11:09qui passent et qui m'insultent
11:10et qui disent,
11:11« T'avais dit que tu n'allais pas
11:12ouvrir ton restaurant,
11:13on va revenir avec du monde,
11:15c'est mort. »
11:16Là, j'appelle la police,
11:17je leur dis que je suis encore menacé.
11:20Et il y a deux policiers qui viennent
11:22et qui me disent,
11:22« On nous demande de vous faire fermer. »
11:25Là, il n'y a plus rien.
11:26Je me dis,
11:26« Si je ferme ce jour-là,
11:28je ferme toute ma vie
11:29et c'est tout mon resto qui ferme. »
11:32Je décide de maintenir
11:33et je leur dis,
11:34« Écoutez, si je... »
11:36« Arrivera ce qui arrivera,
11:37si je dois me faire tuer devant mon restaurant,
11:38je me ferai tuer,
11:39mais je ne fermerai pas mon restaurant. »
11:42Alors, on discute avec les policiers.
11:43Ils me disent,
11:44« Le mieux, ce serait de ne pas venir
11:45et vous vous mettrez un peu plus à l'écart
11:48pour être un peu plus tranquille. »
11:50Je dis, « Pas de souci, je vais essayer. »
11:52Sauf que...
11:54Les personnes à qui j'ai demandé
11:56de venir bosser,
11:57ils ne voulaient plus venir bosser
11:58quand ils ont vu l'histoire du Brasco,
11:59c'était fini,
12:00c'était trop compliqué.
12:02J'étais tout seul.
12:03Donc, il n'y a que moi
12:04qui venais travailler
12:04et j'étais obligé de venir travailler.
12:06Sinon, je fermais le resto.
12:09Zoubir se retrouve donc seul
12:10derrière le comptoir
12:11et travaille d'arrache-pied.
12:13Au fur et à mesure,
12:14les clients reviennent,
12:15lui disent un mot
12:16ou lui écrivent
12:16via son site internet
12:18pour lui apporter du soutien.
12:20Et lui reprend espoir,
12:21mais reste inquiet.
12:23S'il y a un client qui rentre,
12:25il y a une chance
12:25pour qu'il vienne consommer
12:26ou une chance
12:26pour qu'il vienne me défoncer.
12:28Il n'y a pas d'autre solution.
12:29Donc, il y a des gens
12:30qui passent devant,
12:31qui me regardent mal,
12:31qui m'insultent.
12:33Moi, je tiens.
12:34Et je me dis,
12:34« On va tenir le coup. »
12:36J'arrive à rouvrir.
12:38J'arrive à rouvrir.
12:38Mais vraiment,
12:39vraiment, vraiment,
12:40la boule au ventre.
12:41Donc, même le soir,
12:42quand je pars,
12:43je ne suis pas bien.
12:44Je n'arrive même pas à dormir.
12:46Vous n'arrêtez pas
12:46de regarder derrière votre épaule ?
12:48C'est parce que vous avez peur
12:49que des gens arrivent ?
12:51Je regarde.
12:51Moi, je suis toujours
12:52quelqu'un de méfiant,
12:53mais beaucoup plus qu'avant.
12:54Donc, oui, non,
12:55je regarde toujours
12:55parce qu'on ne sait jamais maintenant.
12:57Il y avait le Zoubir
12:58avant le 30
12:59et puis, il y a le Zoubir
13:00d'après, mais non.
13:01Je ne serais plus pareil qu'avant.
13:02Le 8 juillet dernier,
13:04Zoubir se rend
13:04au tribunal correctionnel
13:05de Pontoise
13:06pour assister
13:07à l'audience de Mourad.
13:08Enfin, il entend
13:09ce qu'il attendait
13:10depuis plusieurs semaines.
13:11Moi, je voulais juste entendre
13:12de la bouche
13:13de l'avocat général
13:15qui l'a dit
13:15en début d'audience,
13:16qui dit,
13:17je tenais à préciser
13:18qu'il ne travaille pas au Brasco,
13:19qu'il n'a rien à voir
13:19avec le Brasco,
13:20qu'il est en train de manger
13:21dans une pizzeria à côté.
13:22Donc, d'entendre ça,
13:23d'un part de la justice,
13:24c'est un ouf.
13:26C'est à partir de ce moment-là
13:27où j'ai dit enfin, quoi.
13:29Mais ce jour-là,
13:30la constitution de Zoubir
13:31en partie civile
13:32est aussi rejetée,
13:33au motif qu'il n'est
13:34qu'une victime collatérale.
13:36Il ne peut donc
13:36pour le moment
13:37pas être indemnisé
13:38pour les jours
13:39de fermeture administrative
13:40de son établissement
13:41et le fait que cette histoire
13:42lui a fait perdre
13:43la moitié
13:44de son chiffre d'affaires.
13:45Donc là, c'est un choc pour moi
13:46parce que je peux me retourner
13:47contre personne.
13:49Je n'ai rien.
13:50J'ai fermé 15 jours.
13:52Mes employés,
13:52je les ai payés, moi.
13:54Et j'ai des frais d'avocat,
13:55des frais de justice
13:56et tout ce qu'il y a.
13:57Mais aujourd'hui,
13:57c'est moi qui paye
13:58et je peux me retourner
14:00contre personne.
14:01Et c'est ça,
14:01le pire des trucs.
14:02C'est de se dire que
14:03tu es une victime collatérale
14:05et que tu ne peux rien faire.
14:06Et la justice t'abandonne.
14:10Sur les avis Google,
14:12moi, j'avais 4,2 notes,
14:13ce qui est correct,
14:14ce qui est très correct.
14:14Et puis, je suis passé à 1.
14:16Toutes mes pages
14:17Facebook, Instagram et tout
14:18ont été remplies
14:19de conneries, de bêtises.
14:20Donc, ils m'ont ruiné
14:21tous mes réseaux sociaux.
14:22Le préjudice du Brasco,
14:24il est insurmontable.
14:25Je ne peux même pas vous dire.
14:27J'étais tranquille,
14:28ma vie, elle était nickel.
14:30Le lendemain,
14:30c'est un carnage.
14:31Un carnage.
14:32Mais le carnage médiatique,
14:33il va tellement vite.
14:34Et c'est un rouleau compresseur,
14:35il ne s'arrête jamais.
14:36Personne n'est prêt.
14:53Claudia Zoubir,
14:54est-ce qu'il vit toujours
14:55sous protection policière ?
14:57Alors, non,
14:58il n'y a plus la police
14:59en permanence
15:00qui le protège.
15:01En revanche,
15:01il passe quand même
15:02de temps en temps
15:03pour le voir,
15:04pour s'assurer
15:05que tout va bien,
15:06pour vérifier que les choses
15:07ne s'enveniment pas à nouveau.
15:08Mais il n'est plus
15:09sous protection policière.
15:11Et sur Internet,
15:11est-ce que la note
15:12de son restaurant
15:13est remontée maintenant ?
15:14Alors oui,
15:15il est revenu à 4,2 sur 5,
15:18la note qu'il avait à l'origine.
15:20En fait,
15:20sa femme qui travaille
15:21dans les réseaux sociaux
15:22a pu contacter Google
15:23pour leur expliquer
15:24quel était le problème.
15:25Et donc,
15:26l'entreprise a compris
15:27la situation
15:28et elle a pu supprimer
15:29les commentaires
15:30qui faisaient référence
15:31à cette histoire-là.
15:32Et est-ce qu'il lui reste
15:33une chance
15:34d'être indemnisé
15:35pour tout ça ?
15:36Ce n'est pas certain du tout.
15:38Il fait tout ce qu'il peut
15:39pour que ce soit le cas
15:39parce qu'il a quand même
15:40eu 15 jours de fermeture
15:42et comme il le dit,
15:42il a payé ses employés
15:43pendant ce temps-là.
15:44Donc, pour lui,
15:45c'est vraiment
15:45de la perte totale.
15:48Il essaie de monter
15:49un dossier
15:49auprès de son assurance.
15:51Évidemment,
15:52ce ne sont pas
15:53des situations
15:54qui sont a priori prévues
15:55dans les contrats d'assurance.
15:56Donc voilà,
15:57il espère que ça va passer
15:58mais c'est loin
15:59d'être une certitude.
16:03Merci Claudia Prolongeau
16:04et merci à Marie Persida
16:06pour son aide.
16:07Code Source
16:08est le podcast
16:08quotidien du Parisien
16:09disponible sur
16:10leparisien.fr
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16:22Thibaut Lambert
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