Plusieurs cas de suicides de couples de personnes âgés ont été recensés ces derniers mois. Les époux préfèrent mettre fin à leurs jours ensemble plutôt que de vivre avec la maladie, ou séparés. Ces histoires relancent le débat de la fin de vie. Vincent Mongaillard, reporter à l’édition de Paris du Parisien raconte l’enquête qu’il a co-signée dans Code Source.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy -Production : Thibault Lambert, Clara Garnier-Amouroux, Pénélope Gualchierotti et Clara Grouzis - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
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NewsTranscription
00:01Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le dimanche 16 février, Le Parisien a publié une enquête sur un sujet tabou et douloureux lié à la fin
00:18de vie
00:19des couples de personnes âgées et malades qui ont parfois 70, 80, 90 ans
00:24et qui préfèrent mettre fin à leurs jours ensemble plutôt que de devoir vivre l'un sans l'autre.
00:30Certaines de ces histoires ont fait la une des journaux ces dernières décennies
00:34mais il y en a d'autres beaucoup moins médiatisés.
00:37Rien qu'en Ile-de-France, plusieurs cas ont été recensés ces derniers mois.
00:41Pour les familles et pour la justice, il est parfois difficile de prouver qu'il s'agissait bel et bien
00:48d'un geste d'amour.
00:49Cet épisode de Codesources est raconté par l'un des deux journalistes qui a signé cet article
00:54Vincent Montgaillard, reporter à l'édition de Paris.
01:07Vincent Montgaillard, le point de départ de cette enquête, c'est une affaire repérée par notre consoeur Guénaëlle Calan
01:13de l'édition de Seine-et-Marne, une septuagénaire qu'on a choisi d'appeler Cathy pour préserver son identité.
01:19Elle comparait devant le tribunal correctionnel de Meaux à la mi-février.
01:24Elle est jugée pour quel délit ?
01:25Cette petite dame de 74 ans qui se présente à la barre de manière un peu timide
01:31est poursuivie pour administration de substances nuisibles, suivie d'incapacité supérieure à 8 jours.
01:41Concrètement, elle est jugée pour avoir fourni des médicaments à son mari dans le huis clos de leur pavillon.
01:48Et à la barre, elle commence d'abord par raconter le couple fusionnel qu'elle forme avec son époux depuis
01:53des décennies.
01:54C'est un couple qui s'est formé à l'adolescence, un couple qui s'aime avec une famille, des
02:01enfants, soudés autour de ce couple.
02:03Et elle raconte que lorsqu'ils avaient tous les deux la cinquantaine avec son mari, ils ont scellé un pacte.
02:08Qu'est-ce qu'ils se sont promis ?
02:10Si l'un des deux venait à être atteint d'une maladie incurable, ils se suicideraient ensemble le même jour,
02:17le moment venu.
02:18En fait, ils ne concevaient pas la vie l'un sans l'autre.
02:22C'était entre eux une sorte de contrat moral, un contrat qui a été attesté par les proches lors du
02:28procès.
02:29Et une quinzaine d'années après avoir formulé cette promesse, l'un des deux époux tombe malade.
02:34Oui, c'est monsieur qui va être frappé par la maladie d'Alzheimer, une maladie neurodégénérative.
02:42Il entrait régulièrement en crise, il pleurait beaucoup.
02:45Son état de santé s'était dégradé ces dernières années.
02:48Et donc, ils vont décider de mettre à exécution leur fameux pacte.
02:54Et l'épouse va le répéter à l'audience.
02:57Je la cite.
03:18À la barre, Cathy raconte ensuite les événements qui ont mené à cette soirée de mars 2023, où le couple
03:24a prévu de passer à l'acte.
03:26Oui, c'était précisément le vendredi 24 mars 2023 au soir.
03:32L'époux malade semblait bien décidé à partir.
03:36Alors, quand aurait-il demandé à son épouse ?
03:39Il regarde d'abord ce soir-là un concert de Johnny Hallyday à la télévision.
03:45Puis, ils avalent chacun une trentaine de somnifères.
03:50Cathy, qui était épuisée, s'en faisait prescrire des somnifères.
03:55Elle disposait d'un petit stock.
03:57Et son mari l'aide alors à décapsuler les boîtes.
04:02Puis, le couple s'endort.
04:04Mais, ça ne se passe pas comme il l'avait prévu.
04:06Oui, environ 24 heures après avoir pris les médicaments, le couple se réveille encore en vie.
04:12Alors, Cathy va décider de brancher le tuyau d'aspirateur sur le pot d'échappement de leur voiture,
04:19qui est stationné dans l'allée.
04:22Alain s'assoit à la place du passager.
04:25Cathy, elle, s'installe derrière le volant.
04:28Elle tourne la clé de contact.
04:30Ils se tiennent la main.
04:32C'est ce qu'elle précise lors du procès.
04:35Elle dit même qu'il était consentant, qu'il savait ce qu'il faisait à ce moment-là.
04:40Mais, une heure et demie plus tard, un voisin alerte les secours.
04:45Les époux vivent toujours.
04:46Ils sont transportés à l'hôpital.
04:48Et, une fois rétabli, Cathy est mise en garde à vue, puis placée sous contrôle judiciaire.
04:55Leur projet létal a, là, clairement échoué.
05:02On va raconter la suite de cette audience à la fin de cet épisode.
05:05Mais, déjà, ce fait divers dramatique, Vincent Mongaillard, quand vous en entendez parler, il vous interpelle.
05:11Il me bouleverse et il me renvoie aussi à plusieurs drames ces derniers mois que j'avais observés en Ile
05:19-de-France,
05:20qui concernent des couples âgés dont l'un des deux est malade, parfois même les deux,
05:26et qui, eux, ont connu une issue fatale, contrairement à Cathy et Alain.
05:33Ils n'ont pas échappé à la mort.
05:35C'est à chaque fois le même scénario macabre.
05:38C'est un mari qui tue son épouse avant de se donner la mort.
05:42Alors, on va énumérer ces cas un peu plus tard, Vincent Mongaillard,
05:45puisque vous vous êtes penché sur chacun d'entre eux.
05:48Mais d'abord, pour qu'on comprenne un peu, le suicide chez les personnes âgées, ça représente quoi en France
05:53?
05:53Alors, concrètement, sur les 9000 personnes en France qui se suicident chaque année,
05:59on a environ 3000 personnes âgées.
06:02Donc, un tiers des personnes qui se suicident sont des personnes âgées de plus de 65 ans.
06:08La tendance pour toutes les catégories d'âge est à la baisse en France,
06:13sauf pour cette classe d'âge des plus de 65 ans.
06:17Chez les plus de 65 ans, 75% des décès par suicide concernent des hommes,
06:24avec à chaque fois un mode opératoire très majoritairement violent.
06:29C'est soit la pendaison, l'arme à feu, la précipitation sous un train ou la défenestration.
06:36Et dans le cas beaucoup plus minoritaire de suicides de couple,
06:40vous en avez trouvé quelques-uns qui remontent à ces derniers mois en Ile-de-France.
06:44Mais il y a des exemples plus anciens et notamment un cas célèbre, très médiatisé, en 1998,
06:52celui des époux Quillot. Qui sont-ils ?
06:54Alors, il y a d'abord Roger Quillot. C'est une figure du Parti socialiste.
06:59Il a longtemps été maire de Clermont-Ferrand. Il a été sénateur, député et même ministre du logement.
07:07En 1998, il est gravement malade. Il a des difficultés respiratoires.
07:13Il y a aussi son épouse, Claire Quillot, rencontrée en 1948.
07:17C'est aussi une intellectuelle, agrégée de lettres, qui a été professeure de littérature.
07:23Le 17 juillet 1998, ce couple tente de mettre fin à ses jours à Clermont-Ferrand.
07:29Mais l'épouse, Claire Quillot, est sauvée par les médecins.
07:32Oui, alors ce soir-là, après un bon dîner avec leur fils aîné dans leur appartement clermontois,
07:38le couple s'était couché, s'était embrassé et avait avalé des cachets entre un camp.
07:46Ils avaient aussi, auparavant, envoyé des lettres à leurs enfants.
07:52Quand les sauveteurs débarquent sur place au petit matin, ils ne parviennent pas à réanimer monsieur,
07:59mais son épouse Claire aussi.
08:01Elle se réveillera à l'hôpital après trois jours de coma.
08:04Et cinq ans plus tard, en 2003, elle fera une nouvelle tentative de suicide qui, elle aussi, échouera.
08:12Claire Quillot se remet doucement de son deuxième suicide manqué,
08:15réminiscence de juillet 1998, lorsqu'elle et Roger décident ensemble de quitter ce monde.
08:21Déjà gravement malade, il succombe, Claire en réchappe.
08:24Suivent alors pour elle quatre longues et douloureuses années de deuil.
08:2753 ans d'amour heureux, au point de vouloir mourir ensemble.
08:37On n'a pas beaucoup de liberté dans la vie, on ne choisit pas de naître.
08:42On ne choisit pas son époque, ni son climat, ni les rencontres qu'on fait,
08:49ni les chances qu'on a ou les malchances.
08:52Mais la mort, est-ce qu'on va la subir ?
08:57Claire Quillot rejoint finalement son mari en 2005.
09:01Oui, elle met fin à ses jours en se noyant dans un lac du Puy-de-Dôme à l'âge
09:06de 79 ans.
09:08Cette dame militait au sein de l'ADMD, l'Association pour le droit à mourir dans la dignité,
09:15et n'acceptait pas de vivre privée de l'amour fou de son mari.
09:21Des années plus tard, Vincent Mongaillard, un cas similaire, fait beaucoup parler de lui.
09:26Il fait même la une du Parisien le lundi 25 novembre 2013,
09:30celui que la presse surnommait « les amants du Lutetia ».
09:34Alors, qui sont-ils ?
09:36Il s'agit de Bernard et Georgette Caz.
09:39Ils ont chacun 86 ans, ils sont mariés depuis 60 ans.
09:43C'est un couple d'intellectuels qui vit à Issy-les-Moulineaux, dans les Hauts-de-Seine.
09:48Lui était un économiste et philosophe.
09:53Elle était prof, enseignait le latin, les lettres.
09:57Et vers l'âge de 80 ans, lui a commencé un peu à perdre la tête,
10:01et elle perdait la vue.
10:04Il craignait la séparation et la dépendance bien plus que la mort.
10:08Et en novembre 2013, ses deux époux préparent méticuleusement leurs adieux.
10:13Une semaine avant, ils ont réservé une chambre d'hôtel au Lutetia à Paris.
10:19C'est un hôtel luxueux.
10:22Alors, cet établissement n'a pas été choisi au hasard.
10:25C'est là que Georgette avait, à la libération, retrouvé son père,
10:30qui revenait d'un camp de prisonniers en Allemagne durant la guerre.
10:33Donc, le couple débarque à l'hôtel Lutetia.
10:38Ils demandent, en arrivant à la réception,
10:40qu'on leur apporte le petit-déjeuner demain à 8h30.
10:44Et donc, le lendemain, à l'heure du petit-déjeuner,
10:46ses deux épouses sont découvertes dans la chambre du palace par un employé.
10:50Oui, ils sont retrouvés morts par le garçon d'étage,
10:54avec chacun un sac plastique sur la tête,
10:58main dans la main, allongé sur le lit.
11:00Ils ont laissé deux lettres,
11:03dont une au procureur de la République,
11:06dans laquelle ils déplorent qu'aucune loi française
11:09ne permette de mourir sereinement.
11:12Ils expriment leur colère de ne pas pouvoir bénéficier d'une mort douce
11:17et indiquent déposer plainte pour non-respect de la liberté.
11:21Eux auraient voulu mourir grâce à une assistance médicale
11:25ou en prenant une pilule létale,
11:26mais pas dans la clandestinité, comme ils disent.
11:30Ils habitaient ce pavillon de banlieue parisienne.
11:34Leurs voisins voyaient toujours le couple, bras dessus, bras dessous.
11:38C'était des gens très intellectuels, très charmants,
11:44et qui peut-être n'ont pas voulu,
11:47enfin ont décidé d'arrêter leur vie avant de perdre leur autonomie.
11:55Vincent Mangaillard, cette histoire, elle soulève une vive émotion à l'époque
11:59et relance le débat sur ce qu'on appelle le suicide assisté en France.
12:03Oui, le suicide assisté en France est strictement interdit,
12:08contrairement à la Suisse, au Luxembourg ou aux Pays-Bas,
12:13où l'on peut, sous certaines conditions très précises,
12:17mourir grâce au suicide assisté.
12:20On fait un saut dans le temps.
12:21Une décennie plus tard, le jeudi 11 avril 2024,
12:25Jérôme Caz, le fils des deux amants du Lutetia,
12:29publie une tribune dans le journal Le Monde.
12:31Qu'est-ce qu'il dénonce dans cette tribune ?
12:33Alors, il dit d'abord qu'en France, un médecin a l'interdiction de vous aider à vous suicider,
12:38mais, dit-il, il peut vous faire enfermer pour vous empêcher de vous suicider.
12:44Il regrette aussi qu'on médicalise le sujet.
12:47Il écrit « Pourquoi diable mettre les médecins et le personnel médical au centre du jeu ?
12:53Pourquoi demander à des personnes dont beaucoup considèrent chaque mort
12:56comme une défaite personnelle d'aider au suicide,
12:58alors que leur présence est parfaitement inutile ? »
13:01Enfin, il se montre très en colère quand il dit « Honte à notre personnel politique
13:07si cette énième loi ne lève toujours pas la souffrance inutile qu'ont subi mes parents
13:11et qui peut, demain, être la souffrance de chacun d'entre nous. »
13:14Cette tribune, elle est publiée au moment où le gouvernement présente un projet de loi
13:18sur l'accompagnement de la fin de vie et l'aide à mourir.
13:22Que prévoit ce texte ?
13:23Alors, il prévoit d'abord de favoriser le développement des soins palliatifs.
13:29Ça, c'est un premier volet.
13:31Et il ouvre aussi l'accès à une aide active à mourir.
13:34Autrement dit, l'euthanasie et le suicide assisté pour les malades incurables,
13:39sous certaines conditions qui sont très strictes.
13:43Donc voilà, on parle d'aide active à mourir,
13:45mais les mots « suicide assisté » ou « euthanasie » sont tabous.
13:50Et finalement, ce texte qui signait une avancée sur le plan légal tombe à l'eau.
13:54Oui, l'examen du projet de loi à l'Assemblée est interrompu avec la dissolution de l'Assemblée nationale le
14:019 juin.
14:02Ensuite, la chute du gouvernement Barnier va empêcher une reprise des débats parlementaires.
14:08Et aujourd'hui, on a un premier ministre, François Bayrou,
14:12qui est personnellement opposé à l'aide active à mourir et qui voudrait scinder ce projet de loi en deux
14:20volets,
14:20avec d'un côté les soins palliatifs, qui est la partie du projet de loi la plus consensuelle,
14:28et de l'autre, l'aide au suicide, l'aide active à mourir, qui est la partie clivante du projet
14:33de loi,
14:34parce qu'il sait très bien que le second a peu de chances d'aboutir.
14:39On en revient au cas récent que vous avez repéré en Ile-de-France.
14:43À l'été 2024, un couple est retrouvé mort à Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine.
14:48Deux personnes de 79 et 81 ans qui sont retrouvées dans une résidence tranquille à Rueil-Malmaison.
14:57Lui est assis sur le canapé, un revolver de calibre 22 à la main, et elle, assise sur une chaise,
15:06dans le salon.
15:07Tous les deux sont morts d'une blessure par balle à la tête.
15:11C'est un voisin et un ami du fils du couple qui ont fait la macabre découverte.
15:17On sait que le monsieur était en bonne santé.
15:21Son épouse, elle venait d'apprendre qu'elle était gravement malade.
15:25Elle avait des vertiges ces derniers jours.
15:28Et donc c'est lui qui a tué son épouse avant de porter l'arme contre lui.
15:33Une lettre destinée à la petite fille de ces retraités a été découverte sur la table,
15:39qui explique pourquoi ils ont fait ça.
15:41Vous avez pu parler avec un proche de ce couple et de leur fils,
15:45qui est particulièrement marqué par cette histoire.
15:48Alors cet ami du couple, il est directement concerné par ce drame,
15:53puisque c'est lui, avec le voisin, qui a fait la macabre découverte.
15:57Il est en contact très régulièrement avec le fils.
16:01Et il nous a raconté que la première interprétation du fils,
16:06quand il a su ce qu'il s'était passé, c'est
16:09« Mon père a tiré sur ma mère »,
16:11mais il considère aujourd'hui que c'est plutôt un acte d'amour de son père pour sa mère.
16:17On nous dit qu'il a accepté ce geste, même si pour lui c'est toujours une blessure à vif.
16:29Vincent Mongaillard, pour les enquêteurs, j'imagine que ce n'est pas toujours facile
16:32d'adhérer à la thèse du suicide à deux, consenti comme un geste d'amour,
16:37au vu du nombre de meurtres par le conjoint qui se produisent chaque année en France.
16:41Oui, parce que pour la justice, c'est d'abord un féminicide suivi d'un suicide.
16:47Pour les enquêteurs, c'est assez compliqué.
16:49Ça donne lieu à une enquête, mais qui va consister à essayer de trouver des indices, des preuves.
16:56L'idée, c'est d'exclure l'intervention d'un tiers.
16:59Et si c'est le cas, les investigations s'arrêtent là.
17:02Pour la justice, le décès de l'auteur entraîne la fin de ce qu'on appelle l'action publique.
17:08Il n'y a plus personne à poursuivre.
17:10Une autopsie est généralement pratiquée pour vérifier les causes de la mort,
17:15vérifier qu'aucun tiers n'est impliqué.
17:18Si un tiers était impliqué, il serait bien évidemment poursuivi.
17:21Et dans le fond, a posteriori, on ne peut pas vraiment savoir
17:24s'il y avait vraiment un pacte d'amour qui avait été scellé entre les deux époux défunts.
17:29Oui, ça, seuls les deux époux le savent.
17:33Donc il y a évidemment toujours une part de doute,
17:36et donc de douleurs supplémentaires pour la famille et les proches.
17:39En octobre 2024, à nouveau, un couple est retrouvé mort dans un pavillon,
17:44cette fois-ci à Chanteloup-les-Vignes, en Essonne.
17:47Qu'est-ce qui s'est passé ?
17:48C'est un homme de 87 ans qui a tiré sur son épouse de 84 ans
17:52avant de retourner le fusil contre lui.
17:55Les deux retraités étaient affaiblis par la maladie,
17:59lui par un AVC et elle par la maladie d'Alzheimer.
18:03Vous parlez avec la mère de Chanteloup-les-Vignes
18:06qui connaissait de loin ce couple de retraités.
18:08Quelle lecture elle fait de ce drame ?
18:11Alors pour Catherine Arrenoux, qui est la mère d'hiver droite de Chanteloup-les-Vignes,
18:16ce sont des gens qui ont toujours été autonomes
18:18et dans leur tête, ils ne se sentaient pas à l'aise d'être à la charge de la société.
18:23Voilà l'analyse qu'elle fait.
18:25Cette mère, elle a aussi la particularité d'être médecin.
18:29Elle nous dit qu'on n'a pas à aller au-delà de la volonté des patients,
18:33qu'aucune loi ne peut se substituer à la volonté individuelle.
18:37Quand vous recensez tous ces cas qui ont eu lieu en Ile-de-France,
18:40vous voulez contacter Jérôme Caz, le fils des amants du Lutetia,
18:44pour savoir ce qu'il en pense.
18:45Est-ce qu'il vous répond et qu'est-ce qu'il vous dit ?
18:47Il nous répond que beaucoup de gens ressemblent à ses parents.
18:52Des couples qui ne savent pas comment prendre le problème,
18:54il y en a partout.
18:55Il me dit « rien ne bouge, c'est agaçant »,
18:58comme lassé par le statu quo au niveau de la loi.
19:02On en revient maintenant au début de cet épisode de Code Source
19:04et au procès de Cathy, cette septuagénaire
19:07qui a tenté de mettre fin à ses jours avec son mari.
19:10Ils ont tous les deux survécu.
19:12Que réclame le parquet à son encontre ?
19:14Alors la substitute du procureur a requis une peine comprise
19:18entre 20 et 24 mois de prison avec sursis.
19:21Elle a justifié cette peine en disant « c'est elle qui a fourni les médicaments en quantité »
19:27et « c'est elle encore qui a eu l'initiative du second procédé ».
19:31Le discernement, dit-elle, de son mari était altéré.
19:35Cathy a finalement été condamnée à un an de prison avec sursis.
19:39Est-ce qu'elle a le droit aujourd'hui de revoir son mari Alain ?
19:43Alors, au moment du jugement, le président du tribunal lui a demandé si elle avait des questions.
19:50Cathy a répondu qu'elle n'en avait qu'une seule de questions, c'est « est-ce que je
19:55peux revoir mon mari ? »
19:57La réponse du tribunal a été « oui », sans aucune restriction,
20:02alors que juste après le drame, elle n'était pas autorisée à le faire.
20:05Cathy va donc pouvoir rendre visite à son mari de 78 ans comme elle le souhaite.
20:11Son mari qui est, depuis la tentative de suicide, placé dans un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes.
20:29Merci à Vincent Mongaillard.
20:31Cet épisode de Côte-Source a été produit par Clara Garnier-Amourou, Clara Grouzis et Pénélope Gualquierotti.
20:38Réalisation Julien Moncouquiole.
20:40N'hésitez pas à vous abonner à Côte-Source sur votre plateforme d'écoute préférée
20:44ou sur la chaîne YouTube du Parisien, à laisser des pouces en l'air, des étoiles, des commentaires.
20:49C'est ce qui nous aide le plus à nous faire connaître.
20:52On vous invite également à écouter notre podcast entièrement consacré aux faits divers, Crime Story.
20:57Vous retrouvez chaque samedi une nouvelle affaire criminelle racontée par Claudia Prolongeau
21:02avec Damien Delsenis, le chef du service police-justice du Parisien.
21:06Merci d'avoir regardé cette vidéo !
21:07C'est cette vidéo !強
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