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Après une fugue, Ghislaine s’est volatilisée, laissant sa famille sans nouvelles pendant trois ans. A la retraite, elle est devenue enquêtrice bénévole au sein d’une association qui vient en aide aux proches de personnes disparues. Témoignage.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network.
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00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Il reste quelques centaines d'adultes qui, tous les ans, demeurent introuvables.
00:16Dans ce podcast, vous allez entendre le témoignage de Gisleine Debeve.
00:20Elle est bénévole dans une association, l'ARPD, qui se lance à la recherche de ces personnes disparues,
00:26un engagement qui fait écho à la propre histoire de cette retraitée.
00:30Au début des années 70, elle était partie de chez elle pendant plusieurs années sans donner de nouvelles à ses
00:35proches.
00:36Gisleine Debeve se confie dans Codesources au micro d'Ambre Rosala.
00:52Gisleine Debeve a 76 ans.
00:54Elle a les cheveux roux coupés courts et les yeux bleus.
00:56Elle habite à Antone-et-Trigonan, une petite commune en Dordogne.
01:00Elle vit seule dans une grande maison, située en pleine nature, à la lisière d'une forêt.
01:05Je travaille dans ma maison tout le temps.
01:07C'est une grande pièce, avec une cheminée, un canapé, une table, mon semblant de bureau et tout mon bazar.
01:14C'est ici, dans son salon, qu'elle passe des heures à faire des recherches
01:19pour aider des familles à retrouver un proche disparu.
01:23J'ai toujours été passionnée de faits divers et d'enquêtes, en fait, depuis mon plus jeune âge.
01:29Depuis très jeune, c'est même venu à des émissions qu'on écoutait à la radio quand j'avais 6
01:33ans.
01:34Et c'était les histoires d'Arsène Lupin.
01:37Et je me passionnais à écouter ça.
01:40Voilà.
01:41Plus tard, adulte, quand il y avait l'émission de Jacques Pradel, je ne la manquais pas, à la télévision.
01:46Oui, je me passionnais, je cherchais, je fouillais déjà.
01:49J'essayais de comprendre ce qui s'était passé.
01:51Quand je regarde une série, c'est pareil, mais je trouve déjà avant.
01:54Donc, quelquefois, je ne regarde pas toute la série.
01:57Gisleine est originaire de Nantes, en Loire-Atlantique.
02:00Elle a emménagé en Dordogne il y a 34 ans avec son mari.
02:03Elle avait déjà une fille avant de le rencontrer.
02:05Et elle a aussi élevé les deux enfants de son mari, nés d'une première union.
02:10Avant d'être à la retraite, Gisleine travaille à la Chambre d'agriculture de Dordogne dans un service d'urbanisme.
02:15En 2003, alors qu'elle a 55 ans et une vie encore bien remplie entre son travail et sa vie
02:20de famille,
02:21elle découvre dans un reportage l'ARPD, l'assistance et recherche de personnes disparues.
02:27Elle apprend que les bénévoles de cette association aident des familles de personnes disparues à retrouver leurs proches.
02:33À la télévision, comme ça, je regardais.
02:35Ah, je me suis dit, tiens, un jour, quand je serai en retraite, j'espère qu'elle existera encore, cet
02:40assaut, et moi, j'y rentrerai.
02:42Et voilà, les années ont passé, j'étais en retraite, j'ai perdu mon mari, etc.
02:47Enfin, il y a eu beaucoup de soucis dans ma vie.
02:49Et un jour, j'étais en vacances en Bretagne, avec mes petits-enfants, qui étaient jeunes à l'époque.
02:55Et puis, je ne sais pas, je pense à l'ARPD.
02:57La présidente, elle habitait en Bretagne.
03:00Alors, j'ai donc téléphoné, et puis j'ai pris le rendez-vous, et c'est comme ça que je
03:04suis rentrée à l'ARPD.
03:05Gisleine devient bénévole à l'ARPD en 2017, juste après sa retraite.
03:09Tout de suite, après son adhésion à l'association, on lui confie un premier dossier.
03:13La maman m'appelle, donc elle recherchait son fils disparu, qui avait abandonné femme et enfant.
03:19On ne savait pas où il était, donc moi, je débarquais, c'était un dossier de Dunkerque.
03:25Donc, je me suis mise à fouiller sur Internet.
03:28Et puis, je me suis dit, tiens, je vais écrire aux centres sociaux, etc.
03:31Et bingo, je l'ai retrouvé comme ça.
03:33Il y a un assistant social qui m'a appelé, qui m'a dit, il est là.
03:37Écrivez-lui, et on va essayer de le faire rejoindre sa famille, enfin, contacter sa maman.
03:44Ce qui est arrivé, d'ailleurs, au bout d'un temps.
03:47C'est très gratifiant, on est super heureux, quoi, de clôturer un dossier, entre guillemets, super heureuse.
03:54Gisleine a retrouvé la trace de cet homme en trois semaines seulement.
03:57Alors, on lui confie d'autres dossiers, et elle y prend goût.
04:01À chaque fois qu'une famille fait appel à l'ARPD, le même procédé est mis en place.
04:05Nous sommes contactés par une famille, et après, j'écoute la famille.
04:10Je leur pose des questions, et je propose notre aide.
04:14Et à ce moment-là, les familles reçoivent un dossier.
04:17Je leur envoie un dossier, qu'elles doivent remplir avec le maximum d'informations.
04:22Voilà, ça se passe comme ça.
04:24Alors, ma méthode, à moi, c'était de chercher.
04:26C'était passé du temps sur Internet.
04:28J'ai appris à écouter les familles.
04:30Je demande souvent où le disparu allait en vacances, etc., ce qu'il aimait, ses passions.
04:37C'est comme ça que j'arrive à remonter des fils, en fait.
04:40Il m'était arrivé sur Facebook de voir que le gars recherché était en lien avec quelqu'un.
04:47Donc, j'essayais de joindre le quelqu'un, enfin, etc., quoi.
04:52Je vais chercher dans des lieux où d'autres ne vont pas chercher, en fait.
04:56La RPD travaille surtout en complément des enquêtes policières ou de gendarmerie
05:00pour aider les familles quand l'enquête officielle n'a rien donné.
05:03Et les personnes disparues ont des profils très variés.
05:06Il y a beaucoup de disparitions volontaires, mais ce n'est pas toujours le cas.
05:09Pour essayer de les retrouver, Gisleine fait des recherches sur Internet,
05:13en fouillant les archives, les avis de décès, ou encore en scrutant les réseaux sociaux.
05:18Si Gisleine est si investie, c'est parce que son travail à la RPD fait écho à sa propre histoire.
05:24Elle a elle-même disparu volontairement pendant plusieurs années.
05:29En 1969, Gisleine a 21 ans.
05:32Elle est fille unique et vit à Nantes avec ses parents.
05:35Et un jour, sans prévenir personne,
05:38elle décide de quitter leur maison et de disparaître sans laisser de traces.
05:46Il y avait un gros problème familial avec ma mère.
05:49J'avais une mère qui me disait toujours que j'étais bonne à rien,
05:52que je ne ferais jamais rien de ma vie,
05:54qu'elle a failli mourir quand je suis née.
05:56Ce qui a fait qu'un jour, j'ai entendu la chose de trop.
06:00Et je suis partie.
06:01Comme ça.
06:02Pas de papier, surtout, rien.
06:04Sans rien.
06:06Je suis partie me cacher chez une amie à Nantes,
06:09en attendant de voir s'ils vont me rechercher,
06:11enfin, ce qui se passait.
06:13J'ai attendu un petit peu, puis après je suis partie en stop.
06:15Je suis partie en Allemagne.
06:18Je me suis dirigée sur la Belgique,
06:20mais il faut savoir qu'à l'époque,
06:22en fait du stop, c'est très bien,
06:23c'est souvent des camions qui s'arrêtent.
06:25Mais il y avait des frontières à l'époque.
06:27Donc il fallait se planquer,
06:28dans le fond du camion, clandestinement.
06:31Et puis pour arriver jusqu'en Allemagne,
06:33à Munich, etc.,
06:35à Hanovre, Hambourg, Lubeck,
06:38Francfort, enfin, tout un circuit en Germanie,
06:40en Allemagne.
06:41En Allemagne, Gisleine rencontre une autre jeune française,
06:44fugitive elle aussi.
06:45Elles n'ont pas de papier, pas d'argent,
06:47et pas de vêtements de rechange.
06:50Et puis on rencontre une femme qui se prostituait.
06:53Elle parle un français un petit peu.
06:54Qu'est-ce que tu fais là ?
06:55On explique, elle dit, mon frère tient un bar,
06:58tient une boîte, entre guillemets,
07:00c'était un bordel, quoi, une boîte.
07:01Elle me dit, il faudrait mieux venir manger et tout.
07:04Donc elle nous emmène là-bas,
07:06mais jamais il ne nous a rien arrivé.
07:08Son frère nous a donné de l'argent
07:10pour acheter des vêtements.
07:11Et elle, elle m'a logée.
07:14Gisleine trouve ensuite du travail
07:15en tant que blanchisseuse.
07:16Elle repense parfois à sa famille,
07:18se demande s'il la recherche,
07:20mais elle n'envisage pas de rentrer en France.
07:22J'ai pensé à la famille,
07:23mais enfin, bon, sans plus,
07:25parce que moi, je souffrais aussi.
07:27Oui, je pensais au moment de Noël,
07:29mais toujours quelqu'un me faisait un joli Noël,
07:31donc je n'y pensais pas trop, en fait.
07:34Je me suis dit, ils ne l'ont peut-être pas volé,
07:36quoi, que je parte.
07:37Alors qu'elle vit en Allemagne depuis près d'un an,
07:40Gisleine rencontre un garçon.
07:41Ils ont une relation qui ne dure pas longtemps.
07:44Je fréquentais un garçon,
07:45et ce garçon trafiquait,
07:46je me suis aperçue qu'il trafiquait de la drogue.
07:49C'était à Hambourg, ça,
07:50et Hambourg, c'est un port.
07:52Et il y a des bateaux qui viennent de partout,
07:55et je suis allée avec lui sur le bateau,
07:58il m'a dit, ben viens avec moi, là, sur le bateau.
08:00Il faut que je discute avec le commandant.
08:02Toi, ben, tu resteras tranquille.
08:05Et puis, quand on est revenus,
08:06on prend des petites barques.
08:07Et puis, à un moment,
08:08ça m'a projetée sur lui,
08:10et j'ai senti qu'il y avait plein de choses sur son corps,
08:12en fait.
08:13C'était de la drogue.
08:14Enfin, à mon avis, je n'ai jamais demandé.
08:16Surtout pas.
08:17Et je pense que c'est ça.
08:19Et quand on est redescendu,
08:20il m'a dit à la douane,
08:21tu fais comme si rien n'était,
08:22et tout se passera bien.
08:23Ce que j'ai fait.
08:24Et donc, c'est pour ça,
08:25après, je suis partie, après.
08:26Je ne voulais pas être mêlée à un trafic de drogue.
08:31Après ça, Gisleine décide de quitter l'Allemagne.
08:33Elle s'installe quelques temps en Hollande,
08:35avant de rentrer en France.
08:37J'avais ma grand-mère,
08:39qui n'habitait pas loin de Strasbourg.
08:41Mais je n'ai pas osé passer chez elle.
08:44Je me suis dit, non, allez, tu continues.
08:46Je suis revenue sur Nantes.
08:48Un stop, toujours.
08:49Je suis passée devant la maison de mes parents,
08:51la nuit.
08:52J'ai dit, tu rentres ou tu ne rentres pas ?
08:54J'ai décidé de ne pas rentrer.
08:56Et j'ai continué sur l'Espagne.
08:59Avant d'arriver en Espagne,
09:01Gisleine s'arrête à Marseille,
09:02où elle se procure de faux papiers.
09:04Puis elle franchit la frontière espagnole.
09:06Elle s'installe à Malaga,
09:08où elle trouve du travail comme femme de ménage dans un hôtel.
09:11Au bout de quelques mois,
09:12elle décide d'aller au Maroc.
09:14Là-bas, elle rencontre un homme,
09:15et elle tombe enceinte.
09:17Gisleine donne naissance à une petite fille,
09:19seule, à l'hôpital de Constantine, en Algérie.
09:22Une fois maman,
09:23elle se dit qu'elle préférerait élever sa fille en France,
09:25près de sa famille.
09:27Elle rentre alors avec son bébé,
09:29à la fin de l'année 1972.
09:31C'est facile de partir,
09:33et c'est très difficile d'en venir.
09:35Il y a une culpabilité quand même.
09:38En fait, moi, je me sentais coupable aussi d'avoir fait souffrir,
09:41mais je me suis dit, j'ai souffert aussi.
09:53Ça a brisé quelque chose,
09:55et j'ai vite trouvé du travail.
09:57Très, très vite,
09:58ils ont trouvé beaucoup de travail à l'époque.
09:59Je faisais d'intérêts,
10:00moi, je m'adapte très facilement.
10:02Et donc, voilà,
10:04pour élever ma petite,
10:05et ne pas être dépendante.
10:06Mais ça laisse toujours une blessure.
10:08Ma mère ne m'a jamais pardonnée.
10:10J'ai toujours eu droit à des réflexions,
10:13tout le reste de ma vie.
10:15Ma mère n'a jamais compris
10:16que j'avais besoin de liberté, en fait.
10:19À son retour en France,
10:20Gisleine découvre que sa famille
10:22l'a recherchée pendant les trois ans
10:23où elle a disparu.
10:25Près de 50 ans plus tard,
10:26à partir du moment où elle rejoint la RPD,
10:29Gisleine se met à traiter des dossiers
10:31qui lui rappellent ce qu'elle a vécu.
10:33Un jour, on lui confie par exemple
10:35une affaire de disparition de mineurs.
10:37Une mère cherche sa fille de 17 ans
10:38qui vient de fuguer.
10:40Un soir, j'ai été contactée par une maman
10:42qui m'a fait donc le dossier
10:44très rapidement.
10:44Le lendemain, je l'avais.
10:46Et le surlendemain,
10:47je débarquais à Limoges.
10:49Puisque ça se passait à Limoges,
10:50donc à 100 kilomètres d'ici.
10:52Et puis moi, je suis allée vers la maman
10:54et elle me dit,
10:54il se pourrait qu'elle soit dans telle cité.
10:57Parce qu'elle était tombée amoureuse d'un type,
10:59enfin d'un garçon beaucoup plus âgé qu'elle.
11:01C'est-à-dire que 17 ans,
11:03lui, il en avait 34 ou 35.
11:05Toute seule, elle ne voulait pas y aller.
11:07Moi, je ne suis pas peureuse de nature.
11:08Et bingo, on y va, quoi.
11:10Et alors, on est arrivés au milieu de la cité.
11:12Là, il y avait la maman, là, dans la voiture.
11:14Moi, j'ai ouvert les portes.
11:16Et puis, on a attendu
11:17que les guetteurs viennent nous voir.
11:20Et on leur a mis le marché en main.
11:22Tout simplement en disant,
11:24écoutez, voilà, c'est une mineure.
11:27Il faut nous aider à la retrouver.
11:29C'est vraiment...
11:30On leur fait peur, quoi.
11:31Tu reviens à telle heure, à tel endroit.
11:33Tu nous donnes les éléments si tu les as.
11:35Et bingo, c'était bon, quoi.
11:37C'était le matin à 10 heures.
11:38Et voilà, à 14 heures, elle était localisée.
11:42Depuis 2017,
11:43Gisleine a résolu une soixantaine d'enquêtes.
11:46Elle est devenue présidente de la RPD
11:48en Nouvelle-Aquitaine
11:49et s'occupe désormais surtout d'encadrer les bénévoles
11:51et de recueillir les dossiers des familles.
11:54Elle n'enquête plus autant qu'avant,
11:56mais elle continue de travailler sur certains dossiers.
11:58Comme celui d'une dame disparue il y a 10 ans,
12:01quand elle avait 70 ans.
12:03Elle a 80 ans aujourd'hui.
12:05Elle n'est pas dans les fichiers de décès,
12:07donc elle est bien quelque part.
12:09Donc je me pose des questions.
12:11Est-ce criminel ?
12:12N'est-ce pas criminel ?
12:13Il y a eu une enquête sérieuse et tout.
12:16Ça n'a rien donné.
12:17Il y a eu le parcours du combattant
12:18pour essayer de rouvrir le dossier,
12:20mais pour ouvrir un dossier,
12:21il faut un élément nouveau.
12:22C'est très compliqué.
12:24J'ai même écrit jusqu'au doyen des juges,
12:25qui bien sûr,
12:27ça ne bouge pas.
12:29Donc, on va recommencer l'enquête
12:31avec le monsieur, avec le mari.
12:33On va recommencer à zéro.
12:34Même 10 ans après,
12:35on va vraiment recommencer à zéro
12:37et se mettre dans les pas de cette femme
12:38qui part avec deux sacs.
12:40Donc elle ne part pas pour suicider.
12:42Elle a deux sacs de vêtements,
12:43sa trousse de maquillage.
12:45Même si le dossier reste ouvert
12:47des années et des années,
12:49il ne faut pas lâcher.
12:50Jamais.
12:50Je ne lâche jamais.
12:57J'ai moi-même disparu.
12:59Donc c'est pour ça que j'en suis venue
13:00à me dire,
13:01tiens, je vais aider les familles.
13:03Et je pense que c'est une manière
13:05de me racheter, oui, effectivement,
13:07parce que je n'aurais pas dû partir
13:09et faire souffrir mes proches.
13:10C'est cette expérience-là
13:12qui m'aide à comprendre les familles.
13:14Je ne juge jamais ni les familles,
13:15ni disparues, d'ailleurs.
13:17J'ai une petite disparue,
13:19là, ça fait trois ans
13:19que je l'ai retrouvée,
13:20elle est toujours disparue,
13:21elle ne veut pas voir ses parents encore.
13:23Je fais l'intermédiaire.
13:24Les familles,
13:25je leur raconte toujours mon passé
13:27et elles savent qu'on peut revenir.
13:29Donc ça leur met du baume au cœur,
13:31tout simplement.
13:50Ambre, comment les parents de Ghislaine
13:51ont réagi quand elle est revenue chez eux ?
13:53Alors, elle reste assez discrète à ce propos.
13:56Elle ne s'épanche pas vraiment sur le sujet.
13:58Mais elle m'a quand même dit
13:59que les retrouvailles avaient été mitigées.
14:01Ses parents étaient contents qu'elle rentre.
14:03Mais sa mère lui a beaucoup reproché
14:04sa disparition dès les retrouvailles.
14:06Et elle lui a reproché
14:07pendant toute sa vie, d'ailleurs.
14:09Et Ghislaine m'a dit
14:10qu'elles avaient continué à se voir.
14:11Elle s'est occupée de sa mère
14:12jusqu'à sa mort, d'ailleurs.
14:13Mais elle m'a quand même dit
14:15qu'une distance s'était installée entre elles
14:17après la disparition de Ghislaine.
14:19Combien de dossiers
14:20traite son association,
14:21la RPD, chaque année ?
14:23Chaque année, l'association
14:24ouvre entre 250 et 300 dossiers
14:27dans toute la France.
14:28Et il y a un réseau
14:29de plus de 600 enquêteurs
14:30pour essayer de retrouver
14:32les personnes disparues.
14:33Et par exemple,
14:34l'année dernière, en 2023,
14:35il y a 146 personnes
14:37qui ont été retrouvées
14:38grâce au travail de la RPD.
14:40Est-ce que les bénévoles
14:41de cette association
14:41préviennent les proches
14:43lorsqu'une personne disparue
14:44est retrouvée ?
14:45Oui, les proches sont informés
14:47que la personne a été retrouvée,
14:48mais les coordonnées
14:49de la personne disparue
14:50ne sont pas systématiquement
14:51données à la famille.
14:53En fait, les bénévoles
14:54font l'intermédiaire
14:55entre les deux
14:55et l'association ne cherche pas
14:57forcément à convaincre
14:58les personnes disparues
14:59de revoir leur famille
15:01si elles ne le souhaitent pas.
15:02Merci Ambre Rosala.
15:04Cet épisode a été produit
15:05par Clara Garnier-Amourou,
15:07réalisation Julien Moncouquiole.
15:09Si vous aimez Code Source,
15:10parlez-en autour de vous,
15:12laissez-nous des petites étoiles
15:13ou des commentaires
15:14sur votre plateforme
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15:18du Parisien,
15:19Crime Story,
15:20qui consacre cet été
15:21une série en six épisodes
15:23sur l'affaire
15:24Dupont-de-Ligonnès.
15:25Et puis,
15:26avant les Jeux Olympiques,
15:27vous pouvez rattraper
15:28tous les épisodes
15:29de notre podcast
15:30Le Sacre,
15:31des confessions d'athlètes
15:33médaillées d'or
15:34à retrouver chaque mercredi.
15:35Sous-titrage Société Radio-Canada
15:38Sous-titrage Société Radio-Canada
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